| Jeunesse, voyage et travail Mrpey · 16 février 2010 à 2:29 34 messages · 21 participants · 8 427 affichages | | | | 16 février 2010 à 2:29 Jeunesse, voyage et travail Message 1 de 34 · Page 1 de 2 · 6 476 affichages · Partager Bonjour,
J'ai 21 ans, étudiant en 4ieme année d'école d'ingénieur et tout comme vous, ma plus grande passion est de voyager. Je suis certes encore jeune, mais j'ai eu la chance d'avoir déjà pas mal vadrouillé (en famille, entre amis, seul) sur les 5 continents, cette passion en devient même un peu envahissante et mon avenir commence à m'inquiéter.
Comme écrit ci dessus, je prépare un diplôme d'ingénieur, je m'en désintéresse complètement passant les années unes à unes grâce à des révisions intensives la veille et peut être quelques petites facultés à travailler dans l'urgence. Je suis actuellement en stage en Afrique du Sud, le pays est génial, et j'ai déjà fait de superbes rencontres (un prêtre emprisonné pendant l'apartheid dans la même prison que Mandela au détour d'un footing et de très bon potes), mais je ne me sens pas à ma place dans le rôle que j'occupe au sein de l'entreprise où je bosse, et honnêtement, je m'y attendais.
A l'heure d'aujourd'hui, je ne peux envisager mon avenir à long terme, ma seule envie est d'obtenir mon diplôme, et de partir à la découverte du monde. J'en parle un peu autours de moi, avec mes amis et ma famille, mais personne ne semble comprendre complètement mes motivations... même moi. Je ne sais pas exactement se qui me pousse à vouloir partir, la peur de rentrer dans un schéma de vie qui aujourd'hui m'effraie (travail, femme, enfants, renault Scenic), ou si c'est réellement cette volonté de voyager... probablement les deux.
Je suis pourtant un jeune très dynamique, j'ai toujours des milliards de projets en tête, toujours partant pour n'importe quoi, mais je crois que je fais un blocage avec le travail, j'en ai pas envie, et ça m'inquiète. D'ailleurs j'ai l'impression d'être particulièrement mauvais dans mon stage, je n'y trouve absolument aucun intérêt et je me doute bien que je ne serai pas un ingénieur top niveau, surtout vu la motivation que j'y mets.
Ne pensez surtout pas que je suis un gosse de riche à qui on a passé tous ses caprices, loin de là ! Mon passé de voyageur (aussi court soit il) m'a donné une maturité, qui en toute objectivité, est supérieure à celle d'un jeune de 21 ans "lambda". C'est certainement pour cela que mon avenir me préoccupe autant, et je ne vous le cache pas, ça m'inquiète - surtout que l'obtention du diplôme arrive à grands pas -.
Je ne sais pas trop ce que j'attends de ce message, peut être des réactions de personne qui à mon age voyaient les choses de la même manière et qui aujourd'hui sont "rentrés dans le moule", des conseils ou encore un coup de pied au fesses pour me dire que je ne suis qu'un loser qui s'ignore. Je ne sais pas trop.
Vous penserez certainement, et à raison, que mon texte est confus, mais j'espère qu'il m'apportera quelques réponses.
Je remercie par avance ceux qui prendront du temps pour me répondre. | | | À: Mrpey · 16 février 2010 à 6:17 Re: Jeunesse, voyage et travail Message 2 de 34 · Page 1 de 2 · 6 458 affichages · Partager Tu n'as rien d'un loser. Au contraire, je crois que tu es un garçon intelligent, car tu te poses des questions. La plupart des gens sont incapables d'affronter leur démons intérieurs et de faire l'effort de travailler sur eux-même. Ils préfèrent fuir à l'étranger, en croyant illusoirement, que le voyage va régler tous leurs problèmes. Mais le voyage ne règle pas les problèmes, alors cela devient une poursuite sans fin et toujours insatiable du paradis perdu. Le voyage devient comme une drogue, avec des highs de courte durée, et des périodes prolongées de sentiment de manque. L'incompréhension de l'entourage, accentue le sentiment du voyageur d'être incompris et d'être en rupture avec son milieu d'origine, ce qui le pousse encore plus à la fuite. Les voyages sont enrichissants et instructifs. Mais si cela empêche de structurer un projet de vie, c'est là que ça devient un problème.
Ton titre d'ingénieur pourrait t'ouvrir des portes à des emplois dans plusieurs pays, et concilier tes la raison et la passion. Donc, il est très important que tu te concentres sur tes études. | | | À: Bancdeneige · 16 février 2010 à 8:08 Re: Jeunesse, voyage et travail Message 3 de 34 · Page 1 de 2 · 6 451 affichages · Partager Bonjour,
33 ans...
Mais qu'allez-vous faire pendant les années qui vous restent à vivre si vous avez déjà (la conviction d'avoir) tout compris à tout ? Jouer les dames patronesses dispensant péremptoirement leur "savoir", leurs conseils, aux pauvres égarés ? 
Catherine | | | À: Mrpey · 16 février 2010 à 10:13 Re: Jeunesse, voyage et travail Message 4 de 34 · Page 1 de 2 · 6 401 affichages · Partager Salut Mister Pey,
Je voudrais te dire que ton message me touche beaucoup car je me reconnais pas mal dans ce que tu écris!
Pour la faire courte, je n'ai pas autant voyager que toi dans la mesure où je ne me suis pas encore rendu sur les 5 continents... mais j'ai eu la chance de breaker une année totale lorsque j'avais 20 ans et j'ai voyagé en Inde durant tout ce temps là. Et du coup, j'ai attrapé ce qu'on appelle le "virus du voyage". J'ai goûté à la magie du voyage, des rencontres, de la liberté que procure le fait de pouvoir être à l'autre bout du monde, toujours face à l'imprévu et à la richesse des rencontres inattendues. Et, comme beaucoup, j'y ai pris goût.
Mais......... Avant de partir, je venais de terminer ma 3ème année de droit et lorsque je suis rentré j'ai poursuivi la 4ème. Comme toi, je n'ai jamais trop bossé mais ai toujours passé les étapes... Du coup je l'ai eue, l'année suivante aussi. Et arrivant au bout de la course universitaire, je me suis dit que pour ne pas me retrouver à la rue j'allais terminer ce que j'avais commencé et ai passé le concours d'avocat que j'ai eu également...
Durant tout ce temps là, j'avais dans l'idée de retourner en voyage (ce que je faisais durant le temps merveilleux de la vie étudiante universitaire qui laisse tout de même 4 mois d'affilée l'été!) tout en poursuivant une voie qui m'en éloignait un peu plus chaque jour... C'était paradoxal et schizophrénique je dirais!
Bref aujourd'hui, me voilà devenu avocat avec une année de boulot au compteur. Or, le boulot que j'exerce ne me permet absolument pas de concilier mon métier avec cette passion! Il n'y a rien de pire que mon job question temps libre et disponibilité...! ET finalement je nourris déjà (hélas...) pas mal de regrets... 
Alors mon conseil (de presque déjà vieux con) serait de te dire que si cette passion qui est en toi est solide, alors oriente ta vie dans ce sens là histoire et tu ne le regretteras pas! Peu importe ce qu'en pensent tes amis ou tes proches, je n'ai jamais eu besoin d'eux pour partir vu que j'étais seul à chaque fois.
Comme on dit dans ce genre de cas (car c'est finalement l'évidence...) Profite maintenant. Et tu verras où tout ça te mène. Si tu dois rencontrer l'amour de ta vie et te poser un jour, ne t'inquiète pas ça se fera très simplement et naturellement.
En plus, ta situation est loin d'être désespérée! Je disais que je nourris des regrets car, dans mon cas, j'ai tout faux sur toute la ligne! En effet, mon métier est tout sauf un métier "international". C'est là dessus que je nourris des regrets. Avec du recul, je m'aperçois (que ça plaise ou non) que les (presque) seuls langages internationaux sont la finance et la science. Mes potes qui ont fait des ESC ou des écoles d'ingés peuvent bosser dans le monde entier et c'est une vraie chance.
Passe ton diplôme, voyage et vois où le vent t'emporte. Mais tu auras une base de compétence qui te permettra de t'employer à l'étranger si ça te plait.
Dans mon cas, j'écris que je nourris des regrets mais j'exagère. Je n'ai jamais perdu de vue que mener une vie de voyage est un vrai luxe occidental dans bien des cas. Je ne me plains pas de ma situation actuelle car j'y réussis et y trouve d'énormes sources de satisfaction dont je ne soupçonnais pas l'existence. Le seul truc c'est que je ne suis pas aussi libre qu'escompté...
Mais... là aussi il y a un "mais", je n'ai pas dis mon dernier mot. Je ne suis pas à l’abri de faire en sorte de pouvoir changer tout ça en changeant de vie professionnelle. La chance que tu as toi, est d'être dans une branche qui te permettra ces possibilités si tu en as l'envie sans trop d'effort.
Après, dis-toi bien que pour passer une vie uniquement consacrée au voyage et à la liberté, il te faudra du temps et de l'argent. Donc être rentier.
Tu as 21 ans ! Serres encore un peu les dents pour passer ton diplôme et... VOYAGE ! On n’est pas sur un forum d’intérieur de maison ! On ne va pas te dire le contraire ! | | | À: Anàssa · 16 février 2010 à 11:38 Re: Jeunesse, voyage et travail Message 5 de 34 · Page 1 de 2 · 6 377 affichages · Partager On peut savoir ce qui motive un tel message ??????????????? | | | À: Gilloug · 16 février 2010 à 11:59 Re: Jeunesse, voyage et travail Message 6 de 34 · Page 1 de 2 · 6 371 affichages · Partager Bonjour,
On peut savoir ce qui motive un tel message ??????????????? 
Une stupeur matinale, qui aurait mieux fait de ne pas s'exprimer.
Catherine | | | À: Anàssa · 16 février 2010 à 12:09 Re: Jeunesse, voyage et travail Message 7 de 34 · Page 1 de 2 · 6 366 affichages · Partager Bonjour Catherine,
On ne m'a jamais fait une telle remarque jusqu'à aujourd'hui, je dois dire que je suis assez surpris que mon texte est pu transmettre cette image. Je serai assez curieux de rentrer un peu plus dans le détail. Comme je l'ai écrit, j'ai énormément de projet en tête, que ce soit au niveau voyage, mais aussi dans la vie de tout les jours, et fort à parier qu'il me permettront d'occuper "les années qui me restent à vivre" comme vous dites si bien. Je ne me pose pas en vieux sage, et ça serait un comble. Je suis normalement plutôt humble, mais, oui j'ai le rêve illusoire de tout comprendre. J'aime apprendre, de moi et des autres, c'est vraiment ça qui fait que j'aime tant voyager. Je ne me permettrai pas de donner des conseils aux "pauvres égarés" étant donné qu'au jour d'aujourd'hui le pauvre égaré, c'est moi.
| | | À: Gilloug · 16 février 2010 à 12:21 Re: Jeunesse, voyage et travail Message 8 de 34 · Page 1 de 2 · 6 360 affichages · Partager Bonjour Gilloug, bancdeneige, et tous ceux qui m'ont envoyé des MP.
Le virus du voyage, comme vous l'appelez, je crois que ça fait un bout de temps que je l'ai choppé. Je ne nourris pas une aversion profonde pour le travail, loin de là ! J'aime voyager, mais je sais que le voyage, aussi "roots" soit il a un cout, et j'ai toujours travaillé pour m'auto-financer à ce niveau là.
Pour répondre à bancdeneige rapidement, j'ai la tête sur le épaules, je sais que l'obtention de mon diplôme est primordiale, et je n'ai aucunement envie de tout lâcher sur un coup de tête.
Je vais prendre quelques temps pour relire vos messages respectifs, y réfléchir, et je reviendrai posté ici. Sachez néanmoins que j'apprécie énormément vos différents témoignages, et que d'éventuels autres messages seront tout autant appréciés. | | | À: Mrpey · 16 février 2010 à 12:30 Re: Jeunesse, voyage et travail Message 9 de 34 · Page 1 de 2 · 6 356 affichages · Partager Bonjour,
Il n'est pas rares que des jeunes gens de ton âge se rendent compte, alors qu'ils sont déjà bine engagés dans leur cursus d'études, que ce qu'ils font ne leur convient pas... Tu n'avais certainement pas, en sortant du lycée, la même maturité qu'aujourd'hui et la tentation de suivre la voie tracée pour les bons élèves est grande...
Aujourd'hui, tu fais le constat que le métier auquel tu te prépares ne te passionne pas : ça ne risque pas de s'arranger avec le temps ! En revanche, il va bien falloir quand même que tu te trouves une occupation rémunérée qui te permette de vivre ta passion sans pour autant crever de faim, non ? Moi je te conseillerais de suivre un bilan de compétences. Généralement utilisé pour les gens qui ont déjà une expérience professionnelle, il peut être adapté aussi aux jeunes comme toi pour les aider à choisir un métier. En fonction de ta personnalité, de tes centres d'intérêt et des capacités professionnelles dont tu as eu l'occasion de faire preuve, ça pourra t'aider à trouver les pistes d'un métier plus adapté, et les infos pour y accéder (formation, etc...). cela représente un budget, ta situation ne permettra pas, je pense, de prise en charge, mais c'est à mon avis un investissement très rentable. A toi de voir.
En tout cas, c'est fondamental pour toi d'obtenir ton diplôme. Si tu dois te reformer, maintenant ou dans quelmques années, ton niveau d'études sera précieux...
Courage, il vaut mieux faire ce constat maintenant que dans des années, après une bonne dépression professionnelle ! Et tu vas certainement trouver un moyen de concillier passion et activité pro, en bossant un peu sur ta réorientation... | | | À: Mrpey · 16 février 2010 à 12:34 · Modifié le 16 fév. 2010 à 12:50 Re: Jeunesse, voyage et travail Message 10 de 34 · Page 1 de 2 · 6 354 affichages · Partager Bonjour, euh... Tulipe ? 
On ne m'a jamais fait une telle remarque jusqu'à aujourd'hui, je dois dire que je suis assez surpris que mon texte est pu transmettre cette image. Je serai assez curieux de rentrer un peu plus dans le détail.
Ce n'est pas à vous que mon message était adressé mais à bandeneige.
Mais pour vous répondre :
Je ne sais pas trop ce que j'attends de ce message, peut être des réactions de personne qui à mon age voyaient les choses de la même manière et qui aujourd'hui sont "rentrés dans le moule", des conseils ou encore un coup de pied au fesses pour me dire que je ne suis qu'un loser qui s'ignore
A votre age (en gros la moitié du mien actuel  ) je vivais partagée, en tension, entre mes désirs (je venais enfin de décider de faire les études que JE voulais) et la pression familiaro-sociale (" trouve-toi un métier stable", "assure tes arrières"), ce que j'ai fait, à 27 ans, une fois que j'ai eu terminées mes études-plaisir. Je suis restée tranquillement en place pendant 7 ans puis, vu que mon métier me permettait ce qu'on appelle une expatriation, j'ai pris cette voie là. Rien de bien extraordinaire.
Je ne crois pas qu'il y ait "de moule", il y a des façons de vivre qui conviennent aux uns et pas aux autres. Mais ça, personne ne peut le savoir à votre place. On l'apprend petit à petit, par l'expérience, par le sentiment d'etre en phase avec ce que l'on vit.
Je ne saurais pas vous répondre autre chose que "Faites comme vous le sentez."
Catherine | | | À: CyrilleG · 16 février 2010 à 12:52 Re: Jeunesse, voyage et travail Message 11 de 34 · Page 1 de 2 · 6 233 affichages · Partager Bonjour Cyrille,
Je crois que tu as mis le doigt sur le fond du problème. J'aime voyager, ça c'est sûr, mais au jour d'aujourd'hui je n'envisage pas de sacrifier cette passion au profit du travail, et encore moins à celui auquel je me destine. J'ai vraiment envie de faire quelque chose "de bien" de ma vie, et je n'ose me résigner à travailler 50 semaines par ans. J'ai la profonde conviction que j'aurai à regretter un tel choix. J'ai conscience de la nécessité de travailler, mais n'étant que très peu consommateur (hors billet d'avion  ), je me dis qu'il est possible d'envisager une vie un peu différente de celle de mes parents et grands parents... Etre saisonnier comme on me l'a suggéré en MP, pourquoi pas !
J'y réfléchis beaucoup, croyez moi ! | | | À: Anàssa · 16 février 2010 à 17:19 Re: Jeunesse, voyage et travail Message 12 de 34 · Page 1 de 2 · 6 195 affichages · Partager Milles excuses Anassa, et merci pour ton témoignage | | | À: Mrpey · 16 février 2010 à 18:53 Re: Jeunesse, voyage et travail Message 13 de 34 · Page 1 de 2 · 6 175 affichages · Partager Salut Mrpey,
Oh, que de souvenirs me reviennent en lisant tes mots. J'ai fait les mêmes études que toi, aussi jeune (parce que 21 ans et en passe de finir des études d'ingénieur, c'est jeune), et en me posant les mêmes questions : ça m'a pris en 2ème année d'école, c'est-à-dire au même point que toi. Si je m'étais écouté, j'aurais tout plaqué à la première impulsion. Finalement, je me suis "forcé" à finir parce que ça me paraissait important de valider 5 ans d'études par quelque chose.
Puis... je ne me suis pas lancé dans un grand départ... pas osé. Le regrette-je ? Peut-être, peut-être pas, je n'en sais rien, j'essaie d'éviter ces trucs qui s'appellent les regrets. Ce que j'ai fait, c'est me lancer dans autre chose. J'étais sûr de ne pas vouloir être ingénieur et j'ai fait le choix de prolonger mes études : suite à cela, j'ai exercé un autre métier pendant dix ans. Puis, je m'en suis lassé, et j'ai totalement changé de métier il y a 2 ans. Dans certains cas, c'est le hasard qui m'a guidé : deux pistes se présentaient, j'ai pris la moins floue... ou j'ai fait une rencontre qui a changé la donne.
Bref, je ne vais pas épiloguer sur ma vie. L'idée, c'est juste de te dire qu'on peut changer de trajectoire dans la vie, et pas qu'une fois. Si j'insiste là-dessus, ce n'est pas parce que je te prends pour un demeuré mais parce qu'à ton âge je croyais profondément que j'étais programmé pour ce que j'avais décidé de faire de haut de ma grande maturité de 16 ans et demi. Eh bien, rien n'étais moins faux : aujourd'hui je ne fais plus rien de scientifique, je suis dans le social. (Et je travaille moins de 50 semaines par an.)
Avec le recul, peut-être bien que si j'étais moi à ton âge, me posant ces questions, je finirai mon diplôme. Puis, je partirais un an disons, avec les thunes que j'ai mises de côté sur mes stages ou autres boulots : histoire de prendre le large. Ca peut permettre de revenir avec les idées claires. Et au retour, je suivrais le conseil de Cyrille : un petit bilan de compétences ou équivalent (en clair, un cursus court de réorientation professionnelle : tu seras encore suffisamment jeune pour être pris en charge par la mission locale de ton coin). C'est pas du garanti 100% de réussite, mais si ça marche, derrière, tu ré-embrayes sur autre chose, via une formation... ou pas : ce n'est pas toujours nécessaire de se reformer de zéro, un diplôme d'ingénieur donne quand même de bonnes possibilités d'adaptation, surtout avec d'autres expériences à côté.
Voilà. Après, seul toi trouveras les réponses : qui sommes-nous pour te dire quoi faire ? Je sais que ce n'est pas toujours évident, surtout quand des fois on a les parents qui mettent la pression : moi, ma mère ne s'est toujours pas vraiment remise que j'aie fait 8 ans d'études pour en arriver au boulot que je fais maintenant. Mais c'est moi qui le fais et qui me "lève tôt" (  ) pour ça, pas elle.
Une chose me paraît sûre : si ce que tu fais ne te plaît pas un minimum, je crois qu'il vaut mieux envisager d'en changer un jour, avant que cela devienne vraiment un problème. C'est long une vie de travail. | | | À: Mrpey · 16 février 2010 à 19:06 Re: Jeunesse, voyage et travail Message 14 de 34 · Page 1 de 2 · 6 169 affichages · Partager J'ai vraiment envie de faire quelque chose "de bien" de ma vie, et je n'ose me résigner à travailler 50 semaines par ans.
A mon avis, exercer une profession qu'on aime est le meilleur moyen de ne pas avoir l'impression de se sacrifier 50 semaines par an... Et je suis convaincue qu'il existe certainement des possibilités pour allier ta passion et ton ambition dans un futur exercice professionnel. Je crois qu'il ne faut pas que tu perdes de vue qu'aujourd'hui, tu as certes peu de besoins et tu es prêt à sacrifier beaucoup de choses, mais que dans quelques années tes ambitions seront peut être différentes, tu aura peut être envie de fonder une famille, de trouver un boulot sédentaire pour te sécuriser... qui sait ?
je me dis qu'il est possible d'envisager une vie un peu différente de celle de mes parents et grands parents... Etre saisonnier comme on me l'a suggéré en MP, pourquoi pas !
Une vie différente ? ça ne tient qu'à toi. Et il y a plusieurs façons de le faire. Quant à être saisonnier, pourquoi pas. Mais est-ce que tu penses vraiment qu'en racourcissant les périodes de travail, tu supprimes le problème ? Personnellement (et sans vouloir porter aucun jugement de valeur sur les travaux saisonniers !) je ne crois pas que tu trouveras les métiers de l'hôtellerie, de la restauration ou du tourisme plus satisfaisants que le métier d'ingénieur... | | | À: Anàssa · 17 février 2010 à 10:12 Re: Jeunesse, voyage et travail Message 15 de 34 · Page 1 de 2 · 6 121 affichages · Partager Je ne crois pas qu'il y ait "de moule", il y a des façons de vivre qui conviennent aux uns et pas aux autres.
Je rebondis sur cette phrase qui me plait bien.
Il est tellement souvent répété (= tacitement admis ?) qu'"entrer dans le moule", alias travail/femme/enfants/renault scénic, c'est la fin des haricots : les responsabilités aliénantes, les préoccupations matérielles, l'ennui permanent, la résignation amère, la pauvreté existentielle... Je m'inscris en faux là-dessus, avec mes 4 gosses et mon Renault Espace (sic... et en plus je suis propriétaire... damned...) : le moule n'est que formel, basiquement statistique, et s'il fait certes mal à l'ego d'avoir l'air "comme tout le monde", ça n'est qu'une apparence de plus, une étiquette sociale qui ne veut rien dire en elle-même... On peut avoir une vie passionnante avec un CDI et une famille, et le scénic peut nous accompagner dans pas mal de vraies aventures.
Aujourd'hui j'ai 33 ans, mais je n'ai pas beaucoup changé depuis mes 20 ans, je suis toujours aussi idéaliste et aussi avide de... ce je-ne-sais-trop-quoi-qui- pousse-sans-cesse-à-remettre-sa-façon-de-vivre-en-question. C'est peut-être ça qui fait que je me sens toujours aussi libre (= potentiellement prête à tout changement) et que j'ai l'impression de vivre intensément, malgré le "moule" sensée m'emprisonner, me contraindre et me façonner.
Il y a de quoi vivre, découvrir, apprendre et s'enrichir partout : ici, en voyage... A mon avis, tout est question du regard qu'on pose sur les personnes qui nous entourent, sur notre existence, et je pense que bien des aspirations à l'"ailleurs" relèvent surtout d'aspirations à un "monde meilleur" et plus enrichissant, c'est une façon d'espérer... ou juste de ne pas désespérer. Je suis persuadée qu'on peut créer son (même si tout petit) monde meilleur ici, maintenant, et à mon avis c'est un vrai défi, pas moins courageux que de s'expatrier ou de se lancer dans un tour du monde. | | | À: Mrpey · 17 février 2010 à 11:10 Re: Jeunesse, voyage et travail Message 16 de 34 · Page 1 de 2 · 6 081 affichages · Partager Bonjour, 
je suis une mère de 50ans, qui aime les voyages. mais 2 garçons Nico 27 et Alex 25 sont des oiseaux voyageurs. Et j'en suis très heureuse, Nico fait toujours ses études, (commerce inter), mais il recule tous les ans son dèpart dans la vie active. Cette année son mémoire et l'année suivante encore un stage.Il veut voir où il va ce poser! pour l'instant, il pense à l' Amérique du Sud. Mais il veut aller voir L' Inde avant.et l'Assie. Lui aussi plein de questions. Et Alex (les même études) est parti 1an en Norvége et y a préparé son tour du monde sur pesque 3 ans.Il part en Mai. Je sais qu'au final, ils vont choisir un boulot qui les fera voyager. La société actuelle fait trop peur aux jeunes, trop d'obligations, trop de trop. Mon dieu que je comprends tout ça. En 2008 j'ai passé 4 mois sur une île " BORA BORA" Quel rêve! il n'y avait rien, mais on n'a besion de rien, la nature et si riche, et les gens si cool. un vrai bonheur. Après ça! c'est sûr! on se pose des questions sur son mode de vie. En final: c'est pas grave docteur? Nom! il faut juste avoir des coui...... pour savoir quelle vie on veut. Ou surtout celle que l'on ne veut pas. Et puis rien n'est jamais irréverssible, une vie, ça ce gére, il faut juste savoir assumer. La seule tristesse: les regrets. | | | À: Mrpey · 17 février 2010 à 15:55 Re: Jeunesse, voyage et travail Message 17 de 34 · Page 1 de 2 · 6 047 affichages · Partager Salut mrpey
ma seule envie est d'obtenir mon diplôme, et de partir à la découverte du monde.
[..] La peur de rentrer dans un schéma de vie qui aujourd'hui m'effraie [..]
Ces deux phrases font que je me reconnais pas mal dans ton message et d’un côté c’est rassurant. Je n’ai que 19 ans et assez peu voyagé (Europe et un peu en Afrique) et je suis en première année à Sciences Po. Toulouse (erreur d’orientation avec une première année de droit l’an dernier). J’ai l’avantage d’être dans une filière tournée vers l’international avec une 3ème année à l’étranger (que j’attends avec impatience).
Le problème est que je fais moi aussi le strict minimum, travaillant dans l’urgence, ne pensant qu’aux vacances ou je pourrai bosser un peu, gagner de quoi partir, rien que 2 semaines en stop ou en solidarité internationale en Afrique. J’ai l’impression d’être coincé dans des études (qui pourtant ne me déplaisent pas) qui sont un passe-droit pour intégrer un monde que j’abhorre. Aucune envie de travailler, je ne me vois pas pour le moment dans un travail contraignant et me demande si on est professionnellement insérable lorsqu’on a vagabondé 4 ou 5 ans sur la surface globe juste après l’obtention d’un diplôme.
Je vais bien entendu finir mon cursus que je considère comme une sécurité et une réponse à la contrainte sociale, parentale et sociétale. Mais j’ai, comme beaucoup j’imagine, cette « peur du moule », peur de la voie banale, toute tracée, du vélo-boulot-dodo et cette envie récurrente de tout plaquer. La seule chose qui m’importe c’est de découvrir le monde et surtout les peuples qui le compose, les gens, quelques qu’ils soient, apprendre, m’oublier moi et mon petit mode de vie d’occidental tellement auto-centré. Retrouver ce sentiment de satisfaction totale quand on voyage au rythme auquel on veut, quand on atteint la crête d’une chaîne de montagne plus haute que les autres, quand on rencontre quelqu'un qui nous fait changer... Je pense avoir prit conscience de ça cet été pendant un voyage un peu « roots » à travers la France.
J’essaie de garder la tête froide tout en sachant que tout peut encore évoluer notamment durant mon cursus et ma 3ème année qui risque d’être riche en enseignement. | | | À: Mrpey · 18 février 2010 à 23:16 Re: Jeunesse, voyage et travail Message 18 de 34 · Page 1 de 2 · 5 952 affichages · Partager Hey Salut mrpey!
Je me reconnais aussi dans le message que tu lances : Je suis guere plus agé que toi puisque je tourne sur les 23 dans quelques jours. Par contre j'ai déjà terminé mes etudes et donc je peux peut être t'éclaircir un peu plus sur l'apres diplome :
J'ai un bac+3 en géologie environnement que j'ai obtenu en mi-2008. A l'époque je n'avais encore jamais voyagé en dehors de la France à l'exeption de quelques capitales européennes... donc aucune précipitation dans mes études, (même si cela ne m'a pas empêché de ne pas passer ingénieur :p) Sur ce point là il est clair que, comme mes camarades forumeurs, je ne peux que te conseiller vivement d'aller jusqu'au bout de tes études d'ingé. De plus avec un bac+5 tu as un diplôme qui se "monnaye" bien dans les pays comme les USA ou l' Australie ou le prix des études est exorbitant donc peu de monde atteint ce niveau d'étude.
Pour en revenir à mon expérience : j'ai trouvé un taff directement à la fin de mes études, en France ou je suis resté un an exactement avant de me faire licencier. Je me retrouvais donc libre de tout et je suis parti 3 mois ce qui est déjà plutôt pas mal. (Asie Australie)
De retour en Novembre dernier, je me suis remis a la recherche de travail, avec une amertume tellement forte que je ne pensais qu'a une chose c'était de repartir. Le "mal" était fait, c'est le virus du voyage comme tu le dis qui avait fait son effet... !!! Aujourd'hui j'ai toujours la même envie mais je pense essayer de conjuguer travail et voyage ensemble. J'ai la chance d'avoir une bonne expérience professionnelle qui peut être revalorisée ailleurs grâce à mon année d'expérience et mon diplôme. Ca constitue une bouée de sauvetage à laquelle je peux me rattraper ce qui est assez précieux. J'ai repris une activité en France mais je planche sur un départ proche vers l' Australie, le Canada...
Il s'agit d'un temps de réflexion qu'il faut avoir, prendre le temps de discuter avec ses amis et parents et tu l'as déjà eu. Justement cela nous mène à la théorie femme/enfant/scéniccoffredetoit! Le plus 'difficile' est en fait de voir ce que les membres de ta famille vont penser de tes actes : changer de boulot d'orientation, partir dans des pays 'dangereux', risquer sa vie pour rien, partir sur un coup de tête... ce sont des choses auxquelles j'ai eu le droit! Cela donne matière à relativiser un minimum mais bon... Pour eux c'est plus ou moins inconcevable de ne pas faire comme tout le monde. Je suis le premier de la famille a être parti si longtemps et à repenser à partir donc beaucoup de chamboulement dans le moule bien forgé de la famille. Tout comme toi ils ne comprennent pas trop mes motivations...
Et tes amis qu'en pensent ils?? Il est souvent curieux de voir qu'ils ont le même type de pensée que la famille (moule moule moule)... pour ceux qui n'ont pas voyager tout du moins... enfin je sais pas pour vous mais des fois je me sens un peu seul. 
A l'heure d'aujourd'hui, je ne peux envisager mon avenir à long terme,
C'est ça qu'est bon!  Déjà prévoir son avenir jusqu'à la fin des études c'est plutôt pas mal. D'ici là des choses auront changé. Mais n'oublie pas de rester focalisé sur ton diplôme. Ensuite un dernier conseil, qui peut être difficile a entendre, mais si tu peux obtenir dès que possible une ou deux année d'expérience pro c'est quand même un gros plus pour rechercher du boulot plus tard. Donc si jamais tu as une proposition d'embauche en fin de stage...  car quand je regarde les offres d'emplois, les débutants n'ont pas trop la cote en ce moment. dit toi qu'un moment ou un autre il te faudra des €€€€€ pour voyager. donc dès que tu peux bosser, quelque soit le sujet, dans ton domaine ou non, prend ce qu'on te propose, sans oublier que tu n'appartiens jamais ad vitam eternam à une entreprise, libre a toi de quitter quand bon te semble.
Désolé si les idées sont mal organisées! je suis toujours à dispo pour éclaircir cet épais mélange d'expériences et de ressentis...
Matt | | | À: Colorianne · 21 février 2010 à 1:20 Re: Jeunesse, voyage et travail Message 19 de 34 · Page 1 de 2 · 5 870 affichages · Partager J'avais pourtant juré que je n'interviendrais plus dans cette partie du forum... mais là, je vais faire une exception...juste pour te dire merci pour ce vent de fraicheur que tu nous as offert.
Des messages comme celui de l'initiateur de ce fil sont légions sur le forum. Des messages de gens qui ne conçoivent la vie que comme l'opposition entre d'un côté une vie rêvée de voyages extraordinaires et d'un autre côté, l'horreur du boulot qui amènerait immédiatement à un quotidien mesquin, fait de RTT, de "il faut que je pose mes congés" et autres discussions de machine à café. Il semble parfois que les gens conçoivent le monde du travail comme un monstre existant par lui-même et dont l'occupation principale serait de dévorer nos rêves et idéaux. Seuls les marginaux vivraient une vie épanouie, loin des diktats de la société et libres de toute influence négative.
Cette vision dualiste du monde est effectivement angoissante et je comprends les interrogations que l'on peut avoir lorsqu'on est en passe de finir ses études. La réalité, c'est que la vie ne se résume pas à une activité. On peut adorer voyager et aimer passer du temps chez soi. On peut adorer agir et prendre plaisir à ne rien faire. On peut aimer l'exercice physique et se faire plaisir avec un bon bouquin. On peut aimer travailler et en même temps faire du sport, étudier, se promener, sortir, voyager, lire, rencontrer des gens, aller au cinéma, découvrir le monde, apprendre une nouvelle langue ou se mettre à la poterie. Rien n'interdit la multitude des passions. Et aucune passion n'exige que l'on y consacre sa vie, au détriment de tout le reste.
Et surtout rien n'interdit de faire quelque chose, pour le simple plaisir de le faire, sans que cela n'amène à un résultat identifiable ainsi par l'extérieur. On peut être passionné de littérature et ne pas pour autant devenir écrivain, éditeur ou critique littéraire. Participer simplement à un club de lecture de quartier peut offrir autant de plaisirs et de satisfactions. Certes, c'est banal, certes cela manque de panache, mais on n'a pas besoin de panache pour s'éclater.
Sans doute faut-il pour cela cesser de concevoir sa vie comme une globalité à laquelle il faudrait donner une cohérence. C'est difficile, surtout lorsqu'on est jeune. J'ai entendu moi aussi, lorsque je finissais mes études, et après deux ans à m'éclater à l'étranger, des phrases du genre "la rigolade c'est bien sympa, mais maintenant il est temps de se poser dans quelque chose de sérieux, qui mène quelque part", "il est temps de te choisir une voie" ou encore "bon alors, qu'est-ce que tu vas faire de ta vie". Ces phrases lancées en l'air peuvent faire des ravages. Elles donnent l'impression d'un monde qui n'autoriserait qu'une seule option, comme si, à un moment, il fallait se décider à se poser, se lancer dans quelque chose et accepter la condamnation à vie qui va avec.
Ca fait du bien de lire des messages un peu différents, de gens qui s'éclatent dans une vie extraordinaire à leurs yeux, à défaut de l'être aux yeux du monde. "L'existence précède l'essence", disait Sartre et j'y crois fermement. La vie n'est pas un objet que l'on fabrique, elle est un processus, qui nous ouvre des portes à chaque moment, nous apporte des répnses et provoque de nouvelles questions. Inutile de se fabriquer un mode d'emploi, dont nous suivrions pas à pas les étapes, afin de parvenir à un résultat construit, cohérent et utile. Il n'y a pas de réponse à la question de savoir ce que doit être notre vie, car comme disait Gandhi, "la vie est un mystère à vivre et non pas une énigme à résoudre". Nous voici donc condamnés à avancer dans la vie, sans aucune certitude, sauf celle que tant que l'on restera fidèle à son âme, au sens le plus large du terme, on ne pourra pas se planter. Et puisque nous devons avancer quoi qu'il arrive, n'oublions pas la sagesse populaire, souvent bien plus éclairante que le plus grand des philosophes... "La meilleure façon de marcher, c'est encore la nôtre, c'est de mettre un pied devant l'autre et de recommencer". | | | À: Bardak · 22 février 2010 à 11:56 Re: Jeunesse, voyage et travail Message 20 de 34 · Page 1 de 2 · 5 814 affichages · Partager Bien d'accord avec toi sur cette dualité réductrice. Il y a de multitude de situations intermédiaires, heureusement.
Idem pour les phrases du genre "il faut que tu te poses quelques part"...Je l'ai entendu à 25, à 30, aujourd'hui, bref tout le temps. C'est encore plus insistant de la part de ceux qui se sont finalement posé comme si cela était derangant que l'autre continue....
Il y a souvent des posts sur ces choix de vie, sur la facon de voyager beaucoup, sur les choix que cela impliquent etc...Mais peu sur les raisons du point de vu psy. Il n'y a qu'à voir le nombre de réponses faible au post sur l'article au sujet du "voyage outre-mère". Sur le site du psy, on trouve plusieurs écrits sur la psychologie du voyage. Tres interessant. Peu de réponse sans doute car comme il le dit si bien lui même, le voyage intérieur est plus difficile que le voyage extérieur. Le nombre de réactions au post ne démentie pas! | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 7 531 visiteurs en ligne depuis une heure! |