GeorgesOZ · 23 août 2009 à 7:45 · 132 photos 521 messages · 20 participants · 62 035 affichages | | | | apparition de l’homme en Afrique il y a 100 000 à 200, 000 ans
Pour être plus exact, on a commencé à la dater vers les 100.000 ans et très vite on est passé à 200.000 ans, chiffre avancé actuellement...
Il ne semble pas interdit de penser que cette "évolution" sur la datation en question ne va pas s'arrêter là...
Le fossile trouvé "le plus vieux" voit son âge attribué à l'espèce, ce qui est une forme de connaissance très rudimentaire (euphémisme léger) !
Ainsi, en 2005 la découverte d'un seul fossile a fait "gagner" d'un coup 35.000 ans à l'espèce humaine...
Dans cette référence : www.cite-sciences.fr/...ier=581&tc=QACTU
On lit :
Neandertal : si près, si loin...
Premier hominidé fossile découvert en Europe, Homo neandertalensis¹ est apparu il y a au moins 300 000 ans
Et puis :
1. Certains scientifiques considèrent les Néandertaliens comme une sous-espèce de la nôtre et non comme une autre espèce. Ils la dénomment Homo sapiens neandertalensis par opposition à Homo sapiens sapiens qui, selon eux, devrait nous définir.
Il est donc envisageable que cet "âge" de l'espèce soit supérieur à 300.000 ans...
L'article suivant : www.larecherche.fr/...rche/article?id=4497
peut être lu avec intérêt pour son honnêteté scientifique (de mise dans les publications) :
Où, quand et comment Homo sapiens est-il apparu ? L'honnêteté commande d'avouer d'emblée que cette question n'aura jamais de réponse très précise.
("Je sais que je ne sais pas" - Socrate)

PS: 1.Pour les aspects linguistiques, ne pas citer Chomsky est assez inouï : lecerveau.mcgill.ca/...s/outil_rouge06.html
2.Pour avoir une idée de ce qu'est un débat scientifique ( ou même une controverse !) : www.scienceshumaines.com/...amp;id_article=10964 (personne n'y met la santé mentale de l'autre en cause !)
Articles référencés lisibles par quiconque "veut comprendre" (pas besoin d'une "grosse-tête") | | | Bon d'accord viens t'assoir a coté de moi, c'est a cause de ton avatar, j'ai cru un instant que c'était Mengwan   
Le prend pas mal DSL!!!
Ne t'inquiètes pas, il est gentil mon chat, il ronronne tout le temps ! En tous cas tu m'as bien fait rire !  | | | Merci Tokara pour cette vidéo, les photos sont superbes ! | | | Une pause historique et apaisante - --
Merci Tokara, tu nous apportes un moment de beauté et de poésie dont nous avions bien besoin !   C’est magnifique, somptueux, extraordinaire ! Tu nous avais déjà gâtés avec tes photos de cheongsam, mais là tu nous épates vraiment !   | | | Par contre, je ne trouve pas que les yeux iraniens soient proches des yeux asiatiques... - --
Ce que je voulais dire, c’est qu’on associe souvent les yeux asiatiques aux plis allongés des paupières vers l’extérieur du visage, alors que théoriquement et strictement parlant, les yeux asiatiques sont définis par le pli épicanthique qui retombe vers l’intérieur, c.à-d. du côté du nez. Mais il y a des gradations et des formes intermédiaires, et parfois on n’est pas trop sûr, mais en ce qui concerne les plis allongés des paupières vers l’extérieur – ce qu’on entend le plus souvent quand on parle « d’yeux bridés » - on en voit souvent chez les Iraniens – ça rappelle les Mongols ou même les Tibétains.
Faudra que je trouve des photos..... | | | " quand même pas le farsi"--
.... Ah ! manger un bon « khoresh-e-karafs » ou « ghomeh sabzi », avec un riz « tchelo » ou même simplement « kateh » (le « riz rapide »), et un « ta-dik » croustillant, et croquer de temps un temps quelques « touroupcheh » (radis)...... parmi les nourritures les plus satisfaisantes de la planète ! | | | Nous avons passé pas mal de temps sur les méthodes de recherches génétiques. Qui aurait pensé que le passe-temps amusant d’un moine Autrichien de Brno (de nos jours en république tchèque) puisse un jour nous amener à retracer les migrations d’Homo Sapiens sur plusieurs dizaines de milliers d’années? Ce moine, Gregor Mendel, se passionnait pour la culture des petits pois dans le jardin de son monastère  dans les années 1860 et s’intéressait de près à l’apparition de caractéristiques nouvelles dans ses cultures, de génération en génération. Il devint ainsi le père de la génétique. Des petits pois, nous en sommes arrivés à l’haplogroupe O !
Pour dire à quel point la génétique est un domaine scientifique en pleine évolution de nos jours (pardonnez-moi cette petite plaisanterie !), la publication scientifique qui mit en branle les recherches génétiques remarquables de ces dernières années fut un article publié en janvier 1987 dans Nature. L’article était intitulé « Mitochondrial ADN and human evolution » et était signé par le biochimiste Allan Wilson, d’origine néo-zélandaise mais travaillant à Berkeley en Californie. A partir de là, il fut possible d’établir d’une façon définitive (et en accord avec les données archéologiques et linguistiques) que les Polynésiens sont originaires de l’Asie et non de l’ Amérique du sud (Bryan Sykes, « The Seven Daughters of Eve »), enfonçant un clou final dans le cercueil de la fameuse théorie de Thor Heyerdahl qui proposait des origines situées en Amérique du sud. Et pour être plus précis, les recherches génétiques et linguistiques (je ne peux pas être trop affirmatif en ce qui concerne l’archéologie) pointent sans ambiguïté vers les zones côtières de la Chine ou vers Taiwan.
Allan Wilson avait été auparavant l’un des pionniers de la recherche sur « l’horloge moléculaire », et avait entre autres fait des études génétiques comparatives sur les chimpanzés et les humains qui le menèrent à proposer une date située vers 5 millions d’années pour la séparation de la lignée humaine de celle des autres primates. Cela choqua beaucoup de paléontologues qui ne se fiaient qu’à leurs fossiles et ne comprenaient pas la biologie de l’évolution. Il y a eu des efforts de réconciliation depuis, et on pense de nos jours que la date de cette fameuse séparation est grosso modo située entre 6 et 10 millions d’années, c.à-.d. dans le Miocène. Si les déductions des recherches d’Allan Wilson et de ses collègues ont eu du mal à être acceptées par certains paléontologues, c’est des Créationnistes qu’elles reçurent, et reçoivent toujours, le plus de foudres. 
La lignée humaine est très compliquée. Pour simplifier, quelques moments importants (si on peut parler de moment) sont l’apparition du genre « Homo », vers 2.5 millions d’années, et celle de notre espèce, « Homo sapiens » (« l’homme de Cro-Magnon », ou « l’homme moderne »), vers 200 - 250, 00 ans. Les diagrammes que j’ai donnés auparavant ne s’occupent que de notre espèce, et je laisse à d’autres le soin de pousser leurs recherches plus loin si ça leur chante, mais cela reste hors du sujet dont je traite ici. Je précise que je ne fais que mentionner les dates proposées par d’autres. On imagine très bien qu’il y a du flou et des désaccords, mais qui ne changent strictement rien à ce que j’en tire pour mon thème. | | | Aussi important que le langage :
Vieille de 3000 ans, la cithare chinoise (Guquin), cet instrument séculaire est indissociable de l’histoire des intellectuels chinois. Avec la calligraphie, la peinture et une forme ancienne de jeu d’échecs, il compte parmi les quatre arts que tout érudit lettré chinois se devait de maîtriser. Toute la subtilité de la culture Chinoise : 3 pieds, 6 pouces1/2 = 365 jours 13 positions des sons : les 13 mois du calendrier lunaire Chinois, ect.... Si tu veux t’y mettre ce n’est pas compliqué : 20 ans d’apprentissage
Source: Unesco | | | Une petite explication s’impose en ce qui concerne ces fameuses « évidences linguistiques » dont on fait tellement cas (par exemple Benedict, que j’ai mentionné dans « Origine des Peuples - Langues Austronésiennes (c) »). Je vais essayer de simplifier, car c’est un domaine d’une complication extrême et qui n’est pas à la portée du premier venu. Le premier pas consiste à comparer les langues et à établir leur affiliation. Cela se fait à partir de certains critères tels la comparaison des vocabulaires, des systèmes grammaticaux, des systèmes morphologiques et phonétiques etc.
Par exemple, le mot “ oeil” dans beaucoup de langues Austronésiennes (AN) est “ mata”. C’est vrai des langues les plus septentrionales comme le Bunun et l’Ami de Taiwan jusqu’au Māori à l’extrême sud. Le mot « mata » est bien connu : en effet, la fameuse espionne Mata Hari avait pris ce nom du Bahasa Indonesia / Malayu. « Mata hari » veut exactement dire « l’oeil du jour », ce qui est la paraphrase usuelle pour dire « soleil ». En guise de renseignement qui probablement ne sera pas d’une très grande utilité, si vous voulez commander un œuf sur le plat en Indonésie, demandez un « mata sapi », c.à-.d. un « œil de bœuf ».
D’autres mots sont plus difficiles à reconstruire. Le mot “ deux” est aussi relativement stable. Il apparaît à travers l’entière étendue de la famille mais sous des formes qui ne sont reconnues que quand on tient compte de transformations phonétiques bien comprises en linguistique, mais qui peuvent surprendre certains. Voici des exemples pour le mot « deux » : « rusya », « lusha » en Bunun; «tusa » en Ami; « dua » en Bahasa Indonesia/Malayu ; “tua”, “rua” en Māori ; « roa » en Malagasy. Le mot “ cinq” est « lima » dans les langues Malayo-Polynésiennes, mais ne se retrouve que dans les langues du côté oriental de Taiwan. Je crois avoir donné une carte illustrant la répartition géographique des langues formosanes à Taiwan. Le long de la côte orientale de l’île, on trouve la tribu Ami. Je crois me rappeler avoir lu quelque part que ce sont les Ami qui ont le plus de similitudes génétiques avec les peuples Malayo-Polynésiens, et à commencer avec les peuples des Philippines. Les évidences linguistiques et génétiques pourraient donc coïncider pour indiquer que la côte orientale de Taiwan fut le point de départ principal des migrations Austronésiennes/Malayo-Polynésiennes.
Les langues AN se distinguent par deux procédés morphologiques qui permettent la formation de mots dérivés et peuvent être combinés :
- (a) l'affixation, par l'adjonction de préfixes, suffixes, infixes et circumfixes (combinaison d'un préfixe et d'un suffixe) à une base. Voici quelques exemples en Bahasa Indonesia (la seule langue dans ce groupe à laquelle je suis familier):
o préfixe « me- » ; nuance subtile de l’action qui se déroule: « tulis » = « écrire », d’où « menulis » pour « écrire » ;
o préfixe « di- » ; voie passive : « ditulis » = « être écrit »;
o préfixe « se- » ; formation de mots avec le sens d’une unité : « potong » = « couper », d’où « sepotong » pour « morceau » ;
o suffixe «-kan » ; sens causatif/transitif : « bersih » = nettoyer, d’où « boleh bersihkan meja ? » = « puis-je nettoyer la table ? » ; « sebab » = « raison, cause (mot Arabe) d’où : « merokok dapat menyebabkan kanker » = « fumer peut causer le cancer » ;
o suffixe «-an » ; formation de mots à partir de verbes : « pakai » = « utiliser, mettre », d’où « pakaian » = habit ; « makan » = « manger », d’où « makanan » = « nourriture » ;
o etc....
- (b) le redoublement (personnellement, je crois moins en ce mécanisme comme étant tellement typique, puisqu’on le retrouve dans d’autres familles linguistiques).
Ces langues possèdent également des systèmes phonologiques relativement simples (peu de consonnes et de voyelles, peu voire pas du tout de groupes de consonnes difficiles à prononcer, etc.). C’est cette simplicité phonologique, entre autres, qui fait que le Bahasa Indonesia ou le Malais (Malayu) sont si faciles à apprendre, au moins à un niveau de base. C’est abordable même pour un Français !  | | | C’est abordable même pour un Français !  
En effet  mais je crois aussi que cela a a voir avec la conjugaison et le positionnement dans le temps et l'espace, notamment pour le Bahasa Indonesia ou le Malais. Il est plus simple de rajouter hier ou demain, avant ou après, etc... que de les conjuguer | | | C’est tout à fait juste, mais c’est aussi vrai pour le Thai ou pour le Vietnamien, par exemple, langues à grammaire extrêmement simple si on compare aux langues indo-européennes ou à l’Arabe, et je n’oserai pas dire que le Thai ou le Vietnamien sont très abordable pour un Français ! | | | C’est vrai des langues les plus septentrionales comme le Bunun et l’Ami de Taiwan jusqu’au Māori à l’extrême sud ...... “tua”, “rua” en Māori - --
Je voulais dire “en Maori », bien sûr ! Encore une fois, les caractères ne passent pas sur VF. | | | Voici le deuxième volet sur les principes et méthodologies des études linguistiques comparatives.
Origine des Peuples - Langues Austronésiennes(e)
Une fois qu’on a établi qu’un certain groupe de langues appartiennent à la même famille, la question suivante est de retracer l’ordre chronologique dans lequel ces langues ont été dérivées l’une de l’autre. Posons l’hypothèse d’une langue « mère » ayant existé à un certain moment et en un certain lieu. On peut alors bien concevoir (1) qu’au fil des siècles plusieurs langues vont évoluer à partir de cette langue-mère, (2) qu’à un certain moment un groupe parlant l’une de ces langues dérivées va émigrer, (3) que la langue parlée par le groupe migrant va elle-même évoluer en un certain nombre de langues différentes, mais que (et c’est là le point crucial), c’est dans la patrie d’origine qu’on trouvera le plus grand nombre et la plus grande variété de langues appartenant à cette famille donnée. Le processus et la logique sont tout à fait similaires à ce qu’on trouve dans l’évolution biologique. Par exemple, l’Afrique ne compte que 13% de la population humaine mais contient 40% des « clans » génétiques du point de vue de l’ADN mitochondrial (donc suivant les lignées matriarcales). Cela démontre la grande antiquité des racines génétiques en Afrique (Bryan Sykes, « The Seven Daughters of Eve »).
Une formulation intéressante à ce sujet vient de Steven Pinker, l’auteur du livre populaire « The Language Instinct », paru en 1994. Steven Pinker est un chercheur du fameux MIT ( Massachusetts Institute of Technology), et son travail a été supporté entre autres par le « Mc Donnell-Pew Center for Cognitive Neuroscience » du MIT. Son livre est d’ailleurs assez rébarbatif dans l’ensemble – on reste à un niveau très intellectualisé des mécanismes linguistiques qui n’apportent pas grand-chose à vrai dire à ceux qui s’intéressent aux langues « dans le vif ». Voici le passage en question (je traduis):
« Les différences entre les langues, comme les différences entre les espèces, sont le résultat de trois processus qui agissent sur de longues durées. Un processus est la variation ou mutation, dans le cas des espèces ; l’innovation linguistique pour les langues. Le deuxième processus est l’hérédité, ce qui fait que les descendants ressemblent à leurs progéniteurs dans ces variations ou mutations – c’est l’héritage génétique en ce qui concerne les espèces ; l’aptitude à apprendre, en ce qui concerne les langues. Le troisième processus est l’isolation, par la géographie, les cycles ou l’anatomie reproductifs, en ce qui concerne les espèces ; la migration ou les barrières sociales pour ce qui est des langues. Dans les deux cas, des populations isolées accumulent des ensembles différents de variations et de ce fait divergent avec le temps. »
Revenons à Taiwan, aux langues Austronésiennes (AN) et aux langues Malayo-Polynésiennes (MP) qui en font partie. Malgré le refoulement par les Han des tribus aborigènes de Taiwan, et donc peut-être la perte d’une partie de ces tribus et des langues qu’elles parlaient, c’est par ce genre d’observations qu’on pense y trouver l’origine des langues MP (notons au passage que la première invasion historiquement enregistrée de Taiwan par les Chinois Han date de 230 après J.C. ; d’après Melton, « Genetic Evidence for the Proto-Austronesian Homeland in Asia »). En fait, en dehors des langues MP de Taiwan, il y a 4 (ou 9, voire 13 d’après certains) autres groupes de langues qu’on ne trouve qu’à Taiwan et qui appartiennent à la famille AN.
C’est d’ailleurs dans le même article de Melton qu’on trouve cette conclusion (je traduis): “Donc, les associations entre les langues AN, l’archéologie Néolithique et la culture des poteries cordées, plus le fonds commun divers de l’ADN mitochondrial de ces tribus, tout cela nous donne des indices sur l’origine possible en Chine du sud ou en Indochine des aborigènes de Taiwan».
Pour agrémenter un peu, voici une photo de danseuse Bunun. Je n’ai aucun commentaire à faire sinon que c’est pour alléger le texte un peu trop sec ces dernières pages – sauf bien sûr que tokara a le don de nous envoyer des images pleines de beauté et de poésie. Image attachée: | | | Pour Tokala, je vais rajouter un commentaire quand-même sur la photo de la danseuse. Maintenant que j’y pense, je connais une Iranienne (une Persane, qui ne fait pas partie d’une des nombreuses minorités ethniques de l’ Iran) qui a exactement le même visage y compris les yeux. | | | Pour Tokala, je vais rajouter un commentaire quand-même sur la photo de la danseuse. Maintenant que j’y pense, je connais une Iranienne (une Persane, qui ne fait pas partie d’une des nombreuses minorités ethniques de l’ Iran) qui a exactement le même visage y compris les yeux
Comment c'est trop gentil de penser à moi 
Pour y aller de mon petit commentaire aussi sur ta photo, je dirais que sortie de son contexte je n'aurais pas penser à première vu que la danseuse est asiatique, mais j'aurais plutot pensé à une jeune fille du Moyen-Orient... Comme quoi. C'est vrai qu'on a tendance à identifier les "asiatiques" par leurs "yeux bridés", plus "en fente"... Mais c'est oublier que l'Asie, c'est très grand, et que les peuples voyagent...
Sinon je viens de voir sur Wikipedia que la langue Bunun est "parlée dans une aire allant de Taïwan à la Nouvelle-Zélande et de Hawaï et l’ île de Pâques jusqu'à Madagascar ". Impressionnant quand même ! | | | Merci pour cette vidéo Tokara ! La musique étant un autre sujet qui m'interesse beaucoup, je l'ai regardé avec plasir et interet.
Par contre pour les 20 ans d'apprentissage... je crois que je vais rester avec mon piano finalement...
J'avais entendu dire que les bons musiciens sont plus doués pour les langues que ceux qui n'ont pas l'oreille musicale. Et c'est vrai que quand on parle une langue étrangère, la musicalité de la langue est très importante pour être compris. Un français parlant anglais en ecorchant les mots et en prononçant mal le th sera quand même bien compris par un anglais si la musicalité de ses phrases correspondent à la musicalité attendue par l'oreille de son interlocuteur. En revanche, un français prononçant très bien les mots séparément, mais qui garde une musicalité française dans ses phrases sera moins bien compris.
En tous cas c'est ce que j'ai remarqué en 2 ans de projet internationnal... | | | je viens de voir sur Wikipedia que la langue Bunun est "parlée dans une aire allant de Taïwan à la Nouvelle-Zélande et de Hawaï et l’ île de Pâques jusqu'à Madagascar ". Impressionnant quand même ! - --
Je lis sur le site de Wikipedia que tu indiques :
« Cette langue fait partie de la famille des langues austronésiennes qui regroupe plus de 1200 langues et parlée dans une aire allant de Taïwan à la Nouvelle-Zélande et de Hawaï et l’île de Pâques jusqu'à Madagascar. »
C’est-à-dire que ce n’est pas la langue Bunun qui est parlée de Taiwan à la Nouvelle-Zélande et de l’île de pâques à Madagascar, mais le groupe de langues auquel le Bunun appartient. Ce groupe s’appelle « langues Austronésiennes ». C’est ce sur quoi je me suis penché depuis quelques jours déjà.
J’ai donné des exemples tirés du Bahasa Indonesia. J’ai jeté un coup d’œil rapide sur le Maori et sur le Malagasy, et franchement, à part quelques mots que je reconnais personnellement, les similitudes ne me sautent pas aux yeux. Mais je ne suis pas un expert de ce groupe de langues, je ne suis familier qu’avec l’une d’entre elles, le Bahasa Indonesia.
Le Malagasy est dit singulièrement ressembler à une langue Austronésienne parlée à Bornéo, d’où certaines spéculations sur l’origine principale des migrations Austronésiennes qui auraient abouti à Madagascar durant les premiers siècles de l’ère chrétienne (d’après l’archéologie en tout cas). Mais ces migrations vers Madagascra restent franchement assez mystérieuses. Qu’on pense aux milliers de kilomètres d’océan à franchir sans boussole, sans carte etc....
Quant au Maori, il est rattaché au groupe de langues tahitiennes.
Tout ca est une affaire de spécialistes. Les affinités entre toutes ces langues austronésiennes ne sautent pas toujours aux yeux des amateurs, c’est le moins que l’on puisse dire. Je sais personnellement que le Batak, qui appartient à ce groupe, ressemble assez à l’oreille au Bahasa Indonesia. Mais je suis resté fasciné pendant des heures devant un grand écran, là où je séjournais sur le lac Toba (à Sumatra), à regarder des chanteurs et chanteuses Batak donner leur répertoire, avec des sous-titres, et je n’ai absolument pas compris un seul mot. Rien à voir a priori, au point de vue vocabulaire, avec le Bahasa Indonesia. Sauf qu’ils disent probablement « taksi » et « polisi » pour dire « taxi » et « police », comme tout le monde ! | | | oups j'avais lu trop vite  Merci de rectifier mes erreurs 
En tous cas tes exemples montrent bien que les peuples bougent, voyagent, et emmenent leur langue avec eux. Ensuite il est normal je pense que de pas réussir à voir tous de suite les similitudes dans un même groupe de langues. Une même langue de départ évolue forcément différemment si les peuples qui la parlent sont ensuite séparés géographiquement.
Je commence à m'interesser doucement aux 2 langues officielles parlées en Norvège. C'est super interessant de voir comment un même pays peut parler de façon vraiment différente au nord et au sud. Mais ça s'explique avec la longue distance entre le nord et le sud de ce pays, et les difficultées d'accès avec la neige en hiver (ce fut le cas pendant longtemps), donc chaque partie du pays vivait en quelque sorte indépendemment.
Donc ça ne m'etonne pas qu'il soit difficile de trouve des similitudes entre des langues bien plus lointaines au niveau géographique, même si leur base est commune. | | | Tout à fait. C’est dingue, quand on y pense, de voir à quel point les langues peuvent diverger en si peu de temps. Qu’on pense un instant à combien remontent certaines langues que nous considérons comme étant tellement bien établies. Le français, pour commencer, dont le premier texte attesté est la déclaration (à Strasbourg si je me rappelle bien) d’un descendant de Charlemagne à ses troupes – ça nous met seulement un millier d’années en arrière. Bien sûr (je dis ça parce que je sais qu’il y a des pénibles qui veulent systématiquement profiter de toute occasion pour critiquer), nous savons très bien que la langue date de plus longtemps que ce premier texte écrit, mais certainement pas de plusieurs siècles plus loin. En tout cas, la langue ne peut pas remonter plus loin que le 5-ème/6-ème siècle puisque c’est de là que datent les grandes invasions germaniques et que les tribus germaniques ont eu une influence primordiale sur la phonétique de la langue française. Français, espagnol, italien, etc.... quelles divergences accumulées en moins de 2, 000 ans !
De même, le néerlandais et l’anglais ne datent pas de si longtemps que ça, langues qui ont bien divergé dans le cadre de la famille germanique.
Mais de ce que j'ai vu (très peu), les divergences dans la famille Austronésienne sont encore plus importantes que celles des langues latines ou germaniques. L’isolation y est pour quelque chose, probablement : des centaines ou des milliers de kilomètres de mers et océans – à comparer à la proximité géographique des peuples européens.
Allez ! Assez pour aujourd’hui. | | | Et enfin, un dernier volet sur les principes et méthodologies des études linguistiques comparatives, tels qu’ils sont appliqués par exemple aux langues Malayo-Polynésiennes.
Origine des Peuples - Langues Austronésiennes (f)
Je reviens à l’hypothèse de travail que j’avais posée dans « Langues et Populations de l’Asie du sud-est – 0 ». Il est peut-être utile de la répéter :
« Il faut reconnaître que l’association étroite des peuples et des langues pose un problème épineux. Cette association n’est pas absolument correcte. Il y a des exemples de peuples parlant des langues qu’ils ont empruntées à d’autres. Cependant, je vais faire l’hypothèse que cela n’aurait pu se produire qu’à partir du moment où un peuple donné serait devenu politiquement dominant, et que cela n’aurait pu se produire qu’à partir du moment où les populations auraient été assez nombreuses pour pouvoir s’imposer l’une à l’autre, donc relativement récemment (c’est bien sûr tout à fait vrai pour les Chinois Han). Cette hypothèse me permet d’utiliser les langues comme un outil utile pour classer les populations et suivre leur évolution. »
Comme dans toute étude, il faut à un moment ou à un autre se poser la question de l’échelle à laquelle on travaille. C’est essentiel, sinon on court le risque de rester au niveau de généralités qui ne reposent pas sur grand-chose. Ou alors, on se perd dans des détails qui en fin de compte ne sont pas pertinents. C’est là par exemple qu’on a parfois affaire à des gens qui croient tout savoir (et parfois se manifestent avec un sentiment de supériorité  ) mais dont l’intelligence reste inutilement braquée sur des peccadilles – importantes peut-être dans d’autres contextes, mais peccadilles relativement au sujet que l’on s’est donné.
Cela dit, cela fait plaisir de temps à autre de plonger un peu dans les détails. Cela donne un peu plus de profondeur et cela satisfait notre curiosité légitime. Par exemple, je ne pense pas avoir eu besoin de vraiment trop en savoir sur les aborigènes de Taiwan pour parler des peuples parlant des langues Austronésiennes dans leur ensemble. Hé ! Il y a trois mois, je ne connaissais même pas le nom de leurs tribus ! Qui se serait douté que les Ami allaient devenir... des amis ?   Cependant, si quelqu’un a des choses intéressantes à dire sur ces tribus ou des photos sympathiques pour les illustrer (comme mariecurry l’a fait   ), je les reçois avec plaisir !
Donc, je suis parfaitement conscient que mon hypothèse de travail comporte un degré de simplification. Mais il n’y avait pas besoin d’utiliser un « outil » de recherche plus « aiguisé » pour en arriver à des observations et des conclusions tout à fait pertinentes et détaillées dans le cadre des mouvements de populations asiatiques.
Je vais faire une analogie avec le calcul numérique, qui a fait partie de mes études après le baccalauréat. Si le problème posé est de déterminer la valeur d’un paramètre avec un degré de précision donné, disons à la troisième décimale, la bonne approche est de travailler à un degré de précision supplémentaire (dans ce cas à la quatrième décimale), puis d’arrondir à la fin au niveau de précision requis. C’est un peu de cette façon, intuitivement, que j’ai posé cette hypothèse de travail linguistique.
Je vais dans mon prochain passage prendre l’exemple plus tangible des interactions entre les Austronésiens et les Papous. | Discussions similaires sur la Chine: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 9 925 visiteurs en ligne depuis une heure! |