Dans notre logique française, on doit pouvoir vivre de son travail et du salaire versé par son employeur et non dépendre des subsides donnés par le client.
bonjour,
..... et il semble que même aux
Etats Unis la pratique ait été vue avec le même oeil critique. Il y a longtemps..
petit retour en arrière...
Vers 1700 .... dans un restaurant anglais le patron installe un pot sur lequel est écrit
To Insure Promptness et qui reçoit la pièce des clients pressés désirant être servis plus vite.
Le
T I P est né. Une autre source donne que l'origine serait une pièce laissée à un tenancier rugueux par un gentilhomme, pièce accompagnée d'un billet oû était écrit
To Incite Politeness 
Vers 1800 .... la pratique se développe en
France sous le nom de pourboire pour serveurs, cafetiers et restaurateurs, puis ouvreuses de cinéma et de théâtre, coiffeurs, chauffeurs de taxis, personnel hôtelier, livreurs à domicile, guides touristiques, déménageurs, bagagistes, coursiers etc..
Le pour-boire faisait allusion au verre qu'on offrait pour un service rendu ou à une pièce pour s'offrir ce verre. Il y encore peu il était banal qu'à la fin d'un chantier un client, pas forcément un ''bourgeois'' glisse un billet aux ouvriers- compagnons d'un artisan sinon à l'artisan lui-même, accompagné de ''
prenez donc... pour boire un verre à ma santé''.
En espagnol, la Propina viendrait d'une ancienne coutume qui consistait à boire la moitié d'un verre après avoir trinqué à la santé de quelqu'un puis offrir à cette personne la fin du verre. Il ne s'agit pas contrairement à ce que l'on pourrait croire d'une déformation du français '
'pour le pinard''
Vers 1900..... aux
USA le pourboire était peu ou pas pratiqué jusque à l'approche des années 1900. Il y était même mal vu.
On dit que les riches Européens en visite aux
Etats Unis vers la fin du XIX ème siècle étaient stupéfaits de constater que personne n'attendait d'eux un pourboire et que, à l'inverse, ce sont les riches Américains qui, en ayant pris l'habitude pendant leurs séjours européens, ont introduit la pratique en Amérique
Cette pratique n'a cependant pas été accepté d'emblée, loin de là.
L'impact social, le réel et le supposé, sur les salaires, l'impact psychologique, les aspects éthiques et moraux, le politique ont fait débat au point que pendant une dizaine d'années au début du XXème siècle plusieurs Etats avaient passé des lois interdisant la pratique et la punissant d'amendes et pour celui qui ''tippait'' et pour celui qui recevait.
Le
New York Times faisait campagne contre le ''tipping'' et en 1897 un éditorial considérait le
'' tipping to be the vilest of imported vices."
On lit aussi dans ''History of tipping'' :
...
. Gunton’s Magazine (1896, p. 16-17) called tipping offensively un-American, because it was contrary to the spirit of American life of working for wages rather than fawning for favors. It also stated that tipping did not favor the tip-receivers because their wages were reduced as a result of tipping, and it creates in them menial demeanor. The magazine further argued that tipping is also a nuisance for the tippers.
Le combat anti-tipping était mené par les ''labor unions'' (syndicats) et des associations telles que '' the Anti-tipping Society of America'' tandis que les employeurs soutenaient la pratique
En 1916 paraissait un plaidoyer aiguisé (186 pages) contre la pratique :
Palm
by William R. Scott -
. La métaphore dermatologique reprend un vieux mythe populaire touchant à l'argent... déjà utilisé par Shakespeare
En résumé W. Scott considère le tipping comme une pratique non-républicaine (au sens que
nous attribuons au mot) c'est à dire non démocratique, une pratique d'aristocrates de la Vieille Europe et contraire aux principes de l'Amérique.
En 1926 la dernière loi anti-tipping est supprimée. Elle n'était guère appliquée, même pas dit-on par
un des leaders du mouvement anti-tipping le Président de the American Federation of Labor
Plus récemment le Britannique George Orwell racontait qu'à son arrivée à
Barcelone en 1936 pour se battre au côté des Républicains contre Franco il s'est fait sermonné par un directeur d'hôtel pour avoir offert un pourboire à un jeune liftier.
Finalement aux
Etats Unis le tipping a gagné et à l'heure actuelle pour les seuls restaurants il représenterait annuellement un flux de l'ordre de
27 milliards de dollars selon l'estimation de O. Azar basée sur les statistiques du US Census Bureau (sur la base de 15%). Sachant que le pays compte autour de 2 380000 serveurs et serveuses (2008) le revenu moyen issu du tipping serait de l'ordre de 11 300 dollars. Une bonne partie de ce revenu additionnel échappant, dans les faits, à IRS (le fisc)...
Cependant, même actuellement, la pratique n'est pas sans critiques au plan social.
Des commerces tentent de détourner une partie du tipping des serveurs pour payer leurs ''managers'', çà s'appelle le ''tip skimming'' (l'écrèmage... joli nom pour vilaine pratique). Des licenciements, des procès s'en suivent.....
Ainsi on peut de nouveau lire dans
Counterpunch
: Tells the Facts, Names the Names
newsletter qui se décrit elle-même comme ''muckraking'' c'est à dire dérangeante, voire ''fouillemerde'' pour les néo-conservateurs qui aimeraient bien en faire un auto dafé :
''Hovering somewhere between charity and a bribe, the tip is one of our most polymorphous social transactions''
Le restaurant gastronomique haut de gamme innove-t-il ?Depuis 2005 le
Per Se de Thomas Keller de
New York (restaurant français pluri- étoilé au Michelin)
le service (20%) est inclus dans la note.
Depuis il a fait quelques émules dont deux plus connues :
Alice Waters à son restaurant
Chez Panisse à
Berkeley (18%)
Jay Porter à son
The Linkery: ‘The Nation’s Only
Anti
-
Tipping
Laboratory’
de
San Diego va un peu plus loin : '' Not only did he set a service charge of 18 percent, but he also started an "anti-tipping laboratory, "
outright banning tips after observing that they were creating negative competition among his staff''
Un intéressant tour de la question est donné par le
New York Times (
embraces a no-tipping policy
) qui tend à montrer que le changement n'est cependant pas pour demain.
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Cochize.