Salut,
Je ne vis pas au Viet-nam, ni suis même allé.
Je ne peux pas m'exprimer en détail mais plutôt d'une façon assez générale.
Par contre, je rencontre, ou ai plutôt rencontré, les mêmes difficultés avec les thaïlandais, tout niveaux confondu mise à part quelques exceptions.
Ma foi, méprisant ou pas, c'est le même constat de décalages de connaissances générales sur les aspects marquant de notre Terre, mais de là à les qualifier d'incultes, non.
Et cette méconnaissance ne se situe pas seulement en ce qui concerne les figures marquantes qui ont frappé l'histoire mondiale ou des principaux faits politiques ayant gravé l'histoire, c'est aussi au niveau régionale du Sud-est asiatique qui leur est proche, géographie, populations, ethnies, histoire géopolitique récente.
En revanche, il est à mon sens inutile de vouloir comparer des connaissances propres à chaque pays, on n'est pas tous sensé connaître tel héros national ou poète locale.
Ce constat est causé à mon sens sur la carence de l'éducation en générale, l'enseignement se concentrant sur d'autres points qui à leurs yeux sont plus importants, p.ex. le respect et le devoir à la nation, la moralité (ce qui a disparu de nos écoles car liée à la religion), etc.., mais aussi et surtout à une certaine omerta voulue par des régimes autoritaires. Il faudrait ajouter en plus une certaine méfiance de l'étranger et une certaine hésitation à aborder des sujets politiquement incorrects (pays à parti unique).
N'oublions pas que l'histoire troublée de ces nations du sud-est asiatique, en particulier dans la péninsule indochinoise, est récente, et c'est certainement volontaire que l'on n'a pas expliqué dans les années 60-70 aux petits écoliers thaïlandais qu'elle était la cause du combat de l'Oncle
Ho Chi Minh, ce qu'était le combat des prolétaires contre les capitalistes, mais au contraire, qu'on leur a expliqué qu'il fallait aimer le Roi et la patrie thaïe et que l'ennemi viet-namien et son idéologie étaient à repousser.
Ce qui fait qu'aujourd'hui, et qu'en plus avec le manque de moyens générale (le voyage n'étant qu'un loisir la plupart du temps) on observe encore une certaine étanchéité entre ces pays, ils ne se connaissent pas vraiment. En Europe, nous sommes très proches, on mange italien en
Allemagne, on manque de la paella en
Belgique, on connait tous quelques mots en espagnol etc...
Ceci dit, c'est le même constat de carences en ce qui concerne la population états-usiennes comme l'a remarqué un membre ici, (symbolisé par son ex.président G.W....), et c'est donc significatif qu'il ne s'agit pas seulement d'un manque de moyens mais d'une carence au niveau de l'éducation et d'un manque d'intérêt général et on rajoute l'immensité du pays (p.ex. tout ce qui est au sud du
Texas, c'est le
Mexique, Ushuaïa inclus....). Les américains ont certainement d'autres prérogatives que les nôtres et ce n'est pas la culture générale d'une personne qui fait qu'elle est à leurs yeux apte à être président.
Je soulignerai par contre l'observation d'Ottinpac. Si tu constates à ton grand désespoir que tu n'arrives pas à construire une communication, c'est à mon avis que les sujets ne sont pas ceux qui devraient être abordés.
Ces peuples ont énormement de connaissances,
ce sont pas tes référentielles tout simplement.Tes référentielles sont les nôtres nous occidentaux, baignés dans notre éducation, notre culture, mais il faut garder à l'esprit qu'elle n'est pas tout à fait complète, il manque encore énormement de connaissances, on peut le constater tout les jours avec nos amis, collègues, membres de la famille. Je me garderai donc bien de sentir en moi une quelconque supériorité vis-à-vis de certaines sociétés, mais je crois comprendre que ton explication est sincère, c'est simplement un sujet de débat et une expression de frustration, cependant attention à certain vocabulaire.
Ce qu'il faut à mon avis, c'est les écouter, et apprendre. C'est ce que j'ai constaté de moi-même. Inutile d'aborder des sujets dont nous savons à l'avance qu'ils ne maïtrisent pas ou peu, bien ou pas bien c'est comme cela.
Ce serait tout à fait différent si tu t'adressais à des viet-namiens en Europe, car là, c'est à leur tour de s'indexer à notre monde et à nos référentielles, mais cela reste de toute façon un échange, c'est ça aussi la richesse, la différence et la curiosité d'apprendre d'autrui.
Identiquement qu'un viet-namien en
France qui s'obstine à ne que cultiver sa façon de vivre, sa culture, (car c'est réconfortant étant donné que c'est sa base et ses racines), il sera avec le temps déconnecté de la réalité de la société dans laquelle il vit.
Donc voilà, je pense qu'il faut que tu essaies de rentrer dans ce monde, en posant énormement de questions, en s'intéressant à leurs activités, à sourire à ce qui les fait sourire, en ayant de la complicité dans la compréhension du moment partagé, en recherchant la cause de ce que tu constates sur le terrain.
Courage.