IRAN du 06 mars au 03 avril
Bazargan point frontière. Sous la neige
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. Formalités expéditives. C'est juste incroyable quand on pense aux tensions internationales. Cela ne sera pas le seul paradoxe de ce pays. Me voici de l'autre coté en quelques minutes......non ! une voix m'interpelle, 'Monsieur, pouvez vous ouvrir votre sac', c'est si gentiment demandé que je m'exécute sans peine. Une femme charmante. Elle fouille très très légèrement "d'où venez vous" moi "de
France".....son joli visage s'illumine davantage, dévoilant un superbe sourire.......ok vous pouvez y aller...Welcome to
Iran.....dommage qu'elle soit en service. Le ton est donné. Le temps de changer quelques billets au marché noir, voilà le bus en provenance d'
Istanbul-
Téhéran qui se pointe "Y a de la place ? " j'embarque avec mes nouveaux copains turcs pour la capitale. Enfin c'est vite dit, ce bus nous laisse en rade et repart en
Turquie. Mystère. Un taxi prend la relève nous dépose sur une aire de parking après Maku
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. Les Turcs téléphonent pour avoir des nouvelles. Personne ne sait ce qui se passe. On attend scrutant la route du moindre bus qui passe. Au final retour à la gare routière de Maku pour prendre le bus de
Téhéran à 18h.
Téhéran à l'aube. L'un des Turcs a tenu à m'accompagner jusqu'à Imam Khomeney Square et puis après les salutations nous nous séparons. Vraiment des gens sympas et chaleureux ces Turcs ! Ceux là viennent voir des membres de leur famille.
Hôtel
Mashad, je croise Maki, une jolie Japonaise de
Tokyo. Elle est la 1ère voyageuse (eur) que je rencontre depuis que je suis en
Iran......Elle sera aussi parmi les dernières avant que nos routes se séparent à Yazd, elle par le nord et le
Turkménistan et moi par l'est et le Pakistan. J'y reviendrai plus tard dans le récit.
Nous partageons le même dortoir avec d'autres voyageurs tous japonais. Ce qui est paradoxal en
Iran, censé être un pays où l'on ne badine pas avec la loi, c'est que tous les dortoirs pour les étrangers où j'ai séjourné sont mixtes. Dans le dortoir de l'hôtel
Mashad durant 6 jours je ne verrais défiler que des voyageurs japonais. La mixité du dortoir contraste avec certains autres occupants de l'hôtel dont un que je croise arborant sa longue barbe salafiste. La situation est assez cocasse mais l'ambiance est détendue. Il y a aussi un Pakistanais en visite pour affaire qui loge dans une autre chambre. Quant au propriétaire, il parle un peu Français mais je ne le sens pas trop et son discours ne me plait pas. Dans le dortoir c'est convivial, les lits sont disposés autour d'une table et je fais connaissance avec mes compagnons de chambrée. Le soir c'est studieux, ça discute. Chacun rédige des notes, s'échange des adresses et remplit le cahier d'honneur du
Mashad. Je l'avais remarqué lors de mes précédents voyage et ça se confirme. Ils font preuve d'un esprit de solidarité sans équivalent. Il faut voir le soin qu'ils mettent à dessiner des plans précis et des astuces qu'ils laissent dans les cahiers d'honneur pour les copains qui suivront. Maki n'est pas en reste. Le surlendemain elle quitte
Téhéran après avoir déposé son dossier pour le visa ouzbèke. Verdict : 10 jours d'attente et pas de visa turkmène sans l'autre. Entretemps elle doit s'occuper de son extension de visa iranien. Eh oui nous sommes tous logés à la même enseigne n'ayant obtenu que 15 jours. Je lui donne rendez vous à Yazd avec l'espoir de la revoir. Shota avec son look d'étudiant soigné part pour le Kurdistan iranien et ensuite le Kurdistan irakien.
Les corridors : Deux routes vers l'ouest, celle du Kurdistan irakien récente et celle menant en Azerbadjan/
Arménie. Coté est, quasiment tout le monde emprunte la route menant au
Turkménistan/
Ouzbékistan. Un Japonais me disait qu'il leur est actuellement très difficile d'obtenir un visa pakistanais. Du coup la route des Indes est délaissée. Je suis le seul à passer par là...pour le moment.... Wait and see comme qui dirait l'autre.
Et l'
Iran ?
ce vaste pays, si décrié sur l'échiquier mondial par ceux que l'on nomme la Communauté Internationale bien peu représentative du reste du monde mais qui détient les clés de toutes les institutions mondialisées, l'Omc, l'Oms, le Fmi, l'Onu, le Tpi etc.....République islamique depuis 1979, sous embargo américain, (les Usa qui n'ont jamais digéré l'humiliation de la prise d'otages et du fiasco des hélicoptères de sauvetage) déchirée par une guerre meurtrière à l'époque où Saddam Hussein était l'ami de l'occident. La jeune république islamique a du attendre 10 ans pour voir le bout du tunnel et se bâtir.
j'avais séjourné en
Iran durant octobre 2007 en empruntant la même route, la route des Indes chère à Nicolas Bouvier. Déjà à cette époque, Bush était aux manettes et les tambours de guerre résonnaient.
Cette fois, à la veille de mon départ, c'est Obama qui est aux manettes, blanc bonnet et bonnet blanc. Je regarde Press Tv (chaine iranienne d'infos en continu) dans ma chambre d'hôtel à Dogubeyazit.....retransmission du discours d'Obama au diner de l'AIPAC le lobby sioniste si influent au Congrès Us. Celui ci réitère ses menaces contre l'
Iran à la grande satisfaction des convives. Surréaliste !
Quand je me promène à
Téhéran, je n'ai pas le sentiment d'un pays au bord de la crise de nerf, effrayé par les menaces de guerre. Les Iraniens, soit ils sont concentrés sur les élections législatives, soit c'est l'approche du Norooz qui les occupe. Tout dépend de quel bord on est. La ville semble être en effervescence. Les magasins sont pleins. Le bazar près du palais du Golestan est envahi par une foule compacte
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. Le vendredi, beaucoup partent s'oxygéner sur les hauteurs du mont Darband
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, randonner, se balader en groupe, fumer la chicha, boire un thé et écouter de la musique histoire de deserrer l'étreinte
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.
La population iranienne est jeune.
je fais quelques rencontres :
Gilda une jeune femme de
Téhéran voulant devenir journaliste, en train de faire des photos dans un parc. Elle fait partie de la classe aisée du nord de la ville. De la famille aux Usa. Elle ne se voit pas d'avenir ici.
Keyvan et Maria un couple de
Téhéran rencontrés à Yazd, lui est musicien, elle est animatrice.
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artiste, musicien de surcroit, pas simple de s'épanouir dans ce contexte. Son pote est dans le théâtre et il déplore aussi le trop plein de censure.
Roosbeh un étudiant en medecine. lui aussi déplore le manque de liberté mais il essaye de s'adapter car les moyens de contourner sont nombreux.
le constat est le même. Ils se sentent bridés. Malgré tout, leur discours est nuancé par rapport à d'autres plus extrêmistes que j'ai entendu, prêts à se jeter dans la gueule du loup....après avoir mis évidemment leurs proches en lieu sur à l'étranger au moment où le pays serait attaqué. Des nostalgiques des Pahlavi. Personnellement ceux là me débectent.
Au bout d'un moment le gouvernement est obligé de lâcher du lest et c'est ce qu'il fait par moments. Parfois il est désapprouvé par les Ayatollahs comme pour l'histoire de la mixité dans les stades où Ahmadinejab voulait légiférer pour autoriser les femmes à s'y rendre.
Prenons aussi les antennes satellites qui ne sont pas autorisées. Ok tout le monde ou presque en a pour capter les chaines internationales. Serrage de vis, on les embarque et rebelote les gens en achètent d'autres. C'est Roosbeh qui me parlait de ça qui est un exemple parmi tant d'autres où chacun joue sa partition.
Difficile d'avoir un avis tranché. Le gouvernement a aussi de nombreux partisans et malgré les problèmes économiques récurrents, le pays avance et la répartition des richesse est plus équitable que sous le règne du Shah.
Je pars à
Mashad alors qu'il neige à
Téhéran (photo)
. Chez Valli (voir infos pratiques), je rencontre des cyclistes en route pour le
Turkmenistan. Thomas un Français de
Paris et Mathews et sa copine, deux catalans.
Mashad est une ville sainte du chiisme, la 2ème en
Iran après
Qom. Près de 20 millions de pelerins affluent chaque année. La mosquée est superbe.....De loin car malheureusement pas autorisé à rentrer. Faut dire que je me pointe le vendredi en pleine affluence de la prière et comme le soir je pars à Gorgan. Durant le séjour, Valli organise une virée en montagne, mi rando mi visite d'un village typique avec repas. Pourquoi pas. En compagnie de 3 Allemands, nous atteignons le 1er village et nous faisons du stop pour atteindre Kang niché sur les pentes de l'Alborz qui est la chaine de montagne allant de l'Azerbadjian à
Mashad (photo)
. Il a plu récemment. Sol boueux et sans prises, gamelles assurées. Un des Allemands se ramasse, puis c'est à mon tour, sur le coup je peste après Valli mais la balade vaut le détour. Ce village est magnifique
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. Nous sommes invités à boire le thé dans une famille puis nous stoppons dans le village suivant
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pour manger un plat populaire typique, une sorte de Dizzi local, l'abgosht.
C'est dans le bus de
Mashad pour Gorgan la capitale du Golestan, que je rencontre Roosbeh qui rentre chez lui pour les vacances. Voir :
voyageforum.com/...vrier_2012_D4850532/
Il m'invite dans sa famille à prendre le petit déjeuner. Ils sont en pleine préparation du Norooz. Après avoir obtenu mon extension, nous prenons un lunch que prépare sa maman. Un accueil 3 étoiles dont je me souviendrai. Ils voulaient aussi m'inviter à passer la nuit mais leur hospitalité a été formidable et je ne veux pas abuser
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Je reprend la route qui traverse la chaine de l'Alborz. Problème il y a une tempête de neige, la route est coupée. Nous sommes déviés par une autre voie plus au sud. Le bus mettra 8h de plus pour arriver à
Téhéran à 3h du mat.
Isfahan début d'après midi, au delà de la mauvaise surprise de l'Amir Kabir (voir infos pratiques), la ville ne me procure plus la même sensation qu'il y a 4 ans, la magie n'opère plus hormis le Pont Se-e-si-Pol
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toujours aussi animé
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. C'est ici que je rencontre Mikhael et Tatjana, pour tout dire dans le réduit de l'Amir Kabir. Le feeling passe tout de suite et nous ferons un bout de route ensemble en décidant de nous rendre à Yazd le surlendemain. Deux Suisses de
Lausanne qui voyagent depuis 9 mois en moto. Celle ci doit arriver par bateau à Bandar Abbas au sud de l'
Iran en provenance de Mumbaï car ils n'ont pu obtenir de visa pakistanais. Leur périple a débuté par la Scandinavie, la
Russie, la
Mongolie, l'
Ouzbékistan, le
Kazakhstan,
Oman,
Dubaï, l'
Inde.
La route qui va à Yazd traverse le désert, le Dasht-e-Kavir
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. Après deux séjours, cette région est définitivement l'endroit que je préfère en
Iran. J'avais écris sur cette ville et les bonnes vibes que j'en avais tirées lors des précédents fragments en 2007. Mes sensations n'ont pas changé
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Je retrouve mes nouveaux amis, Mikhael et Tatjana partis de Yazd avant moi dans la journée. Au Silk Road Hotel nous croisons un couple de cyclistes français Guilhem et Eglantine en route pour le
Turkmenistan.
Durant mon séjour qui va durer 13 jours, j'arpente les petites ruelles de la vieille ville où parfois il règne un calme absolu. Les chats sont très présents sur les toits aux formes harmonieuses et se déplacent en fonction de la présence humaine en dessous voir
les chats de Yazd
. En effet des pans entiers de quartier sont détruits, parfois reconstruits avec des briques, parfois laissés à l'abandon.
Entre temps les deux amis lausannois sont partis à Bandar Abbas récupérer leur moto. De nouveaux voyageurs arrivent dont Mariko une Japonaise de
Tokyo avec qui j'accroche bien mais elle ne reste que deux jours. Erwin un Hollandais en provenance du Pakistan, Hiro et Yuka avec qui j`avais voyagé entre Trabzon et Kars en
Turquie....Et il y a Maki que j'ai le plaisir de retrouver. Nous nous étions donnés rendez vous à Yazd mais dans le doute je lui avais laissé un mot sur le cahier d'honneur de Valli à
Mashad pour lui souhaiter bonne route et peut être la possibilité de se revoir sur les routes de
Chine. Quelle belle surprise.
Ces femmes japonaises sont difficiles à percer. Mariko et Maki sont deux femmes accomplies, la trentaine bien assurée, elles voyagent seules et ont quitté leur job pour cela. Mariko travaillait dans un hôtel en tant que réceptioniste à
Tokyo, Maki elle était représentante de produits cosmétiques à
Tokyo. Les deux sont très indépendantes et il faut savoir trouver le bon dosage sans se prendre les pieds dans le tapis (je parle pour moi). Mariko est plutôt grande, cool avec son écharpe indienne et drôle sous ses airs insouciants
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, elle débute son voyage en
Iran puis se dirige en
Turquie,
Jordanie et
Egypte. Maki est plus petite, très coquette et un sourire magnifique. Sous ses airs d`ingénue, c'est une redoutable négociatrice, très dure en affaires et elle arrive à ses fins. Elle parle bien Anglais, un peu le Français ayant séjourné 10 mois à
Paris l'an dernier. Elle voyage depuis de longs mois depuis l'Europe, la
Turquie, l'
Arménie. Lors de son départ pour
Téhéran où elle doit retirer son visa ouzbèke (voir 1ère partie), je l'accompagne jusqu'à la gare routière prétextant que je doive acheter mon ticket pour Zahedan
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. On se souhaite bon voyage en espérant se retrouver plus tard en
Chine.
Maki et Mariko mes deux soleils iraniens.
Le séjour tire à sa fin. Mikhael et Tatjana revenus de Bandar Abbas passent encore quelques jours au Silk Road, il faut dire qu'ici c'est les vacances, on se prélasse dans le jardin. Puis hier, ils sont partis hier pour remonter tranquillement en direction de la Caspienne et la
Turquie. bonne route les amis et profitez bien de votre fin de voyage. On se donne rendez vous à
Lausanne et à
Lyon.
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Aujourd'hui je quitte Yazd, la gorge un peu serrée car il est toujours difficile de partir de lieux que l'on aime. Nicolas Bouvier disait "Voyager c'est s'attacher et s'arracher, sur la route, on est toujours dépendant de ce couple de mots", cette phrase résonne dans ma tête.
Déjà un tout autre voyage se profile, le Pakistan. 1500 kms pour atteindre Quetta la capitale du Balouchistan. Départ de Yazd à 15h et arrivée probable en fin de journée le 4 avril et au milieu le passage frontière de Taftan. Un bus jusqu'à Zahedan et un train de marchandises au bout duquel on a accroché deux wagons de passagers avec des sièges en bois qui chemine très lentement à travers le désert. Seulement deux dates par mois, le 3 et le 17. Merci à toi Catherine qui m'a donné envie de voir ces montagnes désolées. Les provisions sont prêtes : figues dates kiwis oranges boites de thon halva spécialité sucrée de Yazd très énergétique et de l'eau en grande quantité car la région est désertique, la température dépasse en ce moment les 30 degrés.
Rendez vous à Quetta au Pakistan