Bonjour,
Merci Berhane d'avoir ouvert ce débat. J'y participe plus en mon nom propre qu'au nom de l'asso de solidarité dans laquelle je suis engagée bénévolement et qui ne perçoit aucune subvention.
Je ne peux m'empêcher de rebondir sur "l'humanitaire professionnel"
Cependant, certains d'entre eux (trop peu), réalisent du vrai bon boulot : exception qui confirme la règle.
D'abord une précision : l'humanitaire est du ressort urgentiste. Or ce terme tellement galvaudé inclut aujourd'hui la solidarité internationale.
Pour parler des "professionnels" il est évident qu'on leur doit l'augmentation de coûts de vie locale notamment.
En terme immobilier : ils louent à des prix astronomiques des locaux, pour gérer leurs travaux avec des personnels grassement rémunérés, dont la logistique passe par des équipements de dernière technologie (informatique, véhicules...). Résultat : les loyers et acquisitions immobiliers battent les records d'augmentation laissant les populations locales sur le bas-côté,
En terme de vie locale : l'alimentaire ne leur pose aucun problème au regard de leurs salaires ou émoluments. Ils achètent essentiellement des produits manufacturés (ce qui favorise l'importation au détriment d'une consommation locale), ou consomment en restauration haut de gamme (ça revient au même), les équipements de confort sont mis à leur disposition sans frais (électro ménager par ex) quant à l'aspect santé, ils ont les moyens de consulter les vrais toubibs et de se payer des vrais traitements.
J'ajoute douter que ces "professionnels de l'humanitaire" paient des impôts à l'état des pays concernés. Mais la notion d'appauvrissement de ces mêmes pays n'est pas leur préoccupation majeure.
De plus, avec leur statut d'expat, ils continuent à jouir des avantages sociaux de leur pays d'origine !!!!!
Facile pour eux de mettre en place des systèmes alarmistes, créateurs de psychoses pour favoriser des interventions répressives, nécessaires à la sauvegarde de leur confort, au nom de l'humanitaire.
Mais pourquoi cette montée de banditisme/criminalité ? Les démunis n'ont pas droit à la part de gâteau, alors ils la prennent. Certes, ils s'y prennent mal et je n'approuve pas leurs méthodes, mais l'exclusion et les ventres vides finissent par commander pour survivre. A leur place, comment s'y prendrait-on ?
C'est pourquoi je tente d'expliquer dès que j'en ai l'occasion, comment l'humanitaire appauvrit les pays les plus démunis.
Comment après ces constats, faire comprendre aux populations tellement démunies que la vie en occident, en
France puisque je suis française, n'est pas si facile qu'il y parait.
Comment les convaincre que ce fol espoir ne vaut pas la vie des embarqués clandestins qui engraissent les passeurs en endettant les familles ?
Dans l'histoire, les asso de solidarité ASI ou ONG de petites tailles, risquent d'être assimilées à ces ONG de poids, bien que travaillant directement avec les populations dites de base. Leurs actions beaucoup moins médiatisées passent inaperçues, pourtant elles s'inscrivent sur le long terme en terme d'accompagnement et non pas d'assistanat.
Pour celles-là, parfois aucune subvention parce qu'elles ne rentrent pas dans les cases disponibles des
projets construits au Nord pour le Sud, souvent sans évaluation des besoins locaux face aux potentiels existants.
Mais qu'importe, le tout est de pouvoir dire "je fais de l'humanitaire, je leur ai donné ceci ou cela" ! et l'on s'étonne que ces pays du sud s'enfoncent de plus en plus.
Quand cessera-t-on de les considérer comme exécutants et non pas
acteurs de leur propre développement ?
Mais qui s'est déjà posé la question "d'aider les pauvres" qui sont les pauvres ? comment les aider ?
J'ai déjà entendu à plusieurs reprises : "il
faut bien les aider ces pauvres" mais jamais personne ne se dit qu'un jour ce serait peut-être vers
ces pauvres qu'il nous faudra demander de l'aide !
Geli