Si les compagnies maritimes peuvent se permettre de payer si peu leurs salariés, c'est
qu'elles sont très souvent immatriculées dans des pays qui offrent des conditions très peu contraignantes, en matière de fiscalité, de sécurité du navire mais surtout de droit du travail auquel est soumis l'équipage. C'est ce qu'on appelle plus généralement les pavillons de complaisance. En 2001, plus de 60% de la flotte mondiale de marine marchande naviguait notamment sous pavillon de complaisance.
La majorité des membres d'équipages proviennent donc des pays parmi les plus pauvres du monde, et plus particulièrement des
Philippines. Ils sont recrutés dans leurs pays d'origine, et
travaillent généralement sur ces bateaux plus de six mois, 65 heures par semaine, sans aucun congé. S'il existe des minima internationaux, ils concernent les marins brevetés maritimes, et en aucun cas le personnel hôtelier du bateau. Ce dernier, pour des heures de travail qui dépassent l'entendement, toucherait en moyenne 600 euros par mois.