"un escalier en bois aussi raide qu'une échelle"
Cette bribe de phrase fait aussitôt remonter du tréfonds de mon disque mou à ma mémoire plus ou moins vive une scène parisienne remontant à 1981:
Bécassine venait de débarquer dans la capitale, rescapée d'un des coucous "Air choucroute" rachetés à Air Gabon, les tympans malmenés, mais un sourire béat aux lèvres: c'était son tout premier voyage en avion!
A
Paris l'attendait cette auteure croisée quelques mois auparavant alors que Bécassine dactylographiait pour son amie un manuscrit - qui n'a jamais été publié - chaque soir de 20h à minuit, après ses heures de travail et quelques heures de ménages pour la concierge de l'immeuble. Bécassine avait trouvé ce moyen pour augmenter ponctuellement ses ressources mensuelles dans le but de... mais ceci est une autre histoire!
A
Paris elle retrouvait également un amant Russe, le numéro un de la courte liste des amants, numéro un aussi longtemps qu'il lui tiendrait la dragée haute, je suppose.
Ni l'auteure ni l'amant n'avaient de quoi loger Bécassine, mais chacun avait quelques bons plans en réserve. L'un d'eux était "Franco Della Chiesa*" un ami peintre habitant dans le 5ème. Un peintre de grand talent! Tu ne crains rien, il est homosexuel, et puis.... il a plus de 80 ans!
Il signore Della Chiesa accueillit de toute sa grasse importance la jeune femme timide et lui indiqua le logement pour qu'elle le visite.
Il fallait monter une échelle depuis le couloir et... ben voilà, c'est là: un recoin sous une soupente, avec un matelas pour tout mobilier (pas la place d'ajouter autre chose que quelques cartons à oranges ou boîtes à chaussures) et sans éclairage naturel. Le locataire actuel part dans quelques jours. Vos pourrez vous installer rapidement.
Bécassine, d'après ce qu'elle m'en dit à cette époque, ne savait pas très bien quelle contenance prendre. Vous savez, poursuivit le Peintre, je vous le louerai parce que que vous êtes en relation avec mon Ami le Russe.
(*) nom fictif n'ayant rien à voir avec un homonyme possible.