Après un périple de 2mois et demi nous voici de retour en
France.
Partis mi_avril en 4X4 direction la
Turquie avec ferme intention de passer en Syrie
dès que nous le pourions (nous avions un visa 6 mois établi de
France).
Tous les jours à l'écoute de RFI....
Lundi 2 mai, la décision est prise on passe la frontière ce matin.Il faut à tout prix
éviter d'être en Syrie le vendredi.
Nous étions les seuls européens!Personne!
Passage sans problème au poste de Kasab;près du village turc deYayladagi, où se
trouve à l'heure actuelle un des camps de réfugiers.
Petite route pour Lattakié, ville trés bruyante, circulation énorme, militaire et policiers
omniprésents mais beaucoup de monde aux terrasses de café, un calme apparent règne.La population vient au devant de nous "Welcome, Welcome", avez vous peur?
Pendant les quatre jours suivants on fera notre programme prévu (le crack des chevaliers, Hama, la vallée del'Oronte...)
Nous avons toujours privilégie les petites routes, plus propices aux rencontres
avec la population (même si nous ne parlons pas syrien, le langage par gestes
marche toujours) et ce sans problème, malgré notre équipement 4X4 nous ne passions
pas inaperçu.
On nous offre souvent le pain "Welcome, Welcome".
Nous avons bivouaqué à chaque fois; même dans ce champ (entre Hama et Homs)
où tous les notables du village ameutés par un paysan sont venus vérifier "qui nous
étions".En ce moment le peuple syrien a peur, peur de tout le monde, de l'espion, du
voisin milicien, alors nous, étranger que faisons au beau milieu d'un champ avec les
cigognes?
Le lendemain beaucoup de mouvements de militaires; dans les camps proches de la
route les chars sonts alignés! Nous apprendrons le soir même qu'ils sonts intervenus
à Homs que nous avions contourné tôt le matin.
Nous avons aussi contourné Damas (que nous voulions visiter au retour), bain de
circulation, barrages militaires (toujours très aimable avec nous), déviations....
Arrivés sans encombre l'après midi à Bosra un jeun syrien francophone nous fera
visiter sa vieille ville, fera ouvrir pour nous la mosquée ainsi que la théâtre antique
fermés pour cause de troubles!
En effet en fin d'apès midi, à l'abri dans le jardin clos d'un café, nous assisterons à
une manifestation...sur la place même du théâtre où nous dormirons cette nuit
sous un réverbère.
Ce soir là, nous avons vu de très nombreux syriens venus s'enquérir auprès d'un
responsable local s'ils étaient ou non sur les fameuses listes de personnes que les miliciens de Bachar devaient arrêter.
Dans ce climat un peu stressant je l'avoue, à l'aube nous avons quitté la Syrie.
Ce jeudi 5 mai, sur la route menant en
Jordanie au poste de Jabir, l'accés à Der'A
bloqué par un mur de pierre, restes de chicanes, traces de pneus calcinés, ferrailles,
pierres, plus une station service en carburants en état de marche;mais fait curieux
pas un militaire, pas un policier le grand désert avant la frontière.
Le 23 mai nous avons repasser la frontière syrienne toujours à Jabir.
Douaniers, policiers, milice en civil sont sur les dents :
les voitures sont vidées, fouillées et gare auGPS que nous avions pourtant passés
sans aucun problème à l'aller (il faudra retourner en
Jordanie pour les poster en
France et revenir le lendemain avec le justificatif de l'envoi).
On nous offrira quand même un café, cadeau du douanier chef et bien sûr "Welcome".
Vu le contexte de tension nous éviterons à nouveau Damas contour par le SE direction
Palmyre.
Petite route de campagne qui contourne la ville au Sud de l'aéroport....
Contrôles militaires à tous les carrefours (au moins 20 fois avant de retrouver la
grande route) mais toujours aucun problème.
Dans le sud de Damas il y a des sites (...)bien protégés par des lances roquettes.
(aux derniéres infos le Hezbollah y entrepose des stocks d'armes)
Ce n'était peut-être pas le bon choix que de passer par là.
Palmyre le soir même, les syriens nous applaudissent, nous sommes les seuls
européens sur le site, tous les deux, dans ce site immense et grandiose.
Hôtels, restos tout est fermé, le camping à côté du temple de Bel nous accueille à
bras ouvert.
Cela fait très mal de voir ce désert, eux qui ne vivent que du tourisme!
La vallée de l'Euphrate, Alep...nous finirons la semaine enSyrie ;demain vendredi il
faut absolument sortir du pays d'autant plus que l'ONU annonce des représailles
et que l'on parle de confiscation des biens de Bachar à l'étranger!....
Depuis que nous sommes sortis la situation là-bas a encore beaucoup évoluée et
pas en bien!!!
En ce qui nous concerne, nous ne regrettons absolument pas notre voyage, partout
nous avons rencontré de la sympathie, de la gentillesse, jamais la moindre animosité
envers nous, jamais ressenti le moindre danger.
Espérons qu'ils vont s'en sortir...le plus rapidement.