Claire2005 · 29 juillet 2005 à 0:11 41 messages · 16 participants · 12 328 affichages | | | | 29 juillet 2005 à 0:11 Un mois en Inde du nord - 19 avril au 17 mai 05 Message 1 de 41 · Page 1 de 3 · 8 638 affichages · Partager ci-dessous le début de mon carnet de route que je commence à mettre au propre ; c'est long et je sais pas bien pourquoi je fais ça... pour bien "digérer" ce voyage peut-être ?
Mardi 19 avril 2005 A 3800 m, à l’extérieur de l’avion, à 10h du soir, il fait déjà 2°C. Première crainte, celle d’avoir chaud. Ma première vision de l’ Inde, la silhouette de deux hommes enturbannés assis en tailleur à côté d’un avion sur la piste d’atterrissage. Une ringuette de chauffeurs de taxi commissionnés par les hôtels nous font une haie d’honneur pour notre arrivée en Inde. A l’extérieur, la première bouffée d’air est suffocante : chaud, lourd avec une odeur qui fait penser à celles des marrons grillés. J’ai l’impression que l’air est « épais », que je respire un mélange d’air et de « solide ». Le taxi nous amène directement à l’hôtel. Par la fenêtre, j’entraperçois dans la nuit les premiers rickshaws, les premières vaches et puis la misère à la quelle je m’attendais sans trop savoir sous quelle forme elle se matérialiserait. Des familles entières qui vivent sous des bâches sur les trottoirs, des ruelles défoncées, des gargotes éclairées d’une ampoule qui sert en même temps d’éclairage public, des détritus entassés ça et là. Du monde partout. Le taxi nous dépose dans Main Bazar. Je n’ai qu’une hâte, me mettre « à l’abri » à l’hôtel Namaskar. Difficile de s’endormir avec l’appréhension de ce qu’on va découvrir le lendemain et les jours suivants ; dans la rue, les bruits ne cessent qu’entre 1h et 5h du matin nous laissant peu de temps pour reprendre des forces.
Mercredi 20 avril 2005 Impossible de dormir, on se dirige vers la gare et le tourist office. Nous retrouvons nos réflexes de voyageurs, curieux et débrouillards. Ca nous rassure de voir qu’on est capable d’acheter notre billet de train comme tout le monde. Pourtant je ne réalise pas vraiment ce que je vois, comme si je n’étais pas vraiment là. Il y a du monde partout. A peine rentrés à l’hôtel, fatigués par la « balade » (on a du faire 500 m !) nous nous endormons comme des masses ! Un petit mail pour rassurer les parents et nous voilà parti pour notre premier voyage en train. La gare est sale et j’hésite à poser mon sac par terre. Le train devait relier Delhi à Agra en 3h, on part avec une heure de retard pour n’arriver que 6h plus tard... La découverte des sleepers ! Les autres passagers sont souriants et sympas. On m’offre à boire, une banane. Le sourire, le calme et la grâce des femmes autour de moi me séduisent, m’apaisent ; je me sens bien, en Inde pour de bon ! On nous explique qu’un train a déraillé. Tout le monde semble trouver ça normal. Par la fenêtre, la campagne est bien sèche ; par endroits de jolies cases en paille ou en roseau servent de réserve de grain. Et des petites cahutes abritent des galettes de bouse (mélangée à de la paille). Un peu effrayés d’arriver à Agra à 20h30 (au lieu de 17h) sans réservation d’hôtel, nous prenons notre premier autorickshaw imaginant déjà les pires embrouilles. Mais on se retrouve sans encombre et plus vite que prévu dans une chambre d’hôtel agréable au Camal Hôtel.
Jeudi 21 avril 2005 Difficile de dormir avec cette chaleur. J’ai l’impression d’être dans un « bain d’air chaud » et de ne pas pouvoir sortir la tête pour respirer. On prends des douches tout habillé et on se couche au frais le temps que nos vêtements sèchent grâce au ventilateur. Mais je n’ai jamais l’impression de dormir longtemps ! On se lève à 5h, il fait frais dehors (et bien chaud dans la chambre !). Nous sommes les premiers à faire la queue pour visiter le Taj Mahal. Et Olivier est le premier à « le » voir « pour faire une photo sans personne ». De toute façon il n’y a pas grand monde. Le Taj Mahal a été construit par Shah Jahan (en 1600 et des bananes) pour sa deuxième épouse morte en couches. Il a fallu 22 ans et 20 000 personnes pour construire ce « tombeau ». Le plus magique pour moi, restera le moment où j’ai franchi le grand porche rouge alors qu’on ne voit encore qu’un bout de mur blanc dans l’embrasure de la porte. On essaye de deviner à quel morceau du Taj Mahal ça correspond. Et d’un coup, on le voit en entier. Magique ! Une jolie lumière éclaire le Taj Mahal ; il fait frais et tout est calme. Nous partons à pied vers le Fort Rouge. Finalement on ne rentre pas : nous visiterons celui de Delhi. Sentiment mitigé en prenant notre premier rickshaw (vélo-rickshaw) : j’ai des scrupules avec mes kilos en trop. On réalisera le lendemain qu’en fait il nous a fait payé deux fois le prix normal... Ca me déculpabilise un peu. Petit aller-retour à la gare pour réserver un billet de train. Sur la route nous croisons des attelages hallucinants : dromadaire, rickshaw bondé, tracteur sous un ballot énorme qui le cache complètement de tous les côtés jusqu’au sol... On va tester le resto Joneys : c’est bon et on est enfin au frais et au calme. L’accueil est simple et sympa. Sieste pour éviter la grosse chaleur jusqu’à 16h. On fait un petit tour du quartier, des petites échoppes, des ruelles pleine de vie, des sourires et des regards intrigués. Je ne suis pas mal à l’aise devant tant de pauvreté comme je le craignais. Je ne sais pas pourquoi, je me sens à l’aise. Peut être parce que du plus pauvre au moins pauvre chacun semble à sa place.
Vendredi 22 avril 2005 On se lève à 6h pour prendre un train pour Jaipur. Encore une fois les horaires ne sont pas respectés. On regarde le « spectacle » dans la gare d’ Agra de 7h30 à 9h30 : des familles dorment encore par terre, parfois sous des bouts de tissu, à côté des familles aisées pimpantes lisent le journal pendant qu’on livre des gros pains de glace qui laissent des traînés d’eau sur le sol. Des vendeurs courent d’un train à l’autre. Les marchands de thé accrochent directement leur « thermos » aux barreaux des fenêtres des trains. Je n’arrive pas à détacher mes yeux des femmes qui passent devant moi : que de couleurs ! Nous montons enfin dans le train pour partager un compartiment avec un « bon père de famille », sa femme et leur fille. Il fait la police pour que personne ne vienne s’installer là (et surtout pas des personnes pauvres). Il fait vraiment très chaud. Tout le monde s’étale sur les sièges et les couchettes en attendant que les heures passent. On a une bouteille d’eau (non traitée) pour s’asperger le visage, la nuque. En 30 secondes nous sommes secs ! Notre bouteille reste sur la banquette à l’ombre : au bout de deux heures l’eau est vraiment chaude !! Impossible de savoir la température réelle, mais il fait vraiment très chaud. Je n’ai jamais eu aussi chaud de ma vie. Je devine pourquoi les Indiens savent si bien s’avachir, avec grâce, tout en douceur : une adaptation à la chaleur ! Dehors en plein soleil, il y a pourtant des gens qui s’activent : un berger et son troupeau de chèvres, des femmes qui portent des ballots, des cruches ou des fagots de bois sur la tête, gracieuses silhouettes multicolores. Nous arrivons un peu fatigués à Jaipur. Les rickshaws nous assaillent. La police les fait fuir à coups de bâton. Un peu impressionnant ; on n’a pourtant pas l’impression que ce soit nécessaire et qu’on soit réellement en danger. Au bureau d’information touristique, on nous dit de ne surtout pas prendre de rickshaw. « Ok ! On va y aller à pieds ! » Le premier hôtel sera le bon même si c’est un peu plus cher et un peu trop « propret pour touristes branchés frickés » à notre goût (Pearl Palace Hôtel). Le réceptionniste est sympa mais nous regarde un peu comme si on débarquait d’une autre planète : on s’inquiète pour des détails alors qu’il y a toujours une solution moyennant finance et on est riche, alors pourquoi ces questions...Nous tentons d’aller à pieds voir le palais des vents (soit disant pas loin... mon œil !). On repère un peu les lieux, les remparts et les jolies portes roses. Mais quelle agitation ! Là plus de doute, nous sommes en Inde ! Comment font-ils pour cohabiter, ces très pauvres pouilleux et crasseux qui dorment à même le sol sur les trottoirs et ces femmes si élégantes, ces indiens tirés à quatre épingles ? Des vaches un peu partout, de grands arbres (banian) au pied desquels des petites chapelles ont été aménagées. Les bâtiments sont très beaux, tout en rose, mais délabrés. Le moderne s’est installé tant bien que mal dans l’ancien. Des petites échoppes sous des arcades agréables. Mais que de monde ! Le palais des vents est fermé. Nous croisons par hasard une procession pour une divinité hindoue. Des éléphants, des dromadaires, des fanfares, des danseurs qui font une sorte de ronde en faisant semblant de se battre avec des bâtons. On rentre un peu fatigué par l’agitation soudaine de fin de journée. La circulation (et donc la pollution) est à son comble. Nous prenons des forces avec des samosas (beignet triangulaire fourré à la pomme de terre et aux petits pois, bien épicés), vraiment bons et nourrissants. Un lassi à la banane, un régal ! Après avoir réalisé qu’il y a des glaçons pilés dedans et du yaourt plus ou moins frais, on se dit qu’on sera peut être malade le lendemain. Un petit tour sur la terrasse très chic mais vraiment sympa de l’hôtel : la décoration est originale et il y a un écran géant où nous regardons un petit bout d’un film indien (des belles femmes, des histoires d’amour et des meurtres). | | | À: Claire2005 · 29 juillet 2005 à 10:03 Re: Un mois en Inde du nord - 19 avril au 17 mai 05 Message 2 de 41 · Page 1 de 3 · 8 621 affichages · Partager Pour moi qui ne suis jamais allée en Inde mais qui en ai parcouru les carnets et impressions de ses visiteurs inconditionnels sur VF, le récit détaillé de tes premiers pas en Inde est extrêmement intéressant. J'attends avec curiosité la suite, et j'espère que tu vas pouvoir retranscrire l'intégralité de tes notes ici! | | | À: Pataugas · 29 juillet 2005 à 10:07 Re: Un mois en Inde du nord - 19 avril au 17 mai 05 Message 3 de 41 · Page 1 de 3 · 8 613 affichages · Partager Je penserai à toi quand j'aurais fini de taper le mien sur ordi. J'ai du boulot car j'ai rempli un cahier entier, donc ce ne sera pas avant quelques semaines. | | | À: Claire2005 · 29 juillet 2005 à 11:56 Re: Un mois en Inde du nord - 19 avril au 17 mai 05 Message 4 de 41 · Page 1 de 3 · 8 604 affichages · Partager Merci Claire de nous faire partager ton voyage...  Je retrouve tout à fait mes premiers jours là-bas. Tu as su si bien retranscrire l’atmosphère, bravo et merci, j’aime bien ton style...
Vite la suite.... ! (à mon tour de te mettre la pression, he he..)
....j’ai encore plus hâte d’y retourner....
J’attends le tien aussi JP, allez courage ! | | | À: Phil64 · 29 juillet 2005 à 18:59 Re: Un mois en Inde du nord - 19 avril au 17 mai 05 Message 5 de 41 · Page 1 de 3 · 8 588 affichages · Partager Merci pour vos encouragements (il en faut pour reprendre mes notes !) Alors voilà la suite
Samedi 23 avril 2005 On se lève à 8h à la fraîche. Nous prenons un rickshaw pour aller prendre le bus pour Amber Palace. Un papi rigolo, tout sec qui nous fait des grands discours entrecoupés d’éclats de rire, tout en pédalant. Il semble connaître tout le monde ! Il nous fait visiter la ville : le city palace et l’observatoire avec des structure bizarres. Il nous laisse au bout d’une grande rue où passent les bus. Avant de prendre notre premier bus, on prend des forces en goûtant des petits beignets de feuilles vertes (nom ?); c’est fin et pas trop épicé, un régal ! Comme le veut la légende, notre chauffeur de bus klaxonne en permanence mais roule plutôt prudemment. On longe un lac dans lequel se baignent des buffles avec un ancien palais au milieu. La route passe dans des petites gorges. Autour des collines avec des arbres rabougris qui attendent peut être la pluie pour sortir leurs feuilles. Nous nous arrêtons au bord du lac à Amber pour discuter avec les cornacs qui lavent leur éléphant (hati). Les éléphants obéissent mieux aux ordres en hindi qu’en anglais... Impressionnant de voir leurs pattes se poser en douceur alors qu’ils pèsent plusieurs tonnes ! Nous grimpons au palais pour découvrir l’architecture qu’on va continuer à découvrir dans tout le Rhajastan. De très belles portes, des colonnes finement sculptées (souvent avec des éléphants), des havelis (moucharabiés en marbre) avec vue sur Amber, le lac et les remparts qui courent sur les collines. Un dédale de petits couloirs, de grandes cours, de rampes ou d’escaliers avec des marches très hautes (pour ne pas pouvoir y courir). Les couloirs étroits et les portes basses devaient également empêcher les envahisseurs d’arriver en courant, l’épée en l’air. Les appartements d’hiver sont très beaux avec des mosaïques de miroirs et des niches pour des bougies, des petits vitraux. Il y a très peu de touristes, seulement quelques groupes de touristes indiens ou étrangers. Des Indiennes font des travaux de rénovation (le palais en a bien besoin). On redescend vers un joli petit temple (temple de Shiromani). Il n’y a pas un seul touriste. Deux éléphants à l’entrée du temple sont un signe de bienvenue. De jolies sculptures de femmes. Je croyais que ce type de temple ne se rencontrait qu’en Indonésie... mais il s’agit bien de la même religion hindoue. Ce temple date du XVI - XVIIième siècle. Alors qu’ Amber est un lieu très touristique, on traverse le village sans être embêté. Nous grignotons un samosa en regardant encore les éléphants (c’est quand mieux qu’au zoo !). Ambiance reposante. On rentre à Jaipur. Nous faisons un petit tour au Palais des vents, très chouette. Ca le fait penser à une grosse meringue rose, comme la cabane de Hansel et Gretel ! On parcourt ensuite la vieille ville à la recherche d’un salwar kamiz. Après plusieurs séances d’essayage, nous tombons d’accord sur un vert gris avec des petites broderies discrètes dorées. Entre temps on continue à tenter notre chance en mangeant samosa, dahl et lassi. Tourista or not tourista, that is the question ? Le soir, il tombe quatre gouttes de pluie qui rafraîchissent agréablement l’atmosphère. Une dernière course en ville pour trouver un hypothétique memory stick nous épuise. Du coup on grave nos photos sur un CD !
Dimanche 24 avril 2005 On se lève à 7h après un bonne nuit au frais (enfin !). Nous prenons un bus express pour Bundi. Ce n’est pas trop la cohue. Deux étudiantes sympas nous offrent des biscuits et nous font un brin de causette. C’est l’anniversaire d’une des deux. La conduite du bus est sportive ! Les camions sont les rois : ils foncent et tant pis pour ceux qui ne se pousseront pas à temps... Ensuite ce sont les gros bus, puis les petits bus et les voitures qui font la loi. Viennent ensuite tout le reste : charrettes, rickshaws, vélos, motos, piétons, vaches...Cette hiérarchie des priorités semble à peu près respectée. Après chacun double dès qu’il peut (normalement par la droite... mais parfois par la gauche). Assez impressionnant quand le bus double et qu’en face arrivent aussi deux camions de front. Klaxon, appel de phares, injure quand on se frôle de très prés... Ouf, ça passe ! Nous arrivons à Bundi sous un soleil de plomb. On ne pensait pas que la ville était si grande. On arrive desséché à l’hôtel. C’est un peu vieillot mais sympa : une maison bourgeoise avec un grand jardin qui donne sur le lac (avec juste un peu d’eau, de la vase et... une pelouse parfaite pour jouer au cricket !). La cour intérieure de l’hôtel est très fraîche. Nous partons visiter le City Palace. On retrouve la même architecture qu’à Amber. De très jolies peintures sur les murs, colorées, très fines : des scènes de chasse, du maradja et de son royaume et des divinités ; les femmes sont représentées de manière très gracieuse. Un jardin tout simple avec un bassin au centre et un vieil arbre tortueux, avec une vue magnifique sur Bundi et ses maisons peintes en bleu. Dans certains coins du palais, des ruches impressionnantes. Et des familles de singes. « Monkey Danger ! ». OK, Olivier va arrêter de vouloir les prendre en photo... Il fait chaud et faim ! On trouve refuge dans la sympathique Shivam Rest House où Pinki, ses deux frères et ses parents nous accueillent « comme à la maison ». Un dalh, du riz et trois « special lassi » (avec banane, mangue, raisin, raisin sec, grenade, safran et autres épices). Un thé délicieux. On discute avec deux Belges et une Costaricaine. Nous finissons sur la terrasse de la guest house pour regarder la procession à la nuit tombée. C’est vraiment surprenant pour nous : des déguisements très kitch en dieux et déesses (ce soir c’est anhuman, le dieu à tête de singe qui est à la fête) ! Il y a parait il des processions très fréquemment en Inde. On retrouve la même danse qu’à Jaipur où les hommes font semblant de se battre avec des bâtons. La procession est encadrée par des gamins qui tiennent de grands néons verticaux et qui sont reliés entre eux par un fil électrique que machouille tranquillement un dromadaire de la procession. Un des gamins bidouille les branchements électriques car son néon s’est éteint, un autre est muni d’une grande perche en forme de T pour soulever les fils électriques de la rue pour que les chars puissent passer dessous (le perche est en bois, faut pas déconner quand même !). Enfin pour clôturer la procession trois beaux groupes électrogènes pour allumer toutes les lampes des chars et pouvoir faire marcher la sono jusqu’à saturation !! Après le spectacle nous mangeons une petite glace en famille en discutant des conditions de vie en Inde, de leur religion, de la place des femmes... Je me sens bien. On se couche, il est minuit passé. | | | À: Claire2005 · 30 juillet 2005 à 19:47 Re: Un mois en Inde du nord - 19 avril au 17 mai 05 Message 6 de 41 · Page 1 de 3 · 8 564 affichages · Partager Merci Claire. C'est peut-être la barbe pour toi de retranscrire un vécu qui aura évolué entre l'instant et le souvenir. C'est peut-être fastidieux, alors merci de te donner cette peine. Même si tu effectues des coupes franches dans ton carnet je suis sûre que le récit n'y perdra rien de sa saveur! Merci pour les morceaux livrés et ceux à venir! | | | À: Pataugas · 1 août 2005 à 0:27 Re: Un mois en Inde du nord - 19 avril au 17 mai 05 Message 7 de 41 · Page 1 de 3 · 8 546 affichages · Partager Une journée de plus en Inde et beaucoup de questions... Bonne lecture !
Lundi 25 avril 2005 On se lève à 7h. La nuit a été fraîche dans cette chambre au rez-de-chaussée avec de toutes petites fenêtres et des murs épais : on dort comme des bébés ! Les maisons anciennes sont mieux isolées que les bâtiments en parpaings. Nous nous épuisions à courir dans la ville pour acheter nos billets de bus pour la nuit prochaine. Les rues sont vraiment très sales, avec des égouts à ciel ouvert dans lesquels se baignent des sangliers. Ca pue ! Encore une fois, je suis frappée par le contraste entre les indiens pimpants et bien habillés et les indiens miséreux et pouilleux. Et puis ce mélange étrange des vieilles maisons à haveli peintes en bleu avec des enseignes « modernes » pour toutes les petites échoppes qui bordent la rue. Nous avalons un kilo de mangues, des samosas... un long mail et notre première coupure de courant au bout de 20 minutes de frappe !! Il faudra tout reécrire... zen, restons zen et « noooo, we don’t want cold drinks » !! Du coup on retourne prendre un royal lassi au Shivam Rest House... un peu de force pour entreprendre nos trois kilomètres vers le Jait Sagar Tank (notre premier lac pas à sec !!). Il fait chaud, vraiment chaud (normal à deux heures de l’après-midi ! les Indiens, eux, font la sieste...). Nous arrivons finalement à Sarbagh, de jolis cénotaphes, finement sculptés : des éléphants, des silhouettes gracieuses, des frises géométriques...Le cadre est paisible : de vieux arbres, quelques palmiers. Deux jeunes qui gardent le lieu (et/ou leurs buffles ?) font carillonner un espèce de bidon dans un arbre et font claquer leur grand fouet en l’air. En Inde, il ne faut pas chercher à tout comprendre !! En rentrant, au passage, nous nous arrêtons visiter le Sukh Palace. Sympa ce petit palais qui donne directement sur le lac ; quelques jolies sculptures de divinités hindoues. On n’est pas encore familiarisés à tous ces dieux ! En rentrant, nous retraversons les rues qui étaient calmes et endormies à l’aller (très jolies, des havelis grossiers et peu délabrés). Ces ruelles étroites de la vieille ville garde un peu de fraîcheur et quatre gouttes rafraîchissent l’atmosphère. Pourtant le retour est épuisant : trop de monde ! Tous les gamins accourent à notre passage pour l’international « Hello ! What’s your name ? » et veulent chacun nous serrer la main. Certains plus au fait des pratiques dans les lieux touristiques nous demandent « one photo, one pen, five rupees... ». On reste calme et on essaye de sourire à chacun. Des échoppes avec de jolies tatanes en cuir. Des petits temples bariolés grossièrement avec des couleurs vives pour chacune de leur divinité. Nos gorges (attaquées par la pollution des premiers jours) semblent aller mieux. Et encore une bouteille d’eau minérale !! Il fait chaud... On rentre à l’hôtel tranquilles, au calme, sur la terrasse « au frais », avec un peu d’air sous un magnifique bougainvillier. J’en profite pour mettre à jour le récit de nos aventures ! Vraiment étrange ce vieux palais en décrépitude qui domine le village et l’ancien petit palais au bord du lac... La famille de l’hôtel tchatche sur la terrasse à côté de moi, les enfants jouent au cricket sur la pelouse, les voisins arrosent leur jardin. On oublierait presque la misère dans la rue, de l’autre côté de la maison... Mais comment font-ils pour supporter la misère et la crasse dehors dans la rue ? Est-ce que cette différence est aussi choquante dans nos pays (mais simplement à un autre « niveau de misère ») ? J’ai vraiment du mal à donner 5 roupies (10 centimes d’euros) dans la rue... Ca me semble tellement dérisoire et à la fois indécent : ça représente tellement rien pour moi et tellement pour eux. On a donné des bananes dans le train aux personnes qui faisaient la manche... Comme je me suis sentie mal quand une petite fille s’est accrochée à ma jambe à Jaipur en me montrant une échoppe de pâtisserie en me faisant signe « pour manger ». Les Indiens aisés qui rigolaient : mais pas pour se moquer de moi, non ils semblaient se moquer de la petite fille. Quelle réaction idiote : je suis partie en courant ! Et ce petit garçon (5 ou 6 ans), couché à même le sol sans couverture, recroquevillé sur lui-même à Ajgueri Gate, au plein cœur d’un carrefour avec une circulation d’enfer. Cela me renvoie les questions de ma mère : qu’est ce que ça t’amène de voir toute cette misère ? Je n’en sais rien, mais accepter de le voir n’est pas facile... surtout quand je suis fatiguée. A l’hôtel (géré par deux frères qui y habitent avec leur famille), il y a un « domestique » qui range, nettoie, va chercher... et c’est normal. Les gamins envoient leur balle de cricket dans la partie vaseuse (là où finissent les égouts) du lac et évidemment, c’est lui qui doit aller chercher la balle au milieu des détritus. Malaise. Des singes à tête noire et à longue queue courent dans les arbres. J’ai faim. Olivier revient de sa balade « pour photographier les camions ». On attend le bus de nuit au frais, au calme avec Régis (français de Manosque) et la Costaricaine rencontrée la veille ; échanges sur nos impressions sur l’ Inde, sur les voyages en solitaire ou en couple. « Au fond, on est toujours tout seul, non ? Vous êtes en couple, mais, je rencontre deux personnes »... Je ne m’imagine pas un seul instant seule en Inde ! Enfin l’aventure commence : le bus de nuit !! A vouloir trop marchander... nous avons eut un billet dans un bus pourri (celui de 22h) au lieu du bus nickel (de 23h)... tout ça pour gagner 10 roupies !! L’impression d’être couchée à l’arrière d’un 4x4 sur une piste défoncée. Ca pue. Plein de poussière, de bruit... Mais Obelix et Asterix m’accompagnent (sur les rideaux du bus !!). Finalement on réussira à dormir quelques heures... | | | merci pour vos petits mots sympas !... la suite... udaipur, ranakpur...
Mardi 26 mai 2005 Je suis complètement assommée à l’arrivée au petit matin à Udaipur. A moitié rassurée, à moitié réveillée, dans un rickshaw qui semble avoir bien du mal à monter les rues pentues du centre ville. « Si il cale, on est mal », Olivier a l’air aussi rassuré que moi, mauvais signe ! Après une douche, nous voilà déambulant dans le centre touristique incapable de prendre une décision, en hypoglycémie depuis la veille. Un banana pourridge nous requinque. Je pars visiter le City Palace toute seule, très chouette même si les explications d’un guide me manquent : des jolies cours, un petit jardin, des salles lumineuses et multicolores par des jeux de miroirs et des vitraux. Des fresques délicates (plus colorées et plus fines qu’à Bundi) recouvrent les murs du sol au plafond. Des peintures représentent la vie des marhadjas avec de toutes petites figurines par centaine sur le même tableau, souvent rehaussées d’un mince trait doré ; le sang jaillit à flot dans les scènes de chasse ou de guerre. Je me promène seule dans ce labyrinthe (ce n’est vraiment pas la saison touristique). Je profite de l’instant de calme et je m’étonne de ne plus autant souffrir de la chaleur. On fait un petit tout au temple hindou à côté. Et voilà un nouvel ami « pot de colle » qui cherche à nous expliquer tout ce qu’on vient de lire dans notre guide de voyage... On admire sa ténacité !! Il nous aura quand même expliqué qu’il faut tourner dans le sens des aiguille d’une montre autour du temple et on aura quand même réussi à lui arracher un sourire en nous mettant à marcher à reculons dans le sens inverse : interdit ou pas ?! Le centre touristique est... touristique ! Même si nous sommes repérés de loin vu le peu de touristes à cette époque de l’année, les vendeurs ne sont pas trop insistants. On rentre manger au Panorama Hotel : vraiment délicieux, épicé comme il faut. Olivier se gave d’un riz avec dahl et moi, d’un veg biryani : à tomber par terre !! Les gars qui tiennent l’hôtel sont vraiment sympas et serviables. Petite sieste traditionnelle : on commence à prendre de mauvaises habitudes !! Il ne fait pas trop chaud dans la chambre. On retourne en ville se renseigner pour des bus, des trains et faire graver un CD de photos. Tous très « pros » et très souriants... mais très commerçants « of course ! ». On retrouve l’ambiance de toutes les villes fréquentées par les touristes et les routards. Sympa mais pas très authentique ! On traverse le lac à pied pour regagner notre hôtel sur la presqu’île. Le palais, les ghats et la vieille ville sont éclairés par de jolis jeux de lumière. Le temps semble suspendu, petit bonheur. Sur les prairies, les jeunes jouent au cricket ; les touristes revivent avec un petit air « frais » (enfin moins chaud !) qui s’est levé. Des buffles, des chevaux paissent tranquillement. Une grosse barque abandonnée dans la dernière flaque devant le « Palais île » semble un peu décalée dans ce décor ! Le soir tombe sur Udaipur ; installée sur la terrasse de l’hôtel, je mets à jour mon carnet. On m’a gentiment allumé une bougie, discrètement l’air de rien. Quel accueil ! Quand ils nous ont vu arriver dans la rue, après nous avoir fait un signe de la main, un des gars est descendu les trois étages en courant pour nous allumer la lumière ! Et le petit gars du Shivam Guest House de Bundi a téléphoné ici ce matin pour s’assurer qu’on avait bien trouvé cet hôtel qu’il nous avait recommandé et que tout allait bien ! Vraiment gentils, naturellement et simplement gentils ! Le temple s’est allumé en face et des petites cloches sonnent partout en ville. Hier, à Bundi, la maîtresse de maison faisait matin et soir des prières en faisant sonner une petite cloche en faisant des cercles dans l’air avec une bougie, dans le petit temple de leur jardin. Elle semblait tellement absorbée par sa prière ! Petite frayeur de la journée : une moto qui arrive à fond à un angle de rue et qui m’arrache les sacs plastiques faisant valser nos bananes et nos mangues (pas mûres ! et oui, il n’y pas de petites arnaques !!). Heureusement seuls les sacs volent et je n’ai rien. Le gars ne s’arrête même pas et c’est un homme dans l’échoppe à côté qui vient nous aider à repêcher nos fruits dans le caniveau. Situation impensable dans les autres pays qu’on a traversés. Mais ici, c’est l’ Inde : chacun pour soi et... chacun son Dieu d’ailleurs ! Quelques rastas, babos grunges crados qui ont l’air un peu à côté de la plaque... Ambiance ! Encore un bon repas à l’hôtel. Je jette un œil pour voir comment ils préparent nos assiettes : un grand couteau pour découper tous les ingrédients, des pots avec des mélanges d’épices, de « trucs », ensuite tout cuit sur le gaz à grandes flammes, en agitant en permanence la gamelle pour que rien n’accroche. Un egg curry pour moi et un veg biryani pour Olivier. Un thé. Il ne nous en faut pas plus pour être heureux ! Une bonne nuit (nos premiers moustiques)...
Mercredi 26 mai 2005 On prend un bus gouvernemental pour Ranakpur. Départ 8h30. Dès le quai à Udaipur, nous sommes « pris en charge » par une famille qui se rend en pèlerinage au temple et qui semble très heureuse de nous escorter. Dans le bus voyant nos mines déconfites, ne comprenant pas leur anglais (ah ! l’accent indien !! et eux, ils disent que les français parlent mal anglais !!), ils nous griffonnent des petits mots sur des bouts de papier pour nous expliquer ce qui se passe dans le bus, ce qu’on voit par la fenêtre, etc. Une belle surprise nous attend : un jeune marié coiffé d’un turban rouge avec une grande plume vient s’asseoir à côté de nous. Il a l’air tout intimidé. Les femmes de sa famille chantent en cœur pour lui. C’est vraiment très joli, un air doux et gai. J’en ai la chair de poule, émue par ses femmes qui disent au revoir à un fils, un frère, un neveu... Une gamine (la petite sœur du marié ?), avec ses habits de fête nous fait des sourires discrets ; son visage s’illumine quand on lui demande si on peut la prendre en photo ! Magie de l’appareil photo numérique, quand on lui montre son portrait. Les paysages sont reposants, de petites montagnes schisteuses, des cactus ou des euphorbes à fleurs rouges, de beaux arbres (sans aucune feuille). Les petits villages traversés sont bien poussiéreux. Les maisons sont en torchis et les toits recouverts de lauzes. Les montagnettes deviennent peu à peu plus abruptes et les paysages traversés me rappellent un peu les châtaigneraies cévenoles (avec ces grands arbres secs isolés). De petits murets en pierre sèche délimitent probablement des parcelles avec des découpages assez surprenants : un versant coupé par plusieurs diagonales, des murets qui suivent les crêtes...Les talwegs ont été aménagés pour retenir l’eau par des sortes de seuils assez régulièrement espacés (le RTM n’a donc rien inventé !). Pour finir, la route serpente en suivant un joli canyon (avec un mince filet d’eau) dont le fond est couvert de lauriers roses en fleur. Le site est classé en réserve. Nous arrivons vers 12h30 à Ranakpur. A l’entrée du temple un singe fonce sur Olivier qui est en train de manger une banane. Du coup je flippe avec mon sac de bananes à la main ! Deux Indiens sympas nous escorte jusqu’aux escaliers avec un grand bâton. Difficile de décrire avec des mots la délicatesse et la finesse de ce temple. Il aurait 1444 colonnes toutes sculptées de haut en bas. Les coupoles sont également finement travaillées. Tout est blanc et même s’il n’y a pas un cm² de vierge, l’ensemble ne fait pas surchargé. Au contraire, tout est harmonieux, léger, fin. Malgré le groupe de Français bidochons qui jacassent par endroits, l’atmosphère du temple est très reposante. Un garde nous explique qu’il ne faut pas prendre de photos des bouddhas : il y en a en pagaille ; leur regard blanc nacré est d’ailleurs un peu effrayant. Un vieil arbre tortueux à l’écorce semblable au chêne vert. De petites cloches sonnent au gré du vent. Quelques pèlerins prient. Des moines habillés de rouge et de jaune se déplacent en silence. La petite famille du bus fait ses prières. Le groupe de touristes français me fait honte en les prenant en photo « pour faire plus typique avec leurs bâtons d’encens » ou en prenant en photo en cachette un bouddha. Le père de famille nous propose d’aller voir un autre temple plus loin en partageant les frais de location d’une jeep... Nous n’avons pas le temps, dommage ! On avale un thali dans la cantine du temple avec eux : bon et sympa (même si on est un peu l’attraction du jour !). Et puis il nous faut faire le trajet en bus dans l’autre sens... vraiment fatiguant ! Il fait toujours bien chaud. Nous nous abritons sous un porche avec deux vieilles femmes couvertes de bijoux : quelle déception quand elles me demandent une pièce pour les avoir prises en photo ! Sur le chemin du retour, quelques visions moyenâgeuses : un homme qui laboure avec son buffle, un autre qui nivelle le sol (?) debout sur une planche traînée par ses vaches. Nous arrivons éreintés au Panorama Hotel. On se repose quelques heures sur la terrasse en profitant encore du calme et de la vue sur le City Palace. Un dernier repas dans cet hôtel où je me sens comme à la maison. J’y serais bien restée un peu plus longtemps. Le personnel est tellement simple et sympa. Deux Indiens qui ont un peu appris le français à Pondichéry traduisent le petit mot qu’on a laissé dans le livre d’or. Sympa ! Nous voilà prêt pour notre deuxième nuit en bus... mais cette fois « deluxe » ! Je dors comme un bébé. Avant de monter dans le bus, je discute avec une fille qui bosse en Inde depuis 3 mois. Alors que des gamins viennent faire la manche, je fais un rapide « no » et tente de les oublier en attendant qu’ils se lassent et s’en aillent. Je culpabilise toujours à rester là, à ne rien faire, à ne rien dire alors que ces pauvres gosses pouilleux espèrent une pièce. Ma voisine les prend au dépourvu en « leur » demandant « five roupies ». Ca les aura au moins fait rire ! Je ne suis pas sûre d’avoir son aplomb... Deux jeunes catalans bien sympas nous racontent leur périple et nous conseillent d’aller à Barahtpur... Nous visions plutôt Amritsar ! Nous échangeons des impressions de voyage avant de monter « nous coucher » dans le bus. | | | Merci Claire,
Je reviens de la pause déjeuné, avec la suite de ton récit imprimé. Quel plaisir de repartir là-bas... Comme quoi on a beau trainer dans les mêmes coins, chacun fait son voyage, ses rencontres... C'est chouette de pouvoir profiter de tes rencontres... le voyage s'achève pour l'instant sur Ranakpur, ce lieu magique qui reste mon coup de coeur... ce thali à la cantine pour 17 Rs, hum rien que d'y repenser... et les singes qui t'assaillent pour te piquer la bouff.. que de souvenirs....
Si je peux me permettre 2 petites corrections, (pour ceux qui te liront...)
Tu parles de Haveli : moucharrabiekh de marbre ou pierre, il s'agit en fait des Jali. Les Haveli étant des grosses demeures richement décorées, comme tu l'utilses d'ailleurs plus loin. (les plus beaux Jali que j'ai pu voir sont ceux du mausolée de Salim Christi dans la Juma Masjid de Fatehpur Sikri... mais ceux du fort d' Amber sont pas mal non plus...) (sur la route entre Udaipur et Ranakpur, on a vu la nauraliste à l'oeuvre....alors je me permet de te reprendre sur mon terrain, l'architecture...)
Enfin, tu parles de Bouddha dans le temple de Ranakpur... Il s'agit d'un temple jaïn, et ce ne sont donc pas des Bouddha mais des Tirthankara, les maitres Jaïn divinisés... qui ressemblent effectivement beuacoup à Bouddha mais leurs yeux sont plus ouverts, me semble t'il.... fr.wikipedia.org/wiki/Tirthankara
sinon, ce que tu dis sur la misère...et la question de ta mère, je l'entend souvent quand je dis que je vais en Inde... il faut aller là bas pour voir qu'ils n'ont pas les mêmes richesses que nous, car ils ont bien d'autres richesses... et il me semble que c'est en Inde qu'il y a le plus gros écart entre riche et pauvres...
prochaine étape ? Jodhpur ? Merci... | | | À: Phil64 · 2 août 2005 à 20:20 Re: Un mois en Inde du nord - 19 avril au 17 mai 05 Message 10 de 41 · Page 1 de 3 · 8 477 affichages · Partager tu peux te permettre  ! merci pour les corrections, compléments... moi aussi, ça prolonge mon voyage comme ça ! mes hauts-le-coeur face à la misère ?... j'en dis pas plus... ça reviendra dans mes notes...
ci-dessous... de longs trajets en bus, en train, des rencontres, du vélo, des oiseaux, de la poussière et de la fatigue ! bonne lecture !
Jeudi 28 avril 2005Réveil à 6h : Olivier avait peur qu’on rate l’arrêt. En fait nous n’arrivons pas avant 7h !! Depuis la veille au soir je me retiens pour aller aux toilettes ! Dès que le bus s’arrête je fonce dans le premier hôtel en vue ! Il fait frais (il a plu dans la nuit). Nous goûtons des pâtisseries très sucrées et énergétiques (gelabié et des espèces de boules). Il a fallu réveiller le petit gars qui dormait au fond de la gargote. C’est pas vraiment clean comme endroit, mais ça ne nous choque même plus. Tout le long de la rue de la gare se succèdent les gargotes où on peut manger selon les heures thalis, samosas, pâtisseries... Des bancs ou des petits tabourets ronds tressés en corde alignés sur les larges trottoirs servent de salle de resto. Ambiance ! Les touristes sont rares à s’arrêter ici, mais nos estomacs semblent solides... Commence alors la galère pour trouver un billet de train qui nous convient. Une première queue avant l’ouverture de la salle, puis une seconde au guichet des étrangers, des vieux et des « freedom fighters » (!) et encore une troisième à ce même guichet, le premier tour n’ayant pas été concluant... Entre temps on remplit des fiches un peu au hasard pour différentes destinations... Je discute un long moment (dans les queues successives !) avec un Canadien qui doit bien avoir l’âge de mon père et qui fait le tour du monde. Il a perdu sa femme il y a à peine un an et a décidé de partir en voyage « pour ne pas trop penser ». Je suis vraiment touché par le bonhomme, attendrissant par la simplicité et la sincérité de ses propos. Quand la souffrance est là, rien ne sert de s’embarrasser pour la cacher. Il vient de passer une semaine à travailler dans une ferme où personne ne parlait anglais. Ca faisait trois semaines qu’il n’avait parlé à personne ! Et il a ainsi « fêté » le premier anniversaire de la mort de sa femme tout seul en Inde... Heureusement il passe beaucoup de temps sur internet à discuter avec ses enfants et ses amis. Mais je crois que mon accolade amicale lui a fait autant de bien qu’à moi (je ne peux pas m’empêcher de penser à Isabelle). Je lui recommande de lire « La longue marche » de Bernard Ollivier ; il paraît emballé ! Dommage que je n’ai pas gardé son e-mail. Après presque deux heures de cogitation pour savoir où aller (le train pour Amritsar n’existe pas, celui pour Varanasi est complet...), nous décrochons finalement nos billets. Mais un bus nous attend d’abord. Le voyage est interminable avec des arrêts dans chaque petit village. Le bus ne dépasse pas les 20km/h ! C’est désespérant... En plus il fait une chaleur effroyable et le bus fait un vacarme fatiguant. Quand le temps ne semble plus avancer... Sur la route, des ateliers de sculpture de marbre nous montrent que les Indiens d’aujourd’hui sont toujours aussi talentueux qu’à l’époque (pas si lointaine !) des marhadjas. Des fabriques de briques avec des cheminées à base carrée ponctuent le paysage d’étranges pyramides très allongées. Après une courte frayeur en découvrant la gare routière de Barathpur (qui pourrait bien être le trou du cul du monde !), nous nous faisons déposer trois kilomètres plus loin près de l’entrée du Parc. L’hôtel qu’on nous a recommandé n’a pas du voir de touristes depuis un moment : un nuage de poussière se forme dès qu’on se déplace dans la chambre !! Nous négocions un ananas pour quelques roupies : un régal ! Dodo !
Vendredi 29 avril 2005Réveil à 5h avec comme petit déjeuner une pauvre crêpe au miel... J’espère que la pâte n’a pas été faite lors du passage du dernier touriste ! Nous enfourchons nos vélos et pédalons avec plaisir : le temps est nuageux et il ne fait pas trop chaud. C’est plutôt agréable de se dérouiller les jambes après toutes ces journées dans les bus ou dans les trains. On respire ! Nous sommes seuls sur les pistes (depuis combien de temps ça ne nous était pas arrivé ?!). Normalement le site devrait être inondé. Là, il ne reste que quelques grandes marres et des arbres sur des buttes isolées. Ca ressemble plus à un paysage de brousse ou de savane ! Nous observons différents oiseaux plus ou moins identifiables : pie grièche, hornbill (sorte de toucan gris avec une grosse bosse sur le bec et une longue queue), kingfisher (joli petit oiseau d’un bleu flashi avec un gros bec), perruches vertes, petit hibou, pigeon, tourterelle, grosse poule d’eau, lawping red wattled, grand rapace brun qui vole dans l’allée d’arbres devant nous pendant un moment, grande aigrette, héron cendré, painted stork (cigogne bizarre), spatule (au bec en forme de... spatule !), blue wingedleafbird (un oiseau bleu et noir), common myra (l’oiseau qu’on voit partout avec un masque jaune). Pour le reste de la faune : lièvre, renard, singe, écureuil, spotted deer (adorable !!) et un autre deer plus grand gris avec une bosse plus poilue sur le dos et qui galope comme un cheval. Après 2h30 de vélo, nous faisons demi-tour : Olivier a mal à la gorge et est un peu fiévreux. Après une courte pause à l’hôtel, on décide de repartir à Agra (et non pas à Mathura) : ça nous ferra moins d’heures de transport. Le chauffeur de bus roule vraiment comme un dingue sur une route défoncée. Pour doubler les tracteurs ou les camions, le bus penche dangereusement. Même pas peur ! Nous arrivons à Agra pour apprendre que si l’on prend notre train ici et non pas à Mathura comme c’est écrit sur notre billet, nous risquons de perdre notre place... On essaye vainement de discuter avec je ne sais combien de guichetiers ni souriants, ni arrangeants. Quelques queues où les Indiens nous étonnent toujours autant par leur sans gêne pour nous passer devant ! Pour finir on achète un billet de train pour faire marche arrière vers Mathura !! Nous commençons à saturer des transports, des gares, des « rickshaw, sir ? Where are you going ? »... plutôt collant ! Un thé pour essayer de calmer nos maux de gorge... et attente du train de nuit... Il est temps qu’on se pose un peu. Nous avons accumulé trop de fatigue et tout nous insupporte. Nous répondons parfois de manière un peu sèche et sans ménagement aux rickshaws (qui sont quand même un peu pot de colle, il faut bien l’avouer !). Pourtant un gars sympa nous aide à monter dans le bon train à Agra, un étudiant dans le train veut nous offrir un thé... Finalement, c’est bercés par les rires de joyeux lurons que nous nous endormirons comme des masses sur nos couchettes (à 40 cm du plafond... pas bien loin des ventilos ! J’ai froid : un comble alors que la température extérieure ne doit pas descendre en dessous de 35°C !! | | | La fatigue se fait sentir... malade...
Samedi 30 avril 2005Les comiques sont déjà de bonne humeur ! Petite frayeur en croyant que l’un d’eux est en train de faire un malaise... mais non ! c’est une technique de respiration en hoquetant (yoga ?). Un autre s’y met aussi. Le peu que nous verrons de Satna n’est que foule, crasse, bruit et agitation (enfin, il y a quand même un super marchand de samosa juste en sortant de la gare ! et toujours ce mélange d’étonnement et de fierté des Indiens qui nous voient manger comme eux. Sourires timides). J’ai parfois l’impression d’être au Moyen Age. La gare de bus est un champ de boue, avec ça et là des tas de détritus et des bus plus ou moins défoncés, garés un peu dans tous les sens. Les guichetiers nous « mettent à l’abri » dans une pseudo salle d’attente bien poussiéreuse. Heureusement que j’ai prévu un livre pour tuer le temps dans les transports, histoire de m’évader un peu ! Pas très rassurée en voyant l’état de notre bus : pourri de chez pourri, tape-cul de chez tap-cul... bruyant, poussiéreux, des sales taches d’huile sur le plancher, les vitres qui semblent sur le point de tomber...Seul point positif, il n’est pas bondé (comme quoi les Indiens sont plus malins que nous et choisissent des bus plus rapides et moins pourris pour les longs trajets !). Je compte les kilomètres qui nous séparent de l’arrivée : le moindre kilomètre passé est une petite victoire. Heureusement les paysages sont sympas : forêt dont les arbres sont en train de débourrer, des gros blocs arrondis rouges (grès ?). C’est une réserve pour le tigre. Les fermes sont belles, en pisé de couleur claire ; les toits sont peu pentus recouverts de tuiles ovales complètement plates, parfois avec quelques rangées de tuiles romaines. La charpente faite de branches, dépasse de tout côté du toit ; le toit avançant très bas sur des terrasses en pisé. Autour des fermes, des mangeoires (toujours en pisé). Quelques maisons sont décorées de motifs simples peints en blanc autour des portes, des fenêtres. Ici les hommes n’ont plus de turban, mais tout le monde semble aussi gentil. Mais nous sommes vraiment trop fatigués pour en profiter et discuter avec nos voisins. Seuls les rickshaws sont vraiment pénibles : dès qu’on arrive quelque part en bus ou en train (souvent un peu sonné), ils se collent à nous en petit groupe pour nous suivre parfois sur plus de 100 m. A Khajuraho, il n’y a pas un touriste (il fait plus de 45°C, qui est assez fou pour venir maintenant ?! Mais finalement, je ne me rends même plus compte de la chaleur). Du coup, on prend le temps pour choisir notre hôtel : on négocie une super belle chambre à 700 roupies pour 250 ! Une grande chambre avec un canapé, un bureau, une télé... et une baignoire ! Nous voilà les rois du pétrole ! Un jardin tout mignon et à deux pas un petit resto bien sympa... où j’attraperai une belle diarrhée...
Dimanche 1er maiJournée blanche : je me vide à grandes eaux... et là, je n’ai plus d’état d’âme d’être dans un hôtel si classe alors que dans la rue, des Indiens vivent dans la crasse... C’est vraiment la première fois qu’en voyage je me sens aussi décalée avec la population locale. Il est évident que je suis différente d’eux par ma culture et que je ne pourrais jamais vivre dans les mêmes conditions de pauvreté et crasse que certains d’entre eux. J’assume pleinement ma position de touriste étrangère qui a besoin de se protéger, de se ressourcer dans certains lieux touristiques bien fréquentés ou dans des hôtels et restaurants pas trop cracras. La crasse et la misère 24h/24, c’est au-dessus de mes forces. D’ailleurs me voilà malade ! Toute la journée, impossible de se connecter à internet. Gros orage le soir. Nous avons investi dans une résistance électrique pour faire bouillir l’eau pour nous préparer du thé (chaud ou froid... fini le goût infect des micropures !). | | | Je viens de continuer le voyage.... et ben, c'est pas la forme.... La prochaine fois, il vous faudra quand même regarder sur une carte.... car passer par Satna pour aller à Khajuraho depuis Agra....  au moins vous avez vu la plus belle gare du monde !!!  On mettra ça sous le coup de la fièvre.... ! Bon, j'espère que la santé va s'améliorer et vous retrouverai en bonne santé au milieu des temples.... dire que dans quelques jours j'y serais..... | | | À: Phil64 · 17 août 2005 à 1:18 Re: Un mois en Inde du nord - 19 avril au 17 mai 05 Message 13 de 41 · Page 1 de 3 · 8 283 affichages · Partager En reprenant mon cahier, j’ai été tenté de gommer mes états d’âme, de rajouter un peu de couleurs... j’avais oublié que j’en avais bavé à ce point. Je me souvenais de la chaleur, des diarrhées, mais pas du reste... voici donc la suite brut de décoffrage ! J’espère que ça ne découragera personne à partir (...je crois bien que j’y retournerai en Inde, étonnant non ?!!...).
Lundi 2 mai 2005Encore bien vaseuse. Une autre touriste a été malade en même temps que moi après avoir mangé dans le même restaurant... Dommage il était bien sympa « le meilleur thali de l’ Inde » ! Nous ne faisons pas grand-chose de la journée. Petits tours dans le village (tout le monde nous connaît... les rares touristes du moment !). On change d’hôtel (hôtel Harmony). Dans le jardin il y a de la menthe... On passe au thé à la menthe ! Impossible de trouver un billet de train pour quitter Khajuraho : les vacances indiennes viennent de commencer pour 15 jours et tous les trains sont complets ! On se décide à prendre un billet sur « waiting list ». Le fonctionnaire qui nous vend les billets est des plus antipathiques, une caricature : il ne sourit pas, répond sans articuler, sans nous regarder, de manière très laconique. Bref, il nous fait bien comprendre que le plus tôt il se débarrassera de nous, le plus tôt il pourra mâcher ses feuilles de bétel. On s’amuse à lui demander des billets pour des destinations farfelues, pour le plaisir ! Heureusement un Indien sikh sympa nous explique tout avec le sourire ! On prend la tournure de nos vacances avec philosophie... mais on se demande de plus en plus pourquoi l’ Inde est une destination à ce point mythique pour tant de personnes. Certes dans un premier temps, le « folklore indien » est amusant, déroutant, dégoûtant... Bref le spectacle des rues, des gares, c’est à voir ! Mais après ça ? J’ai l’impression de n’avoir rien fait de ces dernières journées à part m’épuiser dans les transports : attendre, expliquer, attendre, se faire secouer, bouffer de la poussière... Et le côté « voyeur de misère » me gêne. Est-ce ça le charme de l’ Inde, voir des gens vivre comme au Moyen Age ? Ou alors le fait d’avoir « survécu » à l’ Inde impose une certaine « reconnaissance » : on devient un dur capable de voir la misère en face et de vivre dans la crasse ? Bof ! Il me semble que notre manière de pensée est à des années lumières de celle des Indiens (sans que l’une ou l’autre soit meilleure). Peut-être au fond c’est ça qui attire en Inde : c’est qu’on n’y comprends pas grand-chose et pire encore, qu’on se doute qu’on passe à côté de tas de choses qui ont un sens pour les Indiens et qu’on ne soupçonne même pas. Pas très claire, cette phrase ! Autant en Turquie, en Egypte ou au Chili, je ne me sentais pas si éloignée des valeurs des gens que je rencontrais, ici, tout me paraît indéchiffrable. Mais peut être suffirait-il que je passe plus de temps à discuter avec des Indiens pour me rendre compte des choses que l’on partage et de nos différences ?! Bof ! Pas convaincue... Il y a des scènes qui restent bien gravées dans ma tête. En attendant le bus à Bundi sur le bord de la route principale, à une halte pour bus et camions, vraiment crasseuse, bruyante et poussiéreuse, avec un va et vient incessant, fatiguant, cette femme squelettique avec sa petite fille (4 ans) et son fils (moins de 2 ans) assise par terre dans la poussière à 11h du soir ; la petite vraiment pouilleuse qui cherchait le sommeil en se tournant et se retournant dans la poussière et les cailloux ; le petit qui pleurait... A deux mètres, des Indiens de la classe moyenne tranquillement installés dans des chaises plastiques en train de siroter un thé ; la femme et ses deux enfants ne semblaient même pas exister à leurs yeux... Au même endroit dans la petite guitoune des bus, il y a ceux qui ont le droit de s’installer sur la petite banquette sous le ventilo pour regarder la télé et ceux qui restent dehors debout à la porte et qui tendent l’oreille pour suivre le film... A la gare de Mathura, il y a une salle d’attente pour ceux qui achètent les billets de train les plus chers avec de jolies petites familles proprettes et des gamins bien sages qui prennent une douche avant de changer de train ; et sur les quais, par terre, une vieille femme qui compte ses sous (moins de 50 roupies, 1 euros) avec un vieux sac crade qui doit contenir tout ce qu’elle possède. Elle se lève difficilement, se traîne avec son sac, qui est déjà trop lourd pour elle, elle laisse échapper sa bouteille d’eau qui roule vers les rails, personne ne bronche pour la lui ramasser... ah si, au bout de 5 minutes, un vendeur ambulant lui balance sa bouteille comme s’il la jetait à la poubelle. Malaise.
Mardi 3 mai 2005Le ventre semble aller mieux. 6h30, nous partons visiter les temples. Il fait frais et la lumière du matin est très belle. C’est très propret avec des pelouses bien clean. Les statues sur les temples sont vraiment gracieuses, très fines, des hanches bien amples, des seins tout ronds. Il y a de la vie dans ces sculptures, du mouvement ! L’ensemble est gai, les visages souriants. Les scènes inspirées du kamasutra sont plutôt rigolotes. Et quelle ironie ! Des petites statues faussement pudiques qui sourient en faisant mine de se voiler les yeux, mais qui jettent un coup d’œil coquin. L’intérieur des temples est plus sombre, poussiéreux, des crottes... Ils sont tous conçus sur le même plan et on ne s’y sent pas minuscule comme dans nos cathédrales, dans une mosquée, etc. Si les scènes représentées sur les temples traduisent effectivement la manière de vivre de l’époque, les temps devaient être plus doux ! En tout cas, ces femmes déhanchées, cet éloge de la beauté des corps, ces scènes de cul... tout ça est bien loin des statues rigides (frigides !) de nos églises ! Comment les Indiens perçoivent ces scènes maintenant ? Les femmes sont plutôt pudiques et les gestes d’amour en public sont très rares. Nous traînons un peu dans les rues, à l’hôtel... Olivier est très fier d’être arrivé à se faire rembourser la résistance qui a rendu l’âme après deux jours d’utilisation (les variations du courant lui auront été fatales... d’ailleurs assez marrant de voir l’ampoule se mettre à briller très fort subitement alors que le ventilo se met à tourner plus vite et puis, hop, tout le monde se calme...jusqu’à ce que le courant saute pour la nième fois... et les bougies s’allument un peu partout dans l’hôtel). Le vendeur lui dit qu’il est un « special man » ; c’est sûr... En tout cas apparemment tout le monde est venu donner son point de vue, l’attraction de la journée pour le village ! La pauvre résistance est passée de main en main, a été démontée, remontée, testée, re-démontée... sans succès ! alors... remboursée ! Finalement le bus semi-deluxe pour Varanasi avec sièges inclinables se transforme en bus pourri avec comme sièges des planches en bois vaguement matelassées. Le démarreur est mort : le chauffeur se gare toujours en pente ou les roues arrière en équilibre contre le trottoir pour pouvoir repartir. Je tire vraiment la gueule en montant dans le bus : on va y passer la nuit...14h de trajet prévu... Nous arriverons en fait 20h plus tard ! une crevaison (pas de roue de secours, il faut attendre que le pneu soit réparé) et un bouchon surréaliste de camions (tout le monde a arrêté son moteur de 3h à 6h du matin et on attend, c’est tout !!). Impossible de dormir. Olivier y arrive un peu mieux que moi...
Mercredi 4 mai 2005Tout le long du trajet, je cogite pas mal. Je ne comprends plus ce que je fais là, dans ce bus pourri à me détruire le dos et à risquer ma vie dans ce bus délabré. Ca ne m’apporte rien. Aucun échange avec les Indiens. Chacun pour soi. Une bonne femme s’énerve contre un mec, un vieux nous prend la tête pour que son fils s’assoie à côté de nous. Pas que de la douceur dans tout ça ! Au contraire, plus les jours passent et plus je ressens de la violence partout (même si ce n’est que rarement de la violence physique). Peut être est ce le manque de respect des uns envers les autres qui m’agresse ? Les seuls échanges sympas seront avec deux Néerlandais qui ont fait le même trajet de fou que nous ! Entrée dans Varanasi par les bidon-villes : ça commence bien !! La gare des bus est ultra-glauque : un terrain vague défoncé avec quelques grosses flaques d’eau croupie, des tas d’ordures, quelques vieux bus moisis, un abri dont il ne reste que l’ossature métallique... de la paille remplace le toit et donne quelques m² d’ombre... Nous découvrons Varanasi en rickshaw : est-ce la fatigue ? ou la pluie de la veille qui a transformé la poussière en boue ? ça nous parait bien plus crade qu’ailleurs. En tout cas, il y a vraiment plein de vaches impressionnantes par leur taille !! On se fait immédiatement plein de nouveaux amis qui gentiment veulent nous aider à trouver notre hôtel...On a beau les remercier d’abord gentiment, puis de manière plus énergique, ces amis sont vraiment serviables et ne nous lâchent pas d’une semelle !! On tourne un peu dans les petites rues avec notre escorte 20 m derrière nous. Ici pas de rickshaw, pas de vélo... seulement des vaches et des bipèdes en tout genre. Plutôt reposant par rapport aux grandes artères de la ville. Ouf, voilà l’hôtel ! une douche ! Je me sens crade, mélange de sueur (il fait 45°C à Varanasi), de crasse de la nuit, de crasse des gens contre lesquels j’étais collée dans le bus, de crasse des bleds traversés, de crasse dans l’air... Je suis vraiment fatiguée et j’ai à nouveau très mal au ventre (à en avoir les larmes aux yeux dans le bus). Olivier n’en mène pas large non plus. Après avoir dormi quelques heures, tout va mieux... bizarrement !! En fin d’après-midi, nous sortons envoyer un mail. Découvert des ghats. Plutôt reposant comme ambiance. La lumière du soir est belle, il n’y a pas trop de monde et le Gange est moins crade que je ne le pensais (du moins visuellement...). Quelques Indiens sont dans l’eau. Un troupeau de buffles remonte le fleuve en nageant le long des ghats. Quelques touristes. Certains ont l’air bien allumés. Un couple de jeunes babos à deux de tension s’est fait mettre à la porte de notre hôtel : ils n’avaient pas réalisé que leur visa était périmé ! On se couche avec un spectacle son et lumière, au rythme des coupures de courant et du vacarme des groupes électrogènes qui s’enclenchent !
Jeudi 5 mai 2005Réveil 5h, c’est l’heure où il fait le meilleur ! Nous filons directement vers main ghat : mais où sont les milliers d’Indiens annoncés dans notre guide ?! Peu de pèlerins, mais par contre des « Hello ! boat ? » tous les 3 m. Motivés les petits gars !! Mais l’ambiance est reposante. Le soleil se lève ; le ciel passe du bleu lavande au rose qui vire peu à peu au orange. Les Indiens qui n’ont pas de « buisness » font tranquillement leurs ablutions. Des scènes surréalistes ! On se pose un peu au hasard en haut des marches en regardant l’animation « calme »autour de nous. Les femmes se baignent tout habillées, les hommes en caleçon. Ils s’immergent plusieurs fois de suite, tournent sur eux-mêmes en envoyant de l’eau en l’air, joignent leurs mains au dessus de leur tête tourné vers le disque rouge du soleil ; souvent ils remontent avec un peu d’eau dans un peau en métal (pour la boire ?). Je regarde le plus discrètement possible les femmes enfiler leur sari (pas le moindre sein à l’air ! quelle technique !). Elles plient un pan du sari en accordéon d’une main, avec une agilité impressionnante. Des cérémonies religieuses avec un gourou (?) sur des petites estrades de quelques mètres carrés abritées d’un parasol en paille tressée (il y en a tous les 2 m le long du ghat) : devant soi, une assiette en feuilles de bananier contenant une mixture colorée (fleurs, safran, poudres, graines...) régulièrement arrosée d’eau sacrée. Le gourou donne ses instructions en mettant tour à tour des grains noirs, un bâton d’encens, des grains blancs, une coupelle contenant un truc blanc qui flambe toujours arrosé par-ci par-là d’eau sacrée... et vas-y que je fais des cercles avec tout ça au dessus de mon petit tas de fleurs sacrées pendant que le gourou récite un peu mécaniquement des phrases magiques !! hallucinant ! Il y a aussi des tas de cloches qui sonnent. Un mec jeune assez gracieux nous fait une petite danse où il présente différents trucs au fleuve, tourné vers le soleil levant (sur une espèce de plateforme octogonale, sorte de pilier, sur lequel il faut se déchausser). Il a un brasero avec du feu sacré éternel, de l’encens, de l’eau sacré, un espèce de plumeau avec des plumes de paon, un autre plus touffu comme un gros pinceau blanc, un bouquet de stippe... Il agite tout ça tour à tour, très lentement au rythme des chants. C’est très joli, même si la signification de tout ça m’échappe. Un mec nous fait un speech comme quoi on est béni maintenant qu’on est venu au bord du Gange... bla bla bla...sa formidable religion... bla bla... je ne l’écoute même plus ! Alors que je refuse (poliment) qu’il me fasse un point jaune sur le front (porte bonheur) et de jeter des fleurs dans l’eau, il s’énerve un peu... Ben ouais ici, comme ailleurs, les bondieuseries, c’est vraiment pas mon truc, mon gars !! Il y a un peu plus haut sur une esplanade à mi-hauteur des escaliers des personnes qui font du yoga ? qui prient ? très zen comme ambiance. Assis en tailleur, les yeux fermés, tous bien alignés face au soleil et au fleuve, ils bougent très lentement, se bouchent alternativement une narine puis l’autre. Tiens, il y en a un qui se réveille ! Il se met à sauter sur place raide comme un piquet, puis en écartant les bras, il tourne sur lui-même. Les autres n’ont pas bronché, leur main dans une sorte de gant de toilette orange sur leur cœur... Quoi d’autre ?!... des chiens, des vaches, on se lave les dents avec un bâton, on se lave les cheveux, on lave son linge, on l’essore, on s’habille... Deux femmes se font leur petite cérémonie comme des grandes sur les marches : un peu de poudre orange dans un bout de journal. Je t’en mets un peu dans un autre bout de journal, je prends un peu de poudre sur mon index, je te fais des points en T sur la marche, le dernier sur mon front et hop, je prête ma poudre magique à ma copine pour qu’elle fasse pareil... Au passage une petite courbette devant les petites statues oranges de leur divinité... et tout ça sans se soucier le moins du monde de tous les gens autour d’elles. Finalement nous longeons un peu tous les ghats. Il y en a de moins « class » sans marches (pour les basses castes ?). On arrive finalement sur le ghat des crémations. C’est paisible, pas grand monde. Des tas de bois rangés par catégories de diamètre un peu partout. Des gars qui fendent les plus gros billons avec une masse et un coin. De grosses balances pour peser le bois. Des plateformes entourées de barrières métalliques noires où brûlent deux ou trois feux. On regarde tout ça d’en haut (de la plateforme supérieure utilisée quand le Gange est en crue pendant la mousson). Ca chauffe ! Moi qui avais peur de voir des cadavres ou des restes... Sans s’approcher, on ne voit qu’un gros feu avec une masse noire au milieu (le corps). La famille (on n’a vu que des hommes) se tient là pas bien loin du feu. Un homme qui en réconforte un autre en le tenant dans ses bras. Un corps qui attend sur un petit traîneau de bois complètement recouvert d’un drap rouge. Et puis il y a des « employés » qui remuent le feu, qui préparent le bois, qui enlèvent les cendres pour les jeter dans le Gange (et oui, il y a bien des chiens qui farfouillent). On se fait deux ou trois amis qui veulent nous expliquer plein de choses (... et nous demander des sous !). Dans le coin, il y a plein de trucs sacrés... Shiva a fait des siennes ! Un feu éternel, un puit... Ca ne me passionne pas vraiment ces histoires. Tiens les berges se sont affaissées : un temple penché, une colonne sur laquelle on a reconstruit pour rattraper la pente, une maison avec la porte, les fenêtres complètement de traviole : j’adore ! Il est 8h30, il fait déjà très chaud. Retour à l’hôtel pour une bonne douche. On sort manger un thali. Et hop, une douche, une sieste... La chaleur, ça fatigue !! Dans la ruelle en face de l’hôtel, il y a un temple où les gens chantent des oms en canon. Un singe nous pisse dessus ; faut dire qu’on regarde plutôt nos pieds pour ne pas marcher dans les bouses (sacrées) ! Dans les ruelles, il y a vraiment une ambiance particulière. Il y fait plus frais. C’est agréable de s’y perdre. Un aller retour à la gare en rickshaw pour confirmer notre billet de train. Que de monde dans les rues ! Embouteillage de rickshaws... des gamins plein de vie, tout sourire, dans un « school-rickshaw » ! Par hasard, on tombe sur l’endroit où sont confectionnés les colliers de fleurs. Des montagnes jaune, rouge et orange ! Quelques sourires, quelques photos, une gorgée d’eau pour notre chauffeur et c’est reparti ! Nous retournons sur le ghat des crémations. Je trouve ça toujours aussi apaisant : ces grands feux qui brûlent ensemble, comme si en mourant les hommes étaient égaux et leur famille, solidaire dans la souffrance. Ca incite au recueillement. Bien sûr, ce n’est qu’une idée fausse : les brahmanes brûlent d’un côté, les pauvres récupèrent des bûches incandescentes d’un autre foyer pour faire brûler leur mort complètement. Et les Indiens n’ont pas le même rapport que nous à la mort. Un gars explique plein de trucs à Olivier : des gens viennent attendre la mort à Varanasi dans des immeubles délabrés. 24 heures après leur mort, ils sont incinérés (nuit et jour). Sinon les indiens se font incinérer dans leur village et les cendres sont ensuite amenées à Varanasi. Les enfants et les femmes enceintes ne sont pas brûlés. Avant d’être brûlé, le corps est immergé dans le Gange. Il est déposé sur le bûcher, on rajoute du bois dessus et le fils aîné allume le feu. Il faut 3 et 4 heures pour que le corps brûle. J’ai bien reconnu deux pieds, mais ça ne m’a pas retournée comme je l’avais imaginé. Comme si c’était juste le cours naturel des choses, la vie, la mort. Et ce mode de crémation n’a rien de plus choquant ou touchant qu’un enterrement. Le nouvel ami d’Olivier insiste très lourdement pour qu’on fasse une donation. Devant notre refus, il devient vraiment agressif : nous sommes des «bad people ». Fini le recueillement... Dire que 20 m plus bas, une famille amène le corps de son défunt... pas beaucoup de respect ! Nous quittons les lieux rapidement. On file vers main ghat pour la cérémonie du soir (nom ?). On discute un moment sur les marches, avec une Indienne dont la famille a fait fortune en Afrique du Sud (2 boîtes de nuit, un resto, une auto-école...). Elle est certainement très riche, mais pourtant très simple et rigolote. Elle est en pèlerinage avec sa mère ; c’est la quatrième fois qu’elle vient en Inde. « I want to go home ! Why are we here with all this shit every where ?! ». Elle nous montre des photos de ses enfants, de sa maison, de sa piscine... et nous mets en garde, faire attention à nos affaires, ne suivre personne, ne pas accepter de nourriture... comme Pinki à Bundi, elle nous dit que l’ Inde est un pays dangereux. Exagération ? crainte des castes supérieures ? inconscience de notre part ? Je ne me sens vraiment pas menacée !! Son côté « commerçant » refait surface : il faut acheter de la soie à Varanasi, de l’or à Bombay, « very cheap » ! Je n’adhère pas à sa manière de voir les choses et en même temps, elle est touchante par sa gentillesse toute simple, un peu maternelle. Elle déballe tous ses paquets au milieu de la foule pour me montrer les soies qu’elle vient d’acheter, me les faire toucher...Et s’excuse de devoir nous laisser pour accompagner sa mère au bord de l’eau. La cérémonie m’abasourdit : toute cette mise en scène et ces gens hypnotisés... Ca fait peur ! J’essaye de n’y voir qu’une simple jolie danse de cinq jeunes beaux gars, habillés de blanc avec une ceinture de couleur verte, bleu ou rouge. Ils nous font une chorégraphie un peu comme celle de ce matin, à faire des grands gestes lentement avec encens, coquillage rempli d’eau, pyramide de bougies, brasero et, mes deux favoris, le cœur en plume de paon et le pinceau « bouquet de stippe ». En même temps, les cloches carillonnent et un instant me voilà aux Lanches avec les tarines dans les prairies au-dessus de la maison ! Et tient quand la foule reprend en cœur, j’entends des moutons. (Ca y est, je fais de l’anti-hindouisme primaire !!). Avant de se coucher, on ouvre une boîte de sardines (qu’on avait cachée au fond du sac) sur une assiette de riz. Des protéines animales !!
Vendredi 6 mai 2005 Nous partons pour 24 heures de train : Varanasi- Haridwar. Sleepers, avec des voisins tranquilles. Je repense aux conseils de la Sud-Africaine « Vous devez être ferme », « Vous devez mentir ». Et malgré moi, c’est bien ce que j’ai appris à faire... Ne pas montrer que j’ai le cœur retourné, avoir un regard froid, vide de tout sentiment et un « no thank you » bien assuré. A la fois pour ne pas péter un câble et pour ne pas avoir tous les miséreux à mes trousses... Apprendre à maîtriser ses sentiments en se raccrochant à quelque chose de doux pour supporter la crasse, la misère : un chant, une odeur, un sourire, un bel arbre... Dans je ne sais plus quel livre, une infirmière ou un médecin disait que pour ne pas être dégoûté, pour ne pas avoir de recul devant un malade difforme ou défiguré, il/elle recherchait ce qu’il avait de beau, son regard, sa main, son cou... L’ Inde, c’est pareil, il faut chercher ce qu’il y a de beau pour ne plus voir crasse et misère, et la violence sous-jacente. | | | À: Claire2005 · 17 août 2005 à 16:05 · Modifié le 17 août 2005 à 21:00 Re: Un mois en Inde du nord - 19 avril au 17 mai 05 Message 14 de 41 · Page 1 de 3 · 8 271 affichages · Partager Il me semble infiniment plus intéressant d'être dérangée qu'arrangée (ou rangée), chère Claire!  Ton récit n'a rien de décourageant et il sonne plus vrai que les propos extatiques. Question: sais-tu pourquoi tu retourneras en Inde? | | | À: Pataugas · 17 août 2005 à 22:47 Re: Un mois en Inde du nord - 19 avril au 17 mai 05 Message 15 de 41 · Page 1 de 3 · 8 254 affichages · Partager Merci pour vos petits mots  ... je pensais pas que tant de gens liraient mon récit ! c'est surtout pour moi que j'ai mis tout ça au propre (au propre sur l'ordi, au propre dans ma tête  !) Pourquoi l'envie de repartir là-bas ? Je sais pas bien... le sentiment d’avoir un voyage à continuer là-bas, après avoir un peu digéré le premier, tellement de choses à découvrir encore... (et une revanche à prendre pour mon estomac  !)... mais bon, j'ai plein d'autres idées de voyage... et un an à attendre ! alors d'ici là..?!!
et voilà la suite...
Samedi 7 mai 2005 Le train n’a même pas de retard à l’arrivée ! 8h du matin. On fait le tour des hôtels pour trouver une chambre. Les Indiens sont en vacances et tout est complet ! Depuis hier je suis à nouveau malade et la perspective de devoir me nourrir de riz, de bananes et de biscuits secs jusqu’à la fin du séjour me démoralise ! Heureusement il fait un peu moins chaud. Nous passons l’après-midi à faire le tour d’ Haridwar pour changer des travellers, réserver un bus, graver un CD, écrire un mail, essayer de confirmer notre vol de retour... Et ça nous prend du temps !! Les Indiens sont vraiment super sympas et serviables. Mais on rencontre une vraie tête à claques, un modèle du genre : le responsable d’une agence de voyage, aimable comme une porte de prison, qui nous met tout simplement à la porte sans un mot, après un « no » très explicite ! Hallucinant cette impolitesse pleinement assumée ! L’ambiance sur les ghats est très différente de celle de Varanasi. Le Gange semble plus étroit, moins sale. Il est en crue : le débit est plus fort et seules quelques marches ne sont pas immergées. Des chaînes permettent aux gens de s’accrocher pour ne pas se faire emporter par le courant. Dans la journée, c’est l’ambiance « piscine municipale » ! Les familles d’Indiens aisés ont plus l’air d’être là en vacances pour se détendre que dans un lieu saint pour prier. Il y a de nombreux saddhus un peu partout, habillés de orange, les cheveux souvent rassemblés en gros chignons sur le sommet du crâne, quelques uns entièrement recouverts de cendres. Ils sont là, un peu partout, assis à discuter, à méditer, souvent au pied des arbres. Jolies silhouettes au coucher du soleil, de deux sages assis en tailleur au bord du fleuve, près de la grande statue de Shiva. On croise aussi quelques babos (...sont pas malades eux ! faudrait peut être que je me mette à fumer ?!!), les premiers visages des hautes montagnes himalayennes, des yeux bridés. Nous assistons à la cérémonie religieuse du soir dans une ambiance de franche kermesse. Les familles prennent un dernier bain avant d’aller s’asseoir sur les marches en suivant les consignes de « policiers » aux coups de sifflet énergiques ! Les « policiers » haranguent la foule pour qu’ils fassent des donations. Hallucinant ! Chaque fois que quelqu’un donne un billet, le « policier » crie son nom et le montant de son don et le bénit. Je me sens un peu mal à l’aise. Les billets passent de main en main vers les « policiers ». Des gens mettent à l’eau des petites (et de très grandes !) coupelles en feuilles de bananier contenant safran, rose, bougie et une pièce de monnaie. C’est très joli ! Petites lumières flageolantes rapidement emportées par le courant. Un petit tour dans le bazar en fête, des touristes indiens qui achètent une glace, une pâtisserie... Palavas-les-flots à l’indienne ! Je me fais encore voler des bananes par un singe... à deux pas d’une ringuette de marchands de bananes qui se marrent ! | | | Salut Claire,
Avais-tu préparé ton voyage en solo ou etais-tu assistée par une agence pour les hotels ou les déplacements intérieurs ? Je compte partir 2 semaines Fin Oct 2005. Que me conseilles-tu? Merci | | | ... ne fais pas attention ! 
... tu en étais aux bananes qui se marrent... | | | À: Gros · 22 août 2005 à 10:46 Re: Un mois en Inde du nord - 19 avril au 17 mai 05 Message 18 de 41 · Page 1 de 3 · 8 175 affichages · Partager on a préparé notre voyage avec guide du routard et lonely planet (le deuxième nettement mieux que le premier à mon gout, mais bp plus volumineux) et il y a plein d'infos à sur ce site (avec "rechercher des messages"). sur place, bp d'improvisations. pas de souci pour se déplacer ou trouver à se loger. un conseil : ne pas vouloir en faire trop, c'est ce qui nous a tué ! hésite pas à poser des questions ! | | | À: Maitairoa · 22 août 2005 à 10:49 Re: Un mois en Inde du nord - 19 avril au 17 mai 05 Message 19 de 41 · Page 1 de 3 · 8 173 affichages · Partager bien vu ! mais finalement, je me demande si elles ne se marraient pas aussi,...les bananes ?!! | | | en route vers les montagnes...
Dimanche 8 mai 2005Nous nous réveillons à 5h45 pour un départ en bus à 6h45. Petit bus blanc pour Josinath. Le trajet est interminable (12 heures de bus) mais la route n’est pas trop pourrie (sauf à la fin). Sur le bas-côté de la route, dans les fossés pousse du canabis. C’est assez joli, ces feuilles toutes découpées ! Le long du Gange, des camps sont aménagés pour accueillir les touristes indiens qui descendent le fleuve en raft. L’eau est bien marronnasse (sans doute chargée en alluvions). Les vallées se resserrent et deviennent de plus en plus encaissées. Tous les versants, quelque soit la pente, sont cultivés avec des tas de petites terrasses aux murets parfois impressionnants par leur hauteur (jusqu’à deux ou trois mètres). Le blé est mûr. Les terrasses forment comme des tas de petits bouts de lignes jaunes plus ou moins parallèles quand on les regarde d’un versant à l’autre. C’est très joli et reposant. Des forêts claires de pin (qui ressemble au pin de Weymouth). Les premiers sommets enneigés n’apparaissent que vers la fin du trajet. Chaque petit bout pris isolement ressemble aux Alpes ; mais quand on balaye un versant du fond la vallée au sommet, tout paraît gigantesque. Les Alpes « en grand » ! Les dénivelés sont vraiment impressionnants (impossible à évaluer...). Des traces de coulée de boue et des éboulements récents. La route-piste est encore en travaux par endroits. En regardant en arrière, j’aperçois le route qu’on vient d’emprunter au milieu d’une « petite » falaise (à l’échelle du versant) qui doit pourtant dépasser les milles mètres de dénivelé : les camions sont vraiment minuscules ! des fourmis ! Je me sens toute petite et je réalise d’un coup que je suis seulement dans les premières vallées, les premiers contreforts de l’Himalaya, alors qu’on a remonté une vallée pendant toute une journée ! J’en ai le vertige ! Ne même pas pouvoir imaginer comme ça s’étend tellement c’est grand, tellement c’est à une autre échelle que les vallées des Alpes ! Waouw ! Des alpages, des forêts de résineux, des barres rocheuses, des sommets enneigés... Un bel orage ! Il fait frais : on sort les polaires, les gore-tex !! Je me sens vraiment bien, à l’aise, en descendant du bus comme si j’étais à la maison, presque euphorique de respirer de l’air frais (et pur !), loin des foules et de la chaleur de la plaine. Etonnant ce sentiment dès que je retrouve des montagnes, une espèce de fierté à la con « moi aussi, je connais les dures lois de la montagne ». Bizarrement, quand on « décide » que les gens vont être accueillants, ils le sont ! Pour fêter notre arrivée à la montagne, on va s’empoisonner au resto du coin... | Carnets similaires sur l'Inde: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 8 928 visiteurs en ligne depuis une heure! |