| Les bus... Opai · 8 novembre 2005 à 20:32 · 3 photos 50 messages · 19 participants · 9 568 affichages | | | | À: Loopkin · 30 novembre 2005 à 22:26 Re: Les bus... Message 21 de 50 · Page 2 de 3 · 3 559 affichages · Partager de Loopkin : Sur ton profil, j'ai vu que tu aimais bien t'"évader en somme". Y aurait-il encore des bus pittoresques dans ce plat département agricole ?
L'intérêt de ce département agricole, en somme, c'est la faune, bien sûr !!! Ne dit-on pas : "c'est le pays des bêtes-raves" ? On les traque avec une pique-hardie !
 Chris (qui a vécu dans le 59, pas loin de la Somme... dans une vie antérieure) | | | À: Opai · 1 décembre 2005 à 10:49 Re: Les bus... Message 22 de 50 · Page 2 de 3 · 3 541 affichages · Partager Je suis bien étonnée de voir les bus dans la rubrique carnet de voyage mais pourquoi pas, le voyageur aime se distinguer de l'utilisateur ahuri du car climatisé, ce qui n'a bien sûr, rien à voir !, il est définitivement admis que le bus quant à lui a le parfum de l'autochnone donc de l'authentique ! Comme je lis plusieurs textes se situant au bout des mondes, je vais modestement raconter mon bus matinal, celui qui me fait voyager chaque jour. Extérieurement il est rouge et blanc et rutilant, intérieurement mauve et gris, tout aussi propre. Je monte et retrouve jour après jours les mêmes visages au regard soigneursement vide. Encore beaucoup de sièges disponibles et je m'assoie. Une flagrance subtile flotte des corps mal lavés évincée par le parfum douceatre des déodorants bon marché. L'un se cure discrètement le nez puis roule sa trouvaile qu'il éjecte d'une pichenette dans la travée, l'autre gratte son bouton enflammé et le presse de deux doigts discrets. Une escouade de jeunes filles grimpent en riant et gloussent. des petits diamants étincellent sur leurs narines, la légère musique des baladeurs coincés dans l'oreille s'élève dans le silence compact. Il fait nuit et les regards des assis sont tournés vers la fenêtre. Les magasins ont encore leur grilles, il n'y a rien à voir dans la rue morne. Tous se regardent dans leur reflet ou regardent aisément leur voisin. la vitre fait office de miroir est c'est une rencontre de glace qu'ils se permettent ainsi. Une vieille femme monte tenant sa canne comme un stick, sure de la respectabilité de lâge, l'oeil mauvais derrière ses lunettes, elle attend qu'on lui cède une place dûment due. Poliment et à contre-coeur, un homme, le visage encore rayé du pli de l'oreiller cède sa place. Monte alors une jeune femme au ventre doucement arrondi de l'enfant à venir : instant de légère panique ou chacun se questionne, qui va se dévouer? Personne ne bouge, le bus chuinte, accélère et rétrograde, dans le mouvement, la future mère s'équilibre posant une main protectrice sur son ventre. Soulagement, arrêt, descente. La jeune femme enfin s'assoit. La honte peut s'envoler, s'est déjà oublié. Une jeune musulmane ajuste son foulard, resserrant l'oval parfait de son visage, un bébé crie son agacement et perturbe en même temps qu'il distrait les passagers. Crier de bon matin, quel déagrément mais que fait la mère? Le bandeau lumineux affiche l'heure et les arrêts. Quelques uns vérifient leur montre, aussitôt rassurés sur l'exactitude et la concordance des temps. Le bourdonnement du silence est rompu par le froissement léger des feuillets du journal que lit le sportif assis. C'est dans "l'Equipe" qu'il vient trouver le matin, l'énergie de sa journée. Du fauteuil où il a regardé le match, il passe au fauteuil du transport en commun, celui des gens du commun. Ainsi, jour après jour, se déroule le voyage du travail, si loin des voyages pittoresques du bout des mondes. Shufffffff, la porte s'ouvre, l'air froid me saute en bouffée au visage, je descends. Voyage terminé. | | | À: Cepavrai · 1 décembre 2005 à 10:56 Re: Les bus... Message 23 de 50 · Page 2 de 3 · 3 539 affichages · Partager Ffffou... C'est trop ça!!! Désolé, mais je crois que finalement, je vais retourner dans la boue! Brrrrr... comme tu l'as bien décrit, c'est pas vrai, c'est incroyable! | | | À: Cepavrai · 1 décembre 2005 à 11:04 Re: Les bus... Message 24 de 50 · Page 2 de 3 · 3 535 affichages · Partager J'y suis. Tellement vrai...tellement plein de vie..celle qui est trop grande et trop dense pour être traduite par des mots..mais que les mots suggèrent en creux comme en plein...
Whaou.
Merci. Encore !!!!!!
Bluebird | | | À: Cepavrai · 1 décembre 2005 à 11:17 Re: Les bus... Message 25 de 50 · Page 2 de 3 · 1 694 affichages · Partager Ah ! Mais je préfère 1000 fois le bus parisien, on s'y amuse plus finalement...Ou alors je monte dans le bus de Loopkin ! Il y a une telle tristesse dans ton bus à toi, une telle lassitude, une espèce de désespérance.........
Qui parlait ailleurs de l'agréable vie provinciale  ?
Dolma | | | À: Dolma · 1 décembre 2005 à 12:41 Re: Les bus... Message 26 de 50 · Page 2 de 3 · 1 681 affichages · Partager Non, non, je racontais une histoire de bus d'avant-aube, ils sont tous pareils, à Paris en province et même ailleurs. Je te dis maintenant un autre bus. Début d'après-midi, l'air est vif, le ciel à peine voilé, je monte. Le bus ralentit et freine souvent. Par la fenêtre, on voit la rue moutonnante de passants affairés, des mamans poussent des poussettes pleines d'enfants emmitouflés et vont vers le square aux arbres déplumés, un adolescent slalome entre les voitures qui klaxonent. Dans le bus un groupe de jeunes aux sacs à dos plein de cours entassés, rient et chahutent. Deux jeunes femmes pouffent et chuchotent leurs secrets d'alcôves. Deux autres, en retete, profitent de leur journée de liberté et clament fort les mérites comparés de leur crème de beauté. Un père montre du doigt à son fils tout en fossette le manège sur l'esplanade au loin dont il lui promet un tour après la visite chez le médecin. Une vieille dame dodeline de la tête, son dentier sortant un peu de la machoire, elle a oublié sa sieste et peut-être se rend t-elle chez son ami. Montent deux amies qui piaffent d'excitation encombrées deu leur achats dans des sacs crissants. une dame serre contre son flanc son sac à main en imitation cuir. Un homme encostaré, maintient contre son ventre sa malette. Un homme d'affaires sans aucun doute, il n'a pas l'air d'un habitué et se demande pourquoi sa voiture et en panne, le voilà ainsi obligé de frayer avec la valetaille. Une petite fille tire les cheveux de sa soeur et la mère gronde mollement. Un vieillard monte, hilare, l'haleine chargée d'alccol à deux sous, chacun se pousse pour éviter ce fumet désastreux. Des miettes de pain au chocolat s'éparpillent sur la manche d'une jolie adolescente qui ne le voit pas tout à son texto qu'elle envoie à son amoureux de son petit mobile dernière génération. Du bus monte un bourdonnement de voix assourdies et de rires réprimés. Un tout jeune homme tient fermement la barre de sa main aux ongles rongés, il cache son anxiété par son air rêveur et remonte ferment son pantalon qui menace de glisser sur ses hanches maigres. C'est un temps de liberté, les gens préparent les fêtes de fin d'année, le bus transporte une promesse de félicité à laquelle chacun rêve. C'est mon arrêt. Schufff, la porte s'ouvre et la rue jaillit dans son concert de bruits disparatres. Je descends. | | | À: Cepavrai · 1 décembre 2005 à 12:53 Re: Les bus... Message 27 de 50 · Page 2 de 3 · 1 679 affichages · Partager Ce n'est plus la même ambiance mais il reste cependant un fond de désespérance non ? Tu crois que c'est partout ainsi ?
Mais peut-être n'avons-nous pas tout à fait la même vision du monde qui nous entoure  ?
En tous cas ces textes sont magnifiquement écrits et sont un régal de lecture !!
Dolma | | | À: Dolma · 1 décembre 2005 à 13:15 Re: Les bus... Message 28 de 50 · Page 2 de 3 · 1 674 affichages · Partager Je suis. | | | À: Dolma · 1 décembre 2005 à 13:23 Re: Les bus... Message 29 de 50 · Page 2 de 3 · 1 672 affichages · Partager il reste cependant un fond de désespérance non ?
Pas d'accord, chère Dolma. C'est la vie, c'est tout, avec son lot de petits bonheurs et de désespérances, tous ces petits instants persos qui sont si beaux à imaginer ou à deviner, ici ou ailleurs. Je crois que les gens décris là, nous les avons tous déjà vus. Moi en tous cas, je les vois, là, maintenant. Ne me dis pas que quand tu joues à deviner qui sont les gens, à quoi ils pensent, dans les transports en commun, tout le monde nage dans le bonheur (ou alors envoie moi 1kg de ta récolte perso, je te file mon adresse en MP  ). | | | À: Cupda · 1 décembre 2005 à 14:16 Re: Les bus... Message 30 de 50 · Page 2 de 3 · 1 663 affichages · Partager Certes, ces petits instants de vie nous les reconnaissons et il est vrai que je ne rencontre pas que des gens qui nagent dans le bonheur, mais c'est peut-être tout simplement que le texte me rend mélancolique et que je ressens plus de désespérance que de gaité... 
Quant à ma récolte perso : ne dit-on pas "On récolte ce que l'on sème" ? (ou quelque chose comme ça) 
Dolma | | | À: Dolma · 1 décembre 2005 à 14:18 Re: Les bus... Message 31 de 50 · Page 2 de 3 · 1 650 affichages · Partager +1 | | | À: Cupda · 1 décembre 2005 à 14:46 Re: Les bus... Message 32 de 50 · Page 2 de 3 · 1 642 affichages · Partager Alors nous sommes d'accord ?
Dolma | | | À: Dolma · 1 décembre 2005 à 14:51 Re: Les bus... Message 33 de 50 · Page 2 de 3 · 1 639 affichages · Partager | | | À: Loopkin · 1 décembre 2005 à 16:33 Re: Les bus... Message 34 de 50 · Page 2 de 3 · 1 629 affichages · Partager Une petite histoire de bus, rapide, au passage...
Le bus nous emmène le long des baies du lac Titicaca: le bleu clair du ciel; la terre rouge, sombre; les herbes hautes vert-jaune, un peu brûlées par le soleil; le bleu profond du lac, magique; le soleil, fort. Un dernier regard sur ce lac sublime et la piste poussiéreuse nous ramène vers Huancane, point de départ de notre incursion dans cette région irréelle. Entrée en ville. La route retrouve son goudron délaissé là, l'animation des rues est à son comble, bruits, agitation, bavardages, femmes sur la pas de leur petites boutiques, étals des rues, passants, combis, bus... D'ailleurs, un combis stoppe net au carrefour pour laisser passer notre bus. Tout juste le temps de l'apercevoir. Un combi péruvien comme tous les autres, petite estafette supposée blanche sous la poussière ambiante, contenant à grand peine tous ses passagers bien nombreux et leurs bagages. Bagages entassés jusque sur le toit... non, pas cette fois. Sur le toit c'est un enchevêtrement de pattes, de laine, de têtes, ça bêle, ça a l'air effaré, une patte qui déborde sur le pare-brise comme un gros essui-glace, des yeux globuleux ahuris... Cette fois sur le toit, c'est le troupeau de moutons entier et bien ficelé qui part en balade! Le carrefour est déjà derrière, l'appareil photo est resté au fond du sac (dommage, vraiment dommage), on se regarde: fou-rire jusqu'à Juliaca | | | À: Dolma · 1 décembre 2005 à 17:45 Re: Les bus... Message 35 de 50 · Page 2 de 3 · 1 612 affichages · Partager Il n'y a pas de gaîté dans un bus, il y a des gens pressés ou compressés, des gens occupés ou préoccupés, des gens qui ne font que passés ou sont compassés, des gens qui mettent leur rire et leur gaïté entre parenthèse, le temps de leur trajet. Dans nos pays, ne n'est pas un espace de vie, c'est un espace d'attente ou chacun patiente attendant son arrêt. | | | À: Cepavrai · 1 décembre 2005 à 17:59 Re: Les bus... Message 36 de 50 · Page 2 de 3 · 1 606 affichages · Partager Ah, non, tu es trop triste Cepavrai !
Je pars tout de suite prendre le métro, puis le bus et demain je suis certaine que j'aurai bien un petit truc sympa à te raconter !
A demain alors ?
Dolma  | | | À: Dolma · 1 décembre 2005 à 18:01 Re: Les bus... Message 37 de 50 · Page 2 de 3 · 1 605 affichages · Partager | | | À: Cepavrai · 1 décembre 2005 à 18:05 Re: Les bus... Message 38 de 50 · Page 2 de 3 · 1 603 affichages · Partager Tu verras  !
Je dis demain parce que le soir pas d'ordi, seulement mes livres...
Dolma | | | À: Dolma · 1 décembre 2005 à 20:51 Re: Les bus... Message 39 de 50 · Page 2 de 3 · 1 588 affichages · Partager Il n'y a pas que les bus lointains. Je suis sorti récemment du coin reculé où j'aime vivre pour me rendre dans une ville voisine. En trajet direct, 30 km. Mais ce bus, passant par les villages a mis une bonne heure. Venant d'arrivé dans cette région, je n'en connais presque rien, et ce court déplacement est devenu un voyage exotique! Le chauffeur, saluait chacun des 4 passagers d'un jeux de mot douteux. Tout le trajet, il le passa à discuter avec le passager avant, jeune homme squeletique, déjà diminué par l'alcool. Ils parlaient avec un accent qui rendait presque incompréhensible la conversation. Je n'avais d'ailleurs pas compris la question du pilote, à ma montée dans le car: " Gôre ou l'plôsse".... je pensais à un autre jeu d'esprit, le fît répeter. Après trois essais, enfin, ces mots devinrent compréhensible "Gare ou la place?". Les deux destinations possibles. Il voulait simplement savoir où s"arrêter! Après dix minutes de détours pour sortir de ma ville, nous avions presque découvert toute la voirie municipale. Mais aucun nouveau candidat au voyage. Enfin, les dernières maisons passées, un autre monde. A vélo, je n'étais jamais passé par là, grande erreur. L'immensité, la steppe. Tout autour de moi, des champs noirs, verts parfois blancs cassé. Jamais je n'avais eu conscience qu'un tel espace existait ici, en France. Le bus, seul, et tout autour, à perte de vue, un damier gigantesque de cultures à venir. En fond sonore, une radio nationale passant chaque jour les mêmes tubes vieux ou plus récent. Toujours dégoulinants d'amour niais et impossible. Entre les "vendanges de l'amour", "Capri" et "Céline", le chauffeur salue les quelques agriculteurs sur leurs tracteurs. Il connait leurs noms, sans doute même leurs histoires. Tout à coup, un évennement: la barrière du passage à niveau coupe la route et le train passe. Ce train qui fait le même trajet quatre fois plus vite. Une grande joie m'envahie. Je me sens réellement en voyage...à 20 km de chez moi! Je découvre des choses, imagine ces espaces avant les grandes monocultures, les bocages, les villages avant la guerre, avant qu'ils ne soient rasés. Je ne me force même pas à m'émerveiller de tout cela. Durant tout le trajet, je n'ouvre pas mon livre, pourtant passionnant. Je reste le nez collé à la vitre avec un sourire un peu bête. Tout le monde descend à l'arrêt de la Place. Je rest seul avec le chauffeur jusqu'à la gare. Nous discutons. Il me pose les même question que celles qui harcèlent parfois, les voyageurs: d'où je viens, ce que je fais, si j'aime le région.... | | | À: Opai · 2 décembre 2005 à 8:00 Re: Les bus... Message 40 de 50 · Page 2 de 3 · 1 577 affichages · Partager Opai, tu confirmes qu'il n'est pas nécessaire d'aller au bout du monde pour être dépaysé... Les steppes françaises (si près de Paris) c'est quand même quelque chose  ...
Je suis écroulée de rire rien que de t'imaginer lors de ce trajet si "exotique" !!!
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