Mékong · 29 octobre 2007 à 20:34 · 263 photos 246 messages · 36 participants · 79 594 affichages | | | | À: Mékong · 5 janvier 2008 à 18:51 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 41 de 246 · Page 3 de 13 · 11 720 affichages · Partager Merci Mékong de prendre le temps pour nous raconter ton voyage petit à petit :) Bonne route!!! | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Mékong · 7 janvier 2008 à 18:23 · Modifié le 17 oct. 2009 à 13:38 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 42 de 246 · Page 3 de 13 · 11 679 affichages · Partager Nouvel an à Jodhpur la ville bleueJodhpur31 déc/ 1-2 janvier 2008
Jodhpur, la ville bleue. J'ai un coup de coeur. Il fait bon se balader dans cette ville à travers ses ruelles étroites où l`on se perd facilement. De nombreuses maisons sont peintes en bleu et en indigo pour repousser la chaleur et les moustiques. Des boutiques font étalage d`étoffes, saris, dupattas (longs châles) et foulards rivalisant de couleurs éclatantes  . Sur les sentiers grimpant au fort et à mesure que l`on prend de la hauteur, nous voyons la vie des habitants s'organiser sur les terrasses de leurs maisons. Des femmes étendent le linge, d`autres épluchent des légumes. Des enfants nous font des signes et nous lancent des "Hello". Des gens sur le chemin nous sourient. Douceur de vivre sous les rayons du soleil. Cet endroit me rappelle par certains aspects la ville de Yazd en Iran. Nous croisons des singes, à peine si ils font attention à nous, trop occupés à se gaver de mures qui poussent le long du sentier  .
Sardar Market près de clock tower
Le fort massif ou Meherangarh construit par un roi Rathore, surplombe la ville et veille sur elle telle une sentinelle. En face, de l`autre coté de la ville, le palais du Maharajah construit en 1929, il vit encore dedans et une partie est devenue un hotel dont il tire quelques roupies. Paraitrait que ce sont les habitants qui ont casqué pour cette humble demeure  . Au fort, accueil impeccable, des hôtesses parlant francais, nous délivrent des tickets avec audioguides en Francais, 250 rps avec appareil photo inclus. C'est parfait pour la visite. Vu de l`intérieur, il est aussi impressionnant. J`aime beaucoup Lohapol, la porte de fer herissée de pics qui se trouve au coeur du fort. Le chemin qui y mène est en pente montante en une ligne droite de 100m et au dernier moment il finit par un angle droit donnant sur la porte. En écoutant l`audioguide, c`etait prévu pour éviter les charges d'éléphants de guerre arrivant en pleine vitesse. J`imagine sans mal l`effet de terreur que pouvait produire ces gros pachydermes martelant le sol, toutes trompes dehors, lancés à vive allure et aux barrissements à glacer le sang. Je repense à la bataille qu`avait livré l`armée de Porus roi d` Inde avec ses centaines d`éléphants de combat contre les troupes d`Alexandre dans la plaine de l`Indus, le sol devait trembler... Ce soir, il y fête au château pour le nouvel an. Des serveurs installent des chaises, des tables, des grills. On se prépare à festoyer.
Meherangarh
En redescendant sur Jodhpur, pause déjeuner dans un petit restaurant sur les pentes, tenue par deux femmes très gentilles. Comme il commence à faire un peu froid, elles nous apportent des couvertures  . Je prend un thali. C`est très bon. L`endroit fait aussi guesthouse. En montant à l`étage pour contempler la vue sur le fort, je constate qu`elle est vraiment clean. La prochaine fois si je reviens à Jodhpur, c`est là que je viendrai sans l'ombre d'une hésitation. Dans le quartier, les portes des maisons sont toutes ouvertes, les enfants jouent ensemble dans les petites rues et nous saluent par des `Hello` quand on les depasse. Ce soir, on fait la fête au Blue House. Notre guestouse est tenue par une famille jain. A la différence de l`Hindouisme, ils refusent le système de castes et sont végétariens comme on le constate sur la carte du restaurant, pas de viande ni d`oeuf.
Avant de commencer les festivités, avec Vladimir un petit détour en rickshaw s`impose chez l`épicier  . Une bouteille de vodka pour pimenter la soiree, du jus de pomme et Vlad en grand chevalier qu`il est, achète un bouquet de roses pour sa dulcinée. Nous sommes installés sur la terrasse. La soirée débute par de la danse Sapora, une danse traditionnelle rajasthanie. Les danseuses sont parées de bijoux et de robes noires faites de broderies.
Danse toute en sensualité où les danseuses tournent sur elles mêmes en accèlerant le mouvement en même temps que la musique  . Cinq musiciens donnent le ton plus un jeune danseur vêtu de blanc et coiffé d`un turban rouge orange. La musique a une forte ressemblance avec la musique soufie pakistanaise. La jeune danseuse rajasthanie virevolte, tournoie avec grâce et aisance. Son sourire juvenile illumine la soirée....Elle est extraordinaire la gamine !
Une petite rasade de vodka   ....Tout le monde est assis autour, sous des couvertures car il fait froid. Il y a une famille complète de Suisses de la Chaux de Fonds, une Australienne, 2 couples et 3 Belges avec qui nous sympathisons tout de suite, échanges de bons procédés bieres contre vodka. Damien, Caroline et Quentin voyagent en Inde pour 6 mois voire plus. Ils prennent leur temps. Le repas est un buffet végétarien, nous lui faisons honneur. C`est délicieux. Je découvre avec bonheur la cuisine végétarienne indienne. Ensuite place au jeu. Les chaises musicales... Une rasade de vodka pour l'échauffement  . Tout le monde est en piste. Je suis deux fois finalistes, la première je la perd contre le père (ou grand père..je sais plus...) suisse , la deuxième je la perd contre le petit suisse ou plutôt je dérape pour lui offrir le siège  . Est ce l'effet de la vodka ? Les rires fusent de toutes parts. Tout le monde est bien chaud et se congratule. 2008 est là. Vive 2008. Les gens s`embrassent et dansent. Au loin, les feux d`artifices explosent dans le ciel etoilé.
L`an dernier, à la même époque, je pensais fortement à fêter une nouvelle année à l`autre bout de la planète...Une rasade de vodka s`impose pour inaugurer 2008..glouglou  ! Entre le Noël au Regal Inn et le nouvel an de Jodhpur, je suis comblé    . Ensuite, la soirée continue avec Damien, Quentin et Caroline jusqu'à leur guesthouse, munis de quelques bieres et d`un fond de vodka  . Fin du chapitre 2007. Bonne année à tous les Vforumistes en vous souhaitant à vous aussi plein de voyages et d`émotions   .
| | | À: Mékong · 10 janvier 2008 à 15:43 · Modifié le 17 oct. 2009 à 13:38 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 43 de 246 · Page 3 de 13 · 11 620 affichages · Partager Udaipur la perle du Rajasthan
Jodhpur-Udaipur le 2-3-4-5-6 janvier
Ce matin, avec Vlad et Cathia, nous avons decidé de nous partager une voiture avec chauffeur pour aller à Udaipur. C'est au dessus de mon budget mais nous risquons de passer dans des chouettes endroits. En route nous prévoyons de nous arrêter visiter les temples jains de Ranakpur. Un petit extra aussi pour mieux voir la campagne indienne. Le temps est radieux.:))) La première partie n'est pas vraiment passionnante. Tout le monde somnole...sauf notre chauffeur qui fait une embardée pour éviter un chien qui surgit sur la chaussée  . Quant aux nombreux camions qui arrivent en face, prière de se pousser sur le talus  . Ici, c'est le plus gros qui passe. Nous déjeunons dans un restaurant au bord de la route. Le rendez vous habituel des guides qui aiguillent leur cargaison de touristes jusqu'ici. Le buffet est bon mais la note est salée. Du coup, je me sers trois fois pour bien me remplir la panse.
Ranakpur
On arrive à Ranakpur vers 14h00. c`est rempli de touristes. L`ensemble est impressionnant, un gros temple plus deux petits en contrebas. Ce sont des temples jaïns. Je reste dehors et prefère me balader. Je fais le tour pour trouver plusieurs bonnes prises d`angles et je tombe sur deux nids d`abeilles  , à coté d`une porte. Il y a plein de singes, sur les arbres et sur le parking. Ils ne sont pas agressifs mais attendent qu'on leur jette de la nourriture.
On repart au bout d'une heure. A partir de là, la route s`élève, en petits lacets à travers des paysages boisés. Au détour d`un virage, encore un groupe de singes peinards qui nous regardent passer  ...Il y a un peu de fraicheur...ça fait du bien.Tiens encore des singes qui lézardent sur un pont  ...Le voyage est agréable. Nouvelle embardée pour éviter un autre singe bondissant qui traverse à toute allure  . Notre chauffeur a de bons réflexes. Puis la route s`aplanit. Petits villages et paysages de rizières. On s`arrête au bord de la route. Les rizières sont irriguées à l`aide de petits canaux creusés dans la terre. L`eau est amenée par une noria que fait tourner des boeufs guidés par un paysan  .
Ca nous change du vacarme des villes. Un enfant garde un troupeau de chèvres. J`aperçois un héron ou tout du moins ça y ressemble avec son long bec. Tableau idyllique : au milieu du gué d`une rivière, entourée d`arbres et de verdure, des villageoises vêtues de saris roses et mauves, lavent des vêtements  .
L` Inde rurale. Ce pays marche beaucoup avec la paysannerie. Mais c'est une époque difficile. En effet, il y a de plus en plus de suicides chez des petits paysans ruinés. Je connaissais le problème avant de venir mais ici en ouvrant les journaux, on tombe souvent sur un encart signalant qu'un type a passé l'arme à gauche. Ces petits paysans trompés, floués par des banques et des multinationales obsédés par l'appât du gain qui les ont poussé à s'endetter pour investir dans la monoculture au détriment des cultures vivrières, et la grande imposture des Ogm qui met en péril le fantastique patrimoine alimentaire de ce pays, je pense à toutes les variétés de riz sur lesquelles lorgne Mosanto. Quant aux autres paysans, dépossédés de leurs terres, ils vont grossir les bidonvilles des grandes métropoles en quête de travail pour leur survie. Le tableau n'est pas si noir. Il y a un syndicat très actif, une confédération paysanne puissance 10 qui leur a permis de remporter quelques batailles. Mais les charognards des multinationales rôdent et il faut beaucoup de détermination face à ce rouleau compresseur. Voilà pour la parenthèse politique.
Udaipur : la ville est au coeur d`un cadre somptueux. Entouré de petites montagnes, un lac majestueux : le lac Pichola au bord duquel se dresse fièrement le grand palais blanc du Maharajah local. En face sur une ile, le palais de Jagmandir. Sur recommandation de Parvat  , nous nous rendons sans hésiter au Dream Heaven malgré l`insistance de notre chauffeur pour nous amener chez un de ses amis qui tient un hôtel. Bonne pioche. La guesthouse est située au bord du lac, au pied d`une passerelle. La première chose que l`on voit lorsque on débarque, est la terrasse. Sous le charme.
Elle est spacieuse et douillette avec une vue époustouflante. Ma chambre est lumineuse et coquette avec ses décorations au plafond et sur les murs. Je viens à peine d`arriver et je m`y sens vraiment très à l`aise. Le personnel est accueillant et serviable  . Quant à la cuisine qu`ils mitonnent, c'est délicieux  . Toute une gamme de plats végétariens jusqu`au poulet biryani et la salade de thon maison. Durant 4 jours, je mange comme un ogre et mes deux acolytes ne sont pas en reste  . Coté bouffe, nous nous entendons bien en disposant chacun d`un bon coup de fourchette   . Toute la carte des plats végétariens y passe. Clients assidus, nous ne manquons pas un seul des trois repas  . Des explorations culinaires qui sont de purs moments de plaisir. Le matin, qu`il fait bon prendre son petit déjeuner au soleil, profiter de la vue qui s`offre à nous et écouter le son des battoirs des femmes lavant le linge sur les ghats d`en face  .
Revers de la médaille. Le lac est menacé par la pollution. Il est recouvert, en plusieurs endroits et totalement aux abords de la ville, d`une algue verte. C'est jonché de détritus. Il risque à long terme l`asphyxie. Cette algue prolifère entre autre à cause des rejets domestiques telles les eaux usées des hôtels qui se sont multipliés tout autour  . Parfois, on peut voir, des hommes en bateaux, ramasser la matière indésirable et ramener cette cargaison sur la terre ferme. Cela parait dérisoire devant l`ampleur de la tache. Pourtant, progressivement, la population est de plus en plus sensibilisée, c'est normal leur gagne-pain risque de disparaitre. Ceci grâce au travail des associations qui militent dans ce sens. Des femmes nettoient les bas cotés de la route en bas du Dream Heaven. Les moyens qu`elles utilisent sont certes rudimentaires mais elles agissent dans le bon sens. Un jeune Indien tenant un cybercafé, m`avoue son inquiètude face à la saleté du lac. Des initiatives encourageantes apparaissent pour combattre la pollution. Quelques panneaux solaires équipent le toit des hôtels, des rickshaws et même un bateau.
Udaipur depuis le palais blanc
Intérieurs du palais
Entretemps, nous visitons le palace. En plus du tarif d`entrée, il faut débourser 200 rps pour l`appareil photo. Décidemment, le propriètaire des lieux ne perd pas le nord. Je fais la sourde oreille et je parviens à me faufiler au milieu d`un groupe de touristes. Petit clin d`oeil à Parvat   . L`intérieur est cossu, richement décoré, avec de belles galeries de peintures. En sortant, attendant Vlad et Cathy, je fais la causette avec un touriste indien qui lui attend sa femme. Le reste de mes journées, je reste à flegmarder sur la terrasse dans les confortables divans partageant mon temps entre sieste et lecture. Faut bien digérer   .
Vlad et Cathy sont partis à Mumbai un jour avant moi. On se retrouvera là bas. Avec Vlad, On n`est pas du même bord, n'empêche. Le voyage gomme ces barrières. Un super gars. Cool et bon vivant  . J`ai apprecié d`avoir partagé un fragment de voyage avec eux. 
Avant de partir, je passe à la boutique Sadhna tenue par des femmes qui vendent des sacs, etoffes, saris, foulards etc...je kiffe sur toutes ces couleurs. J'ai du mal à me décider. Pour un peu j'acheterai le magasin. Les produits sont fabriqués par des villageoises rajasthanies regroupées en coopératives par le biais d'une association Seva Mandir qui existe depuis 1969. www.sevamandir.org/history.htm www.sevamandir.org/sadhna.htm
Demain je quitte le Rajasthan pour la big apple indienne, Mumbaï
Infos pratiques Bus sleeper Udaipur- Mumbay 400 rps pour un siege Rickshaw : Dream Heaven-Bus station 50 rps | | | À: Mékong · 10 janvier 2008 à 16:13 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 44 de 246 · Page 3 de 13 · 11 614 affichages · Partager Macha ne sort pas beaucoup de l'hôtel, gentille et exubérante, elle est dans son monde. Shanti Shanti !  . Elle trimballe son Pc avec elle. Amoureuse de l' Inde, elle n'est pas trop a l'aise en Turquie excepté Karadut. Un jour, elle me montre toutes ses photos et celle du Népal, on se les passe en écoutant de la musique indienne avec thé et raki:). Je comprend mieux son attachement pour ce pays.
Tu m'as fait sourire.  Oui, l' Inde c'est autre chose... | | | À: Mékong · 10 janvier 2008 à 18:29 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 45 de 246 · Page 3 de 13 · 11 603 affichages · Partager Pendant quelques minutes j'y étais vraiment à nouveau... Quelle délicieuse sensation, encore merci | | | À: Mékong · 12 janvier 2008 à 15:07 · Modifié le 17 oct. 2009 à 13:39 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 46 de 246 · Page 3 de 13 · 11 581 affichages · Partager Mumbaï la ville de tous les contrastes
Udaipur-Mumbaï le 7-8-9-10-11-12 janvier
Je quitte Udaipur dans un bus couchette. J'ai réservé un siège. Départ avec 1h de retard. Je discute avec deux Coréens. A Mumbaï, ils partent directement pour Goa. Décidemment tout le monde va à Goa. J'ai prévu d'y faire un stop...peut être qu'il y a mieux à faire.
Mumbai, 16 millions d`habitants, une ville où se cotoie l`opulence et l`extrême pauvreté. Bollywood et sa réussite insolente à quelques pas de Dharavi le plus grand bidonville de l` Inde devant l'aéroport. Dans le sud, des buildings qui font face à la baie de la mer d` Oman. Quartier de Churchgate, Des bâtiments symbole d`un passé colonial révolu.On continue à descendre et c'est la Gateway of India qui draine des nuées de touristes qui prennent le ferry pour les iles Elephants.
Pour les voyageurs à petit budget, la ville a la réputation d`être très chère pour se loger. Heureusement, il y a l`Armée du Salut et c`est là que je descend. Situé à Colaba, juste derrière le prestigieux Taj Mahal Hotel. Il accueille quantité de voyageurs chaque jour. La plupart en transit pour Goa. Prix affiché en dortoir : 150 Rps avec petit déjeuner inclus. Une aubaine et ça va me permettre de séjourner quelques jours pour explorer la ville. Faut pas être trop regardant sur le confort et le bruit mais c'est le meilleur tarif du quartier pour les fauchés et budgets serrés. On peut aussi y manger et surfer.
C`est la première fois depuis que je suis en Inde qu`il fait aussi chaud. La journée, j`aime bien passer un peu de temps autour du quartier de l`université, dans le parc appelé Ovale Maidan. Ici, du matin au soir, les Indiens jouent au cricket. Ils vouent une véritable passion à ce sport. Le soir, quelques matchs déchainent l`enthousiasme et provoquent un attroupement car l`endroit est très fréquenté. Le cricket, j`avais essayé une fois au Pakistan mais rien à faire, suis plus à l`aise avec un ballon dans les pieds.
Ovale Maidan Churchgate en face l'université de Mumbaï match de cricket
Marine Drive
L`autre lieu où les Indiens aiment venir se relaxer et bénéficier de fraicheur est Marine Drive, la longue promenade le long de la baie.Tout au bout, en remontant, se trouvent les quartiers aisés de Chowpatty Beach et Malabar Hill avec ses parcs et ses jardins. A Marine Drive, je croise Torrence le Jamaïcain. En fait il est Indien mais il a l'allure d'un mec des iles. Marine Drive, c'est son coin. Impossible de le louper pour ceux qui restent dans le quartier entre Ovale Maidan et Churchgate. Le type est instruit et engagé. Il aime parler de sa ville mais plutôt le coté pile. Une rencontre très enrichissante.
Un jour, je tente une approche pour visiter les Tours du Silence de la communauté Parsi de la ville. Descendants des Zaraoastriens de Perse. Ils forment une communauté forte de 60 000 personnes. C`est à travers le roman de Duchaussoy"Flash" que j`en ai entendu parler pour la première fois. Ce roman est t-il une histoire vécue ? je me suis longtemps interrogé sans avoir de réponse...Les Tours du Silence sont situées sur une colline au nord de Chowpatty Beach. Lorsque j`essaye de rentrer, je me fais refouler sans ménagement par des gardes, `Only Parsi`. Un homme descend du parc boisé et me confirme qu`il est Parsi. Je fais le tour par la route de derrière qui monte et suit le parc. Peine perdue. Impossible d`apercevoir quelque chose à cause des feuillages des grands arbres. Dans le ciel, je peux distinguer des oiseaux qui planent, à priori des rapaces. A l`origine, les Parsis n`enterrent pas leurs morts afin de ne pas polluer les sols et les laissent au sommet des tours où ils servent de nourriture aux vautours. Sauf qu`il n`y a plus de vautours qui ont disparu à cause de l'urbanisation galopante. En regardant le ciel, je m`interroge une nouvelle fois. Continuent t-ils de déposer leurs morts ici ? Peut être un début de réponse car les accès sont bien gardés. En Iran, à Yazd, les Zaroastriens les enterrent dans des cercueils scellés avec du béton et les Tours du Silence locales sont ouvertes au public.
Chowpatty Beach sud de Mumbaï
Mumbaï, la survie est le lot de millions de personnes qui améliorent leur quotidien à travers des petits boulots de rue. Il y a les dhabas wallahs, ceux qui livrent la nourriture, les parcels wallahs, ceux qui font les paquets pour les envois postaux, les dhobis wallahs ceux qui lavent le linge. Les plus nombreux sont sans conteste les hawkers. Dès le matin, partout dans la ville, ils déploient leurs étals de fortune, une table sur trépied, un simple tapis posé sur le trottoir pour vendre toutes sortes de bibelots, des fleurs, des noix de coco, des jus de fruits. Sur ces mêmes trottoirs, ils cohabitent avec les chiens étendus de tout leur long et qui dorment. Rien ne semble les perturber, ni le le flux constant des gens qui les frôlent, ni les klaxons. Ils seraient près de 100 000 selon les statistiques les plus récentes. Mais c`est la guerre des chiffres entres les organes officiels et les Ong`s de défense des animaux. 27000 animaux de compagnie et 70000 chiens errants appelés Trays. Leur nombre se stabilise grâce à la campagne de stérilisation mise en oeuvre depuis quelques années par les Ong`s qui prévoient encore 4 ans pour stériliser toute la gente canine. Au départ, Les instances officielles avaient suggéré une méthode plus radicale.
Un mot pour finir sur Tata et sa fameuse voiture qui fait la une, à grand fracas publicitaire. Nano, baptisée voiture la moins chère du monde. Beaucoup d`Indiens n`en ont cure. Surtout les 6000 familles de paysans de Singur (Bengale Occidental) qui ont été chassées de leurs terres pour l`implantation des usines l`an dernier. Hier, une manifestation s`est déroulée dans cette ville avec à leur tête Becharam Manna organisateur du Comité de protection des terres agricoles de Singur pour dénoncer cet état de fait. Une autre manif a eu lieu à Delhi en même temps. Le problème est récurrent partout en Inde, on exproprie des paysans de leurs terres pour créer des zones industrielles et des pôles chimiques moyennant pots de vins aux notables locaux. L` Inde est un colosse aux pieds d`argile. Le pays a beau afficher une croissance régulière mais pour la plupart des Indiens du monde rural, c`est le miroir aux alouettes. Dans certaines provinces, le torchon brûle et une rebellion "les Naxalites" couve et gagne du terrain, remettant en cause le système de castes et invitant les intouchables à se joindre à leur combat.
J`ai eu des nouvelles de Ludivine et Yann qui étaient rentrés au Pakistan le jour de l`assassinat de Benazir Bhutto. Ils sont revenus en Inde car tout était bloqué et ils ne pouvaient pas sortir de l`hôtel à Lahore. Ils attendent un visa pour aller en Iran. Lahore qui vient de subir un attentat. C`est la première fois qu`ils s`en prennent à cette ville, poumon culturel du Pakistan, épargnée jusque ici. J`ai une pensée pour les Pakistanais. Vlad et Cathy sont partis de Mumbai sans qu'on puisse se voir. Ils sont en route pour Chennaï en train car ils veulent passer quelques jours sur les Iles Andaman. Rdv est pris à Paris.
Moi je continue ma route seul. Finalement pas de Goa au menu, je préfère éviter les flots de touristes d'autant que c'est la haute saison et les prix enflent à vue d'oeil. Je m'enfonce dans les terres jusqu'à Bijapur dans le Karnataka. De Bijapur, je compte pousser jusqu'à Badami et Hampi. Départ ce soir. Je partage le taxi avec un Hollandais Gerry, un type retraité, toujours impeccable sur lui, très poli et qui voyage petit budget. Lui prend le train pour Cochin. Infos pratiquesTarifs taxis : pas de rickshaws dans la ville, chaque taxi dispose d`un compteur, sur le coté gauche, s`affiche les unités (attention ne pas confondre avec les roupies). Chaque unité est à multiplier par environ 1, 4 pour trouver le prix de la course. Ex : pour aller de la gare Victoria jusqu`à la gare centrale des bus 26 unités x 1, 4 = 37 rps Jus de canne à sucre (dans la rue) 4 a 8 rps Assiette de fruit frais (dans la rue) 6 rps Bus : Mumbai-Solapur 261 rps Solapur-bijapur 70 rps | | | À: Mékong · 12 janvier 2008 à 17:04 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 47 de 246 · Page 3 de 13 · 11 565 affichages · Partager Un mot pour finir sur Tata et sa fameuse voiture qui fait la une, a grand fracas publicitaire. Nano, baptisee la voiture la moins chere du monde. Beaucoup d`Indiens n`en ont cure. Surtout les 6000 familles de paysans de Singur (Bengale Occidental) qui ont ete chassees de leurs terres pour l`implantation de l`usine l`an dernier. Hier, une manifestation s`est deroule dans cette ville avec a leur tete Becharam Manna organisateur du Comité de protection des terres agricoles de Singur pour denoncer cet etat de fait. Une autre manif a eu lieu a Delhi. Le probleme est recurrent partout en Inde, on exproprie des paysans de leurs terres pour creer des zones industrielles et des poles chimiques moyennant des pots de vins aux dirigeants locaux. L`Inde est un colosse aux pieds d`argile. Le pays a beau afficher une croissance reguliere mais pour la plupart des Indiens du monde rural, cest le miroir aux alouettes.
C'est affolant ce que tu dis là, vrai et important de le dire... Bonne route! Je suis impatiente de lire ton avis sur Bijaipur | | | À: Mékong · 17 janvier 2008 à 12:35 · Modifié le 18 oct. 2009 à 12:37 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 48 de 246 · Page 3 de 13 · 11 490 affichages · Partager Chefs d`oeuvre islamiques de BijapurMumbai-Solapur-Bijapur Le 13-14 janvier
Je me suis assoupi dans le bus. Quand j'ouvre l'oeil, le bus est arrêté en rase campagne. Le chauffeur et le ramasseur de billets sont en train de manier des outils. Crevaison. De Mumbaï jusqu'à Pune, c'était inconfortable et obligé de jouer des coudes pour empêcher le type assis à coté de moi de dormir sur mon épaule. A Solapur, tout le monde descend c'est le terminus. Je demande au chauffeur "Bijapur" et il me fait signe d'aller me rasseoir. Coup de chance, c'est le même bus qui dessert Bijapur et quelques instants plus tard, c'est la cohue. Je suis aux premières loges pour assister à la montée des marches entre bousculade et brouhaha indescriptible.
Bijapur. 13h00. Un peu de retard. Une ville aux forts accents historiques. Elle fut en son temps capitale royale et il subsiste encore aujourd`hui des fortifications et les ruines d`une citadelle qui témoigne de son glorieux passé. Bonne surprise : le Tourist Hôtel. Situé sur l'artère principale. Un chambre simple avec douche toilette, moustiquaire et ventilateur pour 150 rps. Clean et bon accueil. Parfait pour ma bourse. Je croise deux Australiens. Content de poser mon sac. Prêt à explorer la ville.
Les 2 monuments importants, Golgumbaz et Ibrahim Rouza sont situés aux deux extrêmités de Bijapur. En marchant, je fais l`objet de tous les regards souvent accompagnés de sourires, les `Hello` What`s your name` fusent de toutes parts de la bouche des enfants. Peu d`étrangers excepté les deux que j'ai vu à l'hôtel. Quel contraste avec Colaba à Mumbai, ma précédente étape. Dans les rues, c'est la cour des miracles. Des vaches déambulent avec nonchalance. Il y a aussi des cochons noirs et de gros boeufs munis de très longues cornes peintes en rouge ou en vert, parfois ornés de pompons qui leur donnent un air très rock and roll.
Ibrahim Rouza. Aux abords de la ville. Peu d`agitation et pas de harcèlement. Juste que les gens sont curieux et c'est bien normal. Ibrahim Rouza est un château entouré d`une enceinte, bordé à l`intérieur comme à l`extérieur d`espaces verts. Construit pour l`amour d`une femme, il sert désormais de mausolée pour le roi et sa reine. A l`intérieur, on gravit un escalier pour déboucher sur une cour. Deux bâtiments rectangulaires se font face, composés de cinq larges entrées en forme d`arches, surmontés de quatre minarets et d`une coupole en forme de champignon. Au centre de la cour, se tient un bassin. L`architecture relève d`une grande finesse. C`est somptueux. Je dois dire que je ne m'attendais pas à pareil chef d'oeuvre. En ressortant je bois un jus de canne à sucre. J'ai découvert ce breuvage à Mumbaï et j'en redemande.
Ibrahim Rouza
Je traverse de nouveau la ville pour aller visiter Golgumbaz. Ca se fait aisément à pied. Je passe par les ruines de la citadelle. En route, j`achète du raisin à un vieux paysan. J`aime bien l`atmosphère générale de Bijapur même si les Hello et what`s your name deviennent parfois lassants. Enfin... Les locaux sont simples et accueillants.
Au bout d`un chemin rectiligne, parsemé d`arbres et de jardins, se dresse la masse imposante de Golgumbaz. Je me gratte la tête de surprise et je reste bouche bée. P.. que c'est beau. L`architecture est différente d`Ibrahim Rouza mais tout aussi magnifique. Un bloc surmonté d`une énorme coupole, une immense porte en fer. En ses extrêmités, quatre tours dont l`architecture me rappelle l' Italie et qui sont surmontées par de petites coupoles. Golgumbaz est le mausolée de Mohamed Adil Shah. Des centaines de touristes indiens. Soleil et c'est dimanche. Le garde qui prend mon ticket, me souhaite la bienvenue.
Golgumbaz
Golgumbaz................................................................ La mosquée blanche à coté de Golgumbaz
Le soir, j`arpente les rues. Une place sur le trottoir se dispute âprement entre vaches, cochons, chiens et même des humains, beaucoup d`humains d'ailleurs qui s`affairent et s`activent car l`endroit est la place du marché des fruits et légumes. Quelle effervescence !!! J`achète des tomates, des figues, je voulais des mangues mais ce n`est pas la saison. Sur un étal, tout un groupe de personnes trient des légumes en reprenant en choeur une chanson. En face, une vieille femme harangue les passants. Un marché plein de vie, de couleurs et de senteurs. Je ne m`en lasse pas et fais trois fois le tour.
Le lendemain, je me mets en route pour Badami. J`ai été séduit par cette ville, sa population, son atmosphère et la beauté de ses monuments d`autant plus que je n`avais pas prévu de m`y arrêter. Laisser vivre l`imprévu fait partie de la magie du voyage et le transcende. Infos pratiques Bus : Bijapur-Bagalkot 50 rps Bus : Bagalkot-Badami 21 rps 1 kg raisin 15rps 1 kg tomates 15 rps | | | À: Mékong · 20 janvier 2008 à 15:37 · Modifié le 18 oct. 2009 à 12:39 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 49 de 246 · Page 3 de 13 · 8 291 affichages · Partager Séduisante Badami
Bijapur-Badami le 14-15 janvier Je continue ma découverte du Karnataka et en fin de matinée j'arrive à Badami. C'est un gros bourg traversé du nord au sud par une rue Station Road. La plupart des hôtels sont autour de la gare routière. J'en trouve un correct pour 150 rps. Je me plais ici. C'est tranquille et les gens sont sympas. Les prix sont très abordables. Badami n'a pas été vampirisé par le tout-tourisme...pour l'instant. J'espère que cela va s'éterniser.
Cet après midi, je vais me faire la balade des temples. Je pénètre dans le village. Successions de petites ruelles où les gens vaquent à leurs activités quotidiennes. Veaux vaches et cochons...et singes sont présents. Je manque de me faire niaquer par un chien et lui présente ma semelle en guise de réponse si il a l'idée d'y revenir. Les rayons du soleil tapent fort à cette heure de la journée, incitation à la sieste et à la farniente. Les portes des maisonnettes sont grandes ouvertes. Et toujours des sourires et regards bienveillants ponctués de "Namasté". Au bout, j'aperçois un temple perché sur un morceau de rocher. Ces ruelles forment un véritable labyrinthe. Je demande mon chemin. Une villageoise m'indique la direction.
Mais qu`est ce qui me pousse à marcher encore et encore...trouver un petit coin d`ombre sous un arbre, m`asseoir et contempler le paysage...patience. Je parviens à l'entrée. Plusieurs marches d`escaliers à gravir. Quel calme ! en arrivant devant le temple, je tombe sur un groupe d`Indiens en train de déjeuner. Salutations et rigolades  . Ils se demandent bien ce que je fais à crapahuter sous cette chaleur. Une jeune femme me guide à l`intérieur du temple et des abords. D`ici, je dispose d`un joli point de vue sur Badami
Badami. Ce village a des airs de Jodhpur au Rajasthan. Maisons avec toits en terrasse. Douceur de vivre perceptible. Population tranquille et amicale. Comme Bijapur sa voisine plus au nord, cet endroit fut une place historique importante dans l`histoire de l` Inde et les fortifications dans les collines témoignent de son glorieux passé révolu. En regardant ce petit village tranquille, j'ai du mal à l'imaginer.
Le panorama est somptueux. D`un coté, des collines d'où furent bâties des fortifications dont on voit les ruines. Sur des pans de rochers se dressent fièrement des temples hindouistes. Le village fait la jonction avec l`autre flanc de la colline où se trouvent les quatre grottes décorées de sculptures, dédiées à Vishnu, Shiva et au Jainisme. Et pour finir, au milieu de ce décor idyllique, un plan d`eau entouré de ghats où les villageoises lavent le linge. L` inde regorge de richesses et je m`en rend compte à chaque étape pour peu que l'on sorte des sentiers battus. Il me faudrait du temps et plusieurs voyages pour les découvrir  .
Durant l`après midi, je me promène sur les collines en montant par la porte nord du fort puis descente par l'autre versant devant le temple dédié à Hanuman dieu des singes. Retour au bord du lac. Mon temple préféré est situé au bord de l'eau, le Bhutanatha. A l'intérieur une statue de Mandi, la grosse vache.
Temple Buthanatha
Jamais vu autant de singes aux abords des édifices, sur les toits, les pelouses et les arbres. Ils font partie du décor et on n'y fait plus gaffe. Néanmoins, avec mes yeux d'occidental passionné de zoologie, je ne me lasse pas de les observer et ils me le rendent bien. Je ne perd pas une miette du spectacle.
Lendemain matin, réveillé à l'aube, je file visiter les quatre grottes avant que les groupes de scolaires déboulent. J'apprécie le silence quand je suis dans ce genre d'endroit. Les grottes sont reliées entre elles par des escaliers taillés dans la roche.
Elles sont ornées de colonnes et finement sculptées de statues représentant les divinités locales. C'est une roche de couleur ocre. Quelques écureuils profitent de l'accalmie matinale pour se montrer. En bas, le lac est emmitouflé sous une légère brume qui enveloppe le temple Bhutanatha. Le soleil commence à pointer son nez. Ses rayons illuminent le temple perché sur la colline d'en face ce qui lui donne une couleur dorée. Je fais photo sur photo en savourant ces instants délicieux avant que des dizaines de gamins fassent leur apparition en courant dans tous les sens. En repartant, je vois des dizaines de singes qui se sont rassemblés dans les arbres à coté de l'entrée, attirés par le bruit. Parmi eux, Il y a l' Iroquois, Spock et le timide.
Spock
L'Iroquois
Le Timide
Petit détour à la réception de l'hôtel pour récupérer mon sac et direction la gare routière à coté. Un bus pour Hampi, y a pas. J'opte pour la ville de Hubli et de là j'attraperai une correspondance.
La cavalerie approche | | | À: Mékong · 23 janvier 2008 à 17:21 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 50 de 246 · Page 3 de 13 · 8 272 affichages · Partager Bonjour Eric,
Tout comme le voyage de notre amie Parvat, je suis le tien, ce roman vécu et offert pour mon plus grand plaisir. Retrouver l' Inde que j'aime au fil des jours que tu nous fais vivre en direct ou presque, si bien racontée, cela me rappelle tant de souvenirs !
Amical salut d'une indophile et bonne route à toi... | | | À: Fabricia · 23 janvier 2008 à 18:36 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 51 de 246 · Page 3 de 13 · 8 241 affichages · Partager merci de ton message Fabricia c`est un pays aux mille facettes qui recele une telle diversite et pour moi, depuis que je voyage, la meilleure experience culinaire. je suis comble | | | À: Mékong · 23 janvier 2008 à 18:44 · Modifié le 18 oct. 2009 à 12:40 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 52 de 246 · Page 3 de 13 · 8 238 affichages · Partager Hampi : au milieu coule une rivièreBadami-Hampi le 15/16/17/18/19 janvier
Une route goudronnée qui laisse place à un chemin en terre qui s`arrête par la force des choses, au pied d'un pont métallique atteint par la rouille. Jamais terminé ? endommagé et jamais réparé ? Il semble pour le moment bon à ranger au rayon des souvenirs. D`abord on prend le petit sentier sur la gauche puis on descend pour accéder au bord du fleuve. Sur une partie sablonneuse, proche des piliers du pont, des tentes de bambous. Des enfants jouent, des femmes préparent le souper. Sûrement les familles des passeurs qui vivent ici. Des Dalits ? Pour traverser d`une rive à l`autre, il faut emprunter l`une de ces barques. Demies coquilles faites de tiges de bambou et recouvertes de bâches noires que deux passeurs font avancer à l`aide de pagaies. Il faut s`armer de patience durant les heures de pointe  .
Beaucoup de gens font la navette quotidienne entre Anegundi le village d`en face et Hampi Bazar le centre touristique du coin. En plus des hommes et de leurs ballots, il faut charger leurs montures de fer. Alors on s`asseoit sur un bout de rocher en attendant son tour qui ne dure jamais très longtemps car plusieurs barques sont sur l`eau simultanément  . Il arrive que l`une d`entre elles boivent la tasse à cause du poids des motos mais cette affaire est vite résolue à l`aide d`une écuelle  . Le scénario se répète jusqu`à la tombée de la nuit et recommence dès l`aube le lendemain. Il y a bien une route qui fait le grand tour en passant par Hospet; axe permettant aux véhicules de rejoindre le village mais pour nous autres, piétaille et deux roues, le détour est trop important  .
Le fleuve Tungabhadra, imperturbable, continue de s`écouler avec une régularité de métronome. Non pas qu`il soit un long fleuve tranquille car son débit est rythmé par les périodes de mousson. Alors les traversées deviennent problématiques car le niveau s`élève de plusieurs mètres. Plus loin, au nord-est, il se jettera dans le fleuve Krishna. Les grands fleuves et l` Inde : On pense surtout au Gange qui coupe transversalement l` Inde du Nord. Il y a aussi l`Indus qui prend sa source dans le plateau himalayen, il arrose la vallée du Ladakh avant de rentrer au Pakistan. Le Brahmapoutre, moins connu mais tout aussi important, le frère jumeau de l`Indus à cause de son parcours symétrique. Celui là arrose les états du nord-est de l` Inde avant de rejoindre le Gange au Bangladesh dans ce qui constitue le fameux delta du Gange.
Anegundi. C`est donc là que je me dirige en ce bel après midi de janvier, sur recommandation de Ludivine, une vforumiste rencontrée à Amritsar . Je sue à grosses gouttes, l`épaule endolorie par un sac devenu plus lourd au fil de mon périple. Avant de parvenir jusqu`ici, j`ai eu quelques démêlés avec un rickshaw peu scrupuleux affichant des tarifs délirants et mentant sur le kilométrage  . Le bus en provenance de Hospet m'avait laissé en plein milieu d'un site touristique. Mauvaise pioche. "Terminus" me répond le chauffeur. Le temps que je réalise, que je rassemble mes sacs pour sortir, je me retrouve happé par un flot humain hystérique. D'abord secoué par la première vague, je prend ma respiration et plonge vaillamment dans la marée humaine, mon sac en guise de bélier pour me frayer un passage. Courageux mais pas téméraire. Ca rentre comme dans du beurre. Conscient de ne pas les avoir ménagés, je me retourne m'attendant à subir des regards de désapprobation mais je ne rencontre que des visages espiègles. Welcome to India ! Anegundi est de l'autre coté du fleuve. J`arrive à la tombée de la nuit et me met en quête d`un logement que je ne tarde pas à trouver. Ici on est loin du bric à brac à touristes de Hampi Bazar, c`est un petit village indien tout simplement et les étrangers ne se bousculent pas. Quelques rares hôtels. Celui où j`établis mes quartiers est comme neuf avec salle de bain et toilette. Pour 300 rps c`est dans mes cordes. Elle est tenue par une famille gentille et discrète. Le soir, lorsque je reviens de balade, les rues du village sont animés, les gens palabrent, les enfants se regroupent. Durant 2 jours, la vie du village bat au rythme de la fête. Rues illuminées, défilés avec musique. Dans mes souvenirs de voyage, je revois Gazor Khan en Iran. Mais Je reste cloitré dans ma chambre, poussée de fièvre et manque d`énergie. De plus mon corps est un champ de bataille pour les moustiques. Obligé de calfeutrer la fenêtre avec une couverture car les petits teigneux passent à travers la moustiquaire. Mes hôtes m`apportent un plateau repas, à base de riz et de légumes. Ici pas d'extra pour les touristes, c'est le même menu pour tout le monde. Peu d`appétit mais je me force un peu pour leur faire honneur. Un soir, je rencontre une famille de touristes indiens qui logent dans la chambre voisine. Le patriarche me présente fièrement femme et enfants.
Hampi
ce sont de nombreux temples au milieu de paysages spectaculaires que n`aurait pas renié le peintre surréaliste Magritte. A perte de vue, des collines constituées d`immenses blocs de granit aux formes étranges, entourées de rizières, de champs de bananiers et de cocotiers. Un lieu touristique qui attire beaucoup de routards et des Indiens qui viennent en pélèrinage. Un endroit rêvé pour la balade.
Le premier jour, je remonte le fleuve jusqu`à Hampi Bazar en me frayant un chemin à travers les hautes herbes et les rochers. Je distingue un son de flûte. Sur la rive d'en face, un berger garde un troupeau. Je m'allonge sur un gros bloc de granit pour prendre le temps. Pause lecture. Je me sens épié et je me retourne. Un gamin m'observe à 1 mètre. Je ne l'ai pas entendu venir celui là. Je lui prête mes jumelles qui l'amusent beaucoup.
A Hampi Bazar, j'observe la faune locale. Des hordes de routards. Je ne m'attendais pas à en voir autant mais la proximité de Goa explique cela. Dans les échoppes, c'est la bataille pour récupérer ma monnaie. Le deuxième jour, je pars tôt et prend la route de Hospet. Je croise beaucoup d`enfants à pied, en bicyclette qui vont à l`école, des femmes partent travailler dans les champs  .
Echanges de Namasté et de Hello. Anegundi est entouré de rizières irriguées par de petites rigoles. Des hommes s`activent à la tache. C`est un travail difficile et ingrat. De l`eau jusqu`à mi-mollet, ils creusent de petites tranchées. Certains bénéficient de l`apport précieux d`un tracteur.
Puis ce sont des champs de bananiers. Quelle est belle la campagne indienne !!!   . J`arrive devant le temple d`Hanuman. Il se mérite car avant de profiter du point de vue, il y a la montée des marches, rien à voir avec celle de la Croisette. Ici c`est shorts sandales et bandana  . Et en effet, ca vaut bien ces quelques efforts  car le panorama est grandiose. Il embrasse toute la région. Le fleuve qui serpente. Les rizières gorgées d`eau, les collines de granit, les forêts, les temples. C`est magique !!! je me pose sur un bout de rocher  . Un singe surgit devant moi et attrape mon sac, regarde à l'intérieur, je siffle, il me regarde d'un air penaud et le repose. Je reste assis au bord, pensif.
La région fait l`objet d`une bataille engagée. D'un coté, les marchands de temples, attirés par l`appât du gain et qui veulent développer encore davantage le tourisme et d'un autre les défenseurs de la préservation de ce patrimoine incluant les temples mais aussi les gens et leur culture, qui vivent dans la région comme les Ladamis. Pour l'instant ce sont les associations qui ont le dernier mot mais jusqu'à quand ? Quand je vois Hampi Bazar, je m`interroge  . L`endroit est vampirisé par le tourisme, tous les 100m, une agence de voyage, un restaurant, un cybercafé un hôtel et un magasin de souvenirs. Qui est derrière tout ce business et à qui cela profite t-il vraiment ? Je m`étais déjà posé cette question au Rajasthan car j`avais remarqué que de nombreuses échoppes vendaient exactement les mêmes produits.  Ici aussi, pas sûr que tout ce foin profite aux locaux.
Tous les soirs, vers 18h00, je repars dans le sens opposé par le temple Vittala, prendre le dernier bateau coquille de noix. Je croise tous ceux qui sont au bord du chemin, le vendeur de noix de coco, la vieille édentée, le vieux chaman et toute une ribambelle de gamins   . Les têtes deviennent familières  . ça rigole. `Namasté` et des sourires. Un jour, je leur prête mes jumelles, c'est la bousculade et je dois jouer des coudes pour chacun puisse s'en servir. Encore quelques jours de plus et je les adoptais tous  .
Infos pratiquesBus : Badami-Gadag 37 rps Gadag-Koppal 34 rps Koppal-Hospet 21 rps Hospet-Hampi 10 rps | | | À: Mékong · 24 janvier 2008 à 9:52 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 53 de 246 · Page 3 de 13 · 8 224 affichages · Partager Un commentaire sur le carnet de Parvat sans un commentaire sur le tien, impossible.
Deux voyages bien différents, une façon de transcrire différente aussi et un plaisir de découvrir ton regard sur ce pays dont tu fais passer tout le charme, le paradoxe. Ce voyage raconté presque au jour le jour ne cesse de m'intéresser. Merci.
Dom. | | | À: Mékong · 24 janvier 2008 à 18:58 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 54 de 246 · Page 3 de 13 · 8 213 affichages · Partager Mmmh c'est vrai que c'est bien écrit... Ca m'étonne que les petites coquilles de noix sont toujours d'actualité!  Je m'y retrouve avec délice... Impatiente de lire la suite à Cochin | | | À: Parvat · 25 janvier 2008 à 17:00 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 55 de 246 · Page 3 de 13 · 8 196 affichages · Partager merci vous deux de vos gentils messages ce pays ne cesse de m`etonner et j`ai du mal a quitter les lieux ou je passe. | | | À: Mékong · 26 janvier 2008 à 16:28 · Modifié le 18 oct. 2009 à 12:41 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 56 de 246 · Page 3 de 13 · 8 177 affichages · Partager Bangalore au bout de la fatigue
Hampi-Hospet-Bellary-Guntakal- Bangalorele 19-20-21 janvier
Rues de Bangalore
Levé très tôt, petite forme même si je me sens déjà mieux. Pas le temps de musarder car j`aimerais être à Cochin demain matin. En hors d`oeuvre, une marche à travers les bois et les temples jusqu`à Hampi Bazar avant que le soleil ne fasse donner ses rayons. Je règle ma note et je dis au revoir à cette famille accueillante  . Au fond de moi, je souhaite que ce petit village puisse garder son caractère. Arrivé à Hampi, j`avale rapidement un petit déjeuner, toujours installé aux premières loges pour observer les accoutrements de la faune locale des routards. Un bus pour Hospet et c'est le début d`une expédition incertaine... L`incertitude l`une des facettes de cette Inde indomptable. C'est le lot de tous et les esprits trop cartésiens sont vite déstabilisés. J`improviserai selon les circonstances et en fonction de mon état de fatigue car comme ce n'est pas la forme olympique... A Hospet, pas de bus direct. Ca commence. Mon objectif est d'atteindre Guntakal où je compte attraper un train. Correspondance à Bellary. Pour parcourir un peu plus de cent kms, on mettra quatre heures. Un premier tronçon en travaux, enfin ça y ressemble  . On roule au pas. Après Bellary, c`est pire, le route devient piste sablonneuse, truffée de trous. A l`intérieur, compressés et secoués comme des citrons, nous mangeons de la poussière  . Le bus doit slalomer pour se frayer un passage entre les nombreux camions qui vont et viennent. L`impression d`être au coeur d`un rally dans le style `Gamel Trophée`  . 16h00 j`arrive enfin à la gare de Guntakal. Après renseignement, un train pour Ernakulam passe demain matin. Je ne me sens pas la force de refaire un autre long trajet. A moins de dormir sur place. Autrement, un train part pour Bangalore à 22h30 ce soir. J`hésite, pourquoi pas faire un saut à Bangalore...Je commence à m`endormir. Direction les retirings rooms. Pas de chance, c`est complet. Je reste planté sur les marches d`escaliers. Au calme je somnole une vingtaine de minutes et au bout de ce laps de temps, un type bourru me demande de déguerpir. "It`s full". T`inquiète pas mon bonhomme, j'avais compris, je pars. Décision prise, ça sera le train de 22h30 pour Bangalore où je ferai une escale d`un ou deux jours. J`achète un billet et j`attend sur le quai. Sur celui d`en face, un train à l`arrêt. Je vérifie pour la forme. Oups ! C`est le mien. Je monte dans une voiture qui n`est pas bondée et je m`installe par terre dans un couloir. Une heure de retard et nous quittons la gare. Mais la nuit promet d`être longue. Un contrôleur me sermonne  . Pas de réservation, suis dans une voiture sleeper, j`ai un billet 2e classe. Suis complêtement hors sujet sur ce coup là. Pour défendre ma cause, je lui dit qu`ailleurs c`est bondé et que juré promis, je ne bouge pas du couloir. Il ne veut rien savoir et me demande de changer au prochain arrêt. "Yes Sir ! "mais je ne pense qu`à m`enrouler dans ma couverture et fermer les yeux pour m`échapper.  ...et je ne le reverrai plus.
Bangalore
Bangalore enfin. 6h30. Pour moi, la fin du voyage. Pas question d`aller plus loin. Priorité : trouver un hôtel pour prendre une douche et dormir. Le quartier est très fonctionnel coté transports. La gare ferroviaire est à 100m de l`immense gare routière. Un quartier vivant avec de nombreux étals de rues, restaurants, marchands de glaces et vendeurs de mon jus de fruits préferé : le jus de canne à sucre au citron  . Je retrouve le sourire. Quant aux hôtels, il n`y a que l`embarras du choix. Le premier sera le bon. Un peu au dessus de mon budget 486 rps mais très confortable. Chambre et salle de bain carrelées en blanc, TV, petit mobilier, quotidien fourni chaque matin, eau bien chaude et ascenseur. L`idéal pour me requinquer. Je dors jusqu`à 17h00. Bangalore, j`accroche. Une bonne grosse ville indienne, environ 6 millions d`habitants. Une ville prospère et dynamique et qui le fait savoir. Après une bonne nuit, je pose mes bagages à la gare routière car j`ai reservé un billet pour Ernakulam en fin de journée. Ensuite, je pars me perdre à travers la ville. Par hasard, je tombe sur la mosquée principale. Très bel édifice blanc avec ses deux minarets élancés, au milieu des arbres.
La mosquée principale de Bangalore
High Court
En chemin, je fais le plein de carburant. Cappucino, milshake de fruits frais et des jus de fruits  . La ville compte de nombreux parcs dont le Cubbon Park en plein centre. Un endroit plein de charme où les Indiens viennent se ressourcer en famille. Je traverse un endroit peuplé d`arbres si étranges que l`on pourrait les croire sortis d`un conte des frères Grimm  .
Fin de journée, je retourne à la gare routière, bourdonnante d`activité. j`achète des fruits et de l`eau. Le bus de marque Rajahamsa est confortable. Siège très inclinable. Mais pas pour tout le monde, je remarque que le chauffeur est assis sur `un siège de campeur`. Demain je revois la mer  . Une Coréenne s`installe juste devant moi. Nous faisons connaissance. Elle va aussi à Cochin.
la gare routière de Bangalore Infos pratiquesBus : Hospet-Bellary 34 rps Bus : Bellary-Guntakal 20 rps Train : Guntakal- Bangalore (2e cl) 93 rps Bus rajahamsa : Bangalore-Ernakulam 482 rps Beignets de pommes de terre frits fourrés aux légumes ou aux oeufs 2 a 4 rps/pce sur les étals de rues | | | À: Mékong · 29 janvier 2008 à 15:59 · Modifié le 18 oct. 2009 à 12:42 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 57 de 246 · Page 3 de 13 · 8 148 affichages · Partager Fort Cochin à l`ombre de ses grands arbres
Fort Cochin
Bangalore-Ernakulam-Fort Cochinle 22-23-24-25 janvierLe bus nous emmène à Choraï à l`autre bout de l`ile Vypeen. Celle qui est en face de la péninsule. Nous avons pris le ferry à Fort Cochin. 13h45 sous une forte chaleur. Notre petit groupe fraichement constitué, s`est rencontré de manière fortuite ce matin au petit déjeuner sur la terrasse de l`hôtel.
JudithC`est Judith une Israélienne qui est l`instigatrice de notre petite expédition. Hier ayant assisté à une grande fête avec parade d`éléphants, elle nous en parle avec tellement de ferveur et nous propose d`y retourner aujourd'hui. Il y a François et Tina, un couple qui vit à Munich. Lui est Français, elle est Allemande. Ils se sont connus sur le chemin de Compostelle. Quant à moi, assis à la table d'à coté, en les écoutant, je me suis raccroché au wagon et dire que je voulais partir ce matin pour Ernakulam... 
François et Tina
Ernakulam, c`est donc là que j`arrive 3 jours plus tôt. Durant la nuit, après Mysore, nous avons franchi les Nilgiri Hills. C'est une région où l'on cultive un thé réputé. Sur la route en lacets, le bus ralentit à peine et double un camion entre deux virages. Lorsque on retrouve le plat, je pousse un soupir de soulagement. Arrivé à la gare routière. Je propose à la Coréenne de partager un rickshaw et nous partons en direction du ferry pour Fort Cochin. Il est tôt. Les rues ne donnent pas encore de la voix et du klaxon. Les magasins, étals et boutiques sont fermés. Le guichet qui délivre les tickets n`ouvre qu`à quelques minutes du départ, le bateau se met à quai. Je suis ravi de retrouver la mer que j`avais quitté à Mumbaï. 
Cochin est un ensemble d`iles et d'une péninsule reliées entre elles par des ponts et des ferries. 5 iles : Willingdon, Bolgatty, Gundu, Vypeen et Vallarpadam. 1 péninsule : Fort Cochin et Mattancherry et la terre ferme : Ernakulam. La balade est agréable après ce trajet en bus mouvementé. Un court mais pur moment de détente que je goûte avec délice. Je me laisse bercer par le cliquetis des vagues et promène mon regard sur les balises qui parsèment le détroit.   Sur l`ile de Willingdon à gauche, des portiques pour containers et des grues témoignent d`une activité portuaire importante. Un bateau immatriculé Panama attend d`être déchargé.
En arpentant les rues à la recherche d`un hôtel, je perd de vue ma compagne. Elle s'est volatilisée le temps que je ressorte d'un hôtel après avoir essuyé un échec. Je la reverrai furtivement le lendemain soir près de l`embarcadère, elle part à Mumbaï. Je lui souhaite bon voyage. Je déniche une chambre pour 300 rps et je peux me délester de mes sacs. Du haut de la terrasse où je prend mon premier petit déjeuner, je suis sous le charme de ces immenses arbres qui recouvrent le quartier, certains ressemblent à d`immenses parasols. J'y reviendrai plus tard.
L`architecture est un mélange d`époques coloniales : églises, vieux forts, cimetières, maisons et vastes allées ombragées. Tour a tour Portugais, Hollandais et Anglais se sont implantés et y ont laissé traces de leur passage. Vasco de Gama, le coureur des océans est mort ici. Bizarrement, ne subsiste rien de l`influence chinoise excepté les fameux carrelets le long de la plage. Pourtant ils étaient présents à l`age d`or de Cochin au XIV et XVeme siècle considéré comme l`un des ports de commerce les plus importants d`Asie. Peut être avaient t-ils édifié des bâtiments qui auraient été détruits par les occupations coloniales et donc effacés de la mémoire collective ?
Les carrelets chinois, on ne peut pas les louper. C`est devenu au fil du temps une attraction touristique, non pas qu`ils ne soient pas utilisés en la matière. Des hommes s`activent dessus quotidiennement. Mais la pêche qu`ils rapportent est bien maigre de nos jours. A chaque remontée de filet, les hommes cherchent leur maigre butin au moyen d`une épuisette. Les fishermens préfèrent le lancer de filet et la pêche en pirogue plus au large. L`endroit est très fréquenté.
Au milieu de ces frêles embarcations. surgit à l`horizon un point noir qui ne fait que grossir. énormes mastodontes des mers, guidés par deux petites frégates et qui s`engouffrent dans le détroit. Des cargos et des porte-containers qui se dirigent vers la zone portuaire. Je me souviens avoir eu cette impression à Istanbul où les énormes tankers remontent et descendent le détroit du Bosphore vers la mer Noire et Odessa en Ukraine.
Fort Cochin. Ce que j`apprécie ici est la tranquillité de ses quartiers   . Peu de circulation. C'est pas courant en Inde. En s`enfonçant dans les allées ombragées, le seul bruit régulier que l`on entend, ce sont ceux émis par les chants d'oiseaux et des cris d`enfants s'égayant dans les cours d`école et sur les terrains de jeux. Petits écoliers dans leurs uniformes aux couleurs gaies  . Les fillettes attachent leurs longs cheveux noirs sous forme de nattes et de couettes  . Il y a beaucoup d`écoles à Fort Cochin. Mais peut être n'est ce qu'une impression car ailleurs le bruit infernal du trafic couvrent la totalité du reste. Nos sens respirent et le corps se laisse aller à plus de sérénité. A écouter le bruissement du vent dans les arbres, le cri des mouettes survolant la côte, le rouleau des vagues qui se fracassent contre les rochers, le bouillonnement de l`écume sur le sable. A sentir l`air marin, adossé à l`ombre d`une barque. Se remplir les narines du parfum des fleurs de frangipaniers. Et tous ces sourires au détour d`une rue ou d`une ruelle. Bien que n`étant pas un spécialiste en botanique, je suis tellement ébloui par les arbres locaux que je les photographie à tour de bras.
Le soir lorsque la nuit tombe, les familles indiennes se promènent le long des rochers et marchent sur la plage de sable blanc. On s`asseoit pour profiter de la douce quiétude de la nuit à peine dérangé par les moustiques. On aperçoit les lueurs vacillantes sur l`ile d`en face. Les bateaux sont rentrés. Seuls quelques pêcheurs tentent leur chance avec le lancer de filet. De l`eau jusqu`à mi-mollets, ils espèrent débusquer le poisson du soir. Sur la petite place animée, on vend le poisson frais de la journée, ça marchande ferme  . L`odeur de l`océan pénètre mes narines. Postés là, des vendeurs de babioles, vendeurs de jeux, ballons et instruments de musique essayent d`attirer le chaland, insistants mais jamais agressifs. Les terrasses des restaurants se remplissent.Retour sur l`ile de Choraï où nous allons assister à la parade des éléphants. Avant cela, nous stoppons dans un Ashram où Judith prend des cours. Un endroit charmant où passe un canal. C`est tenu par un Swami, qui donne des cours de yoga et pratique des massages ayurvédiques. Medecine man, il consulte quotidiennement. Les gens du village viennent le voir pour leurs bobos. Dans une cabane, il fabrique ses propres produits ayurvédiques et il y a une salle rectangulaire ou l`on pratique l`art martial du Kerala, le Kalarippayat. Des sabres sont entreposés au fond de la salle couverte et faite de bambous. Il y a un Français qui loge ici pour bénéficier des soins et massages. On nous apporte du thé. J`en profite pour mieux faire connaissance avec mes nouveaux compagnons. Avec François, le courant passe très bien. Curieux et enthousiaste, il est originaire de Bayonne. Peu de voyages à son actif mais il a l`air d`apprécier. Au contraire, Tina a beaucoup voyagé. L` inde, elle y a séjourné de nombreuses fois depuis les années 80 ce qui nous vaut une discussion riche et intéressante sur ce pays. Judith est occupée par ses cours mais j`aurai l`occasion de lui évoquer quelques bribes de mon long périple et de lui parler de l` Iran. Elle est étonnée par mon témoignage ce qui ne me surprend pas mais je sens chez Judith un esprit d'ouverture car elle m'écoute attentivement. Pour se maintenir, l`état militaro-religieux d` Israël diffuse des flots de propagande sur les pays avoisinants dont l` Iran. D`ailleurs, en y repensant, les Israéliens sont persona non grata dans 3 des 4 pays que j`ai parcouru.
Le canal devant la maison du Swami ile de Vypeen
Le soir, lorsque nous arrivons à la fête, des milliers d`Indiens attendent, vêtus de leurs plus beaux habits. ça se passe sur une grande place. De chaque coté, 20 éléphants richement parés pour l`occasion, se font face  . Au milieu la foule. Chaque attelage est cornaqué par 3 personnes dessus, 2 personnes dessous qui veillent à ce que ces joyeux pachydermes ne manquent de rien  . Malgré le fait qu`ils soient enchainés, ce sont des animaux et plutôt impressionnants. Parfois quand l`un d`entre eux pousse un barrissement de contentement ou d`énervement en balançant sa trompe, l`assistance frémit. Puis les deux colonnes opèrent un rapprochement tactique et se déplacent au milieu de la foule. ça me rappelle le dicton `c`est comme un éléphant dans un magasin de porcelaine` sauf que là, c`est nous autres piétaille transformée en porcelaine   . Mouvements de foule. le jeu consiste surtout à éviter de mettre le pied dans les énormes bouses fumantes qu`ils ont semé   . Je compte les points. Il y aussi une parade musicale. Pour nous la fête s`achève car nous devons rentrer pour prendre le dernier ferry. Bus archi bondé. Jeune chauffeur intrépide qui se fait plaisir  . Il roule à tombeau ouvert. Nous voici de retour à Fort Cochin. Avant de nous quitter, nous dinons ensemble pour finir agréablement cette belle et riche journée.
l e Temple Festival
Elle est pas belle la vie !-- Infos pratiques Ferries : 2, 50 rps | | | À: Mékong · 29 janvier 2008 à 16:44 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 58 de 246 · Page 3 de 13 · 8 138 affichages · Partager En quel honneur cette parade des éléphants???
Le parfum des fleurs de frangipaniers... Une de mes fleurs préferées! Et ce parfum... je le sens presque jusqu'ici  Mille mercis!!!! | | | À: Parvat · 30 janvier 2008 à 13:57 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 59 de 246 · Page 3 de 13 · 8 127 affichages · Partager ils appellent cette fete, le Temple Festival. C`est une fete importante qui est propre a la region. | | | À: Mékong · 1 février 2008 à 17:08 · Modifié le 18 oct. 2009 à 12:43 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 60 de 246 · Page 3 de 13 · 8 115 affichages · Partager Kanyakumari : à la croisée des mers...3 ans plus tard
Fort Cochin-Ernakulam- Trivandrum-Kanyakumari le 25-26-27-28 janvier
Je quitte Fort Cochin avec un petit gout d`inachevé. Quatre jours bien trop courts. A peine le temps de lier connaissance. L` Inde est si vaste. D`autant que je me sentais très bien ici. Mon meilleur souvenir humain de voyage a été l` Indonésie car à un moment donné j`avais su poser mon sac. C`était à Jogjakarta et je ne l`avais pas regretté. Un départ au dernier moment pour notre vol à Jakarta. Un crève-coeur et des larmes. Une expérience merveilleuse  . J`y repense souvent.
Me voici dans le ferry et j`en profite pour rêvasser accoudé au bastingage, les balises défilent, puis la zone portuaire de Willingdon avant d`accoster à Ernakulam où je prend le train pour Trivandrum. J`ai eu de la réussite car j`étais sur une liste d`attente qui s'est éclaircie pour mon bénéfice  . Le train en Inde est très populaire et il vaut mieux réserver à l'avance. Voyage en compartiment sleeper. Il y a beaucoup de places libres. Les paysages du Kerala sont très beaux. Végétation luxuriante et petites voies fluviales. Dans le compartiment voisin, une famille indienne. Un des petits me salue et m`apporte le bottin des horaires de la Railways  . A Trivandrum, je me rend à la gare routière et j`attrape un bus pour Nagercoil. Bienvenu dans le Tamil Nadu. Un dernier bus pour Kanyakumari. J`arrive en début de soirée.
Campagne du Kerala
La nuit est déjà tombée. Beaucoup de monde se promènent dans les rues de cette petite bourgade, surtout des familles. De nombreux autocars sont stationnés. Je trouve une chambre mais je dois la rendre le lendemain car tout est réservé. C`est le week-end. Je ne m`attendais pas à trouver autant d'animation   . C'est blindé de monde.
Kanyakumari est à la base une bourgade de pêcheurs d`obédience chrétienne qui cohabitent avec les milliers d'Hindous qui viennent en pélérinage sur ce lieu sacré. A ce titre, la ville porte le nom de la déesse Devi Kanya incarnation de Parvati. Au bord de la mer, se trouve le temple Kumari dedié à son culte. C`est d`ici qu`elle aurait repoussé les démons et obtenu la liberté de la terre. Les eaux sont sacrées. Le lendemain matin, levé très tot, je pars en direction de la mer. Il y a déjà une foule considérable sur la route. Des bus arrivent encore. Les vendeurs sont sur le qui-vive. Les gamelles à chaï chauffent. Lorsque j`arrive au bord des ghats et sur la plage, des milliers d`Indiens se pressent et s`entassent dans l`attente  , principalement des familles mais aussi des sadhus. Bien que la mer soit agitée, certains sont parvenus à grimper sur des rochers isolés. Des personnes se baignent. Caché par les nuages, le soleil pointe timidement le bout de son nez au milieu des acclamations.
Peu à peu, je découvre la beauté des lieux  . Ici se rejoignent les eaux du Golfe du Bengale (à gauche), la mer d`Arabie (à droite) et l`océan Indien dans un maelstrom de vagues qui se fracassent sur les premiers écueils. Le temple de la déesse Kanya se trouve juste derrière les ghats.
C'est le bout de l` Inde surnommé aussi Cap Comorin. Dans un long voyage, ce sont des moments importants chargés de symboles. Je suis tellement content d`être ici ! je regarde en arrière, lorsque en octobre, j`étais sur la Corne d`Or à Istanbul. Que de chemin parcouru   ! C`était hier mais que la France me semble loin.
En face, deux iles distantes de quelques mètres. Sur l`une d`elles, un temple perché sur un gros rocher. C`est le mémorial de Swami Vivekananda, un philosophe indien fr.wikipedia.org/wiki/Vivekananda . Sur l`autre, se dresse une immense statue de 41 mètres. A première vue, sa silhouette me ferait penser à un roi assyrien. Elle représente le poète tamoul Thiruvalluvar. Bâtie par 5000 sculpteurs et en l`honneur des 133 versets de son oeuvre de poésie`Thirukural`. Un haut lieu spirituel.
Thiruvalluvar
Dans la matinée, je trouve facilement une autre chambre dans un petit hôtel tranquille, au coeur du village avec vue sur la mer et la cathédrale  . Elle détonne au milieu des maisonnettes.
Je vais sur la jetée que j`avais aperçu ce matin. Faite de gros blocs de rochers empilés les uns sur les autres, elle est haute de 5 mètres et s'enfonce dans la mer sur 1 km. De chaque coté, des bouts de plage et posés dessus, les barques des pêcheurs avec leurs filets. De là, je suis en face des deux iles et j`assiste au défilé permanent des ferries qui vont et viennent, emmenant leur pleine cargaison de touristes et de pelerins. L`endroit ne désemplit pas et les ghats sont toujours aussi animés. Pour moi, c`est bain de pied et de soleil.  J'en profite pour bouquiner...  Cette jetée est vraiment impressionnante...était-elle déjà là en ce 26 décembre 2004 quand la Grande Vague a surgi de nulle part?
j`aurai la réponse par deux étudiants de Trivandrum qui viendront échanger quelques mots avec moi. Il n`y avait aucune protection lorsque le Tsunami arriva.  Tout fut érigé après la catastrophe. La grande jetée et 5 petites espacées tous les 200 mètres le long du littoral. Par ailleurs on a consolidé le bord où se trouvent des zones d'habitations avec des blocs de rochers là où auparavant il y avait du sable.
La jetée construite après le tsunami
Le lendemain, je décide d`aller explorer le long du littoral pour en savoir plus. Je traverse le village. Des panneaux signalent que l`Asian Development Bank contribue à la reconstruction des rues affectées par le Tsunami. Les maisonnettes ont été construites par l'armée du salut indien dont elles portent l`inscription. Je débouche sur une grande place où se trouve la cathédrale. J`entend des cris d`enfants et je les aperçois par groupes dans la cour d`une école.
L`endroit respire le calme  . On est loin de la frénésie qui règne à quelque pas de là. Il fait chaud. C`est l`heure de la sieste. Des femmes par groupes de deux ou quatre, jouent à ce qui ressemble à un jeu de dames  , tracé à la craie et munies de brins déposés dans les cases. Des filets sont étendus et sèchent au soleil. Je suis intrigué par une allée où je remarque des villas avec jardins, signe d`opulence au coeur de ce village ? Une femme m`appelle et m`invite à me joindre à leur joyeux petit groupe en train de discuter.
L`une a le bras en écharpe et insiste pour que je la prenne en photo. Je m`exécute. Je leur demande à qui sont ces belles maisons, elles me répondent "private". Lorsque j`évoque le Tsunami, l`une me raconte que les vagues sont arrivées jusque dans la cour mais que les maisons ont tenu...Ce fut en début de matinée que la grande vague frappa Kanyakumari. A cette heure là, beaucoup de pelerins se baignaient. Il y a eu 525 victimes. 700 personnes furent bloquées sur les iles mais 650 survécurent...
Je descends maintenant au bord de la plage et passe entre les nombreux bateaux au sec. Sous un coin d`ombre, les hommes jouent aux cartes. Des gamins courent sur le sable, entourant un surfeur qui remonte la côte plus à l`est  ...Je me souviens que l` Inde avait refusé l`aide internationale ce qui avait déclenché un tollé dans l`hexagone, réactions offusquées des c.. pincés traduisant un paternalisme gluant qui colle à la peau de bien des occidentaux... Ici une petite jetée a été construite. La côte est renforcée par une digue de rochers. Plus haut, on a bâti un mur. Toujours plus à l`est, je croise de nouveau le surfeur qui revient sur ses pas  et j`arrive à mon tour au bout de ce qui me semble être une côte sauvage avec mer déchainée. En me voyant, les enfants accourent. Ils veulent des stylos et que je les prennent en photo. Des gosses aux yeux pétillants et aux larges sourires   . Je grimpe sur les rochers pour me rapprocher et sentir le souffle de la puissance de l`écume.
A quelques dizaines de mètres, des gens se baignent...Il y a un village avec des petites maisons blanches, blocs de béton rectangulaires identiques. Je suis accueilli par des sourires de part et d`autres  . Je discute avec les gens. Ici, les maisons ont été construites après le Tsunami pour remplacer les huttes de bambous qui ont volées en éclat. Sur le chemin du retour, je revois le surfeur  . Ce coup là, il s`est mis à l`eau pour la grande joie des quelques gamins sur la plage qui le regardent avec malice  .
Je reste un peu avec eux. Il n'arrive pas à surfer. Juste à coté, assis sur le sable, une mère et sa fille qui se relaxent. échanges de salutations et de sourires  .
Retour à Kanyakumari. Le soir, je mange dans un petit restaurant où j`ai élu domicile depuis mon arrivée. Poisson grillé et chapati au menu. Suis ici comme à la maison    . Comme chez le vendeur de jus de canne à sucre que je fréquente trois fois par jour    . Plus tard, au milieu de la nuit, sur le balcon du petit hôtel, je profite de la fraicheur. Au loin, les vagues scintillent dans la lumière. Le village s`est assoupi sauf quelques intrus que j`entends et que j`aperçois du haut de mon perchoir. Des énormes rats gros comme des chats qui grattent dans un tas de détritus et une chauve-souris solitaire. Je peux les observer à ma guise. Le lendemain, je pars pour Pondi. Kanyakumari est vraiment un coup de coeur  . Infos pratiquesTrain Ernakulam- Trivandrum en sleeper 148 rps Bus Trivandrum-Nagercoil 21 rps Bus Nagercoil-Kanyakumari 10 rps Visite du phare de Kanyakumari 45 rps | Carnets similaires sur l'Asie du Sud-Est: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 2 089 visiteurs en ligne depuis une heure! |