GeorgesOZ · 23 août 2009 à 7:45 · 132 photos 521 messages · 20 participants · 62 023 affichages | | | | Ben oui, on sait aujourd'hui qu'il y a eu des "migrations" à très grandes distances à des périodes très reculées !
Et pourquoi celles que l'on connaît aujourd'hui n'auraient-elles pas été précédées par d'autres que l'on ignore encore ?
Ces migrations "à très longue distance", je pense qu'il faut en tenir compte si l'on souhaite absolument classifier, cataloguer les humains en sous-types et sous-catégories ! (dans ce domaine, rien n'est pire que les approximations, l'ultime d'entre-elles étant "bon/mauvais" !)
Un apport de gênes, même très infime, peut transformer complètement une population, c'est un phénomène très connu que certains utilisent même pour expliquer l'attrait (physique) qu'on peut avoir pour "les étrangers"...
De plus je voudrais rectifier une notion selon laquelle les langues seraient dérivéesd'autres langues, c'est vaguement innocent mais incorrect, on doit dire que les langues se "marient" (en plus d'évoluer par elles-mêmes au cours du temps) pour en former d'autres... et ce de façon continue, pas sous forme de générations successives ! (le "grec ancien" est incompréhensible d'un locuteur "grec moderne" !)
Et çà car, comme la culture, comme "la génétique", les langues sont des objets dynamiques qui changent en permanence... (moins lorsqu'on a des organespolitiques normalisateurs, c'est vrai, m'enfin...)
Pour terminer, j'avoue aimer citer Socrate "Je sais que je ne sais pas", et que çà doit être déplaisant à lire pour certains, par contre la ficelle qui consiste à accuser d'autres de ce qui vous mine est très gros, même si c'est commun 
"Je sais que je ne sais pas", c'est tout, sauf la devise d'un "gourou" qui refuse la discussion, c'est celle que doit partager tout scientifique qui se respecte.
| | | La musique étant un autre sujet qui m'interesse beaucoup, je l'ai regardé avec plasir et interet. Par contre pour les 20 ans d'apprentissage... je crois que je vais rester avec mon piano finalement...
plus encombrant | | | [ je dirais que sortie de son contexte je n'aurais pas penser à première vu que la danseuse est asiatique, mais j'aurais plutot pensé à une jeune fille du Moyen-Orient... Comme quoi. C'est vrai qu'on a tendance à identifier les "asiatiques" par leurs "yeux bridés", plus "en fente"... Mais c'est oublier que l'Asie, c'est très grand, et que les peuples voyagent...
Ce qui rejoint mon interméde musical sur la route de la Soie qui, à contribuée à ces superbes melanges | | | Toujours très poétique, Paul ! Et plutôt vu d’un point de vue optimiste. 
Ces « superbes mélanges » ne se sont pas toujours produits pacifiquement. Bien des gènes ont dû être échangés par la force des choses, quand les féroces cavaliers Mongols et associés ont déferlé en Asie Centrale et au Moyen Orient. J’avais encore quelques images tirées des « livres de mariées » chinois en réserve. Celle-ci, de la période Ming, me semble avoir été influencée par les contacts de la Chine avec les Mongols ! Et si la femme semble être ravie de la situation, on imagine qu’il y a eu des rencontres plus douloureuses et moins consentantes  , qui ont bien sûr contribué à nos fameux « mélanges ». | | | La question de l’échelle à laquelle on travaille est primordiale. Un souci tout à fait légitime, c’est qu’on passe peut-être trop vite sur des détails cruciaux, qu’on simplifie trop et qu’on peut ainsi aboutir à des conclusions faussées. Pour examiner d’une façon tangible si j’ai ignoré de tels détails cruciaux dans mes pages précédentes, je vais prendre le cas de la répartition des langues Austronésiennes parlées sur la côte nord de la Nouvelle Guinée et dans les archipels qui se trouvent plus loin à l’est dans les îles Solomon, Bismarck etc...
L’arrivée des migrants austronésiens (AN) à l’ouest de la Nouvelle Guinée est datée vers 1500 avant J.C., par l’intermédiaire des restes archéologiques de la culture Lapita dans l’île de Halmahera (« Guns, germs and steel », de Jared Diamond, un ouvrage de première classe que je recommande vivement). Leur arrivée dans les îles de Fiji, Samoa et Tonga, plus de 1500 kilomètres plus à l’est des îles Solomon, a été datée de la même manière à 1200 avant J.C. Ces dates sont relativement précises, disons à +/- 100 ou 200 ans. C’est un degré de précision que les recherches linguistiques et génétiques ne peuvent prétendre atteindre. Cependant, les résultats de ces autres voies de recherches s’accordent bien avec les résultats des recherches archéologiques.
Il en découle que la Nouvelle Guinée et les îles environnantes ont été fréquentées par les AN pendant plus de 3000 ans déjà, voire 3500 ans. Les Papous (P) et autres peuples aborigènes apparentés aux P étaient installés dans ces régions bien longtemps avant l’arrivée des AN. Les AN et les P ont commercé les uns avec les autres, il y eut bien sûr des mariages mixtes et ainsi de suite. Quand on voyage d’un village à l’autre le long de la côte nord de la Nouvelle Guinée, on entend parler une langue AN, puis une langue P, puis de nouveau une langue AN, et ainsi de suite, sans qu’il y ait la moindre frontière génétique là où se trouve une frontière linguistique. Il est clair que le long contact entre les AN et les P a résulté en une pénétration linguistique AN sans qu’il y ait eu de pénétration AN génétique efficace.
Dans ce contexte, je ne parle bien sûr pas de la moitié indonésienne de l’île, que l’on appelle Irian Jaya ou West Papua, qui a été annexée en 1969 par l’ Indonésie. Les États-Unis avaient fait pression sur les Pays-Bas, l’ancienne puissance coloniale, pour permettre à l‘ Indonésie de déclarer sa souveraineté sur cette partie de l’île. L’ Indonésie s’est alors lancée dans un programme de transmigration à grande échelle, appelé « transmigrasi », consistant à déplacer chaque année des milliers, voire des dizaines de milliers de gens des îles surpeuplées de l’archipel, surtout de Java, et à les installer ailleurs. Sumatra, Kalimantan et beaucoup d’autres îles dont Irian Jaya reçurent en tout des millions de Javanais de cette manière. Dans le cas de l'Irian Jaya, ce fut donc une nouvelle vague massive de migration austronésienne.
Donc, le cas de la côte nord de la Nouvelle Guinée, dans sa partie orientale (c.à-d. en Papua New Guinea et non en Indonésie) est un exemple qui montre bien que mon hypothèse de travail est une simplification. Je l’avais bien reconnu d’entrée. Mais ces détails ont-ils faussé en quelque manière toutes les observations faites dans toutes mes pages précédentes, à une échelle plus grande, sur les migrations AN et sur leurs origines remontant à Taiwan et très probablement en Chine du sud ? Tout simplement : non.
Alors je me permets de pousser mes recherches en faisant ici et là quelques simplifications, sinon je ne m’en sortirai jamais. Je suis tout à fait conscient des détails et des complications et je suis loin d’être naïf – après tout, cela fait bien 40 ans que je m’intéresse aux langues, à l’histoire, aux autres cultures etc. Je n’empêche pas ceux qui le veulent d’aller plus loin et plus profond que moi, au contraire ! Le sujet (les sujets au pluriel ?) que j’ai abordé est inexhaustible et je n’ai pas la moindre prétention d’en faire le tour.
Voilà, il ressort de tout ça, je l’espère, une certaine philosophie. Sans arrogance aucune mais pour mettre les choses au point. Sans philosophie, on fait un peu n’importe quoi et sans être conséquent. | | | Hello Georges,
Ci-dessous quelques petites vidéos de Laurent Sagart, linguiste spécialiste des langues d'Asie Orientale. Les interventions sont assez courtes et en francais.
semioweb.msh-paris.fr/...DLC/884_fr/Shots.asp
Sinon, pour avoir une idée de ce à quoi ressemblent les langues des Ami, Bunun, Puyuma etc... on peut toujours écouter leurs chants. Le Label Wind Records édite toute une collection de chants aborigènes par tribu. On doit aussi pouvoir trouver des enregistrements sur Youtube je pense. On peut aussi écouter la chanson Return to Innocence d'Enigma (  ), on y entend des chants Ami utilisés sans l'accord des chanteurs. L'affaire a été portée devant les tribunaux afin que le couple chanteur puisse toucher des droits.
Mariecurry... chez les Moso. | | | Bonjour Marie,
C’est sympa de te manifester de nouveau sur ce poste !  Bon, là on a affaire à un expert ! ça mérite d’être examiné de plus près, mais je n’ai pas encore eu vraiment le temps d’explorer le site. | | | Je m’étais posé les deux questions suivantes, quelques pages plus haut (dans « Langues et Populations de l’Asie du sud-est – 0 »):
- Quelle est l’origine des peuples qui sont maintenant établis en Asie du sud-est ?
- Dans quel ordre chronologique y sont-ils arrivés ?
Et j’avais entrepris d’utiliser les langues parlées en Chine et en Asie du sud-est comme des indicateurs utiles pour approcher ces deux questions. Il est temps de récapituler:
- nous avons fait intervenir les études linguistiques pour jeter un nouveau regard sur les origines et les mouvements des peuples asiatiques, et en particulier de ceux de l’ Asie du sud-est.
- les études linguistiques, archéologiques et génétiques concordent en grande partie pour nous donner un cadre géographique et temporel approximatif (à quelques centaines voire quelques milliers d’années près) sur les origines et les mouvements de ces peuples.
- en Asie du sud-est, il y a cinq familles linguistiques importantes :
o Austro-Asiatique
o Austronésienne
o Taï-Kadaï
o Tibéto-birmane
o Miao-Yao
- Toutes ces familles, à l’exception de la famille Austronésienne, sont représentées de nos jours en Chine du sud. Il y a des raisons de penser que les langues Austronésiennes y étaient aussi présentes dans le passé.
- il y a des raisons de penser que les locuteurs des langues Austro-Asiatiques venaient à l’origine du sud de la Chine. Les premières migrations vers l’ Asie du sud-est auraient dû avoir lieu avant 2000 av. J.C. puisqu’ils auraient déjà occupé des parties du Cambodge (entre autres) au deuxième millénaire av. J.C.
- les peuples Austronésiens viennent de Taiwan, et remontant plus loin ont probablement migré du sud de la Chine (ou peut-être le nord de l’Indochine) vers Taiwan vers 8000 av. J.C.
- les migrations vers l’ Asie du sud-est des peuples parlant les langues des trois autres familles (Taï-Kadaï, Tibéto-birmane, Miao-Yao) sont bien plus récentes. Elles n’auraient commencé qu’à partir de l’ère chrétienne. Même si certains détails nous échappent, il n’y a aucun doute que ces peuples sont venus de l’espace géographique compris entre le Tibet et la Chine du sud. Il reste bien sûr beaucoup de zones d’ombre dans tout ça, et il faut se faire à l’idée que certaines questions ne trouveront probablement jamais de réponse claire et définitive. Cependant, les technologies et les méthodes de recherches récentes sont particulièrement puissantes, et du fait que leur application n’a encore été que limitée, on peut espérer voir des progrès intéressants dans ces recherches dans un futur assez proche. | | |
Il y a ce chant des Bunun, le "pasibutbut", assez extraordinaire..... 
Je suis retourne sur le site des Langues O, mais ou bien je suis tres maladroit, ou bien le site est un peu difficile d'abord. Ca met un temps infini pour telecharger des videos qui semblent pourtant etre assez courtes. J'ai abandonne.  Ce serait sympa si on pouvait telecharger des docs tels pdf pour pouvoir lire a tout loisir. Tu es arrivee a bon port sur ce site? | | | Les langues austro-asiatiques auraient été largement repoussées par l’expansion historique des Chinois, des Tai, des Birmans et des Austronésiens (Malais et Cham). Dans le sud du Vietnam, les langues Cham (austronésiennes) ont probablement remplacé à un moment donné des langues austro-asiatiques, et ont elles-même été remplacées par le vietnamien (une langue austro-asiatique) lors de l’expansion des vietnamiens à partir du Tonkin vers le sud. Cette expansion s’est effectuée à partir du 15-ème siècle, comme nous l’avons vu dans « Ming – La mer ; Le puritanisme ».
L’expansion des langues Hmong-Mien ( Miao-Yao) en Asie du sud-est est beaucoup plus récente et n’a pas eu le même effet de repousser ou remplacer les langues pré-existantes, du fait qu’elles ne sont véhiculées que par des petits groupes tribaux qui restent marginaux à la scène politique des pays de l’ Asie du sud-est.
Si on considère que les langues représentent assez bien les groupes ethno-culturels, c.à-.d. les populations, il faudrait d’abord se poser la question de l’origine des peuples qui parlaient les langues austro-asiatiques et en particulier les langues Mon-Khmer. Donc, un premier volet de l'étude sur les peuples de l' Asie du sud-est s’adresserait aux Mon, aux Khmer et aux Vietnamiens (peuples austro-asiatiques), comme étant les premiers peuples importants installés en Asie du sud-est. Mais attendez un instant ! Bien sûr, il devait y avoir d’autres gens installés avant l’arrivée des locuteurs austro-asiatiques. Là on plonge bien en arrière, en pleine préhistoire. Il s’agirait probablement de peuples apparentés aux Papous et aux aborigènes d’ Australie. Il reste encore quelques groupes ethniques isolés, vestiges de ces premiers habitants. Donc une étude complète devrait commencer par eux, et les austro-asiatiques viendraient en deuxième place.
Dans l’ordre chronologique de l’arrivée successive de peuples différents en Asie du sud-est, le troisième chapitre devrait traiter des Austronésiens, c.à-.d. des Malais et des Cham. Les Taï-Kadaï et les Tibéto-birmans feraient l’objet des quatrième et cinquième chapitres. Et on pourrait clore l’affaire avec les Hmong/Mien puis enfin les Chinois Han. Voici donc le plan de l’étude qui s’ouvrirait devant nous:
- (1) aborigènes antérieurs aux migrations de peuples asiatiques venus de Chine ;
- (2) locuteurs austro-asiatiques (dont les Mon-Khmer) ;
- (3) locuteurs austronésiens (Malais et Cham) ;
- (4) locuteurs Taï-Kadaï ;
- (5) locuteurs Tibéto-birmans ;
- (6) locuteurs Hmong-Mien (Miao-Yao) ;
- (7) chinois Han.
Je ne vais rien dire sur les peuples (1) et (2), parce que je dois avouer ne strictement rien connaître à leur sujet. Si en parallèle d’autres peuvent et veulent bien contribuer sur eux, ils seront les bienvenus.  J ‘ai longtemps parlé des Austronésiens (3) dans les pages précédentes. J’ai déjà parlé des Hmong-Mien (6) il n'y a pas trop longtemps, et en longueur des Han (7). Il me reste donc à aborder les Taï-Kadaï (4) et les Tibéto-birmans (5).
On pourra me reprocher de me poser seulement maintenant la question de l’ordre chronologique dans lequel on pourrait s’intéresser aux divers peuples de l’Asie du sud-est, après avoir déjà écrit si longuement sur un bon nombre d’entre eux. Mais d’une part, comme je ‘ai toujours dit, je ne suis pas un expert et je découvre le sujet que je me suis fixé au fur et à mesure. Et d’autre part, on pourra toujours trouver des raisons pour aborder les divers peuples dans un autre ordre que celui que j’ai indiqué ici. | | | Dans la logique de mes dernières pages, je vais examiner les éléments Taï-Kadaï et Tibéto-birman de la population de l’Asie du Sud-Est. Je dois faire un aveu: j’entends toujours parler des Kadaï et je ne sais toujours pas qui ils sont vraiment, sauf que j’ai l’impression qu’il doit s’agir de petits groupes ethniques présents seulement en Chine du sud qui appartiennent d’un point de vue ethno-culturel au même groupe que les Taï.
Donc, je vais commencer par les Taï et j’espère en apprendre plus en route au sujet des Kadaï. Comme je me suis déjà énormément étendu sur la Chine, c’est des Taï en Asie du-sud-est que je vais m’occuper maintenant, quitte à retourner plus tard sur les Taï de la Chine du sud. Et comme les Taï ont donné leur nom à la Thaïlande, je pense qu’il serait bon de retracer rapidement l’histoire de ce pays. Cela nous mènera de temps à autre à faire quelques observations sur les régions limitrophes. Ce qui suit est extrait en grande partie d’un rapport écrit sur la Thaïlande par Barbara Leitch LePoer pour le Congrès des États-Unis (« Thaïland: A Country Study », Washington: GPO for the Library of Congress ; Federal Research Division; 1987 ; countrystudies.us/Thaïland/ ). --
Thaïlande – Préhistoire (1) L’évidence archéologique indique une culture paléolithique florissante en Thaïlande et dans la région environnante, et une habitation continue pendant au moins les derniers 20, 000 ans. On sait peu de choses sur les premiers habitants de ce qui est aujourd’hui la Thaïlande. Il y avait sans doute des habitants antérieurs aux migrants venus de la Chine méridionale et qui peuplèrent l’Asie du Sud-Est au cours des derniers millénaires, y compris la région de la Thaïlande contemporaine. Les Negritos des Philippines et les Orang Asli de Malaisie sont probablement les vestiges de ces habitants antérieurs. Les aborigènes d’Australie et les Papous leur sont sans doute apparentés.
Avant de revenir dans les détails sur l’habitation préhistorique de la Thaïlande, disons que certaines parties de la région du Cambodge actuel étaient certainement habitées pendant le premier et deuxième millénaires av. J.C. par des peuples de culture néolithique. Les experts pensent que ces gens auraient pu être d’origine Austro-Asiatique. Certains pensent qu’ils auraient pu être apparentés aux ancêtres des groupes qui maintenant habitent le Sud-Est Asiatique insulaire et une grande partie des îles de l’Océan Pacifique, impliquant une affiliation avec les peuples Austronésiens – ce n’est pas prouvé pour tous. Ils travaillaient les métaux, y compris le fer et le bronze, et possédaient des techniques de navigation. | | | Les "négritos" de Thailande existent encore, ils s'appellent les "Mani"- --
Merci, que voilà un lien intéressant !  Effectivement, les Mani font partie des groupes recensés en Thailande. Pour être complet, il faudrait peut-être aussi vérifier s’il n’y a pas des groupes apparentés en Birmanie et plus loin-même vers l’ Inde. Les photos de Mani sur le site indiqué montrent des gens qui ressemblent étonnamment aux Papous, en tout cas à ceux que je connais de la côte nord de l’Irian Jaya. Peter Bellwood, professeur d’archéologie à l’école d’archéologie et d’anthropologie de l’Université Nationale d’ Australie, à Canberra, est l’un des contributeurs à l’histoire de l’ Asie du Sud-Est publiée à Cambridge, mentionnée auparavant. Voici son résumé sur l’évolution « biologique » (*) des populations de l’Homo Sapiens de la région : « 1 – Aux alentours de 40, 000 ans dans le passé [c.à-.d. vers la fin de la période interglaciaire et avant la dernière glaciation qui a marqué la fin du Pléistocène ], la population de l’Asie du Sud-Est aurait pu être à prédominance Australo-Mélanésienne, avec quelques traits « mongoloïdes méridionaux » se développant peut-être déjà au nord de la région [c.à-.d. aux limites de la Chine du Sud]. Une partie de ces gens migrèrent vers cette époque, ou peut-être même plus tôt déjà, vers l’Australie et la Nouvelle Guinée.2 – Les caractéristiques crâniennes et faciales de ces populations devinrent plus graciles (*), en partie par un processus de sélection locale et en partie par l’afflux croissant de gènes mongoloïdes Les populations méridionales de la région restèrent probablement à prédominance Australo-Mélanésienne jusque tard dans la période de l’Holocène [période qui commença il y a environ 11, 700 ans et qui succéda à la dernière glaciation ].3 – Durant l’Holocène et particulièrement durant les 7, 000 dernières années, les populations « mongoloïdes méridionales » connurent une expansion vers le sud et vers l’est."J'abrège un peu. Le point (3) rejoint bien sûr l’expansion à partir de la Chine du Sud des peuples Austronésiens, Austro-Asiatiques, Tai-Kadai, Miao-Yao et Tibéto-Birmans dont j’ai parlé plus haut.
(*) – Note : P. Bellwood appartient à la « vieille école » anthropologique, celle pour laquelle l’étude des squelettes constituait la base d’étude principale. Il est un spécialiste des dentitions, par exemple, et distingue des formes « sinodontes » et « sundadontes ». Ce dernier terme vient de « Sunda » (la « Sonde »), la région géographique/géologique qui s’étend de la péninsule indochinoise jusqu’aux abords des terrains dérivés de l’ Australie – ces terrains commencent à l’est de Bali et de Bornéo et s’imbriquent avec « Sundaland », le « Pays de la Sonde ». Malgré les termes qu’il utilise, P. Bellwood n’a pas la moindre arrière-pensée raciste. Il a également parfaitement reconnu l’importance des études génétiques, du genre de celles dont j’ai déjà tellement parlé, et les a intégrées dans ses recherches. | | | Les "Mani" n'ont pas été exterminés (contrairement à d'autres minorités...), mais "dilués" dans le " mainstream", on en trouve encore parfois une caractéristique résurgente parmi les thaïlandais du Sud dans les "cheveux crêpus" qu'ont certains individus...
Une forme de chamanisme originale du Sud Thaïlande me semble aussi provenir de cette population originelle...
| | | Je voulais revenir dans les détails sur l’habitation préhistorique de la Thaïlande.
Thaïlande – Préhistoire (2)
Les sites archéologiques du Nord-Est de la Thaïlande sont particulièrement intéressants. Ce qui vient en premier à l’esprit, c’est le petit village de Báàn Chiang, situé sur le plateau de Khorat c.à-.d. dans la province de l’Isàán (dans le district d’Udon Thani). Les excavations y ont révélé l’habitation préhistorique par un peuple qui d’après certains aurait pu forger des ustensiles de bronze dès 3000 avant J.C. Les ustensiles de bronze trouvés à BáànChiang et sur d’autres sites thaïlandais (Non Nok Tha, Báàn Pak Top, Báàn Tong, et Don Klang) avaient été forgés dans la région et non transportés d’ailleurs. Dans ce cas, ces forgeurs de bronze auraient précédé « l’Âge de Bronze », que les archéologues ont traditionnellement vu commencer au Moyen Orient vers 2800 av J.C., et en Chine quelques 100 ans plus tard. Je vais revenir là-dessus  . En tout cas, cette découverte conduisit à une révision complète de la préhistoire de l’ Asie du Sud-Est. Auparavant, on pensait que les techniques métallurgiques n’y avaient débuté que vers 500 avant J.C. Par ailleurs, l’archéologie indique que le plateau de Khorat aurait pu être la région de la plus ancienne production de riz en Asie (les habitants de la Chine à cette époque consommaient encore du millet).
Les villageois y avaient trouvé des restes de poteries il y a déjà longtemps mais ils n’y avaient pas prêté attention. En août 1966, Steve Young, un anthropologue du Harvard College, habitait dans le village et y travaillait sur une thèse. Un jour, il trébucha sur une racine et piqua du nez sur des débris de vases  . Il remarqua qu’il y avait des rebords de vases affleurant le sol tout autour de lui, dégagés par l’érosion (voyez l’image adjointe). Il reconnut que leur technique de fabrication était rudimentaire mais que leur décoration rouge était unique et très belle. Il en prit des échantillons et les envoya à la Princesse Phanthip Chumbote qui possédait un musée privé à Bangkok et à Chin Yu Di du Département des Beaux Arts du gouvernement Thaï. C’est donc sur une exclamation que l’on peut imaginer (« Et... m $@#*! »)   que fut faite l’une des découvertes archéologiques les plus importantes en Asie du Sud-Est et du 20-ème siècle.
Le Département Thaï des Beaux Arts et le Musée Archéologique et Anthropologique de l’université de Pennsylvanie commencèrent à faire des fouilles. Deux fouilles importantes eurent lieu en 1974 et 195 sous la direction de Dr. Chester F. Gorman et de Pisit Charoenwongsa. Dr. Joyce C. White prit la suite du projet en 1981.
Mais la question se pose: a-t-on vraiment trouvé à Báàn Chiang le site de la culture métallurgique la plus ancienne au monde ? Je vais « fouiller » cette question dans mon prochain chapitre. Images attachées: | | | Salut Georges, Merci pour tes articles notamment les derniers sur la Thaïlande  Je ne saurais que trop vous conseiller la visite de ce petit musée et du site d'excavation qui fait partie du patrimoine mondial de l'UNESCO Images attachées: | | | Je suis impatient de retourner en Isaan et la prochaine fois je ne manquerai pas d’aller voir ces sites et le musée que tu nous indiques. | | | Merci à tous les deux !
C'était juste pour dire que je suis présente | | | Bonjour! C’est gentil de te signaler! | | |
Il y a ce chant des Bunun, le "pasibutbut", assez extraordinaire..... 
Je suis retourne sur le site des Langues O, mais ou bien je suis tres maladroit, ou bien le site est un peu difficile d'abord. Ca met un temps infini pour telecharger des videos qui semblent pourtant etre assez courtes. J'ai abandonne.  Ce serait sympa si on pouvait telecharger des docs tels pdf pour pouvoir lire a tout loisir. Tu es arrivee a bon port sur ce site?
Impossible d'ouvrir youtube en Chine, le site est bloqué. Concernant les petites vidéos, elles se téléchargent très lentement ici, comme tout le reste d'ailleurs. Chez moi le téléchargement est aussi très galère, je me connecte via une clef. Pour ce qui est des docs en PDF, j'en ai bien mais ils sont chez moi et je ne rentre en France que fin janvier. On en reparlera à ce moment si tu le souhaites.
En faisant tes recherches sur les austronésiens, as-tu croisé le nom de Tsang Chen Hwa ? Il est chercheur à l'Academia Sinica de Taipei (une sorte de CNRS). Il est la référence incontournable en matière d'archéologie à Taiwan. Tu trouveras pas mal d'articles et d'ouvrages en anglais. C'est bien évidemment très pointu, souvent pénible à lire car technique mais c'est le must. Et surtout il s'agit de travaux récents. Il ne s'agit pas de linguistique mais qui sait, ça t'intéressera peut-être... | Discussions similaires sur la Chine: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 10 221 visiteurs en ligne depuis une heure! |