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Merci à tous ceux qui ont répondu favorablement à mon deal, presque trop nombreux pour que je leur envoie un message à chacun. Je suis en train d'organiser le calendrier des livraisons et pense ouvrir prochainement une boutique...
Pour éviter que cette discussion ne soit trop centrée sur ma propre addiction, un petit point utile sur le café à
Delhi, pour tous mes camarades toxos sur le départ...
Il y a encore quelques années, le café, omniprésent dans le Sud, était quasiment introuvable dans la capitale. Il faut dire que ce n'est pas une boisson traditionnelle en
Inde (pas plus que ne l'était le thé avant que les Anglais n'en introduisent la culture pour leur consommation personnelle, faisant du même coup plusieurs centaines de millions de nouveaux théinomanes).
Je me souviens d'une époque où il existait une machine à Nescafé dans un local syndical des cheminots de la gare de
New-Delhi : c'était la seule que je connaisse dans toute la ville et je me demande encore comment je l'avais dénichée. Il est vrai que les Indian Coffee Houses, invraisemblables cafés d'Etat aux murs défraîchis et aux serveurs apathiques évoquant furieusement les cantines des pays de l'Est d'il y a encore dix ans et qui nous rappellent que l'
Inde a été un pays quasi-socialiste, ont toujours servi du café et assuré la (molle) promotion de ce breuvage et de son grain.
Reste qu'il y avait manifestement un marché à prendre : le géant de Vevey s'y est engouffré et aujourd'hui, pas un Indien qui ne connaisse la petite musique du tortillard des Andes (papada papaaadada) qui rime avec Nescafé. Evidemment, le Nescafé (de café, qui veut dire café, et nes-, préfixe privatif, tous les linguistes vous le diront) est au vrai café ce que la poudre de thé CTC que l'on utilise pour le tchaï est à un
Darjeeling Margaret's Hope FTGFOP, mais bon, la grosse machine helvète est passée en force et s'est imposée. Aujourd'hui, c'est le colosse d'
Atlanta qui débarque avec son rouleau compresseur et ses petites machines rouges, qui pullulent comme des champignons et vendent sous la marque
Georgia du "café" et du "thé" standardisés.
Les Indiens ont bien sûr bu leur café comme ils buvaient leur thé, avec moult sucre et force lait, n'hésitant pas, pour une ou deux roupies de plus, à le saupoudrer de chocolat en poudre Cadbury (qui est au cacao ce que... bon, vous m'avez compris), autre superpuissance de l'impérialisme alimentaire. Résultat : ce qu'on appelait café, et même souvent expresso, car les percolateurs étaient déjà répandus (pas de buffet de mariage sans perco) était en réalité un cappuccino. Pas un vero cappuccino italiano, naturalmente, ma un café au lait sucré mousseux.
Ce qui fait que quand deux chaînes de café se sont installées à travers l'
Inde ces dernières années (Barista, qui, derrière son nom à consonance transalpine, appartiendrait en fait au Jean-Claude Van Damme pendjabi Sunny Deol, et Café Coffee Day, société de
Bangalore), il a fallu faire un effort pédagogique en direction des masses. Car les cafés étaient vendus extrêmement cher et le client devait avoir tendance à se rabattre sur la tasse d'espresso premier prix (40 roupies tout de même si mes souvenirs sont bons) sans forcément savoir à quoi s'attendre. On imagine sa mine déconfite devant les trois centilitres de liqueur noire au fond de sa tasse, et surtout son rictus une fois le breuvage ingéré ! Et le scandale qui s'ensuivait...
Du coup, si vous allez aujourd'hui dans un Barista ou un Coffee Day et que vous demandez un espresso, le garçon prendra la peine de vous dire "it's a black coffee, sir/madam" et vous mourrez moins con. Si vous demandez autre chose, cappucino, macchiato, frappé-cino ou je-ne-sais-quoi-cino (tout y est, sauf le irish coffee, pour cause de prohibition), il vous proposera sans doute une boule de glace à la vanille pour mettre dedans. Barista proposait aussi à une époque des cafés d'origine (
Cuba,
Ethiopie, etc.), à des prix délirants et que j'ai trouvés plutôt quelconques.
La chaîne tout-orange joue la carte d'une convivialité qui ne passe pas, avec jeux de société en libre service, quotidiens à emprunter comme dans les cafés viennois (à mille années-lumière quand même) et même guitare sèche (heureusement ou malheureusement, ils mettent MTV ou la FM à la fond, ce qui fait qu'on n'a pas trop l'occasion d'entendre Hotel
California ou Let It Be). Je préfère quant à moi Café Coffee Day, avec son décor lumineux et ses prix plus raisonnables (bien que Barista ait revu sa carte à la baisse).
Quand aux cafés Nescafé (cherchez l'oxymore), je n'en parlerai même pas.
Vous trouverez un café de chacune de ces chaînes (Barista et Café Coffee Day pour boire un café, Nescafé... je sais pas moi, pour leur jeter des pierres, par exemple) sur
Connaught Place et dans le centre commercial Ansal Plaza. Beaucoup d'autres adresses dans
Delhi et les grandes villes de l'
Inde.
Pyaasa