| L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte Valmichel86 · 8 octobre 2019 à 21:53 · 419 photos 56 messages · 6 participants · 9 493 affichages | | | | À: Mick013 · 21 octobre 2019 à 22:36 · Modifié le 23 oct. 2019 à 20:54 Re: L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte Message 21 de 56 · Page 2 de 3 · 2 497 affichages · Partager Bonsoir Michel, n'étant jamais allé en Italie du Sud, je ne pouvais pas faire cette comparaison. Mais concernant L' Aquila, qui est une ville beaucoup plus petite que celles que tu cites, il n'y a pas de centre ville (zone du shopping et du loisir), au sens que tu lui donnes, "en dehors des murs", c'est-à-dire du centre historique. Il y a des centres commerciaux de périphérie avec les mêmes chaînes de magasins et les mêmes types de construction que chez nous (c'est aussi nul que dans beaucoup de nos villes françaises et on ne peut même pas parler d'urbanisme) ; tout ceci est éclaté car il y en a plusieurs dans différentes parties de la périphérie (c'est le commerce de périphérie type dans le pire sens du terme). Je ne sais pas quels centres commerciaux existaient avant 2009, mais, la nature ayant horreur du vide, ces centres doivent s'être développés (création ex-nihilo ou agrandissement) pendant les années où le centre ville était interdit d'accès. Ils doivent aujourd'hui être un obstacle important à la revitalisation de la ville historique. On peut peut-être faire une analyse de même type avec les cités-dortoirs pour la question des logements.
Ta remarque me semble coller avec le cas de Pescara : le "vieux Pescara" (vraiment petit) et le " Pescara du shopping" sont deux endroits distincts dans la ville. | | | À: Valmichel86 · 21 octobre 2019 à 22:57 · Modifié le 3 nov. 2019 à 21:21 Re: L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte Message 22 de 56 · Page 2 de 3 · 2 492 affichages · Partager Jour12 : jeudi 5 septembre
La météo s'y prêtant, ce sera une nouvelle journée de randonnée. Je monte en voiture à "Campo Imperatore", mais aujourd'hui je bifurque vers l'ouest. Je regarde derrière moi "Monte Camicia" (la randonnée d'hier).
Un peu plus loin c'est LA photo de "Campo Imperatore" : le plateau avec au fond le Gran Sasso d'Italia.
Puis j'arrive au terminus de la route près de la station supérieure du téléphérique. Itinéraire : Campo Imperatore (2120m) - Sella di Monte Aquila (2335m) - Rifugio Garibaldi (2230m) - Capanne di Val Maone (environ 2000m) - Sella della Portella (2260m) - Passo del Lupo - Campo Imperatore Vue sur le col (Sella di Monte Aquila) et le Gran Sasso depuis "Campo Imperatore".
Le sentier passe près du petit observatoire astronomique, puis oblique à droite et monte en pente assez douce jusqu'au col, offrant des vues sur le plateau en contrebas.
Après le col, on change de versant et le sentier descend en pente douce vers le refuge Garibaldi.
Au refuge, le Gran Sasso se présente sous un autre angle
Le sentier continue à descendre ; le Val Maone est une vallée orientée vers le nord dont la partie haute est dominée par le "Pizzo d'Intermesoli".
A partir du lieu "Capanne di Val Maone", le sentier monte dur jusqu'au col (Sella della Portella). On change à nouveau de versant et le sentier, sur le versant sud de Monte Portella, revient en balcon jusqu'à "Campo Imperatore" (vues plongeantes sur Fonte Ceretto et les environs de L' Aquila). Cette randonnée est moins dure que celle d'hier : une durée d'environ 3 heures (j'ai fait peu de pauses) pour un dénivelé de 500 mètres.
A "Campo Imperatore", on peut voir un ancien hôtel, fermé, pas en bon état (vitres sales, etc...), couleur rouge (le rouge des maisons cantonnières au bord des routes nationales). Je ne l'ai pas en photo car je ne savais pas ce qui s'était passé ici.
Digression historique (ce que j'ai appris depuis) : Le 25 Juillet 1943 Mussolini est destitué par le Grand Conseil du fascisme et le roi ; il est arrêté et emmené en prison. Les allemands cherchant à le récupérer, il est transféré à l' hôtel Campo Imperatore le 28 août 1943 ; c'est un lieu théoriquement imprenable (on ne peut y accéder à l'époque qu'en téléphérique). Il y restera jusqu'au 12 septembre 1943. Ce jour là, les allemands organisent une opération commando (planeurs, avion se posant à Campo Imperatore) et "libèrent" Mussolini. La suite conduira à la "Republica Sociale Italiana". Fin de la digression.
En retournant au camping, j'achète sur le plateau un fromage "Pecorino" qui se révèlera excellent. A postériori, la propriétaire du camping s'est montrée de bon conseil pour le choix des randonnées (toutes les 2 intéressantes). | | | À: Valmichel86 · 2 novembre 2019 à 0:01 · Modifié le 3 nov. 2019 à 21:39 Re: L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte Message 23 de 56 · Page 2 de 3 · 2 428 affichages · Partager Jour13 : vendredi 6 septembre
Depuis que je suis à Fonte Ceretto, je n'ai fait que des petits trajets dans la province de L' Aquila : aller à L' Aquila ou monter à Campo Imperatore. A partir d'aujourd'hui je vais faire des trajets plus longs et tortueux. Je joindrai donc une carte avec l'itinéraire du jour. Ce sera mieux que rien, mais cela ne permet pas de se rendre compte du relief de l'intérieur de l'Abruzzo. Celui-ci est particulièrement compliqué et je n'ai réussi à m'en faire une idée qu'en voyant des cartes en relief sur place avec les différents massifs montagneux et les cours d'eau.
Le but de la journée est de visiter Celano et son château (Castello Piccolomini) ainsi que le site archéologique d' Alba Fucens. Pour y arriver, je dois traverser le massif du Sirente-Velino (au sud-est de L' Aquila), les 2 sites se trouvant sur le versant sud de ce massif. La majeure partie du massif est protégée : c'est un parc régional (Parco Regionale del Sirente-Velino).
Je descends de Fonte Ceretto à Bazzano par la route SS17bis ; ensuite je franchis la rivière Aterno (qui passe près de L' Aquila) et arrive à Civita di Bagno. A partir de cet endroit la route (SR5bis) monte sur le massif du Sirente et atteint un plateau à environ 1300m d'altitude (altopiano delle Rocche).
Le plateau, le village de Rocca di Cambio et Monte Cagno.
Ce plateau est cultivé (principalement du fourrage) et fait environ 15 kms de long jusqu'à Ovindoli. De petites stations de ski sont aménagées sur les montagnes qui dominent le plateau. A Ovindoli, la route bascule sur le versant sud et descend jusqu'à Celano.
Vue sur le château en arrivant dans le haut de la ville.
En allant jusqu'en bas de la ville, on a une autre vue sur le château.
En arrivant devant l'enceinte du château, c'est l'aspect militaire et défensif qui ressort.
Une fois à l'intérieur de l'enceinte, depuis le chemin de ronde, j'ai une vue sur Celano et tous les environs.
Je peux aussi admirer le château à plan carré et quatre tours d'angle d'inspiration clairement médiévale.
Le portail d'entrée laisse présager une transition de style.
Et dans la cour intérieure, je me retrouve en plein "quattrocento" dans une demeure seigneuriale avec ambiance Renaissance.
Les salles intérieures abritent le musée de la Marsica et la première chose que je peux constater, c'est l'état du château il y a un siècle (documents photographiques pris après le tremblement de terre de 1915).
Digression : le tremblement de terre de 1915. Le 13 janvier 1915 à 7h53 eut lieu un tremblement de terre de magnitude 7.0 qui toucha toute la région de la Marsica (la magnitude du tremblement de L' Aquila en 2009 est de 6.3). La catastrophe fit plus de 30000 morts et, à Avezzano, la ville la plus peuplée de la Marsica, il y eut 10700 morts sur 13000 habitants. C'est une des pires catastrophes ayant touché l' Italie. La région n'était plus qu'un amas de ruines. Ce tremblement laissa beaucoup d'amertume en Abruzzo du fait de la médiocrité des secours et de la longueur de la reconstruction (plusieurs dizaines d'années). Fin de la digression.
Le musée comporte une section d'art sacré. Voici une fresque et un triptyque.
Santa Maria Maddalena.
Triptyque de San Pietro in Alba Fucens (soyez indulgents pour la photo, la peinture, elle, est splendide).
Ces 2 œuvres se trouvaient avant 1915 dans l'église "San Pietro in Alba Fucens" (commune de Massa d'Albe) et furent retrouvées dans les gravats. La fresque fut décollée et elles sont maintenant exposées au "Castello Piccolomini" à Celano.
Voici une porte sculptée (12 ième siècle) provenant du portail de l'église "Santa Maria in Cellis" de Carsoli.
En regardant par les fenêtres vers le sud, je vois en contrebas la plaine ("Piana del Fucino") avec ses voies de circulation tracées au cordeau.
Petite histoire du lac de Fucino ("lago del Fucino")
Cette plaine était autrefois un lac (600 m d'altitude), le troisième lac d' Italie par sa superficie. Il était alimenté par des torrents descendant des montagnes dont un seul a un cours plus long que les autres, le Giovenco. Mais c'était un point bas, il n'avait pas d'exutoire et ses nombreuses variations de niveau ont toujours gêné les habitants des alentours. Pour stabiliser son niveau, les Romains (période impériale) construisirent un émissaire et un tunnel de 5 kms environ passant sous un chaînon (ouest du lac) et permettant aux eaux de se déverser dans la rivière Liri située à une altitude inférieure de l'autre côté du chaînon. Après la période romaine (faute de maintien en état), le lac reprit ses variations de niveau. Au 19 ième siècle, un projet réapparut avec comme but, cette fois, l'assèchement complet du lac. Ce fut un exemple de capitalisme entrepreneurial ; le prince Torlonia obtint la concession avec le marché suivant : faire faire les travaux en échange de la propriété de presque toutes les terres qui allaient émerger. L'assèchement commença en 1862 et se termina en 1875. Fin.
La section archéologique du musée présente, entre autres, des pièces liées au lac de Fucino.
Un bas-relief, qui faisait partie des installations de l'émissaire romain, avec des représentations de navires.
Des outils de pêche attestant l'activité sur le lac (en italien, cela s'appelle "fiocina" au singulier ; "harpon" en français).
| | | À: Valmichel86 · 3 novembre 2019 à 1:01 · Modifié le 4 nov. 2019 à 10:08 Re: L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte Message 24 de 56 · Page 2 de 3 · 2 398 affichages · Partager Jour13 : vendredi 6 septembre (suite)
Je quitte Celano en début d'après-midi pour aller à Alba Fucens ; je remonte vers le massif montagneux, puis prends une route qui, à flanc de montagne, conduit à cette ville romaine (environ 1000 mètres d'altitude). Le site archéologique occupe un petit plateau entre 3 collines, dans un site stratégique qui permet de contrôler tous les environs.
Vue générale du site depuis la colline de "San Pietro".
Sur une des collines est bâtie l'église "San Pietro in Alba Fucens", romane, du 12ième siècle, avec des matériaux romains de réemploi, restaurée après les dommages de 1915 (cf page précédente).
Tout près, je domine la plaine du Fucino (400 m plus bas, un lac à l'époque), " Alba Fucens" signifiant le "balcon du Fucino".
Dans le même secteur se trouvent les restes de l'amphithéâtre avec vue sur "Monte Cafornia" et "Monte Velino" (2487 m point culminant du massif Sirente-Velino).
Dans la partie centrale du site, je vois les vestiges d'un temple d'Hercule,
l'artère principale (decumanum) appelée ici "Via del Miliario"
à cause de la présence d'une borne milliaire (68 milles de Rome, soit 100 kms).
Je prends la route du retour et, arrivé sur l'"altopiano delle Rocche, j'ai devant moi le village de Rocca di Mezzo et le massif du Gran Sasso (impressionnant vu de cet endroit).
Juste avant Rocca di Mezzo, pour aller voir un petit lac (laghetto del Sirente), je vais prendre la SR5bis en direction de Secinaro et faire une douzaine de kms sur cette route. La route passe sur le bord d'un plateau étroit situé sous la crête de "Monte Sirente" (au moins 1000 au-dessus). Le plateau, la forêt (hêtres) et la crête du Sirente.
Sur ce plateau se trouve un petit lac d'origine météoritique d'après le site "Abruzzoturismo" ; la météorite serait tombée vers la fin de l'empire romain (ah! la curiosité d'aller voir des choses que l'on a jamais vues : un lac d'origine météoritique !).
En fait, si la date n'est pas contestée (4ième siècle après JC), l'origine du lac serait encore en discussion entre les scientifiques : origine météoritique ou origine anthropique (lac creusé par des pasteurs pratiquant la transhumance pour abreuver le bétail : réserve d'eau). Je retourne ensuite à Fonte Ceretto. | | | À: Valmichel86 · 3 novembre 2019 à 2:08 Re: L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte Message 25 de 56 · Page 2 de 3 · 2 393 affichages · Partager Bonjour Michel,
Merci de nous faire découvrir cette partie de l' Italie, rarement évoquée ici.
1/ En réponse à ton questionnement au sujet des badlands : << (...) Au retour de la randonnée, le centre d'accueil du WWF est ouvert ; je trouve une brochure parlant des "calanques d'Atri" (français) et des "badlands of Atri" (anglais) ; je connaissais le terme"badlands" et c'est exactement ce que j'ai vu à Atri ; mais le terme "calanques" pour un français renvoie à autre chose : Cassis, Piana. J'ai cherché (dictionnaires) ; "badlands" n'est jamais proposé comme traduction de "calanques" et "calanques" n'est jamais proposé comme traduction de "badlands". Alors ?? le mot "calanques" désignerait-il 2 types de formations géologiques différentes ? >>
Je pense que la brochure en français a utilisé le terme de "calanques" par défaut, car son auteur n'a sans doute pas trouvé de traduction française appropriée du terme "badlands". Dans les deux cas, on a pourtant bien affaire à une formation géologique. Je ne connaissais pas le terme de "badlands", ce qui a éveillé ma curiosité. Je trouve comme traduction sur le net : "paysage ruiniforme des terrains à faciès marneux ou argileux, raviné par les eaux météoriques en contexte de faible pente" (ici c'est de l'arrière-pays vers l'Adriatique).
Les badlands résultent du phénomène d'érosion superficielle de terrains (dépôts) consistant en des limons argileux, et récents puisque datés du Pléistocène (Quaternaire). La série débute par des dépôts apparentés à des turbidites (Pléistocène inf.) et termine par des dépôts plus grossiers de type conglomérat (Pléistocène sup.). Source : I Calanchi di Atri (Abruzzo) : Caratteri mineralogici, geotecnini e geomorfologici. B. Anselmi, C. Crovato, L. D'Angelo, S. Grauso, in II Quaternario 7 (1), 1994 ; pp. 145-158.
Le paysage que tu as vu à Atri a été formé puis façonné récemment, disons dans les deux derniers millions d'années avant notre Ere. Naturellement, il continue de se façonner aujourd'hui.
Voir également une autre publi intéressante sur le sujet : - Analysis of soil erosion induced by heavy rainfall : a case study from the NE Abruzzo Hills Area in Central Italy, in WATER 2018 (10), 1314. Il est décrit dans cet article, les effets du régime des pluies particulier qui règne dans cette région et que tu évoques dans ton fil.
Les Calanques dans le sud-est de la France (disons pour simplifier celles qui s'étendent du sud de Marseille à Cassis) sont le résultat de deux phénomènes et processus d'érosion, l'un d'érosion fluviatile ancien qui a gommé en quelque sorte une partie des reliefs qui avaient été constitués par des dépôts calcaires et marneux du Crétacé supérieur, le second, d'érosion plus récent et qui continue encore aujourd'hui, affectant ce qui reste (le Crétacé moyen) lié à l'action de la mer qui, par ses variations de niveaux, entaille la côte et élargit les failles. Si on va davantage dans le détail, les Calanques sont également soumises localement à des réseaux complexes de rivières souterraines qui aboutissent directement dans la mer et ont propension à "grignoter" la craie par dissolution (karst). De même, les eaux météoriques étant légèrement acides, elles ont elles aussi tendance à dissoudre la craie des Calanques en la traversant (la craie est perméable). Le Crétacé inférieur (faciès appelé ici barrémo-bédoulien) nous ramène à des dépôts à dominante calcaire, datés d'environ 110 à 120 millions d'années.
L'examen de la carte géologique de Marseille donne comme formations géologiques affleurant au niveau des Calanques, des calcaires biodétritiques compacts datés du Barrémien.
En résumé : Calanques et badlands : formation géologique dans les deux cas, ben oui qui en douterait ? Mais pas vraiment le même aspect visuel (voir plus haut pourquoi), pas du tout les mêmes processus d'érosion ni les mêmes faciès lithologiques en jeu. La craie des Calanques, c'est une passoire  , et les limons argileux à Atri, c'est le contraire, rien ou presque, ne passe à travers et tout ruisselle à la surface   . Un point commun néanmoins : la rareté de la végétation, liée en fait à l'absence d'humidité. Il me semble (à vérifier) que les Calanques sont inscrites au patrimoine mondial de l'Humanité, mais je ne pense pas que le mot "Calanques" soit juridiquement protégé ou susceptible de l'être, donc...il peut être ré-utilisé, c'est juste qu'il peut induire le lecteur en erreur.
2/ Le conglomérat que tu nous montres dans les grottes, est une variété particulière de conglomérat qu'on appelle poudingue. En zoomant, je crois voir aussi la présence de débris de fossiles, outre les galets ou et fantômes de galets. | | | À: Jparpour2bon · 3 novembre 2019 à 22:01 Re: L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte Message 26 de 56 · Page 2 de 3 · 2 357 affichages · Partager Bonsoir Jacques, merci pour ces précisions. J'ai bien noté que le mot "calanque" est utilisé parfois de façon surprenante par les personnes qui écrivent ou traduisent. Je profite aussi de tes précisions pour corriger une erreur de datation. | | | À: Jparpour2bon · 4 novembre 2019 à 12:18 Re: L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte Message 27 de 56 · Page 2 de 3 · 2 330 affichages · Partager précisons que le mot calanque est la francisation du mot occitan calanca (prononciation : calanco avec accent tonique sur lan) qui ne désigne que les calanques qu'on trouve en Provence entre Marseille et Cassis qui sont des anses étroites entourées de falaises ; ceux qui ont donné ce nom quand l'occitan a remplacé le latin ne savaient pas que les badlands existaient | | | À: Valmichel86 · 4 novembre 2019 à 17:40 · Modifié le 5 nov. 2019 à 14:52 Re: L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte Message 28 de 56 · Page 2 de 3 · 2 325 affichages · Partager Jour14 : samedi 7 septembre
Pour ma dernière journée avec comme base "Fonte Ceretto", je vais circuler entre la vallée de l'Aterno et le massif du Gran Sasso.
Amiternum se trouve à une dizaine de kms à l'ouest de L' Aquila ; la ville s'est développée après la conquête romaine (cet endroit faisait partie du territoire des Sabins) et était étendue ; aujourd'hui il y a 2 sites accessibles séparément : -le site du théâtre situé sur la rive gauche de l'Aterno
- le site de l'amphithéâtre, à 1 km du précédent environ, de l'autre côté de la rivière.
La tribune (à gauche sur la photo) est la partie la mieux conservée de l'amphithéâtre. Sur ce site, il y a aussi une "domus" (rien en élévation) et un bâtiment musée lapidaire. Ici un bas-relief, bloc faisant partie d'un cortège de dimension importante.
Je vais ensuite voir un autre site : celui de la ville de Peltuinum ; il faut sortir de L' Aquila vers l'est, par la SS17 ( Popoli, Pescara), aller jusqu'à Castelnuovo et tourner à droite en direction de Prata d'Ansidonia ; le site est à 2kms à gauche. Je suis en pleine campagne. Le site est en libre accès ; rien n'est clos et j'arrive par un chemin à la porte ouest de la ville. Il n'y a personne d'autre : cela crée une impression particulière pour un site archéologique. L'entrée ouest de la ville prise de l'intérieur de l'enceinte.
Plus loin (700 mètres environ), il y a le socle d'un temple et un théâtre à flanc de colline qui n'est pas accessible (clos pour cause de fouilles). Je retiens de ce site le paysage et l'atmosphère plutôt que les vestiges. De retour sur la SS17, je continue vers l'est et arrive au village de Navelli.
En Abruzzo, il y a des dizaines de villages construits à flanc de colline ou de montagne, avec un bâti ancien allant du moyen âge au 19ième siècle, des ruelles étroites avec (ou sans) marches et escaliers, des passages voutés, un portail ou un linteau sculpté de temps en temps, etc... Certains font partie d'un club ("Borghi piu belli d'Italia" ou un autre), d'autres non. Il faut se promener sans trop d'intention pour profiter de ce qui se présentera au détour d'une rue. Je ne les ai pas perçus comme des usines à touristes (fréquentation limitée, pas de boutiques de souvenirs envahissant tout) ; les bâtiments sont dans un état variable, parfois restaurés et entretenus, parfois vétustes. Ici, "Palazzo Santucci" domine le village; je trouve des escaliers, une pierre jaune, de nombreuses voûtes reliant les maisons...
L'après-midi commence avec le village suivant : une petite route, sinueuse, conduit à Capestrano qui surplombe la vallée du Tirino ; ce village est le plus connu de la région, pas pour lui-même mais à cause d'une statue antique retrouvée aux environs appelée "le guerrier de Capestrano", qui est la pièce maitresse de la sculpture en Abruzzo (cf fin du voyage ; elle est exposée à Chieti).
Vue générale de Capestrano.
Sur le haut de la colline, le château (actuelle mairie) : "Castello Piccolomini" (la même famille qu'à Celano en fut un temps propriétaire)
et sa cour intérieure.
Puis une maison dans le village,
une autre (avec une plaque).
Nous sommes en Italie ; où que nous nous trouvions, l’Église a une surprise pour nous. C'est la maison natale d'un saint : Saint Jean de Capestrano. Maison du 14 ième siècle, restaurée.
Enfin, une rue avec maisons du 17 ou 18 ième siècle.
Je prends ensuite la direction de Calascio : la route entre dans le parc national du Gran Sasso et va passer de 300 à 1200 mètres d'altitude à l'arrivée dans le village. Au-dessus du village, à l'altitude de 1460 m, se trouve un château "Rocca Calascio" qui domine un hameau (Calascio alto) situé à 1400 m. Le hameau est accessible soit à pied, soit par une navette (très peu de possibilité de parking au bout de la route qui est interdite aux voitures ce samedi). Je choisis l'option navette, puis fais la petite randonnée du hameau au château.
En chemin, sur le bord du sentier, totalement isolée, la "chiesa di santa Maria della Pietà".
Du château, vue exceptionnelle à 360 °. Je trouve que mes photos ne rendent pas bien; j'en poste une prise en direction de "Campo Imperatore"
et une autre à l'opposé : vue plongeante sur "Castelvecchio Calvisio".
| | | À: Valmichel86 · 5 novembre 2019 à 15:27 Re: L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte Message 29 de 56 · Page 2 de 3 · 2 297 affichages · Partager Jour14 : samedi 7 septembre (suite)
Redescendu à Calascio, je vais me promener dans le village ; voici un panneau que l'on trouve dans certains villages de l'intérieur de l'Abruzzo.
"Dans ce village, les enfants jouent encore dans la rue".
Je passe devant la "chiesa di Santa Maria delle Grazie" fondée, comme le monastère attenant, par "Mario da Calascio".
Ce village d'une centaine d'habitants a donné naissance à un franciscain, linguiste et confesseur du Pape (la fonction existe ou, du moins, existait à l'époque !) qui n'a pas oublié l'endroit où il a passé son enfance (il faut lire les panneaux pour trouver les surprises que, partout, nous réserve l’Église !).
Plus loin, la rue principale
et une ancienne forge.
Je retourne ensuite à "Fonte Ceretto". | | | À: Valmichel86 · 7 novembre 2019 à 22:17 · Modifié le 7 nov. 2019 à 23:20 Re: L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte Message 30 de 56 · Page 2 de 3 · 2 265 affichages · Partager Jour 15 : dimanche 8 septembre
Aujourd'hui je vais aller dans le parc national d'Abruzzo (changement de camping), mais l'altitude à l'étape va rester la même : 1150 mètres. La dernière nuit a encore été fraîche et les suivantes le seront au moins autant, et ceci tant que je resterai en altitude. Les températures en journée seront, elles, très agréables. Il y a en Abruzzo : - 3 parcs nationaux : Parco Nazionale del Gran Sasso e monti della Laga ; Parco Nazionale d'Abruzzo, Lazio e Molise ; Parco Nazionale della Majella-1 parc régional : Parco Naturale Regionale Sirente-Velino et quantité de réserves naturelles plus petites. J'ai lu sur place qu'en additionnant toutes leurs surfaces on arrivait à plus de 30% de la superficie de la région en zone protégée, ce qui ferait de l'Abruzzo la première région d' Italie sur ce critère. Itinéraire.
Je prends la même route qu'avant-hier quand je suis allé à Celano, mais je vais m'arrêter pour une promenade à Rovere, village de l'altopiano delle Rocche.
Vue du village depuis le sud.
Je monte jusqu'aux ruines du château ; en chemin, vue sur l'altopiano.
L'église du village est fermée depuis le tremblement de terre de 2009, certaines parties étant restaurées, d'autres pas encore. Voici deux détails pris dans le village : une porte de maison,
et la clé de la porte d'une autre maison.
Après Rovere, je traverse Celano, fais quelques kms sur la SS5, puis prends la SS83 qui conduit à Pescina, puis dans le parc national d'Abruzzo. Je fais une visite rapide de Pescina.
Un château domine le pays.
Une église dans la partie ancienne avec son portail et un détail de chapiteau.
Un homme célèbre est né à Pescina. Il appartient à l’Église (ce qui n'a rien d'étonnant en Italie), mais il appartient aussi, d'une certaine façon, à la France (ce qui est plus étonnant). Qui est-ce ? Réponse après-demain, car la maison-musée est fermée et je reviendrai.
Je vais ensuite monter jusqu'à un col (Passo del Diavolo) ; sur l'autre versant, c'est la haute vallée du Sangro (fiume Sangro), et j'arrive à Pescasseroli, le cœur du parc national de l'Abruzzo. Je m'installe dans un camping qui ferme demain (Sant'Andrea). Je retourne au pays ; le vieux village est coincé entre la montagne et la rivière, sur une partie plate. Plus en aval, la vallée s'élargit et le pays ressemble à une station d'altitude un peu languissante (hôtels, quelques promeneurs, fin de saison ?...). | | | À: Valmichel86 · 8 novembre 2019 à 17:26 · Modifié le 8 nov. 2019 à 18:02 Re: L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte Message 31 de 56 · Page 2 de 3 · 2 251 affichages · Partager Jour16 : lundi 9 septembre Itinéraire
Je commence par aller voir la partie ancienne de Pescasseroli, dans laquelle je ne suis pas entré hier. Les bâtiments sont mieux entretenus que ceux que j'ai vus ailleurs, et les rues sont fleuries.
C'est l'anniversaire de l'inauguration du parc national d'Abruzzo : le 9 septembre 1922 devant ce rocher.
Juste à côté se trouve la "fontaine des ours".
L'ours brun est la mascotte de ce parc (orso marsicano, en italien) ; le parc est le seul habitat de l'espèce dans l’Apennin et on conterait une cinquante d'individus à l'heure actuelle. Tout près aussi, il y avait le pont ancien sur le Sangro ; c'était le lieu de séparation entre ceux qui partaient passer l'hiver dans la région "Puglia" (les Pouilles) et ceux qui restaient au village du temps de la transhumance (j'ai vu plusieurs photos de cette scène). Ce pont ancien a été dynamité par les allemands à la fin du mois de mai 1944 ; ce n'était pourtant pas un pont stratégique : la rivière est à 10kms de sa source et n'est pas encaissée à cet endroit.
Ne connaissant pas grand chose de la guerre en Italie, et ayant voulu comprendre, je fais un a-parte historique. Après la déposition de Mussolini (25 juillet 1943), le chef du gouvernement, le maréchal Badoglio, cherche à conclure un armistice avec les alliés. Cet armistice (en fait une capitulation) est signé le 3 septembre 1943 à Cassibile ( Sicile) ; il est tenu secret jusqu'au 8 septembre pour préparer des débarquements sur le continent depuis la Sicile. Aussitôt les allemands prennent le contrôle de presque toute l' Italie (sauf le sud) et désarment les unités de l'armée italienne. L'Abruzzo se retrouve occupé par les allemands ; dans la majeure partie de la région, ils resteront jusque fin mai ou début juin 1944. fin de l'a-parte.
Je me déplace ensuite vers un autre camping (Le Foci) situé à Opi, 6 kms plus bas sur le cours du Sangro.
L'après-midi, je vais parcourir la vallée en vélo depuis Opi jusqu'à Barrea. La route suit la rivière, arrive à Villetta Barrea, puis longe le lac. Vue sur le lac et Barrea.
Au bout du lac elle se met à monter pour gagner le village (vue sur le lac depuis Barrea).
Une placette et deux maisons dans le village.
Au retour, je fais un petit détour pour passer à Civitella Alfedena ; l'aller-retour à Barrea représente environ 40 kms à vélo.
Le soir il y a concert sur la place à Pescasseroli (à 22h) ; le chanteur est "Daniele Si Nasce" (inconnu pour moi) avec 4 musiciens. Je retiens du concert 1- une gestuelle particulière du chanteur, 2- un " froid de canard" ; les courageux spectateurs se collaient contre les murs de la place qui avaient gardé la chaleur de la journée ; le chanteur s'est dit surpris, après les 32 degrés à Rome les jours précédents, de se retrouver avec 8 degrés ici le soir. J'ai cherché sur le web. Daniele Si Nasce, sosie de Renato Zero, interprète les chansons de ce dernier, et est présenté comme un alter-ego de Renato Zero (tout aussi inconnu pour moi). La gestuelle qui m'a intrigué doit être celle de Renato Zero. | | | À: Valmichel86 · 9 novembre 2019 à 22:32 · Modifié le 19 nov. 2019 à 22:36 Re: L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte Message 32 de 56 · Page 2 de 3 · 2 226 affichages · Partager Jour17 : mardi 10 septembre
J'ai prévu d'aller faire une randonnée dans les gorges de Celano ("Gole di Celano"). Itinéraire
Je fais un petit détour pour passer à Ortucchio, au bord de la plaine du Fucino. Son château (visitable sur rdv ; je n'ai pas essayé cette formule qui est assez courante pour la visite de "petits" monuments et musées) se trouvait autrefois au bord du lac.
J'arrive peu après à Pescina. Homme célèbre natif de Pescina.... J'ai nommé Giulio Raimondo Mazarini, alias Jules Mazarin né le 14 juillet 1602.
La loggia sur son éperon rocheux est tout ce qui restait debout de la maison natale après le tremblement de terre de 1915. La maison-musée est une construction des années 1970 à laquelle la France a participé. Elle abrite des documents sur la vie de Mazarin (acte de baptême, famille, etc... mais rien de spectaculaire). L'après-midi, je vais jusqu'à l'entrée de Celano et, dans le bas du village, je prends à droite une route très étroite qui aboutit au parking départ de la randonnée des gorges. J'ai choisi de faire un aller-retour jusqu'à la "fontaine des amoureux" (Fontana degli innamorati). Le sentier se dirige vers l'entrée de la gorge.
Peu à peu les parois se rapprochent et deviennent de plus en plus hautes.
A certains endroits la largeur est de l'ordre de 3 mètres et le fond correspond uniquement au lit du torrent.
Les parois dépassent 100 mètres de hauteur. Le fond est bien sur continuellement à l'ombre.
Quand la gorge s'élargit vers l'amont, je me retrouve en forêt et je continue, toujours en montée, jusqu'à la fontaine des amoureux ; il ne faut pas s'attendre à trouver une fontaine, mais seulement de l'eau qui ruisselle depuis une paroi en surplomb et une balançoire, c'est-à-dire une planche au bout de 2 cordes. Cette partie supérieure (de la fin de la partie étroite à la fontaine des amoureux) n'apporte pas grand chose et la randonnée peut être raccourcie en conséquence. Retour par le même sentier.
Pour revenir à Opi, je vais prendre une variante à partir de Pescina ; au lieu de suivre la SS83, je remonte la vallée du Giovenco et passe par Bisegna.
Cette route illustre bien le paysage du parc national : des forêts au-dessus des fonds de vallées, des sommets moins élevés que dans le Gran Sasso et l'absence d'un grand bloc minéral dominant le tout. | | | À: Valmichel86 · 11 novembre 2019 à 22:12 · Modifié le 6 déc. 2019 à 22:11 Re: L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte Message 33 de 56 · Page 2 de 3 · 2 206 affichages · Partager Jour18 : mercredi 11 septembre
Pas d'itinéraire car c'est une journée randonnée à partir de Opi, avec deux thèmes, un thème "transhumance" et un thème "forêt de hêtres". Je pars du lieudit "la Madonnina" ; c'est l'endroit où la route qui suit la vallée du Sangro passe au pied de l'éperon où est construit Opi. Le sentier emprunte un "tratturo" jusqu'au Val Fondillo, environ 3 kms en aval. Un "tratturo" est une voie de transhumance (je connais le mot "draye" en français). La transhumance a été une activité millénaire et quasi-exclusive à certaines périodes dans cette partie de l'Abruzzo ; du 15ième au 19ième siécle on peut parler d'une civilisation de la transhumance. Il s'agissait d'une transhumance horizontale : les troupeaux passaient l'été dans "l'Appennino Abruzzese" ; fin septembre bergers et troupeaux partaient rejoindre une plaine au nord des Pouilles "il Tavoliere della Puglia". Le retour s'effectuait fin mai-début juin. Il y avait plusieurs "tratturi" : Pescasseroli-Candela (environ 140 kms), Celano-Foggia, L' Aquila-Foggia dit "tratturo del Re" (environ 240 kms). Le trajet durait de 2 à 3 semaines.
Vu sur Opi peu après le départ.
Le tracé du "tratturo".
Le "tratturo" ne se limite pas à une voie de 5 ou 6 mètres de large comme sur la photo ; il y a parfois des murets (comme ici), parfois pas et sa largeur peut atteindre 110 mètres car il englobe, de part et d'autre de la voie principale, un espace pour faire paître les bêtes. On trouve aussi des aménagements : abris en pierre sèche, abreuvoirs,... Le 19ième siècle et la première moitié du 20ième siècle furent terribles pour la région ; les propriétaires dans les Pouilles remirent des surfaces en culture progressivement, diminuant d'autant les surfaces pour l'élevage transhumant. De nombreux bergers restèrent sans travail, l'expression résumant la situation était "o transumante, o brigante, o emigrante !". L'Abruzzo fournît de nombreux émigrants, les villages se dépeuplèrent ; ceux qui restaient au village vivaient dans une grande pauvreté. Arrivé dans le Val Fondillo, je laisse le "tratturo" et je remonte ce vallon latéral du Sangro.
Après le lieu "Stazzo Fondillo" (1200 mètres d'altitude, petit refuge, aire de pique-nique), le hêtre va devenir l'espèce unique de la forêt. Je vais continuer le sentier jusqu'à la grotte des fées ("grotta delle fate"), puis jusqu'au col qui ferme ce vallon, le pas de l'ours ("passo dell'orso", 1680 mètres d'altitude).
Je n'avais jamais traversé de telles hêtraies ; dans les hêtraies que j'avais vues jusqu'ici (ouest de la France), le hêtre était dominant mais pas exclusif et les superficies étaient plus petites. Ici, pendant 1h30 de sentier à la montée, je n'ai vu que des hêtres ! Ces forêts (forets d'altitude) laissent une impression exceptionnelle ; elles sont classées au Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2017 ; c'est d'ailleurs le seul site d'Abruzzo qui soit inscrit à ce Patrimoine. Au col il y a une zone où les arbres sont couchés, déracinés (sans doute le vent). Retour par le même chemin du col jusqu'à "la Madonnina". J'ai mis environ 6 heures pour faire l'ensemble de la randonnée, sans me presser. Au retour, le soleil est placé pour photographier Opi depuis l'ouest.
Il y a tout près un panneau du parc national.
Le problème est bien réel (et pas seulement théorique) ; un peu plus tôt dans l'été, une ourse a été tuée dans un choc avec une automobile ; le chauffeur a de plus pris la fuite. | | | À: Valmichel86 · 13 novembre 2019 à 10:22 · Modifié le 14 nov. 2019 à 14:11 Re: L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte Message 34 de 56 · Page 2 de 3 · 2 187 affichages · Partager Jour19 : jeudi 12 septembre
Itinéraire
Avant de partir pour Scanno et son lac, je monte dans Opi pour visiter le village et acheter les provisions pour le pique-nique. Depuis le premier belvédère (près du monument aux morts), vue sur "Monte Marsicano", 2242 mètres le second sommet du parc ("Monte Petroso" atteint 2247 mètres).
La promenade dans le village conduit dans des ruelles, à un musée du chamois, à un second belvédère qui surplombe la gorge du Sangro et à la "piazza centrale".
Pour me rendre à Scanno, je longe le Sangro jusqu'à Villetta Barrea (SS83), où je prends à gauche (SR479) ; la route monte jusqu'au col ("Passo Godi") où se découvre le versant nord en direction de Scanno. La vallée du "Sagittario" vue du col.
La route n'emprunte pas cette vallée, mais la vallée voisine du "Tasso" et descend jusqu'à Scanno. Je traverse le pays, continue encore 2 kms et arrive au lac ("lago di Scanno"). C'est un lac naturel créé par un glissement de terrain sur le flanc de "Monte Genzana", glissement qui a barré la vallée.
La petite église "Santa Maria del lago", datant de 1700 sous sa forme primitive, fut remaniée à la fin du 19ième siècle pour s'adapter au passage de la route.
Je fais le tour du lac que voici vu de l'extrémité nord.
Mais la caractéristique du lac est sa forme, qui ne se voit pas depuis la rive. Elle se révèle quand on est au-dessus du lac. Un réseau de sentiers permet d'accéder à ce point de vue. Je le fais depuis le village (on peut le faire aussi depuis le lac moyennant un dénivelé plus important) ; j'atteins un petit ermitage près duquel la vue est déjà remarquable.
A dix minutes de là, j'arrive au "belvedere alto" ou "osservatorio del cuore". Ce lac a la forme d'un cœur !
Je visite ensuite le village, surnommé "la perle des Abruzzes" ; à la différence de beaucoup d'autres, il y a une partie de construction récente à côté du village historique ; c'est une station de montagne hiver-été (ski sur les flancs de "Monte Rotondo", constructions au bord du lac). Je ne ressens pas une impression de dépopulation comme dans d'autres villages. Vue générale de Scanno.
La promenade au hasard des rues conduit à la "Fontana del Pisciarello",
à "piazza San Rocco".
La petite place est bordée par l'église la plus ancienne du village "Santa Maria di Costantinopoli" (début du Quattrocento),
et par "Palazzo Mosca" (porte début du settecento).
Une des rues du village : "via Silla".
Il faut rentrer le bois de chauffage pour l'hiver. S'il est arrivé ici dans une remorque ou un petit camion... il sera transporté à la brouette jusqu'au lieu de stockage sous la partie habitée de la maison.
Les accès aux maisons dans les rues ou placettes en pente ; la porte sous l'escalier (sur la photo 2) pourrait bien être celle d'une remise à bois, par exemple.
Une exposition photographique est ouverte ; tous les grands photographes du 20ième siècle sont venus à Scanno : ne connaissant presque rien à la photographie d'art, j'ai retenu les noms de Henri Cartier-Bresson ( France) et Fulvio Roiter ( Italie). Encore avant (début du 20ième siècle), Gabriele D'annunzio s'était fait photographier à Scanno.
Je reviens à Opi par la même route que ce matin ; je m'arrête pour photographier le haut de la vallée du "Tasso", qui se trouve dans le parc national.
Certains jours, sans que l'on sache pourquoi, l'air est d'une limpidité exceptionnelle du matin jusqu'au soir ; ce 12 septembre est une de ces journées pendant lesquelles tout paysage est enchanteur. | | | À: Valmichel86 · 15 novembre 2019 à 12:35 · Modifié le 15 nov. 2019 à 17:34 Re: L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte Message 35 de 56 · Page 2 de 3 · 2 161 affichages · Partager Jour20 : vendredi 13 septembre
Itinéraire
Je vais me rendre dans le parc national de la Maiella (le 3ième parc national d'Abruzzo pour moi), exactement à Sant'Eufemia a Maiella, avec arrêt et visite de la ville de Sulmona. La route descend la vallée du Sangro, passe le verrou de Barrea et continue à descendre la vallée jusqu'à Castel di Sangro. Elle (c'est maintenant la SS17) quitte alors la vallée, monte ( Roccaraso, Rivisondoli) jusqu'à un plateau (altopiano dei cinquemiglia) ; au bout du plateau, commence la descente qui conduit jusqu'à Sulmona. Le paysage est beau sur tout ce trajet et je me rends compte que je n'ai pas pris de photo (difficulté de s'arrêter avec la caravane ?). Je stationne en périphérie, gagne le centre en vélo et vais visiter Sulmona à pied. Je commence par le monument le plus précieux de la ville : le "Palazzo della Santa Annunziata" ; c'est en fait un ensemble église+palais. Le palais conserve des éléments gothiques et renaissance ; l'église, détruite par le tremblement de terre de 1706, fut reconstruite en style baroque.
Façade de la "chiesa della Santa Annunziata".
Passons à l'intérieur.
Le chœur et une chapelle possèdent une balustre en marbre dont voici un détail.
Une ruelle permet d'approcher du clocher à l'arrière de l'église.
Le palais est attenant à l'église ; il a été créé comme hôpital et a longtemps gardé cette fonction.
Le portail principal est d'époque Renaissance, comme la trifora (fenêtre trifore) située à l'étage supérieur.
Le musée municipal est installé dans le palais ; dans la section archéologie, est reconstituée la chapelle du temple d'"Ercole Curino" (cf la journée de demain pour ce temple).
La section médiévale présente un diptyque, dit du "Maestro del trittico di Beffi", représentant "Sant'Onofrio e Santa Maria Maddalena" (1425).[Le "trittico di Beffi" est exposé au musée de L' Aquila ; je l'ai mis dans le carnet (jour10)].
Je parcours ensuite "Corso Ovidio" (Ovide est natif de Sulmona et possède sa statue sur une petite place le long de "Corso Ovidio") ; au bout de "Corso Ovidio", j'arrive près de l'aqueduc médiéval.
Le massif de la Maiella sert de fond au tableau et, quand je franchis les arcades, j'arrive "Piazza Garibaldi".
Au centre de la place se trouve la grande fontaine ("Il Fontanone"),
et, à l'opposé par rapport à l'aqueduc, l'église "Sant'Agostino" et son portail.
Je traverse à nouveau la place pour revenir vers l'aqueduc, passe sous les arcades et me trouve devant un portail monumental impressionnant avec une cloche au sommet d'un pilier.
Ce portail ne donne accès à rien ; je me suis demandé ce que cela pouvait être. C'était le portail latéral de la "Chiesa di San Francesco della Scarpa", immense église effondrée lors du tremblement de terre de 1706 (sauf ces éléments, portail, pilier). Elle fut reconstruite sur un plan beaucoup plus petit avec entrée par une autre rue ; c'est ainsi que ce portail se retrouve à cet endroit.
Je quitte Sulmona (400 mètres d'altitude) en direction de Pacentro ; La route commence à monter, puis ce sera une véritable ascension jusqu'au col ("Passo San Leonardo" 1280 mètres) sur le côté ouest de la Maiella. S'ensuit une descente jusqu'à Sant'Eufemia a Maiella (commune) où se trouve l'"Agricampeggio Colle dei Lupi" (frazione San Giacomo). | | | À: Valmichel86 · 15 novembre 2019 à 20:29 Re: L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte Message 36 de 56 · Page 2 de 3 · 2 143 affichages · Partager J'espère que vous n'avez pas quitté Sulmona sans goûter et faire provision de confetti (dragées de baptême) qui sont sa grande spécialité. www.ilconfettodisulmona.com/ | | | À: B737 · 15 novembre 2019 à 23:20 Re: L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte Message 37 de 56 · Page 2 de 3 · 2 140 affichages · Partager Les confetti, c'est pour la journée suivante ! | | | À: Valmichel86 · 16 novembre 2019 à 12:12 · Modifié le 19 nov. 2019 à 22:18 Re: L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte Message 38 de 56 · Page 2 de 3 · 2 131 affichages · Partager Jour21 : samedi 14 septembre
Environs de Sulmona et retour à Sulmona. Itinéraire
Le chemin fait hier soir, je le parcours en sens inverse ; en arrivant à Pacentro, point de vue sur le village et le château.
Je me dirige vers Badia Morronese, quelques kms au nord de Sulmona. Au pied de "Monte Morrone", est construite une abbaye "abbazia di Santo Spirito al Morrone" ; je vais suivre une visite guidée qui est sur le point de commencer.
Une unique porte permet d'accéder à une grande cour intérieure.
L'église actuelle (baroque) fut construite après le tremblement de terre de 1706.
A l'intérieur, le chœur avec un ensemble de stalles en noyer ; un orgue à la tribune au-dessus de l'entrée.
Sous le chœur, une crypte (beaucoup plus ancienne) avec des chapiteaux décorés de motifs géométriques.
L'abbaye est très vaste, comporte 5 cours intérieures, de nombreux bâtiments dont un réfectoire auquel on accédait par un escalier dont les balustres comportent les blasons de Célestin V et de son ordre monastique (les Célestins).
Ce lieu (l'abbaye) et l'ermitage situé plus haut sur le flanc de "Monte Morrone" sont totalement liés à Célestin V.
A-parte : la vie en raccourci de Célestin V premier pape à avoir abdiqué, mort en prison. Né Pietro Angeleri, il devient bénédictin puis ermite sur les flancs de "monte Morrone" ; "Pietro da Morrone" alterne les périodes : moine (fondation de monastères, dont celui-ci, et de la congrégation des Célestins) ou ermite. En 1294 il est élu pape (siège vacant depuis 2 ans) ; on vient le chercher à l'ermitage (il a 83 ans) ; il accepte. Mais pas question d'aller à Rome... il est couronné à L' Aquila le 29 août 1294 sous le nom de Célestin V. Les ennuis commencent ; on dirait aujourd'hui : "pas fait pour le job", "dépassé par la fonction", "de mèche avec des lobbies". Il abdique le 13 décembre 1294. Son successeur veut le surveiller et l'assigne à résidence ; il s'enfuit vers l'Abruzzo, puis plus loin. Arrêté, il est conduit en prison où il meurt le 19 mai 1296 à 85 ans. Il devient Saint en 1313. Fin de l'a-parte
Je monte ensuite vers l'ermitage "Sant'Onofrio al Morrone". Une petite route va jusqu'à un parking ; la suite se fait à pied ; du sentier on a une vue dominante sur l'abbaye.
Du parking part un autre chemin qui conduit en quelques minutes au temple d'Ercole Curino ; c'est un sanctuaire en terrasse qui a cessé tout à coup son activité (enseveli par un glissement de terrain) au 2ième siècle après JC. C'est la chapelle de ce sanctuaire qui est reconstituée au musée de Sulmona (cf journée d'hier).
De la terrasse du sanctuaire, je vois bien l'ermitage au-dessus.
Arrivé à l'ermitage, je vais voir l'oratoire (fresque) de "Pietro da Morrone".
L'essentiel de l'ermitage est une construction moderne d'après guerre (comme le montre la photo prise depuis la terrasse du sanctuaire)... avec vue plongeante sur le camp 78.
Dans ce camp étaient détenus en 1943 des soldats alliés (principalement britanniques ou du commonwealth) faits prisonniers en Afrique. Un panneau indique que le 8 septembre 1943 eut lieu une évasion "en masse" (sans plus de détails).
J'ai cherché ; donc a-parte faisant suite à celui du jour16. L'armistice de Cassibile fut rendu public le 8 septembre. Les officiers de l'armée italienne ne reçurent pratiquement aucune consigne sur l'attitude à suivre, tout en sachant que les allemands, passant du rôle d'alliés à celui d'ennemis occupants, n'allaient pas tarder à arriver. Le commandant italien du camp de prisonniers aurait réduit très fortement la surveillance ; de 1000 à 1500 hommes sur un total de 3000 s'échappèrent du camp ; ce fut l'évasion la plus massive de tout le conflit. L'objectif des évadés était de rejoindre les forces alliées... qui débarquèrent (côté adriatique) le 9 septembre à " Taranto", ville située à 400 kms de Sulmona. Les allemands arrivèrent quelques jours plus tard. Je n'ai pas réussi à trouver d'informations sur le nombre d'évadés repris par les allemands et le nombre d'évadés ayant réussi à rejoindre les alliés. Certains réussirent, aidés par la population et par les partisans, mais plus tard quand le front fut situé plus près, dans le sud de l'Abruzzo. Mi-octobre, les allemands, persuadés que des évadés se trouvaient dans l'ermitage tirèrent au canon dessus, le détruisant en grande partie. fin de l'a-parte.
Je retourne à Sulmona. Des boutiques présentent des fleurs très colorées.
Ce ne sont pas des fleurs, mais des "confetti"... qui ne sont pas ce que vous croyez. Ce sont des dragées, les "dragées de Sulmona" exportées dans le monde entier. Il y a des présentations plus classiques (sachets, boites), mais la présentation sous forme de fleur est courante.
Je visite le "museo dell'arte e della tecnologia confettiera" installé dans les locaux de la maison "Pelino" fondée en 1783 et j'en profite pour faire provision de dragées. La particularité des "confetti" est que l'enrobage par les couches de sucre se fait sans ajout d'amidon (ne me demandez pas plus de précisions).
Sulmona a aussi conservé une partie de son enceinte autour du centre, avec ses portes d'accès : ici "porta Napoli".
| | | À: Valmichel86 · 17 novembre 2019 à 22:56 · Modifié le 18 nov. 2019 à 23:00 Re: L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte Message 39 de 56 · Page 2 de 3 · 2 109 affichages · Partager Jour22 : dimanche 15 septembre
Itinéraire
J'ai prévu de visiter ce matin l'"abbazia di San Clemente a Casauria". Pour s'y rendre, c'est de la toute petite route : Caramanico Terme, Salle, Tocco da Casauria. L'abbaye est sur la commune de Castiglione a Casauria, mais il faut aller à la "frazione San Clemente" qui se trouve en fond de vallée (c'est bien fléché).
L'abbaye fut fondée au 9ième siècle, détruite au 11ième, reconstruite au 12ième siècle (style principalement roman, on dit "romano-gothique"). Les moines doivent l'abandonner au moment de l'unité italienne ; elle tombe très rapidement en ruine. Un historien local, Pier Luigi Calore, consacre sa vie à sauver l'abbaye, obtient son classement comme monument national en1894, puis un début de restauration. La dernière restauration date de 2009-2011, suite aux dégâts causés par le tremblement de terre de L' Aquila.
La façade avec ses chapiteaux sculptés.
Au fond du porche, le portail central avec porte en bronze et tympan historié.
A l'intérieur, un ciborium au-dessus de l'autel, qui est un sarcophage romain.
Sous cette partie surélevée, une crypte remontant à la première abbaye. Dans la nef centrale, un ambon
et un chandelier pascal.
Un antiquarium est installé dans une aile de l'abbaye. Il s'agit d'un monument d'une beauté exceptionnelle ; une fois à l'intérieur on ressort pour retourner voir le portail, puis on entre de nouveau pour revoir l'ambon ou parcourir une des 3 nefs.
Ensuite, direction Popoli par la SS5. La "piazza della libertà", avec la "torre civica" (beffroi) et l'église San Francesco, est le centre de la ville ancienne.
Dans une rue attenante, la "taverna ducale" (datant de la première moitié du trecento) avait la fonction de taverne, relai de poste..
L'homme célèbre ici est "Corradino d'Ascanio" ; sa maison natale (une maison bourgeoise) ne peut être photographiée correctement pour cause de travaux dans la rue. D'Ascanio est l'ingénieur qui a conçu la "Vespa" pour Piaggio ; sa ville natale ne lui rend pas vraiment hommage, car j'ai vainement cherché une statue, une image (mur peint par exemple), une enseigne représentant le célèbre scooter qui est pourtant une légende en Italie.
Je veux aller à la source du Pescara ("sorgenti del Pescara", tout près de Popoli), où se trouve un parc avec aire de pique-nique et sentiers. Je ne verrai rien car des voitures sont garées partout depuis le départ de la route d'accès et il n'y a pas de place libre : j'ai trouvé où se cachent les Italiens un dimanche de septembre.
Le raté suivant : Corfinio. Ayant appris que le musée de ce petit village présentait la première mention du mot "Italia", je m'y rends. Mais, bien que nous soyons un dimanche après-midi, le musée (géré par des bénévoles) est fermé (il ouvre en général sur rendez-vous).
A-parte sur le mot "Italia" et la "guerre sociale". Les peuples de la région sont sous domination romaine depuis le 3ième siècle avant J-C. En 91 avant J-C, le sénat romain refuse de leur accorder la citoyenneté romaine : ils se révoltent, forment une alliance, choisissent comme capitale Corfinium, créent une armée et frappent une monnaie : c'est sur une des pièces frappées qu'apparait pour la première fois le mot "Italia". Au bout de 2 ans, ils finissent par être battus militairement, mais ils obtiennent la pleine citoyenneté romaine. Fin de l'a-parte.
J'ai ensuite prévu de faire une promenade en vélo en AR dans les gorges de San Venanzio, sur le parcours Raiano-Molina Aterno (voiture laissée à Raiano). Le paysage est seulement moyen à cause du tracé de la route et de la végétation (qui ne laissent pas voir le fond de la gorge). Revenu à Raiano, je fais une rando à pied à partir du haut du village jusqu'à l'ermitage de San Venanzio ; cette randonnée, pas très longue (moins d'une heure pour l'aller), permet de voir le fond de le gorge et l'ermitage qui prend appui sur le roc de chaque côté de la gorge (site exceptionnel). (On peut aussi s'y rendre en voiture).
Vue de l'ermitage depuis le fond de la gorge.
Pour faire une bonne photo de l'ermitage, il faut aller sur l'autre rive (passer sur un pont en aval, puis faire un trajet hors sentier assez escarpé), ce que je n'ai plus le temps de faire. Du départ de la randonnée à Raiano, un autre sentier mène vers un tunnel creusé dans le roc par les romains ; c'était un aqueduc qui faisait 4 ou 5 kms de long en tunnel (j'ai découvert cela sur un panneau au départ du sentier et n'ai pas le temps d'y aller). A Raiano privilégier la randonnée à pied (ermitage, et éventuellement aqueduc ?) au parcours par la route. Retour à Sant'Eufemia a Maiella. | | | À: Valmichel86 · 19 novembre 2019 à 22:01 · Modifié le 20 nov. 2019 à 23:15 Re: L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte Message 40 de 56 · Page 2 de 3 · 2 089 affichages · Partager Jour23 : lundi 16 septembre
Le camping où je me trouve fermant aujourd'hui, je changerai de camping en fin d'après-midi pour aller à Caramanico Terme, distant de quelques kms. Itinéraire.
Ce matin, je pars à pied du camping (hameau de San Giacomo), pour aller voir le village de Roccacaramanico. Ce sentier assure la liaison entre les 2 villages depuis des temps immémoriaux.
En 30 minutes, je suis à Roccacaramanico ; le village a été sur le point d'être abandonné ; il est aujourd'hui bien restauré, ce qui n'empêche pas que certaines maisons sont à vendre. Place, rues, escaliers sous le soleil du matin.
Détails de certains bâtiments.
Je reviens par le même chemin ; à l'endroit où il franchit le torrent ("torrente Orta"), je vais voir en contrebas un moulin en ruine et, en coupant dans le sous-bois, je tombe sur les restes du bief qui alimentait le moulin.
Un exemple de la vitesse à laquelle peut disparaître un aménagement laissé à l'abandon ; dans 10 ou 20 ans, on ne verra sans doute plus rien de ce bief. Je me rends ensuite par la route à Campo di Giove (20kms environ). C'est depuis cette route que l'on a une vue générale de Roccacaramanico.
Après le col (Passo San Leonardo), la route reste sur le flanc ouest de la Majella sans beaucoup déniveler. Elle traverse une belle forêt de hêtres dans le secteur de "Fonte Romana", puis arrive à Campo di Giove. Village abbruzais habituel avec ruelles, passages voutés, portails sculptés.
Du haut du village, je peux voir le massif de la Majella avec au loin le point culminant "Monte Amaro" (2793 mètres).
Une erreur d'orientation dans le village m'amène devant la gare, et je découvre que, les dimanches, un train touristique fait le trajet Sulmona-Castel di Sangro (en passant par Campo di Giove) et va même jusqu'à Isernia (région Molise). Le trajet doit être pittoresque (voie ferrée la plus en altitude d' Italie après celle du col du Brenner); je ne peux pas le mettre à mon programme, mais c'est une suggestion pour d'autres voyageurs. A la sortie du village près du cimetière, un sentier part vers un col "Guado di Coccia" (visible au fond) dans le massif de la Majella, sentier qui mène à Palena sur le versant est.
Une plaque est placée au départ du sentier.
"Une étoile sur la Majella. C'est ainsi que Radio Londres annonça, de façon codée, la liberté reconquise par les prisonniers fugitifs et les jeunes italiens, parmi lesquels le sous-lieutenant Carlo Azeglio Ciampi, qui se rangèrent du côté de l'armée alliée. Traversant le Guado di Coccia par ce sentier, ils rejoignirent les terres libérées." Des prisonniers évadés (cf jour21) passèrent par ce col pour rejoindre les armées alliées.
A-parte : combats 1943-1944. Progression des alliés sur la côte adriatique. 9 septembre : débarquement Taranto3 au 6 octobre : passage de la rivière Biferno près de Termoli (Molise) 2 novembre : passage de la rivière Trigno près de Vasto (Abruzzo) 9 novembre : arrivée sur la rivière Sangro 23 novembre : premier passage du Sangro. A cet endroit les alliés buttent sur la ligne "Gustav" établie par les allemands de l'embouchure du Garigliano (méditerranée) à l'embouchure du Sangro (adriatique) et passant près de Cassino. La ligne Gustav ne fut franchie par les alliés que le 17 mai 1944, sur le côté méditerranée (Cassino), ouvrant la route de Rome (4 juin 1944). Le front en Abruzzo resta entre la rivière Sangro et le massif de la Majella pendant toute cette période. La plus grande partie de l'Abruzzo fut libérée fin mai-début juin 1944. fin de l'a-parte.
De retour à Sant'Eufemia a Maiella, je vais jusqu'au camping "Da Rondinella", frazione San Nicolao à Caramanico Terme. | Carnets similaires sur l'Italie: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 15 914 visiteurs en ligne depuis une heure! |