| Être malade à bord d'une croisière sur le Costa Concordia: histoire vécue Michel911 · 30 mars 2011 à 0:45 34 messages · 15 participants · 8 941 affichages | | | | À: Desbell83 · 6 avril 2011 à 14:16 Re: Être malade à bord d'une croisière sur le Costa Concordia: histoire vécue Message 21 de 34 · Page 2 de 2 · 2 659 affichages · Partager Hello MC !
Il y a en effet deux numéros à avoir partout et en gros caractère : nous l'affichons dans la cabine dès notre arrivée, et nous en avons un exemplaire dans chaque porfefeuille, porte-monnaie, sac...
- Le numéro de l'Assistance : de la ou des carte(s) bancaire(s), en effet, plus que celle du contrat de l'agence de voyage si on l'a pris : rappel : les assurances associées à une carte marchent uniquement si on a acheté le voyage AVEC la carte, mais l'Assistance marche DANS TOUS LES CAS (donc si plusieurs cartes prendre celle qui sera la plus rapide pour une urgence sanitaire). A noter que l'assistance (enfin, à ce niveau là, c'est plutôt le service ce conciergerie) des VISA Infinite ou des Mastercard Platinum (j'ai le choix, j'ai les deux, et la seconde est *gratuite* chez fortuneo.com) est très développée, puisque tu peux même dire "je suis à Athènes, au port du Pirée, devant le Concordia, et je veux un taxi pour aller à l'Acropole." Et trois minutes après tu as un SMS ou un coup de fil : "dans 10 minutes, et le chauffeur parle français, il s'appelle Nikos et a une mercedès verte"...
- le numéro d'opposition des cartes bancaires... (en n'oubliant pas d'appliquer dès l'arrivée à bord la procédure PAPale numéro 2 : la carte bancaire qui paie Costa se met dans le coffre et y demeure toute la croisière, sauf les quelques minutes pour aller l'enregistrer. prévoir une autre carte pour les achats éventuels à terre.)
Après, le numéro de sa petite amie qui fera la tête au retour si on ne l'a pas appelée pendant toute la croisière, c'est *très* optionnel... 
Non, non, c'est *pas* une bonne idée de mettre sa petite amie dans son répertoire de portable... madame peut toujours "tomber par hasard" sur votre portable... 
Mais bon, bien sûr, cette dernière remarque, c'est des conseils généraux, hein, ça ne me concerne absolument pas... | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: PAP86 · 6 avril 2011 à 18:05 Re: Être malade à bord d'une croisière sur le Costa Concordia: histoire vécue Message 22 de 34 · Page 2 de 2 · 2 609 affichages · Partager Coucou PAP
Il faut toujours rester très vigilant, il y a des N° à mettre bien en évidence ils sont aussi copiès en duplicata, meme plus, dans la cabine, dans nos sacs, dans le téléphone et carnet. D'autres sont a dissimuler  et à retenir c'est très bon de faire fonctionner la mémoire  (je pensais au N° CB et code  ) d'ailleurs si l'on veut se maintenir en forme tout doit fonctionner régulièrement. | | | À: Michel911 · 7 avril 2011 à 16:17 Re: Être malade à bord d'une croisière sur le Costa Concordia: histoire vécue Message 23 de 34 · Page 2 de 2 · 2 533 affichages · Partager Bonjour Michel
J'ai lu avec attention votre post, raconter un tel épisode avec ce qu'il faut d'humour et un talent de narrateur qui nous scotche devant l'écran, bravo ! j'ai hate de lire la suite, j'espère néanmoins que vous vous êtes bien remis ! en tout cas merci pour la mine d'info, il y pas mal de choses auxquelles on ne pense pas de prime abord...
Bonne journée
Sophie | | | À: PAP86 · 7 avril 2011 à 16:19 Re: Être malade à bord d'une croisière sur le Costa Concordia: histoire vécue Message 24 de 34 · Page 2 de 2 · 2 526 affichages · Partager Après, le numéro de sa petite amie qui fera la tête au retour si on ne l'a pas appelée pendant toute la croisière, c'est *très* optionnel... 
Non, non, c'est *pas* une bonne idée de mettre sa petite amie dans son répertoire de portable... madame peut toujours "tomber par hasard" sur votre portable... 
Mais bon, bien sûr, cette dernière remarque, c'est des conseils généraux, hein, ça ne me concerne absolument pas... 
Ah l'humour PAPal, j'A-DO-RE  Pas trop le temps de venir sur le forum ces temps ci car pas mal de boulot mais je reviens faire un tour vite fait et je tombe sur ça au bout de 5 mn de lecture hihihihi trop bon !! | | | À: Sophy06 · 23 avril 2011 à 13:22 Re: Être malade à bord d'une croisière sur le Costa Concordia: histoire vécue Message 25 de 34 · Page 2 de 2 · 2 231 affichages · Partager Être malade à bord : Comment ça se passe ?
Je n’ai pas eu le temps d’écrire la partie concernant les démarches administratives à faire une fois revenu à la maison. Qu’on me pardonne donc cette petite crise de nombrilisme qui me pousse malgré tout à poster ce deuxième acte finalement plus rigolo qu’informatif (encore que...). Mais je promets de compléter aux premiers jours du joli mois de mai.
Inutile de préciser que tout est véridique.
Deuxième acte Zut ! pour le calme après la tempête, c’est raté. Pourtant mes yeux se ferment et mon épouse a fait un sort à son stock d’antidouleurs mais, désolé pour Morphée, les coups de fils vont prendre le relais. Ils s’enchaînent à un rythme soutenu, à peine interrompu quand on nous change encore de chambre. (Sans doute parce que l’Assistance a faxé une prise en charge définitive). De fait, un médecin de l’assistance téléphone de Paris. Elle a déjà discuté avec le cardiologue. Je suis fatigué mais, optimisme ou fanfaronnade, je me déclare capable de rentrer par mes propres moyens si le bateau ne nous reprend pas. Finalement elle décide de procéder malgré tout à un rapatriement médical le lendemain ou le surlendemain et demande à ce que je reste sous observation. Voix calme, rassurante, professionnelle, on devine quelqu’un tout à la fois efficace et compatissante. Ça fait du bien.
Inutile d’insister trop lourdement, mais je regrette vraiment de m’être laissé faire par Costa et son agent local. Je me reproche de n’avoir pas eu le réflexe de confier mon sort à l’assistance dès l’ouverture du dossier, ce qui aurait introduit un avis médical supplémentaire et un choix de clinique sans doute plus adapté. Mais il faut comprendre que le système des croisières est bien rôdé et tout s’organise tellement rapidement qu’on ne vous laisse pas le temps d’intervenir, en admettant que vous en ayez la force. Bien sûr, en y réfléchissant, tout cela apparaît très normal : Le boulot du bateau est de vous débarquer, mais celui de l’agence locale est de conserver son contrat avec le bateau, et ce contrat, elle l’obtient sur des critères probablement plus administratifs que médicaux, puisque tous les actes médicaux semblent sous-traités.
Malgré tout, aussi rationaliste soit-on, il n’est pas évident de se satisfaire de cette analyse disons... un peu froide. Sans transition, comme on dit au JT de 20H, qu’aurait-on dit si j’étais mort pendant le transfert ? Le bateau avait fait le maximum, une ambulance m’attendait au port, la clinique était prévenue...On aurait dit « mort pendant le transfert »
Tout bien réfléchi j’euphémiserai (oui, je sais) en disant simplement que le système est... perfectible.
Revenons aux coups de fil : Un vrai ring. Un ring virtuel puisque les coups sont des coups de téléphone, en l’occurrence entre Costa local, Macif local (en charge de l’administratif) et Macif Paris (pour le médical). Alors, panoramique de la chambre :
Au centre du ring : mon épouse et moi-même. A notre gauche, Mr Costa local. Il me harcèle pour avoir un numéro de vol et une date de départ, condition indispensable pour obtenir le permis d’escale. A notre droite, la Macif. Pour elle, c’est le contraire : elle ne peut pas obtenir de réservation si les papiers ne sont pas *d’abord* remplis avec un numéro qu’elle pourrait communiquer à la place du numéro de passeport. Bref, ils s’attendent mutuellement et, cerise sur le gâteau, impossible de les faire se parler directement pour dénouer ce nœud gordien. Je dois servir d’intermédiaire. Alors, je multiplie les appels, principalement vers monsieur Costa local qui, semble t’il, ne veut parler qu’à moi.
Au fond de la salle de boxe, tapi dans l’ombre, le bookmaker. Je veux parler de Bouygues-telecom qui compte les euros hors forfait. Sur les bancs, les spectateurs : nos amis, avec qui nous voyagions. Ils ont annulé leur excursion du jour et sont venus passer l’après midi avec nous. Qu’ils en soient remerciés ! Lorsqu’ils regagneront le bateau, nous leur confierons les papiers de la voiture toujours garée à Savone! Faut-il ajouter à ce moment de l’histoire que nous sommes le 12 décembre et que la météo annonce des tempêtes de neige en France. Quant aux alpes... Vous allez croire que j’en rajoute dans le mélodrame, ben non.
L’idée d’un départ le lendemain lundi a été rapidement abandonnée. Au vu de la situation, il faut craindre maintenant que le système ne reste bloqué pendant une période bien plus longue, pour ne pas dire indéterminée. En informatique ces situations d’inter-blocage s’appellent « deadlock ». A mon épouse qui me demande ce que ça veut dire, je traduis avec une petite émotion dans la voix : « en français on dit étreinte fatale » ! Un ange passe. Dieu merci, il ne s’arrête pas : c’est une infirmière qui passe pour me demander si j’ai bien pris mes pilules !
Alors, un conseil, ou plutôt une astuce : quand vous êtes malade à bord, l’astuce, c’est de rester en pleine forme car sinon, c’est galère !
Le mot me traverse à nouveau l’esprit : kafkaïen ! Revenu à la maison, j'ai pris la peine de vérifier sur un dictionnaire. Voici ce qu'en dit Wikipédia « kafkaïen : l'atmosphère particulière des romans et nouvelles de Kafka a donné naissance à un adjectif, kafkaïen, qui renvoie à quelque chose d'absurde et d'illogique, de confus et d'incompréhensible » Certes, l’adjectif est un peu fort pour qualifier ainsi ma petite mésaventure mais bon, mettez vous à ma place. Ce que j’ai raconté jusqu’ici n’est déjà pas si mal. Eh bien, ce n’est rien à côté de la suite. Oui, KAFKAIEN tout simplement.
La suite, en super accéléré : C’est l’Assistance qui résout le problème. Comment ? Je n’en sais rien. Toujours est-il qu’elle a réussi à réserver un vol pour le retour. Un médecin peut venir me prendre et nous emmener en ambulance départ mardi 13H de la clinique pour un vol à 16H, mais à condition bien sûr d’avoir les papiers. Ok c’est parti. Mr Costa local à qui je donne immédiatement le numéro de vol peut maintenant obtenir le fameux sésame. Il me promet de l'apporter le lendemain dans la matinée. Ouf ! Le soir, c’est déjà le deuxième, tombe enfin. Nous pouvons nous endormir avec la satisfaction du devoir accompli et, allez savoir pourquoi, en suçant un petit somnifère qui trainait par là. Mardi 12H, patatras : Mr Costa local débarque tout échevelé, en pleine panique : il n’a pas le fameux sésame.
Le chef de la police du port ne veut plus signer. Il ne veut plus ! C’est comme ça : il-ne-veut-plus !
Maintenant, il exige de nous voir en personne devant lui ! Exigence évidemment aberrante, anormale, stupide, déplacée, anachronique, incongrue, abusive vis-à-vis de quelqu’un qui ne se déplace qu’en ambulance et qui est passé devant son bureau deux jours plus tôt, avec son autorisation! Mais que faire contre Kafka, sinon courber le front ? Coup de chance, on venait de m’enlever le goutte-à-goutte, ne laissant que l’embout pour le voyage. J’étais donc libre de mes mouvements. Il est déjà 12H10, alors, ni une ni deux, ma femme et moi sautons dans la 4L antédiluvienne de monsieur Costa local et nous partons en trombe, sans être vus du médecin de Macif assistance qui nous aurait fait une crise cardiaque s’il l’avait su. Direction le port avec comme objectif d’être de retour à 13H pour prendre l’ambulance en direction de l’aéroport. Et surtout, objectif de ne pas rater l’avion, car demander un permis d’escale ça va, en demander un deuxième bonjour les dégâts !
La suite est à l’encan, mais je fais court pour essayer de rendre ici le rythme effréné des émotions qui vont nous assaillir pendant l’heure qui a suivi : le garde à l’entrée du port qui ne veut pas nous laisser entrer, notre permis d’escale qui est fait sur le champ mais qui ne peut pas être signé car, à cette heure là, que voulez vous, le chef du bureau est parti déjeuner...
Le chef déjeune. Ça me rappelle le film « le jour le plus long », on ne dérange pas le chef.
C’est tellement énorme que j’éclate de rire devant un monsieur Costa local au bord des larmes. Mais il est courageux, ce monsieur Costa. Très vite, il se ressaisit et nous laisse en plan sans un mot. Où est-il passé ? que fait-il ? On ne le saura jamais, mais il revient avec le papier signé. Et moi je me dis que mon cœur ne fonctionne pas si mal que ça pour un « insuffisant cardiaque » Qu’en aurait-il été si j’avais été vraiment mal en point ou, tout simplement seul, sans l’aide de ma femme ?
Le papier. Il est signé le papier. Par qui, l’histoire ne le dit pas. Comment ? L’histoire ne le dit pas non plus. L’histoire ne dit jamais tout. On repart en trombe (j’ai parlé des trous et des nids de poule : en ambulance-camion c’est bien ; en 4L commerciale préhistorique ce n’est pas mal non plus). La question me brûle les lèvres, mais je n’ose pas demander au monsieur Costa local comment le « chef policier» avait pu nous voir de l’endroit où il déjeunait. En effet, il n’est plus très causant, monsieur Costa local. D’ailleurs, en le regardant d'un peu plus près, sa santé m’inquiète un peu. Je me demande s’il a une bonne assistance.
A 13H tapantes, nous sommes devant la clinique. L’intervention de monsieur Costa local s’achève ici : elle est probablement prise en charge par Costa car nous ne payons rien pour tous ces allers-retours. Une excursion Costa gratuite, ce serait injuste de ne pas le souligner. Voilà qui est fait. Deux minutes plus tard, nous sommes dans la chambre. L’ambulance médicalisée vient d’arriver pour nous embarquer. On me trouve une tension un peu forte, mais on met ça sur le compte de l’émotion du départ. Je monte sur le brancard. Je me sens un peu fatigué. Je n’ose pas demander à ma femme comment elle va. Après, c’est l’aéroport. Un employé de l’aéroport, avec badge, vient me chercher avec un fauteuil roulant. C’est lui qui nous fera passer devant tout le monde pour nous conduire directement au salon des voyageurs business, puis, le moment venu, à l’avion. Je mets mon embout de goutte-à-goutte bien en vue pour que la vieille dame qui m’observe du coin de l’œil comprenne que je mérite bien tous ces égards, mais je vois bien qu’elle me désapprouve lorsque je me lève pour aller chercher deux Evian et 5 biscottes ! Nous embarquons. Le médecin et moi-même avons droit au business. Les hôtesses viennent vérifier sans arrêt que je vais bien et font venir mon épouse tout près de nous. Le médecin Macif (Intermutuelles) prend ma tension de temps à autre. Aucune douleur particulière, il n’a pas besoin d’ouvrir la jolie mallette de secours qu’il trimbale avec lui. Dedans, il y a de quoi faire des électro et plein de médicaments, parmi lesquels des tranquillisants assez forts pour les rapatriés en crise de démence, les plus délicats à faire accepter par les commandants de bord. Bref, nous ne manquons pas de sujets de conversation. A l’arrivée, encore une ambulance et on nous ramène à la maison, dans un véhicule 5 étoiles NN.
Le médecin qui m’a raccompagné me téléphone le lendemain pour savoir si je vais bien.
Je pense que l’avion aurait pu se crasher, alors oui, je vais bien, dans le meilleur des mondes possibles comme disait Pangloss. Nos amis sont arrivés à Madère. Ils vont bien aussi. Mais il neige, la voiture est à Savone, les Alpes doivent être magnifiques : que vont-ils faire s’ils ne peuvent pas prendre la route ?
Ma femme, elle, aurait besoin d’une croisière pour se reposer. Honnêtement, moi aussi, maintenant. Mais je ferai attention avant de repartir, car en remplissant les papiers de l’assurance annulation (assurance carte premier, rien à voir avec l’assistance) je découvrirai que les conditions à remplir sont draconiennes et les questions très vicieuses du genre : avez-vous déjà été hospitalisé ? Ce sera pour l’acte trois. Une personne seule, affaiblie et peu versée dans les paperasses doit avoir bien du mal. Serait-ce fait exprès? On peut se poser la question. Fin de l’acte II | | | À: Michel911 · 23 avril 2011 à 14:50 Re: Être malade à bord d'une croisière sur le Costa Concordia: histoire vécue Message 26 de 34 · Page 2 de 2 · 2 204 affichages · Partager Bonjour Michel
Merci pour cette suite qui malgré le caractère dramatique arrive à nous faire sourire  mais je me demande comment cela aurait pu finir pour une personne plus gravement atteinte  , je vous souhaite ainsi qu'a votre épouse de repartir vous reposer en croisière mais dans d'autres conditions car la ce n'était vraiment pas ce que l'on peut attendre d'une croisière. | | | À: Desbell83 · 23 avril 2011 à 16:12 Re: Être malade à bord d'une croisière sur le Costa Concordia: histoire vécue Message 27 de 34 · Page 2 de 2 · 2 192 affichages · Partager Hello Michel !
C'est vraiment un plaisir de te lire, au delà du caractère instructif pour tous de la chose, tu as un style et un humour grinçant que j'adore... 
Avec une question qui me taraude : finalement, "l'évacuation" était-elle justifiée ? Au vu de ce qui a été dit jusqu'à présent, je me demande si tu as vraiment fait un début d'infarct, ou quelque chose de plus anodin ?
Cela étant, il faut mieux pécher 10 fois par prudence qu'une seule fois par optimisme exagéré...
Mais cette situation *vraiment kafkaïenne* ne se retrouve peut-être pas quand même à chaque fois.. Là, on a l'impression que tous les dieux de l'Olympe ont voulu "se faire" un mortel, histoire de s'amuser cinq minutes (mais c'est vrai qu'ils doivent s'ennuyer quelque peu, les pauvres...  ), et t'ont balancé un maximum d'ondes négatives...   En sachant qu'on en plaisante maintenant, parce que tu es là pour le raconter, mais on peut constater au fil de ton histoire que tu as subi une série de "pertes de chances" qui auraient pû t'être fatales...  et je n'ose imaginer la complexité du procès derrière... 
J'ai l'impression que l'histoire ci-dessous, arrivée à un couple d'amis de rencontre sur l'Europa en septembre 2009 fut plus "simple", même si sans doute plus "douloureuse"... 
Ils habitaient la suite voisine de la nôtre, et on avait sympathisé... C'est pour ça qu'on a été surpris de ne pas les voir les deux derniers jours de la croisière, et deux coups de fil à leur cabine étaient restés sans réponse...
Ce n'est qu'après notre retour que nous avons reçu ce mail, non dénué, lui aussi d'humour, narrant une aventure douloureuse, mais où, semble-t-il, les procédures ont mieux "joué" que dans ton cas, avec un "Monsieur Costa" plus performant et coopérant :
Chers amis,
Vous l'avez peut-être appris, mais nous avons du quitter en catastrophe le bateau à Athènes, après mon accident à l'Acropole (glissade sur une des dernières marches en retournant au car --> fractures multiples à la jambe --> évacuation sanitaire d'urgence via Agence Costa et Europe Assistance --> opération en France le mardi...)... Voici un petit résumé :
17h ce dimanche, avant-dernière marche de l'escalier descendant de l'Acropole, l'attention se relâche (depuis le début j'étais vigilante, on nous avait prévenus, le marbre c'est beau mais ça glisse...) : et paf une belle glissade, je me retrouve sur les fesses, avec entre-temps une douleur fulgurante à la jambe droite et un bruit peu sympathique de crayon qui casse...
j'appelle mon mari parti un peu devant (que dis-je, je hurle...) et c'est parti pour 48h de folie : mon mari me remet à peu près le pied dans l'axe de la jambe et prévient la guide, la guide appelle une ambulance, une vieille petite dame grecque qui vendait quelques babioles vient me tenir la main et me caresser la joue en attendant les secours, les urgentistes arrivent, me mettent la jambe dans une attelle gonflable et me couchent dans leur camion, ils veulent m'emmener à l'hôpital, mais c'est pas possible le bateau part dans une heure, on appelle donc un taxi dans lequel je suis transférée (car l'ambulance ne veut pas aller jusqu'au port) (et j'ajoute qu'ils récupèrent l'attelle car "ils n'en ont qu'une"...), on arrive au bateau, là le médecin descendu à quai diagnostique immédiatement la fracture et donc la nécessité d'aller à l'hôpital, et donc d'être débarquée dans la foulée, vue l'heure... (appareillage prévu pour 18h...)
Me voilà installée sur un fauteuil roulant, montée vitesse grand V à notre cabine, suivie d'une dizaine de boys & girls Costa qui se mettent à faire nos valises à toute vitesse, efficacité maximum mais pas dans la dentelle.... (le beau Francesco Schettino devait bouillir....). Notre buttler Alan a même pensé à mettre notre bouteille de Champagne dans la valise et m'a posé la boîte de Kleenex sur les genoux avant de me faire une bise....
La "compta" est aussi montée, très essoufflée, nous faire signer la facture (perdent pas le Nord...) et prendre notre numéro de Carte Visa Premier pour prévenir l'assurance.
20 minutes plus tard descente expresse au pont 3, adieux rapides, très rapides (Rafaelle aussi m'a fait un bisou) et hop dans le taxi : Direction les urgences du Metropolitan Hospital d'Athènes, y ai passé 3 heures : attente, radios, verdict "you need an operation now" (glups), j'ai préféré rentrer en France le plus vite possible ; alors ils m'ont fait une immobilisation avec attelle thermoformée (misère, quelle épreuve), m'ont fait signer une décharge....et enfin donné une malheureuse gélule de paracétamol...
Puis 22h pharmacie de garde : médicaments et béquilles, et direction Hôtel Poséidon (ça ne s'invente pas...justement nous avions fait le Cap Sounion le matin même...) où nous dépose notre taxi (toujours le même depuis 19h, un petit papi grec charmant mais complètement speed). Passons sur la nuit d'enfer, la piqûre de Lovenox réalisée en douceur par mon chéri (une première pour lui...mais quand il faut, il faut !) et autres réjouissances... Passons aussi sur les innombrables coups de fils passés pour organiser le rapatriement (j'avais été bien inspirée de recharger à bloc ma carte Nomad avant de partir...)
Bref, le lendemain, notre petit papi grec vient nous chercher vers 9h et nous filons à l'aéroport, où, après bien des péripéties nous pouvons prendre le vol de 15h10 avec un extra-seat, réservé par Europ Assistance. L'ambulance nous attend à Roissy 3h plus tard, nous amène chez nous et me voilà hospitalisée le lendemain à la clinique du coin, opérée (plaque, vis, broches et toute la sauce) par un chirurgien orthopédiste que nous connaissons (mon sauveur, mon Dieu...) et retour at home ce jeudi (où je vais me la couler douce pendant 2 mois dans un fauteuil roulant, puis j'essaierai de me trouver un beau kiné pour réapprendre à valser...)
Voilà l'histoire....
Avec une impression très bizarre de "pas fini" Il nous manque quelque chose, mais quoi ? Le dîner Italien ? Le dernier jour en mer ? Le Gala de l'Au-Revoir ? Quelle couleur d'étiquettes aurions-nous eue pour les valises ? Les petites enveloppes de pourboires ? Les dernières photos du dernier coucher de soleil ? Tout ça et bien plus encore...Nous avions encore tellement de choses à faire.....On a l'impression d'un grand vide, c'est très curieux comme sensation. Hélas, il faudra attendre la prochaine croisière... (là, je relativise, c'est vraiment un tout petit malheur...) Nous ne savons pas encore où ni quand, mais c'est sûr... on y retournera !! (pas en Islande, déjà fait et très beaux souvenirs)
Alors, bon vent à tous les deux et à la prochaine, qui sait ?.....
Bien amicalement
F.
PS : petite cerise sur le gâteau : arrivés à l'hôtel, nous nous sommes aperçus que, dans la précipitation, le sac contenant l'intérieur du coffre (bijoux, argent liquide, Palm, mes papiers, clefs...) avait été oublié dans la cabine...et le bateau était parti... nouvelle giclée d'adrénaline...bref je vous raconte pas ça aussi, mais ce fut ubuesque et finalement, c'est bon, on a tout récupéré hier par livraison Fedex (chez Costa, ils ont vraiment assuré sur ce coup-là !) ... et heureusement que mon mari avait ses papiers sur lui (dont la fameuse Carte Visa Premier, véritable sésame international...)
Cette histoire là fait peur aussi, mais je ne sais pas si c'est toi qui a joué de malchance, ou eux qui ont eu un bol... d'enfer !  Quoique... Les hôpitaux grecs n'ont pas (du tout) une bonne réputation (surtout en orthopédie) dans le milieu médical français (je ne sais pas si c'est justifié, mais effectivement, sauf cas de mort imminente, j'aurais aussi préféré rentrer me faire opérer en France...).
Bref, grâce à toi, nous allons rajouter à nos procédures le détail d'une évacuation d'urgence... histoire, effectivement d'appeler l'Assistance au bon moment... Si ça doit servir un jour, on pensera très fort à toi...
Mais bon, sans vouloir te faire de peine, j'aimerais mieux ne penser à toi que comme un super-narrateur sur VF... 
Dont je suis impatient de lire le Chapitre III !  | | | À: Michel911 · 23 avril 2011 à 19:45 Re: Être malade à bord d'une croisière sur le Costa Concordia: histoire vécue Message 28 de 34 · Page 2 de 2 · 2 150 affichages · Partager hello michel merci pour l' acte II, tu devrais écrire un livre. en attendant j'ai bien rit. merci dans l'attente de l'acte III amicalement | | | À: Michel911 · 23 avril 2011 à 22:38 Re: Être malade à bord d'une croisière sur le Costa Concordia: histoire vécue Message 29 de 34 · Page 2 de 2 · 2 124 affichages · Partager    Bonsoir Michel911,
Je languissais vraiment de connaître la suite et...je ne suis pas  déçue !
Je ne peux me retenir de rire   en vous lisant, c'est d'un humour "foudroyant" comme j'aime et, bien sûr, encore une fois, je pense bien à votre santé mais surtout à ce qu'a dû ressentir  Madame.
C'est une véritable histoire pour un futur roman, vous écrivez sacrément bien. Raconter une telle épopée, sous une forme humoristique si prenante pour le lecteur, montre un caractère bien trempé et...heureusement, une bonne santé !
Toutes les anecdotes et votre sens aigu de l'observation des gens s'agitant (ou non) autour de vous ne font qu'ajouter du piquant à une mésaventure que nous pourrions, nous aussi, connaître un jour...j'espère que non.  .. Je ne pense pas pouvoir  garder un tel calme dans une même occasion !
J'ai fait les dossiers pour nos passeports, fait refaire notre carte sécurité sociale européenne, téléphoné à la macif et vais relire tout ce que dit notre assurance annulation.
En fait, on sait qu'on est partis que lorsque la porte est fermée (peur de devoir annuler   juqu'au dernier moment), mais on ne sait rien du déroulement choisi par le destin...ni du jour exact du retour !
Merci et à bientôt pour la suite, Amicalement, Choumi | | | À: Choumi · 24 avril 2011 à 1:01 Re: Être malade à bord d'une croisière sur le Costa Concordia: histoire vécue Message 30 de 34 · Page 2 de 2 · 2 118 affichages · Partager Merci pour ces encouragements... ils me vont droit au cœur.
Pour répondre à PAP qui pose la question : non, je n’ai rien eu de sérieux, et en tous cas, pas de nouvel infarctus. Depuis, j’ai simplement un peu augmenté le traitement médicamenteux et tout est rentré dans l’ordre après quelques semaines à rythme modéré.
Reste la question de savoir si le médecin de bord a sur-réagi, et si ça peut arriver à tout le monde. Dans mon cas, je pense qu’il a effectivement sur-réagi mais sans aller jusqu’à l’en blâmer vu ses responsabilités d’une part, mon bilan personnel d’autre part. En tous cas, j’ai appris depuis qu’il ne se passe pratiquement pas d’escales sans que des gens ne soient débarqués d’office pour raison médicale (On parle de gros bateaux et de passagers qui, pour certains d’entre eux au moins, ont même dépassé la trentaine !)
Certes, je me suis demandé si les dieux m’en voulaient particulièrement. Eh bien non ! D’abord ma femme a été punie autant sinon plus que moi, et je ne verrais pas d’un bon œil que les Dieux se mettent à punir une sainte (si, si et il ne me reste plus qu’à lui conseiller de passer sur ce forum). Ensuite, je crois beaucoup à une loi empirique fondamentale selon laquelle la somme des emmerds est une constante.
Car, de cette loi majeure qui ringardise tout ce qui a été écrit sur le bonheur depuis Aristote jusqu’à Ferry (Luc, pas Jules), je tire qu’il y a deux vies possibles : soit une vie régulière lisse et sans aspérités pour ne pas dire morne comme une plaine à la Waterloo ; soit une vie faite de creux et de bosses, de grosses emmerds suivies de coup de chance jubilatoires, bref d’une vie montagnarde.
Le hasard m’a donné la deuxième vie, ce qui, on le comprend, complique mes croisières !
Trop plat, sans doute.
Sauf la première (Voyage de Noces sur un bateau de l’ancienne Cie PAQUET) où nous nous sommes retrouvés dans un restaurant presque vide, les autres passagers souffrant tous du mal de mer, et incapables, eux, gens des plaines sans doute, d’affronter les vagues, creux et bosses d’une méditerranée en colère. | | | À: Michel911 · 24 avril 2011 à 11:24 Re: Être malade à bord d'une croisière sur le Costa Concordia: histoire vécue Message 31 de 34 · Page 2 de 2 · 2 074 affichages · Partager Hello Michel !
Encore un vrai régal que de te lire... Tu passes avec brio de la narration anecdotique à la réflexion philosophique...
Après, je confirme que l'équipe médicale de bord, sur un bateau avec 3000 et plus passagers ( et le petit millier de membres d'équipage qui ne sont pas les derniers à être malades ou blessés, même si tout est fait pour que leurs arrêts de maladie ne dépasse jamais 7 jours, vu qu'au delà, c'est le licenciement...  ), n'arrête pas, au moins 10 heures par jour sans compter les urgences de nuit, et que les évacuations sanitaires, s'il n'y en a peut-être pas une par escale, sont quand même au nombre de "plusieurs" lors de chaque croisière... Je tire tout cela de deux ou trois conversations avec des médecins de bords francophones (le jour où j'ai fait mon intox alimentaire sur l'European Star, le médecin était même français, ce qui a été sympathique pour la discussion médicale sur mon cas...). | | | À: PAP86 · 2 mars 2012 à 17:44 Re: Être malade à bord d'une croisière sur le Costa Concordia: histoire vécue Message 32 de 34 · Page 2 de 2 · 1 744 affichages · Partager Acte III : Les bons, la brute et le méchant.
Prologue pour ceux qui prennent le bateau en route (sic).
Mon propos est de partager les enseignements que nous tirons de notre aventure après avoir été débarqués et rapatriés par avion d’une croisière que l’on avait souhaitée reposante. Alors j’espère que ce témoignage pourra inspirer aux lecteurs de ce blog les mesures à prendre pour parer à toute éventualité lors de leur prochain voyage. Les paranos en tireront quelques idées, les insouciants s’en moqueront : statistiquement, ils auront raison.
Statistiquement seulement.
Pourquoi tant de temps entre ce papier et les précédents objectera t-on, et surtout pourquoi maintenant ? La réponse est toute simple : j’avais rédigé des notes de façon décalée et humoristique au fur et à mesure que nous allions de découverte en déconvenue et cela a duré, duré, duré...et cet épouvantable naufrage du Concordia a eu lieu avant que tout ne soit terminé et que je puisse mettre un point final à mon récit, forcément épique, genre chanson de Roland. Trop long, trop décalé, il n’était plus publiable en l’état au moment où j’aurais pu le « poster ».
Le Concordia venait de s’échouer. Des gens, beaucoup de gens, trop en tout cas, n’ont pas eu la chance d’être débarqués pour que je m’autorise à écrire un récit gentiment ironique. Il aurait été déplacé, et je n’ai ni le goût ni l’envie d’ironiser sur la paperasserie qui suit une petite histoire comme la nôtre alors que tous les esprits sont encore tournés vers ce que personne n’aurait cru possible. Pourtant, il me semble que deux ou trois choses méritent d’être dites, à condition, bien sûr, d’oublier que nous parlons du Concordia.
A condition également, que le récit soit strictement informatif.
J’espère que c’est ainsi qu’il sera lu car, je le sais, je n’arriverai pas à cacher dans cette version totalement réécrite la pointe de colère qui m’anime malgré tout et que les circonstances m’empêchent de cacher sous une moquerie de bon aloi autant qu’il le faudrait. On me pardonnera.
Car, en ce jour de mars 2012, les paperasseries qui suivent un rapatriement de décembre 2010 ne sont pas terminées, plus d’un an après les faits !
Faisons court (sic  ) :
Dans cette affaire, j’ai quatre interlocuteurs : Les bons (2), la brute et le méchant. Les cinéphiles ne corrigeront pas car je ne fais ici référence à rien d’autre qu’à la réalité et ce n’est pas du cinéma.
- Scène 1 - Les Bons, ou comment faire quand on découvre la tête des « factures » COSTA.
Le bon N°1, c’est l’assistance : Ils avaient pris en charge tous les Frais d’assistance encourus à Casablanca, à l’exception bien sûr, de ce qui était déjà payé, à savoir ce que Costa avait déjà débité sur ma carte bancaire en nous débarquant (ce qui inclut plus de 1000 euros pour une nuit d’hôpital). Le médecin du bord nous avait donné un dossier avec, je cite « Tous les documents médicaux et administratifs pour vous faire rembourser ». Malheureusement la « facture » n’était qu’un « extrait de compte » à peine lisible, non détaillé et barré sur toute la page par un filigrane NOT FINAL  . Bref, pas vraiment la tête d’une facture !
Auriez-vous pensé à vérifier la facture si vous aviez été à ma place? L’auriez-vous ne serait-ce que regardée? J’avoue que je n’y ai pas pensé. Et ma femme m’a fait la gentillesse de ne pas y penser davantage.
Bien sûr, peu après notre retour, remis en selle par mon cardiologue, j’avais demandé une facture définitive à mon agence, le 2ème « bon » dans mon histoire. D’ailleurs, je remercie Sylvie (QCNS Cruise) qui faisait son possible pour m’obtenir cette facture de Costa, mais voilà, on lui répondait que tout « dépendait du bateau » et Costa France ne pouvait rien faire : Costa France devait parler à l’ Italie qui devait parler au bateau... « qui était toujours en mer  » ajouterai-je sans tomber dans le mauvais goût car c’est textuellement ce qu’on me faisait répondre !
Bref, impossible d’avoir une facture « finale » avant une date « indéterminée ».
A l’époque, ma forme n’était pas revenue au Top. Je ne me sentais pas trop d’entamer des négociations avec la sécu et je n’étais pas loin de me résigner à abandonner mes 1000euros d’hôpital de bord.
J’en parle donc à la personne de l’assistance qui s’occupait de mon dossier (Le 1er « Bon » de l’histoire, vous suivez ?) qui me propose gentiment d’ajouter mes « factures » aux leurs et de voir avec la sécu et ma mutuelle ce qu’ils vont accepter. Du coup, ils (l’assistance) me remboursent la totalité des frais, à charge pour moi de leur restituer ce que la SS et ma mutuelle voudront bien me rembourser directement... Vous suivez toujours, hein ?
Le chèque de l’assistance m’arrive en février 2011. Tout va bien.
La facture « définitive » de Costa m’arrivera plus tard, en mars 2011 (Précision nécessaire pour apprécier la scène 3)
Et la Sécu, et la mutuelle va t’on me dire ? Comment ont-ils réagi à cette vilaine facture ?
D’abord, ils ont pris le temps (Peut-être y a-t-il eu des allers-retours entre Inter Mutuelle Assistance et la sécu, je ne sais pas?). Ensuite, ils ne retiendront qu’une petite partie des frais (250 euros) comme remboursables malgré mon statut à 100% pour la cardiologie.
Bref, le remboursement de la sécu m’arrivera finalement en décembre 2011, un an après les faits. Du coup la mutuelle me demande si j’ai la facture définitive et détaillée et après que je la leur ai envoyée accepte de me rembourser le reste.
Je peux faire un chèque de rétrocession à l’assistance : nous sommes fin janvier 2012, le Concordia venait de s’échouer !!!!!
- Scène 2 – La Brute ou ne sortez pas sans vous assurer d’être «bien couvert ».Brutal au téléphone, brutal dans les formalités, brutal dans le traitement. Qui donc ?
La Brute de mon histoire, c’est l’assurance annulation, vous savez celle qui vient avec la Carte bancaire. Téléphone : Allô, j’ai été débarqué et mon voyage annulé, que dois-je faire ? En face, un accueil administro-administratif de quelqu’un dont le ton, le style, la totale absence d’empathie me font supposer qu’il voit en moi un escroc qui va faire disparaître sa prime de résultat (licence poétique) et qui m’envoie vers un site Internet où « je vais tout trouver ».
Je trouve en effet le guide d’indemnisation. Il faut fournir :
1 Une liste des pièces justificatives, code des assurances oblige. Cette liste est variable et dépend de la situation matrimoniale ; elle s’étend sur deux pages écrites en petits caractères et listant tout ce qu’il faut fournir pour établir sa bonne foi et prouver que: Ø le voyage déclaré annulé ou écourté est bien identifié ; Ø que le conjoint est bien couvert par le contrat (Pour moi, simplement marié, c’est simple : juste le livret de famille, mais complété par un document prouvant que mon conjoint vit bien sous le même toit que moi (dès fois qu’on voudrait se faire rembourser une « tuile » qui ne serait plus commune, je suppose...  ). Les autres nominés dans cette liste sont : les concubins, les Pacsés, les beaux-parents, gendres, brues etc... etc...en passant par les demi-frères ou demi-sœurs. Ø que certaines prestations n’ont pas été utilisées (le but du jeu) § autant dire qu’avec ma facture Costa, j’étais mal barré (expression marine pour dire dans la bouse  ) : j’ai donc dû attendre d’avoir la facture définitive en mars 2011 avant de commencer à remplir le dossier Ø que j’ai payé avec la bonne carte (carte à mon nom avec numéro reporté sur le relevé montrant que vous j’ai bien payé avec cette carte là et pas une autre) Ø Que j’ai été malade ou accidenté : ordonnances, compte-rendus, bulletins de situation etc... (L’esprit curieux remarquera qu’il n’est pas fait mention de certificat de décès dans cette liste. Sans doute est-il pudiquement caché derrière le « etc... ». L’esprit optimiste, lui, y trouvera une touche d’humanité dans cette liste sinistre et rejoindra Pangloss dans sa certitude que ce monde est le meilleur possible) Ø Que moi c’est moi et que ma femme est bien ma femme (dans mon cas, il a fallu une copie du livret de famille) Ø Que j’ai un compte bancaire. (Fournir un RIB. C’est écrit en tout petit, juste à la fin, pour le cas où vous voudriez vraiment être remboursé)
2 Une déclaration sur l’honneur au titre des assurances cumulatives (qui rappelle l’article 441-7 du code pénal pour l’escroc potentiel que je suis probablement)
3 Un questionnaire médical à compléter (avec signature) avec son médecin traitant : 2 Pages PLEINES DE QUESTIONS  qui sont autant de pièges vicieux car on ne vous dit pas quelle clause d’exclusion  elles vont éventuellement actionner telles que : Antécédents médicaux, date de la 1ère constatation de l’affection etc... (Allez y faire un tour, c’est bien plus explicite que votre contrat sur ce qui risque de NE PAS être couvert !)
Je suis sûr que le FBI n’en a pas demandé autant à Madoff. De fait, c’est 29 Pages que j’ai dû envoyer au final.
D’ailleurs, on vous dit de ne surtout pas envoyer votre dossier sans téléphoner d’abord à un super conseiller chargé de le valider.
Mon dossier faisait 19 Pages (Bon, avec pas mal de vides, je reconnais), mais quand même 19 Pages.
Y’a du boulot pour valider 19 Pages au téléphone.
J’ai envoyé mon dossier de 19 pages validé au téléphone en mars 2011.
Il a été refusé.
Il n’y avait pas de raison, je l’ai fait re-valider et on m’a dit de le renvoyer.
J’ai reçu un chèque fin mai 2011 : nous avions passé 38 heures sur le bateau, ils ont considéré que nous avions passé 3 jours de vacances sur les 12 de la croisière et ils m’ont donc royalement accordé 9/12ème du total. Il n’y avait rien à dire, je n’ai rien dit. Pourtant, avec leur logique de comptage, 12 nuits auraient dû faire 13 jours de croisière. Allons, faut bien que les assureurs vivent aussi. Scène suivante, changement de décor.
Scène 3 : Le méchant ou comment perdre un client .
Le méchant, c’est COSTA. Ils veulent me faire un procès.
Ils réclament 111 euros, mais rassurez-vous pour mes économies, c’est à tort !
Pour ces 111 Euros (cent onze !), ils mobilisent leur directeur juridique qui ne voit même pas qu’il est à côté de la plaque, sans compter (si je puis dire) qu’en plus cela va lui faire perdre sinon la perle de ses clients, du moins un client Pearl. (Pardon, celle là, je n’ai pas pu me résoudre à la gommer de ma rédaction initiale  )
Costa veut me faire un procès : A moi, qui suis l’archétype de l’anti-procédurier.
Ainsi, j’ai un bout du cœur définitivement mort parce que la clinique à côté de chez moi ne m’avait rien trouvé et m’avait renvoyé à la maison au lieu de me garder en observation (Le 15 m’avait envoyé dans cette clinique toute proche quand je les avais appelés pour leur dire que je souffrais dans la poitrine). Je suis donc rentré et la rechute, 7 heures plus tard, avait été atroce. Le SAMU n’avait alors eu que le temps de m’amener dans un autre hôpital (25 mns) où j’ai été récupéré par une équipe hors pair alors que je débutais un choc cardiaque. Quelques minutes de plus et mon cerveau était mort mais ils avaient réussi à installer un ballon de contre pulsion que j’ai regardé pendant trois jours en me demandant, avec eux, si mon cœur allait repartir. J’ai vraiment envisagé la mort de très près au point d’ailleurs de demander au médecin de ne pas me laisser sortir en légume et bien, je n’ai même pas voulu poursuivre cette vilaine 1ère clinique, qui pourtant, m’avait fait un bien mauvais procès (en français dans le texte) en me prenant pour un simulateur.
Costa veut me faire un procès. A moi qui ai reçu sur le bateau un traitement inapproprié de l’avis du cardiologue de Casablanca, un traitement qualifié d’étonnant par mon cardiologue (du TNT d'après le dossier  ). Je cite mon cardiologue : « la bonne nouvelle, c’est que ce qu’ils vous ont fait vaut bien un test d’effort que je n’aurais pas osé vous faire faire sans grandes précautions, et que vous l'avez supporté.
Costa veut me faire un procès. Eux qui m’avaient débarqué en couverture de survie avec un pronostic grave (heureusement pour moi, ils étaient à côté de leurs pompes) et qui m’avait laissé une heure au pied du bateau, sans médecin, 1 heure dont une bonne moitié simplement parce qu’ils ne voulaient pas payer l’ambulance (90 euros que les ambulanciers ont mis ½ heure avant d’oser nous les réclamer).
Or donc, ils veulent me faire un procès ! Alors, Flash back (On n’est pas chez Molière, le malade n’est pas imaginaire et je ne respecte pas les unités de temps et de lieu)
Octobre 2011 : Ma femme et moi-même étudions le catalogue à la recherche d’une croisière en pays chaud pour l’hiver 2012. C’est alors que j’ai reçu le 1er courrier signé du Dr Juridique et Relations clientèle de Costa qui déclenche les hostilités. (On pourra trouver rigolo l’idée de regrouper juridique et relation clientèle dans une même direction, non ? Moi, à leur place j’y réfléchirais  ).
Très court le courrier. Deux pages.
Page 1 : Vous nous devez 111 Euros. C’est dit avec toute la délicatesse d’une relation clientèle de qualité, je cite « nous vous invitons à régler le montant de 111 euros (en gras, pour le cas, je suppose, où il me resterait des séquelles) sous quinzaine soit par chèque, soit par... ». J’ai été débarqué à tort 11 mois plus tôt et ils sont à 15 jours près. Quant à prendre la peine de me téléphoner pour expliquer quoi que ce soit, n’en parlons pas !
Page 2 : Une facture de LASRY Maroc à Costa crociere pour Assistance to PAX in the clinic sans mention de mon nom, sans signature de ma part., facture datée de janvier 2011.
Je rigole, puis je me ravise et répond en novembre pour contester le bien fondé de cette facture anonyme en leur disant que l’Assistance avait tout réglé sur place avant de me rapatrier. Et je conclus par, je cite « Enfin, et vu les circonstances -Absence de diagnostic, décision erronnée...-, j’ai, bien plus que vous, matière à procédure et si j’espérais effectivement un courrier de Costa, il s’agissait dans mon esprit d’un message commercial et certainement pas juridique » 
Et j’oublie cette histoire shadock (Leur « facture finale » émise en mars ne mentionnait évidemment pas ces 111 euros farfelus.)
Relance le 6 décembre : ils m’affirment sans en apporter davantage la preuve, qu’il s’agit de frais d’assistance encourus sur place et que, en tant que transporteur, ils ont une obligation d’assistance vis-à-vis des passagers qui restent redevables des sommes avancées.
Le 2 Janvier, nouveau recommandé de relance avec menace de poursuite en l’absence de paiement sous huitaine.
Le 7 Février courrier RAR de mise en demeure pour 111 Euros, auquel je réponds le 29 février en leur rappelant que leur facture « finale et détaillée » de mars 2011 ne faisait pas état de ces 111 euros et que leur négligence face à leurs obligations d’assistance (qu’ils reconnaissent puisqu’ils me les rappellent) me pousserait au contraire à les poursuivre pour non assistance à personne en danger par transporteur en charge, mais que 1 an après les fait, je pense qu’il n’y a plus lieu à action civile.
Des vrais méchants, n’est il pas?
D’ailleurs, même si je leur devais vraiment ces 111 euros, j’y gagnerais quand même puisque nous avions allègrement  décidé d’annuler le projet d’hiver au chaud, océan indien ou pas (Aïe, Aïe, quand je vous disais que peut-être ma colère allait finir par transparaître... D’autant que cet adverbe est un rajout de dernière minute mais nom d’une pipe, j’en ai vraiment ras la casquette des suites de cette croisière. Que Dieu et ses saints me pardonnent, c’est dit, j’ai préféré allègrement à sereinement)
Et il est hors de question que nous remettions les pieds sur un bateau Costa tant que la menace d’un recouvrement de 111 Euros pèse sur ma tête. C’est ridicule, soit. La somme est sans importance, soit. Mais comme on dit en politique, tout est dans le symbole.
Un procès ! On m’a déjà fait le coup une fois : c’était un déménageur que j’avais refusé de payer. Normalement ce n’est pas bien, il faut payer et attaquer soi-même. J’ai quand même gagné et il n’a pas fait appel. Je le redis : Procédurier, non.
Teigneux, peut-être, de temps en temps, oui !
Tout compte fait, c’est peut-être normal qu’ils regroupent sur la même tête le juridique et les relations clientèles. Normal, mais ça envoie un mauvais signal.
A mon humble avis. | | | À: Michel911 · 2 mars 2012 à 19:07 Re: Être malade à bord d'une croisière sur le Costa Concordia: histoire vécue Message 33 de 34 · Page 2 de 2 · 1 713 affichages · Partager Bjr Michel
très bon de lire ton acte III
très instructif et très bien écrit bravo titi | | | À: Michel911 · 2 mars 2012 à 19:40 Re: Être malade à bord d'une croisière sur le Costa Concordia: histoire vécue Message 34 de 34 · Page 2 de 2 · 1 703 affichages · Partager Hello Michel !
Comme pour les épisodes précédents, un vrai régal à lire... Tu as une plume très agréable, et j'adore ton humour...
Mais dans "les bons", tu mets l'assistance et ton agence... OK, mais toi, tu ne crois pas que tu en fais partie aussi, dans cette histoire ?  (et ta femme aussi, ça va sans dire...  )
Maintenant, si tu voulais être "méchant", cette histoire de 111 euros, et le récit complet, tu l'envoie à :
- TF1 - France télévision - Le Figaro - Le Monde - Le Point - Liberation
et à l'AFP, que tous les médias recopient... 
Ou bien, tu ne le fais pas, mais tu demandes 111 euros (ni plus ni moins) à Costa pour ne pas le faire (comme tu le dis, c'est symbolique  )
Eh bien par les temps qui courent, où ils envoient "Aurélie" sur tous les fronts, parce qu'il y a le feu (enfin, c'est une expression, hein...  ), et que ça a l'air d'être "panique à bord" (oups  ) chez Costa, je suis prêt à parier que Costa s'empresserait de "clore le dossier"... | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 3 487 visiteurs en ligne depuis une heure! |