A quelques jours d'une "theoriquement" possible liberation de "la Dame", je fais un copie/colle de
cambodge soir du jour...
La
Birmanie est sur la voie de la démocratie, selon
Phnom Penh 24-05-2007 Hun Sen est rentré hier de
Birmanie, où il s'est rendu en visite officielle. Il s'est entretenu avec de hauts responsables birmans du renforcement de la coopération entre les deux pays mais n'a pas abordé le cas de l'opposante Aung San Suu Kyi. La
Birmanie est sur la voie de la démocratie, selon
Phnom Penh (Pring Samrang) - Voir notre rubrique A la UneAlors que les appels en faveur de la libération de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi se sont multipliés en ce début de semaine, le Premier ministre cambodgien vient de conclure une visite de trois jours au
Myanmar consacrée aux relations bilatérales entre les deux pays sans avoir évoqué le cas de l’opposante. Hun Sen, accompagné de ses ministres des Affaires étrangères, du Commerce et du Tourisme, a rencontré plusieurs hauts responsables birmans dans la nouvelle capitale administrative Naypyitaw pour parler de tourisme et de transport aérien.
La détention actuelle d’Aung San Suu Kyi arrive à terme dimanche, mais la junte militaire au pouvoir depuis 1988 n’a donné aucune indication en faveur d’une éventuelle libération, et les observateurs s’attendent à ce que sa détention soit prolongée. Les
Etats-Unis, qui ont imposé avec l’Europe des sanctions économiques à la
Birmanie, ont profité mardi de l’occasion pour appeler une nouvelle fois à sa libération par la voix de leur secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires étrangères Christopher Hill en visite en
Thaïlande. Phénomène nouveau dans une Asean attachée au principe de non ingérence dans les affaires intérieures de ses membres, des parlementaires cambodgiens, indonésiens, malaisiens, philippins, thaïlandais et singapouriens, réunis à
Tokyo pour une conférence sur le
Myanmar, ont eux aussi réclamé mardi des sanctions plus larges contre la junte de la part des puissances régionales. Ils s’inquiètent notamment du fait que la
Russie a récemment annoncé son intention de construire une centrale nucléaire dans un pays qui a rétabli ses relations diplomatiques avec la Corée du Nord.
Au niveau des Etats, si la
Malaisie, les
Philippines et l’
Indonésie commencent à critiquer ouvertement le régime birman, le
Cambodge, le Viêt-nam et le
Laos se gardent bien jusqu’ici de monter le ton. Ces trois pays tentent en effet depuis plusieurs années de resserrer leurs liens économiques avec le
Myanmar, notamment dans les secteurs du transport aérien afin de développer le tourisme, une des rares industries florissantes du
Cambodge, dans la région. Le déplacement de Hun Sen, dont c’était la deuxième visite officielle au
Myanmar depuis 2000, était donc sans surprise à mille lieues des préoccupations de la communauté internationale.
Aung San Suu Kyi, une “affaire interne”De retour du
Myanmar, le ministre des Affaires étrangères Hor Namhong s’est dit “optimiste” quant à l’avenir de la démocratie birmane, le régime militaire étant selon lui sur la “bonne voie”. “En entendant le discours des dirigeants birmans, et d’après ce que nous avons constaté sur place, nous espérons que la démocratie va s’installer. Le pays est en voie de démocratisation”, a-t-il déclaré. “Ils sont en train de rédiger une Constitution, et ils organiseront ensuite des élections pour mettre sur pied une Assemblée nationale, un gouvernement et un président assisté de deux vice-présidents. Les bâtiments de l’Assemblée et du palais du président sont en cours de construction. Cela va dans le sens de ce qu’ils nous ont dit. Les dirigeants birmans nous ont demandé d’être compréhensifs”, a-t-il poursuivi. Hun Sen a rencontré au cours de cette visite le général Than Swe, vice-Premier ministre et chef du régime militaire, mais les deux hommes n’ont pas abordé la question d’Aung San Suu Kyi, au prétexte qu’il s’agit d’une “affaire interne” à la
Birmanie.
Les liens diplomatiques entre les deux pays sont étroits depuis une décennie. En octobre 2006, Than Swe, en visite à
Phnom Penh, avait signé trois accords sur le tourisme, le transport aérien et le jumelage de la ville birmane de
Bagan (ou
Pagan) avec
Siem Reap. Air Bagan, la première compagnie aérienne privée birmane, prévoit d’ailleurs de relier six destinations asiatiques dans les cinq prochains mois, dont
Siem Reap en octobre. Le
Myanmar et le
Cambodge font tous deux partie, avec le
Laos et le Viêt-nam, d’une coopération sur l’aviation civile visant à développer le transport aérien dans la région, qui s’est concrétisée par un accord multilatéral signé à
Phnom Penh en avril 2005.
Mais si ces quatre pays demeurent attachés au principe de non ingérence dans leurs affaires intérieures, l’Asean commence à prendre conscience du boulet que représente la junte vis-à-vis de la communauté internationale. La
Birmanie, qui devait présider et accueillir le prochain sommet de l’Asean, en vertu d’une rotation alphabétique, a finalement été privée de cet honneur sous la pression des pays occidentaux. Ce sont les
Philippines qui accueilleront ce sommet en juillet prochain.
Les Nations unies estiment à 1 100 le nombre de prisonniers politiques dans les geôles birmanes, dont le seul prix Nobel actuellement en détention, Aung San Suu Kyi, 61 ans. Largement élue en 1988 lors des premières élections organisées depuis que les militaires ont pris le pouvoir en 1962, l’opposante a passé 11 des 17 dernières années en détention.