Après l’Eskabô, l’esca-bobo !
Oyez z’oyez, amis de la francophonie et de la cacophonie réunies !
Ceci est un message privé. Em’pé, disent-ils en phonétique. Mais moi, j’suis pas trop toquée des tiques, j’préfère l’éthique, ou alors les tiques pas trop étiques. Et toc ! Enfin bon, le toc c’est pas trop mon truc non plus. Non pas que ça me fiche le trac mais chacun son.... C’est ça... il en reste toujours qui ont lu jusqu’ici... z’êtes pas drôles...
Donc, pour faire un dessin clair net et précis à cézigues-ci, ceci est un Em’pé. « Em’ » comme private, « pé » comme message. C’est bon là, vous avez décroché ?
Ils ont décroché.
DeCléricy ? Ohé
DeCléricy ? Tu m’entends-t’y, tu me copies-tu ? Y’a plus personne d’autre que toi et moi ? Bien. Que dis-tu ? y’a moi et toi... ah...nous voici donc quatre sur une ligne privée. C’est qu’elle va être privée de confidentialité, la ligne...
Non ? Tu m’assures que non ?
Bon alors j’y vais en confiance, je te raconte le fin fond de l’histoire, tu vas voir, c’est hélas pas drôle :
J’avais donc cet escabeau, le plus beau des escabeaux, avec ses charnières anti-grincements et ses patins anti-dérapants, et je le proposais de temps à autres aux vendeurs – livraison à domicile - de calamars surgelés et autres opportunités à saisir. Ils n’en ont jamais voulu. Pourtant, pour me livrer à domicile, il leur aurait été fort utile : je n’habite pas au rez-de-chaussée et l’échelle est moins stable que mon escabeau. Ben c’est tant pis pour eux, n’est-ce pas ?
En lisant ton em’pé l’autre jour je me suis em’pressée de réfléchir à la meilleure manière d’équiper mon escabeau de patins à glace – puisque tu ne veux point des anti-dérapants. Je te signale quand même qu’ils sont d’origine ! Eprouvés, homologués, permettant à l’escabeau de s’accrocher au filet intergalactique sans glisser, et d’en repartir sans faire filer des mailles. Toi, souhaitant des patins qui dérapent, c’était râpé ! Sauf si je trouvais un moyen de les adapter à ton parquet. Car tu veux également lustrer le parquet de ta chaumière aux commandes de ton eskabô, n’est-ce pas ?
Ah tu peux te vanter de m’avoir fait passer quelques nuits blanches !
Jusqu’à ce que
vilcanota numérise l’air de « laisse cabot » sur son clavier.
Il y avait une idée là-dedans. Même si elle n’est pas apparue immédiatement à mon cerveau embrumé de pureté raéelienne et de poussière envoyée par le pot d’échappement du balai de la sorcière, je sentais confusément qu’il y avait une idée là-dedans. Cabot,...cabot.... De cabot à renard il n’y avait pas loin et de l’escabeau au petit prince un pas que j’ai franchi allègrement ! Car oui, je la tenais, ma solution !
J’ai donc fait des croquis, validé des mesures, opéré des conversions, et j’ai fabriqué un nouveau système. Que je me suis bien évidemment dépêchée de mettre en place, des fois que tu reviendrais sur ton offre d’achat si je traînais trop à y répondre !
C’est en le fixant que l’affaire s’est corsée. L’escabeau, équipé en partie de patins anti-dérapants et en partie de patins à glace a soudain manifesté un syndrome d’incompatibilité et... je me suis retrouvée éjectée.

Le pire reste à t’avouer. Autant le faire de manière concise, comme à mon habitude :
Je suis dans l’incapacité de compléter l’équipement de l’escabeau aussi bien que de lui rendre son équipement d’origine car il s’est réfugié au fond du placard à balais !
Ce n’est pas tout.
Chaque nuit il trépigne et tape des patins et je t’avoue que si tu pouvais m’envoyer ton adresse rapidement pour que je la lui communique, cela m’aiderait peut-être à rétablir des rapports cordiaux avec mes voisins du dessous...
Merci !