Bonjour Claire,
En direct depuis le Masai-Mara où, quoi que vous puissiez en penser, il fait bon vivre.
Je ne fréquente pas les forums, et si je poste ici aujourd'hui c'est que je fus "alerté" de ce fil par quelques-uns de mes fidèles amis safaristes que je remercie au passage pour l'info. Le ressenti de votre séjour chez Melting Pot Safaris que vous décrivez et exprimez ici, et c'est votre droit le plus absolu, est franchement atypique, je dirais même isolé eu égard les retours habituels depuis 13 ans que nous existons... Nous avons plutôt l'habitude de courriels et messages davantage dithyrambiques, souvent à l'excès d'ailleurs, aussi vous comprendrez que je fus très surpris. J'ai relu vos textes deux fois d'affilée en nous imaginant être victime de prime abord d'un complot ourdi par je ne sais quelle concurrence.
Après une enquête la plus minutieuse possible (je n'ai malheureusement pas pu obtenir certains détails plus d'un an après la fin de votre séjour mais ils ne sont pas les plus importants) je suis en mesure de vous répondre personnellement. Je précise bien que je vous réponds tout particulièrement, je pourrais faire part ultérieurement de mon expérience sur certains problèmes, évoqués sur ce post et qui sont liés au Masai-Mara et à sa gestion, mais qui n'ont rien à voir avec votre propos du départ.
Vous m'accorderez donc un droit de réponse démocratique, que je souhaite le plus cordial et le plus honnête possible, en n'éludant strictement aucun des points négatifs que vous soulevez sur vos trois post de ce sujet que vous avez initié.
Vous grossissez le trait ! Vous caricaturez, vous présentez des choses à votre façon, elles sont parfois fondées, parfois biaisées, incomplètes ou inexactes. Les internautes qui passeront par ici pourront alors se forger une opinion... en écoutant le deuxième son de la cloche...
"... quel lieu hautement touristique !"
Oui Claire, vos avez raison, le Masai-Mara est hautement touristique, c'est indéniable. "Touristique" ne doit pas être un gros mot utilisé dans le sens péjoratif que je devine sous votre plume : nous sommes tous des touristes, vous, moi, les visiteurs voyageurs de ce forum, à défaut de n'avoir pu être les aventuriers ou les explorateurs du siècle dernier. Ce parc est bien trop fréquenté, je vous l'accorde et le regrette chaque jour en haute saison. Les autorités gestionnaires de la réserve ne limitent pas le nombre de lodges, de véhicules et de lits. C'est la raison pour laquelle, en aparté mais cela vous intéressera sûrement de le savoir, nous avons décidé de nous limiter à 11 tentes et un maximum de 20 safaristes, alors que nous avons le potentiel de demandes et clients pour rajouter 4 ou 5 tentes que nous exploiterions sans aucun souci. La tendance serait même plutôt à une montée en game et à la suppression d'une ou deux tentes.
Pour info, vous avez acheté votre safari spécial Mara la première quinzaine de septembre 2018, du 2 au 14 précisément, à la plus haute période de fréquentation du parc (avec le mois d'août), migration des gnous et vacances européennes obligent. Ceci explique cela. A d'autres périodes, par exemple janvier, mars et avril, juin et octobre, la fréquentation peut être divisée par 10... et ce n'est pas en saison des pluies (même s'il peut pleuvoir toute l'année à Mara). Le Masai-Mara est victime de son succès, comme le sont la tour Eiffel et le musée du Louvre... ou, pour ce qui nous intéresse davantage par ici : le cratère du Ngorongo, le Ndutu du Sérengeti tanzanien, les dunes namibiennes de
Sossusvlei, le
Kruger sud- africain, les
Victoria Falls au
Zimbabwe, le parc national de Kibalé en
Ouganda ou je me suis retrouvé avec 24 visiteurs au lieu des 8 normalement admis au milieu d'une famille de chimpanzés. Ou encore le parc de Chobé au
Botswana où il n'est plus guère possible de photographier une troupe d'éléphants traversant la rivière sans avoir à l'arrière plan un ou des bateaux, quand ce n'est pas devant, ou des 4x4 de safaris.
Le monde d'aujourd'hui est ainsi fait : de moins en moins de lieux sauvages pour de plus en plus de visiteurs...
"j'avais dénombré plus de 50 véhicules"
Bigre !Si votre fiche n'indiquait pas que vous êtes lyonnaise, je vous aurais cru plus méridionale. Les guides qui font n'importe quoi et encerclent en s'approchant à quelques pas, malheureusement cela existe. Celui qui vous guidait, j'écris cela après enquête vous vous souvenez, se souvient très bien de cet épisode et avait tenté vainement de faire déloger les guides malfaisants, vous vous en souvenez sûrement. C'est vrai tout n'est pas rose à Mara, qui peut le nier ? Encore une fois, le choix d'une période moins fréquentée ne résout pas tout mais limite ce genre d'horreur. Pour ma part, j'évite comme la peste certains secteurs lorsque je sais que cela peut ou va arriver.
"Nous avions réservé un véhicule à 4 avec deux amis"
Je vous fais remarquer, mais vous le savez déjà, que vos deux amis, dont l'un est aussi un ami que nous avons donc en commun, ne s'est strictement jamais plaint de son safari ou de quoi que ce soit vis à vis de notre structure. Il était même tellement satisfait de son premier séjour chez nous en janvier 2018 qu'il a décidé de revenir pour faire découvrir le Mara à sa fille... 8 mois après son premier séjour, ceci dans la même année. C'était justement votre safari et c'est d'ailleurs lui qui vous a proposé de les accompagner pour composer un équipage de 4 safaristes. Sa fille, pourtant dans votre véhicule, ne rêve que de revenir dans le Mara.
"Les fenêtres comme le véhicule en lui-même ne sont pas très bien adaptés à la photographie"
C'est votre avis, il est éligible, vous avez le droit de le penser. Pour info, tous nos véhicules sont des Land Cruisers, certainement le plus parfait des 4x4, parfaitement adaptés aux terrains difficiles, ils sont achetés neufs et sont transformés en mode safari avec à l'esprit les meilleurs conditions d'observation et de photographies (double toits ouvrant, fenêtres panoramiques et agrandies, habitacle rallongé... etc. Si les Land Cruiser n'étaient pas "bien adaptés", cela se saurait je crois depuis longtemps. De très nombreux professionnels de l'image animalière et de paysages passent par notre structure et notre camp de brousse depuis plus de 13 ans désormais, je n'ai jamais entendu l'un d'eux se plaindre des conditions de prises de vue... Au contraire même, ils les plébiscitent. Ceci étant dit, il est vrai qu'une fenêtre sera toujours trop étroite... même si chez MPS, elles sont panoramiques ou, pour les plus petites à l'avant, conçues pour favoriser le passage de deux téléobjectifs !
"on partira en safari 1h plus tard aujourd'hui, car le chauffeur doit respecter ses heures de repos"
Hé bien oui Claire, nous avons instauré des règles et des horaires afin de respecter le travail, car cela en est un, de nos chauffeurs/guides. Pour rallier Mara depuis
Nairobi, il faut compter en moyenne 5h30 de conduite effective. La conduite au
Kenya peut être dangereuse, vous avez dû vous en rendre compte : les matatus, les camions, les nombreux dos d'ânes, les nids de poules, la piste chaotique des deux dernières heures, parfois trois lorsque il a plu, juste avant de joindre Mara. Ces conditions sont éprouvantes pour nos chauffeurs, ils ont le droit et méritent un temps de repos nécessaire. D'ailleurs, pour rappel, nous ne vous avons pas pris en traître, voici les conditions que vous aviez accepté tacitement en vous inscrivant sur l'un de nos safaris, vous pouvez vérifier, c'est inscrit dans votre descriptif/devis : "Les safaris photo impliquent que vous passerez de nombreuses heures dans le véhicule 4X4. Ayez à l’esprit que, s’il s’agit pour vous de vacances ou de loisir, il s’agit de temps de travail pour nos chauffeurs/guides ! Conduire sur des pistes défoncées et chaotiques est un travail pénible qui peut avoir des conséquences sur votre sécurité. Les horaires sont réglementés. Vous partirez, conformément à la législation des parcs et réserves kenyans à 06h30 au point du jour. Le retour du safari matinal doit être compris entre 12h00 et 12h30 au plus tard afin que nous puissions organiser la restauration (entre 13h00 et 14h00). Le safari de l’après-midi démarre entre 15h30 et 16h00. Vous devrez être impérativement de retour au camp entre 18h30 et 19h00 au plus tard. En tout état de cause, les chauffeurs doivent disposer de 3 heures et demi de repos au minimum entre ces deux safaris quotidiens."
Vous avez passé 12 jours pleins au sein de notre camp. Les chauffeurs/guides roulent en moyenne jusqu'à 9 heures par jour ! 9 heures tous les jours x 12 jours dans votre cas ! Systématiquement tous font la sieste aux heures chaudes, sinon ils ne tiendraient pas le coup sur la longueur d'une longue saison. Je crois que cette heure qui vous a tant manquée est bien négligeable eu égard au temps que vous avez passée sur le terrain. Il ne s'agit certainement pas d'une mesquinerie de la part de MPS ou de vous voler quoi que ce soit mais de respect pour un acteur clé de votre safari.
- l'ambiance était plutôt froide lors de notre voyage". " Sylvie, sa femme, nous regardait à peine"
Vous devez vous souvenir que mon épouse était bien présente, à votre table lors du premier déjeuner, et même en face de vous lors de celui du second ou du troisième jour, cela fait un an, elle ne sait plus vraiment. Etes-vous vraiment sûre qu'elle est à l'origine de la froide ambiance que vous évoquez et dont j'entends parler pour la toute première fois en 13 ans d'ancienneté de MPS ? Visiblement, c'est certain, cela n'a pas matché entre-vous. Vous compariez systématiquement négativement le Mara avec vos séjours Sud-Africains, tout ou presque semblait négatif à vos yeux. Disons, sans rentrer trop dans les détails que je préfère ne pas révéler ici, que vous avez "refroidi" ses ardeurs. De la même manière d'ailleurs que vous avez éteint dès le second jour votre francophone chauffeur/guide, pourtant réputé, outre pour son professionnalisme de plus de 20 ans, pour son humour et sa gouaille à la française. L'ambiance, ce n'est pas MPS qui l'a crée : nous mettons à disposition une structure et du personnel motivé et aux petits soins, le reste appartient aux safaristes.
"Les repas du soir sont, permettez-moi de le dire, une vaste blague".
Encore une fois, aux antipodes de l'avis général que vous-même mentionnez, vous mettez en doute la qualité et la quantité des repas. Vous avez le droit de le penser, après tout votre palais est peut-être plus affûté que ceux la moyenne générale des safaristes. Ainsi, nous sommes tout de même de drôles de gens, nous limiterions à 10 les desserts alors que nous avons 18 convives ! Je ne suis pas très fort en calcul, mais si tel était le cas, nous aurions tous les soirs 8 plaintes comme la vôtre. Il y a toujours deux desserts proposés le soir en plus de la salade de fruits, systématique au déjeuner comme au dîner.
"Pour peu que vous ayez, comme nous, la malchance de tomber sur un groupe de 15 personnes..."
Si je comprends bien ce que vous dites, chaque repas serait une sorte de compétition ou les plus rapides pourraient se restaurer et les derniers ne récolteraient que des miettes. Allez, je vais vous faire une confidence : il nous arrive de tomber sur un gargantuesque malotru mal élevé qui remplit son assiette à ras bord... assiette qu'il ne finira même pas. Hé oui, cela arrive parfois, comme dans tous les buffets du monde. Ceci dit, 15 en même temps, nous n'avions jamais connu ! Nous avons alors deux solutions pour résoudre le problème : soit jeter le gougnafier dans la rivière mara en pâture aux crocodiles pour lui apprendre les bonnes manières... soit mettre en œuvre un plan B ! Il n'a pas dû vous échapper que nous avons un intendant, Samuel pour le nommer, également serveur, qui veille au grain et qui surveille la quantité de nourriture justement. L'un de nos deux chefs est toujours de service jusqu'à la fin des repas pour pallier à un éventuel manque... et si rab il doit y avoir, rab il y a. Il suffit juste de demander. Je suis tout de même rassuré, vous écrivez que vous avez mangé à votre faim et que vous n'avez manqué de rien... Ouf ! Je ferai mes compliments à sieur Samuel dès ce soir.
"... l'on ne m'ait pas prévenu qu'il n'y avait pas de savon".
Claire, lorsque j'ai eu connaissance de votre post, j'étais en
Afrique du Sud, dans la
réserve de Madikwe. J'étais hébergé dans un éco-lodge de très bon standing. Du coup, j'ai regardé pour le savon ! Bigre, j'eu beau chercher partout, sous le lit, sous le tapis : point de savon à l'horizon ! Bon, en même temps pas d'eau courante non plus. Qu'est le savon sans eau courante ? Aurais-je dû hurler mon désarroi à la face du monde, vilipender le management, amorcer une longue diatribe sur un forum spécialisé ? Et bien savez-vous ce que j'ai fais ? Non ? Je suis tout simplement allé me laver les mains au robinet à l'extérieur. Il n'a pas dû vous échapper que 8 points d'eau (des récipients alu peints en vert et pourvu d'un robinet) sont répartis ici et là dans notre camp, 3 ou 4 (selon le côté ou vous étiez hébergé) sont immédiatement disponibles à proximité de votre tente, et un autre à l'entrée de la tente mess. Ils sont tous pourvus de savon liquide. Voici ce qui est écrit sur le règlement de fonctionnement et de sécurité, vous devez vous souvenir d'un document plastifié A2 que vous aviez dans votre tente et que nous vous invitons à lire scrupuleusement le jour de votre arrivée : "Dans chacune des tentes, une bouteille d’eau minérale (aujourd'hui c'est un thermos pour limiter le plastique), que vous remplirez vous-même par la suite, un thermos ou une gourde d’eau désinfectée pour le brossage des dents et la toilette basique matinale est mis à disposition. Un récipient de toile à l’extérieur rempli d’eau vous est proposé sur demande. Demandez sa mise en place à l’intendant si vous souhaitez l’utiliser." Claire, sincèrement, si vous aviez besoin d'un savon, il suffisait tout simplement de le demander à l'intendant du camp. Pour tout vous dire, vous êtes la première, depuis 11 ans que le camp existe, à relever ce "problème" du savon !
Ceci étant dit, sur ce point précis, il y a sans doute quelque chose à améliorer. J'ai commandé pas plus tard qu'aujourd'hui des flacons de gel hydro-alcoolique qui seront, dès arrivage du ravitaillement en provenance de
Nairobi dans deux ou trois jours, systématiquement disponibles dans les tentes. Oui, en fait, il suffit de demander.
"pour des questions d'hygiène, les sous-vêtements ne sont pas nettoyés" " Ah si, finalement pour une somme rondelette les sous-vêtements deviennent soudainement "nettoyables"...
Cette affirmation est fausse : voici précisément ce qui est écrit sur le feuillet plastifié règlement intérieur que vous aviez à disposition dans votre tente, je peux vous le renvoyer ou le poster ici si besoin : "Nettoyage des vêtements : Nous proposons, afin d’améliorer encore la qualité d’accueil, la possibilité que vous puissiez faire nettoyer vos vêtements dans notre camp. Toutefois, avant d’envisager d’utiliser ce service (payant) ayez ceci à l’esprit : le camp ne possède pas de machine, vos vêtements seront lavés à la main : c’est un travail pénible ! L’eau est difficile et coûteuse à acheminer jusqu’au camp. Enfin, pensez à la quantité de détergent utilisée... et qui se retrouvera inéluctablement dans l’environnement ! Service à utiliser donc avec modération."
Pour être complet sur ce point : Les personnels massais du camp, tous des hommes, trouvent dégradant de laver les sous-vêtements. Je ne peux ni ne veux leur imposer. MPS ne gagne pas d'argent sur le service de nettoiement des vêtements. Ce que vous payez est intégralement reversé à une jeune femme qui vient au camp pour la circonstance. Autrefois, au début, nous proposions ce service gracieusement, mais certains indélicats en profitaient pour faire laver parfois l'ensemble de leur sac juste avant de retourner chez eux. Enfin, ce que vous appelez une somme rondelette, ne représente jamais que quelques centimes de Shillings ou quelques euros, le tarif est largement inférieur au service d'une laverie ou blanchisserie française. Vous devez aussi savoir qu'en
Afrique Australe, les lodges et camp refusent généralement le nettoyage de sous-vêtements.
"on nous vend du rêve avec un safari spécial photo (qu'est-ce qui change finalement ? Une salle avec un peu plus de prises électriques ?)"
Non Claire, nous ne vendons pas du rêve, le rêve ne se vend ni ne s'achète ! Nous vendons des safaris photo ou d'observation avec une logistique, des équipements et des services adaptés pour cela. Nous organisons des stages photos animés par des photographes pro, des véhicules transformés pour la circonstance, des guides expérimentés, de larges horaires qui font le part belle aux belles lumières chaudes très tôt et très tard le soir. Nous faisons en sorte que tout soit parfaitement huilé, mais rien n'est bien sûr jamais parfait, je passe mon temps à régler des problèmes au quotidien. C'est ce haut standard de qualité que nous tentons d'approcher chaque jour qui fait notre succès : nous sommes complets parfois un an à l'avance, certaines périodes et quasi systématiquement -à quelques unités près- 5 à 6 mois avant chaque saison. Nous vendons des safaris et rien d'autre, et si nos 450 safaristes annuels y associent une part de rêve, je ne peux que m'en réjouir !
"des guides particulièrement adaptés au regard photo (pas une évidence, mes excuses)"
Là-encore, vous avez le droit de le penser. Je n'ai pas la prétention de dire que j'ai formé nos 6 guides meltingpotiens, ils n'ont pas besoin de mes services pour comprendre les attentes des photographes, de tous niveaux. En fait, la formation s'est faite au fil de l'expérience de chacun d'entre-eux, au fil du temps. Souvenez-vous ce que j'ai écrit plus haut : de nombreux professionnels animaliers ou semi-pro dont certains comptent parmi les plus réputés viennent et reviennent régulièrement au sein de notre structure. Je ne suis peut être pas un excellent manager de camp de brousse, cela c'est certain, mais la photo animalière c'est tout de même mon rayon, faites-moi confiance sur ce coup-là... Ou alors précisez-moi, s'il vous le voulez bien, vos critères d'appréciation.
"des véhicules pouvant s'approcher des animaux et sortir des pistes..."
Cette affirmation est fausse, voire mensongère ! Où avez-vous lu cela ? Montrez-moi où c'est mentionné ! Voici ce qui est écrit sur le document descriptif/devis que vous avez validé en même temps que votre inscription, vérifiez, c'est en page 8 du document et c'était par ailleurs rappelé en rouge dans le document plastifié : " Seul le chauffeur du véhicule peut juger de l’opportunité de rouler en dehors des pistes. Ceci doit rester occasionnel. Ne lui forcez pas la main : il pourrait être expulsé du parc, payer une lourde amende, perdre sa licence et donc son travail !"
Tous nos chauffeurs sont autonomes et responsables. Celui qui vous guidait à l'époque était même d'ailleurs totalement free-lance. Ce sont eux qui décident, pas les safaristes, et pour être complet certainement pas moi non plus. Ils sont les seuls maîtres à bord. Je sais que la question du hors piste est un sujet sensible, je n'élude pas la question, j'y reviendrai si vous et les internautes souhaitent connaitre ma position précise, qui est d'ailleurs celle de MPS. Chacun le sait, le hors piste est interdit au Mara... sauf que pour quelques centaines d'euros on peut s'offrir le permis off road, et là bien évidemment ce n'est pas interdit. Mais rouler en dehors des pistes ne signifie strictement jamais massacrer la végétation. Vous qui êtes une adepte de l'
Afrique du Sud et du
Botswana, j'espère que vous êtes tout autant outrée que moi lorsque des véhicules 4x4, dans les réserves privées ou régionales, écrasent sans vergogne des dizaines d'arbres "mopanes" dans le bush dense pour atteindre un léopard. Au moins, ce n'est pas le cas à Mara. Je ne dis pas que c'est moins bien. Je ne dis pas que c'est mieux. Je dis que tout n'est pas parfait dans le bas monde du safari. Et pour clore ce chapitre pour un temps, ce n'est pas le hors piste qui détruira le Mara, croyez-moi il est marginal, ce sont les innombrables troupeaux domestiques qui grignotent toujours davantage la réserve, les brûlis, le braconnage, la sécheresse, les insecticides, les empoisonnements des lions, vautours, hyènes, chacals et quelques autres...
"parce que bien sûr, Melting Pot appâte les touristes en leur vendant du rêve, que les pauvres rangers tentent d'approcher, tout en étant sur leurs gardes puisque pour cela ils enfreignent la loi du parc... et ils enfreignent la loi du parc pour les beaux yeux de l'entreprise Crocetta"
La façon dont vous présenter péjorativement "l'entreprise Crocetta" est particulièrement condescendante, vexante et offensante. Vous êtes d'ailleurs mal informée, l'entreprise familiale que vous décrivez n'existe pas ! MPS fut fondé voici 13 ans par mon guide et ami kényan de près de 20 ans, Simon Chebon et moi-même. 13 ans après, nous en sommes toujours les deux seuls et uniques directeurs. Nos épouses n'ont aucun rôle décisionnaire. Mon épouse m'aide pour le secrétariat, accueille chaleureusement (hé oui !) les nouveaux safaristes. Elle est autonome et s'implique dans des programmes d'éducation dans les écoles massaïs limitrophes, a fait construire une bibliothèque dans le village de Mararianta ou un programme de plantation d'arbres indigènes, plus de 1300 à ce jour. Veuillez toutefois nous excuser d'avoir créer une entreprise qui emploie 46 personnes, toute kényanes, et qui en fait vivre probablement 5 à 6 fois plus. Et accessoirement les familles Chebon et Crocetta.
"En gros c'est donc "satisfaites les clients, mais sans vous prendre des prunes, sinon elles sont pour vous ou vous voyez directement avec les clients", sympa le patron"
Ce que vous écrivez ici est mensonger et diffamatoire. Comment arrivez-vous à cette construction ? D'où ou de qui tenez vous cette affirmation ? Ah oui, "les autres safaristes d'un autre véhicule qui auraient parlé avec leur guide qui leur aurait dit négligemment...." Sachez que si un tel comportement arrivait à mes oreilles le guide serait fortement sanctionné, voire licencié. MPS, ne vous en déplaise, paie les amendes de ses guides, que ce soit les procès verbaux officiels, mais ils brillent par leur rareté, ou plus souvent les bakchichs demandés par certains rangers. Je sais toutefois que parfois il peut y avoir des "arrangements" au sein d'un véhicule, cela arrive lorsque ce sont les safaristes qui abusent de la gentillesse de leur guide. Et si le hors-piste vous horripilait tant que cela, pourquoi alors l'avoir accepté ? Peut-être, évidemment, comme tous les safaristes qui se rendent à Mara bien sûr, pour que vous aussi puissiez obtenir des clichés dans des conditions plus favorables ou qui n'existeraient tout simplement pas sans cela.
"qu'il n'y avait pas de feu au camp, ce qui pour moi en Afrique est quasiment intolérable"
Claire, sachez que l'écosystème Masai-Mara est essentiellement constitué de prairies herbeuses, il s'agit de savanes infinies. Les rares forêts galeries ont été "pillées" de leurs bois morts depuis des décennies, il sont devenus très rares. Révolu le temps où les grand lodges envoyaient leurs personnels ramasser des remorques pleines de bois qui sera brûlé en quelques jours. Il n'y a quasiment plus d'insectes à Mara, les insecticides largement répandus sur les cultures limitrophes de la réserve, les brûlis sans contrôle et l'utilisation à outrance de ce bois mort en sont la cause. Les masaïs désormais, dans les villages alentours, sont obligés d'acheter du charbon de bois élaboré loin de leur région pour la cuisson de leur nourriture.
Il nous arrive occasionnellement toutefois de faire un feu de camp lors d'une goat-party ou après le dîner à l'heure du digestif, il suffit de le demander (sans râler, je vous assure que ce n'est vraiment pas nécessaire) mais vous comprenez que nous ne pouvons pas le faire chaque soir. Le
Kenya n'est pas l'
Afrique australe, la savane et le bush ne sont pas tout à fait la même chose.
J'ai trouvé dommage d'avoir des véhicules fermés chez Melting Pot Safari/Tony Crocetta, car cela condamne les photographes qui sont du "mauvais" côté lors d'une scène à avoir peu (voire pas) de latéralité, ou à shooter d'en haut... avec le mauvais angle qui va avec. Dommage pour un safari photo qui se réclame spécialiste. Un 4x4 intégralement ouvert offre ô combien de possibilités."
Encore une fois, vous comparez et reportez vos expériences Australe sur le Mara. Je ne suis absolument pas de votre avis sur ce point. A Mara, il peut pleuvoir toute l'année, même au plus fort de la saison sèche, parfois des trombes d'eau qui transforme la savane en lagune, un certain ami, Blesl adepte de ce forum et de ce fil vous le confirmera. Lorsque cela arrive, c'est la fin du game-drive, les bâches avec fenêtres plastifiées ne permettent rien d'autre que d'attendre que l'orage soit passé. Par ailleurs, nos safaris et donc nos véhicules sont itinérants, nous proposons par exemple
Amboseli,
Samburu ou les lacs de la vallée du Rift. Il n'est pas permis au
Kenya de rouler, hors des parcs, avec les véhicules que vous connaissez en
Afrique Australe. Et si nous avions choisi l'option qui est celle du Governor's camp par exemple, et que nous respectons, il faudrait que chaque safariste rajoute 350 € au tarif global pour payer les avionnettes transferts
Nairobi/Mara/
Nairobi.
Enfin, d'expérience, je considère nos véhicules "fermés" bien mieux adaptés à la photographie exigeante, même si encore une fois, rien n'est jamais parfait et que des contraintes existent toujours.
"Je crois finalement qu'un camp francophone rempli de photographes aux chevilles plus grosses que leurs têtes..."
Les 15 safaristes qui étaient présents avec vous l'an dernier seront heureux de l'apprendre, car, voyez-vous, je n'ai pas terminé mon enquête (pas facile depuis ici) et je les appellerai un à un pour avoir leur ressenti sur leur safari, parallèle au vôtre. Je me dois toutefois d'être honnête, nous recevons parfois, mais pas par quinzaine d'un coup, quelques "photographes" à l'égo bien développé, dont le diamètre de leur melon est directement proportionnel à la longueur focale de leur téléobjectif. Je doute que ce soit l'apanage du Masai-Mara ou de notre camp spécifiquement, je les rencontre aussi au
Botswana, en
Zambie ou au
Zimbabwe.
Mon post est déjà bien long, j'aurais encore des choses à dire, mais je pense avoir déjà été relativement complet et précis. Très sincèrement Claire, je regrette votre ressenti ! C'est la première fois que nous recevons une telle avalanche de réprimandes.
Vous avez donné votre avis, je vais vous donner le mien...
Vous avez connu la chance de vivre 12 jours dans l'une des plus belles réserves animalières de la planète, et vous êtes passé à côté de votre safari. C'est bien dommage car les conditions que vous avez connue étaient strictement identiques à celles que nous proposons tout au long de l'année, sauf peut être pour la fréquentation excessive du parc à votre période, celle de la grande migration qui attire les visiteurs du monde entier.
"L'insuccès" de votre safari serait dû, selon vous, si on fait la synthèse, à :
trop de touristes ; trop de véhicules ; la qualité moyenne de la nourriture ; son insuffisance ; pas assez de desserts ; des guides pas si bons ; des véhicules inadaptés et fermés ; des fenêtres trop étroites ; des co-safaristes par quinzaine à l'égo surdimensionné, mal élevés et condescendants, 1 heure de plus de game drive le premier-jour, un service de nettoyage des vêtements gratuit qui accepte aussi les petites culottes ; un patron escroc et despotique avec son personnel ; la femme du patron mieux disposée à votre égard et davantage soucieuse de la qualité de votre sommeil ; un feu de camp chaque soir... ou un savon à disposition dans votre tente !
Cherchez bien, vous allez en dénicher tout plein d'autres, je n'ai aucun doute à ce sujet.
Si vous cherchez la petite bête, vous la trouverez toujours, elle est dans chaque détail. Méfiez-vous, le diable s'y cache parfois.
Non, Claire, permettez-moi de vous le dire et ne vous en offusquez surtout pas, ce n'est que mon avis après tout, il vaut bien le vôtre, et nous débattons cordialement : votre safari gâché n'est pas dû à votre longue liste non exhaustive. Ce qui vous aura manqué surtout, c'est un état d'esprit et une philosophie. Pour le savon, je pourrais toujours faire quelques chose, mais pour cela...
Malgré nos divergences, je vous assure de toute ma sympathie. Je ne suis pas un grand voyageur comme vous, je doute que nous nous revoyons dans le Masai-Mara, mais peut-être aurons-nous l'occasion de nous rencontrer dans vos pays de prédilection plus australs et tout autant africains, il m'arrive aussi d'y séjourner. Le monde du safari est finalement plus petit qu'on l'imagine.
Je vous souhaite très sincèrement de beaux voyages, les belles photographies et les belles ondes positives qui vont avec.
Salutations africaines.