Pardonnez-moi, mais la jeune fille aime bien la compagnie des vieux....
Car ce sont eux qui transmettent les connaissances et la sagesse du vécu.
Les ''jeunes'' devraient prendre plus de temps à écouter les ''vieux'' !!
Pour rejoindre Nil, et ajouter un vase a la creche deja bien remplie

, un petit conte armenien que m'a envoye Kaou28
Il y avait une fois un roi très jaloux de son pouvoir. Il dirigeait la vie de ses sujets jusque dans le moindre détail et exigeait de tous une obéissance aveugle. Pourtant, il n'était pas heureux car il se disait : " Ils m'obéissent parce que je suis jeune et fort. Mais quand je ne serais qu'un faible vieillard, ils n'auront plus peur et ils se révolteront." Alors, pour paraître toujours jeune, il se faisait teindre les cheveux, se faisait masser le visage et le corps avec des pommades, et achetait à tous les charlatans de passage des élixirs de jeunesse.
Mais il ne pouvait pas arrêter la marche du temps. un jour, il se rendit compte que ses plus proches serviteurs avaient vieillis et portaient à présent cheveux blanc et rides et il se dit :" Ils sont nés en même temps que moi et nous avons grandi ensemble. À quoi me sert de paraître jeune, s'ils peuvent lire sur leur propre visage l'âge que j'ai réellement ? " Alors, il fit couper la tête de tous ses vieux serviteurs et fit proclamer cet édit dans tout son royaume :
Sa majesté ne veut que des sujets jeunes et vaillants comme lui. Les cheveux blancs ont trois jours pour quitter le royaume. Passé ce délai, les vieillards auront la tête tranchée.
Mais, parce qu'elle est aussi généreuse que puissante, Sa majesté offre aux fils de racheter les pères :
celui qui repêchera le vase d'or tombé au fond du lac sauvera la vie de son père. En cas d'échec, ils mourront tous deux.
En apprenant l'édit, certains fils firent fuir leurs pères dans un pays étranger, d'autres les cachèrent, d'autres se présentèrent au palais pour tenter de repêcher le vase d'or. Mais aucun plongeur ne réussit à ramener celui-ci et, jour après jour, des dizaines de jeunes gens tombèrent sous le hache du bourreau. La foule était autorisée à assister aux essais, pour que personne ne dise qu'il y avait eu tricherie.
Un jeune homme, vint lui aussi au bord du lac et regarda dans l'eau transparente : le vase brillait, posé sur le sable du fond. Il semblait qu'il suffisait de tendre la main pour le saisir. Pourtant, tous ceux qui plongèrent ce jour-là remontèrent les mains vides et eurent la tête tranchée.
Le garçon tout pensif, rentra chez lui, mit la nourriture dans son sac et prit le chemin de la montagne. C'est là, au fond d'une grotte, qu'il cachait son vieux père.
Pendant que l'homme mangeait, le garçon restait silencieux.
Ô toi, le plus dévoué des fils, dit le vieil homme, pourquoi es-tu si triste ? Peut-être es-tu las de faire chaque jour tout ce chemin pour me nourrir ?
Non, père, s'écria le garçon. Je pourrais parcourir trois fois cette distance, pourvu que tu sois en sécurité. Mais je pensais à ce vase, au fond du lac. On le voit mais on ne peut l'attraper. Pourquoi ?
Le père réfléchit un moment puis demanda :
Y a-t-il un arbre sur la berge à l'endroit où l'on voit le vase ?
Oui, père, dit le garçon
Et ses branches se reflètent dans l'eau ?
Bien sûr, répondit le garçon
Si tu voulais saisir les branches de l'arbre, tu n'essaierais pas de les attraper dans l'eau, n'est ce pas ?... Eh bien, c'est la même chose pour le vase ! En réalité il est dans l'arbre et ce que les plongeurs essayent de ramener, ce n'est qu'un reflet.
Le garçon embrassa son père, rentra chez lui et, le lendemain, à la première heure, il se présenta au palais pour tenter l'épreuve. Devant les assistants stupéfaits, il grimpa dans l'arbre et décrocha le vase : il était accroché l'ouverture vers le bas si bien que, dans le reflet, il semblait posé au fond de l'eau. Porté en triomphe par la foule, le garçon se présenta devant le roi, le vase dans le bras.
Comment as-tu deviné que le vase était dans l'arbre ? Demanda le roi, bien étonné
Ce n'est pas moi qui ai eu cette idée, c'est mon père ; il est caché dans les montagnes pour être à l'abri de tes soldats. Le roi resta songeur. Il se disait :
" Plus de cent garçons se sont précipités tête la première dans le lac, sans deviner la ruse. Et ce vieillard au loin dans la montagne a tout compris. Peut-être que les hommes âgés sont plus sages que les jeunes..."
Le roi donna l'ordre d'annuler le décret et depuis, dans ce pays, tout le monde respecte les hommes à cheveux blancs.