Voici la suite aux
Etats-Unis... (la partie précédente au
Canada est
ICI
)
Pour la lire directement sur notre site, c'est là :
sites.google.com/.../peninsule-olympique
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Péninsule Olympique, Tongue Point et Marymere FallsJ22 : Jeudi 3 septembre 2015
Nous voici donc depuis hier soir aux
Etats-Unis, dans la péninsule Olympique, à laquelle nous consacrerons trois jours. Le parc national du même nom comprend plusieurs secteurs et protège plusieurs types de paysages : des montagnes au-dessus de la ville de Port Angeles, des plages sur le littoral Ouest et entre les deux des forêts humides.
Aujourd'hui nous avons prévu d'explorer les montagnes Olympiques et planifié une journée de randonnée en altitude à 1800 mètres à partir de Obstruction Point vers Grand Lake/Badger Valley (boucle de 8,4 miles).
Hum, ça c'est le projet ! En pratique, il suffit de jeter un œil par la fenêtre pour avoir des doutes sur sa pertinence. Encore plus de doute en réalisant, à peine montés dans la voiture, qu'il commence à pleuvoir.
Des doutes de plus en plus sérieux en prenant connaissance du bulletin météo affiché à l'extérieur du Visitor Center : en montagne, 90 %
chance of showers and T-storms. Mais sur la côte... 30 %.
Malgré cela, nous franchissons l'entrée du parc national et poursuivons notre ascension vers les sommets, sans les apercevoir, bien entendu.
A ce stade, nous espérons pouvoir au moins découvrir les petits trails autour de Hurricane Ridge. Mais la pluie redouble d'intensité et à 1500 mètres d'altitude, elle se transforme en tempête de neige, il fait 1 degré.
A destination, nous ne pouvons même pas sortir de la voiture. Il faut vraiment se faire une raison et abandonner tout projet à cette altitude. Nous profitons par conséquent de cet arrêt forcé pour échafauder un plan de secours pour la journée. Il n'y a pas d'autre alternative que de retourner sur la côte.
La carte de la péninsule et le guide
Photographing Washington en main, je détermine deux zones possibles, Dungeness Spit ou Tongue Point. Le guide photographique ayant une préférence pour le deuxième site, c'est ce dernier qui est retenu.
Vingt-cinq kilomètres à l'ouest de la ville de Port Angeles, Tongue Point est une langue rocheuse, découverte à marée basse. Ça tombe bien, la marée sera basse à 12 h 43. Le temps de nous rendre sur place, il est 11 heures, c'est parfait. Ce n'est pas le grand beau temps, mais il ne pleut pas et on peut même apercevoir quelques coins de ciel bleu.
Sur la base du plan affiché sur place, nous nous dirigeons d'abord vers Crescent Bay et sa plage de sable d'où la mer a commencé à se retirer, nous laissant tout loisir de nous approcher de cet îlot rocheux coiffé de sapins.
Mais pour atteindre Tongue Point, il faut traverser le cœur de la péninsule via Bunker Trail. Quand Bluff Trail nous ramène en surplomb de la mer, il nous livre de nouvelles vues sur le fameux îlot.
Au passage, rencontre avec un jeune daim qui se laisse tirer le portrait sans broncher.
En bord de mer, les flaques laissées par la marée grouillent de vie.
Moules impressionnantes en taille et en nombre, et anémones de mer
Retour vers Sandy Beach en escaladant les rochers du bord de mer : la boucle est bouclée ! Il est 13 heures.
Nouveau coup d'œil sur la carte du parc national pour organiser la suite de la journée. Nous ne sommes pas loin du Crescent Lake au bord duquel se trouve une aire de pique-nique. Voilà qui est parfait vu l'heure.
Comme le temps se maintient, ni meilleur ni pire, nous pouvons envisager une nouvelle balade pour l'après-midi. Nous hésitons entre
Madison Falls ou Marymere Falls. C'est à nouveau le guide photographique susnommé qui nous aide à trancher. Il a une nette préférence pour les deuxièmes. Nous lui faisons donc confiance et rallions Storm King Area, point de départ du sentier.
A l'entrée du chemin, ce mastodonte aux proportions parfaites et au costume de velours nous fait forte impression.
Plus loin, c'est la palette de couleurs qui ravit nos pupilles.
Vert tendre des sous-bois, vert sombre des mousses, vert brillant des fougères, vert foncé des sapins.
Tout en se frayant un passage, la cascade ajoute un soupçon de jaune à cet écrin de verdure.
Nous prolongeons encore un peu le plaisir en avançant le long de Barnes Creek dans une forêt toujours aussi foisonnante.
A l'instant où nous revenons à la voiture, les 30 % de risques de pluie annoncés depuis ce matin deviennent réalité, allant jusqu'à donner un orage de grêle accompagné de coups de tonnerre sur le trajet de retour vers Port Angeles.
Dans ces conditions, la soirée au coin du feu est d'autant plus appréciée. Deuxième nuit sur place.
En conclusion, nos choix nous ont permis de sauver la journée et d'en profiter au maximum. Néanmoins, avoir dû sacrifier la randonnée initiale de Badger Valley reste un de nos grands regrets.
Pour avoir un aperçu de ce que nous avons loupé, voir le site "Si belle la terre" de la famille L.
Distance parcourue dans la journée : 147 km
Sur le chemin des Marymere Falls
Littoral Ouest Olympique, des plages de Rialto et Ruby à la forêt de HohJ23 : Vendredi 4 septembre 2015
Nous avions prévu suffisamment de marge dans notre planning pour pouvoir envisager ce jour une session de rattrapage dans les montagnes Olympiques mais un simple coup d'œil par la fenêtre confirme que ce n'est toujours pas la peine d'y compter.
Si le ciel est clair ce matin sur la côte, les montagnes restent couvertes. Alors nous faisons définitivement le deuil des hauteurs Olympiques et prenons directement la direction de l'ouest, vers La Push.
Ce soir nous avons une réservation à Kalaloch. Nous avons donc toute la journée pour nous attarder sur la côte ou... pas loin ! Depuis Port Angeles, la route 101 sera notre axe conducteur.
Toute une bande du littoral ouest de la péninsule Oympique fait partie du parc national. De Shi Shi Beach à
South Beach, les vastes plages sauvages méritent toutes le détour. Certaines sont néanmoins plus facilement accessibles. C'est le cas de Rialto Beach. Classée 5 étoiles par le guide déjà mentionné, à la fois pour son côté scénique et son intérêt photographique, c'est celle que nous avons retenue pour ce matin.
La seule contrainte est qu'il faut l'aborder à marée descendante. La marée est basse à 11 h 24, le temps d'arriver sur place il est déjà 11 heures mais ça va le faire quand même.
Côté météo, il fait soleil dans un ciel (presque) sans nuages... enfin !
Premiers coups d'œil pour une vue d'ensemble de cette plage de galets tassés, jonchée de bois flottés à côté desquels on se sent minuscules.
L'objectif principal de cette marche sur la plage se trouve deux kilomètres plus loin, avec l'apparition de ces pitons rocheux annonçant l'icône des lieux, Hole-in-the-Wall, une arche naturelle dans un affleurement rocheux à droite de la plage.
Hole-in-the-Wall...ici, dans son environnement rocheux
Là, l'arche rocheuse et son double, dans le miroir ;-)
Là encore, ses gardiens, deux colonnes de basalte jumelles qui veillent sur les lieux.
Pour l'amateur de vie marine, il y a, dans les mares aux alentours, quelques spécimens dignes d'intérêt, principalement des anémones et étoile de mer.
Mais captivés par nos trouvailles, il ne faudrait pas oublier que la marée est déjà en train de remonter. Il est temps de rebrousser chemin. Une balade de deux heures pour 5 km AR et plein de détails photogéniques, nous avons beaucoup aimé !
Une dernière image avant le retour à la voiture.
Il est 13 heures. Après le pique-nique en plein air, off course, c'est le moment de nous décider pour la suite. Parmi les possibilités, j'avais prévu de poursuivre avec une autre plage, Second Beach, ou avec un retour en forêt, dans la fameuse Hoh Rainforest. A ce stade du voyage, j'avais craint que nous ayons une overdose d'arbres. Mais non, nous plébiscitons la forêt.
Nous avons effectivement bien fait ! Si la majorité des forêts parcourues jusqu'ici étaient surtout constituées de cèdres de l'Ouest, de pins Douglas et autres conifères, celle-ci est essentiellement composée d'érables sur lesquelles la mousse développe de véritables draperies qui en font sa marque de fabrique.
Avec une telle réputation, il y a bien sûr foule, surtout que nous sommes à la veille d'un week-end prolongé (Labor Day). Mais si on se bouscule sur le chemin de Hall of Moss, le plus réputé, en poursuivant sur Spruce Trail, on retrouve paix et sérénité au bord de la rivière.
Pour finir, en sortant du parc, jolie rencontre avec un wapiti (elk)de Roosevelt.
Il fait tellement beau que nous décidons de rester dehors le plus tard possible, ce qui donne pour le restant de la soirée un retour sur le littoral, plus particulièrement sur Ruby Beach, un pique-nique à Beach4 et une arrivée juste avant la nuit à Kalaloch.
Ruby Beach et ses sea stacks, vus depuis la falaise en surplomb.
En descendant sur la plage, un décor entre rivière, galets et bois flotté !
Du bois flotté ciselé par Dame Nature telle une œuvre d'art trônant au centre du tableau.
Plus loin, ce monolithe a des faux airs de Moaïs, ces sculptures monumentales de l'île de Pâques. Il me fait penser aussi aux Monjes de la Pacana, dans le désert d'Atacama.
Dernière vue panoramique permettant de balayer d'un seul regard la belle forêt littorale et la plage se déroulant à perte de vue !
Il est 19 h 30 quand nous atteignons Kalaloch. Avant même le check in dans le lodge du même nom, nous nous précipitons sur la plage pour partager avec une brochette de goélands les couleurs flamboyantes du soleil couchant.
Un spectacle grandiose qui clôture en beauté cette journée bien remplie !
Distance parcourue dans la journée : 248 km
Rialto Beach
D'un parc national à l'autre, de Olympic NP à Mt Rainier NPJ24 : Samedi 5 septembre 2015
Pour ce troisième et dernier jour dans la péninsule Olympique, entre les secteurs de Quinault Lake et Queets River, j'ai choisi le dernier pour sa réputation d'être le secteur le plus vierge du parc. Le plus excentré et le moins fréquenté aussi.
Côté météo, il fait toujours beau ! Yes !
En arrivant au bout d'une heure au point de départ de Sams River Loop, il n'y a effectivement pas un chat mais un écriteau indiquant que le sentier était partiellement fermé pour cause de feux. Feux ? Avec toute l'eau tombée du ciel ces derniers jours, nous supputons que cette mise en garde n'est plus d'actualité et commençons à nous enfoncer dans la forêt.
Au niveau des paysages, cette balade ne nous apporte rien de plus si ce n'est une ambiance très spéciale, hors sentiers battus, sans balisage, loin de tout, à sursauter au moindre craquement, à l'envol d'une chouette ou aux coups de butoir d'un pic vert.
Bref, comme des petits Poucets, on s'est fait un peu peur à plusieurs reprises sur cette boucle de trois miles au beau milieu de la forêt.
Nous ne sommes donc pas mécontents de retrouver un peu de monde au bord du lac Quinault où nous dénichons un petit coin pour pique-niquer au soleil. Avec 21 degrés à l'ombre, il fait une température bien agréable.
Le secteur de Quinault comprend lui aussi des parcelles d'arbres remarquables, mais pour cette fois, nous faisons l'impasse, nous avons d'autres projets.
Nous souhaitons en effet nous rapprocher du
parc national du Mont Rainier où nous avons prévu de passer les trois prochains jours. Bien que nous soyons à la veille du week-end du Labor Day, très prisé des Nord-Américains, nous n'avons aucune réservation pour ce soir. Un peu risqué ? Sans doute, mais en arrivant tôt, j'espère que ça va aller.
Alors direction Aberdeen, puis
Olympia et Yelm avant d'arriver vers 17 heures à Eatonville, une petite localité à 37 kilomètres de l'entrée du parc national du Mt
Rainier.
J'y avais repéré le seul motel de la ville, persuadée de pouvoir y trouver une chambre. Mais sur la porte, un petit mot prévient "Sorry, no vacancy". On entre quand même pour demander confirmation, sait-on jamais.
Ce n'était pas une blague, il n'y a vraiment plus de disponibilités. Nous voilà dans de beaux draps ou plutôt... sans draps du tout ;-)
Précisons que la majorité des chambres est occupée par des ouvriers de chantiers sur de longues durées.
Devant notre désarroi et pour nous dépanner, la gérante nous propose sa salle de réunion, une pièce de 60 m2 comprenant un grand frigo, un micro-ondes, une télé, deux toilettes avec lavabos, des tables, des chaises et de la vaisselle pour une centaine de personnes, le WIFI, mais pas de douche. Elle peut y ajouter deux lits d'appoint. Le petit déjeuner est également compris.
Faisant d'abord la fine bouche, nous lui demandons de bien vouloir prospecter pour nous auprès de quelques hébergements alentour. Mais la réponse est partout la même, aucune disponibilité nulle part.
Après réflexion, sa salle de conférence nous conviendra. Ce sera aussi l'hébergement le plus atypique de notre voyage.
Pour demain, nous sommes particulièrement bien placés, à une demi-heure de l'entrée de Mt
Rainier NP et à un peu plus d'une heure du secteur de Paradise où nous souhaitons randonner. Hélas, les prévisions météo ne sont pas très optimistes. Oh, non !
Distance parcourue dans la journée : 317 km
J25 : Dimanche 6 septembre 2015
Je saute du lit à 8 heures en m'écriant : "Mince, les parkings à Mt
Rainier vont être saturés, grouillons-nous".
Pourtant, la grisaille extérieure n'est pas très motivante. Eh, oui, comme annoncé, la couverture nuageuse est basse et les montagnes invisibles. Nous nous mettons en route sans véritable enthousiasme vers 8 h 45.
Trois quarts d'heure plus tard, à l'entrée du parc national du Mt
Rainier, il ne pleut pas (encore). Nous ignorons les prairies de Longmire ainsi que tous les points d'intérêt sur la route pour rejoindre directement Paradise. Notre lieu d'hébergement nous ramènera de toute manière par là plus tard.
Mais au fur et à mesure que la route grimpe vers le Paradis (1647 mètres), nous nous enfonçons progressivement dans des nuages si épais qu'on y voit rien à plus de 200 mètres.
Avec de telles conditions, les parkings sont quasiment vides et le Mt
Rainier invisible, bien entendu !
Nous nous effondrons sur le canapé du Visitor Center, le moral dans les chaussettes. Non seulement la boucle de Skyline Loop est inenvisageable mais même les plus petites boucles ne le sont pas. Le parc national annonce une météo automnale avec pluie et neige tout en concluant avec un ironique "Enjoy !"
La seule solution est de retourner dans la vallée, dans le secteur de Longmire (824 mètres) proche de l'entrée, pour espérer y faire une randonnée de bas étage.
A la sortie du Visitor Center, les conditions empirent, la pluie se mêle aux nuages bas, c'est la cata ! Même les points de vue depuis la route sont à oublier, tous ont disparu dans les nuages.
Seules les Narada Falls méritent un court arrêt.
Garés sur le parking de Longmire, nous restons à l'abri dans la voiture, guettant le moindre changement de l'état du ciel. Vers midi, la pluie a l'air de céder c'est-à-dire qu'il bruine plus qu'il ne pleut. Vêtus de pantalons imperméables, nous nous lançons alors vers Rampart Ridge avec retour par Wonderland Trail, principalement pour nous dégourdir les jambes
De cette randonnée, nous ne retiendrons que quelques belles couleurs automnales toutes embrumées.
Bon, cette balade a au moins le mérite de faire passer le temps jusqu'à une heure décente pour se présenter dans notre hébergement.
Il est maintenant 14 h 30 et la cabine que nous avons réservée est prête. Par la même occasion, nous échappons à un nouveau pique-nique dans la voiture, ouf !
Jouxtant immédiatement l'entrée du parc national, le petit chalet sous les sapins est plutôt mignon de l'extérieur. L'intérieur est antique et il vaut mieux ne pas trop inspecter les coins. De toute manière, le manque d'ouverture et d'éclairage ne le permet pas vraiment ;-)
Bref, elle est sombre et humide, en un mot sinistre, mais nous y sommes à l'abri, c'est le principal. D'ailleurs, avec tout ce qui tombe dehors, nous ne nous attendons pas à en sortir avant demain matin.
Pourtant, vers 17 h 30, une timide lumière finit par percer l'obscurité de la cabine. Ni une, ni deux, nous sautons dans nos chaussures et dans la voiture, direction Paradise.
Houlà, ne nous emballons pas, nous n'irons pas plus loin que la rivière Nisqually. Plus haut, les nuages sont toujours aussi présents et le Mt
Rainier toujours caché.
En réalité, l'éclaircie est très localisée.
Cette courte accalmie nous laisse néanmoins le temps de jeter un coup d'œil à une cascade "éponyme", Christine... Falls !
Pour le reste, il faudra repasser. Nous aurons une deuxième chance demain car bien qu'ayant une réservation du côté de Sunrise demain soir, nous avons suffisamment de marge dans notre planning pour reprogrammer Paradise si besoin.
Avec l'humidité ambiante, nous aspirerions à une soirée au coin du feu. A défaut, nous la passons devant la télé dans notre triste cabine.
Une journée vraiment pas terrible, la météo désastreuse n'ayant même pas été compensée par un hébergement de qualité !
Distance parcourue dans la journée : 147 km
Christine Falls
Mt Rainier/Sunrise, de la neige sur Burroughs Mountain TrailJ26 : Lundi 7 septembre 2015 (Labor Day)
Nous avons aujourd'hui une nouvelle occasion de retourner à Paradise pour espérer y faire la randonnée tombée à l'eau hier, en l'occurrence Skyline Loop. Nous pensons ensuite poursuivre vers le secteur de Sunrise situé 90 kilomètres plus loin où nous avons une réservation pour une nuit dans la station de ski de Crystal Mountain.
Mais dans l'immédiat, rien n'est acquis, le ciel étant toujours couvert au-dessus de notre cabine. J'ai alors l'idée lumineuse de consulter le site Internet du parc national, notamment les webcams des deux secteurs.
Sans surprise, Paradise est comme hier dans la bouillasse mais ô surprise, à Sunrise le ciel est en train de se dégager. En deux temps trois mouvements, les bagages sont chargés dans la voiture pour un départ avant 8 heures.
Le passage à proximité de Paradise confirme les images de la webcam. Nous tirons alors un trait que nous croyons définitif sur ce secteur, ignorant qu'un événement indépendant de notre volonté (à moins que ce ne soit un acte manqué) nous ramènerait dans le coin. A suivre donc ;-)
En quittant Paradise Road pour Stevens Canyon Road, les conditions commencent tout doucement à s'arranger même si ce n'est pas encore le grand beau temps.
Hier totalement noyé dans les nuages, Reflection Lake est aujourd'hui visible même s'il manque la vedette du parc, la silhouette massive du
mont Rainier qui se reflète habituellement dans le miroir d'eau.
Un peu plus loin, les premières éclaircies laissent subrepticement entrevoir le versant opposé même si la visibilité reste encore limitée.
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Pas besoin de beaucoup de visibilité en revanche pour apprécier les contours de Box Canyon, situé sur la route vers Stevens Canyon Entrance, l'entrée sud-est du parc national.
Nous faisons l'impasse sur cette partie du parc, réputée pour les arbres pluricentenaires de son Grove of Patriarchs. De ce côté-là, nous avons eu notre dose ;-)
Notre objectif, c'est le Visitor Center de Sunrise mais juste avant d'y arriver, dans le dernier virage en épingle à cheveux, Sunrise Point mérite un arrêt. Vue sur Sunrise Lake et les Sourdough Mountains.
Il ne manque plus que le
mont Rainier ? Patience, il va bientôt se découvrir alors que nous nous apprêtons à entreprendre la randonnée des Burroughs Mountains. Il est 10 h 30.
Pour info, le circuit classique débute à 1950 mètres et son point culminant First Burroughs est à 2190 mètres. Nous souhaitons faire une extension en y incluant un deuxième sommet, Second Burroughs, à 2260 mètres.
Le sentier commence par s'élever à travers les prairies pour dépasser rapidement les 2000 mètres, ce qui n'est pas sans conséquence sur notre souffle. Une fois la ligne de crête atteinte, la pente est plus douce, le rythme plus régulier.
Quand enfin
Rainier nous dévoile un pan de sa paroi, l'émotion est totale !
Entre apparition et disparition, il n'en devient que plus désirable.
Après un petit coup d'œil sur les étendues de toundra laissées derrière nous, revenons au sujet principal que nous ne quittons plus des yeux.
Il est 11 h 30, à First Burroughs, notre premier objectif est atteint.
Nouveau challenge : nous rapprocher encore un peu plus du Mont au sommet de Second Burroughs.
Vous remarquerez les pentes des Burroughs Mountains légèrement saupoudrées de neige fraiche, conséquence des intempéries d'hier. La pluie tombée à basse altitude a donné de la neige ici, à plus de 2000 mètres. La couche sera de plus en plus épaisse au fur et à mesure de la montée.
Au sommet de Second Burroughs, nous posons dans quelques centimètres de neige et aux côtés d'un bonhomme fraîchement construit.
Il est midi. Nous voilà arrivés au point culminant de notre boucle : 2260 mètres. Face à nous se dresse la croupe majestueuse du
mont Rainier, maintenant complètement dégagé.
Nous en profitons pour l'observer sous toutes les coutures. Gros plan sur les séracs bleutés de son glacier.
Mais un nouveau cortège de nuages vient suspendre le spectacle,
Rainier disparaît durablement derrière ce rideau. C'est le moment de rebrousser chemin jusqu'à First Burroughs avant d'entamer la très longue descente bordant la falaise de Sunrise Rim.
Très belles vues sur la vallée de White River et sur un lac glaciaire au pied du glacier Emmons.
Le sentier s'étire, s'étire... à n'en plus finir.
Enfin, à l'ombre des sapins, Shadow Lake annonce que l'arrivée est proche. Il ne reste plus qu'un mile jusqu'au Visitor Center.
En tout : 13,5 km en 4 heures pause comprise, avec 400 mètres de dénivelé. Une magnifique randonnée qui nous fait oublier nos déboires du côté de Paradise.
Nous avons demain une dernière demi-journée à consacrer au Mt
Rainier. C'est d'autant plus facile que nous logeons à une demi-heure seulement de Sunrise, dans un des hébergements de la station de ski de Crystal Mountain.
Le feu de cheminée auquel nous aspirions hier brûle ce soir dans le salon du lodge, nous apprécions !
Nous en profitons pour peaufiner notre étape de demain pour laquelle nous n'avons pas de réservation. Ne souhaitant plus courir le risque de dormir dans une salle de conférence, nous réservons une chambre à Marblemount, porte d'entrée du parc national de
North Cascades.
Distance parcourue dans la journée : 144 kilomètres.
Le mont Rainier vu depuis Burroughs Mountain Trail
Paradise/Skyline Loop, à cache-cache avec le mont RainierJ27 : Mardi 8 septembre 2015
En principe, le programme de la journée est le suivant : consacrer la matinée à une dernière randonnée près du
mont Rainier (j'avais retenu Tipsoo Lake/ Naches Peak Loop) puis faire le trajet jusqu'à Marblemount via Enumclaw et les environs de
Seattle.
Seulement, voilà... en rangeant nos affaires, je me rends compte qu'il manque une trousse contenant le chargeur de l'appareil photo, des piles et tout un tas de fils de raccordement pour nos appareils électroniques. Mince, sans doute avons-nous oublié cette pochette dans notre cabine de la veille. Comment faire ?
Le gérant, interrogé par téléphone, dit ne pas pouvoir nous donner de réponse avant 10 heures. Ne souhaitant pas perdre de temps, nous partons immédiatement en direction de la cabine en question, à l'entrée sud-ouest du parc national. Car finalement ce contretemps n'est-il pas un mal pour un bien ? En effet, le trajet nous ramène à proximité du secteur de Paradise et nous offre ainsi une session de rattrapage inespérée.
Depuis Paradise, nous rejoindrons ensuite directement la région de
Seattle puis Marblemount.
En attendant, cap sur Paradise (75 km) sous un beau ciel bleu. Chic !
Ayant déjà parcouru ce même trajet hier matin, nous faisons la route d'une traite jusqu'à ce qu'au détour d'un virage,
Rainier nous apparaisse dans toute sa splendeur ! Une aussi belle vue, ça ne se refuse pas !
Nouvel arrêt au bord du Reflection Lake, car cette fois, le Mont et son reflet sont bien visibles.
Pourtant, quelques minutes plus tard, une petite écharpe nuageuse vient déjà s'enrouler autour du volcan.
A l'arrivée au Visitor Center de Paradise (1650 mètres), nous nous dépêchons de partir sur le Skyline Trail car les nuages avancent plus vite que nous. Il est 10 h 15.
A hauteur de
Glacier Vista, nous découvrons l'extrémité de la langue du glacier Nisqually mais les nuages ont déjà tiré le rideau sur toute la partie supérieure.
Alors ce sont les marmottes qui prennent le relais et assurent l'attraction au fil de la montée. L'épaisseur de leur fourrure annonce-t-il un hiver rigoureux ?
A hauteur de Panorama Point (2100 mètres), la vue est extrêmement limitée. Il paraît pourtant qu'on peut apercevoir le mont Adams d'ici.
Heureusement, quand le sentier retourne vers le sud, nous passons à nouveau sous les nuages. Néanmoins, à l'intersection avec
Golden Gate Trail nous optons pour ce dernier. Finir Skyline ne présente pas un intérêt majeur vu les conditions, d'autant que nous avons encore une longue route devant nous, cet après-midi.
Le raccourci de
Golden Gate nous ramène alors au point de départ à travers des pentes aux couleurs dorées auxquelles les buissons de myrtilles ajoutent un soupçon de rouge. Décidément l'automne a l'air de vouloir s'installer !
En tout, nous avons parcouru un peu plus de 6 km, en 3 heures, avec un dénivelé de 500 mètres. Une très belle randonnée même si la météo n'était pas parfaite et, dans tous les cas, la satisfaction d'avoir pu découvrir enfin cette partie du parc, avec notamment de très belles vues de
Rainier depuis la route.
A 13 h 30, nous quittons définitivement Paradise pour nous diriger vers Nisqually Entrance.
C'est la cinquième fois en trois jours que nous parcourons ce tronçon mais c'est la première fois que nous arrivons à photographier Nisqually River dans des conditions correctes. Aujourd'hui réduite à un mince filet d'eau, la largeur de son lit laisse imaginer la quantité d'eau qu'elle doit pouvoir charrier.
A 14 heures, nous arrivons chez le gérant de la cabine. Suspense ! A-t-il retrouvé notre pochette ? Parmi tous les accessoires qu'elle contenait, il dit n'avoir trouvé que le chargeur. C'est toujours mieux que rien mais nous gardons quelques doutes sur son honnêteté ou celle de son personnel.
Bon, voilà une chose de faite. Ne reste plus qu'à faire la longue route jusqu'à Marblemount. La traversée de
Seattle et de ses banlieues tentaculaires est interminable. Tout l'après-midi y passe.
Le soleil est déjà sur le point de se coucher quand nous franchissons l'entrée du motel de Marblemount.
Le patron francophile nous apparaît très sympathique au premier abord. Il le devient un peu moins quand, en nous expliquant le fonctionnement du petit déjeuner, il nous stipule de ne pas nous servir pour le pique-nique par la même occasion (non, mais, il nous prend pour qui ?). Son capital de sympathie va définitivement en prendre un coup le lendemain matin au moment du petit déjeuner en question ! A suivre donc ;-)
Distance parcourue dans la journée : 403 kilomètres.
Reflection Lake
North Cascades, couleurs d'automne à Maple Pass J28 : Mercredi 9 septembre 2015
Selon les explications reçues hier soir, le petit déjeuner (inclus dans le prix de la chambre) se prend sous la forme "make your own". Une clé jointe à celle de notre chambre permet d'ouvrir l'office où tous les ingrédients nécessaires devaient être à disposition dans le frigo. Ça, c'est la théorie car en pratique, nous trouvons le frigo cadenassé :- (. Pas cool !
Heureusement la suite de la journée va nous réserver de belles surprises.
Nous sommes donc depuis hier soir à la lisière du parc national de
North Cascades. Ces Cascades n'ont rien à voir avec des chutes d'eau, c'est tout simplement le nom de la chaîne de montagnes qui nous entoure. Le parc national comprend plusieurs secteurs mais celui qui nous intéresse aujourd'hui s'étend le long de la Highway 20 qui traverse le massif d'ouest en est, de Newhalem à Mazama. Il n'y a pas de droits d'entrée à payer si on se contente des points de vue sur la route. Mais certaines aires de stationnement donnant accès à des randonnées situées en limite de parc entrent dans la catégorie
Recreation Area et fonctionnent sur le principe des enveloppes.
La Highway 20 longe une enfilade de lacs de barrage (Gorge, Diablo, Ross) autour desquels le parc national a aménagé un certain nombre de points de vues.
Dans l'immédiat, nous faisons l'impasse sur les différents belvédères, nous y reviendrons plus tard. Nous faisons néanmoins un arrêt au Visitor Center de Newhalem pour prendre quelques informations. Heureusement que nous n'avions pas prévu de randonner par là, car en dehors du centre des visiteurs, tout le secteur est fermé suite aux importants feux de forêt de ces dernières semaines. D'ailleurs la forêt fume encore même si l'incendie est sous contrôle.
Après Newhalem, nous traçons d'une traite jusqu'à Rainy Pass, une des ces
Recreation Area, facturée 5 USD la journée.
C'est là que débute notre randonnée du jour, une boucle de 11 kilomètres via Maple Pass, dont le guide
Photographing Washington dit "
this is one of the supremely scenic hikes in the North Cascades".
Sur les recommandations du guide susnommé, nous adoptons le sens horaire. Départ à 1490 mètres d'altitude vers 10 h 15.
Pour info, il fait un temps magnifique.
Par une série de lacets serrés, nous prenons rapidement de la hauteur. Mais c'est quand la forêt s'éclaircit et laisse apparaître les premiers sommets que la randonnée prend tout son éclat. Quel panorama !
En chemin vers la crête, nous faisons une petite pause aux côtés d'un randonneur de
Seattle qui nous avoue être là pour la quinzième fois. On comprend son addiction !
L'endroit est parfait pour mesurer l'ensemble du parcours. Nous ferons le tour de ce cirque montagneux au fond duquel se niche le lac Ann. En face, on distingue la trace du sentier.
Le regard s'égare à l'horizon sur toute une série de pics prestigieux : Corteo, Black, Frisco et
Glacier Peaks.
Plus que quelques efforts, le col est maintenant à portée.
A 12 h 30, Maple Pass (2120 mètres) est atteint !
Derrière nous, Rainy Lake et la crête que nous venons de suivre. Nous réalisons alors tout le trajet parcouru.
Pique-nique en face de Corteo Peak et Black Peak.
Commence ensuite la longue descente sur des pentes couvertes de buissons de
huckelberry que l'automne débutant teinte de rouille et d'or.
Bientôt, les rouges flamboyants se mêlent aux dorés et aux orangés pour mettre le feu aux versants.
Ces buissons colorés sans doute encore pourvus de quelques baies attirent aussi d'autres visiteurs... plus inattendus. Au détour d'un sentier, un attroupement de randonneurs nous intrigue. Y-a-t-il quelque chose à voir ?
Deux ours noirs, nous répond l'une des observatrices. Certes il faut des jumelles pour bien les distinguer mais après quatre semaines à les avoir vainement attendus, c'est une belle surprise.
Nous continuons notre descente, les pupilles toujours écarquillées devant les somptueux paysages que nous traversons.
A nos pieds, le lac Ann entouré d'une ronde de sommets escarpés.
Au bout de 4 heures et demie, 11 kilomètres et 618 mètres de dénivelé, nous voilà de retour au parking, encore tout éblouis par cette chaîne de montagnes, ces merveilleuses couleurs d'automne, cette météo parfaite et la rencontre (même lointaine) avec deux ours.
Avec autant de superlatifs, elle sera indiscutablement l'une des plus belles de notre voyage.
Notre traversée de la
chaîne des Cascades ne s'arrête pas là. En poursuivant la route 20 vers l'est, le belvédère de
Washington Pass nous offre de nouvelles vues à couper le souffle sur des sommets en dents de scie de Liberty Bell et de ses voisines. Un petit air de Dolomites, non ?
A l'est du col, la route perd progressivement de l'altitude, les forêts de pins s'éclaircissent pour finalement disparaître dans la vallée au profit de vastes étendues de prairies sèches et désolées. Nous avons l'impression d'avoir changé de monde.
Par la même occasion, les températures remontent en flèche et c'est sous 28 degrés que nous entrons dans la petite localité de Twisp.
Au bord de la rivière du même nom, nous avons une réservation pour une nuit. L'accueil y est particulièrement attentif aussi bien de la part de l'hôtesse qui nous fait visiter tout l'établissement que du patron en permanence aux petits soins. Un homme particulièrement investi à la fois dans son hôtel et dans son pub immédiatement voisin où il n'hésite pas à pousser lui-même la chansonnette à l'issue du concert jazz donné par Laura Love et la Family Dog Band sur la terrasse du restaurant.
Autour d'un excellent dîner, c'est une soirée très sympathique qui vient clore une étape réussie sur tous les points !
Distance parcourue dans la journée : 160 km.
Sur Maple Pass Loop
North Cascades, Blue Lake, des chèvres et des grimpeurs J29 : Jeudi 10 septembre 2015
Pour cette journée, j'avais imaginé plusieurs scénarios possibles sans faire de réservation. Mais ne voulant pas prendre de risque, nous nous décidons ce matin pour l'une des possibilités avant de faire une réservation de dernière minute.
Voici donc les grandes lignes de cette journée : reprendre la Highway 20 en sens inverse, s'arrêter aux points de vue zappés hier et faire une dernière randonnée avant de rejoindre la frontière canadienne et la ville de White Rock, immédiatement après le poste frontière de Blaine, côté canadien. Demain, nous poursuivrons vers
Vancouver pour les deux dernières nuits de notre voyage.
Mais d'ici là, tâchons de profiter de cette journée qui, avec 15 degrés à 9 heures, s'annonce déjà belle et chaude.
La Highway 20 nous ramène dans les montagnes des Cascades jusqu'à l'aire récréative de Blue Lake (5 USD). Il y a déjà plusieurs voitures garées sur le parking mais curieusement nous ne rencontrons personne dans la montée vers le lac.
Nous avons pour toute compagnie les crêtes imposantes de Cutthroat Peak et les aiguilles acérées des Early Winter Spires.
Pourtant il nous semble entendre des voix, résonnant dans les montagnes au loin.
Mais oui, il y a du monde là-haut !
Vous voyez d'où proviennent les voix que nous percevons ?
Le parking de Blue Lake est effectivement le point de départ d'une voie d'escalade vers les Early Winter Spires. Décoiffant !
Impressionnés mais adeptes d'activités plus terre à terre, nous poursuivons vers le lac qui, avec ses eaux calmes tirant du vert émeraude au bleu profond, invite à la méditation. Accordons-nous quelques instants de pause.
Nous cheminons ensuite entre les buissons de
huckleberry que l'automne fait ressembler à un champ de tulipes.
Autre signe de la fin de l'été : les dernières hampes de
Fireweeds sont en train de finir en peluches.
Une petite sente nous conduit alors au bord d'un lac plus petit, sans nom mais que nous pourrions baptiser "Mirror Lake"
Des traces dans la vase laissent penser que des animaux y viennent nombreux épancher leur soif.
La marque d'un couguar ?
Mais aujourd'hui au bord de l'eau, ce sont des bêtes bien plus inoffensives mais ô combien attachantes que nous croisons : une maman chèvre avec son petit. Ils sont adorables.
Après un passage en forêt, nous retrouvons la voiture au bout de 3 heures, 6,5 km et 350 mètres de dénivelé.
Une randonnée presque aussi belle que celle d'hier et qui confirme le coup de cœur que nous avons eu pour le parc national de
North Cascades.
Un parc qui n'a pas fini de nous surprendre avec cette vue étonnante sur ce qui pourrait être un îlot granitique perdu au milieu de l'océan Indien.
Non, il est tout simplement immergé au milieu du lac de barrage de Diablo.
Après ce dernier arrêt, il nous reste à faire le trajet jusqu'au poste frontière de Blaine soit moins de 200 kilomètres mais en fonction du temps d'attente à l'entrée au
Canada, la durée de parcours peut varier entre deux et trois heures. Alors ne perdons pas de temps. Il est 15 h 30.
Nous rejoignons l'autoroute I-5 au nord de
Burlington, nous attendant à traverser une zone urbanisée ininterrompue, ce qui n'est pas le cas. Visible à des kilomètres à la ronde, la silhouette massive du mon Baker domine la campagne environnante.
La circulation est fluide et curieusement, plus on s'approche de la frontière, plus elle se raréfie. Au poste frontière qui se présente comme un gigantesque péage autoroutier, aucune attente ! Les formalités sont réglées en quelques minutes : l'agent nous pose quelques questions, nous lui rendons le talon détachable de notre visa à rendre aux autorités américaines comme preuve de sortie du territoire. La distance a finalement été couverte en moins de deux heures.
White Rock où nous avons une réservation pour cette nuit n'est plus qu'à dix minutes. Nous ne savons pas trop quoi penser de cette destination mentionnée dans aucun guide et choisie en dernière minute.
Contre toute attente, ce sera une bonne surprise : ici c'est un peu la Riviera ouest-canadienne, avec une baie orientée vers le sud, une promenade le long de la plage et toute une gamme de restaurants pour tous les goûts et toutes les bourses, de quoi passer une agréable soirée.
Sous une température estivale et avec un beau coucher de soleil en sus, une étape de villégiature insoupçonnée !
Distance parcourue dans la journée : 306 km.
Blue Lake
De retour au Canada : de White Rock à VancouverJ30 : Vendredi 11 septembre 2015
Ce n'est pas encore tout à fait la fin de notre voyage mais ça y ressemble. En effet, cet après-midi, nous rendons la voiture avant notre séjour de deux nuits à
Vancouver. Il est donc l'heure de réunir nos affaires et de faire un brin de nettoyage à l'intérieur du véhicule.
Une fois cette tâche accomplie, nous libérons la chambre sans pour autant quitter White Rock. En effet, cette petite ville côtière nous plaît tant que nous y passons volontiers le reste de la matinée.
Un petit mot sur le nom de la localité : White Rock doit son nom au gros rocher blanc trônant sur la plage.
Une légende amérindienne raconte qu'un jour un jeune chef indien lança un rocher par dessus le détroit de
Géorgie et promit à son épouse qu'ils établiront leur tribu à l'endroit où le rocher atterrira. C'est dans la baie de Semiahmoo qu'il tomba. C'est donc là qu'ils s'installèrent et l'appelèrent White Rock. Depuis cette époque, leurs descendants vivent toujours dans cette baie.
Une bien jolie histoire !
Nous nous sommes d'abord demandé si le rocher était factice. Nous confirmons, c'est bien un vrai. Pendant des années, c'est le guano qui l'a peint de blanc. Depuis peu, la municipalité l'entretient avec une peinture blanche antigraffiti.
Du point de vue géologique, il s'agit d'un rocher erratique ayant migré vers le sud lors de la dernière glaciation.
Nous arpentons comme hier soir la promenade du bord de mer mais aujourd'hui, à marée basse, la baie a une toute autre tête.
Goélands, canards, oies et hérons s'y plaisent bien.
Ils ne se laissent pas déranger par les trains qui passent ici entre la plage et la ville.
Barbie et Ken sur leur balcon regardent eux aussi passer les trains ;-)
Après cette dernière balade à White Rock, nous mettons le cap sur
Vancouver où nous déposons nos bagages à l'hôtel avant de rendre la voiture à l'aéroport. Remise en trois secondes chrono !
De là, nous revenons dans le centre-ville par le train de la ligne
Canada Line, jusqu'à la station Yaletown puis finissons à pied le trajet jusqu'au 1111 Burnaby Street.
Après nous être installés, nous retrouvons facilement nos repères dans une ville que nous avions beaucoup aimé en 2009. Grande balade entre Sunset Beach et False Creek.
Au bout de Davie Street, nous sommes tombés par hasard sur le magasin d'épicerie fine "Urban Fare" que nous avions déjà fréquenté en 2009. Nous y trouvons de quoi nous concocter un délicieux repas. Fin de soirée tranquille dans notre appartement.
Distance parcourue dans la journée : 65 km.Distance totale parcourue pendant tout le voyage : 5 800 km.
J31 : Samedi 12 septembre 2015
En 2009, nous avions adoré la découverte de
Vancouver à vélo. C'est donc avec plaisir que nous renouvelons l'expérience.
Comme à l'époque, location chez English Bay Bike Rentals.
Coup de chance, la météo est aussi parfaite qu'en 2009. Pas un nuage, du soleil et température autour de 20/22 degrés.
Nous repassons par quelques classiques : Granville Island et son marché où nous ne pouvons pas résister à l'achat de quelques gourmandises, Stanley Park ou le pont de Burrard.
Mais avons également fait quelques extensions.
Côté ouest... jusqu'à Kitsilano.
Côté nord... jusqu'à
Canada Place.
Bref, en tout une vingtaine de kilomètres avec néanmoins beaucoup plus de fréquentation sur les pistes cyclables que lors de notre précédent séjour, sans doute parce que nous sommes samedi, qu'il y a un bateau de croisière à quai et aussi parce que la pratique du vélo s'est beaucoup développée.
Nous avons passé une excellente journée et apprécié une nouvelle fois cette ville cosmopolite.
Tout comme en 2009, nous finissons la soirée sur la terrasse du Milestones Grill & Bar d'où nous contemplons le dernier coucher de soleil de notre voyage.
Deuxième nuit à
Vancouver.
Demain vol retour vers
Paris. C'est fini !
Le mot de la fin
Nos coups de cœur !Parmi tous les excellents moments de ce voyage, nous retiendrons avant tout :
- les forêts moussues et les arbres géants impressionnants sur
Haida Gwaii et sur l'
île de Vancouver- les plages sauvages et vierges de la péninsule Olympique, de
Haida Gwaii et de la côte Ouest de l'
île de Vancouver- la croisière de l'Inside Passage sous une météo parfaite
Mais aussi les sites alpins et subalpins autour de Smithers et dans
Rainier NP.
Un coup de cœur tout particulier pour le parc national de
North Cascades dont j'avais entendu dire qu'il ne présentait pas beaucoup d'intérêt et où nous avons pourtant fait les deux plus belles randonnées de notre voyage rehaussées par de magnifiques couleurs automnales.
Des regrets ?
Nous avons principalement regretté l'annulation par l'hébergeur, la veille de notre arrivée, des trois nuits que nous devions passer à Tahsis, sur la côte ouest de l'
île de Vancouver entrainant par la même occasion l'impossibilité pour Hervé de plonger.
Il a donc fallu réorganiser ces trois journées dans la précipitation. Avec du recul, peut-être que la région de
Victoria aurait été un meilleur choix que Campbell River pour ces trois journées.
Conclusion
Nous avons indiscutablement fait un très beau voyage, bien équilibré du point de vue des étapes et ponctué de belles randonnées par tous les temps.
Nous gardons surtout une impression de grands espaces sauvages et d'absence de pression touristique, que ce soit sur la route ou sur les sentiers, particulièrement en
Colombie-Britannique.
Néanmoins, le séjour a été globalement un peu moins dépaysant que certains de nos voyages précédents.
Il manquait quelques animaux (notamment les ours) et une météo parfois un peu plus clémente pour le faire entrer dans la catégorie des fabuleux !
Ouvrages et sites Internet utiles
Les guides papier Le guide
Lonely Planet en anglais
British ColumbiaLe guide photographique
Photographing Washington Le guide
Vert Michelin Canada (merci Pascale)
Quelques sites Internet
* Un récit de voyage de
Calgary à
Vancouver via Prince George, Fish Creek, Inside Passage et
Vancouver Islande.
sites.google.com/...uestcanadien/accueil
* Le site de Matthew Clay qui décrit les sites d'intérêt des îles de Graham et Moresby (
Haida Gwaii) avec cartes et points GPS
mattclay.zenfolio.com/haida_gwaii
* Un blog consacré à
Haida Gwaii, très complet.
www.gohaidagwaii.ca/
* Le site des parcs provinciaux de
Colombie-Britanniquewww.env.gov.bc.ca/bcparks/
* Deux sites répertoriant des randonnées dans l'Etat de
Washingtonwww.wta.org/go-hiking/map
www.protrails.com/state/washington
* le site gouvernemental de la météo en
Colombie-Britannique (et ailleurs au
Canada)
weather.gc.ca/...a/index_f.html?id=bc
Voilà, j'arrive au terme de ce récit de voyage. Je vous remercie tous de nous avoir lu jusqu'au bout. Si vous souhaitez de plus amples informations ou tout simplement si vous voulez nous laisser une petite trace de votre passage sur notre site, vous pouvez nous contacter via le formulaire du site ou à la suite de cette discussion sur VF.
A très bientôt pour d'autres fabuleux voyages.
FIN !