Un autre article trouvé sur le site de "la Vérité", qui essaie d'expliquer pourquoi les négociations ont peu de chance d'aboutir.
"Nous l’avons annoncé avant-hier dans nos colonnes que les parties concernées par la crise politique actuelle ont initié le dialogue depuis hier. Certes, c’est ce que de nombreuses entités ont souhaité depuis un certain temps et d’où la principale raison du déplacement de l’ancien Secrétaire Générale des Nations unies Kofi Annan en 2006. Mais au vu des membres qui composent chaque groupe, notamment celui du pouvoir, on est en droit d’être sceptique sur une quelconque issue positive. Celui du régime est formé principalement du 1er vice-président du Sénat Noël Rakotondramboa, du président de l’Assemblée nationale Jacques Sylla et du ministre Ivohasina Razafimahefa, tandis que le groupe du Tgv est composé du Premier ministre Monja Roindefo et du coordonnateur de la Cua Ny Hasina Andriamanjato. Entre autres. Sous l’égide des Nations unies et du Ffkm, la première rencontre entre les deux protagonistes de la crise actuelle a enfin eu lieu à l’Episcopat des Evêques à Antanimena mais finalement, n’a duré qu’une petite trentaine de minutes. Pour les tenants du pouvoir, le préalable exigé pour la suite de la négociation est l’arrêt des manifestations sur la place du 13 mai. Tandis que pour les Tgv ce fut une occasion de remettre officiellement aux organisateurs de la rencontre et à l’autre partie adverse, les revendications de leurs partisans, à savoir le départ immédiat de Marc Ravalomanana et la mise en place des structures qui vont régir la transition. En somme, les deux parties campent sur leurs positions respectives. Mais la composition du groupe présidentiel en dit long aussi sur les intentions du pouvoir. Tout le monde le sait, Noël Rakotondramboa a toujours été le souffre-douleur de Marc Ravalomanana, surtout quand il occupait encore le poste de secrétaire général de la présidence de la République et directeur de protocole, toujours à la Présidence. La scène publique de remontrance du Président de la République à l’occasion d’une foire du milieu rural qui s’est tenu au Palais des Sports de Mahamasina, et spécialement destinée à Noël Rakotondramboa, a été révélatrice. Mais l’homme sait aussi corriger les autres dignitaires du régime et c’est ce qui était arrivé, justement, au Président de l’Assemblée Nationale Jacques Sylla lors de la clôture de la première session du Conseil Supérieur de la Défense Nationale (Csdn) au Centre de Conférences Internationales d’Ivato que les connaisseurs ont qualifié d’incident protocolaire. Prévu devenir chef d’Institution au début du deuxième mandat de Marc Ravalomanana, en tant que Président du Sénat, et plus tard en tant que Président de la Haute Cour Constitutionnelle, Noël Rakotondramboa atterrit au poste de vice-président du Sénat, certes en remplaçant le compagnon de toujours du Chef de l’Etat (en disgrâce) Rajemison Rakotomaharo. Patient, l’homme a su gravir les échelons et cumule plusieurs fonctions : outre sa place au Sénat, il est aussi Grand Chancelier et président du Conseil d’Administration (Pca) de la Secren. En un mot, Noël Rakotondramboa suit aveuglement les directives du locataire d’Iavoloha. Pour Jacques Sylla, son parcours est exceptionnel durant ce régime : inamovible Premier ministre (selon certaines sources, sa proximité avec le cardinal Armand Razafindratandra a contribué à son accession à ce poste) pendant le premier mandat de Marc Ravalomanana malgré le fait qu’il a toujours été malmené par ce dernier, on croyait que sa carrière politique est finie après la réélection de l’ancien maire d’
Antananarivo.
Seconds couteaux Après avoir déposé sa candidature lors de l’élection législative de 2007, à la dernière minute pour éviter certains problèmes selon les mauvaises langues, il a été élu député de l’île
Sainte-Marie et est devenu, par la suite, président de l’Assemblée Nationale. Actuellement, Jacques Sylla fait face à une partie de députés Tim qui le soupçonnent d’agir au détriment du régime, notamment après l’élection de Andry Rajoelina à la tête de la Mairie de la Capitale. Apparemment, les ténors du parti présidentiel Tim ont été exclus de cette rencontre. Par contre pour les Tgv, le Président de la Haute Autorité pour la Transition (Hat) a fait confiance à ses numéros deux : le Premier ministre Monja Roindefo, jusqu’ici le deuxième homme de la transition et le Coordonnateur de la Commune Urbaine d’
Antananarivo Ny Hasina Andriamanjato, numéro deux de la Cua du temps où la ville a encore été régie par Andry Rajoelina. Comme nous l’avons relaté dans notre édition d’hier, Monja Roindefo est la pièce maîtresse de la formation actuelle du Tgv et il est assisté par un autre jeune loup aux dents longues qui a su éviter l’usure du pouvoir puisque Ny Hasina Andriamanjato était toujours présent durant les deux régimes de la 3è République, d’autant qu’il porte aussi un patronyme célèbre dans la vie politique de
Madagascar. D’un côté donc, des seconds couteaux qui ne pourront rien décider sans l’aval d’Iavoloha et en évoquant les incidents qui ont émaillé le cursus de ces personnalités, on est en droit de se poser des questions somme toute légitimes sur les chances de réussite des négociations. A coup sûr, ils sont obligés de suivre à la lettre les consignes de Marc Ravalomanana sans possibilité d’y dévier d’un iota. Et avec l’exigence de l’arrêt immédiat des manifestations sur la place du 13 mai, il y a de très fortes chances que le dialogue soit mort-né. Dans ce cas, le spectre de la guerre civile plane sur le pays."
Cela m'étonne aussi que tous les acteurs de ces négociations affichent un tel optimisme, quand on connaît les conditions préalables posées par les deux parties. Chacun campera sur ses positions mais ni l'un ni l'autre n'a l'air de l'emporter, dans la rue, l'armée ou les soutiens politiques et financiers.
Espérons que le consensus soit trouvé... un peu d'optimisme ne peut pas faire de mal !