J'ai lu tous les posts. Si, si. Alors je vais vous donner mon impression perso, mais elle n'engage que moi et je ne demande à personne d'y adhérer.
Je suis une personne qui a déjà pas mal bourlingué (tour du monde en bâteau, beaucoup, beaucoup de pays d'Europe, d'Afrique etc...).
Il est vrai qu'après mon tour du monde (1 an), je suis revenu en
France complétement déboussolé. D'avoir mangé durant ce périple des fruits mûris "sur l'arbre"... je n'ai plus retouché un fruit Français pendant 4 ans. D'avoir été ceuillis verts et d'avoir été élevés en mûrissoirs, à la vapeur d'azote, leurs enlève toute saveur. Celui qui a mangé un ananas au
Sénégal, avec le jus qui colle les doigts tellement il est sucré, une papaye aux Marquises, arrosée de jus de citron vert ou un pamplemousse énorme à la fine peau verte à Tahiti, me comprendra sûrement.
Je suis surpris que beaucoup de personnes emploient le mot "partager". Dans la majorité des pays africains (et je ne suis pas raciste), j'ai surtout trouvé des gens qui voulaient profiter, au sens propre du terme, de tout ce que le toubab pouvait avoir: que ce soit 1.000 f CFA pour soi-disant acheter un sac de riz alors que la personne était grasse comme un moine, en passant par le don de mon portable ou celui de mon opinel ou le prétexte à avoir "un petit cadeau", ou me demander ce que j'avais dans mon 4x4 pour le revendre ensuite, voir mon véhicule lui-même. Et des comme ça, je peux en parler jusqu'à demain. J'ai trouvé très peu de personne pour me rendre service gratuitement, juste parce que j'étais dans la merde. A vrai dire.. je peux les compter sur les doigts d'une seule main et encore... j'aurai des doigts de trop. Alors j'en ai pris mon parti et je voyage comme un égoïste, en solo, et je me débrouille pour n'avoir besoin de personne. Par contre, chaque fois que l'occasion s'en est présentée, je n'ai pas hésité à donner mon eau quand la personne en avait besoin, j'ai pris des personnes en stop pour leur rendre service, j'ai sorti plusieurs mini-bus, au treuil, d'africains ensablés jusqu'aux essuie-glace et je me suis arrêté lorsque j'ai vu un 4x4 en rade avec une personne dessous, en pleine brousse (cable d'embrayage arraché). C'est ma solidarité à moi, ma façon de "partager".
J'adhère complétement à l'idée principale qui est d'être complétement déboussolé lorsque l'on revient chez soi, avec plein de vues, d'odeur, de pensées, d'idées (on part avec des idées et on revient avec d'autres, à chaque voyage) qui vous ramènent en arrière, d'où l'on vient.
Personnellement, j'ai eu du mal à retrouver mes copains, avec leurs petits soucis étriqués, leurs problèmes de sorties en boite ou de savoir dans quel restaurant aller ou ce que l'on ferait le WE prochain. J'étais déconnecté. En rentrant, je n'avais qu'une envie celle de repartir. Ce voyage autour du monde m'a permit d'être piqué par le virus du voyage et fort heureusement, l'antidote reste encore à découvrir. J'ai aussi été piqué par une moustiquequi m'a permit de me prendre la version la plus musclée du palu: celle que l'on attrape qu'une fois et qui ne revient jamais plus. Perdu 10 kg en 7 jours, avec 40°c de température. Je ne le souhaite à personne. Les régimes "slim fast" ou autres ne sont que des amuse-gueules.
Mais il est vrai que lorsqu'on revient on se demande bien ce que l'on fout là et tout ce qui représentait un intérêt certain avant... après... on ne les regarde même plus.
Me rappelle plus qui a dit ou écrit "partir, c'est mourrir un peu". Je pourrais compléter en disant que "revenir, c'est dépérir de mort lente". Bien que je ne sois plus un jeunot, j'ai toujours l'âme nomade.
Le voyage, c'est ma drogue, ma copine adrénaline, mon virus, mon addiction. J'y peux rien: je suis accro.
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