Kate · 7 février 2025 à 16:41 · 153 photos 143 messages · 20 participants · 10 768 affichages | | | | 7 février 2025 à 16:41 · Modifié le 8 fév. 2025 à 20:56 Découverte de l’ Inde du Sud : Tamil Nadu et Kérala Message 1 de 143 · Page 1 de 8 · 6 210 affichages · Partager Bonjour tout le monde
C’est parti ! Après avoir connu le nord les 4 amis trouvent le sud. Nous vous présentons ce nouveau carnet, dédié au petit groupe et sa solide amitié, écrit de la plume de Richard et illustré des photos de Kate. J’interviendrai de temps en temps pour les infos pratiques.
Avant toute chose je remercie ceux et celles de Voyage Forum qui nous ont aidés à construire ce voyage. Il aurait été sans doute différent si nous nous étions contentés des guides papier.
Le circuit a duré un peu plus de 3 semaines : Mahabalipuram, Pondichery, Thanjavur, le Chettinad, Madurai, Munnar, Munroe Island, Cochin, Chennai. Nous avons circulé en train et en taxi, en voiture avec chauffeur, pris un vol intérieur, dormi dans des guesthouses, appart airbnb, hôtels. Pour chacun, vols compris, le budget s’élève à peine à 2000€ et nous ne nous sommes privés de rien sachant que nous fuyons les resorts et que nous aimons la cuisine de rue ou les petits restaus indiens.
| | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Kate · 7 février 2025 à 17:28 Re: Découverte de l’ Inde du Sud : Tamil Nadu et Kérala Message 2 de 143 · Page 1 de 8 · 6 196 affichages · Partager Hello Kate, Cool, voilà l' Inde du sud  Je ne suis pas gênée pour faire type de portrait, pas besoin de demander  . | | | À: Kate · 7 février 2025 à 17:39 Re: Découverte de l’ Inde du Sud : Tamil Nadu et Kérala Message 3 de 143 · Page 1 de 8 · 6 196 affichages · Partager Alors oui, retour en Inde, au sud cette fois-ci et toujours à quatre, les mêmes. Bis repetita placent. Personne n’a vraiment changé depuis l’an dernier. Nathalie l’enthousiaste toujours prête à « kiffer de ouf », Bruno le placide qui vit le moment présent sans chercher à savoir où il se trouve exactement, Kate la chasseuse d’images et son fidèle Nikon autour du cou, et moi chargé de mettre en mots notre vécu commun pour l’ancrer dans nos souvenirs. Nous repartons donc avec l’expérience du premier voyage même si nous nous attendons à une Inde différente de celle du nord. Trois semaines pour un périple à travers le Tamil Nadu et le Kérala. Embarquement immédiat...
J1. Arrivée à Mahabalipuram
Premiers pas matinaux dans la petite ville, premières impressions. Les 10 heures d’avion et l’arrivée tardive dans la nuit nous ont lessivés, nous avons la sensation assez troublante mais classique au vu des circonstances de flotter et d’être un peu hors réalité. Notre premier réflexe est de faire des comparaisons avec l’ Inde du Nord. Il fait plus chaud, beaucoup plus chaud, nous sommes sous les tropiques, l’ambiance est estivale. Nous retrouvons le tohu-bohu habituel des villes indiennes, le concert des klaxons, la vie fourmillante, la profusion des couleurs. Mais ce qui me frappe le plus est la peau noire des hommes et des femmes. Et je suis fasciné par cette pigmentation subtilement différente, mais je ne saurais dire exactement en quoi, des Africains subsahariens. Nous sommes en pays tamoul.
Nous logeons dans une guesthouse Squirrel Nest Guest House au cœur du quartier des pêcheurs, un village dans la ville à l’écart du bruit de la circulation. Petites maisons basses très colorées, ruelles étroites encombrées de filets. Sur le pas des portes des femmes dessinent des motifs géométriques en forme de rosace aux milles couleurs variées. Ce sont des kolams, des signes religieux tracés à la poudre de riz. Ils constituent tout à la fois une offrande quotidienne aux dieux et permettent d’attirer la prospérité sur la maison, la famille, ils délivrent en même temps un message de bienvenue.
La plage est à deux pas, jonchée de détritus, elle n’est pas très attirante. Mais cela ne nous choque pas vraiment, c’est une plage de travail couverte de petites embarcations de pêcheurs. Nous nous sentons vite très bien dans cet environnement tout aussi vivant qu’apaisant.
L’après-midi est consacré aux premières visites, Maha dispose d’un patrimoine architectural exceptionnel le plus riche à mon sens de tout ce que nous découvrions au cours de notre voyage en Inde du sud. Le « Shore temple », le temple du rivage à quelques encablures de l’océan montre d’harmonieuses proportions avec ses deux petites tours regardant vers la mer. Daté du VIIIe siècle la plupart des sculptures qui le décorent sont assez érodées par le temps et les éléments marins. Un petit tour de tuk-tuk pour aller voir ensuite les « Cinq Ratha », cinq petits temples délicatement taillés dans un seul bloc de granit, chacun dédié à un dieu et accompagnés chacun d’un animal gigantesque servant de monture à la divinité. Je reconnais Nandi le taureau véhicule de Shiva et j’admire la sculpture monumentale d’un éléphant grandeur nature véhicule de la déesse Indra.
Premier diner indien au « Yogi » un joli établissement tenu par une française à l’étage d’un toit-terrasse. Nous retrouvons les sensations provoquées par la nourriture spicy. La première bouchée est toujours la plus difficile. Le nez coule, la sueur perle au front puis les épices produisent leur effet anesthésiant et la nourriture passe ensuite toute seule .Même dans les endroits les plus isolés les nuits indiennes sont rarement silencieuses. Combats de chiens, caquètement de poules, cocorico d’un coq insomniaque et surtout au cœur de la nuit une musique religieuse diffusée par des haut-parleurs. Le réveil est un peu difficile, aucun de nous n’a très bien dormi.
| | | J2. Mahabalipuram
Ce matin nous visitons le site archéologique principal de Maha situé dans un très joli parc à flanc de colline. Il s’agit d’un site religieux datant des VIIe et VIIIe siècle. Un ensemble remarquable de temples taillés à même les blocs de granit. Le temple rupestre de Trimurti dédié aux trois dieux principaux de l’hindouisme, Brahma, Shiva, Vishnu, est absolument superbe. Comme souvent en Inde les dieux sont souriants et ils ne sont pas les seuls. De nombreux visiteurs indiens nous adressent des sourires et des regards bienveillants, nous demandant parfois de faire des selfies avec eux. L’atmosphère est paisible et chaleureuse, c’est vraiment très agréable. Surtout il n’y a pas comme sur les grands sites d’ Inde du Nord des nuées de vendeurs ambulants cherchant par tous les moyens à nous refourguer leurs bibelots. Un mot pour être complet sur les visites, à propos d’un immense bas-relief entièrement sculpté dans un seul bloc de pierre appelé « l’Ascèse d’Arjuna ». Le Lonely Planet parle d’un chef-d’œuvre de l’art antique indien. Je confirme. VIIe siècle, chez nous c’est l’époque des Mérovingiens certes balaises en orfèvrerie, mais bien plus limités en architecture comme en sculpture.
Depuis hier nous avions remarqué d’innombrables cohortes de touristes indiens, surtout des femmes, vêtues de magnifiques saris ou tuniques rouge. En interrogeant une marchande de fruits nous croyons comprendre qu’il s’agit de pèlerins qui effectuent des voyages organisés à but religieux sous la forme de tour operator. Des circuits touristico-religieux en quelque sorte. Nous nous amusons à suivre tous ces petits groupes bruyants et enthousiastes dans la grande allée principale qui mène vers la mer et le shore temple. Des deux côtés de l’avenue c‘est une profusion de petits étals qui vendent bibelots, petits jouets et colifichets en tout genre. Nous comprenons vite que tous ces gens, ces familles se dirigent vers la plage, non pour y accomplir un bain rituel mais simplement pour voir l’océan et pour certains s’y tremper tout habillés avec force éclats de rire. Et je songe en regardant tout ce monde joyeusement agité que peut-être certains d’entre eux n’avaient jamais vus la mer.
Après un bon repas dans un resto de poissons au bord du rivage nous rentrons nous coucher. Aux alentours de 4h, 4h30 du matin je suis à nouveau réveillé par des musiques religieuses diffusées dans le quartier par des haut-parleurs. Je ne comprends pas. Les Indiens ne dorment donc jamais ? | | | Je ne suis pas gênée pour faire type de portrait, pas besoin de demander  .
Si tu vas en Inde, tu n'auras pas besoin de demander, les indiens te prient de les photographier, eux ou leurs enfants 
| | | À: Kate · 7 février 2025 à 18:42 Re: Découverte de l’ Inde du Sud : Tamil Nadu et Kérala Message 6 de 143 · Page 1 de 8 · 6 174 affichages · Partager Je ne suis pas gênée pour faire type de portrait, pas besoin de demander  .
Si tu vas en Inde, tu n'auras pas besoin de demander, les indiens te prient de les photographier, eux ou leurs enfants 
![]()
![]()
Magnifique  Richard a dit que tu as un Nikon. Sans indiscrétion, tu utilises quel objectif pour les portraits ? | | | Richard a dit que tu as un Nikon. Sans indiscrétion, tu utilises quel objectif pour les portraits ?
J'ai un objectif Nikon 18-200. Je n'ai pris que celui-là pour voyager léger. Chez moi, pour les portraits, j'utilise parfois mon macro Sigma 105. Je n'ai rien d'autre ! (pour le moment  ) | | | Nous logeons dans une guesthouse Squirrel Nest Guest House au cœur du quartier des pêcheurs, un village dans la ville à l’écart du bruit de la circulation
A l'attention de ceux qui galéreront comme moi pour trouver un logement sympa, à un prix très correct à Maha, je conseille vivement cette guesthouse. Simplicité, propreté et surtout, située dans un adorable quartier pour lequel nous avons tous eu un coup de cœur. Nous avons pris beaucoup de plaisir à déambuler dans les petites rues calmes et ses habitants souriants. Ca nous a rappelé La Pointe Courte à Sète  Je serais bien restée quelques jours de plus...
| | | À: Kate · 7 février 2025 à 19:35 Re: Découverte de l’ Inde du Sud : Tamil Nadu et Kérala Message 9 de 143 · Page 1 de 8 · 6 164 affichages · Partager Si tu vas en Inde, tu n'auras pas besoin de demander, les indiens te prient de les photographier, eux ou leurs enfants 
A 99,99 %, je partage cet avis. 
Cependant, il ne faut pas oublier que certaines photos sont payantes (lieux très touristiques avec attractions, un peu comme les charmeurs de serpent de Marrakech). Et j'ai essuyé quelques refus dans une région hors des circuits (Gujarat).
J'ai beaucoup aimé Mahabalipuram. | | | À: Kate · 7 février 2025 à 19:42 Re: Découverte de l’ Inde du Sud : Tamil Nadu et Kérala Message 10 de 143 · Page 1 de 8 · 6 157 affichages · Partager Richard a dit que tu as un Nikon. Sans indiscrétion, tu utilises quel objectif pour les portraits ?
J'ai un objectif Nikon 18-200. Je n'ai pris que celui-là pour voyager léger. Chez moi, pour les portraits, j'utilise parfois mon macro Sigma 105. Je n'ai rien d'autre ! (pour le moment  )
Merci Kate pour ces infos 😏 Tu as un APSC, du coup ça fait du 24-300 en plein format, c’est ce que j’avais quand j’étais en reflex 😊 c’est en effet un super bon compromis lorsqu’on veut voyager léger 👍 Je pensais que tu avais un objectif fixe pour les portraits, c’est pour cela que je t’ai demandé. | | | À: Kate · 8 février 2025 à 8:03 Re: Découverte de l’ Inde du Sud : Tamil Nadu et Kérala Message 11 de 143 · Page 1 de 8 · 6 131 affichages · Partager J'embarque moi aussi ça fait trop longtemps que je ne suis pas allée au TN il s'y cache des pépites. J'aime bien m'arrêter à Mama en arrivant et le quartier des pêcheurs est très sympa. | | | À: Kate · 8 février 2025 à 9:15 Re: Découverte de l’ Inde du Sud : Tamil Nadu et Kérala Message 12 de 143 · Page 1 de 8 · 6 124 affichages · Partager J’avais adoré la bande des quatre dans le Nord, pas de raisons de la bouder au Sud que je ne connais pas du tout ! En route ! | | | Merci à tous, on continue 
J3. De Mahabalipuram à Pondichéry
Départ en taxi ce matin pour Pondy à moins de deux heures de Maha. Avant de partir Nathalie et moi faisons le check-out avec le jeune homme propriétaire de la guesthouse. La discussion qui s’ensuit va nous apprendre beaucoup de choses sur l’ Inde du sud. Je salue courtoisement mon hôte avec un « Namasté » qui je le pense fera bonne impression. « No Namasté here in Tamil Nadu ! Namasté is Hindi, here we speak Tamoul. You say Va Na Kam. » Je perçois alors à travers ses paroles un homme fier de son identité, de sa langue, de ses racines. Il prend bien soin au cours de la conversation de distinguer le peuple tamoul des populations du Nord de l’ Inde. « Hindis are Aryens. We were the first inhabitants of India » Cette forte identité tamoule je la percevrai tout au long de notre voyage et pas seulement à cause de la langue ou des morphotypes. Je profite également de notre échange pour le questionner à propos de ces musiques religieuses qui sortent du fond de la nuit. Nathalie et moi comprenons vaguement que ces chants sont destinés à chasser les mauvais esprits, il prononce le mot « ghost » je crois. Mais l’effort de concentration produit pour comprendre l’anglais m’a fait perdre pied en fin de conversation. Renseignement pris à mon retour j’ai trouvé une info intéressante sur la « Brahma muhurta, l’heure de Brahma » qui est l’avant-dernière phase de la nuit avant le lever du soleil. Une période propice à la méditation ou au culte. Peut-être notre hôte y faisait-il allusion.
Hôtel de la plage, rue Romain Rolland, rue Sainte Thérèse... Pas de doute nous sommes à Pondichéry... la Française ? Pour moi Pondy, pour le prof d’histoire que j’étais, c’était d’abord les sujets du bac que nous avions en exclusivité pour des raisons de calendrier scolaire. « T’as vu ce qui est tombé à Pondy cette année ? Dur pour eux... ». Mon premier réflexe est d’ailleurs de prendre en photo la porte d’entrée du lycée français pour l’envoyer à mes anciens collègues, avec la plaque République française, la Marianne, le drapeau tricolore...Et puis tous ces guides, du Routard au Lonely, qui certes avec nuance nous vendent quand même l’’image d’un petit morceau de France en terre indienne. Pondy la Française donc ? Alors oui il y a un quartier « français » ce que l’on appelle la ville blanche avec ses maisons de style colonial, un peu défraichies. Oui il y a également une forte présence institutionnelle et intellectuelle française outre le lycée, avec l’Institut français, l’Alliance française, l’Ecole française d’Extrême-Orient. Et puis bien entendu les noms des rues qui provoquent des ressentis presque incongrus comme la rue Saint-Louis par exemple. Le dépaysement pourrait paraître inversé mais Pondichéry est bel et bien une ville indienne même dans le quartier dit français ne serait-ce que dans l’extrême difficulté qu’il y a pour un piéton à circuler tranquillement. Ah les trottoirs de Pondy ! Encombrés de gravats, de racines, de déchets, de vélos ou de motocyclettes, de tas de d’objets divers. Les trottoirs de Pondy servent à tout...saut à trotter. La preuve en photos !!!
J4. Une journée à Pondichéry
Le logement à Pondichéry est superbe, dans une petite rue tranquille du quartier français, à l’hôtel Les Hibiscus
Ce matin plutôt que de visiter l’Ashram de Sri Aurobindo nous décidons de nous plonger dans la frénésie plus indienne tout de même du quartier tamoul qui est aussi pour partie le quartier chrétien de la ville. Direction le grand marché couvert de la ville que Nathalie a repéré sur le plan du Routard. Nous longeons une avenue interminable sous un soleil déjà bien présent en essayant de naviguer entre trottoir et chaussée. Nous aimons tous les quatre les marchés indiens, qu’ils soient couverts ou en extérieur. Ce sont eux qui nous connectent le mieux avec l’ Inde, les gens, l’ambiance, les scènes du quotidien. C’est une bonne porte d’entrée et c’est aussi le plaisir esthétique de Kate qui peut y capturer des moments de vie dans sa boîte à images. Nous pénétrons d’abord dans le marché aux poissons. Pas un occidental en vue, et nous avons l’impression un peu vaniteuse d’être de vrais routards capables d’apprécier l’ Inde loin des circuits touristiques. Kate s’éclate avec son appareil, cherchant la bonne lumière, le bon angle, la bonne situation. Nathalie nous ressort son « trop bien, je kiffe » légendaire, Bruno observe tout, les étals, les produits, la beauté de certaines femmes. Les odeurs sont fortes, ça sent le poisson évidemment. La cohue est indescriptible, les gens se frôlent sans vraiment se bousculer. On file ensuite vers les marchés aux légumes, puis aux épices. Couleurs, senteurs. De beaux marchés il y en a aussi chez nous, bien sûr. La différence qui rend tout exotique est faite de petites différences justement. Les femmes ou les hommes assis pour vendre leurs produits avec des étals à même le sol, et cette impression que tout est organisé sans véritable organisation. Nous sortons du brouhaha ambiant un peu sonnés, un peu ivres. Il est temps d’aller boire un chai ou un lassi...
Le Tamil Nadu et le Kérala plus encore, sont des terres en partie chrétiennes. Entre 18 et 25 % selon l’Etat concerné. Une petite visite s’impose à la cathédrale Notre-Dame de la Conception. L’édifice est assez majestueux, c’est une cathédrale, donc le siège d’un évêché. Christianisme, Islam, Hindouisme, la religion s’impose plus souvent qu’elle ne propose, mais je suis tout de même remué par la ferveur de ces Indiens tamouls qui me rappellent que le christianisme n’est pas uniquement une affaire de « blancs ». L’après-midi nous poursuivons notre découverte de Pondy en allant visiter le quartier musulman. Et surprise, c’est sans doute le coin le plus paisible de la ville. De belles maisons colorées aux styles composites mais originaux et plutôt de bon goût qui révèlent aussi un niveau socio-économique supérieur à la moyenne. Un quartier très paisible ou à deux reprises des passants nous souhaitent la bienvenue dans un français impeccable. Drôle de ville tout de même que cette Pondichéry franco-indienne, et hindou-islamo-chrétienne.
Ce soir petit extra avec un restaurant un peu chic dans une ancienne maison de style colonial. Très bon diner certes, mais comme le dit Kate qui la ramène un peu tout de même, « rien ne vaut la cuisine de rue » Elle n’a pas tort. Demain nous prenons le train pour Tanjore... | | | J5. A Tanjore le matin pour la visite du temple de Bridashiwara
Le train à destination de Tanjore n’a qu’une heure de retard, ça va nous sommes dans les standards de l’ Inde. Nous avons réservé un compartiment climatisé au vu de la durée du voyage assez longue, près de 4 heures tout de même.
Nous arrivons en fin de journée au soir tombant. Le taxi nous emmène dans notre guesthouse située en périphérie du centre : le Tanjore Homestay. Lors de la préparation de notre circuit nous avions envisagé de passer 3 nuits à Tanjore de façon à rayonner et visiter ainsi tous les grands temples de la région. Nous avons finalement changé d’avis en souhaitant prendre davantage de temps pour parcourir la petite région du Chettinad lors de l’étape suivante. Ce sera donc une nuit seulement avec visite du temple de Bridashiwara le lendemain matin. A l’issue du petit déjeuner nous faisons connaissance avec Vijay le chauffeur que nous avons réservé pour 8 jours jusqu’à Munroe Island dans le Kérala. Va Na Kam, poignées de mains. Forte corpulence, épaules immenses, regard doux, un peu las. Je remarque qu’il a un peu de mal à marcher. Trente ans de métier, le dos en vrac, c’est ce que nous apprendrons de lui lorsque nos échanges se feront plus approfondis. Quoiqu’il en soit Vijay va s’avérer être un excellent chauffeur, calme, prudent et de bon conseil également.
Nous pénétrons donc dans l’immense complexe religieux. Le guide francophone que nous avions réservé se fait attendre...indéfiniment. Nous ne le verrons pas. Tant pis, nous allons faire la visite un peu au hasard, nous laissant guider par notre curiosité et nos émotions. La vue d’ensemble est saisissante magnifiée par les deux immenses gopuras de pierre blonde qui constituent l’entrée et ouvrent sur une grande place couverte de sanctuaires. Une musique aigrelette et des sons de tambour attirent notre attention. Une cérémonie est en cours devant un petit pavillon à piliers. Des prêtres s’affairent devant une tenture qui semble cacher la statue d’un dieu. Au bout d’un long moment la statue est découverte et offerte à la vue des fidèles. Moment d’émotion, hommes et femmes joignent leurs mains au-dessus de leur tête en signe de piété. Nous nous approchons du temple principal absolument majestueux décoré d’une multitude de statues en haut-relief. La pierre blonde dore les scènes sculptées et l’effet est magnifique même si je pense qu’au moment de sa construction au XIe siècle l’ensemble du temple était polychrome. Je repère parmi les sculptures ma préférée, le Shiva en Nataraja, le danseur cosmique. Cette représentation de Shiva et de sa danse du monde m’a toujours fasciné. Belle matinée donc à l’intérieur de ce remarquable sanctuaire, même si nous sommes un peu frustrés par le manque d’informations.
| | | L' inde et ses couleurs, j'adore. J'embarque avec plaisir | | | À: RichardXI · 8 février 2025 à 15:33 · Modifié le 8 fév. 2025 à 16:36 Re: Découverte de l’ Inde du Sud : Tamil Nadu et Kérala Message 16 de 143 · Page 1 de 8 · 6 065 affichages · Partager Quoiqu’il en soit Vijay va s’avérer être un excellent chauffeur, calme, prudent et de bon conseil également.
Effectivement... Je peux conseiller ses services sans hésitation. Ses coordonnées Whatsap: Vijay : +91 8903266119 Le tarif pour 8 jours a été de 49 000 INR. Intéressant à 4 ! | | | L' inde et ses couleurs, j'adore. J'embarque avec plaisir 
Ok on t'amène avec nous 
J5. En route l’après-midi pour le Chettinad
L’idée de découvrir la petite région du Chettinad est venue à Kate lors de la préparation de notre itinéraire en parcourant les carnets de Pagaljavab sur VF. Et c’est grâce à ses précieuses informations que nous avons pu explorer utilement une partie de ce territoire. Merci à lui ! Sur la route, Vijay nous arrête au fort de Thirumayam dans le village de Pudukkotai. Cette puissante forteresse du XVIe siècle domine toute la vallée et offre une vue splendide sur la campagne chettiar.
Nous arrivons en début d’après-midi au Chettinad Heritage , un hôtel resort situé à l’écart du village de Mithilaipatti.
En m’appuyant sur les pérégrinations de Pagal je construis rapidement un circuit de découverte pour la journée et demie que nous allons passer dans le Chettinad. Direction Namunasaduram pour découvrir le temple dit d’Ellangudipatti dédié au dieu Ayyanar. Vijay nous dépose à l’orée d’un petit bois dont l’entrée est marquée par une grande porte aux tons bleutés surmontée d’un linteau décoré de statues. Devant nous s’étale une grande allée couverte sur les deux bas-côtés de centaines de chevaux en terre cuite certains très abîmés, d’autres flambant neuf. L’effet est saisissant. Nous défilons en silence comme surveillés par cette escorte immobile. Sans rien savoir de cette étrange armée aux regards figés, je perçois la permanence d’un culte très ancien. Au bout de l’allée, des statues monumentales, éléphant, cheval et une sorte d’étal où des offrandes sont déposées.
Surgit alors de nulle part une bande de gamins très excités par notre présence. Ils nous font signe de nous déchausser. La conversation s’engage, sympathique certes, mais assez inaudible à cause de nos anglais approximatifs et du nôtre et de leurs piaillements censés servir d’explications. Nous avons l’air de beaucoup les intéresser, de les amuser également. Après une série de selfies, la bande de moineaux s’éparpille et disparaît.
J’apprendrai par la suite que le sanctuaire niché au fond de ce bois sacré est dédié au dieu Ayyanar, un dieu local très vénéré au Tamil Nadu et probablement pré hindou. Les centaines de chevaux constituent des offrandes votives faites par les populations villageoises. La soirée à l’hôtel est calme même si nous percevons des échos animés venant du village. Demain, débute la fête de Pongal !
| | | J6. Jour de Pongal dans le Chettinad
Pongal, la grande fête tamoule... C’est elle qui va rythmer toute notre journée de découverte.
Le Chettinad est surtout renommé pour l’existence de ses fameuses demeures-palais édifiées au XIXe siècle par les marchands de la région enrichis de leur commerce au long cours en Asie du Sud-Est et au Sri Lanka. De retour au pays chaque famille veut monter sa réussite sociale et son opulence par la construction de ces immenses maisons au style composite construites et décorées de matériaux précieux venus des quatre coins de la planète : marbre italien, acier anglais, teck de Birmanie, boiseries du Nord de l’ Inde... Mais cette prospérité affichée n’a qu’un temps et avec l’effondrement des affaires dans les années 50, les belles demeures ne sont plus entretenues et même pour la plupart abandonnées. Depuis, les villages du Chettinad offrent à la vue des visiteurs une succession de « Palais de la Belle au Bois Dormant » figés par l’arrêt du temps. Depuis le début du XXIe siècle cependant certains de ces palais ont été restaurés et ouvrent leurs portes aux touristes.
Nous commençons le circuit par Kanadukatan. L’urbanisme de ces villages formé de longues avenues rectilignes et organisé selon un plan orthogonal surprend par rapport aux trames urbaines indiennes habituelles. Quelques belles façades bien qu’un peu défraîchies s’offrent à nos regards, mais la plupart des maisons sont fermées. Je pousse cependant la porte de l’une d’entre elles. Une dame s’avance vers moi. « Can we visit ? No, it’s closed today, Pongal »
Un peu déçus nous contournons le plan d’eau qui fait face à un temple quand notre attention est attirée par un petit groupe de femmes assises en train de faire bouillir du riz pendant que les hommes debout regardent. Nous nous approchons. « Va na Kam ! What is it ? Rice, it’s Pongal » C’est le grand jour de cette fête essentiellement tamoule : Thai Pongal. Fête mi-agricole, mi-religieuse, propitiatoire, fête très populaire en tout cas qui semble même transcender les différences religieuses. Pongal c’est d’abord le nom de la fête des moissons où l’on remercie dieu / les dieux et les animaux qui ont permis l’abondance des récoltes. Mais c’est également le nom du plat préparé pour l’occasion, un mélange re riz, de sucre et de lait que l’on fait volontairement déborder du pot qui sert à la cuisson. Les femmes se lèvent et nous posent dans la main un peu de la préparation chaude et collante, délicieusement sucrée. Nous remercions chaleureusement cette offrande.
Nous reprenons la route vers Athangudi pour visiter encore un temple dédié au dieu Ayyanar. Avec toujours ces fascinants chevaux qui semblent hennir intérieurement. Puis c’est la visite de la fameuse « Lakshmi House », une magnifique demeure chettiar : ordre et beauté, luxe, calme...Encore un saut en voiture pour la « Saratha Vilas » à Kothamangalam., une autre demeure chettiar magnifiquement restaurée par un couple d’architectes français.
La lassitude pourtant commence à se faire sentir, nous nous sentons un peu fatigués. Allez, un dernier avant de rentrer, Pavalangudi. Nous commençons à nous balader dans le village, quand un homme nous interpelle. « Come to see my home », puis un second qui a l’air d’être quelqu’un d’important « My home too. It’s the oldest in the village ». Nous sommes un peu méfiants. Les souvenirs de l’ Inde du Nord resurgissent : que vont-ils nous vendre ? Mais rien justement. Le premier veut simplement nous montrer le joli kolam qui décore son pas de porte, il nous présente sa famille. Quant au second qui semble bouillir d’impatience en attendant que son collègue ait terminé, il nous amène chez lui et nous invite à visiter sa maison. C’est une belle demeure tamoule aux belles proportions mais aménagée assez simplement. Tout y passe, les pièces à vivre, les étages, la cuisine, le jardin. Lui aussi nous présente la famille et nous parle de son fils qui fait des études aux USA. Son empressement, son enthousiasme à nous montrer son univers de vie nous fait sourire. Mais bien vite l’amusement laisse la place au respect. Ce n’est pas rien que d’ouvrir son foyer à des étrangers. La mère nous fait asseoir et nous offre du Pongal. « Happy Pongal ! ». Puis son copain qui a suivi nous explique les différentes journées de cette grande fête : Bhogi, Thai Pongal, Mattu Pongal, et enfin Kaanum Pongal. Il est temps de rentrer. Quelques selfies, poignées de main, nous remercions chaleureusement la famille pour son accueil. Sur la route qui nous ramène à l’hôtel nous sommes bloqués par un attroupement. Vijay stoppe la voiture et nous finissons à pied au milieu d’une foule d’enfants et d’adultes éparpillés des deux côtés de la chaussée. Au sol des dizianes de motifs géométriques colorés. C’est un concours de Kolams. Demain Pongal se poursuit. Ce sera le jour de la vache...
| | | Et ma petite si mignonne !
| | | À: Kate · 8 février 2025 à 20:09 Re: Découverte de l’ Inde du Sud : Tamil Nadu et Kérala Message 20 de 143 · Page 1 de 8 · 5 997 affichages · Partager Excellent toutes ses interactions avec les locaux 😍 | Carnets similaires sur l'Inde: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Photo postée par le membre Kate. Photo postée par le membre Kate. Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 2 652 visiteurs en ligne depuis une heure! |