Mékong · 29 octobre 2007 à 20:34 · 263 photos 246 messages · 36 participants · 79 595 affichages | | | | À: Mékong · 28 novembre 2012 à 10:10 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 161 de 246 · Page 9 de 13 · 3 130 affichages · Partager Ah ben quand même, depuis le temps qu'on attendait la suite... | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Lucq · 28 novembre 2012 à 15:09 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 162 de 246 · Page 9 de 13 · 3 113 affichages · Partager salut Lucq
interessant aussi de voir comment on se debrouille sans parler la langue locale...ici le chinois... tu vas voir la suite, c'est croustillant 
cela dit Ada m'avait rempli une feuille de papier avec les mots de base pour ma survie  + quelques mots que j'avais ajouté comme gare routière par ex. et j'avais en plus un petit index de mots en Tibétain mais en écriture trop petite, les gens avaient des difficultés à lire.
pour les déplacements dans les régions isolées en voyageant seul c'est compliqué et j'ai du faire l'impasse sur des endroits car pas de bus et je devais payer un minibus au complet
il estr vrai aussi que dans pas mal de ces petites villes la plupart des hotels ne sont pas abilites a recevoir des etrangers, et les hotels standarts sont au prix...standart.
ça c'est peu de le dire mais ça échappe à toute logique car c'est une fois oui, une fois non. Tu verras dans le prochain chapitre. l'ouest hormis Kasghar Urumchi, c'est dur de trouver des logements bon marché, j'en ai fait l'expérience dans le sud du Xinjiang
bon séjour à Istanbul et en Turquie un beau pays | | | À: Narotcho · 28 novembre 2012 à 15:11 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 163 de 246 · Page 9 de 13 · 3 109 affichages · Partager salut Christophe merci de ton message j'étais paresseux la suite arrive bientôt | | | À: Mékong · 28 novembre 2012 à 15:34 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 164 de 246 · Page 9 de 13 · 3 103 affichages · Partager ouı tu as tout a faıt raıson ıl n y pas trop de logıque...nı de logıque chınoıse non plus-car bıen sur logıque chınoıse n est pas logıque europeene... en gros les petıts hotels sont destınes a la clıentele locale, maıs parfoıs ıl se peut soıt que le proprıetaıre ne suıve pas la regle (pas d etrangers) ou qu ıl ne la conaısse pas bıen...maıs bıen souvent ıls preferent refuser comm ca ıls n ont pas d ennuıs
par contre dans les plus gros centres de l ouest et ce depuıs les JO, la polıce verıfıe assez regulıerement qu ıl n y aıt pas d etrangers...c est aınsı que bequcoups d hotels a xınıng lanzhou kashı et urumqı (les gros centres de l ouest donc)quı ont commences a recevoır des etrangers apres 2003 ont de nouveau du les refuser a partır de 2008
j aı pu le constater en 2010 a xınıng ou j avaıs l habıtude d aller a l hotel de la poste a cote de la gare depuıs 2006...plus possıble
et bıen enc parlant du chınoıs...ıcı a l auberge ou je suıs je suıs tombe ce matın sur un malaısıen d orıgıne ındıenne quyı parlaıt le cantonnaıs...naturellemebnt donc je luı aı demande sı ıl comprenaıt le putonghua et comme c etaıt le cas, on a donc commencer a parle en chınoıs sous le regard meduse des deux recepıonnıstes turques quı ont ouvert des yeux gros comm des ballons de foot...
c est efrappant la sımıltude entre bruxelles et ıstambul... meme style de maısons et meme style de vıeet de mıxıte...du moıns a taksım
ce matın en me baladant acote de la tıour de galata j avaıs l ımpressıon d etre pres de la porte noıre a bxl...d aılleurs qd je suıs aller au supermarcheş j aı spontanemebt parle francaıs a la pauvre caıssıere quı n a evıdemment rıen comrıs...haha | | | À: Mékong · 1 décembre 2012 à 21:01 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 165 de 246 · Page 9 de 13 · 3 059 affichages · Partager Hello Eric,
très content de lire une nouvelle page de ton périple, j'espère (même si je comprends très bien ta "paresse") qu'on n'attendra pas trois mois pour avoir la suite 
Petite astuce qui nous serait bien utile pour mieux te suivre : comme ton récit arrive avec un certain décalage, peux-tu indiquer ( de temps en temps) la période à laquelle il se situe. Si j'ai bien noté, tu es arrivé en Chine début juin ? A Gadê, nous sommes...? fin juin ? début juillet ?
Merci d'avance
A très bientôt | | | À: Mékong · 4 décembre 2012 à 14:46 · Modifié le 5 déc. 2012 à 15:03 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 166 de 246 · Page 9 de 13 · 3 000 affichages · Partager Qinghai dans l'Amdo (juillet 2012) Au coeur du pays GologDe Darlag la perle sur le fleuve jaune à Maduo le cul de sac
Nous continuons à progresser vers le sud-ouest et à la fin d'une descente, un fleuve apparait dans le décor.....nous le remontons. Je regarde mes deux compagnons.
"Huáng Hé"
Le Huáng Hé Le fleuve jaune. Mes souvenirs d'enfance resurgissent quand je feuilletais les pages de mon atlas durant des heures en rêvassant.....Les grands fleuves me fascinent. Le fleuve jaune prend sa source en amont, pas très loin d'ici, à l'ouest, dans les monts Kunlun mais personne n'a pu la localiser avec certitude. Son parcours défie toute logique, jugez plutôt. Après une première courbe serrée à 180° à l'est de Darlag, puis une deuxième plus large au sud de Xining, il continue jusqu'à Lanzhou où il effectue une troisième courbe légère en direction du nord jusqu'en Mongolie intérieure, l'une des provinces autonomes. De là, entre Wuhai et Shuozhou, c'est une nouvelle courbe à 180 degrés pour entreprendre sa descente vers le sud jusqu'à la limite de la province Shanxi où après une légère courbe, il entame progressivement sa remontée au nord-est où il se jette dans le golfe de Bohai. Un parcours capricieux de 5463 kms pour ce géant qui en fait le deuxième fleuve d'Asie et le sixième fleuve de la planète. fr.wikipedia.org/...r:Yellowrivermap.jpg
Après quelques kilomètres, en amont du fleuve, je distingue les contours d'une ville, entourée des montagnes aux formes harmonieuses et verdoyantes qui caractérisent le pays Amdo. Puis au fur et à mesure de notre approche, se dessinent les détails : un pont qui enjambe le fleuve, un temple perché sur la droite, une lamasserie sur la colline de gauche (photo) , d'autres temples au bord du fleuve (photo) qui se partage en plusieurs bras, des drapeaux de prière à n'en plus finir, flottant au vent sur les hauteurs, des tentes, des troupeaux de yacks (photo) . Tous ces éléments sont plantés dans ce décor de rêve. Je n'ose pas y croire.
"Jiangjeye" ! me dit le chaufeur, en pointant son doigt sur la ville
Suis sous le charme. Et dire que j'ai failli manquer cet endroit si je n'avais pas croisé cet homme à Maqên.
"tu connais un hôtel pas cher ? "
"oui à côté de la gare routière"
Rappel : je parle à l'aide de mes bouts de papiers où sont couchés des mots de base en Mandarin et en Tibétain. Les Tibétains lisent aussi le Mandarin.
Darlag Appelée aussi Dari et Jiangjeye pour mes compagnons tibétains. La ville fait partie de la préfecture autonome tibétaine de Golog, située au sud-ouest de la province du Qingha sur le Huang Hé
A cet instant, Nous franchissons le pont, sur la droite la statue de la princesse Wencheng regarde la ville (photo) . Les rues sont animées. Une journée ensoleillée en tout début d'après midi. Le minibus stoppe devant ce qui semble être une petite gare routière, j'aperçois de vieux bus fatigués sur le parking. L'un des deux chauffeurs me montre du doigt des fenêtres au 1er étage
"l'hôtel"
Je récupère mes sacs, paie la course, prix annoncé prix payé 60 yuans aucune entourloupe, les types en plus d'être sympas, sont honnêtes. L'un d'entre eux m'amène jusqu'à l'entrée qui est dans la cour donnant sur le parking des bus où je suis accueilli par un Tibétain, c'est lui qui tient ce petit hôtel avec sa gentille petite famille. Un homme grand, long cheveux noirs et la peau mate. La chambre est basique mais c'est parfait pour le prix. Précision : Il n'y a pas de salle de bain....Nulle part. C'est la norme dans les hôtels tibétains. Pour se laver, il faut s'adapter. Premièrement, récupérer un thermos d'eau chaude supplémentaire ; ce sont de gros thermos de deux litres qui garde l'eau au chaud plusieurs jours. Ils en ont toujours en réserve. Deuxièmement demander une bassine. Puis c'est la toilette à l'ancienne, en trempant une serviette dans l'eau chaude mélangée à du savon et en se frottant minutieusement le corps, la couverture de survie faisant office de tapis de bain.
je passe l'après midi à explorer la ville et les environs. Hormis quelques Han qui tiennent des boutiques, restaurants et et patisserie, la population est composée d'une très forte majorité de Goloks. Dans la rue, des sourires, des poignées de mains m'accompagnent. L'architecture est bien différente de celle de Maqên, ici c'est vraiment la ville tibétaine (photo) . Tout autour, le long du fleuve, tentes, temples et drapeaux de prière (photo) (photo) . Je pousse la balade en gravissant les collines sans forcer car nous sommes en altitude, un petit 3800m. Les efforts consentis valent le détour. La vue est tout simplement magique (photo) . Je m'assois dans l'herbe pour contempler le paysage. Ensuite je décide de continuer par la colline d'en face quand en bas, ça se met à aboyer. Me voilà repéré et plus j'avance, plus les aboiements sont déterminés, puis un autre rentre dans la danse, puis un troisième. Je les aperçois en bas et c'est bien moi qu'ils regardent. Des chiens qui gardent les troupeaux de yacks. Point positif, ce ne sont pas des molosses tibétains, point négatif ils sont en totale liberté et le plus vaillant commence à avaler la pente raide, courant à bride rabattue dans ma direction......stop et demi-tour. C'est plus raisonnable car c'est toute une meute qui sera à mes basques si je fais cent mètres supplémentaires. Mon nouveau copain lui n'a pas musardé en chemin et se rapproche, le voilà qui pointe son museau mais il reste à distance pour bien me signifier que la balade ne va pas plus loin. Je pars dans une autre direction, pas de yacks en vue, à priori je suis tranquille. Grosse erreur, couché sous des drapeaux de prière, à une centaine de mètres, l'un de ces charmants toutous se met à aboyer à son tour ce qui a le don de réveiller ceux se trouvant justement où j'envisage de descendre pour retourner à Darlag. L'un de ces excités commence à escalader la pente comme une furie dans ma direction....Tant pis je continue.....Arrivé près de moi, il manque de s'étouffer en aboyant car totalement essoufflé. Ben oui l'altitude, il n'y a pas de raison que tu n'y coupes pas mon coco (photo) . J'en profites pour reprendre mes distances mais pour la discrétion, il faudra repasser. Retour en ville et toujours autant de visages souriants. En passant devant une maison, ça aboie de nouveau. Je vois un roquet surgir et tourner autour de moi. Je lui décoche un uppercut au museau qui le projette contre le muret et comme il rebondit, je lui assène un coup dans l'estomac qui le met définitivement Knock-Out. Wouah wouah c'est fini... Mais non ce n'est qu'une plaisanterie. Ceux qui me connaissent, savent que je suis un ami des bêtes.
Plus tard, je vais m'asseoir au bord du Huang-Hé en bordure de la ville (photo) . Demain je continue ma route vers Huashixia...Depuis que je suis arrivé en pays Golog, je n'ai croisé ni policier, ni militaire. Je me sens libre d'aller où je veux. Pourtant à en croire les associations pro-tibétaines basées à l'étranger, le climat serait irrespirable pour les population de ces régions. Elles ont tout intérêt à grossir le trait et mettre de l'huile sur le feu pour que l'argent continue de couler à flot. A Darlag, un moine s'est immolé en pleine rue, début janvier et comme à chaque fois que ce genre d'évènement se produit, les autorités bouclent la région. Le soleil décline, la lumière est belle (photo) . Dans ces moments de quiétude, je pense à elle.
Route S101 au sud de l'Amnye MachenLendemain matin, je trouve un minibus pour Maduo situé sur la route 214. Nous partons sous la pluie. Mes compagnons sont des Goloks, jeune couple avec un bébé, deux anciens avec qui je partage la banquette arrière. Nous traversons de grands espaces vides, juste des tentes et des troupeaux de yacks que l'on aperçoit au loin, minuscules points sur les hauteurs. Nous faisons une halte au pied de l'Amnye Machen, malheureusement sous le brouillard (photo) . Le couple en profite pour préparer le biberon du bébé (photo) . Des nomades campent autour de la route. Le temps est pluvieux, il fait froid. Nous sommes en juillet. La température descend en dessous de zéro en période hivernale. Les conditions de vie sont rudes et il est facile de comprendre pourquoi ils ne sont pas dérangés par l'affluence. Une femme me propose du thé mais notre chauffeur est pressé. Et c'est peu de le dire car il roule comme un dératé. A chaque secousse provoquée par l'état de la route, je fais des bonds sur mon siège me cognant le crane. J'ai choisi la plus mauvaise place. La prochaine fois je saurai. Banquettes au fond du minibus à éviter. Nous arrivons à Huashixia. C'est ici que la route provinciale S205 fait la jonction avec la nationale G214 qui monte de Xining en direction de Yushu, la limite avec le Tibet Autonome. La circulation y est plus intense à cause des poids lourds qui font la liaison Xining- Lhassa.
Huashixia Une petite ville poussiéreuse, le Far-West local. Comme Darlag, c'est une ville tibétaine fortement peuplée de Goloks et le point de départ des pèlerins en partance pour l'Amnye Machen côté ouest. Le chauffeur ralentit pour prendre d'éventuels passagers. Sur la gauche, il y a un fort attroupement, un accident de moto. Ca discute ferme. Longs cheveux noirs, chapeaux vissés sur la tête, les Goloks me font penser aux Indiens des hauts plateaux andins. Petite parenthèse et une pensée à Antoine, je me souviens de toi, l'ami, comment tu nous faisais partager ta passion pour la Bolivie à travers tes mots teintés d'émotion et à travers ta musique. Tu aurais aimé cette région.
Madoi ou Maduo près des sources du Huang Hé. A près de 4300m d'altitude, l'endroit est considéré comme l'un des plus froids du pays. Première surprise, le minibus quitte la route nationale et emprunte une route secondaire. Au bout de trois kms, apparait la ville (photo) . Je demande au chauffeur de me laisser devant la gare routière mais il n'a rien compris ou feint de ne pas avoir compris car il me laisse devant un imposant hôtel gouvernemental. "ça coûte cher ? " il sourit. ça ne me surprend pas, vu la façade extérieure, à vue de nez, un petit 200 yuans. Une Chinoise Han arrive en courant de la réception j'utilise le langage des signes pour lui dire que je ne serai pas client de son hôtel. "Non Madame, merci et au revoir ! " Le minibus a redémarré avec le reste des passagers. Quant à moi, me voilà en pleine rue avec mes sacs. La ville n'a rien de très engageant, c'est du classique. D'ailleurs en marchant, je remarque beaucoup plus de Han qu'à Darlag et Huashixia. Je me dirige vers les minibus que j'avais repéré en arrivant. Il y a aussi deux hôtels. Le premier, c'est un non catégorique. Le deuxième, l'homme à l'accueil hésite, me dit d'attendre avant de s'éclipser. Je discute avec les chauffeurs tibétains à l'extérieur. "où est la gare routière pour aller à Yushu" Ils me montrent la direction de la route G214. Logique. En effet avant de bifurquer, il y a un groupe de bâtiments incluant restaurants et stations d'essence. L'homme du deuxième hôtel revient pour me dire qu'il est désolé, aucune chambre n'est disponible. De toute façon, je le sentais venir, il est temps d'activer le planB. Sans plus tarder, je quitte cette ville. Petite collation faite de viande de boeuf séchée et d'abricots secs dans l'herbe. Trois kilomètres à parcourir en sens inverse pour revenir sur la route 214. L'altitude se fait sentir (4300m), je suis vite essoufflé, obligé de faire régulièrement des pauses et de boire du thé. Je comprends la réputation de cet endroit réputé pour être très froid, c'est plat et balayé par le vent (photo) .
Au bord de la route G214 la gare routière, elle n'est nulle par et pour cause elle n'existe pas. En fait c'est un truck stop de plusieurs restaurants avec à chaque bout, deux stations d'essence où camions, semi-remorques et bus stoppent pour se restaurer et se reposer. Récapitulons : pas d'hôtels en dessous de 200 yuans pas de gare routière pour quitter Maduo trouver un bus relève de la loterie car ils partent souvent remplis de Xining pour Yushu. Maduo est un cul de sac. Je passe la nuit ici. Avec le recul je pense qu'à Huashixia j'aurais pu trouver un hôtel tibétain. L'heure n'est pas aux regrets. La soirée approche. La priorité est de se mettre au chaud et diner. Concernant le bivouac de la nuit, j'ai repéré un immeuble en chantier en face de la station d'essence. Ma prochaine étape est Xiewu sur la route 214, au sud, avant Yushu. Le problème est que je n'ai pas le mot en Mandarin. Sur la Gizi Map, il ne l'ont pas traduit. Habituellement je suis du genre prévoyant en ayant noté une liste de villes et régions en Mandarin mais Xiewu m'a échappé. Et mine de rien, quand on ne parle pas la langue et que l'on se trouve dans une région isolée. Ca se corse. Explications : Si je veux attraper un bus demain qui fait la liaison Xining-Yushu, je dois être capable d'expliquer où je veux descendre. Xiewu est entre la Bayar Pass et Yushu. Xiewu est le mot en pinyin et selon l'intonation, un même mot peut avoir plusieurs significations....je fais connaissance avec les subtilités du Mandarin à 4300m. Voyons voir dans ce petit restaurant tenu par des Han. Une assiette de riz mélangé à des oeufs et des tranches de tomates accompagné d'un thé brûlant constitue mon repas. Personne ne me comprend même en dépliant la carte. Arrive un moine, il s'installe en face de moi et commande à manger "tashi delé" "tashi delé" Il me montre son médaillon et attend ma réaction, "ben oui c'est le Daï-Lama et" Apparemment il s'attendait peut être à ce que je m'incline devant sa sainteté. Mais puisque tu es là, tu vas pouvoir m'aider. Rebelote, je déplie ma carte mais comme les autres, c'est sans succès. Nous sommes trois autour de la carte, le moine, la petite Han qui nous sert et moi qui envoie des sms à Ashang (voir chapitre Xinjiang) pour solliciter son aide. Elle m'envoie la traduction mais comme mon portable ne reconnait pas les caractères chinois, c'est un coup pour rien.
"peux tu me l'écrire en phonétique"
Avec Ashang on se parle en Anglais, elle se sert du traducteur en ligne. Quelques instants plus tard, elle m'envoie le mot en phonétique pour la prononciation en pinyin. Toujours mieux que rien. Entretemps, le moine a pris congé. Dehors la nuit est tombée et c'est maintenant un ballet continu des bus couchettes qui font la liaison Xining-Yushu dans les deux sens. J'attends vingt deux heures pour me diriger discrètement vers mon abri où seuls les murs ont été posés, ce n'est pas le luxe mais cela permet au moins d'être protégé du vent. Il est en face de la station. Des camions font la queue pour se ravitailler en carburant, d'autres sont en mode pause sur le parking. Je ne ferme pas l'oeil de la nuit car il fait très froid. A l'extérieur les chiens hurlent et les camions passent en pleins phares. L'aube arrive péniblement. Cet endroit est encore plus lugubre la matin. Sur toute la longueur de la route, des gens s'affairent à balayer, à ramasser les déchets de la veille amassés sur les aires de parking. Petit clin d'oeil aux cinéphiles : l'image évoque des scènes de films américains, les matins engourdis balayés par le vent. Paris- Texas, Bagdad-Café, Le facteur sonne toujours deux fois etc.....Plusieurs camions sont alignés, rideaux des cabines baissés. Je rentre dans le premier relais ouvert à cette heure matinale, ils ne sont pas légion. J'en repère seulement deux grâce aux cheminées fumantes. Dedans, quelques routiers déjeunent. J'avale un bol de soupe de nouilles et du thé brûlant pour me réchauffer. Il y a aussi une femme tibétaine deux fillettes. Requinqué par le confort, je me laisse aller à me perdre dans mes pensées quand deux petites têtes apparaissent dans mon champ de vision
"Helloooo what's your naaame ?!"
Ce sont les deux petites tibétaines puis elles se sauvent aussitôt dans les bras de leur mère. Elles sont timides. Mais la maman leur murmure quelques mots et les poussent gentiment dans ma direction.
"wheere dooo you cooomme from ?"
"I'm French"
"Niiice to meeet youuu !"
"me too"
Deux jolies petites frimousses aux joues légèrement rosies et leurs cheveux noirs tenus par des petites couettes. Elles sont vraiment adorables. Et la petite famille se met en route, nous échangeons des signes de la main pour se dire au revoir. Le voilà le premier rayon de soleil de la journée qui me réchauffe le coeur. Dans la matinée, je retrouve le moine de la veille. Il veut aller à Huashixia en auto-stop. Pas de bus. Tout le monde est logé à la même enseigne. Tout moine qu'il est, personne ne s'arrête et il parvient seulement à partir au bout de deux heures. Deux autres moines entrent en piste pour le même résultat. Ils peinent à partir. (photo) . Eux aussi descendent à Huashixia. Quant à moi, je patiente. Des bus passent sans s'arrêter mais je ne m'inquiète pas, il est tôt. A midi, un bus se présente au niveau de la station, ralentit et stoppe devant le petit restaurant où j'ai diné hier. Des touristes Han en descendent. Je questionne le chauffeur
"Yushu ?"
"Yushu"
C'est mon jour de chance. Je lui donne ma destination en épelant en pinyin "Xiewu". Il comprend. Miracle !...et grand ouf de soulagement d'autant qu'il reste une place. Reste à connaitre le prix. Le voilà qui revient avec un bout de papier où il me demande confirmation de ma destination. Par contre je paie le prix fort mais je n'ai pas le choix et il le sait. Il a demandé à sa copine du restaurant d'à côté qui lui a dit que je végète ici depuis hier après midi. Enfin le plus important est de quitter ce cul de sac.
Bayan Ka la Pass 5100m Je prends place au fond du bus. Sous l'effet de décompression, je ressens l'épuisement. Dehors la pluie redouble. La route pour atteindre le col à plus de 5000m, la Bayan-Ka-La Pass est constituée de légères courbes et de longues lignes droites telles des flèches fendant le ciel. Les poids lourds avancent au ralenti et la mécanique souffrent de mille maux sur ces pentes. Autour ce sont des pâturages, dénudés, parsemés de poches d'eau, de ruisseaux (photo) . Quelques tentes tout de même avec des yacks. La Bayan-Ka-la s'annonce. Les drapeaux de prières flottent au vent de part et d'autre de la route. Tous les cols tibétains en sont ornés, c'est un signe de protection. De l'autre côté, nous entamons la descente et la pluie cesse. A Qingshuihe le bus attend devant un bâtiment. Le chauffeur s'entretient avec un homme en uniforme. Puis il monte et vient jusqu'à moi, me faisant signe de venir avec mes affaires. Aïe ! mauvais présage.....En fait c'est pour occuper la meilleure place, un siège juste derrière le chauffeur. L'homme en uniforme monte mais n'a même pas un regard pour moi. Fausse alerte. Le bus repart. Une heure plus tard, il stoppe de nouveau. Le chauffeur se retourne.
"Xiewu"
Fin du voyage sur la route214. Eux continue à Yushu et pour certains direction Lhassa.......Je vois deux Tibétains et leur montre mon papier
"connaissez vous une guesthouse ?"
Oui et ils se proposent de m'accompagner et j'en profite pour leur demander la direction pour Sêrxü. Ils me montrent la route juste en face. C'est la fameuse intersection qui mène au Kham. Un autre Tibétain qui nous écoutait, s'approche. Il va à Serxu et il reste une place dans sa voiture stationnée sur le bas-côté, des passagers attendent à l'intérieur et un autre Tibétain fume une cigarette appuyé sur la portière. Sans hésitation, après m'être informé du prix, j'accepte. En route pour le Kham. Je quitte le Qinghai. | | | À: Mékong · 5 décembre 2012 à 14:55 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 167 de 246 · Page 9 de 13 · 2 956 affichages · Partager Sichuan pays de Kham (juillet 2012) Xiewu-Sêrxü-Manigango sur la route S217
Route S217 entre Xiewu et Manigango, voiture confortable et puissante. Je partage la banquette arrière avec un jeune couple de Tibétains en vacances. Devant le chauffeur et son complice, deux Tibétains, deux joyeux lurons qui éclatent de rire après chaque bribes de conversation.
Juste après Xiewu, nous sommes entrés dans la province du Sichuan et le pays de Kham.
le Kham L'une des trois régions traditionnelles tibétaines, englobée dans l'est du Tibet autonome, le nord-ouest du Yunnan et l'ouest du Sichuan, cette dernière constituant la plus grande partie du Kham. C'est le pays des Khampas, ces fiers cavaliers réfractaires à tout pouvoir, autant celui de Pékin que celui des moines de Lhassa. Au moment de la guerre froide, ils se sont retrouvés instrumentalisés par l'Ouest et accusés par Pékin d'être aux mains de la Cia, de la même façon que les Hmongs en Asie du sud-est.
Mon but est de rejoindre la route G317 qui va à Dêgê considéré comme le coeur du Kham. La route s'élève encore. Peu de tentes mais plus de petites maisons en ligne.
Nous traversons Shershul altitude à plus de 4000m, la lamasserie à l'entrée du bourg est imposante, c'est l'une des plus importantes de la préfecture autonome tibétaine de Ganzi pouvant accueillir plus de mille moines (photo) . Les rues sont boueuses. Beaucoup d'animation. Forte population tibétaine ici. Dans la voiture, les deux comiques continuent leur numéro sans faiblir. Les éclats de rires fusent. Derrière le jeune couple essaye de prendre des photos du paysage.
La nuit tombe quand nous atteignons Sêrxü ou Shíqú à plus de 4000m. Un mot sur le mal des montagnes. Pour l'instant, je passe les épreuves avec succès. Ni maux de têtes, ni vertiges. Au carrefour de la rue principale, sont stationnés des minibus, je demande à l'un des chauffeurs tibétains
"Manigango demain et c'est combien"
"7h ici et 80 yuans"
La ville est petite et après une première tentative infructueuse (un hôtel tenu par des Han trop cher pour mon budget), je me dégotte un hôtel tenu par une Tibétaine dans mes cordes, sans salle de bain bien sur mais la chambre avec TV est grande. Mon diner est constitué de nouilles instantanées et de biscuits accompagné d'un thé brûlant. Après une toilette à la mode locale (voir chapitre sur Darlag), soirée télé et repos. Demain promet d'être une belle journée.
Le lendemain, lorsque j'arrive au carrefour, une première surprise m'attend. Il y a le minibus pour Manigango. Jusque là tout se déroule comme prévu sauf que le chauffeur (pas celui d'hier je ne le vois pas) m'annonce 100 yuans au lieu de 80 yuans. Sentant l'arnaque, je refuse d'embarquer. Lui ne veut rien savoir. Au bout de quelques minutes, je vais voir les gens dans le minibus. Il y a un moine. Je lui demande combien il paie pour aller à Manigango.
"100 yuans"
C'est bien le juste prix. Je fais un signe au chauffeur tibétain en discussion et en train de fumer une cigarette avec ses collègues. En fait ils n'attendaient plus que moi. La meilleure place devant est vide mais il ne veut pas que je la prenne. Me voici sur la banquette arrière côté droit. Dans les minibus tibétains, il y a deux rangées de banquettes pouvant contenir 3 personnes ce qui fait au total 8 passagers en incluant le conducteur et le passager de devant. En théorie oui mais bien souvent ils bourrent au maximum. Nous sommes dans une région reculée du Sichuan et les transports sont rares. Notre équipage 100% masculin se met en route. A la sortie de Sêrxü, il stoppe pour prendre une jeune femme tibétaine. Elle est toute frêle. Elle s'installe devant....mais non le chauffeur lui dit de se mettre sur la banquette arrière. La petite n'a pas de place, coincée entre deux gaillards. Elle se plie en deux car elle n'a pas d'espace pour soulager son dos. Il est prompt à encaisser la monnaie mais pour le savoir vivre c'est une autre histoire. Il stoppe de nouveau pour prendre une autre femme qu'il a l'air de connaitre car il lui ouvre la porte princièrement. C'est une Han. Il y aurait suffisamment de place devant pour les deux femmes mais Madame n'en a cure, royalement assise sans un regard pour sa copine. Plus loin, à Dzogchen et son fameux monastère perché sur la colline (photo) , nous prenons un autre gars qui s'installe comme il peut, sur la banquette du fond. On se serre pour lui laisser un peu d'espace. De toute façon c'est supportable et l'arrivée est imminente mais le coup de la petite Tibétaine me reste en travers de la gorge.
Manigango à 3960 m.
C'est l'intersection entre les routes G317 et S217. La G317 est un axe important Chengdu- Lhassa. J'aurai plus de chance de trouver des bus publics. La ville est peu engageante. Avec la pluie, la route non asphaltée s'est transformée en chemin boueux (photo) . Je fais quelques pas et je trouve le minibus qui part pour Dêgê. 100 yuans le tarif habituel. Cette journée va faire mal au portefeuille mais pas le choix. C'est le seul moyen d'atteindre Dêgê. Dans le minibus, nous sommes presque au complet. La banquette arrière est composée de 2 Han et d'un tibétain, à côté de moi, les deux moines de service. Sur la petite place, j'aperçois un groupe de personnes de type européen qui discutent avec notre chauffeur. Ils chargent les sacs et montent dans le minibus stationné devant les hôtels puis l'un d'entre eux arrive. Il va voyager avec nous car l'autre est complet. Ils vont aussi à Dêgê. Ainsi je fais la connaissance de Honza un Tchèque. Les deux minibus au complet démarrent. | | | À: Mékong · 8 décembre 2012 à 18:11 · Modifié le 14 déc. 2012 à 8:43 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 168 de 246 · Page 9 de 13 · 2 902 affichages · Partager Sichuan Pays de Kham (juillet 2012 Sur la route G317 entre Dêgê et Garzê
Les deux minibus filent à toute allure vers Dêgê. Honza est tchèque et fait partie d'un groupe de huit amis venus dans la région du Kham pour un mois. Clairement, c'est le leader du groupe. Le type est calme, posé, parle peu mais à toujours à bon escient, sans en faire des tonnes. On sent le voyageur chevronné à qui on ne l'a fait pas. J'apprécie beaucoup de genre de personne. Physiquement, il ne passe pas inaperçu avec ses cheveux et sa longue barbe surtout auprès des Tibétains. Dans le minibus, celle ci avec des parties tressées est un sujet d'amusement pour le chauffeur qui ne le lâche pas une seconde. Les deux moines sont hilares. A l'extérieur ce ne sont plus les paysages habituels de l'Amdo : la route longe la chola Shan, une chaine montagneuse avec des sommets culminant entre 5000 et 6000m. Nous passons devant le magnifique lac Xinlu bordé de sapins, c`est payant.Les Chinois ont planté une cabane avec une barrière. Du classique en Chine où la moindre petite attraction a un coût. Cela dit, on peut aisément contourner les péages en prenant au large comme ici, vu la configuration du terrain. Puis se succèdent pics escarpés et enneigés et glaciers (photo) . Sur le côté droit de la route, les chalets en bois remplacent les maisons traditionnelles. Sur le côté gauche, au pied des montagnes, au bord du torrent, ce sont des tentes de nomades (photo) , certaines de couleur noire (photo) . Les minibus stoppent une première fois car les moteurs ont besoin de souffler surtout celui qui fait la course en tête (photo) Je le vois qui verse de l'eau sur le radiateur et remplit le réservoir de refroidissement. ça fume. Le moteur est en surchauffe. Il a intérêt à ralentir la cadence sinon...Nous repartons sur le même rythme. Vu l'état de la route et de la manière dont ils conduisent, la mécanique ne doit pas faire long feu. Quelques kilomètres plus tard, l'inéluctable se produit. Nous stoppons de nouveau et le premier minubus est immobilisé pour de bon, un moteur en moins. C'était à prévoir. Honza va aux nouvelles. Pas d`autres minibus disponibles à Manigango qui puissent remonter immédiatement. Je le vois en pleine discussion avec les deux chauffeurs tibétains pour avoir des précisions sur la durée d'attente. Ils téléphonent. Disponible mais pas avant 17h. Il est à peine 14h. Honza réfléchit. Ca signifie arriver tard en soirée à Dêgê, à huit personnes qui seront fatiguées entre les heures d'attente et la route qui promet d`être encore longue. Il me demande un service
"comme tu vas arriver avant, tu peux nous trouver un hôtel pas cher et réserver pour tout le monde ? je reste ici avec le groupe, ma petite soeur Elena t'accompagne"
"Pas de souci, tu peux compter sur moi"
Concernant l'hôtel, on a une idée précise et selon nos informations, il serait dans nos cordes. J'ai un plan de Dêgê pour le trouver. Ca va être facile. Nous reprenons la route. La pente s'élève. Nous progressons désormais sur une route en lacets. Les paysages sont époustouflants (photo) . Certains flancs abruptes sont occupés par les troupeaux de yacks. Nous franchissons la Chola-Pass à 4600m (photo) . Dans le minibus, notre chauffeur taquine Elena la jeune tchèque au sujet de la barbe de Honza, la mimant avec ses mains pour le plus grand bonheur des deux moines tout sourire. En redescendant la Chola-Pass, la vue sur la vallée est somptueuse (photo) . La route est bloquée par une pelle, travaux en cours (photo) . Plusieurs véhicules attendent. Devant c'est un champ de boue avec des ornières. Notre minibus s'embourbe et tout le monde se retrousse les manches pour pousser. A Kasongdu, nouvelle pause, les moines doivent prier (photo) Nous arrivons à 17h30. Direction l'hôtel en compagnie d'Elena.
Dêgê (photo) (photo) (photo) (photo) cette petite ville à 3900m d'altitude, encaissée au fond d'une vallée est le coeur du Kham. Elle borde le Tibet autonome par le fleuve Jinsha à 20 kms à l'ouest. La route G317 continue et passe au Tibet autonome pour rejoindre la route 109 Beijing- Lhassa.
Il nous suffit de redescendre la rue principale. L'hôtel est indiqué en Anglais. Nous sommes accueillis par un Tibétain, le propriétaire, il parle un mot d'Anglais. Mais bonne nouvelle, il dispose d'assez de place pour loger tout le monde, ce n'est pas cher, très propre et cerise sur la gâteau, il y a des salles de bains avec douche et eau chaude à chacun des étages au nombre de deux. Une très bonne surprise car il arrive parfois de déchanter par rapport aux prix multipliés par deux ou trois mais ici rien de tel d'autant que notre hôte est très gentil. Nous sommes immédiatement à l'aise. Je demande à Elena de prévenir Honza, ça leur permettra de voyager en toute sérénité. Ils viennent à peine de repartir et ils ne seront pas à Dêgê avant 21h30. J'en profite pour prendre une bonne douche car depuis Xining je ne savais plus à quoi ça ressemblait. Au fur et à mesure je fais connaissance avec le reste de cette petite famille tibétaine, ils sont adorables. Ils ont deux jolies petites filles. La pièce où notre hôte nous a accueillis fait office de réception, de salle de séjour. Il ya une télé, un ordinateur disponible et de nombreux sièges pour s'asseoir, boire un thé et discuter. C'est un lieu de rencontre pour ses amis.
La ville est divisée en deux parties. Le vieux centre a été détruit et reconstruit pour laisser place à une architecture comparable à n'importe quelle autre ville chinoise. Par contre sur les hauteurs et tout autour, ce sont les maisons traditionnelles tibétaines qui prédominent, Des chalets en rondins de bois dont les portes et fenêtres sont superbement décorées (photo) (photo) . La lamaserie est située au coeur de la ville (photo) , elle abrite l'une des plus vieilles imprimeries tibétaines. C'est un lieu de pélerinage pour les Tibétains qui viennent de tout le Kham (photo) . Les gens tournent autour de l'imposant bâtiment dans le sens de l'aiguille d'une montre munis de leur moulin à prière et de leur chapelet (photo) (photo) . Toute la journée, l'endroit est très animé. Certains tournent durant plus d'une heure, d'autres moins et viennent s'asseoir devant sur des sièges posés exprès tout en continuant de faire tourner leur moulin (photo) ou converser avec leurs voisins. J'aime venir ici, c'est une place idéale pour faire des rencontres comme Andy un étudiant Han de Shenzhen qui voyage avec 3 amis dont une fille. Ils vont à Lhassa. L'un a une bicyclette, les autres sont à pied et c'est comme ça qu'ils se déplacent, dorment sous la tente, mangent des nouilles instantanées. Ils ont peu d'argent mais cela ne les a pas empêchés d'arriver jusqu`ici même si Andy m'avoue qu'ils prennent aussi le bus. Durant ce deuxième voyage à travers la Chine, je croise souvent de jeunes Chinois venant des grandes métropoles côtières, parlant Anglais et visitant leur pays avec peu de moyens mais avec de l`enthousiasme à revendre. Des rencontres toujours très intéressantes et qui tordent le cou aux clichés du touriste chinois voyageant en groupes organisés. En parlant de groupe, il y a celui de Honza. Nous nous croisons régulièrement entre l'hôtel et près de la lamaserie. (photo). Petite précision sur la photo, ce n'est pas Honza mais l'un de ses amis. C`est le clan des barbes. Hunza c`est vraiment le type tranquille. La sérénité personnifiée. Toujours au même endroit, une jeune Tibétaine essaye de pratiquer son Anglais. Elle me montre son livre scolaire et nous faisons un petit cours improvisé. En échange elle m'apprend quelques mots de Tibétain sous le regard attendri de son papa. Je séjourne plusieurs jours à Dêgê. Entretemps Honza et son groupe sont partis à Bayul où je pensais les retrouver le lendemain. Malheureusement je reste à quai, à regret mais le tarif est trop cher. Voyager seul provoque quelques désagréments. En voici un. Comme il n`y a pas de ligne régulière, seuls des minibus font la navette en fonction du nombre de passagers. Dans ce cas précis, je devrais payer la même course qu`un taxi, étant le seul candidat. Je prend finalement le bus quotidien pour Garzê, en refaisant le chemin inverse via Manigango. Je me console car la route est belle. Départ à 7 heures. Dans la vallée nous sommes dépassés par une dizaine de motos et véhicules, drapeaux au vent. Plus loin, nous les retrouvons arrêtés, ils bloquent le passage (photo) . C'est une procession religieuse.
Garzê (photo) (photo) (photo) Situé à 3390 m au bord de la Yalong River (photo) un affluent du Yangtse et de la chaine montagneuse la Shaluli Shan (photo) . La ville fait partie du Kham. A peine sorti du bus, je demande à deux Tibétains un endroit où loger.
"ici ! suis moi "
dans la cour de la gare routière (photo) il y a plusieurs petits hôtels tibétains avec les standards habituels : chambre avec télé sans salle de bain mais possibilité d'avoir des thermos d'eau chaude sans oublier la bassine. Le prix est dans mes cordes et de plus je serai aux premières loges pour repartir. Me voilà prêt à explorer la ville. Elle est divisée en deux parties, le quartier Han où se trouve la majorité des magasins et restaurants tout le long et autour de Chuanzang Road et le quartier tibétain au nord (photo) . Au sud au bord de la Yalong, il y a un pont suspendu (photo) . A cause de fortes pluies récentes, le fleuve est en cru. Le débit est impressionnant. La lamaserie, imposante bâtisse, surplombe le quartier tibétain, accessible par un long escalier qui offre un joli panorama sur la ville et ses alentours. C`est vendredi, jour de relâche. La plupart des moines sont en ville. Je peux visiter le lieu à ma guise et gratuitement. En effet, dans de nombreuses lamaseries et temples, il faut passer à la caisse comme à Dêgê par exemple. Dans ce cas, je m`abstiens. Mais revenons à cette lamaserie (photo) . Elle est très étendue. A l`intérieur, il y a une grande bibliothèque fermée à double tour, une salle de prière avec un portrait du Panchen Lama (photo) et des dortoirs où sont logés des moinillons. Tout autour, à l`intérieur de l`enceinte, de petites maisons habitées par les moines plus anciens. Sincèrement, ils ne sont pas a plaindre. Le chemin de procession qui débute derrière la lamaserie est long de plusieurs kilomètres, faisant le tour des collines, jalonné de stupas (photo) , de drapeaux de prières (photo) , il offre des points de vue somptueux sur la vallée et la chaine montagneuse. Il débouche au sommet d`une colline couverte de drapeaux (photo) et où paissent des yacks. Après cette longue marche, quelques personnes pique-niquent et se régalent de ce paysage (photo) . Deux jours passent comme un long fleuve tranquille dans cette petite ville attrayante. J`ai acheté un billet pour Tagong qui est la dernière étape avant Kangding et Chengdu est en vue.....Demain le départ est fixé à 6h30. | | | À: Mékong · 29 décembre 2012 à 22:23 · Modifié le 30 déc. 2012 à 19:33 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 169 de 246 · Page 9 de 13 · 2 779 affichages · Partager Sichuan pays de Kham en route pour Chengdu
6h sous une pluie battante. Il fait encore nuit. Sur le parking les moteurs ronflent. Garzê est une plate-forme importante du fait de sa situation géographique dans la région, carrefour entre Dêgê, Bayul, Litang, Ma-erkang, Sêrtar. Dans l'obscurité, tout le monde avance à tâtons à cause du sol rendu glissant par la forte averse. Une jeune femme chaussée de hauts talons, manque de tomber et d'un coup, se tord de douleur, sa cheville a craqué sous la pression. En compagnie d'un autre homme, nous l'aidons à porter ses deux sacs jusqu'à son bus, elle souffre car elle peine à monter sur le marchepied. Une fois installée, elle pourra souffler. J'entends parler français. Les voix se rapprochent. Ce sont deux mamies portant des sacs à dos. Des mamies backpackers. Nous prenons la même direction, leur destination est Kangding. Dans le bus, j'entends leur bavardage ; leur dialogue tourne au sketch. "Danielle je t'ai dit de mettre ton sac ici" "Tatie tu n'as pas oublié de remplir ton thermos ?" "Danielle il ne peut pas parler moins fort avec son téléphone !" "Tatie couvre toi tu vas prendre froid !".
Sur la route 317, le tronçon entre Garzê et Luhuo est dantesque. La pluie ne faiblit pas et la route se transforme en un bourbier où camions et véhicules font des zigzags pour éviter les ornières (photo) . Nous sommes bloqués plus d'une heure à cause d'un glissement de terrain. Dans le bus, ma voisine, une dame Han n'arrête pas de me dorloter en m'offrant gâteaux et fruits. Au ton de sa voix, je sens que c'est une personne très généreuse. Elle veille à ce que je ne manque de rien. Après Luhuo, la pluie cesse, la route s'améliore jusqu'à Tagong.
Tagong (3800m) (photo) est un village entre Garzê et Kandging. Entouré de collines verdoyantes dominées par les monts Zheduo à l'est, connu pour la vieille lamaserie de Lhagang et proche du Zhara-Latsé (5825m) que l'on aperçoit par temps clair. A la sortie du bus, je suis harponné par une dame tibétaine qui me montre sa carte. C’est Drolma. J'ai toujours entendu parler en termes positifs des deux soeurs que sont Drolma et Gayla. Elles tiennent deux guesthouses familiales. L'aspect le plus positif est le prix, difficile de faire mieux. D'ailleurs, je n’oppose aucune résistance et je la suis sans coup férir. Et je ne suis pas déçu. Cette famille accueillante habite dans deux jolies maisons traditionnelles (photo) . Nous allons dans la deuxième, chez Gayla. La chambre composée de 6 lits est magnifiquement décorée (photo) - Au rez de chaussée, le fils fabrique des vêtements, dans la cuisine je remarque les habituels gros thermos mais je n'en aurai pas besoin car Drolma me montre fièrement la salle de bain, avec eau chaude, wc nouvellement construite. Pour y accéder il faut passer par le jardin. Donc une maison tout confort avec l'accueil en plus. Tagong est un bon endroit pour faire des marches sur les collines environnantes couvertes de drapeaux de prière. L'effort vaut le détour car la vue est magnifique (photo) . Ici il y a davantage de touristes étrangers. Kangding n'est pas loin et c'est la porte d'entrée du Sichuan ouest. Cette présence se remarque facilement car tout se passe autour de la place de ce petit village, c'est là où se trouve la vieille lamaserie de Lhatang, payante d'ailleurs. Du coup je ne la visite pas. Nul besoin, j'ai visité celle de Garzê et si je monte sur les hauteurs, j'ai une vue plongeante sur l'intérieur de l'enceinte. Et d'autres lamaseries, il y en a dans le voisinage, au pied des collines (photo) . A ce titre, c'est en marchant le long d'un sentier accidenté donnant accès à un temple que je me fais surprendre par un chien. Je ne l'ai pas vu venir et je sens une forte pression sur ma chaussure au niveau du talon. En me retournant, je le vois repartir dans la direction opposée. Heureusement que le cuir est de bonne qualité, clin d'oeil à Jean-Marie. Le mode opératoire de l'animal est déconcertant mais en avançant de quelques mètres, je comprend mieux son attaque réfléchie et placée. Sur la gauche, j'aperçois un chiot couché dans l'herbe qui a suivi toute la scène. C'était en guise d'avertissement et la prochaine fois ça sera au niveau du mollet. Demi tour et piqure de rappel. A la guesthouse, je fais la connaissance d'un Américain de l' Oregon, comme moi, il aime marcher dans les collines et il parle un peu Français ayant étudié deux ans dans le sud de la France. Il loge dans une chambre. La deuxième nuit, je partage le dortoir avec trois Chinoises, deux voyageant ensemble quant à la troisième, elle débarque dans la soirée. Elle rentre, sort, converse avec ses deux compatriotes, fait trois fois le tour de la pièce pour trouver son lit, repasse en me dévisageant puis recommence pour prendre une autre couverture car elle a froid. Elle est agaçante...Le lendemain, alors que les deux autres sont parties très tôt, nous sympathisons.
Xu Xu est un être réservé. Originaire d'une ville proche de Hangzhou dans le Zhejiang, Elle voyage seule durant un mois sans gros moyens (photo) . Elle repart cet après midi et nous décidons naturellement de passer la journée ensemble à Tagong. Déjeuner, un petit tour sur la petite butte au dessus du village et le chemin des moulins de prière autour de la lamaserie (photo) . Xu est une artiste, elle apprend la calligraphie. Après un dernier café, nous nous séparons, elle a trouvé un camion qui accepte de la déposer près de sa destination, vingt kilomètres plus haut. Rendez vous pris à Chengdu.
Je quitte Tagong au bout de trois jours. Cet endroit est vraiment agréable. Des minibus partent pour Kangding en franchissant la Zheduo Pass à 4290m.
Kangding (2560m) (photo) c'est le chef-lieu de la préfecture autonome tibétaine de Garzê. Considérée comme la porte d'entrée du Kham, la ville est encaissée au fond d'une vallée où deux rivières Dar et Tse font la jonction. C'est une grosse ville comparée à celles que j'ai traversé depuis Xining. Peuplée en majorité de Han. Je n'accroche pas plus que ça et je décide de partir dès le lendemain matin pour Chengdu. De toute façon, je repasserai ici dans plusieurs jours car Kangding est sur la route de Litang.
Le bus part très tôt. 6h30. La ville est encore endormie. Une fois installé, j'entends des voix familières qui se rapprochent. Les mamies backpackers sont de retour. Après les salutations d'usage, elles sont mécontentes de leurs places. Dans les bus chinois, quand on achète son ticket, on a un siège numéroté attribué. Or il se trouve qu'elles ne sont pas côte à côte. Un scandale ! Le marchandage commence avec les voisins. Les Chinois étant bienveillants, tout se termine bien. Nous pouvons partir. Tatie et Danielle voyagent ensemble depuis 1978. Un bail. Elles habitent la même ville et pur hasard nous sommes voisins. Pour être plus précis, j'habite dans la grosse ville et elles dans la proche banlieue. dans le bus le sketch continue, se poursuit lors de la pause déjeuner mais elles ne m'amusent plus. Elles prennent à partie une jeune Chinoise sous prétexte qu'elle ne fait pas l'effort de les comprendre car elles tiennent absolument à connaitre les prix des plats. En l'occurrence ce sont des bols de raviolis. Elles s'énervent. Quant à moi j'en commande un. Personnellement, j'ai rarement eu de mauvaises surprises en Chine et j'ai confiance, ici nul besoin d'être constamment sur la défensive comme en Inde par exemple. Me voyant manger, elles me demandent le prix, étonnées de ma réponse négative, je leur dis d'être plus relax et de faire confiance aux gens. Mais elles n'en démordent pas. Plus tard, je les retrouve en train de bouder comme des enfants, le ventre vide. Le bol de raviolis m'a coûté une poignée de yuans. Et pour tout dire, j'apprécie de moins en moins leur compagnie. Elles habitent un endroit que je connais bien, en banlieue de Lyon pour y avoir des amis et au détour d'une conversation, elles tiennent des propos limites sur ses habitants. La j'en ai assez entendu. Leur comportement vis à vis de la Chinoise ne me surprend plus. Nos routes se séparent à Chengdu.
Chengdu (photo) (photo) (photo) La capitale du Sichuan. Très grosse ville chinoise d'environ 14 millions d'âmes. Dès mon arrivée suis happé par la chaleur étouffante. Heureusement mon hôtel est à deux cent mètres de la gare routière et le choix s'avère judicieux. C'est l'auberge de jeunesse annexe au Trafic Hôtel (photo) . En Chine chaque gare routière ou presque (Minfeng dans le Xinjiang) dispose de son Trafic Hôtel parfois même à l'intérieur de la gare.
Les auberges de jeunesse (photo) Un mot sur les auberges de jeunesse chinoises que je fréquente assidument. Leur développement dans tout le pays suit la courbe d'une nouvelle forme de voyage prisée par les Chinois, le voyage en solo, en groupe mais avec des budgets serrés. j'ai eu l'occasion de parler dans un chapitre précédent de ces voyageurs chinois partant à l'aventure. Ces auberges se sont mis au diapason pour accueillir locaux et étrangers dans les meilleures conditions. Les staffs parlent Anglais. L'accent est mis sur l'accueil, la propreté. Les chambres et dortoirs sont bien tenus. Beaucoup de facilités sont mises à disposition comme internet, une salle TV, des présentoirs de flyers d'hébergements dans d'autres villes et villages. Certaines auberges fonctionnent en autogestion Ce sont des bénévoles (souvent étudiants, parlant Anglais et sur des durées de trois à quatre mois) qui font tourner la boutique ce qui ajoute une note décontractée à l'atmosphère même si cela comporte quelques rares désagréments. La comparaison s'impose avec l' Inde et ça me permet de régler mes comptes avec ce pays et son hospitalité qui ne me laisse pas des souvenirs impérissables même si cela va faire grincer des dents "les fous de l' Inde". J'ai visité trois auberges : Mysore, Mangalore, Bangalore. Il se trouve qu'à ce moment là, je devais faire avec peu d'argent à cause d'un trou important dans mon budget du à la ruse alliée à la dextérité de trois pickpockets à Chennaï. Mysore : au bout de deux nuits, prié sans ménagement d'aller voir ailleurs Mangalore : soi-disante fermée quand je me présente bien que je note de l'activité à l'intérieur Bangalore : soi-disante pleine quand je me présente après cinq kilomètres de marche. Peut être disaient t-ils vrai mais quoique il en soit, j'ai senti une atmosphère pesante
JO de LondresMon séjour à Chengdu coïncide avec l'ouverture des JO de Londres. ça tombe bien, j'avais envie de faire un break et j'adore le sport. Ainsi à partir de minuit, j'investis la salle et durant deux semaines c'est soirée TV en nocturne jusqu'à 5h. Pour un peu, je ferai presque partie du staff. En effet le veilleur se reposant sur sa natte, c'est moi qui gère, la salle TV étant située à côté de la réception. Cette salle je l'ai tellement apprivoisée j'y passerai ma dernière nuit installé dans les fauteuils moelleux, toutes les chambres ayant été réservées, l'hôtel étant complet. A travers le prisme des chaines chinoises, je découvre des sports méconnus dans nos contrées mais populaires ici comme le Badminton, le tennis de table, le plongeon où leurs athlètes raflent tout. D'ailleurs le pays caracole en tête des bilans avec l'autre puissance sportive les Usa. Vu d'ailleurs, cette mainmise chinoise gène, en particulier parmi les médias français toujours prompts à dégainer pour faire la leçon aux autres. Tous les poncifs y passent : soupçons de dopage, usines à fabriquer des champions, tristes gagnants. Il serait bon de rappeler à ces rabats-joie que la Chine est juste un peu plus grande et un peu plus peuplée que la France, que ce pays est aussi une nation sportive. Les Chinois pratiquent des exercices quotidiennement dans la rue et les parcs sur des engins mis à disposition, jeunes, adultes et vieillards sans distinction. J'en ai été témoin à de nombreuses reprises comme à Xining avec le stade Nanyen (photo) rempli du matin au soir de gens pratiquant le foot, le tennis de table, la danse (photo) . Vu le potentiel humain dont dispose le pays, il semble normal qu'il ait la même proportion de sportifs de haut niveau. Après être d'accord ou pas sur la marchandisation du sport, opium du peuple, ceci est un autre débat.
ChloéAu delà de ma cure de sport en salon, je n'oublie pas de mettre le nez dehors. A Chengdu je fais enfin la connaissance de Chloé une Lyonnaise avec qui je suis rentré en contact avant d'entreprendre ce voyage. Elle m'a constamment donné de précieux conseils sur la région, spontanément sans me connaitre. Chloé habite Chengdu depuis sept ans. Elle me rejoint au Trafic Inn pour m'accueillir. C'est un vrai plaisir de la voir. Je rencontre une femme dynamique et qui dégage une forte personnalité. Partie de rien, elle a monté une affaire qui a prospéré et pour tout dire, ça a été un coup de maitre. En ce moment, elle attend un heureux évènement.
Et je revois Xu l'apprentie calligraphe. Elle repasse à Chengdu avant de retourner chez elle près de Hangzhou. Les vacances se terminent. Pour fêter nos retrouvailles et son départ, je l'invite dans un bon restaurant. La ville est réputée pour sa cuisine dont les fameux hot-pots (photo) . C'est une place forte de la gastronomie chinoise. Il y a le fameux poivre du Sichuan qui accommode nombres de plats, une palette variée de mets faisant de Chengdu un voyage culinaire à lui tout seul. En tout cas je sens Xu touchée et elle tient à me rendre la pareille. Le lendemain, au moment de partir, en souvenir, elle m'offre une calligraphie (photo) qu'elle vient de faire, avec les moyens du bord c'est à dire au stylo. En temps normal, Xu travaille au pinceau traditionnel.
Progressivement, je découvre le quartier. En empruntant la petite rue sur la gauche de l'hôtel, on débouche sur une rue piétonne populaire avec son marché, ses petits restaurants où l'on mange sur le pouce et ses petits métiers. Je trouve sans mal un cordonnier et une couturière. Au Trafic Inn, l'affluence ne faiblit pas. L'auberge jouit de son emplacement idéal. Beaucoup de Français en vacances. Des vacances au pas de course en trois semaines dès que l'on allonge les distances dans ce pays-continent. Du temps perdu dans les transports et un degré d'épuisement car pas question de stopper plus de deux jours dans un endroit. En tendant l'oreille dans le hall de réception, je mesure à quel point maîtriser son temps libre est un luxe et conditionne le reste à savoir la fatigue et le stress. Je surprend des conversations qui m'exaspèrent mais venant de mes compatriotes, je ne suis pas étonné. Extraits : "ah mais quand même c'est une dictature !......." "oui tout est contrôlé......" "et ils ne réalisent pas qu'ils sont surveillés......." sans parler du refrain habituel sur les pôôvres Tibétains réprimés, vivant sous la terreur. Je les écoute pensivement (Bien sur ma cocote, vas donc à Londres qui est truffée de caméras et dans ta chère capitale c'est pareil. Les Chinois que vous méprisez ne sont pas les demeurés que vous croyez. En tout cas ceux que j'ai rencontré ne sont pas dupes des problèmes. Mais la tendance est de noircir la feuille. Aussi lors des émeutes après l'élection de Sarkozy en mai 2007, la répression n'a rien eu à envier à la Chine. Justice d'abattage et prison ferme pour les jeunes émeutiers) mais je n'interviens pas, lassé d'entendre les mêmes stéréotypes qu'ils doivent, j'imagine, rabâcher sur des pays politiquement incorrects tels l' Iran, le Pakistan. De bons petits soldats...Rompez.
Heureusement il y a d'autres rencontres plus sympathiques avec les francophones dont deux jeunes Françaises de Chambéry discrètes, voyageant sur une courte durée. Malik un Parisien qui me demande des conseils pour se rendre dans l'ouest du Sichuan. Priscilla une Suisse de Lausanne. Nous faisons connaissance dans la salle TV où j'ai établi mon QG. Elle veut regarder un film DVD et attend mes suggestions. Notre premier choix "Vertical Limit" ne passant pas dans le lecteur, nous optons pour Blade mauvaise pioche, elle aime moyennement. Priscilla voyage seule depuis plusieurs mois à travers l' Asie centrale, puis la Chine. C'est une personne chaleureuse. Ensuite elle se rend à Hong-Kong où elle retrouve son amoureux, faire un bout de route ensemble avant de repartir seule en Mongolie. Un beau programme dont elle se réjouit. Quant à moi, j'attends la fin des JO pour repartir dans les régions tibétaines. Je revois Chloé qui est très occupée dans ses préparatifs de départ pour la France où elle va s'installer provisoirement quelques mois. Je quitte Chengdu très tôt avant la chaleur. Dans quelques heures, je serai en altitude. | | | À: Mékong · 30 décembre 2012 à 19:34 · Modifié le 5 jan. 2013 à 19:24 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 170 de 246 · Page 9 de 13 · 2 742 affichages · Partager Retour dans le Kham Kangding-Litang-Xiangcheng (août 2012)
A Luding, la ville située au sud-est de Kangding, contrôle de la Swat. C'est la première fois depuis que je suis entré dans les régions tibétaines mais c'est seulement un contrôle de routine, l'agent qui me questionne parlant Anglais, est très courtois. A Kangding, le départ du bus est fixé à 6h30, un horaire très matinal. Pourtant Litang n'est distant que de 200kms........J'y serai à l'heure. L'auberge de jeunesse Kanka est à 50m, en face du jardin des statues de pierre (photo) , Il y règne une atmosphère très décontractée, elle est fréquentée par des voyageurs chinois. De nombreux bénévoles y travaillent comme au Kokonor. Lendemain matin, le bus est complet. A coté de moi, s’installe une Tibétaine et sa kalachnikov. Malgré cet attirail, elle n'est pas gaillarde car elle sera malade durant tout le trajet et épuisera tout son stock de sachets mais je vous épargnerai les détails. A sa décharge, il faut dire que la route 318 est dans un état épouvantable, je comprend maintenant pourquoi nous partons si tôt. La route (photo) , c'est comme si elle avait été secouée par des glissements de terrain (ce qui est vrai), des tremblements de terre et des bombardements. J'exagère à peine. Il suffirait d'un peu de pluie pour qu'elle soit fermée. Ce qui explique pourquoi si il est si difficile d'atteindre Litang c'est lié aux fermetures fréquentes et non pas le fait de quelques restrictions gouvernementales.
Mais cette fois, la chance est avec nous, nous passons entre les mailles du filet, certes dans la difficulté et c'est un euphémisme de le dire mais au bout de 12 heures après avoir franchi 4 cols au dessus de 4000m dont la Zheduo-Pass 4200m, la Kiazila-Pass 4718m, la Jianziwan-Pass 4659m, en descendant pour la énième fois la route sinueuse digne des montagnes russes, nous apercevons au loin, Litang dans la plaine. Quant à ma voisine, je la sens requinquée. Elle tient fermement dans sa main, la réplique de kalachnikov dans son emballage qu'elle va pouvoir offrir à son fils, son petit-fils ou son neveu.
Litang (4014m) (photo) La ville s'étire en longueur sur une large plaine cernée par les montagnes, la Shaluli Shan à l'ouest. C'est un noeud routier important entre Batang et Kangding sur la route G318, entre Garzê et ShangriLa sur la route S217. Réputé pour son festival de chevaux, la ville n'a pas le charme de Dêgê et ni la beauté du site de Darlag, une population majoritairement tibétaine, le reste étant composé de Han qui ont développé le commerce et les restaurants dont celui où je mange tenu par une famille adorable. Lorsque j'arrive avec mon bout de papier qui est je le rappelle, mon petit guide de survie en Mandarin, ils me donnent leur menu doublé en Anglais.
Je passe une 1ère nuit dans un hôtel tibétain en face de la gare routière, un lit partagé dans une chambre. Vétuste et cher. Le lendemain je change d'endroit pour aller au Potala Inn à deux blocs de là. La veille, je m'étais mis en recherche et j'étais tombé sur cet hôtel, séduit par l'accueil de Medok tout en simplicité. Je pars en balade dans les alentours de la ville, le sud débouche sur la plaine où paissent yacks et chevaux (photo) , il y a aussi quelques tentes, une usine et surtout beaucoup de déchets qui jonchent la prairie. Même le petit canal n'est pas épargné. C'est le point noir de Litang. au nord c'est là que se trouve la fameuse lamaserie (photo) où je rencontre deux moinillons qui s'essaient à la photo, je les laisse utiliser mon appareil (photo) et ils sont forts adroits (photo) . Après ça se corse quand ils me demandent de l'argent. Drôle de manières les moines par ici. Je les renvoie gentiment à leurs chères études avant de continuer mon chemin à travers les collines verdoyantes. Le soleil est très fort et punit mon imprudence car sans couvre-chef, ni crème je rentre avec des maux de tête qui s'aggraveront au fil de la journée jusqu'à que Patricia une française rencontrée au Potala Inn me donne de l'aspirine.
Medok c'est la propriétaire tibétaine du Potala Inn. Long cheveux noirs, grande, élégante, un visage tout en douceur, Medok est vraiment une belle femme. Elle est très dynamique et se démène pour faire tourner son affaire. Une serviabilité doublée d'une grande gentillesse. ça force le respect. Elle n'a pas vraiment le choix car derrière elle, les employés paraissent en phase hibernation. Sous le charme.
Direction Xiangcheng plus au sud, dernière étape avant le Yunnan. Levé aux aurores, je me dirige vers les minibus stationnés et je trouve celui qui part dans ma direction. Pas de miracle, le prix est celui auquel je m'attendais, c'est beaucoup plus cher qu'un bus normal. Je dois patienter. Je suis le premier passager. Les heures passent et personne ne se présente. Entre temps, un couple en voiture me propose de m'emmener mais leur tarif est trop cher, je décline. Si je veux partir aujourd'hui, il me reste une option, m'accrocher au bus venant de Kangding en espérant qu'il ait des places disponibles. C'est la loterie. Je préviens le chauffeur tibétain que je retourne à l'hôtel. "si tu as du nouveau, tu sais où me trouver !" Medok me confirme pour le bus de 16h. On s'adapte. Le temps est élastique. Sinon c'est remis à demain d'autant que je suis en bonne compagnie ici. Je suis dans mes pensées quand Medok m'appelle, mon chauffeur apparait et me fait signe. Bye bye Medok !
Route S217 Litang-Xiangcheng (photo) Le minibus est pourtant vide. Pas facile de se comprendre, le chauffeur ne parle pas Anglais, j'imagine que les autres passagers nous attendent près de la gare mais j'imagine mal, le voilà qui file sans s'arrêter et prend la route S217 en direction du sud. Je flaire l'arnaque où la citrouille se transforme en carrosse, en langage décodé ça signifie mon minibus deviendrait un taxi.
"où sont les autres ?"
"personne d'autre, peut être sur la route on trouvera "
Je lui rappelle le prix sur lequel nous nous étions arrangés (pour info c'est 100 yuans) et il me confirme sans hésiter. Je le sens honnête. les 100 yuans que je viens de lui donner vont servir à payer le carburant. Il est constamment au téléphone, au bout j'entends une voix féminine. Peut être habite t-il à Xiangcheng et passagers ou non qu'il soit obligé de rentrer à la maison. Du coup, je voyage dans des conditions optimales et c'est une chance car les paysages que nous traversons sont sublimes (photo) . Au milieu de nulle part (photo) , il stoppe et va piquer un roupillon dans l'herbe durant vingt minutes. Après Sumdo, à l'intersection pour aller à Dabba. Nous roulons à travers un haut plateau recouvert de blocs de granit (photo) . Après la route s'élève encore et nous franchissons un col de la Shaluli Shan à plus de 4500m (photo) . Nous entamons la descente (photo) et nous débouchons au milieu de paysages escarpés et boisés et les gorges impressionnantes de la rivière XuQu que nous suivons jusqu'à Xiangceng que nous atteignons à 15h. Finalement tout s'est bien passé et à peine sorti, j'aperçois une femme qui rapplique dare dare ils se connaissent et ça tombe bien, elle tient le petit hôtel juste en bas de la gare routière. Elle c'est Lamu et elle est Tibétaine. Son hôtel est correct, il y a même une petite salle de bain avec douche et wc à mon étage. Je négocie le prix de la chambre.
Xiangcheng (photo) la ville est à flanc de montagne à l'ouest de la rivière qui coule dans la vallée. Le centre est moderne avec des hôtels flambants neufs, sa grande place, ses écoles et les restaurants et autres commerces tenus par les Han. Tout autour du centre, ce sont les quartiers tibétains avec des maisons traditionnelles en forme de cubes (photo) , au nord-ouest un petit sentier permet d'accéder à la lamaserie perchée sur la colline. Elle est aussi accessible par la route en contournant par le nord ce qui permet d'avoir une belle vue sur les gorges (photos) et les villages tibétains jouxtant Xiangcheng (photo) . Je la visite (photo) , personne à l'entrée pour me demander de passer à la caisse. Il y a un groupe de touristes Han. La façade du temple est richement décoré. Je ne m'attarde pas. En chemin je rencontre un couple de Polonais croisés au Trafic Inn à Chengdu. A l'est, on débouche sur des champs et jardins (photo) , encore des petites maisons traditionnelles (photo) , un temple où je croise des Tibétains en train de prier. "Tashi delé" "Tashi delé". J'aime beaucoup la région (photo) et les Tibétains du coin, ceux de mon quartier sont sympas. Beaucoup d'entre eux se retrouvent devant la petite épicerie à côté de la gare routière. Un arbre à palabres à la mode tibétaine. La propriétaire des lieux a installé des tabourets et les gens viennent s'enquérir des nouvelles, discuter et boire un thé. J'aime bien venir ici, ça permet de faire des connaissances et de se faire connaitre. Je revois même mon chauffeur de Litang qui vient s'asseoir après sa course journalière. Les gens sont simples et attachants. Même si l'on ne se comprend pas, on ressent un vrai courant de sympathie. Et durant mon séjour, Lamu y passe le plus clair de son temps, elles sont bonnes copines. Puis de là, elle peut scruter les allées et venues de voyageurs pour remplir son hôtel.
Lamutout le monde la connait dans le quartier. Quand on la cherche, il suffit de demander "Lamu" et il y a de fortes chances qu'elle soit chez l'épicière où toutes ses copines se donnent rendez vous. Lorsque j'en parle, on pourrait penser qu'elle soit d'un age avancé ce qui n'est pas le cas. La trentaine assurée, dynamique, cheveux noirs mi-longs, les joues légèrement rosies comme beaucoup de Tibétains, elle a du charme à revendre mais que mes lecteurs ne se méprennent pas, le charme n'a pas d'age.
Et c'est bien d'avoir Lamu dans son carnet d'adresses. Pour preuve
Je dois acheter mon ticket pour ShangriLa, première étape du Yunnan au sud. Un seul bus, il part tôt et souvent le guichet est pris d'assaut. Je rencontre deux Espagnols Carlos et Maria dans le hall, leurs billets en poche mais ils me disent que tous les tickets ont été vendus. Nouvelle confirmée par la guichetière. Pourtant je suis arrivé à 14h comme Lamu me l'a indiqué. Je sors et je l'aperçois, assise sur un tabouret en train de discuter.
"Lamu j'ai un problème, je n'ai pas de ticket pour ShangriLa, tout est vendu ! tu peux faire quelque chose? "
(Petit rappel, quand je parle, j'utilise un mix de geste et d'Anglais (elle parle un mot d'Anglais).)
Elle se lève et va haranguer un groupe de personnes devant la porte de la gare, puis rentre, va questionner la guichetière, elle prend son téléphone. Quelques instants plus tard, un de ses amis chauffeurs rappliquent. Ils discutent et m'informent sur l'horaire et le prix plus élevé mais c'est le tarif normal pour le minibus. Tout baigne. Je retourne à l'hôtel, je dois nettoyer mon sac.
Une heure plus tard, elle arrive toute essoufflée devant la porte de ma chambre que j'ai pris l'habitude de laisser ouverte et me tend un bout de papier. Je n'ose pas le croire et pourtant
"j'ai ton ticket de bus pour Shangri La !"
Tu es géniale Lamu ! Durant un éclair de seconde, une pensée me traverse la tête. J'ai envie de l'embrasser mais une infime hésitation et c'est trop tard. Pourtant elle me plait et je sens de bonnes ondes entre nous. Mais voilà...Je la paye car elle a avancé l'argent tout en la remerciant encore.
Le lendemain, je retrouve le couple d'Espagnols Carlos et Maria qui font aussi étape à ShangriLa dans le Yunnan. J'ai un peu d'appréhension avec mon ticket mais tout se déroule bien, j'ai même une place de choix si je veux prendre des photos. Ah Lamu tu es la meilleure ! Le Sichuan ça se termine mais pas tout à fait concernant le pays de Kham dont un bout se trouve dans le nord du Yunnan. Sur le chemin, après une pause pipi, nous oublions un passager mais surtout la victime désignée d'une blague de ses compagnons de chambrée. Lui, étant parti se soulager derrière d'épais buissons, le bus est parti sans se rendre compte de son absence. Ses amis, sourires aux lèvres, gardent le silence. Puis après plusieurs kilomètres, ils se mettent en alerte pour faire stopper le bus en pouffant de rire. Après cinq minutes d'attente, nous le voyons apparaitre au loin, marchant tranquillement (photo) . Nous quittons la magnifique province du Sichuan sur une bonne dose d'humour. Welcome to Yunnan. | | | À: Mékong · 4 janvier 2013 à 1:54 · Modifié le 5 jan. 2013 à 20:24 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 171 de 246 · Page 9 de 13 · 2 672 affichages · Partager Retour au Yunnan et sur la route G214. Le nord. Shangri-La - Yangtsé - Lijiang - Dali
Le Yunnan Province située au sud de la Chinela plus forte concentration de minorités ethniques en Chine. Province limitrophe avec le Myanmar, le Laos et le Vietnam. Le Yunnan est aussi mon premier contact avec la Chine en 2009. La route 214 : Rappel je l'avais quitté à Xiewu dans le Qinghai en pays Amdo après l'avoir empruntée depuis Huashixia et la Bayan-Ka-La Pass.
Nous arrivons en milieu d'après midi. Shangri La est une grosse ville précédée d'une réputation flatteuse que je trouve trompeuse. Déjà en se penchant sur son nom, ça peut éveiller la méfiance.
Shangri La (3200m) La ville a été rebaptisée Shangri La pour des raisons touristiques évidentes : en faire un petit Lijiang. Un nom ronflant pour attirer le badaud. L'ancien nom Zhongdian n'avait rien de glamour. Mais la ville est dénuée de charme avec un vieux centre surexploité touristiquement et cher. Seuls intérêts : manger des petites brochettes sur la place et l'endroit où je loge. C'est une superbe maison traditionnelle Naxi transformée en guesthouse (photo) . Mes hôtes Jun et Christina sont très accueillants, lui est coréen, elle est chinoise Naxi de la minorité etnique principale de la région. Je reste trois jours pour profiter de cette charmante maison et de l'atmosphère familiale
Le fromage de yack Il y a quelques points positifs, la ville nouvelle est plus intéressante surtout le quartier des marchés extérieur et couvert où l'on peut voir les femmes Naxi vêtues de leurs vêtements traditionnels. Elles vendent le fromage de yack dont j'ai entendu parler sans n'avoir jamais eu le loisir de le tester. Comme le dit le dicton, l'occasion fait le larron. Là ça tombe bien, il y en a sur de nombreux étals (photo) avec de drôles de formes coniques. Arrivé chez Jun et Christina, je leur en offre la moitié. Christina n'est pas emballée mais accepte. J'utilise le frigo et leur emprunte un couteau de cuisine. Le dépeçage de l'Alien peut commencer. D'aspect extérieur, c'est dur comme du bois. Il y a une sorte de croute qui s'apparenterait plus à une écorce qu'il faut attaquer au choix soit au couteau, soit au chalumeau en faisant attention aux projections d'acide. A l'intérieur, c'est blanc et dur comme l'intérieur d'un tronc d'arbre. La dégustation peut commencer et ça tourne au psycho drame. A vrai dire, c'est immangeable, j'ai beau redoubler d'efforts, en bouche, c'est trop âpre ; j'avale quelques morceaux à l'aide d'un verre d'eau mais je rends les armes (le couteau) rapidement. Je remballe le tout, direction le frigo...définitivement. Mes hôtes me parlent d'un autre fromage plus petit. Le lendemain, obstiné je vais au marché couvert et en effet je vois de petits fromages de forme ovale à croutes dures. J'en achète un et du pain. Retour à la guesthouse pour un nouveau test. D'aspect extérieur, c'est une petite croute pareille à celles des fromages hollandais, à l'intérieur ça a la texture d'un fromage de chèvre.....le goût en moins. certe ça se mange mais en bouche ça a tout juste la moyenne. Plus tard j'apprendrai que le fromage conique s'appelle "Chura" et qu'il faut le faire fondre avant de tenter de le manger.
Je prends congé de mes hôtes en fin de matinée et me dirige vers la gare routière. Direction Lijiang. Le bus part à 14h. Dans quelques heures j'aurai dit au revoir au pays de Kham et aux régions tibétaines. J'en garderai de très grands souvenirs : des paysages splendides, des situations difficiles et même rocambolesques pour traverser ces régions, un voyage très rock'n roll.
Au moment d'embarquer je fais la connaissance de Macha une Américaine de l' Oregon. Elle enseigne l'Anglais pour le compte du gouvernement chinois dans un village reculé proche de Lijiang. Comme tous les Américains que j'ai rencontré depuis mon départ, elle est très sympa, calme et curieuse du monde qui l'entoure. Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec leur gouvernement de voyous et de va t-en guerre incarnés par la fanatique Hillary Clinton. Cette politique du pire met en danger la vie de ces voyageurs toujours à la merci d'un détraqué mais heureusement que la plupart des gens font la différence entre l'humain et la politique. Je l'avais constaté au Pakistan où les raisons de détester les Usa sont pourtant nombreuses. Cela dit la France est en train de rattraper son retard à cause de politiques extérieures désastreuses depuis vingt ans et ça ne fait qu'empirer depuis le retour des socialistes.
En chemin, nous stoppons. En face de nous, il est là, serpentant majestueusement, une impression de puissance et de force tranquille. Le Yang-Tsé-Kiang (photo) .
Le Yang-Tsé-Kiang ou Yangtsé fleuve bleu Un géant qui se deploie sur 6300 kms dans toute la Chine. Simplement le plus grand fleuve d'Asie et le 3ème fleuve du monde après le Nil et l'Amazone. Il prend sa source sur le haut plateau tibétain du Qinghai. Il traverse les grandes villes que sont Chongqing et Wuhan après le gigantesque barrage des Trois Gorges avant de terminer son voyage à Shanghai où il se jette dans la mer de Chine
www.chine-informations.com/...uve-yangtse_1263.htm
Nous nous approchons du bord de la route pour avoir une vue plongeante. Macha remarque mon enthousiasme et je lui explique que cet engouement est né en feuilletant les atlas étant enfant.
Lijiang A la gare routière, nous nous quittons. Elle prend un autre bus pour accéder à son village. Quand je lui demande ce qu'elle pense de Lijiang, elle fait une moue qui en dit long.... A vrai dire, je n'étais pas très emballé par cette étape mais comme c'est sur ma route alors autant s'arrêter pour voir à quoi ressemble cet endroit. Je pose mes bagages à l'auberge de jeunesse, situé au nord de la vieille ville que j'ai atteint en mixant bus urbain et marche à pied, muni d'un bout de plan. L'exploration peut débuter. Lijiang old Town Je dois faire des efforts pour ne pas rebrousser chemin. De toute façon, j'ai payé mon lit à l'auberge pour deux nuits. Je goûte aux bains de foule durant la première soirée. Je tente de manger dans une sorte de warung sur la principale place mais je renonce vu les prix affichés. Le lendemain je projette de me rendre à Shigu. C'est un petit village à 40kms à l'est. L'endroit est chargé d'histoire et c'est ici que l'on peut admirer la première courbe du Yang-Tsé-Kiang. A la gare routière, il n'y a pas de liaison et à l'extérieur, les minibus sont trop chers, dommage. Du coup, je pars en promenade dans la vieille ville. Elle est très étendue, surmontée en son centre d'une colline où se trouve un temple. Les points de vues doivent être intéressants. La balade tourne vite à l'ennui car ce ne sont que boutiques de souvenirs, hôtels, restaurants. Certes c'est beau, c'est propre mais un endroit sans âme. ça me fait penser à une ville de poupées. Et bien sur, tous les accès avec les meilleurs points de vues ont été verrouillés et il faut passer à la caisse. 20 yuans la photo, la note est salée. Dans les dédales de ruelles, nous parvenons en compagnie de deux jeunes touristes Han à trouver un panorama qu'ils n'ont pas encore exploité (photo) . Pour monter sur la colline, c'est encore plus compliqué. Je fais le tour pour chercher un accès non contrôlé, j'en trouve un où le guichetier est en train de dormir, c'est ma chance ! je contourne la barrière à pas de loups et je m'engage sur le chemin qui mène sur les hauteurs quand un type balayant donne l'alarme ce qui réveille l'autre. C'est raté ! Je jette l'éponge et je rentre à l'hôtel. J'en ai assez vu. J'ai une photo dans la boite pour le souvenir.
Dali (photo) Sur la route G214. Centre du Yunnan, au bord du lac Erhai (photo) et au pied des monts Cangshan (photo) (photo) . Il y a deux villes, la nouvelle nommée Xiaguan est à 14kms au sud et Dali la vieille ville qui est ma destination. Dali est une ancienne ville fortifiée avec ses fleurons les quatre imposantes portes : Cangshan Gate (photo) , Erhai Gate (photo) , North Gate (photo) , South Gate (photo) .
le bus stoppe au nord-est de la ville. Je la traverse à pied ce qui permet d'avoir une première prise de contact et d'emblée je me sens bien. La vieille ville est une ville à part entière, avec de vrais commerces, un vrai marché coloré animé par les Bai l'ethnie principale qui peuple les bords du lac. Rien à voir avec les villes en plastoc de Shangri La et Lijiang. La montagne d'un côté, le lac de l'autre, l'endroit semble idéal pour poser mes sacs quelque temps car j'envisage d'aller faire un tour dans la vallée de la Nu-Jiang à l'est. Reste à dénicher un endroit douillet et convivial. Les hôtels, guesthouses et consorts, ici ça ne manque pas car la région est très touristique avec beaucoup de choses à visiter.
Lily Pad InnMon deuxième choix est le bon. Une petite guesthouse près de la Cangshan Gate, la porte est. Derrière les murs que l'on franchit par un portail, un joli petit jardin où sont disposées des tables et tout autour la maison. Je suis accueilli par Erin la manager et Olivia une étudiante bénévole qui travaille ici pour quatre mois. Un accueil chaleureux tout en simplicité (photo) et le rapport qualité prix est excellent. Je loge dans une chambre double mais ils ne me font payer que le lit. Le deal est que si quelqu'un d'autre se présente, nous partageons la chambre; ça me va très bien. Un autre aspect qui ajoute à la convivialité est que nous pouvons partager le même repas que le staff moyennant quelques yuans bien évidemment. Je vais me plaire ici. Dans l'immédiat, je me prépare à partir dans la vallée de la Nu-Jiang | | | À: Mékong · 4 janvier 2013 à 10:18 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 172 de 246 · Page 9 de 13 · 2 648 affichages · Partager Bonjour Eric, tout d'abord tous mes voeux pour 2013, je suis à J- pas beaucoup départ le 10 janvier. Tes mamies génial, elles ne seraient pas du même patelin que moi des fois! Des comme ça, ça rappelle les discussions de bistrot auxquelles Audiard a puisé ses plus belles répliques du genre: les cons ça ose tout, c'est à ça qu'on les reconnait.
D'ailleurs je me souviens d'une mamie de ce genre mais gentille marrante dans un bus alors que j'avais simplement remonté le Rhône trois jours à pied au nord de Lyon, voilà ce que ça donnait:
Nous sommes cinq dans le bus, le chauffeur, la dame deux passagers et moi. Dès le départ, notre brave dame nous raconte ses tribulations médicales à grands renforts de gestes et de mimiques. Elle ne nous épargne rien et nous raconte par le menu comment le radiologue la retourne comme une omelette. «Vous comprenez» nous dit-elle « c'est que je n'ai plus dix-huit ans mais soixante quatorze » Elle y va avec tant d'entrain, que je finis par me demander si elle ne va pas nous faire un strip-tease Mais non, et une fois que le registre des maladies multiples et diverses est clos, elle attaque les faits divers du matin. Et là, la grosse rigolade continue de plus belle. Elle interpelle le chauffeur: - Vous vous rendez compte, hier un prisonnier en a mangé un autre qui était dans sa cellule - Ben quoi ils leur donnent pas à manger en Amérique? - Mais non, ce n'est pas de faim qu'il l'a mangé mais de haine. A ce moment du dialogue, le chauffeur freine et s'arrête et les deux passagers descendent. Il est onze heures trente et comme notre grosse dame est polie, elle leur souhaite bon appétit. Je me retiens de leur demander s' ils n'ont pas un petit prisonnier à se mettre sous la dent.
Encore merci pour tes super récits, je partirais bien en bus comme cela, en particulier l' Amérique du Sud mais ma Danielle à moi est terrorisée par les chutes dans les précipices. Amitiés Luc | | | À: Mékong · 5 janvier 2013 à 10:07 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 173 de 246 · Page 9 de 13 · 2 618 affichages · Partager J'aime vraiment beaucoup beaucoup ces balades-rencontres que tu nous distilles au fil du temps cher Mékong.
Un régal dans le fond -c'est une évidence- et dans la forme puisque le regard n'est pas "dérangé" par les photos (que je prends plaisir à découvrir lors d'un second passage).
Merci et bonne route  ...
Dolma | | | salut Luc merci pour cette anecdote.....croustillante sans jeu de mots  bonne route. Tiens moi informé de tes dates et de ton itinéraire, on pourra peut être se croiser
salut Dolma merci pour ton message très gentil | | | À: Mékong · 5 janvier 2013 à 15:39 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 175 de 246 · Page 9 de 13 · 2 584 affichages · Partager Bonjour Eric,
J'adore l'anecdote de la femme à la kalashnikov pas si téméraire que ça et surtout la chute de l'histoire.  Et puis à la toute dernière histoire de Lucbertrand, je voudrais ajouter celle-ci dans le même style, que je viens juste de recevoir d'une copine. Je vous la transmets telle quelle:
"Je passe prendre le café chez une copine. Jules son fils de 9 ans regarde un docu animalier à la télé, quand une scène, montrant un animal de la jungle (me souviens plus lequel) en train de dévorer le cadavre
de son propre père, le fait réagir violemment : " aaaaah, c'est horrible, il bouffe son père !!!...moi, même si je crevais de faim, je pourrais pas manger mon père !!!" Tout à sa réflexion, il continue "... bon au pire, je prendrais une carabine pour tuer un buffle... " puis, jetant un regard vers sa mère (qui a horreur des armes) et se rappelant soudain l' interdit de jouer même avec un pistolet en jouet : "... heu... enfin... avec le consentement de mes parents bien sûr ! "
Paroles de gosses - paroles de mamies  J'espère que ma copine ne me bouffera pas pour avoir emprunté son histoire. | | | À: Cipika · 16 janvier 2013 à 14:48 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 176 de 246 · Page 9 de 13 · 2 485 affichages · Partager Vallée de la Nu-Jiang (août 2012)
Xiaguan, la nouvelle ville, au bord du lac Erhai. Ville importante avec ses buildings et ses administrations, c'est la préfecture de la région. C'est ici d'où partent les bus pour cette vallée isolée. Ce matin, je me suis délesté d'une grande partie de mes affaires, LilyPad les garde jusqu'à mon retour, je peux ainsi voyager très léger avec mon sac d'appoint contenant quelques vêtements de rechange, laptop, appareil photo, plans de la région. Il est midi quand nous quittons la ville sous un soleil éclatant. Pour couronner le tout j'ai pu avoir la meilleure place, celle à côté du chauffeur, c'est un bus de taille moyenne. Je peux profiter du paysage. Nous nous dirigeons à l'ouest en direction de Yongping jusqu'à la jonction avec le Mékong (photo) qui coule parallèlement à la Nujiang depuis la province du Tibet autonome. A partir de là il entame une courbe sur sa gauche à l'est durant environ 250 kms avant de reprendre sa descente qui le mène à Jinghong, puis aux portes de la Thaïlande, du Myanmar et du Laos qu'il borde tous les trois.
Le Mékong (photo) L'un des symboles de cette partie de l'Asie.....Il a bercé mon enfance. Il faisait partie des mots magiques qui ont longtemps alimenté mes rêves de voyage lointains....Un rêve devenu réalité en 2003 du côté de Luang-Prabang où je l'ai remonté en bâteau rapide jusqu'à Huay-Xai (photo) , ces frêles embarcations lao qui glissent sur l'eau équipées de moteurs très puissants (photo) . Mes souvenirs d'enfance s'entrechoquaient, en fredonnant "Jumping Jack Flash" des Rollings Stones, des émotions intenses (photo) .....mais aussi des coups de soleil. Le Mékong est appelé dans sa partie chinoise Lancang Jiang. Long de près de 4800 kms, c'est le 3ème fleuve chinois après le Yangtsé et le Huang-Ho et comme ces deux derniers, il prend sa source sur les hauts plateaux du Qinghai. Après la Chine, il continue sa route au Laos (photo) qu'il traverse de part en part formant une frontière naturelle avec la Thailande. De la même façon que le Nil avec l' Egypte, le Mékong est indissociable du Laos. Ensuite il passe au Cambodge et termine sa route au Vietnam où dans le large delta qui porte son nom, il se jette dans la mer de Chine.
ttspmediastudents.pbworks.com/...20568/Mekong%2...
Nous traversons et longeons plusieurs jolies vallées sur la route S228 (photo) toujours en allant plus vers l'est (photo) . Checkpost et contrôle avant Liuku où je dois me soumettre un questionnaire écrit, ça se passe dans la bonne humeur, le jeune policier parle un mot d'Anglais et le formulaire est en mandarin. Apparemment, peu de touristes étrangers viennent dans la région. Nous sommes entrés dans la vallée de la Nu-Jiang et le bus se dirige maintenant plein nord en direction de Liuku le long du fleuve qui désormais nous accompagnera tout le long du trajet durant ces quelques jours. Liuku chef lieu de la préfecture autonome Lisu de Nujiang constitue ma première étape.
La Nu-Jiang (photo) Un grand fleuve méconnu, dans l'ombre du Yangtsé, du Mékong et du Huang-Ho. Certes moins long, 2800 kms au compteur quand même ce qui en fait le deuxième fleuve coulant en Asie du sud-est. Mais sa puissance est impressionnante d'où la signification de son nom : fleuve en colère. La Nu-Jiang prend sa source au Tibet autonome et suit un cours parallèle aux deux autres géants que sont le Mekong et le Yang-Tsé-Kiang au Yunnan. Il continue sa route à l'ouest du Myanmar. Il s'appelle "Salween", un petit tour en Thailande puis coule de nouveau au Myanmar dans des paysages magnifiques (photo) et il descend jusqu'à Moulmein (photo) où il se jette dans le golfe de Martaban.
www.chinapage.com/map/salween-river.gif
Les bus Liuku. La gare routière est éloignée de la ville. Demain, le bus pour Gongshan part à 7h. J'achète mon ticket à l'avance et comme je suis parmi les premiers, je peux choisir ma place....celle de devant est déjà occupée, reste celles juste derrière le chauffeur ce qui me permettra d'avoir une bonne vue et d'étendre mes jambes. Ces bus, je commence à bien les connaitre pour les avoir bien étudiés. Des bus moyen courrier, adaptés aux routes étroites et sinueuses de la région (photo) (photo) . Les places sont numérotées. Petite leçon. Celles de 1 à 8 sont situées dans les rangées derrière le chauffeur, impaires côté fenêtre. La place numéro 18 est à côté du chauffeur. Celles de 17 à 14 sont situées dans les rangées derrière, un siège par rangée fenêtre opposée. Enfin les places de 9 à 13 correspondent à la rangée du fond. Conclusion, les meilleures places sont la 18 et la 17, viennent ensuite la 1 et la 2. A éviter les places du fond 9 à 13. Fin de la leçon.
Je trouve un hôtel à l'entrée de la ville pour un rapport qualité prix excellent. Je paierais le triple pour le même standing dans le Xinjiang ou le Qinghai. Les différences de prix varient beaucoup d'une province à l'autre. Par exemple ma chambre : grande avec une large fenêtre dotée de rideaux pourpres, elle est d'une propreté irréprochable, le sol brille ; sont disposés deux grands lits avec une literie propre, une télé cablée, du mobilier, une bouilloire et la climatisation. La salle de bain est grande, équipée avec eau chaude, draps et serviettes de bains, savons shampoings ; moyennant un petit prix 60 yuans. Parfois j'entend dire que la Chine est trop chère mais il existe toujours des endroits et cette région en est la preuve, où l'on peut trouver des logements très bon marché pour un rapport qualité prix remarquable.
Par contre dans les rues, les regards sont appuyés. Pas de doute, il y a peu d'étrangers venant par ici
Route S228 entre Liuku-Fugong et Gongshan (photo) Le lendemain nous remontons la vallée en suivant la Nu-Jiang, en direction de Fugong et Gongshan. C'est une vallée enclavée entre les monts Gaoligong à l'ouest servant de frontière naturelle avec le Myanmar proche d'une dizaines de kms, et de l'autre côté à l'est les monts Yunling et Qingshuilang. La S228 est la seule route qui dessert la région. Elle stoppe à Bingzhongluo. Au delà, plein nord, c'est le Tibet autonome. C'est très boisé, des deux côtés du fleuves. A titre de comparaison avec les régions tibétaines, il y a de la végétation et des forêts recouvrent les montagnes. Les minorités ethniques qui composent la population de la vallée sont les Lisu, Nu, Dalong et quelques Tibétains. En traversant les villages, on peut apercevoir sur les marchés, les costumes traditionnels des femmes (photo) . Le marché de Lishadi (photo) entre Fugong et Gongshan est important. Notre bus est bloqué une heure à cause du trafic et de l'étroitesse de la rue (photo) . ça permet d'observer tout le foisonnement et l'effervescence imprégnant cette petite cité un jour de marché (photo) (photo) .
La vallée est étroite. Les villages sont accrochés au bord de la Nu-Jiang (photo) , réliés à la route par des ponts suspendus, parfois (photo) , d'étroites passerelles, souvent (photo) et rarement, mais ça arrive qu'il y ait juste un câble permettant aux villageois de traverser à l'aide d'un harnais. Nouvel arrêt. Il y a un checkpoint. Un policier monte, muni d'un ordinateur. Il récupère les pièces d'identité des passagers qu'il vérifie électroniquement, je lui tend mon passeport mais il n'en veut pas. Il contrôle seulement les locaux. Après réflexion, la frontière birmane étant toute proche, ces contrôles doivent s'adresser aux sans papiers. Il y a une route après Liuku qui va au Myanmar et il est possible que quelques migrants tentent leur chance en franchissant la montagne. L'ordinateur peut s'expliquer pour détecter un éventuel trafic de faux papiers.
Gongshan (photo) une petite ville adossée à la colline, au bord de la Nujiang. Dernière ville avant le parc national et le village de Bingzhongluo, là où la route se termine. Pratique, la petite gare routière est située au coeur de la ville. Sur mon bout de papier j'ai griffonné le nom d'une hypothétique auberge de jeunesse mais je n'ai pas d'adresse précise. Je me ravise rapidement car au moment où j'écris ces lignes, sans indication, sans parler Mandarin, je pense que je la chercherais encore. Et d'autant que je me rends compte que les hôtels à Gongshan sont très bon marché. j'en trouve rapidement un qui me convient avec tous les standards chinois. Il est situé en face d'un karaoké. Ma chambre est au 3ème étage, le degré de sonorité reste plus qu'acceptable pour mes tympans. La ville est plaisante. La partie haute est le centre et l'on peut accéder à la basse-ville par des larges escaliers en traversant différents quartiers. Dans la basse-ville, il y a un pont suspendu et une longue passerelle d'où l'on peut admirer le fleuve et les hauteurs de Gongshan. A cet endroit, la Nujiang accueille les eaux sombres d'un affluent (photo) .
Le lendemain je trouve sans mal le bus qui va à Bingzhongluo. Il attend toutes les heures devant le Trafic Hôtel. Je pars en balade sans plan précis. La journée est radieuse. La route est belle. Il est tôt. Nous atteignons l'entrée du parc national et je suis invité à descendre pour acheter un ticket. J'explique au gardien que je m'arrête ici. En effet j'ai pris rapidement ma décision entre payer pour visiter Bingzhongluo ou refaire le chemin inverse en marchant pour profiter pleinement des paysages que j'ai aperçu et passer dans les villages, soit 35kms jusqu'à Gongshan. Une paille ! Mon choix est fait. Je suis le cours de la Nujiang à pied (photo) .
Je marche toute l'après midi dans des paysages verdoyants de forêts au milieu desquels le fleuve serpente (photo) , les montagnes sont recouvertes d'arbres (photo) . La route s'élève, dévoilant de superbes points de vue de la Nu-Jiang (photo) . Le plus beau se trouve au kilomètre 15 (photo) . Sur des versants pas trop abruptes, quelques champs en terrasses (photo) . La zone est habitée, tout le long, ce sont de petits villages paisibles (photo) où les gens vaquent à leur quotidien (photo) . Je stoppe pour déjeuner dans une petite échoppe, faite de quelques planches, trois bancs, deux tables (photo) et me régaler d'une délicieuse soupe de nouilles (photo) .
La puissance de la Nu-Jiang attire les convoitises et de nombreux projets hydroélectriques en projet menacent le fragile écosystème de la région. Certains sont en suspens à cause des protestations mais les besoins énergétiques du pays sont tels qu'il faut composer et "couper la poire en deux" selon l'expression consacrée (photo) .
La balade touche à sa fin. Les premiers immeubles de Gongshan apparaissent en même temps que la nuit, j'arrive juste pour le dîner. Retour en douceur à Dali après une nouvelle étape à Liuku. En cours de route, les mêmes contrôles pour les locaux après Fugong. Mais cette fois, il faut patienter une demie-heure que la police récupère un ordinateur en état de marche. Pour les Laogaïs dont je fais partie, c'est juste en sortant de Liuku en quittant la vallée. Un petit bonjour au Mékong en passant et nous arrivons à Xiaguan. Mon visa expire dans une semaine. Je dois penser à le prolonger...Déjà trois mois que je voyage dans ce pays extraordinaire et je ne suis pas pressé de le quitter. | | | À: Mékong · 16 janvier 2013 à 15:18 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 177 de 246 · Page 9 de 13 · 2 473 affichages · Partager Bonsoir Eric, tes photos du Mékong sont superbes. Ca y est c'est parti, 300 km au compteur, il fait chaud vers les 35 40 vers midi, mais ça va, le vent relatif modère toujours la température à vélo. J'ai donc découvert le Mékong hier, gigantesque. Ce soir nous dormons à That Phanom.
Amitiés Luc | | | À: Mékong · 18 janvier 2013 à 13:05 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 178 de 246 · Page 9 de 13 · 2 437 affichages · Partager Il n'y a pas plus bon compagnon de voyage qu'une rivière. Et j'aurais bientôt moi aussi mon petit bout de Mekong où me balader en vélo. | | | salut Luc bonne route et profites en. à bientôt | | | À: Cipika · 24 janvier 2013 à 15:29 Re: Fragments de voyage I/II: d' Istanbul à Jakarta par la route Message 180 de 246 · Page 9 de 13 · 2 377 affichages · Partager merci Annie pour tes commentaires sur le Mékong ci dessus on continue la balade chinoise | Carnets similaires sur l'Asie du Sud-Est: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 1 772 visiteurs en ligne depuis une heure! |