Bonsoir Bonsoir !
Le sujet de l'âge a été traité plus d'une fois (fonction rechercher, avec tout le toutim sur la maturité, les rêves de gosse, la sécurité, blablabla), alors je vais faire l'impasse dessus pour me concentrer sur le pôle "études".
J'étais dans le même cas que toi (vous ?), et je le suis encore d'ailleurs. Depuis le collège, mon grand rêve était de faire le tour du monde. Avec le temps, ça s'est affiné en "partir vadrouiller peu importe où" (surtout l'Asie dans mon cas). Après, le lycée, le fameux BAC, et là on se dit : c'est maintenant ou jamais. Mais hop, résultats, inscription école, frais payés et l'année commence déjà qu'on ne s'en est pas rendu compte. Après, ça te plait ou ça te plait pas, peu importe. Perso, j'ai fait une année de fac (j'en suis à la deuxième, licence "Échanges Internationaux" [est-ce un signe ?]). Après une rupture assez dure (oui, 3615 mylife), l'été dernier, gros délire, j'ai voulu partir tout de suite. J'avais l'itinéraire, je savais de combien j'avais besoin, j'avais le devis pour l'avion... Et faute de moyens, c'est tombé à l'eau. Après une grosse déception, ça m'a permis de réfléchir un peu, et comme j'ai un peu l'impression de me retrouver dans ton post, je prends la peine de t'écrire un superbe roman.
Je pensais faire l'impasse sur la maturité, alors juste un petit mot à ce sujet : on le sait largement, quand on est assez mûr. Perso, je savais (et j’en suis encore persuadée) que j’étais assez mature pour partir seule. Mais c’est totalement personnel, et je suis bien placée pour savoir que personne ne peut le savoir pour toi : personne ne se doutait de mon projet ou de mes réelles capacités, et pourtant, je l’aurais fait. Donc, 18 ans ou 40 ans, peu importe, si tu en as vraiment envie, et que tu ne prends pas peur en lisant les galères des gens en voyage, si tu ressens autant d’excitation tout au long de ta (longue) préparation, c’est que ce n’est pas qu’un délire passager (même s’il y a des facteurs cachés bien sûr).
Maintenant, encore un avis strictement personnel : pour rien au monde tu ne dois lâcher tes études ! Je ne veux pas ouvrir un débat, mais dans le monde d’aujourd’hui, un bagage, c’est quoi ? Au max, 3-5 ans de « perdus » si tu ne t’en sers pas ? Et ça ne peut que te laisser mijoter ton envie. Perso, j’adore les études. Je pourrais en faire 15 ans, je les ferais. Surtout que d’après ce que j’ai compris, ce n’est pas tant tes études qui te lassent, mais l’idée de la vie à laquelle elles vont te mener ? Et alors, rien ne t’empêche de changer APRES. Si en plus, tu en as les capacités, alors ne te prives pas. Tu n’as, justement, que 18 ans, pourquoi prendre un tel risque pour une envie qui, si elle est si forte, sera réalisée de toute façon un jour ? Le risque, en plus, le voici : dans l’idéal, cela fait, allez, 3-4 ans que tu vadrouilles. Même 10, ça marche aussi. Tu as tout vu (non, j’exagère, c’est impossible mais on s’comprend), tu as l’impression d’avoir fait le tour. Ou même, seulement, tes proches te manquent. Le confort, la ville peut-être. Tu aimerais bien te sentir à nouveau comme un Occidental, avoir un travail, une femme et des enfants. Ou alors tu as rencontré une super jolie fille dans une auberge, qui n’était là que pour deux semaines et qui retourne, elle, en
France travailler. T’es là, comme un idiot, sans diplôme, avec, certes, une expérience et des souvenirs incroyables, mais retourner dans la vraie vie : impossible. Tu ne pourras plus retourner en classe, rester assis des heures pour étudier. Tu n’auras aucune formation, à part celle de « la vie ». Et, crois-moi, sur un CV, malheureusement, ça vaut rien. En tout cas, je pense que, oui, tu peux regretter, plus tard, de ne pas avoir fait d’études. A part si tu te trouves une petite bicoque dans un cadre paradisiaque où les fruits et les sangliers poussent devant ta porte, bien sûr, et dans ce cas, fonce. Mais en étant réaliste, je trouve que c’est un trop gros risque. Et puis, où vas-tu trouver l’argent pour 2 ans de voyages ?? Il faut un minimum d’économies (à part si tu as déjà le budget bien sûr).
Pour les parents : j’ai eu la chance d’avoir une mère très ouverte, alors que je n’avais jamais parlé vraiment de mon projet. Elle m’a soutenu, s’est intéressée (je dois t’avouer qu’à un moment, je me suis demandé si vraiment elle se rendait compte, mais bon). Pas une seule fois elle ne m’a dit que seule, c’était impossible, que je n’y arriverais jamais, bien au contraire. Après, je pense que j’ai toujours été sûre de moi. J’étais renseignée à fond, je n’avais pas pensé à tout, mais j’avais réponse à toutes ses questions, et je pense que cela l’a rassurée. Mon conseil, c’est de présenter un projet en béton, avec tous les détails possibles déjà préparés. Exemple : « Si t’as un problème au milieu de la brousse du
Vietnam, comment je le saurais ? » Réponse : « Je préviendrais toujours les auberges de où je vais, quand je rentre, j’aurais un téléphone avec une carte sim internationale, un sifflet d’alarme et un contrat d’assurance en béton. En plus, c’est pas la même culture, ils sont pas méchants là-bas !» Bon, ok, entre la réalité et ce qu’on dit, y’a toujours une différence, mais en tant que fille seule, eh bien mine de rien ça a fait son petit effet. Alors mon conseil : ne réponds pas « pfff j’en sais rien moi » à une question même stupide qu’ils pourraient te poser et essaye d’anticiper leurs craintes.
Maintenant, je t’explique où j’en suis, histoire de te montrer qu’il est possible de concilier études et voyage avant le grand voyage. J’ai donc dû attendre pour mes études. Je ferais mon voyage entre la licence et le master, où après le master. En attendant, je peaufine, je me renseigne, je rêve sur les autres blogs en récoltant des infos. Mais je me prépare également : préparation physique, mentale. En mai, je pars 6 semaines en
Chine, seule. C’est également un petit test : si je craque au bout de trois semaines, alors je saurais qu’en fait, ce n’est pas fait pour moi (parce qu’il serait embêtant de mettre tout son argent dans un voyage qu’on lâche à même pas la moitié). En septembre, j’espère partir faire un trek de deux semaines en
Turquie. En décembre, j’espère pouvoir passer deux semaines en
Inde. Et après, ce sera le grand départ. Je saurais plus ou moins à quoi m’attendre, et ça me rassure aussi.
Moralité : tout vient à point à qui sait attendre. Ne soit pas trop pressé. Certains ici rêvent de cela depuis 20 ans, et ils partent à peine. Si ce n’est pas qu’une lubie de gosse, alors tu partiras. Mais tu sauras aussi que si un jour tu veux revenir, tu auras de quoi reconstruire quelque chose ici. Et ça n’a pas de prix pour la tranquillité d’esprit. Rien ne t’empêche, pendant les deux-trois ans qu’il te reste, de préparer l’itinéraire, rêver ensemble en attendant. On peut tous te certifier que cela fait partie intégrante du voyage, et bien plus encore !
Si tu as d’autres questions, n’hésites pas.
Désolée pour ce roman, mais c’est marrant, j’aurais pu écrire le même post que toi, il y a deux ans =)