J19. Une journée à la Dame Rouge avec Marco. Petits plaisirs d’un quotidien en vacances.
Nous sommes tout de même basés assez loin de
Cochin, plus de deux heures aller-retour. Pourquoi ne pas profiter aujourd’hui de la Dame Rouge, de son hôte et des environs ?
Le début de matinée est consacré à l’achat d’épices au village. Marco nous servira de guide et de conseil. Nous partons avec lui, Bruno à l’arrière de sa moto, et nous en tuk-tuk... rickshaw ?
Nous arrivons sur une petite place entourée de boutiques dans une ambiance très locale. Marco semble assez connu, il s’adresse aux commerçants dans un
malayalam très fluide pour peu que je puisse en juger. Les différentes épices sont stockées en vrac dans des sacs de toile. Badiane, cardamome, gingembre, curcuma, cannelle, poivre... Un festival visuel et olfactif. Une boutique plus loin et nous achetons du sucre brut présenté sous forme de boules, qu’il faut râper pour saupoudrer un plat.
Au retour, Marco me propose de monter à l’arrière de son engin. Ça va, il est prudent et roule tranquillement. Par-delà le bruit du moteur, j’entame une petite discussion avec lui. Il semble très soucieux de savoir si nous sommes satisfaits de son hébergement, de son accueil. Malgré son expérience il a l’air de douter. Quatre personnes aux caractères si différents, aux attentes peut- être contradictoires... Je le rassure, tout va bien. « Tu sais, nous sommes assez faciles à lire... » Il confirme.
La matinée est à peine entamée, nous avons le temps d’aller sur la plage, à dix minutes.
C’est bon vraiment de se tremper dans une eau aussi tiède, sans effort aucun. En Méditerranée, en tout cas sur la côte audoise, l’eau est souvent froide quand souffle le vent du Nord. Et il souffle souvent.
L’après-midi sera réservé aux massages ayurvédiques. Marco nous avait proposé la veille de profiter du savoir-faire d’une de ses connaissances qui maîtrisait selon ses dires, l’art du massage.
Kate, Nathalie et Bruno acceptent avec enthousiasme. Je refuse, instruit par l’expérience de l’an dernier à
Jaipur où le masseur avait martyrisé mon corps plus qu’il ne l’avait détendu. Au vu du langage corporel des mes amis, de leur sourire béat et de leurs pupilles dilatées, après la séance, je dois dire que je regrette ma méfiance.
Fin d’après-midi. Nous partons nous promener au bord de la lagune, à quelques pas de la maison. Ici aussi, nous sommes dans les
backwaters. Beau moment partagé à quatre sur un petit ponton, devant ces eaux calmes aux couleurs changeantes dans le jour finissant. Un héron se pose avec grâce sur un filin, une barque de pécheur glisse en silence. Nous plaisantons je ne me souviens plus à quel propos, mais je nous sens en harmonie, dans un moment paisible et partagé. Je sais alors, malgré les quelques petits moments de tensions inhérents à toute aventure commune, je sais que notre voyage a été une réussite.
Parfait, c’est l’heure de l’apéro !
J’ai lu dans les forums que certains voyageurs évitent les hébergements chez des Français. Trop facile, trop éloigné des réalités indiennes, pas assez immersif. Je comprends tout cela, mais loger chez quelqu’un qui a 30 ans d’expérience de vie en
Inde peut s’avérer très intéressant pour en apprendre davantage sur les gens qui y vivent.
Marc nous raconte son vécu, sa relation avec la famille tamoule qui vit avec lui, sa perception de l’
Inde et des Indiens. C’est son histoire, son ressenti forcément subjectif, mais précieux pour appréhender ne serait-ce qu’un peu, la complexité du pays. Un mot pour finir, sur l’explication du nom « la Dame Rouge ». Marc ne nous en a pas parlé directement, mais j’ai trouvé la réponse sur le site
lepetitjournal.com
. Il s’agirait en fait d’une expression tamoule faisant allusion à la peau rougie des européennes trop exposée au soleil.
Demain le compte à rebours du retour est enclenché. Vol intérieur pour
Chennai / Madras avant de prendre le long courrier qui nous ramènera en
France.