Mars - Avril 2008
17 jours et 3200 km dont 1300 sur les pistes du
Maroc, en XT Yamaha largement "vintage".
Gégé en XT 500 de 1982, 12000 km, mécanique d'origine, et Fifi en XTZ Ténéré de 1987, largement rénovée.
Première expérience pour Fifi, qui a choisi une moto avec kick ET démarreur. et ne l'a pas regretté !
Quel parcours, que de pistes dures, caillasse, chemins de montagne en pierres, sable, (hou, là, là...), mâchefer
Gégé sur sa XT 500 en pèlerinage sur des pistes déjà parcourues maintes fois et Fifi découvrant totalement le gros trail et la piste.
Tout en une fois ! Que dire de ce voyage pour moi exceptionnel. Une mise en jambe, sur une petite route serpentant dans les sapins au sud d'Ifrane, Mischliffen, Aïn Leu, devient une piste agréable où je m'essaie au pilotage debout...Plein sud. Et doucement ça se durcit, le chemin de campagne devient ornières et je commence a serrer les dents et autre chose... J'apprends à me tenir, à maîtriser le guidon et ne pas subir. Les villages défilent, les paysages aussi, pas toujours admirés hélas, il faut regarder devant...Quelques raccords de bitume et nous dormirons a Boumia, petite ville poussiéreuse, route centrale défoncée et encombrée en cette fin de journée. Un seul hôtel, une chambre a 35 Dh (3 €) pour 2...Gégé me laisse entendre que nous dormirons tête bêche !!.
Merde alors, renifler ses pieds toute la nuit, non merci, et quand on connaît ses pieds, on se casse vite fait !
Finalement c'était une vanne, un test ! Tant mieux, ça m'aurait gâché ma nuit, j'aurai dormi par terre...
Les motos hissées dans le couloir. Vite une tajine et au lit, rien a foutre dans ces villes...
Des villes d'hommes en burnous, scotchés 12 h. devant un thé et la télé du resto-bar...
Réveil tôt, rue déserte, moteur. Il faut d'abord se hisser sur la moto, déjà un peu haute avec les bagages, bien lever la jambe et décrire un bel arc de cercle. Pas gagné, car en ce matin frais et humide, j'ai enfilé le caleçon long Thermolactyl, et le jean doublé d'un pantalon de pluie. Pour le haut pareil : t-shirt manches longues, chemise, polaire, foulard et veste de moto, gants d'hiver. Les mouvements sont quelque peu contraints. Bibendum n'est pas mon copain ! Une fois sur les cale-pieds, qu'elle démarre au deuxième coup de kick ! J'ai appris, ça tourne ! Car déjà la température monte dans l'emballage... Vite il faut rouler.
Là, ça se
corse, après 35km de bitume en montagne. Tounfite, la piste puis premiers passages de gués, où contrairement aux belles images de gerbes d'eau et de franchissements rapides, nous nous arrêtons pour observer la profondeur, le courant ou la grosse pierre sous l'eau qui nous fera chuter. En première, avec ce gros couple, sur le ralenti je m'engage très attentif, le coeur bat à fond, retiens mon souffle, n'ayant pas vu Gégé passer. Gagné ! Super, c'est vraiment sympa. Nous passerons une bonne quinzaine de gués sur cette rivière en montagne, toujours en prudence. Une seule fois, ça dérape à la sortie, trop de gaz et la 600 grimpe trop vite...Vlan, par terre, pas grave, il y en aura d'autres ! Nous croisons des groupes de motards super équipés, quads, motos d'enduro, 4x4 d'assistance qui nous regardent passer, étonnés, dans notre accoutrement, et ne comprennent pas ! Jeans et simple grosses chaussures pour nous ! Déjeuner à Imilchil, encore de la piste à Agoudal. Une piste dans les ornières boueuses de l'hiver durcies au soleil. De charmants villages en terre, très beau spectacle. Soudain du bitume, une grande route large pour rejoindre Tamettatouche. Quelques boulons de perdus, ceux que j'ai serrés sur le porte-bagages.
Au réveil, les motos sous 15 cm de neige ! La route dégagée pour rejoindre les gorges du Todra sous la pluie. Une route neuve mais déjà bien abîmée, des morceaux sont partie avec les pluies...Et dodo. Nous décidons de rejoindre Erfoud, pour plus de chaleur et quittons Tineghir après la pluie. Erfoud-Merzouga, plus de tôle ondulée, du bitume... accès aux camping-cars direct sous la dune. On peut quand même emprunter les pistes parallèles pour s'essayer au sable. C'est pas franchement mon truc, après le mâchefer, ça devient très mou, d'autant qu'il a fortement plu la veille. Je maîtrise très mal ce sol qui se dérobe. Pas envie de tomber dans cette mélasse marronnasse, avec cette moto chargée. Et ça finit par me torturer les boyaux. Vite, une urgence, pas moyen de se cacher sur ce terrain plat, juste à l'ombre de la moto, c'est cocasse, j'éclate de rire... J'ai le temps de réfléchir à la chose suivante. Nous avions préparé un voyage plus long, plus lointain, avorté pour cause de conflit en Afrique Noire. Volontairement acheté d'anciennes motos qui ont fait leurs preuves, avec kick au cas où... remises en état, bien préparées, de bons pneus, un bon moteur, et me voila doublé sur ces pistes délicates par des hommes en burnous, sur l'indestructible Mobylette bleue Motobécane, qui roulent tranquilles, une jambe croisée sur l'autre, avec un grand sourire "La besse !" C'est pas dans ces moments là qu'on peut frimer avec cette moto qui a souvent grimpé les trottoirs parisiens pour épater les filles il y a 25 ans !
Mon copain Gégé est déjà loin sur sa XT. On a l'impression qu'on lui a greffé cette mobylette quand il était petit. Je ne l'ai jamais vu debout sur les cale-pieds ! Heureusement, il y a le 1/4 d'heure de sieste. Je peux le rattraper et me remettre de mes tremblantes émotions. Pas fini tout ça. J'en bave. Nous dormirons aux pieds des dunes dans l'un des nombreux hôtels aux formes de Ksar. Merzouga, le temple de l'entraînement pour tout ce qui roule à moteur, pétarade.
Des quads, des motos, des 4x4, toutes les marques, tous les styles, tous les échappements. La piste, le sable, les dunes. Pépère et mémère grimpent joyeusement avec le bel engin rutilant sur la grosse dune et se retrouvent bien plantés, le véhicule posé sur le sable. Ça fait de jolies photos, les roues qui patinent, l'arrière plan de sable, mais ça ne fait pas tout, le 4x4, ça frime sur les petites routes, en ville mais ici c'est une autre histoire ! J'imagine qu'a bord, ça doit être une autre chanson entre mari et femme, copain-copine ! Qui s'y colle ? Qui prend la pelle ? Nous n'avons fait que quelques photos juste en bas, pas de risque, non, non ! Nous quittons ce site magique après un réparation de mes supports de valises qui me coûtera un max. en ce dimanche matin. Très grosse discussion avec le serrurier qui exagère franchement sur le prix, prétextant le travail de nuit (???), que les touristes sont rares et doit gagner sa vie à la moindre occasion. C'était la Semaine Sainte espagnole, et il a bien dû en profiter. Les vilains mots sont lâchés. Ce sera la seule fois.
La route pour rejoindre Alnif, une tajine et le soir Nekob, une ville au premier abord sans charme, mais, l'hébergement chez l'habitant, coté palmeraie révèle un très joli panorama.
8h. moteur, la piste plein nord en direction de Taggilt et Boulmene Dades. Un piste de caillasse, vers la montagne, bien défoncée, où les véhicules locaux chargés de 20 personnes et bagages roulent à 5/10km/h. Pas de moto solitaire sur ces pistes, que nous. Quelques arrêts "thé à la menthe" dans d'improbables "cafés restaurants". C'est écrit dessus. Toujours bien accueillis, les enfants radieux, photos de ce spectacle lunaire, pierres noircies comme par un coup de lance flamme. Le col à 2200 m. et descente, un peu plus rapide vers Boulemene Dades. Très belle piste, parcourue debout sur les cale-pieds. Nous continuons après Boulemen par les gorges du Dades, je trouve plus spectaculaires que le Toddra. Un conseil personnel : essayer de remonter les gorges, Dades ou Todra, Tizi-n-Test, toujours du sud vers le nord, le soleil dans le dos, la lumière y est bien plus belle, pas de contre-jour. Spectacle en CinémaScope, pilotage agréable sur cette belle route vertigineuse, coeur sensible attention en fin de parcours !
Après Msemrir, une piste sur la droite rejoint l'autre versant et les gorges du Todra. Une piste pour moi inutile, cassante, dure, un lit de rivière à sec, que du gros galets, des glissades à répétition, l'enfer après les plaisirs du matin. Je m'égare, perd mon copain, hurle dans dans le vide, redresse plusieurs fois la moto, les valises bien écrabouillées. Et toujours ces enfants qui sortent de nul part, dès que l'on s'arrête. Quel calvaire, qu'est ce que je fout là ! Mais il faut continuer, monter, monter pour ensuite redescendre sur l'autre versant. Gégé m'attend au "resto-bar d'altitude" où le type m'a vu glisser tout en haut ! Un biscuit, un thé, et on repart, "C'est pas loin la route à 6km..." mais 6 km de plaques de pierre bien glissantes, de route incertaine qui se dédouble, part plein nord ensuite vers le sud, ou à remonter dans la montagne, laquelle prendre ? Plein sud, c'est là que l'on va. La pierre devient terre battue et subitement nous débouchons sur le bitume de Tamattatouche-Tineghir ! Qui pourrait imaginer, en voyant ce petit chemin qui part vers la montagne qu'après seulement 3 km, c'est l'enfer total ! Nous n'avons croisé qu'un superbe 4x4 espagnol sur ces 45 km de piste terrible, et il n'est pas sûr qu'il soit passé. Il était environ 16/17 h....
Nous dormirons à Tinerghir, bien contents malgré tout de ce parcours....240 km dans la journée dont 140 km de piste en montagne, pas mal !
Un gros dodo, car demain c'est la journée mythique : le Bou Gafer, le parcours que GéGé "offre" à tous ses coéquipiers.
Copieux petit déj a 7h30, le plein d'essence et la piste à la sortie de Tineghir. Comme chaque départ de piste, il faut trouver la bonne, pas celle qui vous envoi chez des particuliers ou celle qui part dans la bonne direction, et prend un 90° subitement, non, simplement la bonne. Pour cela, demander et redemander, sans cesse. "Bonjour, ça va ! Pour aller à Iknioul ? " "Par là,..." d'un vague geste très mou, pas vraiment précis, qui peut indiquer n'importe quoi ! "Merci..." "Donne moi un stylo..."
C'est la phrase, souvent entendu avec "Donne moi un Dirham, " qui gâche tout. Souvent nous discutons avec les adultes, les enfants toujours charmants, agréables, et en finale, ces 4 mots...
J'avais trouvé une parade pour le stylo en le promettant au premier qui m'écrirait
MAROC avec... je ne l'ai jamais donné !
Très franchement ça finit toujours avec le sourire, et un grand "au revoir" Il faut accepter ce très léger désagrément qui est bien le seul, dans ces coins démunis.
De hauts plateaux sablonneux, bonne piste, ça roule, joli décor, arrêt à Ikniouln. Un thé, un coup de fil en
France, un tour au souk un peu maigre et 2 petites cuillères pour plus tard ! Le portable fonctionne n'importe où ! Moteur, direction le Bou Gafer... attention !
On demande la route dans une école de campagne, repérée par l'enceinte et le drapeau. Le prof veut nous retenir, il a vraiment l'air de s'ennuyer dans ce vide. Un thé, non merci, on roule. Ça grimpe, agréable sur cette piste déserte et facile, pour l'instant. Midi, l'heure des sardines ! 1 boite chacun à la petite cuillère. Photos, on repart.
Quelques maisons, la piste s'arrête là. Je vais pour me renseigner et curieusement, depuis ce midi, contrairement aux autres jours, à notre approche, tous partent en courant et se cachent. Pourquoi ? On ne saura pas.
Gégé opte pour la droite, une sorte d'éboulis de gros galets, gros c'est gros. et il monte. Je me rappelle soudain la piste de la veille ! "T'es sûr que c'est la bonne..."Ho, peut être oui, on avance on verra" Mais ça redémarre comme hier" Non, après je crois c'est mieux...
Je commence la montée, terrible, et 50m plus loin, m'arrête, interloqué.
Pose la moto comme je peux dans ces galets ou j'ai souvent les pieds dans le vide et la béquille aussi !
Je redescend a pieds vers les maisons d'où m'observent femmes et enfants, les maris au souk, dans la vallée.
Doucement elle m'approchent, me confirme la piste, me propose le thé, le repas et dormir !
Gégé a monté ma moto d'une trentaine de mètres et m'attend.
Moteur, je reprend la très dure ascension, qu'il a déjà fait 4 fois avec des partenaires différents. Sa XT 500 bien plus basse se contrôle mieux
que ma machine trop haute pour mes petites jambes.
500 m plus loin, le haut de la première bosse, et le sol redevient pilotable... mais ça ne dure pas, dans la descente, un type sur son âne m'explique que c'est toute la piste comme cela.
Longue réflexion solitaire, silence, la tête dans les mains, Puis j'explique que je n'ai aucune gêne ni manque de fierté à faire demi tour.
Il insiste un peu, mais pas trop, demi tour. C'en est fini du Bou Gafer, Bou d'enfer, Bou a pas faire,
Je sens que mon copain Gégé est bien déçu mais ne le dira jamais. C'est son dernier voyage a moto au
Maroc, parcouru depuis 30 ans dans tous les sens toujours en XT 500, quelques fois aussi en voiture, sur route, une fois en 750 four Honda !
Il m'avouera plus tard qu'il connaît parfaitement les difficultés de cette piste, mais ne voulait rien dire pour ne pas m'effrayer.
Les autres avant moi en avait au moins autant bavé, passés quand même.
Je trouve soudain la descente très agréable, me régale au pilotage tout en étant prudent, les coups de frein dans la poussière, la roue qui dérape et le vide n'est jamais loin. Je ferai presque toute la route devant, profitant de ce 600 cc souple et agréable. Nous croisons un couple de jeunes cyclistes européens en VTT... Mais comment font-ils ? Où seront ils arrivés ce soir, il n'y a rien a moins de 35 km. A les regarder, j'en perd Gégé, parti loin devant et je ne le revoie plus dans cette descente où l'on observe de très loin le moindre petit nuage de poussière. Où est-il ?
je m'inquiète, arrêt, retour, crois le voir au loin, non, c'est un simple rocher, repars. Je demande a chaque fois que je peux, "Une moto, comme moi ?""Oui, oui, loin, là bas...
Finalement, au bout d'une grosse demi heure de chasse, Gégé m'attend, tranquille, cigare à la lèvre. "Je te voyais loin derrière moi, j'avais envie de rouler un peu plus vite...
Je râle, mais pas plus, comprenant que mon demi-tour l'a déçu.
La piste est encore longue pour Tineghir où nous prendrons de l'essence puis une piste devenue bitume pour Alnif, déserte.
Bon repas, une bonne nuit et demain la piste pour Zagora.
Après la station service, à gauche, la piste...
Une piste, ça démarre comme cela, en ville entre deux maisons, comme si l'on rentrait chez soi... Ou bien une vague trace au sol, quelques cailloux, puifft, tout se dissipe...et on roule.
Très vite, des traces dans tous les sens, on demande : "El Fecht"... s'égare encore, demi tour.
Mal partis, nous arrivons dans une ville protégée si l'on peut dire, par un environnement de sable, du bien mou, du mauvais qui fait pester et tomber le débutant que je suis. Passer vite dans le sable, faut voir !
Gégé, en panne d'allumage, tiré à la corde pour démarrer la XT. La bougie, les gosses qui veulent aider, moi bloqué. Ça repart, encore du sable, il faut absolument contourner ce village, loin de notre route, belle erreur. Gégé doit négocier 5 Dh pour la poussette ! Fou de rage...
Prostré sous un palmier, la tête dans les mains, je ne dis mot, les gosses veulent m'aider ! Nous quittons enfin El Hazbane pour El Fech, la vrai direction. Des gros travaux sur la piste, El Fecht a 6km, une autre fois à 20km, qui croire... El Fecht, quelques maisons dispersées et rien d'autre que de la poussière, pas de quoi boire ou manger. Oum Jrane pas plus grande, mais on ose, on mange chez l'habitant, un grand bol d'eau du puits, et des sardines en boite accompagnée d'une assiette d'huile d'olive, pour le pain. Tissemoumine et un camping-hotel-restaurant. Une vraie pose, un Coca (désolé...)bien frais une bouteille d'eau et la sieste pour Gégé. Grande discussion avec notre hôte. Hier des Allemands sur de grosses BMW, celles qui me faisaient rêver, avant. Sont arrivés exténués avec leurs lourdes machines sur-équipées. J'en veux plus... trop grosses, trop lourdes, pas bon sur les petites pistes. Le passage de La Légende des Héros d'Auriol, les Gazelles aussi. Finalement, ce coin désert est très fréquenté, alors que l'on se croit seuls...
Peut être encore 80km de piste pour Zagora, ça roule tout seul. Des dromadaires par centaines, incroyable, stop, vite des photos..."Alors le Nantais, on se balade, "
Un garde-boue jaune sur ma droite puis 2, 3, 5, 7, "Salut ça va ? "T'es seul, "Non, mon copain est là bas, dans les dromadaires...vous venez d'où..; "De
Nantes et banlieue, on a loué les motos à
Marrakech, on s'occupe de rien, on pilote c'est tout, le soir ils les révisent.
les 4x4 sont loin derrière, crevaison, ils réparent, on attend.
Ils s'étonnent de ma 600 trop haute, j'entend tout sur elle."T'as essayé le Pee Wee" ironise l'un d'eux !
De tous âges, il ont de vraies motos d'enduro, pilotent en
France.
On explique notre voyage, notre équipement, notre allure, pour ne pas passer pour des branques !
Gégé étale son palmarès, ça calme...
Buvette en pleine piste, un handicapé, vendeur de vraies fausses pierres et de trilobite bien moulés nous sort 2 boissons bien fraîches.
Loin derrière, plusieurs 4x4 brillent dans le soleil. Vite on repart pour ne pas les subir sur la piste.
On ne reverra pas le groupe de Nantais...malgré leurs belles machines.
Zagora, la piste se termine par une large route en goudron...
Le bel hôtel de Zagora, à la sortie sud, l'hotel Khasba, celui où je n'avais pas eu de place 15 ans avant avec les enfants, à Noël.
Gégé négocie un super prix dans ce petit palais des mille et une nuits. Un prix canon, l'hotel est vide, basse saison.
Des tapis, des fontaines, des oiseaux, des tentes pour le dîner, extraordinaire.
Une vraie douche chaude, rasés, coiffés, les effets de 10 jours à la laverie pour demain.
Apres deux bières-apéro et partie de rami au bord de la piscine, un très bon repas sous la tente,
très bon vin local siglé
Meknes, offert par Gégé, l'euphorie arrive...
Au matin, quelques courses, la première vraie révision depuis le départ, en fait, juste un graissage du bras arrière,
et simple nettoyage du filtre a air ! Ce sera tout pour le séjour au
Maroc pour moi !
J'allais oublié : j'ai fait décabosser mes 2 valises de marin, en métal donc, chèrement achetées sur internet.
Ne jamais prendre de valise métal pour ce genre de voyage, ça s'écrabouille à la moindre glissade...ça fait vite désordre.
Et ma femme voulait les peindre avant de partir !
Zagora a bien changé, plus de panneau "Tombouctou-55 jours de marche", mais un "très joli" grand rond point
à la place. Des hôtels trop modernes, et du bitume. Bien pour eux pas pour nous ! On récupère le linge propre, souvenirs en vrai argent et tranquillement, on se dirige vers M'Hamid, sieste sur le bas coté, après Tagounite.
M'hamid, le temps passe devant un thé, terrasse surchauffée, discussion avec une européenne, couleur locale, venue se perdre dans le coin.
Une nuit dans un vrai-faux village de tentes ! Des étoiles par milliards !
6H. petit dej, nous devons trouver la piste pour Foum Zguid.
J'appréhende énormément, il faut passer quelques km de dunes. Facile parait il ! Ça me rend silencieux, une prouesse pour moi ! Et inquiet. Indications toujours aussi vagues, "Tu tournes juste derrière les dunes à la sortie du village, il y a des traces...
En une heure, 12 km d'aller-retour à ne pas trouver le passage, des ensablements énervants, la roue arrière jusqu'à l'essieu, les valises posées sur le sable...nous ne trouvons que nos traces... évidemment quelques chutes au ralenti.
On renonce et reprenons la route pour Tagounite et la piste de Foum Zguid.
Essence et la piste démarre juste là, a côté de l'école, ça roule.
Dans l'euphorie de la bonne piste, à bonne allure, je suis des traces fraîches. Mais elles partent dans la montagne, au loin. Quelques dizaines de km en trop. Un gamin nous indiquera le demi tour pour repasser derrière la montagne que nous devrons suivre toute la journée.
Ça roule plutôt bien sur cette piste assez défoncée, creux subits où un véhicule ne passerai pas sans dommage, caillasse et sable. Mais prudence, ne jamais se surestimer, toujours tout surveiller. Un thé pris sous l'arbre avec deux vieux en halte avec leurs ânes, pour connaître la bonne route. Cadeau, notre dernière boite de sardines. Ils indiquent la bonne route pour Zaouia-Sidi-Abd-En-Nebi
On vise l'Oasis Sacrée, sans trop savoir où la trouver...
Ça roule bien, mais soudain, une plaque de sable plus large. Je passe et attend Gégé pour le prévenir. Vlan, une très mauvaise chute, la tête dans le sable, guidon tordu, la poignée de frein cassée, sélecteur bloqué.
Le visage râpé par le sable, quelques traces de sang plus spectaculaires que grave mais quand même.
Et surtout le pouce très douloureux, cassé peut être.
Vexé, râlant fort, Gégé tente de repartir de suite, mais nous avons tout le temps qu'il faut.
La moto ne veut rien savoir des coups de kick, le levier vitesses fonctionne mal, Gégé s'énerve un peu, on sort la corde.
Remorque, on accroche pour le démarrage. Je ne tiens déjà pas très bien en équilibre à l'arrêt sur la 600 trop haute, mais a tirer pour démarrer sur la piste, ça sens mauvais ! Mais déjà fait et dans le sable !
Sauf que la Gégé n'est plus dans son assiette, n'arrive pas a lâcher la corde, nouvelle chute, puis une autre et encore un essai.
Attente, et coups de kick avec la peur du retour. Dans une fumée noire de Diesel, la moto trop couchée démarrera pourtant...
Vite on roule. Dans ces moments ma 600 démarre d'un très léger coup de kick, allez comprendre. Sinon, c'est le petit bouton magique, à droite !
Le route sera longue jusqu'à Foum Zguid. Gégé tordu sur sa moto avec le guidon en vrac genre choper, fera la route à 30km/h.maxi. L'Oasis arrive, quelques palmiers, et la fameuse source décrite comme un jet d'eau, n'est en fait qu'un mince ruisseau avec des alvins et de la mousse.
Une omelette sous la tente servie par une Italo-
Suisse en attente d'un parc animalier protégé...un brin de toilette pour Gégé
Je salue des européens à moto et 4x4 déjeunant sous les palmiers.
Bien renseignés, la route à gauche, c'est du sable, a droite, de la caillasse. Devinez ce que je choisi ?
La droite bien sûr. Route vraiment cassante, paysage lointain, nous suivons la montagne comme convenu, ce sera notre seul repaire pour la journée. Des parties très roulantes d'autres délicates en cailloux demandent prudence, chute interdite. Une maison là haut, vite un thé. Des gardiens du désert, vraiment, deux gars comme ça, qui passent la journée et la nuit ici a scruter les animaux (?) La tempête de sable arrive, du jamais vu pour moi. Les gars insistent pour qu'on reste, Gégé se méfie."Pas de GPS disent ils, il faut rester la tempête est forte".
Nous partons, dans le gris et la tourmente! Très vite, plus de traces, cachées par le sable, on tourne en rond, un coup dans la montagne, un coup sur la lac Iriki, très plat, desséché, mais roulant, sans savoir dans quelle direction. Plus de soleil, plus de repère. Personne a qui demander, nous essayons de suivre ce que l'on voit de la montagne. Un gamin insiste et nous envoi dans une direction que l'on crois erronée. Mais il a raison. Nous retrouverons de vraies traces, un rayon de soleil et on file vers l'ouest. Encore 60 km sur cette piste qui ne nous enchante plus du tout.
J'avance loin devant, ayant compris qu'il faut mieux rouler plus vite pour "survoler les pierres" éviter les secousse en basse vitesse. J'attend Gégé tous les 10km et repars pour ne pas qu'il s'arrête !
La grande question : comment tiennent ces machines, c'est absolument incroyable, ces chocs violents et répétés en permanence, sur de la caillasse tranchante, la roue, le pneu, la fourche, comment cela n'explose-t-il pas ?
J'ai décidé de ne regarder le compteur que tous les 10km environ et puis tous les 5...
Nous arrivons enfin a Foum Zguid, vers 18H. alors que l'on croyait la balade tranquillement bouclée vers 15h. Donc 195 km en 12 H.
Pas de frein avant au parking, la dernière chute à l'arrêt de Gégé, relevé, exténué, par le autochtones. Vite, des grands jus d'oranges délicieux,
avant une visite chez le mécano pendant que je réserve une chambre au seul et même hôtel que les motards croisés à l'oasis.
Sympas, ils ont négocié pour nous et sommes attendus. Belle surprise pour des gens que j'avais salués de loin. Ha la solidarité des motards !
Une bonne douche, après un coup de gueule quand l'eau chaude n'arrive pas, classique ! Et dîner, tardif, le temps de discuter avec l'autre groupe. Quelle organisation ! Ils viennent de l'est de la
France, 3 motards, avec 3 véhicules 4x4 et un autre, marocain pour l'essence ! Au brief du matin on sort l'ordinateur, recopie les points de passage sur les GPS des motos !
Quel technique à côté de notre carte Michelin au 1/1 000 000.
C'est vraiment un autre budget ! Ils nous révèlent que l'Oasis où nous les avons croisés est bien plus sud que la piste initiale... curieux, Gégé est sûr de son cap. On parle moto, évidement et nous les regardons enfiler les pare-pierres-épaulettes, les genouillères, et la combinaison par dessus... Une 600XR Honda, une
KTM 650 et une Suzuki. Toutes sont aussi haute que la mienne, voire plus pour la Honda !
Et le convoi démarre suivi des 4 véhicules, vers le sud.
Un jus de fruits et bitume, direction Tata sur cette route fraîchement goudronnée. Vers Tissit/ Trit, des villages suspendus à la "Rocamadour, ou Bonifacio", somptueux. Un gros poulet frites à Tata pendant que le cordonnier recoud et cire les Timberland de Gégé. Remontons vers Igherm par cette nouvelle route déserte, admirons le paysage, les parois, la vallée. Une boisson à Tagmoute et enfin Igherm, triste ville. Une chambre à pas cher, les consommateurs scotchés sur l'écran géant, un match de foot marocain. On constate que dans ce genre d'établissement, les chaises sont toutes orientées vers l'écran, comme au spectacle, jamais face a face ! Ça explose à chaque belle passe. Gégé trouve des rognons au boucher du coin, les fait griller sur la place et partage avec mois ce quatre heures. J'ai vraiment du mal a avaler. Beurk... mais le soir a l'hotel, rien dans le frigo à part 2 oeufs au plat et un thé.
Le lendemain, Gégé à rendez vous chez des copains marocains à Marida, pas loin d'Asni, qu'il a connu 30 ans auparavant.
La route sera encore exceptionnelle après Taroudant : le fabuleux Tizi-n-Test. Une panne de carbu sur la 500 oblige à un nettoyage. Ça repart au poil. Encore un thé et on attaque le fameux col. Après les orangeraies de la vallée, place au grand spectacle, ça monte, ça tourne, ça devient vertigineux. On déjeunera en plein soleil, au col, la neige au loin sur les 4000 m. Il n'y a pas que la piste au
Maroc, profitons du spectacle. Nous descendons tranquilles, jusqu'à Marida.
On fait les courses à Asni, pour toute la famille, on mangera entre hommes, ça énerve, tradition oblige mais avec du vin acheté à grand frais a l'hotel du coin. Pourtant ce copain, même de condition très modeste, a l'air moderne. C'est comme cela, on n'y changera rien. Pour la discussion, c'est vite vu, une fois parlé des femmes, des enfants, du boulot, on passe à la télé, la parabole, des centaines de chaînes, rien pour nous. A 9 h. au lit, dans nos sacs a viande. Indispensable, le sac a viande. Partout des couvertures, jamais froid. Le sac à viande perso, ça rassure.
Réveil et petit déjeuné servi, nous les quittons pour rejoindre Oukaïmeden. On avait promis, plus de piste, on ménage les hommes et les machines. Raté, à Tanahoute, on tourne à droite et vlan une piste démarre là. Pour une fois c'est marqué sur le panneau ! On continue, ce sera un très grand moment, tant les surplombs sont magiques, parmi les sapins. Quand même 40/50 km jusqu'à l'arrivée. Cette piste disparaîtra dans peu de temsp, les travaux d'aménagement sont commencés. La dernière partie en bitume nous rapproche de certains coins de
France.
Nous arrivons dans une station de ski d'un autre âge, des années 70. Quelques chalets-hotels vieillots, un peu dégradés, encore de la neige, la haut et notre hôte nous propose un rapide en-cas avant de nous emmener sur le télésiège qui monte à 3600 m. Grand soleil. C'est long et surprenant. Des locaux tentent de nous louer des skis, posés sur les pierres. Non, non, pas maintenant ! Quelques enfants s'essaient sur les rares plaques encore enneigées... Le spectacle est encore là, un panorama sur des 4000 m. alentours.
Nous dînons avec notre hôte dans un chalet-hotel désert, un peu shinning ! Elle nous attendait avec un coq au vin. On lui a d'abord vidé une très bonne bouteille de Médoc, vite fait, à l'apéro. Ça réchauffe le coeur et les esprit. Fou-rire. A table, on s'est un peu plus lâché et apprécié les tagliatelles... La soeur du copain de
Paris, vit la toute l'année ici, et doit bien avoir besoin de ce genre de moment, de repas, d'ambiance comme chez soi !
Malgré l'altitude, gros dodo, petit déj. à la française et en route pour
Marrakech à 80 km de là. Très belle descente.
Une chambre sur la place Jemaa-el-Fna, quelques cartes postales pour faire rêver les copains, ça sent la fin du voyage !
Marrakech-
Meknes direct, le lendemain, quand c'est fini, pas la peine de traîner. Plus de 500 km dans la journée.
Nous chargeons les motos sur la remorque chez notre contact. Un hôtel, Une douche.
Meknes, ville très calme, un peu vide ce soir de vent frais. Des dates, une tajine, demain on prend la route en voiture.
On rentre. Le ferry, l'
Espagne... finie la belle balade. On en parlera longtemps.
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Probablement le dernier voyage au
Maroc à moto pour mon copain Gégé, question d'âge, de forme, on verra.
Mais il m'a initié a un truc que je veux refaire.
Fana de XT500 yamaha, il ne voit que par cette moto qui l'a emmené au bout du monde, sans jamais la moindre panne.
Je découvrais la piste et le gros mono trail, malgré ma 500 XLS des années 80 à
Paris.
J'ai choisi la 600 XTZ Ténéré parce qu'elle possède kick ET démarreur, le gros réservoir et un sabot ad hoc, prête à partir. Très peu d'électronique. J'ai apprécié ce gros mono confortable qui ne m'a jamais lâché, ni calé dans les moments délicats ! Ça passe les difficultés sur un filet de gaz, le tirage de la poignée un peu long évite les accélérations intempestives dans les moments scabreux. Aucun problème de démarrage, kick (j'ai bien appris avant, réglage du starter oblige !) ou petit bouton magique.
Je n'ai pas fait d'autre entretien qu'un nettoyage du filtre à air sur 3200 km ! Une très bonne machine pour ce genre de balade, on charge les bagages et on roule. Consommation étonnante : un peu plus de 5 l. sur l'ensemble du parcours, il est vrai à vitesse réduite.
Son seul vrai défaut pour moi (1, 76 m), c'est la hauteur de selle, et très souvent les pieds ne touchaient plus terre, la moto tombait.
Cette moto ne m'a jamais fait défaut, même après 4 chutes successives, ou exténué, le souffle coupé, la bouche sèche, envie de vomir, il faut remettre en route, ça repart, mais dur de remonter dessus ! J'ai quand même fait 6 mois de muscu...et ne l'ai pas regretté !
Le bruit rassurant de ce gros monocylindre, un vrai plaisir, les accélérations, dans les cotes, dans les courbes, la sonorité ronflante dans le passage 2émé-3eme, ça prend au coeur, c'est extra !
Mais putain dans les endroits trop ralenti, vlan par terre impossible de la retenir
Le plus étonnant avec ces machines de 21 ans, et 26 ans pour la 500, c'est après 200 km de piste cassante, de pierres tranchantes, de rebonds où nous n'avons jamais crevé, rien cassé, on se demande bien d'ailleurs comment cela tient tant les chocs son violents sur les pierres, malgré l'attention du regard à placer la roue au bon endroit, on ne peut pas toujours en éviter, donc après 200 bornes où l'on crois que tout va se dévisser, partir en morceaux tant les bruits sont suspects, on retrouve le bitume et hop, à fond, c'est dire à 120 sans se poser de question !
Quand au sable, alors la c'est le pompon, bien planté, la trouille dès que je voyais arriver les dunes...en fait il faut passer en force, très vite, (60/80kmh!!!) pour ne pas s'enfoncer, mais il faut des "couilles" aussi,
L'équitation m'a été utile : la position dans les passage s difficiles, c'est : en appui, l'avant du pied sur le cale pied, talon descendu, légèrement debout en suspension, les fesses un peu en arrière, les genoux serrent le réservoir, et les bras tiennent fermement le guidon pour éviter qu'il parte dans tous les sens, j'ai dit tenir le guidon et non se tenir au guidon ! Et l'on peut appuyer le pied à droite ou à gauche pour aider à tourner, comme a cheval ! transfert de poids.
C'est exactement comme un parcours d'obstacle, même position... la trouille en plus.
Bon, ça c'est ma théorie, que j'ai découverte et appliquée le plus souvent, assez facile sur le dur à la moindre apparition d'un tranche difficile
Mais quand même quelques fois, assis comme un con, surpris, c'est un peu la panique, les jambes écartées, et la moto qui se barre...
Non, je ne suis pas vraiment Cyrille Neveu ou PeterHansell !!! Comment font ils pour rouler a 160 ????
Sur nos pistes, nous n'avons jamais croisé d'autre moto dans notre genre, c'est à dire des trails avec bagages, en indépendant. Sur les routes oui, des gros trail BMW, qui me faisaient rêver avant, mais trop lourdes et larges pour ces parcours ou dans la montagne, les sacoches touchent la paroi ! Ou d'autres comme nous, mais bien propres, bien équipées, GPS au guidon, mais sur route...jamais sur piste.
Conclusion : les bons vieux trails ont encore de beaux jours !