Discussions similar to: Relier Lyon Grenoble pied
FR
Que voir à Lyon, Grenoble et Turin au mois de septembre?
Bonjour je serai à Lyon en septembre, J'aimerais savoir ce qui est à voir surtout. Ensuite je serai à Grenoble pour un bon bout de temps, la aussi donnez-moi des conseils sur ce qui est à voir?? Pour traverser ensuite en italie à Turin celà est tres important pour moi de savoir les personnes qui sont allées de me transmettre leurs commentaires si elles le peuvent. Je vous remercie quadimelle
Open
Cinque Terre, Florence et transport
Bonjour,

Nous sommes un jeune couple et nous souhaitons partir une semaine en vacances en Europe, possiblement en septembre. J'ai pensé à cela sur 8 jours (mais flexibles): - Cinq Terres (Monterosso, Vernazza, Corniglia, Manarola, Riomaggiore) - Porto Venere - Florence ou autre

Ce projet n'étant pas fixé encore, qu'en pensez vous? Quel style de vacances voyez vous? Nous conseillez vous Florence? D'autres idées d'endroits sympas dans le coin? Nous aimons la nature, les spécialités culinaires mais nous ne sommes pas trop "plage bondée".

Quel moyen de transport nous conseillez vous? Sachant que seulement mon conjoint conduirait et que ça ne nous gêne pas de prendre le train/bus si on s'organise et si c'est pratique et économique. On peut partir de Lyon ou Grenoble et avons un pied à terre près de Nice.

Merci d'avance pour vos avis ;)
Open
À pied de Provence en Alsace (printemps 2012)
Voici le récit d'une randonnée de 2 mois du sud-est vers le nord-est de la France réalisée au printemps 2012. L'ensemble des photos se trouve sur notre site web http://mjpgouret.free.fr/gr9gr5/gr9gr5.html

De Provence en Alsace Variations libres autour des GR9 et GR5

Un livre lu un jour peut être le révélateur d'un rêve enfoui, d'envies d'évasion profondément ancrées en nous. C'est en lisant - il y a fort longtemps déjà - le récit du long vagabondage de Jacques Lacarrière à travers la France qu'a germé en nous le désir de parcourir, au rythme lent de la marche, les espaces naturels du monde.

Et, comme un appel silencieux mais insistant, les balisages blanc et rouge du GR 9, sur le chemin menant de notre maison au village, sont une invitation constante à aller plus loin...

C'est décidé, nous partons vers ce "plus loin". Cette fois, ce sera l'Alsace pour accomplir une véritable traversée de la France et franchir la distance symbolique des 1000 kilomètres.

Évidemment, notre motivation essentielle reste le plaisir de la découverte quotidienne.

"Se hace camino al andar"

Entre Provence et Drôme

8 avril: Jouques – Grambois

A 8 heures précisément nous fermons la maison à clé, heureux. Nous sommes heureux après toutes ces journées de préparation de concrétiser ce rêve, et émus aussi à l'idée d'abandonner notre cocon douillet pour plusieurs semaines. Le soleil nous fait la fête dans du ciel bleu. Un bref arrêt à la boulangerie, un rapide salut à un passant qui nous imagine partant pour quelques courtes heures de randonnée et nous voilà enfin en route sur ce sentier de grande randonnée qui passe à 50 mètres de notre maison et qui sera notre fil conducteur jusqu'aux plateaux du Jura. Nous apprécions tout spécialement ces premiers kilomètres sur des chemins bien souvent parcourus mais qui, aujourd'hui, prennent une saveur toute particulière. Le plateau de Bèdes traversé, un bref retour à la civilisation nous est imposé avec la proximité de l'autoroute et la traversée de la Durance sur le pont de Mirabeau. Cependant, très vite, le calme revient et, par une petite route paisible, nous atteignons le village de Mirabeau bien endormi à l'heure de la pause dominicale. Les abords de la fontaine, abrités du Mistral, nous accueillent pour le premier pique-nique. En quittant le village nous constatons bien que le balisage est différent des indications de la carte mais faisons confiance aux marques du terrain en pensant que la modification ne concerne qu'un tronçon réduit. Après quelques kilomètres nous prenons conscience que ce tracé nous éloigne de notre but à Grambois et, après quelques tentatives sur des sentiers de traverse qui butent sur des clôtures, nous prenons donc la décision de revenir en arrière pour retrouver l'itinéraire initialement prévu. Celui-ci parcourt une large crête offrant un vaste panorama circulaire depuis la vallée d'Aigues jusqu'aux massifs des Alpes du Sud encore enneigés. Ainsi, à vouloir suivre aveuglément les balises d'un GR dont l'itinéraire a été détourné, nous avons ajouté 4 kilomètres et demi à une étape initialement prévue à 27 kilomètres: pour une première étape, c'est une bonne mise en jambe...

9 avril: Grambois -Céreste

Bien reposés, nous repartons dans la fraîcheur du matin par de petites routes vers Vitrolles niché sous le Luberon. Nous y rencontrons quelques randonneurs et, surtout, beaucoup de cyclistes. Au dessus du village une piste remonte tranquillement pour franchir la crête d'où les monts du Vaucluse semblent comme un appel à poursuivre et nous dictent l'itinéraire des prochains jours. La descente raide et caillouteuse est rapidement avalée et, dès le début de l'après midi, nous nous installons dans le confortable gîte communal de Céreste. Aujourd'hui, l'étape a été « cool » et nous nous reposons en déambulant tranquillement au milieu du vide grenier animé!!! Qu'on se rassure, on n'a rien trouvé à rajouter dans notre sac à dos.

10 avril: Céreste – Chaloux

Avec l'étape Céreste, Oppédette, Chaloux nous entrons véritablement dans le voyage car, même si les paysages nous sont encore familiers, nous les découvrons par de nouveaux itinéraires et sous des points de vue différents. C'est d'abord le prieuré de Carluc, autrefois étape des pèlerins sur le chemin de Rome, puis le minuscule village de Sainte Croix à Lauze où les chiens, sans doute peu habitués à croiser des randonneurs, semblent bien agressifs. Enfin, le village d'Oppédette apparaît comme perdu au milieu de nulle part. L'impression d'isolement et de solitude est encore accentuée par un ciel bas et peu lumineux qui nous incite à presser le pas.

Bien nous en prend car, à peine arrivés au gîte de Chaloux, les nuages accumulés dans la journée et de plus en plus menaçants lâchent leurs trombes d'eau sur la campagne.

11 avril: Chaloux – Sault

En sortant du dortoir ce matin, nous découvrons un ciel pur, lavé par la pluie et le vent du nord revenu. Par contre une mauvaise surprise nous attend en préparant notre petit déjeuner car nous constatons que nos sacs de provisions sont déchirés et nous trouvons notre fromage plus qu'à moitié rongé! Notre pique nique sera frugal car la seule épicerie de Simiane est justement fermée le mercredi.

Après avoir franchi quelques gués grossis des pluies de la veille dans les gorges de Vaumale nous remontons vers le village de Simiane la Rotonde éblouissant sous le soleil matinal. Une montée en pente douce dans la hêtraie conduit sur les hauteurs des plateaux d'Albion et de Sault, paysage immense et mamelonné, ouvert sur Lure et les Alpes blanchies de neige fraîche, les massifs du Verdon, le Luberon déjà loin et le Ventoux de plus en plus proche. La longue traversée de ces vastes horizons sauvages sur de larges espaces dégage une impression de grande solitude mais n'est jamais ennuyeuse car elle est agrémentée par la vision de champs de lavande et de massives fermes en pierre aux proportions harmonieuses caractéristiques de la Haute Provence .

Une lumière intense éclaire les cumulus joufflus et leur donne presque l'aspect des ciels patagons.

12 avril: Sault – Vergol

Une étape « courte » nous attend et nous prenons notre temps pour nous préparer et faire quelques courses en prévision des prochaines journées sans ravitaillement possible. Manquant sans doute de vigilance nous commençons par emprunter une mauvaise direction mais détectant rapidement notre erreur nous retournons vers le centre du village pour y trouver facilement le bon chemin. C'est, ensuite, d'un pas paisible que nous cheminons à travers la forêt jusqu'à dominer le village d'Aurel perché sur un versant ensoleillé. Le cheminement se poursuit dans un paysage vallonné jusqu'à Montbrun les Bains dont les maisons étalées sur une vaste pente apparaissent soudainement au détour d'un collet. La traversée du village par des ruelles et des escaliers pavés est jalonnée de nombreuses fontaines. Après avoir remonté le Toulourenc, une courte grimpette sur un bon sentier en lacets nous amène à un minuscule hameau isolé où notre carte situe le gîte. Nous tentons d'ouvrir toutes les portes des maisons du lieu, mais nous devons bien admettre qu'il n'y a pas de gîte à cet endroit: la carte est erronée, ces bâtiments ne sont pas ceux du gîte et, après une consultation attentive de la description de l'étape suivante dans le topo guide, nous constatons que le gîte qui nous attend est situé 2 kilomètres plus loin... Nous y sommes aimablement accueillis dans une bâtisse bien ancrée sur la pente dominant la vallée et les contreforts du Ventoux.

13 avril: Vergol – Saint Auban sur Ouvèze

Nous rentrons aujourd'hui dans une zone pré alpine : reliefs marqués, végétation d'altitude, pentes de marnes délitées. L'impression de solitude est totale sur les sentiers malgré les nombreuses fermes et hameaux éparpillés dans le paysage, héritages d'une époque où l'activité agricole était bien plus présente. Nombre de ces hameaux conservent de superbes maisons bien restaurées mais la vie y semble bien absente.

Au passage du col des Tunes à 1229 mètres une pelouse d'herbe rase serait tentante pour la sieste mais le ciel menaçant nous en dissuade.

A Saint Auban, le gîte d'étape est fermé et un panonceau « en vente » nous incite à ne pas attendre le retour hypothétique de la propriétaire pour trouver un toit : ce soir, nous dormirons donc à l'auberge du village.

14 avril: Saint Auban sur Ouvèze – Rosans

Le ciel gris et sans lumière est peu propice à la contemplation du panorama et aux photos. Dommage, car le relief complexe de cette région offre des alternances de paysages de montagne sèche, de robines, de roches érodées et de vertes prairies et l'itinéraire est très agréable. Nous grimpons allégrement le raide sentier qui mène au Serre de Chanteduc et s'adoucit aux abords des replats herbeux du plateau de Gisfort. Le chemin s'enfonce ensuite dans la forêt au pied d'une imposante aiguille ruiniforme avant de rejoindre une étroite vallée encaissée jusque Montferrand. Le paysage s'ouvre alors sur la large vallée de l'Eygues dominée par les maisons de Rosans étalées sur l’adret.

15 avril: Rosans – Valdrome

Dès le départ bruine et neige mêlées sont au menu de cette longue étape pré alpine avec 3 cols à franchir. Mais « pluie de bonne heure n'arrête pas le randonneur... ». L'ambiance quasi automnale renforce l'impression de solitude et d'isolement complet. Les habitants des rares villages perdus au fin fond de profondes vallées restent sans doute confinés devant leur cheminée car nous ne rencontrons personne. Sous le col des Pins, la neige commence à s'installer sur les éboulis et les pierriers tandis que les branches des arbres se parent d'une mince couche poudreuse du plus bel effet sous les écharpes de brume.

Après le col des Praux, une confortable piste nous laisse espérer une descente facile et rapide vers Valdrome, mais nous découvrons que d'importantes coupes de bois ont été effectuées et que les engins utilisés pour les travaux de débardage ont creusé de profondes ornières et décapé le sol détrempé. De quoi compliquer la marche et parfaire notre tenue de randonneurs mouillés et crottés en dévalant un magnifique toboggan de boue peu avant l'arrivée. Et, pour nous réchauffer, notre gîte de ce soir est dans une belle cave voûtée...

16 avril: Valdrome – Beaurières

Nous quittons Valdrome sous une légère bruine qui, comme les jours précédents, se transforme en neige au passage du col de Valdrome où les branches des arbres sont blanchies. Quelques passages sur une piste boueuse nous mènent vers le col de Cabre où la pluie commence à devenir insistante. Après quelques hésitations nous finissons par trouver le départ du sentier bien caché en contrebas du talus de la route. Quelques lacets plus tard nous rejoignons le fond de la vallée où l'ambiance n'est pas franchement printanière: humidité, froid, brume ne nous auront pas quitté de la journée.

Compte tenu de la fermeture du gîte de Lesches en Diois il nous restait 3 options pour clôturer cette étape: rallier directement Châtillon au prix de 1700 m de dénivelé et 12 heures de marche, tenter le bivouac sous les nuages ou faire une étape courte en dormant dans un bungalow de camping. On a choisi la solution de confort mais nous devons attendre 17h, heure d'arrivée du responsable, pour nous installer au chaud. En attendant, nous espérions trouver un café ouvert pour nous réchauffer mais, vu l'apparence du bistrot, il y a sans doute longtemps qu'il n'y a plus d'ivrogne dans ce village plutôt morose sous la grisaille...triste preuve de la désertification rurale.

17 avril: Beaurières – Châtillon en Diois

Aujourd'hui, nous avons de la chance: le soleil est revenu et illumine les sommets poudrés de neige fraîche. Nous avançons allégrement vers Lesches en Diois en traversant un vaste plateau verdoyant. Les habitants se sont donnés rendez-vous autour de quelques commerçants ambulants et, de suite, la vie semble revenue. Nous franchissons un premier, un deuxième col et entamons, après le pique-nique à Miscon, la remontée vers le troisième sur une piste caillouteuse, raide et tellement raide que nous avons le nez dans les cailloux. Évidemment, ce qui devait arriver arriva: nous loupons l'embranchement du GR. Nous nous en apercevons assez vite, mais persistons dans notre erreur, persuadés de pouvoir rejoindre le col par une autre piste figurant sur la carte du GPS. Nous grimpons donc 120 mètres de dénivelé pour constater que les 2 pistes ne peuvent se rejoindre. Redescente donc et retour à l'itinéraire normal: au col, nous nous félicitons d'arriver sans trop de retard (car il reste un quatrième col au programme...). C'est alors que les dieux nous abandonnent !!! Un panneau annonce que le GR est dévié pour cause d'éboulement et indique la direction de la montagne de Grésière. Perplexes devant le détour imposé nous cherchons une autre indication: rien, sinon une vague piste sans aucun balisage. N'écoutant que notre courage (!) nous entamons les 300 mètres de dénivelé supplémentaire pour atteindre le sommet et là, devant un sublime panorama de montagnes enneigées, nous constatons que la seule issue est de redescendre au col... Retrouvant la « vague piste » évoquée supra un balisage aux vives couleurs blanche et rouge nous tape à l'?il. Est-ce une hallucination ? Le doute nous assaille à un point tel que nous touchons le balisage et nos doigts se colorent d'une superbe peinture fraîche. Nous empruntons alors cette piste et vérifions à chaque balise que la peinture est nouvelle. Peu après, nous apercevons le baliseur un pot à la main. (Et bien non, on ne lui a pas renversé son pot sur la tête!). Nous poursuivons vaillamment notre longue route mais nous zappons le quatrième col grâce à un chemin de contournement au milieu des vignes ce qui nous permet d'atteindre Châtillon quelques minutes avant la fermeture de l'épicerie. Ouf...il est quand même 19h15 quand nous arrivons au gîte, bien contents de pouvoir quitter les godasses.

18 avril: Châtillon en Diois – Die

Notre projet initial était de traverser la réserve des hauts plateaux du Vercors en faisant étape dans une cabane. Compte tenu du froid et, surtout, de la neige récemment tombée sur les hauteurs il nous paraît plus sage de contourner le massif par l'ouest. Nous cheminons tranquillement vers le col de Caux ne nous lassant pas d'admirer les murailles verticales de la montagne du Glandasse sur lesquelles s'enroulent les dernières écharpes de brume déchirées par le vent. Les pentes couvertes de mousse brillent sous la lumière éclatante d'un soleil généreux et, événement remarquable, nous croisons deux randonneurs, les premiers depuis plus d'une semaine. Comme nous avons décidé de faire une étape courte, après le pas de la Roche nous empruntons une petite route qui rejoint Die sans détour. C'est donc à 14h30 que nous posons nos sacs pour un après-midi de repos.

lDe Vercors en Chartreuse

19 avril: Die – Vassieux

Ce matin, il pleut sur Die. Une couche uniforme de nuages recouvre les sommets laissant augurer une journée bien humide. Nous partons harnachés, guêtres, sursac et vêtement de pluie et ce ne sera pas une précaution inutile. Pour éviter une partie de sentier qui semble franchir quelques pentes de marnes certainement très glissantes nous empruntons la route du col du Rousset sur 4 kilomètres. Les voitures y sont rares et nous avançons d'un bon pas. Après avoir traversé une large plaine agricole nous grimpons sur le raide contrefort du Vercors rapidement enveloppés par le brouillard pénétrant. Peu avant le col de Vassieux une brutale et brève averse de neige nous accueille, rapidement suivie d'une éclaircie tout aussi soudaine et brève, fugitif instant où la lumière joue avec la neige et les pierres du chemin. Nous débouchons au col sur un vaste espace blanc à l'horizon cotonneux. Pour le pique-nique, l'abri de la cabane près du col est le bienvenu. L'ambiance est très particulière: solitude et isolement comme au c?ur de l'hiver. Nous redescendons ensuite vers Vassieux dans 15 cm de neige bien mouillée...

20 avril: Vassieux – La Chapelle en Vercors

Durant la nuit la neige a décoré le pré devant le gîte. Nous prenons notre temps et attendons qu'une éclaircie pointe le bout de son nez pour faire cette courte étape qui traverse la haute plaine de Vassieux au relief karstique si particulier. Bien nous en prend, car, rapidement, la bruine neigeuse cesse et le soleil perce les nuages illuminant joyeusement des crêtes abondamment blanchies. Le sentier serpente entre mamelons et dolines, s'enfonce dans une hêtraie, louvoie au creux de modestes vallons puis débouche sur une prairie verdoyante tapissée de jonquilles qui nous confirment que le printemps est à l'?uvre

21 avril: La Chapelle en Vercors – Corrençon

Notre optimisme matinal à la vue d'un ciel tout bleu est vite tempéré par les nuages qui envahissent rapidement le ciel dès que nous nous mettons en route. Pour rejoindre au plus court notre parcours initial il nous faut trouver un passage au milieu des falaises qui défendent les hauts plateaux. L'itinéraire de la Grande Traversée du Vercors (GTV) à VTT semble la solution la plus rapide, nous garantissant, de surcroit, un balisage efficace bien utile en l'absence de carte précise. Au passage nous découvrons les eaux claires et tumultueuses de la Vernaison puis le village de Tourtres blotti à l'abri des raides pentes donnant accès aux hauts plateaux. Arrivés à la porte d'Herbouilly la neige fait son apparition au sol en même temps que le soleil. Nous nous offrons donc le plaisir de brasser la neige profonde sans raquettes sur quelques kilomètres. Plaisir d'autant plus apprécié que le ciel nous réserve quelques grands pans de ciel bleu et une lumière éclatante sur ces grands espaces blancs. La marche n'est pas de tout repos mais la vision de ces larges plateaux ceinturés de sommets surchargés de neige est une belle récompense à nos efforts. En prime, le petit gîte de Corrençon est particulièrement agréable et calme.

22 avril: Corrençon – Saint Nizier du Moucherotte

De nouveau, la neige abondante en altitude nous oblige à modifier notre itinéraire. A partir de Villard de Lans nous abandonnons le GR qui grimpe vers le Moucherotte pour le parcours de la GTV qui louvoie entre des prairies verdoyantes et des hameaux aux maisons caractéristiques avec leurs pignons en escalier. Après Villard de Lans nous rejoignons l'ancienne voie du tramway qui file tout droit au milieu de la vallée jusque Lans en Vercors. L'après-midi commence à peine et nous décidons alors de poursuivre jusque Saint Nizier, toujours par l'itinéraire VTT qui nous mène sur de larges chemins sinueux vers le bec de l'Aigle, point de vue spectaculaire sur les gorges du Furon. Il nous reste encore quelques kilomètres sur de larges chemins revêtus alternant descentes et montées qui commencent à éprouver muscles et pieds à la fin de cette longue étape.

23 avril: Saint Nizier du Moucherotte – Grenoble

De Saint Nizier nous dévalons 1000 mètres de dénivelé pour plonger, très provisoirement, dans le fracas et le brouhaha de Grenoble. Heureusement, le massif de Belledonne émergeant de la couche de nuages nous offre un spectacle qui fait, un peu, oublier cet environnement urbain et bruyant. Nous sommes complètement déphasés après ces 16 premiers jours accompagnés quotidiennement par le chant des oiseaux, le bruissement des arbres ou le murmure des ruisseaux !

24 avril: Grenoble – Le Sappey

Nous laissons Grenoble sous un ciel uniformément gris et bas pour entrer dans le massif de la Chartreuse arrosé par une pluie fine, continue et froide. Et, en plus, durant les 900 mètres de dénivelé de l'ascension du mont Rachais la rumeur de la ville n'a cessé de nous emplir les oreilles... Pas de panique, on continue, persuadés, qu'un jour, le beau temps va revenir !!! En attendant, il a neigé vers 1100 mètres et la montée vers le mont Saint Eynard dans le brouillard ne nous tente guère. Après une halte sous un abribus judicieusement placé au col de Vence nous décidons donc de poursuivre par la route. La pluie s'intensifie à l'approche du Sappey et nous en apprécions d'autant plus le confort de notre chambre.

25 avril: Le Sappey – Saint Pierre de Chartreuse

Magie de la montagne : au lever du jour une chaude lumière illumine les parois plâtrées de Chamechaude. Voilà qui nous remet du baume au c?ur pour la prochaine séquence aventure ! Afin d'éviter de traverser des pentes chargées de neige avec un risque d'avalanche certain nous empruntons, sur les conseils de notre hôtesse, la piste forestière du hameau des Combes pour atteindre le premier des 4 cols à franchir. Contrairement à ce qu'elle nous a annoncé, dès 1200 mètres, nous trouvons une neige profonde et vierge dans laquelle il devient très vite laborieux de faire la trace. En débouchant sur l'alpage de l'Emeindras où soufflent de violentes bourrasques l'orientation devient carrément délicate. Le ciel devenu gris se fond dans les grands espaces enneigés et les reliefs s'estompent rapidement. Une vaste zone déboisée, sans repère, sans trace s'ouvre devant nous. La neige est profonde et nous enfonçons jusqu'aux genoux. Dans de telles conditions, il est illusoire de poursuivre vers les crêtes et nous cherchons donc une issue vers le bas. Heureusement, notre GPS nous permet de garder le cap et de trouver une échappatoire qui, au prix tout de même d'un effort physique intense, nous offre la possibilité de regagner plus vite la vallée. Lorsque nous parvenons en vue du refuge de Pleynon, le soulagement est grand car la route est proche et il sera facile de la suivre jusque Saint Pierre. Mais rien n'est facile ce jour, la route est couverte d'une bonne couche de neige ramollie et croutée et, s'il n'y a plus de problème d'orientation, la marche y est extrêmement pénible et irrégulière. Belle et rude journée dans la montagne...

26 avril: Saint Pierre de Chartreuse – Saint Christophe sur Guiers

Fort de notre expérience d'hier nous abandonnons le projet initial de passer par le col de la Ruchère à plus de 1700 mètres d'altitude. Du coup, nous n'avons pas pu voir l'abbaye de la Grande Chartreuse mais le passage sur de petites routes par une succession de vallées aux multiples hameaux a été un moment apaisant! Pour une fois, nous apprécions la simplicité et la tranquillité de la marche sur le goudron et prenons beaucoup d'intérêt à découvrir quelques villages perchés sur les pentes ensoleillées: Le Villard, Le Château, Corbel avec leurs massives maisons en grosses pierres de taille sont des havres de paix qui contrastent fortement avec la rudesse du parcours de la veille au c?ur de montagnes pourtant si proches. Après le col des Egaux, le paysage change d'aspect et les pentes raides cèdent la place aux vastes prairies de la vallée des Echelles prolongée vers le nord par des vallonnements aux pentes douces. Nous terminons la journée en parcourant la voie sarde, autrefois axe de circulation principal entre Lyon et Turin, qui au travers d'un étroit défilé rejoint la plaine grâce à un spectaculaire plan incliné.

Toute la journée la douceur printanière nous a laissé espérer la fin des épisodes difficiles dans la neige mais... la suite du parcours nous démontrera que nous étions un peu optimistes !

27 avril: Saint Christophe sur Guiers – La Bridoire

Nous quittons les paysages alpins de la Chartreuse et devinons l'approche du Jura avec ces ondulations verdoyantes où paissent des vaches. Les sentiers deviennent plus doux et, tout autour, de nombreux hameaux habités témoignent de l'activité agricole importante de la région. Bien que nous ne rencontrons quasiment aucun randonneur l'impression de solitude ressentie depuis le départ laisse place à un sentiment de calme et d'harmonie reposant. Pour l'anecdote, nous avons franchi sans encombre, les ruisseaux de la Pissoire et du Merderet !!!

A La Bridoire nous sommes accueillis chaleureusement par un sympathique maçon italien installé ici depuis de nombreuses années qui prend un plaisir évident à nous parler de sa vie et de la région autour d'un bon pastis.

28 avril: La Bridoire – Saint Maurice de Rotherens

Séquence survie !!! Nous partons le sac allégé et le coeur léger pour une étape courte, dite de « récupération active ». Sur les indications du topo guide nous prévoyons un gros ravitaillement à Dullin et négligeons la boulangerie et l'épicerie de La Bridoire. Mais, une fois rendus sur place, nous rencontrons l'ancienne propriétaire de l'épicerie qui nous indique qu'elle a pris sa retraite il y a bien longtemps...Nos réserves de vivres sont quasi nulles, il n'y a plus de village digne de ce nom jusqu'au lendemain soir et, circonstance aggravante, demain, est un dimanche. Nous faisons donc une tentative à la petite auberge du village qui accepte de nous préparer 2 sandwiches à la coppa et, sur notre insistance, d'ajouter un morceau de fromage. Avec notre boîte de rillettes de thon, nos 2 sachets de soupe et nos 4 carrés de chocolat, voilà tout ce que nous possédons pour tenir jusque lundi. Petit moment de flottement et d'inquiétude, qui ne nous empêche pas de profiter, au détour de quelques crêtes, des belvédères panoramiques sur la plaine du Guiers avec, à l'horizon derrière nous, les sommets emblématiques de Chartreuse et du Vercors qui nous permettent de mesurer le chemin parcouru.

La providence faisant bien les choses nous sommes reçus avec beaucoup de sympathie au gîte du Vernay et notre hôte cuisine! Le repas du soir est de fait particulièrement copieux. Oufffffff, on verra bien demain.

29 avril: Saint Maurice de Rotherens – Yenne

Ce matin, ciel lourd et bas et pluie nous accueillent au réveil nous laissant craindre une nouvelle journée de grisaille. Puis, soudain, un rai de lumière filtre à travers les nuages et c'est une journée lumineuse que la nature nous offre en cadeau. C'est une chance pour découvrir, depuis les abrupts qui le dominent, le Rhône et sa vallée. Louvoyant entre forêts et belvédères le sentier domine le fleuve majestueux qui déroule ses rives tantôt domestiquées, tantôt sauvages comme au défilé de Pierre Chatel.

30 avril: Yenne – Culoz

Une longue étape entre berges du Rhône et coteaux du vignoble de Jongieux et de Vettrier (à notre grand regret nous n'avons pas pu faire la tournée des caveaux...) nous conduit à Culoz blotti au pied des pentes de l'imposant Grand Colombier. Malheureusement le ciel reste bien gris et les paysages un peu palots. Dommage, car la traversée des vignobles dont les alignements rectilignes rayent de figures graphiques les pentes pierreuses offre un spectacle varié. Après tous ces jours de solitude nous sommes un peu surpris de nous retrouver au milieu des touristes qui visitent le plaisant village de Chanaz. Mais, bien vite, nous nous retrouvons seuls sur une large digue caillouteuse entre Rhône et canal. En toile de fond apparaît le Grand Colombier objet de nombreuses interrogations pour les futures étapes : y a t-il encore de la neige en altitude ? la cabane où nous prévoyons de dormir est-elle en bon état ? y a t-il du ravitaillement dans les prochains villages ? à défaut de réponses à nos questions nous complétons nos sacs avec un lourd chargement qui doit nous garantir plusieurs jours d'autonomie. La dernière grimpette pour rejoindre le gîte situé au plus haut du village ne nous en paraît que plus raide, d'autant plus que l'orage gronde et que nous aimerions bien nous mettre rapidement à l'abri.

lAu long du Jura

1er mai: Culoz – Songieu

Pour attaquer la traversée du Jura nous avions prévu de gravir le Grand Colombier et de dormir dans le sommaire abri d'Arvières. La fermeture pour restauration de cette cabane et le temps menaçant nous interdisant le bivouac, une fois encore nous détournons notre route. C'est par le Valromey sur le flanc ouest du massif que nous rattraperons notre itinéraire. Une étape un peu languissante, toute en montées et descentes escarpées et glissantes à travers la forêt, sans véritable panorama, une ambiance humide avec un soleil qui joue la coquette derrière le brouillard. A la fin, un peu lassés de louvoyer entre flaques d'eau, racines glissantes et ornières boueuses, nous décidons d'emprunter la route de Larnin à Sothonod qui serpente au milieu des prairies illuminées de fleurs de pissenlits. Au bout du compte, une longue étape avec plus de 1200 m de dénivelé.

2 mai: Songieu – Le Catray

La pluie a tambouriné sur les vitres toute la nuit et, ce matin, le ciel est uniformément terne et il pleut toujours... Bien protégés dans notre vêtement de pluie nous quittons Songieu et son tilleul séculaire qui trône à côté de l'église. Nous découvrons les premiers pâturages du Jura, franchissons quelques clôtures, parfois au prix d'une reptation délicate sous les barbelés mais le plus souvent par des passages en barreaux métalliques luisants d'humidité. Quelques passages en forêt particulièrement boueux nous obligent à de multiples contours. Arrivés près des crêtes du Grand Colombier et du plateau du Retord nous découvrons de vastes alpages illuminés à perte de vue par l'or des jonquilles.

3 mai: Le Catray – Giron

Ce matin, surprise appréciée: un ciel parfaitement bleu, un soleil éclatant et un panorama grandiose des Alpes suisses au massif des Ecrins en passant par le Mont Blanc tandis que les fonds de vallées restent cachés sous les nuages. Tout heureux de retrouver le ciel bleu après de nombreuses journées de grisaille je me précipite dehors pour enregistrer sur mon appareil photo ce moment magique à l'ambiance irréelle. Les pelouses fument sous la caresse du soleil, les nuages s'effilochent à l'assaut des pentes. De pâtures en forêts et de forêts en pelouses où la neige fondante cède la place aux tapis de crocus et de jonquilles nous hâtons le pas en espérant atteindre Saint Germain de Joux avant la fermeture de l'épicerie. Las, une erreur d'itinéraire peu avant la Bossue d'en Haut nous faire perdre encore une bonne vingtaine de minutes et il est 12h45 quand nous arrivons devant l'alimentation...fermée. Nous quémandons un sandwich au bar des Amis mais il est lui aussi démuni. Il nous reste encore environ 3 heures de marche pour rejoindre notre étape et nous ne pouvons attendre l'ouverture bien que nos réserves de vivres soient très réduites. Nous verrons bien ce soir ! Arrivés à Giron nous avons beaucoup de difficultés à dénicher un hébergement et nous errons un moment tels des pèlerins sans ressources ! Finalement, le centre d'accueil montagnard accepte de nous louer une chambre bien qu'il soit en période de fermeture. Ouf, ce soir nous nous contenterons donc d'une maigre minut'soup et d'un biscuit mais nous serons à l'abri, une nouvelle recette pour affiner sa silhouette !!!

4 mai: Giron – La Pesse

Avant de partir nous faisons un détour par la fruitière pour y acheter un morceau de fromage et commencer une cure de délicieux Comté qui devrait nous permettre de survivre durant cette étape relativement courte. Ainsi, grâce à un morceau de pain que le centre d'accueil a bien voulu nous vendre nous avons de quoi reprendre notre marche. Tout s'arrange...

Une petite route dans la forêt que nous abandonnons pour un large chemin conduit sur le rebord de la roche Fauconnière dont l'abrupt domine de plus de 150 mètres la profonde reculée de la Sémine. L'itinéraire rejoint ensuite une piste empierrée encore recouverte de neige heureusement damée et compacte. Nous quittons alors le Bugey et le pays de Gex pour entrer en Franche-Comté par la borne au Lion, lieu de rencontre au XVII ème siècle des 3 empires: le royaume de France, la Savoie, et la Franche-Comté espagnole à l'écusson gravé d'un lion. Face à nous les hautes crêtes du Jura apparaissent encore bien blanches. Arrivés en tout début d'après-midi à La Pesse il ne nous reste plus qu'à attendre tranquillement, au soleil, l'ouverture de la boulangerie et du petit supermarché pour, enfin, acheter quelques provisions et calmer nos estomacs un peu vides. Une fois nos sacs remplis une petite demie heure de route nous mène au hameau d'Embossieux où nous avons réservé notre nuitée.

5 mai: La Pesse – Lajoux

Le cheminement est très agréable pour entamer la traversée du haut plateau du Jura, de vallonnements en crêtes au milieu de prairies dorées de jonquilles: paysages superbes, panoramas étendus sur les monts Jura à l'est et la succession des crêtes à l'ouest, fermes massives à l'architecture traditionnelle, ciel magnifiquement menaçant (!). Ici, tout est calme, paix et sérénité... Mais de gros cumulus bourgeonnants parsèment le ciel et en traversant Moussières une courte averse nous contraint à sortir précipitamment les vêtements de pluie. Commence alors une alternance de grains et d'éclaircies répétés qui ne nous laisseront pas le loisir de faire beaucoup de pauses. Le chemin, parfois détrempé, serpente de forêts en larges prairies avant de rejoindre la curieuse mairie de Molunes, perchée et isolée sur un promontoire face à un superbe panorama de combes et de crêtes. Mais, le ciel devenant de plus en plus menaçant, nous forçons le pas et, évidemment, manquons une bifurcation. Heureusement qu'une clôture vient rapidement couper notre élan et nous faire prendre conscience de l'erreur. Peu avant l'arrivée la grêle se met de la partie mais les dieux de la météo doivent avoir pitié de nous car l'averse est de courte durée.

6 mai: Lajoux – Prémanon

Décidément, le temps du Jura est bien capricieux. En ce dimanche nous avons assisté à la multiplication des grains: grêle et pluie alternées au gré d'un puissant vent de sud! La neige tombée en altitude nous interdit de traverser la forêt du Massacre empruntée par le GR5. Nous suivons donc le tour de la Haute Bienne qui, par Lamoura et la combe de la Sambine nous conduit à Prémanon. Nous n'évitons quand même pas quelques passages enneigés en partie haute de la combe mais des traces de passage facilitent la progression. Tout au long de la journée pluie et grésil nous menacent et c'est presque en courant que nous franchissons les 200 derniers mètres pour nous mettre rapidement à l'abri du gîte. Finalement, les éclaircies sont arrivées au soir couchant.

7 mai: Prémanon – Chapelle des Bois

Quelle (mauvaise) surprise de découvrir la ville des Rousses quasi déserte et, surtout, tous les petits commerces fermés en ce lundi matin. Rendus méfiants par nos mésaventures passées nous préférons faire un détour pour trouver le supermarché situé en périphérie plutôt que d'espérer un hypothétique ravitaillement en cours de route.

L'expérience rendant avisé! nous avons également évité les combes remplies de neige au prix de multiples détours sur les pistes forestières de la montagne du Risoux. Pour la première fois depuis plusieurs jours nous rencontrons quelques cyclistes qui ont bien du mal à pousser leur VTT dans les passages enneigés et, aussi, 2 randonneurs qui parcourent la GTJ « à l'endroit ». Ils nous confirment que la couche de neige est encore très épaisse sur le sentier du versant nord et, qu'en outre, des arbres déracinés encombrent le chemin et nécessitent quelques acrobaties périlleuses pour les franchir. C'est donc par la route des Ministres que nous rejoignons Bellefontaine.

Quel plaisir ensuite de découvrir l'ambiance nordique des tourbières et des forêts de bouleaux ainsi que les vastes espaces verdoyants entourant les lacs de Bellefontaine et des Mortes. Voilà qui récompense de la fatigue de cette longue étape.

8 mai: Chapelle des Bois – Mouthe

Notre option du jour: suivre le GR5, mais lequel choisir ? Celui indiqué par notre carte n'est plus balisé, la trace enregistrée sur le GPS n'existe pas plus sur le terrain, nous ne trouvons pas la signalisation dans le village pour nous guider. Nous choisissons donc de tracer notre propre itinéraire en gardant le cap. Mais, face à l'entrelacs de pistes forestières de la forêt de Nondances, notre « légendaire » sens de l'orientation est mis à rude épreuve. Et ce ne sont pas les conseils du chercheur de champignons (oh c'est tout droit...) rencontré au détour d'un chemin qui nous auront beaucoup aidé. Heureusement, des panneaux indiquent quelques directions dont celle de Pré Poncet qui figure sur notre carte et que nous décidons de rejoindre. Là, un plan présente la multitude de sentiers du secteur et nous permet de choisir l'itinéraire le plus rapide pour rejoindre Chaux Neuve puis Mouthe que nous atteignons peu avant que la bruine ne se décide à tomber.

9 mai: Mouthe – Les Hôpitaux Neufs

Le temps n'est pas très engageant au réveil : ciel gris et bruine nous accompagnent durant nos emplettes dans le village. Après un passage au bord des tourbières bordant les méandres du Doubs nous rejoignons la source d'où surgit la rivière aux flots déjà tumultueux. Ensuite, par une montée très progressive sur les pentes douces du val de Mouthe, entre forêts et pâtures, nous rejoignons les abords du Mont d'Or admirant, au passage, quelques fermes imposantes. Une dernière grimpette droit dans la pente balisée par les pylônes d'une ligne électrique nous mène au bord des falaises escarpées à portée du sommet. Quand même, nous avons de la chance! La météo, particulièrement tristounette ce matin à la source du Doubs, nous offre quelques belles éclaircies au sommet du mont d'Or. Nous pouvons ainsi profiter d'un large panorama sur le lac Léman et les massifs alpins. Le Cervin pointe même le bout de sa cime! Un agréable parcours de crête conduit au sommet du Morond, belvédère bien enlaidi par les remontées mécaniques et les pentes rabotées des pistes de ski. Nous louvoyons ensuite au travers des pistes pour descendre vers les Hôpitaux Neufs, pimpant village aux chalets rutilants.

10 mai: Les Hôpitaux Neufs – Pontarlier

Par cette belle journée printanière nous décidons de gagner au plus court la ville de Pontarlier. Par de paisibles routes au milieu des prairies nous rejoignons facilement Touillon, puis les choses se gâtent quand le goudron cède la place à une piste détrempée et ravinée de profondes ornières boueuses où la marche devient très pénible. Heureusement qu'ensuite la traversée en balcon au dessus du lac de Saint Point nous ravit. Les villages rassemblés autour de leurs clochers souvent coiffés de tuiles vernissées sont riants. Espérant gagner du temps nous empruntons la route qui longe le Doubs par Oye et Pellet mais la circulation y est importante et c'est avec soulagement que, 3 kilomètres avant l'arrivée, nous découvrons un étroit sentier au dessus du Doubs qui permet d'éviter la traversée des faubourgs de Pontarlier.

11 mai: Pontarlier – Les Alliés

Notre « diverticule » par Pontarlier nous a permis de nous réapprovisionner en produits qu'on ne trouve pas au fin fond des campagnes. Donc, après une matinée « relax » à déambuler sous le soleil de cette paisible sous-préfecture, nous rejoignons tranquillement les Alliés au milieu d'un paysage de pâturages verdoyants typiquement jurassien.

12 mai: Les Alliés – Col de Chateleu

Aujourd'hui, vêtements de pluie et escargots sont de retour sous les averses et le brouillard. Vers la Côte du Cerf nous traversons la frontière suisse matérialisée par des bornes en pierre. Quelques passages dans la forêt profonde alternent avec de vertes pâtures. Dans l'une d'elles 4 chamois broutent paisiblement sans paraître se préoccuper de notre présence tandis que je m'approche avec précaution pour les photographier. Ils sautillent joyeusement, comme pour me narguer, puis, quand ils jugent que je suis trop près, sautent allègrement la clôture pour disparaître dans la forêt. Dans cette ambiance humide il est compliqué de trouver un coin de pique-nique et l'heure est déjà bien avancée quand, enfin, aux Seignes, l'auvent d'un petit bâtiment nous offre un abri sommaire sans siège. Après Nid du Fol nous évitons le chemin très boueux qui circule en contrebas de la route en suivant celle-ci jusqu'au col de Chateleu désert.

13 mai: Col de Chateleu – Villers le Lac

La bise a nettoyé le ciel mais nous glace sur le chemin. Un aller-retour vers le belvédère de Vion Billard permet de contempler le paysage typique du val de Morteau avec ses crêtes entrecoupées de vertes prairies et ses hameaux étalés au soleil. Un peu plus loin, la grotte de la Grande cave est accessible par une corniche équipée d'une main courante. À vrai dire, nous sommes un peu déçus d'avoir fait ce (léger) détour car les dimensions de la grotte nous ont paru bien modestes. L'itinéraire joue ensuite à saute-frontière le long d'une longue crête bordée de murets en pierres moussues avant de redescendre rapidement vers Villers le Lac.

14 mai: Villers le Lac – La Rasse

Sous un ciel bleu pur, comme nous n'en avions jamais vu depuis le départ, nous parcourons les gorges sauvages du Doubs. Compte tenu des informations contradictoires sur l'état du sentier de la rive française qui serait éboulé et sur les conseils d'un habitant rencontré au départ nous décidons de traverser vers la Suisse. Ainsi, après avoir frissonné (!!!) depuis la rive française devant le saut de 27 mètres des eaux du Doubs nous traversons la rivière et un autre belvédère offre un nouveau point de vue tout aussi spectaculaire. Nous poursuivons ensuite le cheminement le long de la rivière surplombée par de hautes falaises. De nombreux témoignages de l'activité passée (moulins, verreries, scieries) subsistent tout au long du parcours balisé d'intéressants panneaux explicatifs. Un long parcours alternant passages au bord de l'eau et en balcon dans la forêt permet d'atteindre le hameau de La Rasse, curiosité frontalière puisqu'il est situé sur la rive française mais accessible en voiture uniquement depuis la Suisse. L'auberge est l'unique hébergement existant sur cette portion du parcours et nous n'avons d'autre solution que d'y faire étape malgré des tarifs vraiment abusifs...

15 mai: La Rasse – Fessevillers

Nouvelle journée au long de ces gorges du Doubs où l'ambiance verte et mystérieuse des reflets sur les lacs de retenue et dans les sous bois bordant le Doubs est prenante. Les eaux tumultueuses deviennent paresseuses à l'approche du barrage du Refrain. Seuls quelques cygnes et cormorans viennent en troubler les reflets figés. Après le barrage, la vallée se resserre et le sentier devient étroit et, parfois, tortueux avant de quitter les rives pour s'élever en lacets au coeur de la forêt, cependant que l'évolution du ciel commence à nous inquiéter. A l'instant précis où nous atteignons l'abri confortable des Charbonnières Hautes une averse de grêle aussi soudaine que violente se déclenche, comme un signe pour faire la pause pique-nique. Pour éviter de redescendre dans les profondeurs des gorges nous empruntons une petite route et poursuivons directement vers Charmauvillers. Le paysage s'ouvre et l'ambiance est moins oppressante que dans le fond des gorges encaissées et sombres. Progressivement les hauts plateaux cèdent le pas à des vallonnements marqués où s'entremêlent bois et prairies. Dans le minuscule village d'Urtière nous découvrons la curieuse chapelle saint Roch au toit recouvert de tavaillons discrètement cachée dans la forêt.

Cet après midi, les choses ont repris leur cours normal: après l'averse de grêle, des bourrasques d'orage...et, le soir, il neige...

16 mai: Fessevillers – Saint Hippolyte

Chroniques d'une journée météorologiquement désastreuse !

Première scène: 750 mètres d'altitude, départ sous la neige qui tombe dru

Deuxième scène: le balisage du GR nous abandonne lâchement dans une vaste pâture spongieuse ceinturée d'une clôture de fils de fer barbelés et, tandis que nous tournons en rond pour en trouver la sortie, des bourrasques cinglantes de lourds flocons nous fouettent le visage et nous trempent

Troisième scène: abri providentiel du lavoir de Courtefontaine pour enfiler une petite laine supplémentaire

Quatrième scène: nous repartons dans une éclaircie, mais, malencontreusement, le chemin traverse une forêt dont les arbres s'égouttent copieusement sur nous

Cinquième scène: en vue de Saint Hippolyte un sentier en pente raide, glaiseux et particulièrement glissant nous entraîne vers le bas dans un splendide pas de patineur tandis qu'une averse de grêle soutenue s'abat sur nous

Sixième scène: une fois trouvé un refuge spacieux et bien chauffé, la journée se termine sous un grand ciel bleu

Y a com' un p'tit souci de synchronisation...

17 mai: Saint Hippolyte – Vandoncourt

Grand ciel bleu après dissipation des nuages matinaux...

Un chemin bien tracé mène vers la chapelle des Monts dominant la vallée du Doubs puis serpente dans la forêt. Tout serait bien tranquille et le silence seulement troublé, comme chaque jour, par le chant des oiseaux et le bruissement des arbres si une troupe de trialistes ne venait nous frôler avec leurs motos fumantes et pétaradantes. Après Chamesol le tracé fait quelques détours vers la batterie de Lomont bâtie sur une crête d'où la vue porte au loin vers la plaine et, instant magique, la "ligne bleue" des Vosges...à l'horizon.

Avec cette étape nous quittons l'ambiance montagnarde des plateaux du Jura pour descendre lentement à travers les paysages plus champêtres de la région de Montbéliard. De Villard les Blamont à Glay une petite route descend à travers la forêt dans la profonde vallée de la Doue. Nous remontons ensuite sur un plateau à l'horizon ouvert où s'entremêlent champs et boqueteaux jusque Abbévillers puis Vandoncourt. Au détour d'une reculée, nous découvrons la curieuse arche sarrasine, formation karstique objet d'une légende heureuse.

18 mai: Vandoncourt – Belfort

Comment un banal sentier horizontal et rectiligne peut devenir un parcours sportif et sinueux après les pluies? Vous pouvez aller l'expérimenter en allant traverser la forêt de Dampierre les Bois.

La suite du parcours? quinze kilomètres le long du chemin de halage du canal de Montbéliard à la Haute Saône qui pourraient nous laisser tout loisir de goûter à un environnement paisible de chants d'oiseaux et de vols de hérons s'il n'y avait le voisinage immédiat de l'autoroute et de la ligne TGV.

Bref, c'est ce qu'on appelle une étape de liaison...

Quelques kilomètres avant Belfort nous abandonnons la « coulée verte » pour nous immerger dans la cohue d'une vaste zone commerciale très animée. Nous sommes un peu secoués et étourdis par tout ce brouhaha et avons quelques difficultés pour trouver le meilleur (ou plutôt le moins mauvais) cheminement dans ces espaces où rien ne semble prévu pour les piétons. Ainsi, pour rejoindre le centre ville, il nous faut jouer les acrobates en traversant quelques ronds-points au milieu d'une circulation dense.

lTraversée des Vosges

19 mai: Belfort – Lachapelle sous Chaux

Après avoir cherché vainement des cartes détaillées pour préparer la suite du périple nous devons nous contenter de cartes au 1:100 000, pas vraiment adaptées à la randonnée pédestre : il va falloir être attentifs pour trouver le bon chemin durant notre traversée des Vosges. Tout au long de cette mini étape de brefs grains nous font hésiter entre T-shirt et vêtement de pluie. C'est au long d'un chapelet d'étangs que nous traversons la base de loisirs de Malsaucy très fréquentée par les familles et les promeneurs puis arrivons aux confins du territoire de Belfort. Nous avions prévu de dormir au gîte communal de Giromagny mais un appel téléphonique à la mairie nous apprend que le gîte n'est pas utilisable pour cause d'absence du régisseur de recettes !!! sans commentaire, nous faisons donc étape au village précédent.

20 mai: Lachapelle sous Chaux – Grand Langenberg

En circulant entre étangs et prairies nous atteignons Giromagny alors que les mamelons boisés des Vosges apparaissent dorénavant très proches. Avec l'ascension du Ballon d'Alsace nous rejoignons la crête par de confortables sentiers tapissés de feuilles ou d'aiguilles de pins. Nous retrouvons avec plaisir le chant des oiseaux et le silence des forêts. Au col de Chantoiseau, le bien nommé, nous profitons d'une cabane au soleil pour la pause méridienne. Après une courte montée raide c'est un large panorama qui se découvre depuis la crête engazonnée du Wissgrut. Déjà loin au sud, dans un halo brumeux le Jura nous laisse mesurer l’itinéraire passé. C'est la fête de la transhumance sur les chaumes de la Gentiane et la foule se presse autour de la fanfare tandis que les troupeaux récupèrent de leur montée en broutant paresseusement l'herbe d'un vert vif. Une grande effervescence règne à l'auberge où nous devons passer la nuit et, en attendant que le calme revienne, nous nous prélassons au soleil sur la terrasse. Sans doute intrigué par nos gros sacs un des convives nous questionne. Il n'en croit pas ses oreilles quand nous lui apprenons que nous marchons depuis la Provence et file sans délai chercher sa femme pour nous présenter comme s'il avait rencontré quelques extra-terrestres !!!

Et, ce soir, nous dormons en Alsace, dernière région que nous avons prévu de traverser.

21 mai: Grand Langenberg – Rouge Gazon

Malgré quelques tentatives le soleil n'arrive pas à percer les nuages. Le brouillard nous enveloppe de son voile épais sous le sommet du Ballon d'Alsace et ne nous laisse aucune chance d'observer le paysage ni de le photographier. Nous décidons d'éviter le passage direct sur les crêtes où le brouillard est très dense en contournant par le versant nord sous les roches de Morteville. Des passerelles en bois facilitent le passage au milieu des falaises de granit de ce versant raide. Le plafond de brume n'est jamais loin au dessus de nos têtes et l'humidité ambiante rafraîchissante... Après la confortable cabane de Morteville nous remontons vers la tête de Moinechamp sur un étroit sentier recouvert d'une épaisse couche de feuilles sur lequel la vigilance est nécessaire pour ne pas s'égarer hors de la trace. Dès l'approche de la crête le brouillard tenace masque toute visibilité et, renonçant à poursuivre dans la brume, après le col des Charbonniers, nous dévions vers une large piste forestière sur le versant nord qui rejoint rapidement le chaume de Rouge Gazon.

22 mai: Rouge Gazon – Grand Ventron

Nous affrontons le beau temps du massif vosgien. Depuis 2 jours, les aubergistes nous l'affirment: « aujourd'hui, c'est du beau temps »; nous, nous n'avons pas vu le chemin au delà de 50 mètres devant nous, ni derrière d'ailleurs... De profondes forêts où la lumière de cette journée blafarde peine à éclairer les multiples racines glissantes, tranchées boueuses et autres obstacles, des chaumes où la trace disparaît dans l'herbe fraîchement poussée, voilà un aperçu d'une journée qui nous réclame beaucoup de concentration et qui ne nous laisse aucun espoir d'entrapercevoir la moindre parcelle de ces magnifiques ballons vosgiens qui nous entourent.

23 mai: Grand Ventron – Trois Fours

Le brouillard matinal qui semble cantonné sur les crêtes nous incite à chercher un itinéraire en contrebas. Après le col de Bramont nous empruntons la piste Vaxelaire pour découvrir la tourbière lacustre de Machais lovée au creux de la cuvette d'un petit cirque glaciaire. Un bref rai de lumière éclaire les touffes flottantes d'une chaude teinte dorée. En remontant vers le chaume de Rothenbach de fugitives éclaircies nous laissent apercevoir la complexité du relief des ballons et des crêtes mais en poursuivant vers le Rainkopf et le Hohneck il faut vraiment viser entre les nappes de brouillard pour découvrir les grandes étendues de prairies battues par les vents qui se perdent dans les falaises abruptes du versant est.

24 mai: Trois Fours – Munster

Par nécessité de nourrir les mécaniques nous plongeons vers la vallée de Munster. En outre, l'envie de découvrir d'autres types de paysages se fait sentir car ces journées dans les hêtraies sapinières sans fin et surtout avec un horizon bien fermé nous font rêver de prairies et de villages fleuris. Du chaume des Trois Fours le sentier dévale en lacets sur un sol tapissé d'aiguilles et le soleil revenu fait briller les cascades d'un éclat perdu depuis quelques jours.

25 mai: Munster – Fréland

Journée de rando itinérante dans une Alsace riante,

de forêts chantantes en prairies verdoyantes sur les crêtes dominantes,

de vallées luxuriantes en villages aux couleurs chatoyantes.

Certes, les rimes sont pesantes mais elles étaient trop tentantes...

Quel bonheur de randonner dans cette ambiance printanière au milieu des prairies, des hameaux éparpillés dans la montagne, des villages aux maisons colorées et fleuries. Sans oublier, toutefois, qu'en d'autres temps, cette Alsace là vécut des heures sombres: casemates, tranchées et nécropole du Linge le rappellent à notre mémoire.

Cette journée est aussi particulière car nous allons passer le seuil, symbolique mais important, des 1000 kilomètres. Passé Orbey, nous surveillons donc avec une certaine excitation le GPS qui nous donnera le lieu exact. Et c'est au c?ur de Lapoutroie, entre la mairie et l'église que l'instant magique et émouvant se produit. Une halte et une photo s'imposent évidemment, mais la route est encore longue et il ne faut pas trop s'attarder...

26 mai: Fréland – La Vancelle

En observant d'un peu près une carte du massif des Vosges, on constate qu'il est particulièrement difficile de suivre une ligne de crête continue. Il en existe une entre le Ballon d'Alsace et le col du Bonhomme, celle que nous avons en partie parcourue. Une autre ligne orientée sud-est nord-ouest la rejoint en passant par le Grand Ballon, point culminant du massif (1424 m.).

Partout ailleurs, les Vosges sont constituées de multiples chaînons en tous sens entrecoupés de vallées. Tout cela explique qu'il n'est pas facile de tracer un itinéraire direct et que nous passons nos journées à monter et à descendre! C'est particulièrement le cas aujourd'hui où nous composons notre itinéraire personnel en essayant de traverser au plus court et en jonglant entre les indications sommaires de notre carte et les itinéraires balisés dont nous n'avons pas le descriptif. Nous passons l'essentiel de la journée au c?ur de grandes étendues forestières qui, bien souvent, ne laissent filtrer qu'une lumière bien réduite.

27 mai: La Vancelle – Le Hohwald

Des forêts, des forêts, beaucoup de forêts, quelques vignobles, mais aussi des villages colorés et fleuris. A proximité du château de Frankenbourg nous discutons avec un randonneur solitaire qui nous suggère un itinéraire plus direct et nous montre sa carte au 1:25000 ce qui nous permet de rejoindre rapidement la plaine en évitant un long détour par des crêtes boisées. Nous traversons donc Neuve Eglise et Villé aux traditionnelles maisons à colombages. A Villé, nous ne résistons pas devant la devanture de la pâtisserie dont les gâteaux nous mettent l'eau à la bouche et, à peine sortis du village, nous faisons halte au bord du chemin pour déguster notre pique-nique... C'est par le chemin des Ânes que nous rejoignons le col de Bellevue. Une brève échappée hors de la forêt offre un belvédère sur le vallon d'Albé et ses vignobles. Depuis le col, un beau sentier rejoint rapidement Le Hohwald, station d'altitude un peu désuète avec ses maisons éparpillées dans une grande clairière ceinturée d'un vaste massif forestier.

28 mai: Le Hohwald – Oberhaslach

Du Neuntelstein, à 971 mètres d'altitude, un abrupt rocheux offre un panorama sur les Vosges et la plaine d'Alsace et, de là haut, on peut observer l'immensité du couvert forestier et le peu d'espaces ouverts laissés aux villages et aux prairies. Ensuite, le chemin des Bornes nous mène vers le carrefour du Rothlach et, c'est ensuite par une longue piste forestière horizontale assez interminable que nous contournons la vallée avant de descendre en pente douce vers Grendelbuch. A la sortie du village le chemin pénètre dans une forêt dense et sombre où la trace se perd complètement. Heureusement, le baliseur a bien fait son travail car il faut véritablement naviguer sans quitter les balises des yeux au risque de perdre l'itinéraire qui fait de multiples crochets en tous sens. Le balisage rejoint finalement un dédale de pistes avant d'arriver à Urmatt, où une foire à la brocante bat son plein. Une montée en pente douce au milieu des prairies conduit alors à Oberhaslach, superbe village alsacien dont les maisons de grès rose sont abondamment fleuries.

29 mai: Oberhaslach – Engenthal le Bas

L'étape s'annonce courte et nous prenons le temps de flâner dans le village sous le vivifiant soleil matinal qui réchauffe les façades des maisons. Toujours au c?ur du massif forestier, le sentier gagne en pente douce le carrefour Anlangen. Aujourd'hui, c'est décidé, nous allons au plus direct par les pistes forestières. Après le carrefour de Pandours, des difficultés pour retrouver un balisage assez aléatoire nous imposent malgré tout quelques aller-retour, nous le retrouvons, puis le perdons à nouveau ne cessant de nous interroger et de scruter la carte pour tenter d'y trouver quelque indice. Puis, finalement, à la Flohutte nous retrouvons les marques.

Après le granit des Vosges du Sud le sol est, ici, de grès rose utilisé dans de nombreuses constructions et notamment pour les châteaux. Depuis la terrasse du donjon de Wangenbourg s'offre une vue étendue sur la plaine d'Alsace au nord, le Schneeberg au sud et, toujours, les massifs forestiers à perte de vue.

30 mai: Engenthal le Bas – Saverne

Le trajet d'aujourd'hui est jalonné d'obstacles, comme souvent, et de centres d'intérêt divers: la chapelle romane d'Obersteigen, les rochers roses de conglomérat sculpté du Brotsch et les châteaux-forts médiévaux qui défendaient les nombreuses seigneuries qui composaient l'Alsace d'alors.

Au départ d'Obersteigen un habitant nous conseille d'éviter le GR embroussaillé et malcommode pour emprunter une large piste circulant en lisière de la forêt, ce qui nous ouvre quelques fenêtres sur la plaine au travers des arbres. Nous rejoignons ainsi la crête que nous suivons jusque Saverne. L'orage menace, le ciel devient noir et lourd, le tonnerre gronde et nous accélérons le pas sans monter à la curieuse tour du Brotsch (?uvre érigée par le Club Vosgien sans doute pour admirer le panorama par dessus la cîme des arbres) ni d'ailleurs aux sommets de petit et grand Geroldseck. Nous passons par contre un long moment à découvrir le château du Haut Barr, vertigineuse citadelle érigée sur une barre de grès dominant la plaine.

31 mai: Saverne – Ingwiller

Recette pour allonger une étape:

• utiliser une carte au 1:100 000 sur laquelle ne sont pas tracés les sentiers

• se fier aveuglément aux panneaux d'information répertoriant la multitude d'itinéraires créés par le Club Vosgien

• croire naïvement que ces itinéraires utilisent les chemins les plus directs pour relier les villages entre eux

• bien distinguer les rectangles horizontaux bleus des rectangles verticaux bleus qui, parfois, se transforment en triangles bleus, en négligeant les cercles verts, les ronds jaunes et autres losanges rouges

• ne pas confondre la croix avec le chevalet et s'interroger sur quel itinéraire de liaison vont vous envoyer les rectangles-drapeau rouge blanc rouge ou bleu blanc bleu

Si vous avez bien suivi vous avez une petite chance d'arriver à votre étape... en tirant la langue

Voilà un peu le résumé de nos pérégrinations du jour. En effet, dans le confortable refuge du Mont Saint Michel une carte murale détaille tous les sentiers balisés de la région. Étudiant de près les différentes possibilités nous optons pour un itinéraire qui nous semble assez direct et de surcroît évite les routes. Peu confiant dans notre mémoire volatile nous notons même scrupuleusement sur une feuille tous les changements de direction et le type de balisage et c'est parti pour suivre aveuglément un itinéraire dont la logique des multiples contours nous a parfois échappé!!! Heureusement, quelques curiosités jalonnent l'itinéraire tels que les impressionnants blocs de conglomérat près du château de Wartenberg ainsi que des villages aux rues sinueuses bordées de maisons à colombage caractéristiques.

1er juin: Ingwiller – Niederbronn

Agréable parcours longeant le piémont vosgien et dominant les douces ondulations couvertes de prés de fauche, zone intermédiaire avant la vaste plaine alsacienne. De nombreux villages ponctuent notre trajet. De Rotbach à Oberbronn le parcours en lisière de la forêt est très plaisant et l'évolution du paysage très palpable: les collines s'amollissent comme les derniers soubresauts du massif vosgien. À l'entrée d'Oberbronn nous passons un long moment à observer le vol majestueux des cigognes qui nourrissent leurs cigogneaux. Nous traversons rapidement le centre de Niederbronn, petite ville thermale très animée où nous nous sentons un peu anachroniques, pour nous avancer vers notre hôtel situé à environ 3 kilomètres.

2 juin: Niederbronn – Wissembourg

Ce matin, départ pour une longue étape...mais, c'est la dernière. Nous découvrons tout d'abord Jaegerthal, berceau des premières forges, au fond d'un coin de vallée aux belles demeures entourées de parcs. Le parcours est ensuite ponctué par les ouvrages de la ligne Maginot le plus souvent envahis par une végétation abondante. Dans le silence de la forêt l'apparition de ces casemates humides provoque une étrange sensation, nous laissant peut être imaginer quelque soldat en godillots et bandes molletières surgissant de ces trous à rat. Les maisons du hameau de Disteldorf, enfouies au plus profond de la forêt nous paraissent d'un autre âge, comme si le temps avait suspendu son cours et l'évocation de la rude vie des familles de charbonniers laisse songeur. De Lembach à Wingen l'approche du but semble nous donner des ailes et nous sommes presque étonnés d'avancer si rapidement. Mais la chaleur commence à se faire sentir, les gourdes se vident et la fontaine de Climbach ne distribue pas d'eau potable. Heureusement, à la sortie du village, le robinet du cimetière délivre une eau bien fraîche qui nous permet d'aborder sereinement le dernier col (certes bien modeste) de notre périple. Le vrombissement incessant des motos qui s'accrochent aux virages du col du Pigeonnier est sans doute le signe précurseur de notre retour à la « civilisation » avant de profiter des dernières vues panoramiques sur la plaine et de dévaler une crête qui s'abaisse tranquillement jusqu'à Wissembourg (157 m d'altitude).

Nous voilà arrivés au but. C'est un moment d'émotion intense et contradictoire à la fois. Heureux d'avoir réalisé avec détermination notre rêve mais, également, nostalgiques à l'idée que, demain, notre vie de nomade sera terminée.
Open
Itinérance de Provence en Alsace
Voici le récit d'une randonnée de 2 mois du sud-est vers le nord-est de la France réalisée au printemps 2012. L'ensemble des photos se trouve sur notre site web http://mjpgouret.free.fr/gr9gr5/gr9gr5.html

De Provence en Alsace Variations libres autour des GR9 et GR5

Un livre lu un jour peut être le révélateur d'un rêve enfoui, d'envies d'évasion profondément ancrées en nous. C'est en lisant - il y a fort longtemps déjà - le récit du long vagabondage de Jacques Lacarrière à travers la France qu'a germé en nous le désir de parcourir, au rythme lent de la marche, les espaces naturels du monde.

Et, comme un appel silencieux mais insistant, les balisages blanc et rouge du GR 9, sur le chemin menant de notre maison au village, sont une invitation constante à aller plus loin...

C'est décidé, nous partons vers ce "plus loin". Cette fois, ce sera l'Alsace pour accomplir une véritable traversée de la France et franchir la distance symbolique des 1000 kilomètres.

Évidemment, notre motivation essentielle reste le plaisir de la découverte quotidienne.

"Se hace camino al andar"

Entre Provence et Drôme

8 avril: Jouques – Grambois

A 8 heures précisément nous fermons la maison à clé, heureux. Nous sommes heureux après toutes ces journées de préparation de concrétiser ce rêve, et émus aussi à l'idée d'abandonner notre cocon douillet pour plusieurs semaines. Le soleil nous fait la fête dans du ciel bleu. Un bref arrêt à la boulangerie, un rapide salut à un passant qui nous imagine partant pour quelques courtes heures de randonnée et nous voilà enfin en route sur ce sentier de grande randonnée qui passe à 50 mètres de notre maison et qui sera notre fil conducteur jusqu'aux plateaux du Jura. Nous apprécions tout spécialement ces premiers kilomètres sur des chemins bien souvent parcourus mais qui, aujourd'hui, prennent une saveur toute particulière. Le plateau de Bèdes traversé, un bref retour à la civilisation nous est imposé avec la proximité de l'autoroute et la traversée de la Durance sur le pont de Mirabeau. Cependant, très vite, le calme revient et, par une petite route paisible, nous atteignons le village de Mirabeau bien endormi à l'heure de la pause dominicale. Les abords de la fontaine, abrités du Mistral, nous accueillent pour le premier pique-nique. En quittant le village nous constatons bien que le balisage est différent des indications de la carte mais faisons confiance aux marques du terrain en pensant que la modification ne concerne qu'un tronçon réduit. Après quelques kilomètres nous prenons conscience que ce tracé nous éloigne de notre but à Grambois et, après quelques tentatives sur des sentiers de traverse qui butent sur des clôtures, nous prenons donc la décision de revenir en arrière pour retrouver l'itinéraire initialement prévu. Celui-ci parcourt une large crête offrant un vaste panorama circulaire depuis la vallée d'Aigues jusqu'aux massifs des Alpes du Sud encore enneigés. Ainsi, à vouloir suivre aveuglément les balises d'un GR dont l'itinéraire a été détourné, nous avons ajouté 4 kilomètres et demi à une étape initialement prévue à 27 kilomètres: pour une première étape, c'est une bonne mise en jambe...

9 avril: Grambois -Céreste

Bien reposés, nous repartons dans la fraîcheur du matin par de petites routes vers Vitrolles nich�� sous le Luberon. Nous y rencontrons quelques randonneurs et, surtout, beaucoup de cyclistes. Au dessus du village une piste remonte tranquillement pour franchir la crête d'où les monts du Vaucluse semblent comme un appel à poursuivre et nous dictent l'itinéraire des prochains jours. La descente raide et caillouteuse est rapidement avalée et, dès le début de l'après midi, nous nous installons dans le confortable gîte communal de Céreste. Aujourd'hui, l'étape a été « cool » et nous nous reposons en déambulant tranquillement au milieu du vide grenier animé!!! Qu'on se rassure, on n'a rien trouvé à rajouter dans notre sac à dos.

10 avril: Céreste – Chaloux

Avec l'étape Céreste, Oppédette, Chaloux nous entrons véritablement dans le voyage car, même si les paysages nous sont encore familiers, nous les découvrons par de nouveaux itinéraires et sous des points de vue différents. C'est d'abord le prieuré de Carluc, autrefois étape des pèlerins sur le chemin de Rome, puis le minuscule village de Sainte Croix à Lauze où les chiens, sans doute peu habitués à croiser des randonneurs, semblent bien agressifs. Enfin, le village d'Oppédette apparaît comme perdu au milieu de nulle part. L'impression d'isolement et de solitude est encore accentuée par un ciel bas et peu lumineux qui nous incite à presser le pas.

Bien nous en prend car, à peine arrivés au gîte de Chaloux, les nuages accumulés dans la journée et de plus en plus menaçants lâchent leurs trombes d'eau sur la campagne.

11 avril: Chaloux – Sault

En sortant du dortoir ce matin, nous découvrons un ciel pur, lavé par la pluie et le vent du nord revenu. Par contre une mauvaise surprise nous attend en préparant notre petit déjeuner car nous constatons que nos sacs de provisions sont déchirés et nous trouvons notre fromage plus qu'à moitié rongé! Notre pique nique sera frugal car la seule épicerie de Simiane est justement fermée le mercredi.

Après avoir franchi quelques gués grossis des pluies de la veille dans les gorges de Vaumale nous remontons vers le village de Simiane la Rotonde éblouissant sous le soleil matinal. Une montée en pente douce dans la hêtraie conduit sur les hauteurs des plateaux d'Albion et de Sault, paysage immense et mamelonné, ouvert sur Lure et les Alpes blanchies de neige fraîche, les massifs du Verdon, le Luberon déjà loin et le Ventoux de plus en plus proche. La longue traversée de ces vastes horizons sauvages sur de larges espaces dégage une impression de grande solitude mais n'est jamais ennuyeuse car elle est agrémentée par la vision de champs de lavande et de massives fermes en pierre aux proportions harmonieuses caractéristiques de la Haute Provence .

Une lumière intense éclaire les cumulus joufflus et leur donne presque l'aspect des ciels patagons.

12 avril: Sault – Vergol

Une étape « courte » nous attend et nous prenons notre temps pour nous préparer et faire quelques courses en prévision des prochaines journées sans ravitaillement possible. Manquant sans doute de vigilance nous commençons par emprunter une mauvaise direction mais détectant rapidement notre erreur nous retournons vers le centre du village pour y trouver facilement le bon chemin. C'est, ensuite, d'un pas paisible que nous cheminons à travers la forêt jusqu'à dominer le village d'Aurel perché sur un versant ensoleillé. Le cheminement se poursuit dans un paysage vallonné jusqu'à Montbrun les Bains dont les maisons étalées sur une vaste pente apparaissent soudainement au détour d'un collet. La traversée du village par des ruelles et des escaliers pavés est jalonnée de nombreuses fontaines. Après avoir remonté le Toulourenc, une courte grimpette sur un bon sentier en lacets nous amène à un minuscule hameau isolé où notre carte situe le gîte. Nous tentons d'ouvrir toutes les portes des maisons du lieu, mais nous devons bien admettre qu'il n'y a pas de gîte à cet endroit: la carte est erronée, ces bâtiments ne sont pas ceux du gîte et, après une consultation attentive de la description de l'étape suivante dans le topo guide, nous constatons que le gîte qui nous attend est situé 2 kilomètres plus loin... Nous y sommes aimablement accueillis dans une bâtisse bien ancrée sur la pente dominant la vallée et les contreforts du Ventoux.

13 avril: Vergol – Saint Auban sur Ouvèze

Nous rentrons aujourd'hui dans une zone pré alpine : reliefs marqués, végétation d'altitude, pentes de marnes délitées. L'impression de solitude est totale sur les sentiers malgré les nombreuses fermes et hameaux éparpillés dans le paysage, héritages d'une époque où l'activité agricole était bien plus présente. Nombre de ces hameaux conservent de superbes maisons bien restaurées mais la vie y semble bien absente.

Au passage du col des Tunes à 1229 mètres une pelouse d'herbe rase serait tentante pour la sieste mais le ciel menaçant nous en dissuade.

A Saint Auban, le gîte d'étape est fermé et un panonceau « en vente » nous incite à ne pas attendre le retour hypothétique de la propriétaire pour trouver un toit : ce soir, nous dormirons donc à l'auberge du village.

14 avril: Saint Auban sur Ouvèze – Rosans

Le ciel gris et sans lumière est peu propice à la contemplation du panorama et aux photos. Dommage, car le relief complexe de cette région offre des alternances de paysages de montagne sèche, de robines, de roches érodées et de vertes prairies et l'itinéraire est très agréable. Nous grimpons allégrement le raide sentier qui mène au Serre de Chanteduc et s'adoucit aux abords des replats herbeux du plateau de Gisfort. Le chemin s'enfonce ensuite dans la forêt au pied d'une imposante aiguille ruiniforme avant de rejoindre une étroite vallée encaissée jusque Montferrand. Le paysage s'ouvre alors sur la large vallée de l'Eygues dominée par les maisons de Rosans étalées sur l’adret.

15 avril: Rosans – Valdrome

Dès le départ bruine et neige mêlées sont au menu de cette longue étape pré alpine avec 3 cols à franchir. Mais « pluie de bonne heure n'arrête pas le randonneur... ». L'ambiance quasi automnale renforce l'impression de solitude et d'isolement complet. Les habitants des rares villages perdus au fin fond de profondes vallées restent sans doute confinés devant leur cheminée car nous ne rencontrons personne. Sous le col des Pins, la neige commence à s'installer sur les éboulis et les pierriers tandis que les branches des arbres se parent d'une mince couche poudreuse du plus bel effet sous les écharpes de brume.

Après le col des Praux, une confortable piste nous laisse espérer une descente facile et rapide vers Valdrome, mais nous découvrons que d'importantes coupes de bois ont été effectuées et que les engins utilisés pour les travaux de débardage ont creusé de profondes ornières et décapé le sol détrempé. De quoi compliquer la marche et parfaire notre tenue de randonneurs mouillés et crottés en dévalant un magnifique toboggan de boue peu avant l'arrivée. Et, pour nous réchauffer, notre gîte de ce soir est dans une belle cave voûtée...

16 avril: Valdrome – Beaurières

Nous quittons Valdrome sous une légère bruine qui, comme les jours précédents, se transforme en neige au passage du col de Valdrome où les branches des arbres sont blanchies. Quelques passages sur une piste boueuse nous mènent vers le col de Cabre où la pluie commence à devenir insistante. Après quelques hésitations nous finissons par trouver le départ du sentier bien caché en contrebas du talus de la route. Quelques lacets plus tard nous rejoignons le fond de la vallée où l'ambiance n'est pas franchement printanière: humidité, froid, brume ne nous auront pas quitté de la journée.

Compte tenu de la fermeture du gîte de Lesches en Diois il nous restait 3 options pour clôturer cette étape: rallier directement Châtillon au prix de 1700 m de dénivelé et 12 heures de marche, tenter le bivouac sous les nuages ou faire une étape courte en dormant dans un bungalow de camping. On a choisi la solution de confort mais nous devons attendre 17h, heure d'arrivée du responsable, pour nous installer au chaud. En attendant, nous espérions trouver un café ouvert pour nous réchauffer mais, vu l'apparence du bistrot, il y a sans doute longtemps qu'il n'y a plus d'ivrogne dans ce village plutôt morose sous la grisaille...triste preuve de la désertification rurale.

17 avril: Beaurières – Châtillon en Diois

Aujourd'hui, nous avons de la chance: le soleil est revenu et illumine les sommets poudrés de neige fraîche. Nous avançons allégrement vers Lesches en Diois en traversant un vaste plateau verdoyant. Les habitants se sont donnés rendez-vous autour de quelques commerçants ambulants et, de suite, la vie semble revenue. Nous franchissons un premier, un deuxième col et entamons, après le pique-nique à Miscon, la remontée vers le troisième sur une piste caillouteuse, raide et tellement raide que nous avons le nez dans les cailloux. Évidemment, ce qui devait arriver arriva: nous loupons l'embranchement du GR. Nous nous en apercevons assez vite, mais persistons dans notre erreur, persuadés de pouvoir rejoindre le col par une autre piste figurant sur la carte du GPS. Nous grimpons donc 120 mètres de dénivelé pour constater que les 2 pistes ne peuvent se rejoindre. Redescente donc et retour à l'itinéraire normal: au col, nous nous félicitons d'arriver sans trop de retard (car il reste un quatrième col au programme...). C'est alors que les dieux nous abandonnent !!! Un panneau annonce que le GR est dévié pour cause d'éboulement et indique la direction de la montagne de Grésière. Perplexes devant le détour imposé nous cherchons une autre indication: rien, sinon une vague piste sans aucun balisage. N'écoutant que notre courage (!) nous entamons les 300 mètres de dénivelé supplémentaire pour atteindre le sommet et là, devant un sublime panorama de montagnes enneigées, nous constatons que la seule issue est de redescendre au col... Retrouvant la « vague piste » évoquée supra un balisage aux vives couleurs blanche et rouge nous tape à l'?il. Est-ce une hallucination ? Le doute nous assaille à un point tel que nous touchons le balisage et nos doigts se colorent d'une superbe peinture fraîche. Nous empruntons alors cette piste et vérifions à chaque balise que la peinture est nouvelle. Peu après, nous apercevons le baliseur un pot à la main. (Et bien non, on ne lui a pas renversé son pot sur la tête!). Nous poursuivons vaillamment notre longue route mais nous zappons le quatrième col grâce à un chemin de contournement au milieu des vignes ce qui nous permet d'atteindre Châtillon quelques minutes avant la fermeture de l'épicerie. Ouf...il est quand même 19h15 quand nous arrivons au gîte, bien contents de pouvoir quitter les godasses.

18 avril: Châtillon en Diois – Die

Notre projet initial était de traverser la réserve des hauts plateaux du Vercors en faisant étape dans une cabane. Compte tenu du froid et, surtout, de la neige récemment tombée sur les hauteurs il nous paraît plus sage de contourner le massif par l'ouest. Nous cheminons tranquillement vers le col de Caux ne nous lassant pas d'admirer les murailles verticales de la montagne du Glandasse sur lesquelles s'enroulent les dernières écharpes de brume déchirées par le vent. Les pentes couvertes de mousse brillent sous la lumière éclatante d'un soleil généreux et, événement remarquable, nous croisons deux randonneurs, les premiers depuis plus d'une semaine. Comme nous avons décidé de faire une étape courte, après le pas de la Roche nous empruntons une petite route qui rejoint Die sans détour. C'est donc à 14h30 que nous posons nos sacs pour un après-midi de repos.

lDe Vercors en Chartreuse

19 avril: Die – Vassieux

Ce matin, il pleut sur Die. Une couche uniforme de nuages recouvre les sommets laissant augurer une journée bien humide. Nous partons harnachés, guêtres, sursac et vêtement de pluie et ce ne sera pas une précaution inutile. Pour éviter une partie de sentier qui semble franchir quelques pentes de marnes certainement très glissantes nous empruntons la route du col du Rousset sur 4 kilomètres. Les voitures y sont rares et nous avançons d'un bon pas. Après avoir traversé une large plaine agricole nous grimpons sur le raide contrefort du Vercors rapidement enveloppés par le brouillard pénétrant. Peu avant le col de Vassieux une brutale et brève averse de neige nous accueille, rapidement suivie d'une éclaircie tout aussi soudaine et brève, fugitif instant où la lumière joue avec la neige et les pierres du chemin. Nous débouchons au col sur un vaste espace blanc à l'horizon cotonneux. Pour le pique-nique, l'abri de la cabane près du col est le bienvenu. L'ambiance est très particulière: solitude et isolement comme au c?ur de l'hiver. Nous redescendons ensuite vers Vassieux dans 15 cm de neige bien mouillée...

20 avril: Vassieux – La Chapelle en Vercors

Durant la nuit la neige a décoré le pré devant le gîte. Nous prenons notre temps et attendons qu'une éclaircie pointe le bout de son nez pour faire cette courte étape qui traverse la haute plaine de Vassieux au relief karstique si particulier. Bien nous en prend, car, rapidement, la bruine neigeuse cesse et le soleil perce les nuages illuminant joyeusement des crêtes abondamment blanchies. Le sentier serpente entre mamelons et dolines, s'enfonce dans une hêtraie, louvoie au creux de modestes vallons puis débouche sur une prairie verdoyante tapissée de jonquilles qui nous confirment que le printemps est à l'?uvre

21 avril: La Chapelle en Vercors – Corrençon

Notre optimisme matinal à la vue d'un ciel tout bleu est vite tempéré par les nuages qui envahissent rapidement le ciel dès que nous nous mettons en route. Pour rejoindre au plus court notre parcours initial il nous faut trouver un passage au milieu des falaises qui défendent les hauts plateaux. L'itinéraire de la Grande Traversée du Vercors (GTV) à VTT semble la solution la plus rapide, nous garantissant, de surcroit, un balisage efficace bien utile en l'absence de carte précise. Au passage nous découvrons les eaux claires et tumultueuses de la Vernaison puis le village de Tourtres blotti à l'abri des raides pentes donnant accès aux hauts plateaux. Arrivés à la porte d'Herbouilly la neige fait son apparition au sol en même temps que le soleil. Nous nous offrons donc le plaisir de brasser la neige profonde sans raquettes sur quelques kilomètres. Plaisir d'autant plus apprécié que le ciel nous réserve quelques grands pans de ciel bleu et une lumière éclatante sur ces grands espaces blancs. La marche n'est pas de tout repos mais la vision de ces larges plateaux ceinturés de sommets surchargés de neige est une belle récompense à nos efforts. En prime, le petit gîte de Corrençon est particulièrement agréable et calme.

22 avril: Corrençon – Saint Nizier du Moucherotte

De nouveau, la neige abondante en altitude nous oblige à modifier notre itinéraire. A partir de Villard de Lans nous abandonnons le GR qui grimpe vers le Moucherotte pour le parcours de la GTV qui louvoie entre des prairies verdoyantes et des hameaux aux maisons caractéristiques avec leurs pignons en escalier. Après Villard de Lans nous rejoignons l'ancienne voie du tramway qui file tout droit au milieu de la vallée jusque Lans en Vercors. L'après-midi commence à peine et nous décidons alors de poursuivre jusque Saint Nizier, toujours par l'itinéraire VTT qui nous mène sur de larges chemins sinueux vers le bec de l'Aigle, point de vue spectaculaire sur les gorges du Furon. Il nous reste encore quelques kilomètres sur de larges chemins revêtus alternant descentes et montées qui commencent à éprouver muscles et pieds à la fin de cette longue étape.

23 avril: Saint Nizier du Moucherotte – Grenoble

De Saint Nizier nous dévalons 1000 mètres de dénivelé pour plonger, très provisoirement, dans le fracas et le brouhaha de Grenoble. Heureusement, le massif de Belledonne émergeant de la couche de nuages nous offre un spectacle qui fait, un peu, oublier cet environnement urbain et bruyant. Nous sommes complètement déphasés après ces 16 premiers jours accompagnés quotidiennement par le chant des oiseaux, le bruissement des arbres ou le murmure des ruisseaux !

24 avril: Grenoble – Le Sappey

Nous laissons Grenoble sous un ciel uniformément gris et bas pour entrer dans le massif de la Chartreuse arrosé par une pluie fine, continue et froide. Et, en plus, durant les 900 mètres de dénivelé de l'ascension du mont Rachais la rumeur de la ville n'a cessé de nous emplir les oreilles... Pas de panique, on continue, persuadés, qu'un jour, le beau temps va revenir !!! En attendant, il a neigé vers 1100 mètres et la montée vers le mont Saint Eynard dans le brouillard ne nous tente guère. Après une halte sous un abribus judicieusement placé au col de Vence nous décidons donc de poursuivre par la route. La pluie s'intensifie à l'approche du Sappey et nous en apprécions d'autant plus le confort de notre chambre.

25 avril: Le Sappey – Saint Pierre de Chartreuse

Magie de la montagne : au lever du jour une chaude lumière illumine les parois plâtrées de Chamechaude. Voilà qui nous remet du baume au c?ur pour la prochaine séquence aventure ! Afin d'éviter de traverser des pentes chargées de neige avec un risque d'avalanche certain nous empruntons, sur les conseils de notre hôtesse, la piste forestière du hameau des Combes pour atteindre le premier des 4 cols à franchir. Contrairement à ce qu'elle nous a annoncé, dès 1200 mètres, nous trouvons une neige profonde et vierge dans laquelle il devient très vite laborieux de faire la trace. En débouchant sur l'alpage de l'Emeindras où soufflent de violentes bourrasques l'orientation devient carrément délicate. Le ciel devenu gris se fond dans les grands espaces enneigés et les reliefs s'estompent rapidement. Une vaste zone déboisée, sans repère, sans trace s'ouvre devant nous. La neige est profonde et nous enfonçons jusqu'aux genoux. Dans de telles conditions, il est illusoire de poursuivre vers les crêtes et nous cherchons donc une issue vers le bas. Heureusement, notre GPS nous permet de garder le cap et de trouver une échappatoire qui, au prix tout de même d'un effort physique intense, nous offre la possibilité de regagner plus vite la vallée. Lorsque nous parvenons en vue du refuge de Pleynon, le soulagement est grand car la route est proche et il sera facile de la suivre jusque Saint Pierre. Mais rien n'est facile ce jour, la route est couverte d'une bonne couche de neige ramollie et croutée et, s'il n'y a plus de problème d'orientation, la marche y est extrêmement pénible et irrégulière. Belle et rude journée dans la montagne...

26 avril: Saint Pierre de Chartreuse – Saint Christophe sur Guiers

Fort de notre expérience d'hier nous abandonnons le projet initial de passer par le col de la Ruchère à plus de 1700 mètres d'altitude. Du coup, nous n'avons pas pu voir l'abbaye de la Grande Chartreuse mais le passage sur de petites routes par une succession de vallées aux multiples hameaux a été un moment apaisant! Pour une fois, nous apprécions la simplicité et la tranquillité de la marche sur le goudron et prenons beaucoup d'intérêt à découvrir quelques villages perchés sur les pentes ensoleillées: Le Villard, Le Château, Corbel avec leurs massives maisons en grosses pierres de taille sont des havres de paix qui contrastent fortement avec la rudesse du parcours de la veille au c?ur de montagnes pourtant si proches. Après le col des Egaux, le paysage change d'aspect et les pentes raides cèdent la place aux vastes prairies de la vallée des Echelles prolongée vers le nord par des vallonnements aux pentes douces. Nous terminons la journée en parcourant la voie sarde, autrefois axe de circulation principal entre Lyon et Turin, qui au travers d'un étroit défilé rejoint la plaine grâce à un spectaculaire plan incliné.

Toute la journée la douceur printanière nous a laissé espérer la fin des épisodes difficiles dans la neige mais... la suite du parcours nous démontrera que nous étions un peu optimistes !

27 avril: Saint Christophe sur Guiers – La Bridoire

Nous quittons les paysages alpins de la Chartreuse et devinons l'approche du Jura avec ces ondulations verdoyantes où paissent des vaches. Les sentiers deviennent plus doux et, tout autour, de nombreux hameaux habités témoignent de l'activité agricole importante de la région. Bien que nous ne rencontrons quasiment aucun randonneur l'impression de solitude ressentie depuis le départ laisse place à un sentiment de calme et d'harmonie reposant. Pour l'anecdote, nous avons franchi sans encombre, les ruisseaux de la Pissoire et du Merderet !!!

A La Bridoire nous sommes accueillis chaleureusement par un sympathique maçon italien installé ici depuis de nombreuses années qui prend un plaisir évident à nous parler de sa vie et de la région autour d'un bon pastis.

28 avril: La Bridoire – Saint Maurice de Rotherens

Séquence survie !!! Nous partons le sac allégé et le coeur léger pour une étape courte, dite de « récupération active ». Sur les indications du topo guide nous prévoyons un gros ravitaillement à Dullin et négligeons la boulangerie et l'épicerie de La Bridoire. Mais, une fois rendus sur place, nous rencontrons l'ancienne propriétaire de l'épicerie qui nous indique qu'elle a pris sa retraite il y a bien longtemps...Nos réserves de vivres sont quasi nulles, il n'y a plus de village digne de ce nom jusqu'au lendemain soir et, circonstance aggravante, demain, est un dimanche. Nous faisons donc une tentative à la petite auberge du village qui accepte de nous préparer 2 sandwiches à la coppa et, sur notre insistance, d'ajouter un morceau de fromage. Avec notre boîte de rillettes de thon, nos 2 sachets de soupe et nos 4 carrés de chocolat, voilà tout ce que nous possédons pour tenir jusque lundi. Petit moment de flottement et d'inquiétude, qui ne nous empêche pas de profiter, au détour de quelques crêtes, des belvédères panoramiques sur la plaine du Guiers avec, à l'horizon derrière nous, les sommets emblématiques de Chartreuse et du Vercors qui nous permettent de mesurer le chemin parcouru.

La providence faisant bien les choses nous sommes reçus avec beaucoup de sympathie au gîte du Vernay et notre hôte cuisine! Le repas du soir est de fait particulièrement copieux. Oufffffff, on verra bien demain.

29 avril: Saint Maurice de Rotherens – Yenne

Ce matin, ciel lourd et bas et pluie nous accueillent au réveil nous laissant craindre une nouvelle journée de grisaille. Puis, soudain, un rai de lumière filtre à travers les nuages et c'est une journée lumineuse que la nature nous offre en cadeau. C'est une chance pour découvrir, depuis les abrupts qui le dominent, le Rhône et sa vallée. Louvoyant entre forêts et belvédères le sentier domine le fleuve majestueux qui déroule ses rives tantôt domestiquées, tantôt sauvages comme au défilé de Pierre Chatel.

30 avril: Yenne – Culoz

Une longue étape entre berges du Rhône et coteaux du vignoble de Jongieux et de Vettrier (à notre grand regret nous n'avons pas pu faire la tournée des caveaux...) nous conduit à Culoz blotti au pied des pentes de l'imposant Grand Colombier. Malheureusement le ciel reste bien gris et les paysages un peu palots. Dommage, car la traversée des vignobles dont les alignements rectilignes rayent de figures graphiques les pentes pierreuses offre un spectacle varié. Après tous ces jours de solitude nous sommes un peu surpris de nous retrouver au milieu des touristes qui visitent le plaisant village de Chanaz. Mais, bien vite, nous nous retrouvons seuls sur une large digue caillouteuse entre Rhône et canal. En toile de fond apparaît le Grand Colombier objet de nombreuses interrogations pour les futures étapes : y a t-il encore de la neige en altitude ? la cabane où nous prévoyons de dormir est-elle en bon état ? y a t-il du ravitaillement dans les prochains villages ? à défaut de réponses à nos questions nous complétons nos sacs avec un lourd chargement qui doit nous garantir plusieurs jours d'autonomie. La dernière grimpette pour rejoindre le gîte situé au plus haut du village ne nous en paraît que plus raide, d'autant plus que l'orage gronde et que nous aimerions bien nous mettre rapidement à l'abri.

lAu long du Jura

1er mai: Culoz – Songieu

Pour attaquer la traversée du Jura nous avions prévu de gravir le Grand Colombier et de dormir dans le sommaire abri d'Arvières. La fermeture pour restauration de cette cabane et le temps menaçant nous interdisant le bivouac, une fois encore nous détournons notre route. C'est par le Valromey sur le flanc ouest du massif que nous rattraperons notre itinéraire. Une étape un peu languissante, toute en montées et descentes escarpées et glissantes à travers la forêt, sans véritable panorama, une ambiance humide avec un soleil qui joue la coquette derrière le brouillard. A la fin, un peu lassés de louvoyer entre flaques d'eau, racines glissantes et ornières boueuses, nous décidons d'emprunter la route de Larnin à Sothonod qui serpente au milieu des prairies illuminées de fleurs de pissenlits. Au bout du compte, une longue étape avec plus de 1200 m de dénivelé.

2 mai: Songieu – Le Catray

La pluie a tambouriné sur les vitres toute la nuit et, ce matin, le ciel est uniformément terne et il pleut toujours... Bien protégés dans notre vêtement de pluie nous quittons Songieu et son tilleul séculaire qui trône à côté de l'église. Nous découvrons les premiers pâturages du Jura, franchissons quelques clôtures, parfois au prix d'une reptation délicate sous les barbelés mais le plus souvent par des passages en barreaux métalliques luisants d'humidité. Quelques passages en forêt particulièrement boueux nous obligent à de multiples contours. Arrivés près des crêtes du Grand Colombier et du plateau du Retord nous découvrons de vastes alpages illuminés à perte de vue par l'or des jonquilles.

3 mai: Le Catray – Giron

Ce matin, surprise appréciée: un ciel parfaitement bleu, un soleil éclatant et un panorama grandiose des Alpes suisses au massif des Ecrins en passant par le Mont Blanc tandis que les fonds de vallées restent cachés sous les nuages. Tout heureux de retrouver le ciel bleu après de nombreuses journées de grisaille je me précipite dehors pour enregistrer sur mon appareil photo ce moment magique à l'ambiance irréelle. Les pelouses fument sous la caresse du soleil, les nuages s'effilochent à l'assaut des pentes. De pâtures en forêts et de forêts en pelouses où la neige fondante cède la place aux tapis de crocus et de jonquilles nous hâtons le pas en espérant atteindre Saint Germain de Joux avant la fermeture de l'épicerie. Las, une erreur d'itinéraire peu avant la Bossue d'en Haut nous faire perdre encore une bonne vingtaine de minutes et il est 12h45 quand nous arrivons devant l'alimentation...fermée. Nous quémandons un sandwich au bar des Amis mais il est lui aussi démuni. Il nous reste encore environ 3 heures de marche pour rejoindre notre étape et nous ne pouvons attendre l'ouverture bien que nos réserves de vivres soient très réduites. Nous verrons bien ce soir ! Arrivés à Giron nous avons beaucoup de difficultés à dénicher un hébergement et nous errons un moment tels des pèlerins sans ressources ! Finalement, le centre d'accueil montagnard accepte de nous louer une chambre bien qu'il soit en période de fermeture. Ouf, ce soir nous nous contenterons donc d'une maigre minut'soup et d'un biscuit mais nous serons à l'abri, une nouvelle recette pour affiner sa silhouette !!!

4 mai: Giron – La Pesse

Avant de partir nous faisons un détour par la fruitière pour y acheter un morceau de fromage et commencer une cure de délicieux Comté qui devrait nous permettre de survivre durant cette étape relativement courte. Ainsi, grâce à un morceau de pain que le centre d'accueil a bien voulu nous vendre nous avons de quoi reprendre notre marche. Tout s'arrange...

Une petite route dans la forêt que nous abandonnons pour un large chemin conduit sur le rebord de la roche Fauconnière dont l'abrupt domine de plus de 150 mètres la profonde reculée de la Sémine. L'itinéraire rejoint ensuite une piste empierrée encore recouverte de neige heureusement damée et compacte. Nous quittons alors le Bugey et le pays de Gex pour entrer en Franche-Comté par la borne au Lion, lieu de rencontre au XVII ème siècle des 3 empires: le royaume de France, la Savoie, et la Franche-Comté espagnole à l'écusson gravé d'un lion. Face à nous les hautes crêtes du Jura apparaissent encore bien blanches. Arrivés en tout début d'après-midi à La Pesse il ne nous reste plus qu'à attendre tranquillement, au soleil, l'ouverture de la boulangerie et du petit supermarché pour, enfin, acheter quelques provisions et calmer nos estomacs un peu vides. Une fois nos sacs remplis une petite demie heure de route nous mène au hameau d'Embossieux où nous avons réservé notre nuitée.

5 mai: La Pesse – Lajoux

Le cheminement est très agréable pour entamer la traversée du haut plateau du Jura, de vallonnements en crêtes au milieu de prairies dorées de jonquilles: paysages superbes, panoramas étendus sur les monts Jura à l'est et la succession des crêtes à l'ouest, fermes massives à l'architecture traditionnelle, ciel magnifiquement menaçant (!). Ici, tout est calme, paix et sérénité... Mais de gros cumulus bourgeonnants parsèment le ciel et en traversant Moussières une courte averse nous contraint à sortir précipitamment les vêtements de pluie. Commence alors une alternance de grains et d'éclaircies répétés qui ne nous laisseront pas le loisir de faire beaucoup de pauses. Le chemin, parfois détrempé, serpente de forêts en larges prairies avant de rejoindre la curieuse mairie de Molunes, perchée et isolée sur un promontoire face à un superbe panorama de combes et de crêtes. Mais, le ciel devenant de plus en plus menaçant, nous forçons le pas et, évidemment, manquons une bifurcation. Heureusement qu'une clôture vient rapidement couper notre élan et nous faire prendre conscience de l'erreur. Peu avant l'arrivée la grêle se met de la partie mais les dieux de la météo doivent avoir pitié de nous car l'averse est de courte durée.

6 mai: Lajoux – Prémanon

Décidément, le temps du Jura est bien capricieux. En ce dimanche nous avons assisté à la multiplication des grains: grêle et pluie alternées au gré d'un puissant vent de sud! La neige tombée en altitude nous interdit de traverser la forêt du Massacre empruntée par le GR5. Nous suivons donc le tour de la Haute Bienne qui, par Lamoura et la combe de la Sambine nous conduit à Prémanon. Nous n'évitons quand même pas quelques passages enneigés en partie haute de la combe mais des traces de passage facilitent la progression. Tout au long de la journée pluie et grésil nous menacent et c'est presque en courant que nous franchissons les 200 derniers mètres pour nous mettre rapidement à l'abri du gîte. Finalement, les éclaircies sont arrivées au soir couchant.

7 mai: Prémanon – Chapelle des Bois

Quelle (mauvaise) surprise de découvrir la ville des Rousses quasi déserte et, surtout, tous les petits commerces fermés en ce lundi matin. Rendus méfiants par nos mésaventures passées nous préférons faire un détour pour trouver le supermarché situé en périphérie plutôt que d'espérer un hypothétique ravitaillement en cours de route.

L'expérience rendant avisé! nous avons également évité les combes remplies de neige au prix de multiples détours sur les pistes forestières de la montagne du Risoux. Pour la première fois depuis plusieurs jours nous rencontrons quelques cyclistes qui ont bien du mal à pousser leur VTT dans les passages enneigés et, aussi, 2 randonneurs qui parcourent la GTJ « à l'endroit ». Ils nous confirment que la couche de neige est encore très épaisse sur le sentier du versant nord et, qu'en outre, des arbres déracinés encombrent le chemin et nécessitent quelques acrobaties périlleuses pour les franchir. C'est donc par la route des Ministres que nous rejoignons Bellefontaine.

Quel plaisir ensuite de découvrir l'ambiance nordique des tourbières et des forêts de bouleaux ainsi que les vastes espaces verdoyants entourant les lacs de Bellefontaine et des Mortes. Voilà qui récompense de la fatigue de cette longue étape.

8 mai: Chapelle des Bois – Mouthe

Notre option du jour: suivre le GR5, mais lequel choisir ? Celui indiqué par notre carte n'est plus balisé, la trace enregistrée sur le GPS n'existe pas plus sur le terrain, nous ne trouvons pas la signalisation dans le village pour nous guider. Nous choisissons donc de tracer notre propre itinéraire en gardant le cap. Mais, face à l'entrelacs de pistes forestières de la forêt de Nondances, notre « légendaire » sens de l'orientation est mis à rude épreuve. Et ce ne sont pas les conseils du chercheur de champignons (oh c'est tout droit...) rencontré au détour d'un chemin qui nous auront beaucoup aidé. Heureusement, des panneaux indiquent quelques directions dont celle de Pré Poncet qui figure sur notre carte et que nous décidons de rejoindre. Là, un plan présente la multitude de sentiers du secteur et nous permet de choisir l'itinéraire le plus rapide pour rejoindre Chaux Neuve puis Mouthe que nous atteignons peu avant que la bruine ne se décide à tomber.

9 mai: Mouthe – Les Hôpitaux Neufs

Le temps n'est pas très engageant au réveil : ciel gris et bruine nous accompagnent durant nos emplettes dans le village. Après un passage au bord des tourbières bordant les méandres du Doubs nous rejoignons la source d'où surgit la rivière aux flots déjà tumultueux. Ensuite, par une montée très progressive sur les pentes douces du val de Mouthe, entre forêts et pâtures, nous rejoignons les abords du Mont d'Or admirant, au passage, quelques fermes imposantes. Une dernière grimpette droit dans la pente balisée par les pylônes d'une ligne électrique nous mène au bord des falaises escarpées à portée du sommet. Quand même, nous avons de la chance! La météo, particulièrement tristounette ce matin à la source du Doubs, nous offre quelques belles éclaircies au sommet du mont d'Or. Nous pouvons ainsi profiter d'un large panorama sur le lac Léman et les massifs alpins. Le Cervin pointe même le bout de sa cime! Un agréable parcours de crête conduit au sommet du Morond, belvédère bien enlaidi par les remontées mécaniques et les pentes rabotées des pistes de ski. Nous louvoyons ensuite au travers des pistes pour descendre vers les Hôpitaux Neufs, pimpant village aux chalets rutilants.

10 mai: Les Hôpitaux Neufs – Pontarlier

Par cette belle journée printanière nous décidons de gagner au plus court la ville de Pontarlier. Par de paisibles routes au milieu des prairies nous rejoignons facilement Touillon, puis les choses se gâtent quand le goudron cède la place à une piste détrempée et ravinée de profondes ornières boueuses où la marche devient très pénible. Heureusement qu'ensuite la traversée en balcon au dessus du lac de Saint Point nous ravit. Les villages rassemblés autour de leurs clochers souvent coiffés de tuiles vernissées sont riants. Espérant gagner du temps nous empruntons la route qui longe le Doubs par Oye et Pellet mais la circulation y est importante et c'est avec soulagement que, 3 kilomètres avant l'arrivée, nous découvrons un étroit sentier au dessus du Doubs qui permet d'éviter la traversée des faubourgs de Pontarlier.

11 mai: Pontarlier – Les Alliés

Notre « diverticule » par Pontarlier nous a permis de nous réapprovisionner en produits qu'on ne trouve pas au fin fond des campagnes. Donc, après une matinée « relax » à déambuler sous le soleil de cette paisible sous-préfecture, nous rejoignons tranquillement les Alliés au milieu d'un paysage de pâturages verdoyants typiquement jurassien.

12 mai: Les Alliés – Col de Chateleu

Aujourd'hui, vêtements de pluie et escargots sont de retour sous les averses et le brouillard. Vers la Côte du Cerf nous traversons la frontière suisse matérialisée par des bornes en pierre. Quelques passages dans la forêt profonde alternent avec de vertes pâtures. Dans l'une d'elles 4 chamois broutent paisiblement sans paraître se préoccuper de notre présence tandis que je m'approche avec précaution pour les photographier. Ils sautillent joyeusement, comme pour me narguer, puis, quand ils jugent que je suis trop près, sautent allègrement la clôture pour disparaître dans la forêt. Dans cette ambiance humide il est compliqué de trouver un coin de pique-nique et l'heure est déjà bien avancée quand, enfin, aux Seignes, l'auvent d'un petit bâtiment nous offre un abri sommaire sans siège. Après Nid du Fol nous évitons le chemin très boueux qui circule en contrebas de la route en suivant celle-ci jusqu'au col de Chateleu désert.

13 mai: Col de Chateleu – Villers le Lac

La bise a nettoyé le ciel mais nous glace sur le chemin. Un aller-retour vers le belvédère de Vion Billard permet de contempler le paysage typique du val de Morteau avec ses crêtes entrecoupées de vertes prairies et ses hameaux étalés au soleil. Un peu plus loin, la grotte de la Grande cave est accessible par une corniche équipée d'une main courante. À vrai dire, nous sommes un peu déçus d'avoir fait ce (léger) détour car les dimensions de la grotte nous ont paru bien modestes. L'itinéraire joue ensuite à saute-frontière le long d'une longue crête bordée de murets en pierres moussues avant de redescendre rapidement vers Villers le Lac.

14 mai: Villers le Lac – La Rasse

Sous un ciel bleu pur, comme nous n'en avions jamais vu depuis le départ, nous parcourons les gorges sauvages du Doubs. Compte tenu des informations contradictoires sur l'état du sentier de la rive française qui serait éboulé et sur les conseils d'un habitant rencontré au départ nous décidons de traverser vers la Suisse. Ainsi, après avoir frissonné (!!!) depuis la rive française devant le saut de 27 mètres des eaux du Doubs nous traversons la rivière et un autre belvédère offre un nouveau point de vue tout aussi spectaculaire. Nous poursuivons ensuite le cheminement le long de la rivière surplombée par de hautes falaises. De nombreux témoignages de l'activité passée (moulins, verreries, scieries) subsistent tout au long du parcours balisé d'intéressants panneaux explicatifs. Un long parcours alternant passages au bord de l'eau et en balcon dans la forêt permet d'atteindre le hameau de La Rasse, curiosité frontalière puisqu'il est situé sur la rive française mais accessible en voiture uniquement depuis la Suisse. L'auberge est l'unique hébergement existant sur cette portion du parcours et nous n'avons d'autre solution que d'y faire étape malgré des tarifs vraiment abusifs...

15 mai: La Rasse – Fessevillers

Nouvelle journée au long de ces gorges du Doubs où l'ambiance verte et mystérieuse des reflets sur les lacs de retenue et dans les sous bois bordant le Doubs est prenante. Les eaux tumultueuses deviennent paresseuses à l'approche du barrage du Refrain. Seuls quelques cygnes et cormorans viennent en troubler les reflets figés. Après le barrage, la vallée se resserre et le sentier devient étroit et, parfois, tortueux avant de quitter les rives pour s'élever en lacets au coeur de la forêt, cependant que l'évolution du ciel commence à nous inquiéter. A l'instant précis où nous atteignons l'abri confortable des Charbonnières Hautes une averse de grêle aussi soudaine que violente se déclenche, comme un signe pour faire la pause pique-nique. Pour éviter de redescendre dans les profondeurs des gorges nous empruntons une petite route et poursuivons directement vers Charmauvillers. Le paysage s'ouvre et l'ambiance est moins oppressante que dans le fond des gorges encaissées et sombres. Progressivement les hauts plateaux cèdent le pas à des vallonnements marqués où s'entremêlent bois et prairies. Dans le minuscule village d'Urtière nous découvrons la curieuse chapelle saint Roch au toit recouvert de tavaillons discrètement cachée dans la forêt.

Cet après midi, les choses ont repris leur cours normal: après l'averse de grêle, des bourrasques d'orage...et, le soir, il neige...

16 mai: Fessevillers – Saint Hippolyte

Chroniques d'une journée météorologiquement désastreuse !

Première scène: 750 mètres d'altitude, départ sous la neige qui tombe dru

Deuxième scène: le balisage du GR nous abandonne lâchement dans une vaste pâture spongieuse ceinturée d'une clôture de fils de fer barbelés et, tandis que nous tournons en rond pour en trouver la sortie, des bourrasques cinglantes de lourds flocons nous fouettent le visage et nous trempent

Troisième scène: abri providentiel du lavoir de Courtefontaine pour enfiler une petite laine supplémentaire

Quatrième scène: nous repartons dans une éclaircie, mais, malencontreusement, le chemin traverse une forêt dont les arbres s'égouttent copieusement sur nous

Cinquième scène: en vue de Saint Hippolyte un sentier en pente raide, glaiseux et particulièrement glissant nous entraîne vers le bas dans un splendide pas de patineur tandis qu'une averse de grêle soutenue s'abat sur nous

Sixième scène: une fois trouvé un refuge spacieux et bien chauffé, la journée se termine sous un grand ciel bleu

Y a com' un p'tit souci de synchronisation...

17 mai: Saint Hippolyte – Vandoncourt

Grand ciel bleu après dissipation des nuages matinaux...

Un chemin bien tracé mène vers la chapelle des Monts dominant la vallée du Doubs puis serpente dans la forêt. Tout serait bien tranquille et le silence seulement troublé, comme chaque jour, par le chant des oiseaux et le bruissement des arbres si une troupe de trialistes ne venait nous frôler avec leurs motos fumantes et pétaradantes. Après Chamesol le tracé fait quelques détours vers la batterie de Lomont bâtie sur une crête d'où la vue porte au loin vers la plaine et, instant magique, la "ligne bleue" des Vosges...à l'horizon.

Avec cette étape nous quittons l'ambiance montagnarde des plateaux du Jura pour descendre lentement à travers les paysages plus champêtres de la région de Montbéliard. De Villard les Blamont à Glay une petite route descend à travers la forêt dans la profonde vallée de la Doue. Nous remontons ensuite sur un plateau à l'horizon ouvert où s'entremêlent champs et boqueteaux jusque Abbévillers puis Vandoncourt. Au détour d'une reculée, nous découvrons la curieuse arche sarrasine, formation karstique objet d'une légende heureuse.

18 mai: Vandoncourt – Belfort

Comment un banal sentier horizontal et rectiligne peut devenir un parcours sportif et sinueux après les pluies? Vous pouvez aller l'expérimenter en allant traverser la forêt de Dampierre les Bois.

La suite du parcours? quinze kilomètres le long du chemin de halage du canal de Montbéliard à la Haute Saône qui pourraient nous laisser tout loisir de goûter à un environnement paisible de chants d'oiseaux et de vols de hérons s'il n'y avait le voisinage immédiat de l'autoroute et de la ligne TGV.

Bref, c'est ce qu'on appelle une étape de liaison...

Quelques kilomètres avant Belfort nous abandonnons la « coulée verte » pour nous immerger dans la cohue d'une vaste zone commerciale très animée. Nous sommes un peu secoués et étourdis par tout ce brouhaha et avons quelques difficultés pour trouver le meilleur (ou plutôt le moins mauvais) cheminement dans ces espaces où rien ne semble prévu pour les piétons. Ainsi, pour rejoindre le centre ville, il nous faut jouer les acrobates en traversant quelques ronds-points au milieu d'une circulation dense.

lTraversée des Vosges

19 mai: Belfort – Lachapelle sous Chaux

Après avoir cherché vainement des cartes détaillées pour préparer la suite du périple nous devons nous contenter de cartes au 1:100 000, pas vraiment adaptées à la randonnée pédestre : il va falloir être attentifs pour trouver le bon chemin durant notre traversée des Vosges. Tout au long de cette mini étape de brefs grains nous font hésiter entre T-shirt et vêtement de pluie. C'est au long d'un chapelet d'étangs que nous traversons la base de loisirs de Malsaucy très fréquentée par les familles et les promeneurs puis arrivons aux confins du territoire de Belfort. Nous avions prévu de dormir au gîte communal de Giromagny mais un appel téléphonique à la mairie nous apprend que le gîte n'est pas utilisable pour cause d'absence du régisseur de recettes !!! sans commentaire, nous faisons donc étape au village précédent.

20 mai: Lachapelle sous Chaux – Grand Langenberg

En circulant entre étangs et prairies nous atteignons Giromagny alors que les mamelons boisés des Vosges apparaissent dorénavant très proches. Avec l'ascension du Ballon d'Alsace nous rejoignons la crête par de confortables sentiers tapissés de feuilles ou d'aiguilles de pins. Nous retrouvons avec plaisir le chant des oiseaux et le silence des forêts. Au col de Chantoiseau, le bien nommé, nous profitons d'une cabane au soleil pour la pause méridienne. Après une courte montée raide c'est un large panorama qui se découvre depuis la crête engazonnée du Wissgrut. Déjà loin au sud, dans un halo brumeux le Jura nous laisse mesurer l’itinéraire passé. C'est la fête de la transhumance sur les chaumes de la Gentiane et la foule se presse autour de la fanfare tandis que les troupeaux récupèrent de leur montée en broutant paresseusement l'herbe d'un vert vif. Une grande effervescence règne à l'auberge où nous devons passer la nuit et, en attendant que le calme revienne, nous nous prélassons au soleil sur la terrasse. Sans doute intrigué par nos gros sacs un des convives nous questionne. Il n'en croit pas ses oreilles quand nous lui apprenons que nous marchons depuis la Provence et file sans délai chercher sa femme pour nous présenter comme s'il avait rencontré quelques extra-terrestres !!!

Et, ce soir, nous dormons en Alsace, dernière région que nous avons prévu de traverser.

21 mai: Grand Langenberg – Rouge Gazon

Malgré quelques tentatives le soleil n'arrive pas à percer les nuages. Le brouillard nous enveloppe de son voile épais sous le sommet du Ballon d'Alsace et ne nous laisse aucune chance d'observer le paysage ni de le photographier. Nous décidons d'éviter le passage direct sur les crêtes où le brouillard est très dense en contournant par le versant nord sous les roches de Morteville. Des passerelles en bois facilitent le passage au milieu des falaises de granit de ce versant raide. Le plafond de brume n'est jamais loin au dessus de nos têtes et l'humidité ambiante rafraîchissante... Après la confortable cabane de Morteville nous remontons vers la tête de Moinechamp sur un étroit sentier recouvert d'une épaisse couche de feuilles sur lequel la vigilance est nécessaire pour ne pas s'égarer hors de la trace. Dès l'approche de la crête le brouillard tenace masque toute visibilité et, renonçant à poursuivre dans la brume, après le col des Charbonniers, nous dévions vers une large piste forestière sur le versant nord qui rejoint rapidement le chaume de Rouge Gazon.

22 mai: Rouge Gazon – Grand Ventron

Nous affrontons le beau temps du massif vosgien. Depuis 2 jours, les aubergistes nous l'affirment: « aujourd'hui, c'est du beau temps »; nous, nous n'avons pas vu le chemin au delà de 50 mètres devant nous, ni derrière d'ailleurs... De profondes forêts où la lumière de cette journée blafarde peine à éclairer les multiples racines glissantes, tranchées boueuses et autres obstacles, des chaumes où la trace disparaît dans l'herbe fraîchement poussée, voilà un aperçu d'une journée qui nous réclame beaucoup de concentration et qui ne nous laisse aucun espoir d'entrapercevoir la moindre parcelle de ces magnifiques ballons vosgiens qui nous entourent.

23 mai: Grand Ventron – Trois Fours

Le brouillard matinal qui semble cantonné sur les crêtes nous incite à chercher un itinéraire en contrebas. Après le col de Bramont nous empruntons la piste Vaxelaire pour découvrir la tourbière lacustre de Machais lovée au creux de la cuvette d'un petit cirque glaciaire. Un bref rai de lumière éclaire les touffes flottantes d'une chaude teinte dorée. En remontant vers le chaume de Rothenbach de fugitives éclaircies nous laissent apercevoir la complexité du relief des ballons et des crêtes mais en poursuivant vers le Rainkopf et le Hohneck il faut vraiment viser entre les nappes de brouillard pour découvrir les grandes étendues de prairies battues par les vents qui se perdent dans les falaises abruptes du versant est.

24 mai: Trois Fours – Munster

Par nécessité de nourrir les mécaniques nous plongeons vers la vallée de Munster. En outre, l'envie de découvrir d'autres types de paysages se fait sentir car ces journées dans les hêtraies sapinières sans fin et surtout avec un horizon bien fermé nous font rêver de prairies et de villages fleuris. Du chaume des Trois Fours le sentier dévale en lacets sur un sol tapissé d'aiguilles et le soleil revenu fait briller les cascades d'un éclat perdu depuis quelques jours.

25 mai: Munster – Fréland

Journée de rando itinérante dans une Alsace riante,

de forêts chantantes en prairies verdoyantes sur les crêtes dominantes,

de vallées luxuriantes en villages aux couleurs chatoyantes.

Certes, les rimes sont pesantes mais elles étaient trop tentantes...

Quel bonheur de randonner dans cette ambiance printanière au milieu des prairies, des hameaux éparpillés dans la montagne, des villages aux maisons colorées et fleuries. Sans oublier, toutefois, qu'en d'autres temps, cette Alsace là vécut des heures sombres: casemates, tranchées et nécropole du Linge le rappellent à notre mémoire.

Cette journée est aussi particulière car nous allons passer le seuil, symbolique mais important, des 1000 kilomètres. Passé Orbey, nous surveillons donc avec une certaine excitation le GPS qui nous donnera le lieu exact. Et c'est au c?ur de Lapoutroie, entre la mairie et l'église que l'instant magique et émouvant se produit. Une halte et une photo s'imposent évidemment, mais la route est encore longue et il ne faut pas trop s'attarder...

26 mai: Fréland – La Vancelle

En observant d'un peu près une carte du massif des Vosges, on constate qu'il est particulièrement difficile de suivre une ligne de crête continue. Il en existe une entre le Ballon d'Alsace et le col du Bonhomme, celle que nous avons en partie parcourue. Une autre ligne orientée sud-est nord-ouest la rejoint en passant par le Grand Ballon, point culminant du massif (1424 m.).

Partout ailleurs, les Vosges sont constituées de multiples chaînons en tous sens entrecoupés de vallées. Tout cela explique qu'il n'est pas facile de tracer un itinéraire direct et que nous passons nos journées à monter et à descendre! C'est particulièrement le cas aujourd'hui où nous composons notre itinéraire personnel en essayant de traverser au plus court et en jonglant entre les indications sommaires de notre carte et les itinéraires balisés dont nous n'avons pas le descriptif. Nous passons l'essentiel de la journée au c?ur de grandes étendues forestières qui, bien souvent, ne laissent filtrer qu'une lumière bien réduite.

27 mai: La Vancelle – Le Hohwald

Des forêts, des forêts, beaucoup de forêts, quelques vignobles, mais aussi des villages colorés et fleuris. A proximité du château de Frankenbourg nous discutons avec un randonneur solitaire qui nous suggère un itinéraire plus direct et nous montre sa carte au 1:25000 ce qui nous permet de rejoindre rapidement la plaine en évitant un long détour par des crêtes boisées. Nous traversons donc Neuve Eglise et Villé aux traditionnelles maisons à colombages. A Villé, nous ne résistons pas devant la devanture de la pâtisserie dont les gâteaux nous mettent l'eau à la bouche et, à peine sortis du village, nous faisons halte au bord du chemin pour déguster notre pique-nique... C'est par le chemin des Ânes que nous rejoignons le col de Bellevue. Une brève échappée hors de la forêt offre un belvédère sur le vallon d'Albé et ses vignobles. Depuis le col, un beau sentier rejoint rapidement Le Hohwald, station d'altitude un peu désuète avec ses maisons éparpillées dans une grande clairière ceinturée d'un vaste massif forestier.

28 mai: Le Hohwald – Oberhaslach

Du Neuntelstein, à 971 mètres d'altitude, un abrupt rocheux offre un panorama sur les Vosges et la plaine d'Alsace et, de là haut, on peut observer l'immensité du couvert forestier et le peu d'espaces ouverts laissés aux villages et aux prairies. Ensuite, le chemin des Bornes nous mène vers le carrefour du Rothlach et, c'est ensuite par une longue piste forestière horizontale assez interminable que nous contournons la vallée avant de descendre en pente douce vers Grendelbuch. A la sortie du village le chemin pénètre dans une forêt dense et sombre où la trace se perd complètement. Heureusement, le baliseur a bien fait son travail car il faut véritablement naviguer sans quitter les balises des yeux au risque de perdre l'itinéraire qui fait de multiples crochets en tous sens. Le balisage rejoint finalement un dédale de pistes avant d'arriver à Urmatt, où une foire à la brocante bat son plein. Une montée en pente douce au milieu des prairies conduit alors à Oberhaslach, superbe village alsacien dont les maisons de grès rose sont abondamment fleuries.

29 mai: Oberhaslach – Engenthal le Bas

L'étape s'annonce courte et nous prenons le temps de flâner dans le village sous le vivifiant soleil matinal qui réchauffe les façades des maisons. Toujours au c?ur du massif forestier, le sentier gagne en pente douce le carrefour Anlangen. Aujourd'hui, c'est décidé, nous allons au plus direct par les pistes forestières. Après le carrefour de Pandours, des difficultés pour retrouver un balisage assez aléatoire nous imposent malgré tout quelques aller-retour, nous le retrouvons, puis le perdons à nouveau ne cessant de nous interroger et de scruter la carte pour tenter d'y trouver quelque indice. Puis, finalement, à la Flohutte nous retrouvons les marques.

Après le granit des Vosges du Sud le sol est, ici, de grès rose utilisé dans de nombreuses constructions et notamment pour les châteaux. Depuis la terrasse du donjon de Wangenbourg s'offre une vue étendue sur la plaine d'Alsace au nord, le Schneeberg au sud et, toujours, les massifs forestiers à perte de vue.

30 mai: Engenthal le Bas – Saverne

Le trajet d'aujourd'hui est jalonné d'obstacles, comme souvent, et de centres d'intérêt divers: la chapelle romane d'Obersteigen, les rochers roses de conglomérat sculpté du Brotsch et les châteaux-forts médiévaux qui défendaient les nombreuses seigneuries qui composaient l'Alsace d'alors.

Au départ d'Obersteigen un habitant nous conseille d'éviter le GR embroussaillé et malcommode pour emprunter une large piste circulant en lisière de la forêt, ce qui nous ouvre quelques fenêtres sur la plaine au travers des arbres. Nous rejoignons ainsi la crête que nous suivons jusque Saverne. L'orage menace, le ciel devient noir et lourd, le tonnerre gronde et nous accélérons le pas sans monter à la curieuse tour du Brotsch (?uvre érigée par le Club Vosgien sans doute pour admirer le panorama par dessus la cîme des arbres) ni d'ailleurs aux sommets de petit et grand Geroldseck. Nous passons par contre un long moment à découvrir le château du Haut Barr, vertigineuse citadelle érigée sur une barre de grès dominant la plaine.

31 mai: Saverne – Ingwiller

Recette pour allonger une étape:

• utiliser une carte au 1:100 000 sur laquelle ne sont pas tracés les sentiers

• se fier aveuglément aux panneaux d'information répertoriant la multitude d'itinéraires créés par le Club Vosgien

• croire naïvement que ces itinéraires utilisent les chemins les plus directs pour relier les villages entre eux

• bien distinguer les rectangles horizontaux bleus des rectangles verticaux bleus qui, parfois, se transforment en triangles bleus, en négligeant les cercles verts, les ronds jaunes et autres losanges rouges

• ne pas confondre la croix avec le chevalet et s'interroger sur quel itinéraire de liaison vont vous envoyer les rectangles-drapeau rouge blanc rouge ou bleu blanc bleu

Si vous avez bien suivi vous avez une petite chance d'arriver à votre étape... en tirant la langue

Voilà un peu le résumé de nos pérégrinations du jour. En effet, dans le confortable refuge du Mont Saint Michel une carte murale détaille tous les sentiers balisés de la région. Étudiant de près les différentes possibilités nous optons pour un itinéraire qui nous semble assez direct et de surcroît évite les routes. Peu confiant dans notre mémoire volatile nous notons même scrupuleusement sur une feuille tous les changements de direction et le type de balisage et c'est parti pour suivre aveuglément un itinéraire dont la logique des multiples contours nous a parfois échappé!!! Heureusement, quelques curiosités jalonnent l'itinéraire tels que les impressionnants blocs de conglomérat près du château de Wartenberg ainsi que des villages aux rues sinueuses bordées de maisons à colombage caractéristiques.

1er juin: Ingwiller – Niederbronn

Agréable parcours longeant le piémont vosgien et dominant les douces ondulations couvertes de prés de fauche, zone intermédiaire avant la vaste plaine alsacienne. De nombreux villages ponctuent notre trajet. De Rotbach à Oberbronn le parcours en lisière de la forêt est très plaisant et l'évolution du paysage très palpable: les collines s'amollissent comme les derniers soubresauts du massif vosgien. À l'entrée d'Oberbronn nous passons un long moment à observer le vol majestueux des cigognes qui nourrissent leurs cigogneaux. Nous traversons rapidement le centre de Niederbronn, petite ville thermale très animée où nous nous sentons un peu anachroniques, pour nous avancer vers notre hôtel situé à environ 3 kilomètres.

2 juin: Niederbronn – Wissembourg

Ce matin, départ pour une longue étape...mais, c'est la dernière. Nous découvrons tout d'abord Jaegerthal, berceau des premières forges, au fond d'un coin de vallée aux belles demeures entourées de parcs. Le parcours est ensuite ponctué par les ouvrages de la ligne Maginot le plus souvent envahis par une végétation abondante. Dans le silence de la forêt l'apparition de ces casemates humides provoque une étrange sensation, nous laissant peut être imaginer quelque soldat en godillots et bandes molletières surgissant de ces trous à rat. Les maisons du hameau de Disteldorf, enfouies au plus profond de la forêt nous paraissent d'un autre âge, comme si le temps avait suspendu son cours et l'évocation de la rude vie des familles de charbonniers laisse songeur. De Lembach à Wingen l'approche du but semble nous donner des ailes et nous sommes presque étonnés d'avancer si rapidement. Mais la chaleur commence à se faire sentir, les gourdes se vident et la fontaine de Climbach ne distribue pas d'eau potable. Heureusement, à la sortie du village, le robinet du cimetière délivre une eau bien fraîche qui nous permet d'aborder sereinement le dernier col (certes bien modeste) de notre périple. Le vrombissement incessant des motos qui s'accrochent aux virages du col du Pigeonnier est sans doute le signe précurseur de notre retour à la « civilisation » avant de profiter des dernières vues panoramiques sur la plaine et de dévaler une crête qui s'abaisse tranquillement jusqu'à Wissembourg (157 m d'altitude).

Nous voilà arrivés au but. C'est un moment d'émotion intense et contradictoire à la fois. Heureux d'avoir réalisé avec détermination notre rêve mais, également, nostalgiques à l'idée que, demain, notre vie de nomade sera terminée.
Open
Accès Aéroport Roissy-CDG -- travaux sur RER B --
Attention à ceux qui emprunteront le RER B pour relier l'Aéroport Roissy-CDG certains week-ends de septembre à novembre 2010 !!

Travaux les week-ends de septembre, octobre et novembre 2010 Prévoir 30 minutes à 1 heure durée supplémentaire sur le trajet habituel Paris - Aéroport Charles de Gaulle En raison des travaux de rehaussement des quais entre les gares d'Aulnay sous Bois et l'Aéroport Charles De Gaulle, la circulation des trains est interrompue entre Aulnay sous bois et l'Aéroport Charles De Gaulle les week-ends des 11-12, 18-19, 25-26 septembre, 2-3, 9-10 octobre et 6-7 novembre 2010. La circulation des RER B à destination de Mitry-Claye est renforcée avec 2 trains par 1/4 d'heure. Un service de bus de substitution est mis en place par Transilien SNCF. - Temps de parcours des bus desservant toutes les gares entre Aulnay sous bois et l'Aéroport Charles de Gaulle 1 : 45 min , fréquence : 1 bus toutes les 15 minutes - Temps de parcours des bus directs entre Mitry Claye et l' Aéroport Charles de Gaulle 1 : 25 min , fréquence : 1 bus toutes les 5 à 10 minutes.

Pour se rendre à l'Aéroport Charles de Gaulle 1, les clients sont invités à emprunter les RER B à destination de Mitry-Claye ou un service de bus directs est assuré. Pour se rendre à l'Aéroport Charles de Gaulle 2, prendre la navette CDGVAL à l'Aéroport Charles de Gaulle 1.

Prévoir entre 30 minutes et 1 heure de plus que d'habitude pour se rendre à l'Aéroport Charles de Gaulle depuis le centre de Paris.
Open
Itinéraire 3 semaines en Croatie
B9njour à toutes et à tous,

Nous souhaitons partir en Croatie au mois de septembre au départ de Grenoble pour 3 semaines.

Cela fait deux journées que je cherche des idées d'itinéraires mais je m'y perds un peu... Nous souhaiterions descendre jusqu'à la baie de Kotor. Peut être passer par la Slovénie.

Que me conseilleriez vous comme road trip en 3 semaines ?

Aussi nous hésitons à partir 3 semaines avec notre voiture personnelle ou 15 jours via genève split/ dubrovnik genève en louant une voiture sur place.

Que pouvez vous nous conseiller ?

Bien cordialement
Open
Petite semaine de vacances en France sans voiture?
Bonjour à tous, j'aimerai avoir vos précieux avis…mon mari, notre bébé de 5 mois et moi aimerions nous offrir une semaine de vacances en france…Mais n'avons pas le permis! nous habitons paris, et vu le jeune âge de notre fils jaimerai faire le moins de trajet en train/ correspondance possible…je connais très mal la france et j'adorerai passer du bon temps en bretagne, en normandie ou à la montagne (c'est plus loin je pense). je serai TRES reconnaissante à toute personne qui pourrait nous aider… :)😊
Open
Itinéraire de treize jours entre Nantes et Strasbourg: vos avis?
Bonjour à vous, Je poste ici l'itinéraire de notre prochain voyage, j'en suis sûrement à ma 50ème version🤪... je voudrais un regard exterieur pour me recentrer!!! (nous sommes avec mon mari 2 adultes en bonne condition physique, nous aurons une voiture et nous logerons dans les Formule 1, Étap et Preemière Classe et nous avons 25 jours de voyage en juin, là où les journées sont longues)... N'hésitez pas à me dire si c'est faisable ou non 😊

Jour 1 Arrivée à Nantes Nantes : Château des Ducs de Bretagne de la ville

Jour 2 Angers : Château d'Angers et de la ville Béhuard : visite du village

Jour 3 Saumur : Château de Saumur Doué-la-Fontaine : Cathédrale des Perrières Richelieu : visite du village

Jour 4 Abbaye de Fontevraud Candes-Saint-Martin Montsoreau & Varennes-sur-Loire

Jour 5 Forteresse royale de Chinon Crissay-sur-Manse Aza-le-Rideau

Jour 6 Château et Jardins de Villandry Château de Langeais Rivarennes - Musée de la Poire Tapée Troglodytes des Goupillières

Jour 7 Ville de Tours Luynes : visite du village

Jour 8 Château de Chenonceau Montrésor Cité Royale de Loches

Jour 9 Amboise (ville, château et Clos-Lucé) Domaine de Chaumont-sur-Loire

Jour 10 Château de Valençay Lassay-sur-Croisne (Château du Moulin + visite du village) Château Cheverny

Jour 11 Chambord Blois (Château et ville)

Jour 12 Mennetou-sur-Cher Bourges

Jour 13 La Charité-sur-Loire Vézelay Auxerre

Bon, je m'arrête ici, ça devient un peu lourd!!!! Pour résumé la suite on remonte sur Strasbourg, puis on longe la Suisse jusqu'à Annecy (visite de la famille) et on reprend l'avion à Lyon.... Merci à tous ceux qui pourront me dire si notre projet est OK ou complètement fou!!! 😕
Open
Africantreck
Hello tous,

Une ptit question, comme sa en passant, est ce que vous savez si africantreck des époux poussin (lui avait déjas écrit deux bouquin avec un de ses potes), et si par hazard quelqu'un la lu, il ets comment ???

think, see you

Philo
Open
La SNCF aime-t-elle le vélo?
Bonjour à tous

Cyclo de fraîche date, j'ai pour ambition d'amener mon vélo de Paris à Nice fin août et de démarrer mon voyage là-bas. Je pensais qu'il serait assez simple de trouver une place dans un train (quitte à payer un supplément). Comme j'étais naïf !! Je découvre qu'il n'y a absolument rien. L'alternative serait de démonter mon vélo et de le mettre dans une housse, sauf que la SNCF ne prête pas de housse. Or, sachant que je repartirai de Nice à vélo, je n'ai aucune intention de me trimballer une housse.

Bref, quelle solution voyez-vous ? Enchaîner les TER et mettre 2 jours pour aller de Paris à Nice ? Prendre l'avion, et tant pis pour la planète ?

Je suis à l'écoute de vos idées, mais vraiment je tombe de haut.

Merci !
Open
France: rencontre à Strasbourg le 1er septembre 2004
Hello

Voilà j'ai une horrible réunion de boulot les 2 & 3 septembre à Strasbourg... J'ai fait tout ce que j'ai pu pour me défiler, mais mon patron a sorti l'artillerie lourde en mettant sur la balance mon mois de vacances qu'il "m'accorde exceptionnellement chaque hiver à la place du mois d'août", alors évidemment la balance elle a fait "chbing"... 😕 (je parle pas fort pour pas qu'il entende, c'est pour çà j'utilise la police de caractères 8)

DOnc, histoire de me motiver à bosser le lendemain et de rendre ce voyage + alléchant, je propose une rencontre entre les membres Strasbourgeois (n'est ce pas trekkeurbeub?😉) le

mercredi 1er septembre à partir de 20h.

Par contre faut déterminer un lieu sympa, je connais pas Strasbourg (il parait que c'est beau, mais l'info vient de mon patron, alors je me méfie...). De plus, il me semble que la méthode Lyonnaise (ou méthode Pimpelune) reste la meilleure: pique-nique dans l'herbe où chacun amène une spécialité étrangère de préférence... à moins que la créativité strasbourgeoise soit encore + débordante qu'à Lyon!

Qu'en pensez vous? Qui pourrait venir me soutenir psychologiquement ce soir là 😏?

Je précise que je fais Lyon-Strasbourg en voiture le 01/09 après midi + le 3/9 au soir - covoiturage possible, attention c'est une AX un peu tape-cul genre taxi-brousse ... Ah ben on peut pas voyager souvent et se payer une Limousine quand même !😛

a+

PS: AU fait, y a t'il une auberge de Jeunesse ou un truc de ce genre à côté de l'Université de Strasbourg 1 ? merci!!
Open
La honte de prendre l'avion?
J'ai trouvé ceci ce matin sur le site du "Figaro" (n'étant pas abonné, je n'ai pu lire tout l'article) : j'en suis resté assez stupéfait, et je me demande bien ce qu'en pensent les lecteurs de ce forum !

www.lefigaro.fr/...port-aerien-20190407 Par souci d’écologie, de plus en plus de voyageurs cèdent à la «honte de prendre l’avion» et privilégient le train, même pour de longs trajets.

Gino, Italien installé depuis sept ans à Stockholm, et Saana, son amie finlandaise, auraient toutes les raisons de choisir un des nombreux vols low-costs pour rejoindre leur famille respective. Une habitude très ancrée chez de nombreux Suédois. Ils prennent cinq fois plus l’avion que la moyenne mondiale, souvent pour des vacances au soleil afin d’oublier leur hiver si long. Mais pas en 2019: «Nous avons décidé cette année de ne pas prendre l’avion, explique Gino. Nous sommes inquiets pour le climat et nous avons voulu faire quelque chose de concret. Alors pour les vacances de Pâques à Turin, ce sera 37 heures de train, rien que pour l’aller.»
Open
La Viarhona (secteur Ain et Isère à vélo)
Bonjour La Viarhona est le nouveau nom donné à la Véloroute Le Léman à la Mer. Comme son nom l'indique, elle doit rejoindre Genève à Marseille en suivant le Rhône au plus près de ses berges. Cela sera à la fois un mélange de voies vertes, pistes aménagées, voies sécurisées ou matérialisées sur le bords du route. Traversant pas mal de régions donc de départements, il est difficile de savoir quand elle sera achevée. Volontés ou pas des élus de jouer le jeu, Qui va supporter les frais… Etat, régions, départements, communautés de communes, communes…. ? Difficile pour l'instant de dire quant la totalité des tronçons département par département sera finalisée. La partie de l'Ain étant déjà bien avancée, je pourrai si cela intéresse des personnes souhaitant rouler sur ces deux départements, donner des explications avec photos si nécessaire des points délicats ou des choses à visiter (ou éviter) sur le parcours ou aux alentours. Conseiller municipal, je surveille ce dossier auprès de la communauté de communes.. Le tracé pour la partie me concernant le Nord Isère soit (du Pont de Grollé à Vertrieu) est finalisé depuis la fin de l'année 2009, reste les problèmes de terrains et de consultation des travaux. L'affaire suit donc son cours normalement. Sachez toutefois que l'enveloppe passe les 7 millions d'euros pour les quelques 80km qui passe par chez nous. Alors on l'espère belle, roulante et pour ma part.. plein de monde dessus. (C'est déjà le cas sur les parties existantes) Il faut dire que longer le Rhône au plus près des berges avec les cygnes, les canards et toute la faune des lunes et tout ça sans pot d'échappement laisse rêveur.





Le tracé de l'Ain existe donc déjà, j'y reviendrai plus tard s'il le faut.

Cascade de Glandieu (coté Ain)

Coté Isère rien n'est fait mais voici le tracé final adopté. Passé le Pont de Grollé, c'est le village de BRANGUES qui vous accueille. Brangues est célèbrement connu car un hôte de marque y a vécu.. Paul CLAUDEL. Vous devriez y voir son château et sa tombe, une rétrospective…. ravitaillement assuré dans le village.

Le château de Paul Claudel

- SAINT VICTOR DE MORETEL, (brasserie dans le centre) - MORESTEL (la cité des peintres) gros bourg avec tout le ravitaillement nécessaire y compris grandes surfaces, DAB etc…. Cette partie sera effectuée sur route existante avec en partie une piste cyclable délimitée

En quittant Morestel, la suite reste à faire….car elle emprunte en grande partie des petits chemins bien sympa. - CREVIERES - ARANDON - COURTENAY (en suivant les étangs de la grumate) puis elle reprend en parallèle l'ancienne ligne de chemin de fer (propriété du cimentier Vicat ) jusqu'à MONTALIEU-VERCIEU De là, elle remonte jusqu'à SAULT-BRENAZ en suivant le approximativement le petit chemin de fer touristique existant puis continue jusqu'à VERTRIEU (à proximité du Pont de LAGNIEU) ou elle quitte mon secteur.Toute cette partie existe mais est réalisable à VTT car ce ne sont que des chemins actuellement (il faut le préciser) Voilà pour l'instant. Puisse ces explications et photos vous donnez l'envie de visiter ce magnifique secteur qu'est le Rhône et le Pays des Couleurs….
Open
Organisation d'un salon du voyage à vélo: qu'en dites-vous cyclo(tes)?
Une question me passe par la tete cette apres midi:

Si j'organisais un mechant salon du voyage a velo vous viendriez ?

J'ai pense a la ville de Gex dans l'Ain. Parce que je connais tres bien la municipalite, parce que c'est tres proche d'une grande ville bien desservie (Geneve), parce que c'est situe sur le trace de tous les nordistes qui roulent vers le soleil en passant par les rives du lac Leman ou par le col de la Faucille depuis le Haut Jura, parce qu'il y a toute l'infrastructure necessaire pour cela dans cette ville, etc etc...

Comme idee originale, il pourrait y avoir obligation de venir a velo, (retour au choix ;-) Camping en tente obligatoire egalement. Pour 1 ou 2 euros maxi. Vie en groupe; Cuisine et achat de nourriture de facon collective... Inviter un ou deux exposants du coin? Autre? Si vous avez de bonnes idees elles sont les bienvenues bien sur.

Pour la date j'aurais bien vu debut juillet juste au depart des grandes vacances. ...Avant de s'elancer sur la route du Rhone dont le depart est a 15 km, ou la traversee des Grandes Alpes juste a cote egalement.

S'il n'y a que 4 ou 5 personnes cela ne derange pas. ...Vu qu'elles seront venu a velo et que tout le monde sera en camping ce sera forcement sympa...🙂

J'ai bon ?
Open
Croisière "Âge tendre et tête de bois" sur le MSC Fantasia
BONJOUR

j'ai reçu une plaquette promotionnelle sur une croisière du 7 déc au 13 déc 2008 sur le MSC FANTASIA avec les 30 artistes de la tournée âge tendre et tête de bois

j'aimerais savoir si parmis vous il y a des personnes qui se sont déjà inscrits, savoir ce que vous en pensez savoir si certains ont déjà vécu une autre expérience semblable avec des artistes sur un bateau (je pense à la croisière SUD RADIO..)

je crois savoir que le bateau est encore en cours de "fabrication" à ST NAZAIRE..

est ce le genre de croisière à faire ou à ne pas faire ?

bref je recherche des renseignements....

d'avance je vous en remercie NORDICA
Open
De plus en plus de cyclos-voyageurs
Je suis actuellement en randonnée vélo de la haute Savoie à la presqu’île de giens et j’ai L’impression qu’ il y a beaucoup de voyageurs à vélo. Beaucoup de jeunes notamment Qu’en pensez-vous ?
Open
Retour d'un mois au Vietnam, des montagnes du nord au delta du Mekong
Après 2 premiers carnets de voyage publiés sur VF consacrés à des régions indonésiennes peu touristiques "La traversée des Célèbes (Sulawesi) en photos" ou même pas du tout touristique "Les Moluques: splendeurs (et galères) d'un archipel inconnu des touristes voici un nouveau récit abondamment illustré sur un voyage au Vietnam.

Même si de nombreux beaux carnets ont déjà été publiés sur le Vietnam, j’espère que ce voyage en images rappellera de bons souvenirs aux uns, fournira des renseignements utiles aux autres pour leur prochain voyage ou plus simplement vous fera passer un bon moment en parcourant ce magnifique pays.

Avant de partir, quelques rapides infos sur le contexte (certaines rubriques seront détaillées plus loin au fil du récit, par ex la météo à cette période) :

- voyage réalisé de mi-septembre à mi-octobre 2019 - onzième voyage en Asie du Sud Est- en couple comme chaque fois, c'est bp plus simple - déplacement en bus, taxi, minibus (limousine) et avion (1 fois) réservés sur place 1 ou 2 jours avant, et en voiture particulière la 1ere semaine - logements : du basique chez l'habitant à un très bel hôtel à Ho Chi Minh, avec une préférence pour les petits hôtels de charme - bp de temps passé sur les forums et les guides avant le départ pour recenser les lieux qui nous intéressent, puis parcours modifié au jour le jour en fc de la météo, des envies, de la fatigue, des rencontres, etc .. Avant le départ, on a une superbe liste de lieux "à voir absolument", et sur place on s'aperçoit que ce magnifique programme est bien trop ambitieux. On supprime alors tel ou tels endroits pour ne pas transformer le voyage en une épuisante course de vitesse. - on aime bien prendre notre temps, s’arrêter qqs jours si un lieu nous plait, sauter des visites "incontournables" si ça nous barbe (fatigue, chaleur, overdose de visites, ...). - à la suite de très bons conseils de forumeurs qui se reconnaitront (un grand merci a eux), on a fait une entorse à notre façon de voyager (aucune réservation avant le départ, excepté l’hôtel le jour de l'arrivée) en réservant 8 jours avec une agence locale pour parcourir les montagnes du nord avec chauffeur et guide francophone. Partir avec une agence était en effet la meilleure solution pour découvrir cette région dépourvue de bus en de nombreux endroits, et le guide est bien utile pour ne pas se perdre en randonnée.

Allez, on y va 🙂

Nos étapes : - Extrême nord (Ha Giang - Meo Vac) vers les ethnies montagnardes et rizières - Baie de Lan Ha "la jumelle de la baie d'Halong" - Hanoi - Tam Coc, "la baie d'Halong terrestre" - Hue - Hoi An - Delta du Mekong - Ho Chi Minh

Episode 1 : A la rencontre des ethnies des montagnes du nord

Pour nous qui voyageons seuls d'habitude, nous apprécions d'être attendu à l'aéroport d'Hanoi à 6h30 par Vinh notre guide Vinh et Near notre chauffeur, direction le nord. Aux 11h de vol, on ajoute donc 5-6h de voiture pour Bac Ha, dont la moité environ sur une belle autoroute déserte.

Bac Ha est une petite ville au milieu des montagnes, avec seulement qqs petits hotels de milieu de gamme et des guesthouse, ce qui fait qu'on y rencontre qqs touristes, mais sans excès. 2h après notre arrivée à Bac Ha, nous voila parti pour une 1ère randonnée au milieu des rizières qui dominent la ville.

Ce ne sont pas les plus belles de la région, mais on passe un très agréable moment à se dégourdir les jambes après le voyage dans un tel environnement. Comme convenu avec l'agence, 2 à 3h de marche entre villages et rizières seront chaque jour au programme : nous découvriront des villages, rencontreront des habitants de plusieurs ethnies au hasard des chemins, et marcherons tout simplement dans de magnifiques paysages de rizières.

Ethnie Hmong bariolé

La région de Bac Ha est majoritairement habitée par de Hmong, ici Hmong à fleurs : (par la suite, si des erreurs se sont malheureusement glissées sur les noms d'ethnies, je ne me vexerai pas si les spécialistes rectifient 😉)



La récolte va bientôt commencer, les rizières commencent à passer du vert vif au jaune, nous les verrons jaune d'or dès le lendemain. Partout des paysans sont au travail : par l'intermédiaire de Vinh, nous échangeront à plusieurs reprises, eux qui sont aussi curieux sur nous que nous sur eux.

Le lendemain direction le marché de Can Cau a 45 min de Bac Ha (18km) sur une route zigzaguant dans un beau paysage de montagne (ce sera le régime de la semaine a venir).

67 ans de présence française ont laissé ces beaux souvenirs le long des routes :

Notre parcours a été étudié avec l'agence pour être sur les marchés de Can Cau le samedi, de Bac Ha le dimanche et de Lun Phin le mercredi suivant Le marché de Can Cau est situé en pleine nature, à flan de montagne.



Hmong des alentours viennent y vendre ou acheter toutes sortes de produits, vêtements, nourritures, animaux vivants, oiseaux, etc ... :







Hmong à fleurs(dessus et dessous)

Certains repartent avec des vêtements

d'autres avec un porc ou une chèvre (pour l'achat de buffle la mobylette n'est pas conseillée)

On est les seuls touristes. Le jour du marché est aussi l'occasion pour tous les villageois des alentours de se retrouver autour d'un thang cô (viande et intestins de bœuf dans un bouillon de sang, épices et herbes aromatiques) accompagné d’alcool de riz ou plus surprenant de Red Bull (!!) ... on n'arrête pas le progrès. On n'a pas gouté ce thang cô , le petit déjeuner n'étant pas loin .... excuse minable 😊



Red Bull et pipe

La suite très bientôt
Open
De Seattle à Los Angeles: carnet d'un voyage en famille le long du Pacifique (ou presque), été 2016
Allez je me lance dans la rédaction du carnet de nos vacances ! En préambule, je voudrais remercier tous ceux sur ce forum qui m'ont aidée à préparer ce voyage et qui ont si gentiment et patiemment répondu à toutes les questions que je me posais pendant son organisation ! C'est grâce à eux que ce périple a été une réussite ! Petite présentation des voyageurs d'abord : De droite à gauche, entre Bob le minion et Gru : P. mon mari, L. 15 ans, M. 17 ans (si si, la petite tête au chapeau tout derrière !), T. 12 ans et moi ! Nous souhaitions faire un grand voyage aux Etats-Unis avec nos enfants et j'imaginais que cela se ferait plutôt à l'été 2017, lorsque nous aurions enfin fini de rembourser notre maison. Mais à l'automne dernier, nous avons réalisé que notre fille allait passer le bac en 2017, puis enchaînerait sur des études et que donc l'été 2016 serait certainement le dernier où cela serait facile d'organiser des vacances en famille au complet. Alors zou, on casse la tirelire et à nous les Usa ! La décision du grand voyage prise, il a fallu déterminer le parcours. J'avais le vieux rêve de descendre le long du Pacifique par la route 101/1, les enfants voulaient voir Seattle pour la Space Needle (à force de la voir en fond d'écran sur leur ordi 😏) et pour se rendre sur les terres de leur chanteur préféré, Macklemore, ils souhaitaient aller à San Francisco parce que San Francisco et à Los Angeles pour les studios Universal, et mon mari, accommodant comme toujours était d'accord pour tout. De plus, une de nos belles-soeurs vit à Los Angeles et cela nous donnait enfin une occasion de lui rendre visite. Le trajet était trouvé !

Voici au jour le jour nos nuitées : - Du 11/07 au 14/07 Seattle - 14/07 - 15/07 Port Angeles - 15/07 - 17/07 La Push - 17/07 - 19/07 Ilwaco - 19/07 - 21/07 Portland - 21/07 - 23/07 Bend - 23/07 - 24/07 White city - 24/07 - 25/07 Eureka - 25/07 - 26/07 Mendocino - 26/07 - 29/07 San Francisco - 29/07 - 31/07 Pacific Grove (Monterey) - 31/07 - 01/08 Morro Bay - 01/08 - 02/08 Santa Barbara - 02/08 - 04/08 Los Angeles

Nous sommes rentrés depuis un peu plus de quinze jours maintenant, et je vis encore ce voyage. J'essaie de faire un bilan, de définir ce qui m'a le plus étonnée, le plus marquée, et c'est difficile parce que tout se bouscule dans ma tête et que nous avons vécu tant de chose pendant ces 24 jours ! J'espère que raconter au jour le jour ce voyage en reprenant les notes prises chaque soir va m'aider à faire le tri... En tout cas, nous avons fait un séjour inoubliable, tous les jours l'un d'entre nous y fait référence... et j'ai déjà envie de repartir ! Pour ce qui est de la logistique et de l'organisation matérielle : - billets d'avion pris chez Air France en novembre. Vols multidestinations Paris-Seattle et Los Angeles-Paris, opérés à l'aller par Delta Airlines et au retour par Air France. 6500 euros pour nous 5 (4 prix adultes et 1 jeune), j'ai privilégié les vols directs. Les vols se sont bien passés, malgré du retard au départ à chaque fois. - voiture réservée en janvier chez Alamo. Catégorie Dodge Gran Caravan. Grâce à un lien donné par un forumeur (je suis désolée, je ne sais plus qui exactement, en tout cas merci infiniment encore !), j'obtiens une réduction de 10 %, le conducteur additionnel gratuit et la possibilité de rendre le réservoir d'essence vide. Nous aurons une Toyota Sienna, parfaite pour nous 5 et nos 5 valises. - nuits en hôtels uniquement, quasiment tous réservés via booking.com. Aucun souci concernant les réservations. A 5 personnes nécessitant un couchage adulte, j'ai dû la plupart du temps réserver deux chambres séparées. Il y a également eu des fois où nous étions dans un seul logement, avec deux chambres et parfois une cuisine. - repas pris le plus souvent sous forme de pique-nique le midi et au restaurant le soir. Restaurants souvent fast-food, nous ne sommes pas de grands gastronomes, et nos 3 ados étaient ravis de toute façon. T. s'est même lancé le challenge de manger le plus de hamburgers possibles pendant le séjour, et est arrivé à 13 ! La plupart des petits déjeuners ont été pris à l'hôtel. - les billets pour la majorité des attractions prévues ont été pris à l'avance, pour bénéficier de prix intéressants (Universal studios à 85 $) et de places disponibles (Alcatraz). Ils avaient été offert comme cadeaux de Noël en avance aux enfants par leurs grands-parents. Pour ceux que ça intéresserait, au total ce voyage nous a coûté presque 18000 euros pour nous 5.

Dans le prochain message, notre arrivée à Seattle ! (ici )

Open
Passages de frontières
Comment et pourquoi devient-on accro des voyages ?

Pour ma part, j'ai toujours soupçonné que le fait d'être né (il y a 50++ années) à proximité de la frontière belge a eu, dès mon plus jeune âge, une influence démesurée sur mon attraction pour tout ce qui est étranger et par extension tout ce qui est voyage.

En effet, quoi de plus étonnant qu'une frontière ? Une ligne souvent arbitraire et parfois invisible, mais qui dès qu'elle est franchie nous emmène dans un monde nouveau où plus rien (ou presque) ne ressemble à celui que l'on vient de quitter… à commencer, dans mes yeux de gamin, par les pièces de monnaie différentes et les panneaux routiers écrits dans une autre langue !

Une fois la frontière passée c'était à chaque fois une nouvelle aventure qui commencait. C'était en tout cas comment je ressentais nos fréquentes incursions en Belgique. Belgique Terre d'Aventures ! « Ca est bien une drôle d'histoire sais-tu !!! ».

Huit longues années plus tard, après un long voyage de plus de deux jours en voiture, je franchissais enfin ma deuxième frontière. Celle-ci était encore plus extraordinaire car pour l'atteindre il avait fallu survivre les nombreux virages de montagne. Mais quel extraordinaire moment de magie quand une fois arrivé au sommet, en plus du soleil d'été et des odeurs de pins, je découvrais la Mer Méditerranée et… l'Espagne. J'en suis sûr, je suis devenu accro à ce moment précis.

Depuis je suis en permanence à la poursuite de cet instant toujours aussi excitant qu'est le passage d'une frontière. Certes, au fil des années j'en ai connu certains plus délicats, plus stressants ou plus pénibles que d'autres mais l'excitation reste la même. Bien sur les frontières terrestres restent mes préférées, (surtout quand il faut franchir une rivière) mais je ne boude pas le plaisir d'arriver dans un aéroport et d'attendre avec une impatience grandissante le moment où les portes du hall des arrivées s'ouvriront enfin vers l'extérieur.

Quelle chance d'habiter en Europe quand on est addictif de frontières (border-freak). Lentement mais surement, je me suis assuré d'avoir mes 'doses' à intervalles réguliers. Certaines plus intenses, comme par exemple quand il s'agissait de passer de l'autre côté du 'rideau de fer' et d'autres plus exotiques quand la frontière du pays et aussi celle d'un nouveau continent.

Et puis un jour, j'ai réalisé que les 'effets' pouvaient se prolonger en habitant de l'autre côté d'une frontière. Habiter à l'étranger, et en particulier à Londres, me donnait l'impression d'être en vacances de manière permanente. Quelque temps plus tard, j'ai également réalisé que je pouvais 'contaminer' une autre personne et qu'ensemble nous pouvions facilement supporter de très fortes 'doses', c'est-à-dire partir plus loin et plus longtemps. A tel point qu'après plusieurs années de ce régime, nous ne sommes jamais plus 'redescendus' ou plutôt si, nous sommes redescendus mais bien plus loin que prévu puisque nous étions arrivés en Australie… Trente ans plus tard, nous y sommes toujours d'ailleurs !

Mais les choses étaient mal faites car le border-freak que j'étais devenu s'est retrouvé dans la plus grande ile au monde au milieu d'un univers sans frontière ?!

Après de longues années de sevrage, il était grand temps de contaminé notre progéniture. Cela n'a pas été compliqué seulement un peu couteux parfois mais qui compte les $ quand l'addiction s'appelle Voyages ?

Nos trois filles ont donc fait leur apprentissage en Asie du Sud-Est, proche et relativement bon marché, et parfois en Europe lorsque nous retrouvions nos familles respectives. Quand elles ont trouvé que bourlinguer avec les 'vieux' n'était plus si cool, elles se sont lancées chacune leur tour dans leur tour… du monde. Les élèves ont vite dépassé le maitre (enfin presque car j'avais une bonne longueur d'avance !).

Et puis ce fut aussi l'occasion pour nous de redécouvrir le bonheur de voyager juste à deux. Ainsi nous sommes allés plus loin, plus longtemps… et mieux encore plus souvent !!!

Maintenant je peux confirmer que ma mission est accomplie à 100%... puisqu'il y a toujours un membre de la famille en vadrouille à n'importe quel moment de l'année. Par contre, je crains que les passages de frontières les laissent totalement indifférentes… N'est pas border-freak qui veut !

To be continued...

Open
Vivre dans "l'hexagone"...
Bonjour à tous ceux qui me liront.

De voyages en vagabondages . .... voila que le temps de se poser arrive !. Avec une possibilité de rebondir ensuite, faire des courts séjours " ailleurs " toujours.. mais avec un point de chute perso : " entre deux voyages ". Pour bien des raisons bonnes ou non, ce sera en France.!!!

Aussi, l'ayant quitté pendant longtemps je ne sais vraiment pas OU m'installer ? Je n'ai pas d'apriori régional , me sentant citoyenne d'un peu partout , d' ici ou là.

Pas de grande ville. plutôt moyennne. pas au milieu de rien non plus, un bel endroit de vie , des possibilités d'activités diverses , une population mélangée , du social du culturel, des associations multiples, piscine, médiathèque .... c'est pas trop non ??

A tous ceux qui ont eu dans leur vie " un coup de coeur ". pour quelque part.. A ceux qui vivent dans un environnement correspondant aux quelques idées citées!.

J'attends Tous vos messages , qu'ils soient sincères, que l'on puisse en discuter ensuite si possible. je suis impatiente . MERCI. MINGAN
Open
Voyages maintenus au Japon
Salut à tous 🙂

En ce lundi matin, je démarre une nouvelle discussion pour réunir ceux qui pour l'instant n'ont pas annulé leur voyage au Japon et qui hésitent, ceux qui partiront quoi qu'il en soit et pkoi pas ceux qui y sont en ce moment !

Bien évidemment la situation est toujours très instable et c'est à chacun de prendre sa décision, sans juger ce que va faire l'autre.

Sont aussi les bienvenues, les infos concernant les modifications de dates pour les remboursements des vols.

http://www.irsn.fr/FR/Documents/home.htm http://www.asn.fr/ http://www.criirad.org/ http://www.lejapon.fr/blog/http://twitter.com/lejapon

Merci à tous ceux à tous ceux qui participeront 🙂 bonne journée !
Open
Votre projet vélo en préparation?
Qui es-tu ? D'où viens-tu ? Où vas-tu ?

Comme l'an dernier à pareille époque un post à idée de voyages à vélo.

Combien sommes-nous à préparer notre projet prévu dans l'année ? Nombreux sans doute.

Quel est le vôtre qui vous fait crever d'impatience depuis bien longtemps, trop longtemps peut-être ? Nous, c'est modestement PARIS-MARATHON avec le vélo et dans la foulée, MARATHON-ATHENES en courant, en juin 2010. Et vous ?

Que la passion continue de vous gagner avant, pendant et après ! Bons préparatifs et bon vent à toutes et à tous.
Open
Les perles sur VF
Piochées sur le forum et à prendre au n ième degré. Une VFiste terrorisée : "est-ce qu'en me rendant au Maroc, je ne risque pas de perdre ma nationalité marocaine?

😏Tout à fait! Et le droit de respirer également. Renseigne toi! Un humaniste sur VF: "si ils fument autant, c'est qu'ils n'ont rien à manger, non?

🤪 Quel talent! Simple comme bonjour, euh...mais les gras du bide, une clope au bec, t'expliques ça comment, toi? Un voyageur méticuleux: " Est-ce que quelqu'un peut m'indiquer le bus que je dois prendre en arrivant à l'aéroport de Kuala Lumpur pour aller en ville?"

L'emplacement exact des toilettes de l'aéroport aussi, pendant que tu y es? Une VFiste désespérée: "Je cherche un(e) coéquipier(e) qui a oublié ce que râler veut dire."

😉Bon courage!!! Un VFiste qui s'adresse à une VFiste: " Toi qui as été en Malaisie, elles sont jolies, les filles, là-bas?

😮 Y a marqué homo sur mon profil? Un rentier sur VF: " L'Indonésie, j'adore; c'est comme mon territoire."

🤪Pour les visas, c'est à toi qu'il faut s'adresser? Un VFiste qui s'emporte: " eh bien, tu as tords!"

😏 Je dirai même plus: "Si tu continues, on te tord le cou, vu? Des VFistes en perdition: " On est un jeune couple qui veut partir en vacances. Mais où? La question, elle, paraît facile. Mais c'est trop pour nous."

😕 Et dire que ce pays fabrique des Airbus et des TGV! Une VFiste qui a fait son choix: "Moi, perso, je n'aime pas la démocratie."

🏴‍☠️T'as drôlement raison. Vive les joies du flicage, de la matraque et de la taule! Un VFiste lucide: "La religion est un anti-dépresseur naturel"

🙁 Dame Nature nous gâte mieux d'ordinaire.

Khaldoun
Open
Converting a heavy-duty bus/coach/truck into a motorhome
I'm currently converting a DAF/HEULIEZ MB205 bus.

Cheaper and more spacious than a regular vehicle, the paperwork (in France) isn't too difficult for approval.

I'm ready to help anyone who wants to tackle this kind of project. Those who know, help those who want to....
Open
Rencontre VF dans les Alpes (proche de Grenoble), le retour! les 18 et 19 septembre 2010 (Complet)
Et si on remettait ça?

Vous vous souvenez de la rencontre VF Alpes 2009 🙂

Hé bien on remet ça les 18-19 septembre !

C'est toujours proche de Grenoble, pour la facilité d'accès, mais un peu plus au nord du massif de Belledonne cette fois, autour du col du Merdaret.

Regardez moi cette vue qu'on a depuis là-haut 🙂 (photo montagne.plisson.org)



Le week end se fera soit sous tente, soit en refuge, car cette année j'ai réservé un petit refuge rien que pour nous ! Par contre il est petit, il ne comporte qu'une douzaine de places pour y dormir... (tarif nuitée 5.50€) - Il y aura donc une répartition à prévoir entre campeurs et non-campeurs, les non-campeurs devant se montrer convaincants pour pouvoir bénéficier de la version luxe 😛 Le refuge servira bien évidemment à prendre le repas du samedi soir bien au chaud !

(photo refuges.info)

On se retrouvera le samedi matin dans la commune de FOND DE FRANCE, commune accessible depuis Grenoble via Allevard. Les horaires et le lieux précis seront communiqués ultérieurement (quelqu'un a une idée, j'ai pas réussi un trouver une terrasse ensoleillée pour s'attendre...).

Petit appel: pour m'éviter de partir de Lyon aux aurores, y'aurait un Grenoblois qui puisse, le samedi matin, passer au bar-tabac de Theys prendre la clé du refuge? (sachant que je la ramène le dimanche soir).

De là, 2h30 environ de montée pour aller jusqu'à notre p'tit refuge, qui s'appelle en fait l'abri du Merdaret, voir la fiche sur http://www.refuges.info/point/6/abri-non-garde/belledonne/abri-du-merdaret

Pour ceux qui veulent marcher, l'après midi pourra être consacrée à aller admirer le panorama depuis la Roche Noire (3h aller-retour)

La soirée sera bien entendu consacrée à un sympathique repas, tous ensemble dans le refuge. 2ème petit appel: y'aurait-il une autre âme charitable pour prendre en charge la logistique repas en commun du samedi soir? Il vaudrait mieux pour vos estomacs 😄

Le lendemain, on monte au refuge et au lac des 7 Laux en passant par le Cul de la Vieille (ben oui ça s'appelle comme ça...) Prévoir environ 4h de marche jusqu'au refuge.

(photo bernard-trekking.blogspot.com)

Il va bien être largement midi quand on va arriver au refuge des 7 Laux pour y déjeuner 😇 (Vous pouvez l'apercevoir au fond, tout petit, sur la photo ci-dessous).

(photo montagne.a.vaches.free.fr)

Dimanche après-midi baignade dans les lacs, regardez y'a même une plage.. 😎

(photo montagne.a.vaches.free.fr)

Aux alentours de 16h, il faudra penser au retour au parking, environ 2h30 de marche. Ne pas prévoir un retour au parking avant 19h (cool, on est en week-end, pas de stress...)

Ci-dessous, la carte faite par notre Simon national, ainsi que le topo:

Samedi matin : itinéraire rouge

2h30 de marche

Départ de Le Fond de France pour monter à l'abri Merdaret à 1720m

Pause repas à l'abri, et on y laisse les sacs

Samedi après-midi : itinéraire violet (facultatif)

3h de marche A/R

Aller/retour jusqu'au sommet du Roche Noir à 2129m

Dimanche matin/après-midi : itinéraire jaune

4h de marche

Départ tôt en direction les Sept Laux, pause repas et baignade pour les plus courageux(es)

Dimanche après midi : itinéraire orange

2h30 de marche

Retour aux voitures à Le Fond de France

L'heure des au revoirs et des « c'était extra, faudra recommencer l'année prochaine ! »

Hop hop hop ! Les inscriptions sont ouvertes à la suite de cette discussion 🙂

PS: D'autres détails pratiques viendront un peu plus tard (horaire de rendez-vous, ce qu'il faut prévoir, etc...)
Open
Rencontre VF à deux mille mètres d'altitude, dans un refuge des Alpes, près de Grenoble les 19 et 20 septembre 2009
bonjour VF

Que diriez vous d'une rencontre de VF-istes à 2100m d'altitude, au refuge de la Pra, les 19 et 20 septembre?

photo http://www.altituderando.com

Ce refuge a de multiples avantages pour une rencontre: on peut soit camper, soit dormir au refuge il est facile d'accès, proche de Grenoble 2h30 de montée depuis Freydière, refuge facile à trouver donc on n'est pas obligés d'y aller en "troupeau", les retardataires peuvent nous rejoindre...

-- AU PROGRAMME

Montée au refuge le samedi, ceux qui seront montés au refuge le matin auront tout l'après-midi pour causer voyages ou profiter d'être "à la montagne" pour aller voir les lacs autour, y'en a un paquet: http://www.refuge-pra.com/taxonomy/term/30

Repas du samedi soir tous ensemble au refuge (qu'on soit sous tente ou en refuge) - ATTENTION TOUT LE MONDE DOIT ETRE ARRIVE POUR 18h30 MAXI - dans un refuge les repas sont servis tôt, ce n'est pas un resto !!

Idem dimanche, avec pour ceux qui veulent montée à la Grande Lance de Domène (alt. 2800m)

2 FORMULES DE PARTICIPATION - TENTE OU REFUGE

Soit vous venez avec votre tente, l'aire de camping étant dans une prairie en contrebas du refuge. Prévoir 15€ pour le repas du soir au refuge. Soit vous préférez un hébergement dans le refuge, ça coûte 41, 30€ (comprenant nuitée + repas du soir + petit déjeuner), auquel cas il faut réserver auprès des gardiens du refuge 04 76 89 94 60 / 06 16 59 33 86 (il faudra alors keur envoyer un acompte de 10€ par personne - coordonnées http://www.refuge-pra.com/taxonomy/term/22)

Dans les 2 cas, prévoir des pique-nique pour le midi (+ petit dej pour les campeurs).

POUR S'INSCRIRE

Les personnes en formule hébergement refuge s'inscrivent aussi dans le discussion, mais après avoir réservé AU NOM DU GROUPE VOYAGEFORUM auprès des gardiens. Il est bien entendu conseillé de ne pas s'y prendre à la dernière minute. (La réservation du refuge est à faire vous-même, je ne veux plus m'occuper des réservations de groupe comme par le passé, afin d'éviter d'avoir à gérer les désistements, c'est pas bon pour mes p'tits nerfs )

Les campeurs s'inscrivent en répondant tout simplement dans le fil de la discussion, date limite 10 septembre, ce qui me permettra de communiquer au gardien le nombre de repas à préparer (sachant que les ingrédients sont montés quelques jours avant à dos d'homme par le gardien, là aussi les désistements de dernière minute ça fout les boules ).

NB: pour faciliter les covoiturages, bien me préciser (quand vous le saurez) à combien vous venez, votre moyen de locomotion (si vous avez des places à proposer ou si au contraire vous recherchez un moyen de locomotion), et d'où vous venez.

Réservez votre week end... et vos billets de train... 19-20 septembre prochains !

PS: et le restant de l'année ça se passe sur Randos-Alpes

Le lac Claret devant le refuge de La Pra et La Grande Lauzière (http://montagne.plisson.org)
Open

You might also like