Kate · 7 février 2025 à 16:41 · 153 photos 143 messages · 20 participants · 10 770 affichages | | | | 8. Trois moments forts à Madurai
La journée du lendemain, et ce contre toute attente, va constituer un des moments forts de notre voyage. Le petit déjeuner indien que nous avions commandé est à peine mangeable. C’est de la nourriture d’hôpital. Nous nous forçons et nous efforçons cependant d’en manger le plus possible, pas question de jeter. Bruno se propose d’aller porter les restes aux vaches du coin, à l’indienne. Dans la rue il va nouer une vraie relation avec une jeune chienne errante au poil ras qu’il baptise du nom de « Snoopie » Chaque fois que nous entrons ou sortons du bâtiment Snoopie l’attend et lui fait la fête en remuant la queue. Une petite caresse à Snoopie et nous filons en ville pour une visite complète du temple. Nous avons demandé à Vijay de nous trouver un guide francophone afin de mieux comprendre ce que nous allons voir.
Le temple de Meenakshi, avatar de la déesse Parvati est également un temple dédié à Shiva. Le guide nous accueille, il s’exprime dans un très bon français. Les règles pour pénétrer dans le temple sont strictes : ni chaussures, ni appareil photo, ni portable et passage par un portillon électronique. Nous pénétrons dans l’immense sanctuaire. A l’intérieur de la grande cour qui donne sur les différents temples, notre guide nous délivre un petit cours de religion hindoue bienvenu. Puis la visite commence, elle va durer près de deux heures. Grâce aux explications du guide nous ressentons plus facilement l’ambiance générale du sanctuaire, lieu spirituel, lieu d’art et d’histoire mais aussi lieu de vie. Rien de commun avec les églises de chez nous où le silence s’impose le plus souvent. Ici c ‘est un brouhaha continuel, des rires, des chants, des marques de piété forte également. L’atmosphère est chaleureuse, décontractée. Il y a même une cantine qui offre gratuitement des repas aux pèlerins. Moment d’intense émotion esthétique quand nous découvrons le pavillon aux Mille Colonnes. Dans l’immense salle, des statues de Shiva grandeur nature en haut-relief semblent littéralement sortir du granit dans lequel elles ont été sculptées. Les dieux dansent, sourient, on les croirait vivants. C’est magnifique ! Nous sortons ravis de la visite, la déception d’hier est oubliée.
Nous décidons d’aller nous restaurer au Sree Sabarees, une adresse que nous avons piquée dans le carnet VF de Pagal. Il s’agit en fait d’une chaîne de restaurants à la clientèle très populaire, de type cantine. La cohue est indescriptible. Aucune place pour s’asseoir. Le patron nous a repérés et nous demande d’attendre dans la salle. Nous sommes là plantés au milieu de toute cette activité. Les serveuses nous bousculent pendant que nous regardons les gens manger. Tout va très vite, la rotation de la clientèle est très rapide, ce n’est pas un lieu dans lequel on s’attarde. Le groupe qui occupe notre future table est prié plus ou moins explicitement de laisser la place. Nous pensons avec un peu de gêne qu’il s’agit d’une faveur que le patron octroie à des touristes occidentaux. Pas du tout, c’est le fonctionnement du lieu. On mange rapidement et on dégage. Nous nous installons Le repas est servi à même des feuilles de bananier. Du riz en plat principal, accompagné de trois portions disposées en tas. Je reconnais un curry de pomme de terre et chou-fleur, probablement un chutney, je n’arrive pas à identifier la troisième. Toujours sur la feuille, un pappad, galette croustillante et deux petits pots, l’un contenant une sauce douce à base de yaourt et l’autre une sorte de riz au lait. L’ensemble est délicieux, subtilement épicé. Pas de couverts, on mange avec les doigts. Kate me donne un petit coup de coude pour m’indiquer de changer de main. Je suis gaucher. Au bout d’un petit quart d’heure, un groupe d’Indiens se tient ostensiblement devant notre table. Il est temps de décamper à notre tour.
Nous avons rendez-vous à la guesthouse en milieu d’après-midi pour une visite de l’orphelinat : the « Grace Kennett Foundation » Il s’agit d’une institution sociale privée destinée à recueillir des orphelins et à faciliter ensuite leur adoption. Une femme élégante au regard lumineux nous accueille et se présente. « My name is Nirmala, I am social worker. » Elle nous fait entrer dans son bureau et nous demande de poser appareil photo et portables. La discussion s’engage, elle nous explique le fonctionnement de la fondation et les immenses défis que celle-ci doit relever. Nathalie qui est elle aussi une travailleuse sociale est captivée. Les deux femmes qui vivent des réalités professionnelles parfois similaires sont instantanément en connexion. Complètement immergée dans l’échange Nathalie hausse son niveau d’anglais comme si elle était bilingue. Nous autres sommes largués, mais notre amie s’interrompt régulièrement pour traduire ce qu’elle apprend. Le centre accueille actuellement 22 orphelins, 15 filles et 7 garçons. 14 d’entre eux ont été confiés à la fondation par de jeunes mères, les 8 autres ont été déposés, c’est à dire abandonnés devant le centre. La plupart de ces enfants viennent des espaces ruraux où la misère économique et sociale est encore très forte. Nirmala fait également allusion aux grossesses non désirées consécutives aux viols que subissent les femmes, ainsi qu’à la naissance des petites filles trop souvent encore considérée comme une catastrophe dans certaines campagnes. Il est temps d’aller visiter la pouponnière dans laquelle vivent ces enfants entre quelques mois et 3/4 ans. Nous entrons dans cet univers infantile qui sent tout à la fois le propre et la couche-culotte souillée. Les assistantes maternelles nous accueillent avec le sourire. Les nourrissons sont couchés sur des lits, les plus grands sont installées dans des parcs. Nous avons la gorge nouée tous les quatre, l’œil humide mais nous nous efforçons d’être souriants. Un petit garçon tout noiraud nous regarde d’un air étonné, puis se met à pleurer. Ce qui nous émeut le plus, n'est pas la vue des enfants eux-mêmes, mais l’idée du futur qui leur est réservé. Les plus chanceux auront peut-être droit à un deuxième chemin, une autre vie que celle qui les attendait. Mais pour les enfants les moins attirants, ceux qui souffrent de handicap, comme la petite aveugle qui nous a été présentée, l’avenir s’annonce bien difficile. La visite s’achève. Nous remercions le personnel et Nirmala pour leur accueil. Avant de partir nous décidons de faire un don à la Fondation.
Nirmala
La journée a été intense en émotions de toute sorte. Demain nous laissons le Tamil Nadu pour le Kérala. Et Bruno n’oubliera pas de dire au revoir à Snoopie, orpheline des rues elle aussi, mais à l’existence peut-être moins précaire. Bruno aurait aimé l’amener avec nous mais Nathalie lui a dit que ça n’allait pas être possible. | | | Annonce · Sponsorisé | | | je n’arrive pas à identifier la troisième
C'est un pickle de mangue. (Si j'avais du temps, j'aurais pu réagir sur les dizaines de choses intéressantes qui ont été dites depuis hier mais j'ai choisi ça).
J'avais adoré Madurai. | | | My name is Christelle and I am also social worker 😅. Comme Nathalie, j'aurais adoré discuter avec Nirmala mais rencontrer les enfants m'auraient "retourné les tripes" par contre. Mais ils ont "la chance" d'être dans une petite structure. Espérons que leur prise en charge est adaptée et qu'ils sont bien entourés ! | | | Comme Nathalie, j'aurais adoré discuter avec Nirmala mais rencontrer les enfants m'auraient "retourné les tripes" par contre.
Je me revois passer cette porte donnant sur une salle remplie de petit lits à barreaux de bois. Dans ces lits, des bébés qui gigotent. Une des assistantes a pris dans ses bras la petite fille dont Richard a parlé pour nous la présenter. Elle était aveugle, il lui manquait des doigts. Elle était comme une poupée de chiffon, sans réactions. "Celle-ci ne sera jamais adoptée" nous a confié l'assistante 
Le soir le directeur de l'orphelinat nous a invités à jouer au paddle-tennis (un terrain se trouve juste à côté). Nous avons dit oui mais finalement nous sommes restés à l'appart, silencieux devant une bière, des dates et autres cochonneries à grignoter. La journée avait été trop intense, nous sommes allés rapidement nous coucher. | | | À: Kate · 12 février 2025 à 18:39 · Modifié le 12 fév. 2025 à 20:20 Re: Découverte de l’ Inde du Sud : Tamil Nadu et Kérala Message 45 de 143 · Page 3 de 8 · 748 affichages · Partager J9/10. Entrée dans le Kérala : Munnar et ses plantations de thé
L’idée était de faire un séjour prolongé afin de profiter davantage de la campagne et des forêts d’altitude, de la nature encore sauvage. Mais le temps pluvieux et frais va contrarier un peu nos projets. En Inde ou ailleurs la montagne c’est chiant quand il fait mauvais. Munnar est une station d’altitude très prisée chez les Indiens qui viennent y chercher de la fraîcheur et profiter des balades en montagne. Disons-le tout de suite Munnar est très moche, pourtant nichée dans un site remarquable traversé d’une grande rivière et cerné de collines verdoyantes. Le centre urbain étalé en fond de vallée est littéralement étouffé par l’intense circulation automobile qui génère une pollution atmosphérique importante. Ah, l’air pur de la montagne ! Traverser la rue principale relève de l’exploit urbain et demande une bonne maitrise des techniques d’évitement à l’Indienne. La plupart des bâtiments paraissent assez délabrés et s’étalent dans la ville de manière anarchique.
Malgré tout ce qui vient d’être dit plus haut nous avons passé de biens agréables moments dans cette petite cité du Kérala. Il y a dans ces villes indiennes rarement attirantes au premier abord un je ne sais quoi presque tellurique qui éveille le corps et l’esprit, comme une énergie vitale stimulante. C’est exactement la même chose que pour la cuisine indienne difficile à avaler à la première bouchée puis goûteuse et tonique par la suite. Regard déformé du touriste qui trouve toujours ce qui est nouveau intéressant ? Peut-être aussi.
Notre guesthouse Landy Queen est située un peu en contre-haut du centre, dans un endroit à l’écart du brouhaha et des encombrements. Ronnie le propriétaire nous accueille avec chaleur. C’est un petit homme souriant à l’expression bienveillante. Il va se mettre en quatre pour que notre séjour se déroule du mieux possible. En faisant le « check-in » il nous indique que le petit déjeuner n’est pas compris ce qui était en contradiction avec les prestations indiquées dans booking. Il a l’air assez ennuyé par cette erreur du site de location et nous propose de le prendre tous les matins dans sa propre maison sans aucunement le facturer. Classe Ronnie !
Le soir nous allons dîner au Gurubhavan un restaurant très touristique mais à la clientèle presque exclusivement indienne. Grande salle, grandes tables, lumière blanche des néons, atmosphère bourdonnante comme toujours. Le personnel est aimable, patient et prévenant. Contrairement aux autres clients nous avons droit à des assiettes et des couverts. Les filles commandent un masala dosa, Bruno un poulet tandoori, moi des noodles préparées à l’indienne. 1200 roupies à quatre, plus le lassi de Bruno. Ce n’est vraiment pas cher et c’est très bon.
Ce matin nous partons pour une petite excursion de 2 heures à la découverte des plantations de thé. Le temps ne s’est pas encore dégradé et la balade est bien agréable au milieu de ce paysage modelé par l’activité humaine. Nous apprenons que les théiers sont en réalité des arbres et qu’il faut donc les tailler à ras pour qu’ils ne grandissent pas. Le guide nous explique également que le thé qu’il soit noir ou vert ou blanc provient de la même plante. La différence tient simplement au moment de la cueillette dans la maturité des feuilles. Selon la lumière et les points de vue sur les collines cultivées, les dégradés de vert changent de même que les formes des taillis. De loin l’ensemble ressemble parfois à de la moquette. On a envie de la toucher ou d’y plonger pour s’y lover. Je suis quand même surpris par l’importance des pentes et l’étroitesse des chemins d’accès. Ramasser le thé a l’air d’être une épreuve difficile, un travail harassant. La partie de propriété que nous visitons cependant est vide d’ouvrières. Selon notre guide elles sont en train de récolter sur un autre pan de la colline.
Petite visite ensuite au musée du thé avec reconstitution d’une chaîne de fabrication. Dans la boutique nous achetons des thés, de l’encens. Les prix sont dérisoires mais faisons-nous les bons choix ? Il est temps d’aller boire un thé. Pendant que Bruno fume sa clope et que Kate prend des photos, Nathalie et moi faisons la queue devant une petite baraque. Mais nous le savons depuis l’an dernier attendre dans une file en Inde s’avère être une lutte de tous les instants. Ça ne rate pas. Une mère et son fils débordent la file par le côté et cherchent à nous passer devant. Regard noir de Nathalie adressé à la mère, regard noir de la mère lancé sur Nathalie. Le jeune lui, fait semblant de rien. Qui va l’emporter ? Je puise alors en moi un peu de colère et laisse tomber mon côté trop bien élevé. « Please, follow the lane ! » J’ai fait très fort. Le jeune homme s’excuse et nous pouvons commander les premiers. On a gagné ! L’après-midi une pluie fine commence à tomber. Vijay nous amène visiter un jardin botanique, de plantes ayurvédiques. Pas inintéressant mais sans plus. Retour au centre en fin de journée histoire d’absorber l’énergie de la ville et d’emplir nos poumons de CO2. Demain on grimpe vers les sommets, direction Top Station.
| | | Je puise alors en moi un peu de colère et laisse tomber mon côté trop bien élevé
Alors là ! Ha ha je rigole  Ton côté "très bien élevé" aurait habituellement donné des: "mais je vous en prie, s'il vous plaît", "bien madame merci madame", "mais monsieur, de grâce, après vous"... Mais où es-tu aller puiser cette colère ? Remarque, ça compense avec mon côté bulldozer ! | | | À: Kate · 13 février 2025 à 13:06 Re: Découverte de l’ Inde du Sud : Tamil Nadu et Kérala Message 47 de 143 · Page 3 de 8 · 707 affichages · Partager C’est le problème des carnets à 4 mains : Des fois on assiste à quelques mises au point... | | | C’est le problème des carnets à 4 mains : Des fois on assiste à quelques mises au point... 
🎶C'est peut-être ça l'amour... 🎶 | | | À: Kola · 13 février 2025 à 15:57 Re: Découverte de l’ Inde du Sud : Tamil Nadu et Kérala Message 49 de 143 · Page 3 de 8 · 673 affichages · Partager C’est le problème des carnets à 4 mains : Des fois on assiste à quelques mises au point... 
🎶C'est peut-être ça l'amour... 🎶 
Et le carnet n'est pas fini 
J11. Munnar : que faire par temps de pluie ?
Quand le ciel bas et lourd...Temps pourri ce matin, inutile de faire une heure de voiture pour aller balader en montagne. Nous envisageons un moment de quitter Munnar et d’annuler la troisième nuit à l’hôtel. Mais ce ne serait pas correct vis-à-vis de Ronnie qui s’est montré si prévenant à notre égard.
Vijay nous propose la visite d’un lac de barrage à une demi-heure en voiture de la ville. Le lac est situé en contrebas, à l’écart de la route dans un environnement paisible et plutôt charmant. L’endroit doit être assez touristique au vu du nombre important de petites baraques qui entourent le plan d’eau. Mais aujourd’hui, les singes mis à part, il n’y a pas grand monde, à cause du temps sans doute. Tout un réseau de chemin serpente dans une jolie forêt d’eucalyptus. Capuches sur la tête nous faisons une courte mais bien agréable balade.
Avant de retourner à la voiture nous invitons Vijay à boire un bon chai bien chaud. En Inde du Nord nous buvions des massala tea, ici on dit plutôt chai, et il me semble que le goût en est légèrement différent. Ils sont généralement servis dans des dabara : deux contenants en métal, un gobelet et une profonde soucoupe. L’astuce consiste à faire passer le breuvage de l’un à l’autre afin de le refroidir.
Dernier après-midi à Munnar. Au programme, shopping, visite de l’église, du petit marché et photos de rue pour Kate. L’église bâtie en 1911 est ancrée au sommet d’une colline dominant la ville. Tout comme la mosquée d’ailleurs, et tout comme le temple hindou. La puissance de la religion s’inscrit toujours dans l’espace. J’avais d’ailleurs évoqué avec Ronnie qui est chrétien, la question religieuse en Inde. Il m’avait fait remarquer qu’au Kérala la cohabitation s’effectuait sans problème. « The problem is in the politic » m’avait-il dit en conclusion. Nous savons qu’au niveau national la politique à forte connotation identitaire du Premier ministre Modi est ostensiblement pro-hindoue. Le Kérala semble échapper à ces tensions religieuses exacerbées par le pouvoir.
Déambulation dans les rues encombrées de la ville, mais le petit marché en partie couvert, est à l’écart de la circulation. Kate aperçoit sur un des ponts de la ville, une vieille femme assise en train de vendre de magnifiques cheveux noirs. Elle la prend en photo. « Je la mettrai dans le carnet, tu en parleras. OK ? » « OK »...
La journée s’achève. Demain direction la côte de Malabar sur la mer d’ Oman, les backwaters, les plages. On va pouvoir ressortir t-shirts et lunettes de soleil.
| | | Avant de retourner à la voiture nous invitons Vijay à boire un bon chai bien chaud. En Inde du Nord nous buvions des massala tea, ici on dit plutôt chai, et il me semble que le goût en est légèrement différent.
En fait c'est le contraire, on dit chai dans le nord et masala tea dans le sud même si chai ou chaya y sont de plus en plus utilisés. Et oui, ils sont légèrement différents car dans le nord, l'eau, le thé, les épices et le lait sont bouillis à feu fort dans la casserole. Dans le sud, le thé noir infuse d'abord dans l'eau avec le mélange d'épices broyées et on le mélange souvent à du lait concentré sucré à l'aide de deux carafes pour le rendre un peu mousseux, à la manière du filter coffee. | | | En fait c'est le contraire, on dit chai dans le nord et masala tea dans le sud même si chai ou chaya y sont de plus en plus utilisés.
Ah oui ? Pourtant plusieurs fois, je me souviens dans le Kerala, nous n'avons pas trouvé de masala tea et on nous proposait du tea, ou du ginger tea. Mais bon, c'était toujours excellent ! J'en ai acheté en poudre mais pas encore essayé. J'ai quelques doutes | | | À: Kate · 13 février 2025 à 22:11 Re: Découverte de l’ Inde du Sud : Tamil Nadu et Kérala Message 52 de 143 · Page 3 de 8 · 623 affichages · Partager C'est tout à fait ce que je disais en fait Catherine en réponse à Richard qui disait le contraire. Dans le sud, on utilise le terme tea (masala, ginger ou tout ce que tu veux). Alors que dans le nord on dit chai. | | | En fait c'est le contraire, on dit chai dans le nord et masala tea dans le sud même si chai ou chaya y sont de plus en plus utilisés. Et oui, ils sont légèrement différents car dans le nord, l'eau, le thé, les épices et le lait sont bouillis à feu fort dans la casserole. Dans le sud, le thé noir infuse d'abord dans l'eau avec le mélange d'épices broyées et on le mélange souvent à du lait concentré sucré à l'aide de deux carafes pour le rendre un peu mousseux, à la manière du filter coffee.
Je mettrais bien volontiers mon grain de sel dans ce thé, mais ça aurait l'air de dire que tu te trompes... En revanche, oui, tu as raison, on dit tea dans le sud et chai dans le nord. Et malgré la rivalité sud/nord et le boycott de tout ce qui est nord, on dit de plus en plus chaya dans les restaus et même dans le train. Probablement à cause de l'influence de tous les touristes indiens du nord qui adorent venir en vacances dans le sud et ont apporté leur terme. | | | À: Kate · 14 février 2025 à 0:27 Re: Découverte de l’ Inde du Sud : Tamil Nadu et Kérala Message 54 de 143 · Page 3 de 8 · 599 affichages · Partager J'en ai acheté en poudre mais pas encore essayé. J'ai quelques doutes 
Bonjour Kate Tu as acheté quoi en poudre ? Du tea ou du masala chai ?  Les deux ne sont pas terribles ! En fait un bon masala chai, c'est un peu long à préparer... Moi quand j'en fais j'en prépare une grande théière d'un litre et demi, voire plus et après avoir bu mon content, je filtre et le mets au réfrigérateur pour plus tard. Même le lendemain. Et froid (glacé) c'est absolument délicieux, surtout l'été. Et j'ai découvert qu'ici en Thaïlande où je suis en ce moment, le thé est servi glacé partout. Et le Thaï tea est un cousin germain du masala tea mais moins épicé. Un bon masala chai doit être bien épicé. Le mien est si excellent que mes amis indiens me demandent très souvent de leur en préparer car eux ne savent pas le faire... | | | Je mettrais bien volontiers mon grain de sel dans ce thé, mais ça aurait l'air de dire que tu te trompes...
Mais il n'y a absolument aucun mal à ça, au contraire! Dans tous les cas, j'ai toujours vu faire comme je l'ai dit dans le nord, dans la rue comme à la maison. Pour le sud j'ai également vu faire comme je l'ai dit dans la rue au Tamil Nadu, dans les gargotes tamoules de Paris et chez des amis du Karnataka aussi. Mais je ne doute pas que d'autres font autrement chez eux. Tu me diras quand même mon erreur!
Tiens, sur ce je vais me préparer un chai (du nord) | | | Tu as acheté quoi en poudre ? Du tea ou du masala chai ? 
J'ai ramené ça:
| | | À: Kate · 14 février 2025 à 19:33 Re: Découverte de l’ Inde du Sud : Tamil Nadu et Kérala Message 57 de 143 · Page 3 de 8 · 541 affichages · Partager Just tea for two And two for tea Just me for you And you for me alone ... | | | J12. En route pour Munroe Island et les backwaters
Des faucilles et des marteaux peints sur les murs, des affiches, des portraits de Marx et de Lénine. Le Kérala est rouge, et nous avons eu le temps de nous en apercevoir au cours de notre long trajet vers le littoral. C’est d’ailleurs le seul Etat d’ Inde (et probablement du monde) dirigé par un gouvernent communiste librement élu. Cette configuration politique explique en partie, et je le dis sans volonté de propagande, les excellents résultats que la région obtient en matière d’éducation, de droits des femmes et plus généralement de développement humain. Pour ceux que cela intéresse, je vous mets en lien un court article de France Info sur le sujet ici
Arrivée à Munroe Island en milieu de journée, une petite presqu’île située dans la partie méridionale des backwaters. C’est grâce à la lecture d’un blog formidable intitulé « Mi-figue, mi-raison » que nous avions écarté l’idée de nous baser à Allepey, ville certes plus centrale et idéale pour découvrir les environs, mais très touristique. Notre guesthouse, la Coconut Homestay est située au cœur d’une palmeraie, une cocoteraie en réalité, loin de l’agitation urbaine dans un environnement où activités humaines et espaces naturels semblent en symbiose.
Vue depuis notre chambre
Rahul, le jeune chef de famille nous accueille avec cordialité. Mais avant de nous installer il faut dire au revoir à Vijay. Comme prévu la suite du voyage se fera sans lui. Il y a toujours un peu d’émotion à quitter quelqu’un que l’on a côtoyé quotidiennement dans des conditions de confiance et de respect mutuel. Nous réglons la facture. Poignée de main solide et chaleureuse. « Bye, Vijay, take care ! » Après nous avoir rapidement expliqué l’organisation de sa maison d’hôtes, Rahul nous propose une visite des backwaters en barque pour demain matin à l’aube.
Ce que l‘on appelle les backwaters consiste en une série de lagunes qui se sont formées en arrière du cordon littoral, d’où leur noms. Ils constituent un écosystème particulier formé de lacs, de mangroves, d’îlots dans lequel la faune et la flore sont particulièrement abondantes et variées. Mais cet espace naturel est également aménagé par tout un réseau de petits canaux, de ponts, de chemins qui permettent aux hommes de circuler dans un univers mi-terrestre, mi-aquatique.
| | | Notre guesthouse, la Coconut Homestay est située au cœur d’une palmeraie, une cocoteraie en réalité, loin de l’agitation urbaine dans un environnement où activités humaines et espaces naturels semblent en symbiose.
Si vous lisez ce post c'est votre jour de chance ! Une excellentissime adresse ! Répertoriée nulle part dans les guides, cet endroit a été l'un des plus agréables de notre séjour. Le lieu enchanteur au milieu des cocotiers, l'accueil de Rahul qui a répondu à toutes nos demandes avec bienveillance, le confort des chambres et son rapport qualité prix imbattable à 1400 INR petit déj inclus.
| | | À: Kate · 16 février 2025 à 12:53 Re: Découverte de l’ Inde du Sud : Tamil Nadu et Kérala Message 60 de 143 · Page 3 de 8 · 460 affichages · Partager 13/J14/J15. Les backwaters en barque, à pied, en tuk-tuk, en voiture... (1)
5h30, le jour n’est pas encore levé. A la lueur de sa lampe torche, Rahul conduit le petit groupe au pied de l’embarcadère. C’est parti pour trois heures de découverte au fil de l’eau. La barque glisse en silence le long des biefs étroits. Les passages sous les ponts très bas nous contraignent chaque fois à nous allonger au fond de l’embarcation. Il fait presque froid. Le clapotis des rames, la légère brise qui caresse le visage, le noir de la nuit qui vire au gris clair puis se teinte de rose, les glapissements, trilles, hululements des oiseaux nocturnes... Nous vivons une expérience sensorielle assez intense. L’aube laisse la place à l’aurore, nous débouchons sur une immense étendue d’eau, le lac Ashtamudi, le deuxième du Kérala en superficie. Déjà des groupes de pêcheurs s’affairent. En relevant leurs filets ils attirent toute une nuée d’oiseaux. Ce ne sont pas des mouettes comme chez nous, mais des aigles du Kérala. Ils sont magnifiques. Depuis les différentes barques les pêcheurs échangent entre eux dans une langue que nous ne comprenons évidemment pas, le Malayalam.
Les trois heures sont vite passées, comme dans un rêve. Au retour le petit déjeuner préparé par la famille de Rahul, nous attend.
L’après-midi après une courte sieste quand même, nous prenons un tuk-tuk pour aller visiter un petit port de pêche sur la presqu’ile. Nous arrivons sous une immense halle qui sert à la fois de débarcadère et de criée aux poissons. L’ambiance, sonore comme visuelle est très couleur locale. Mais je me sens à l’aise dans cette atmosphère qui me rappelle les sensations que j’éprouvais quand je visitais avec mon père la criée de Sète, ma ville natale.
Repas pris en commun le soir avec les autres pensionnaires, tous français ! A table nous faisons la connaissance d’Élizabeth, femme souriante et chaleureuse, voyageuse de l’ Inde en solitaire, à qui nous adressons un fraternel salut si elle lit ce post. | Carnets similaires sur l'Inde: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 2 508 visiteurs en ligne depuis une heure! |