Je n'ai pas eu le temps de lire toutes les enfilades de ce forum, certaines étant, au demeurant très pertinentes. Je retourne donc à la question fondamentale du forum : "
Pourquoi l'humanitaire à l'étranger ?
". Je dois dire que, pour moi, c'est bien là la question. Je vous mets ci-dessous la réflexion d'un intervenant sur le courrier des lecteurs de je ne sais plus quel journal en ligne, propos que je partage totalement. Car on se contente plus d'aller voir la misère en touriste humanitaire, mais on l'importe à grand frais.
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Étrange que l'exhibitionnisme des misères exotiques importées, si lointaines soient toujours beaucoup plus poignantes aux yeux du bobo que celles qu'il croise tous les jours en bas de son immeuble sous un carton, plus poignantes que celle de l'admirable travailleur pauvre et précaire qui part au combat tous les jours pour survivre, plus poignantes que celles du sans abri ou mal logé, plus poignante que celle du petit patron pauvre au bord du suicide parce que pressurisé par le fisc et les réglementations tatillonnes...A moins que le cahier des charges de ce reportage misérabiliste soit de mettre en scène la misère importée pour la filmer. Car dans le marketing bobo, le réfugié pauvre est une matière première qui vaut de l'or, c'est un business de recyclage pour l'association caritative. Car il génère un budget, du financement : pour l'accueillir, le loger, le nourrir, lui fournir l'eau et l'électricité, le vêtir, le soigner, le former. Cerise sur le gâteaux pour les responsables d'associations, beaucoup mieux qu'une entreprise privée normale, l'association caritative est régie par la loi 1901 ..."
Je distingue, bien sûr, ceux qui sont expatriés et qui, sur place, se posent la question de ce qu'ils peuvent apporter au niveau savoir, principalement. Leur motivation relève de la gratification au sens de Henri Laborit qui est une version évoluée de se faire plaisir. Mais il n'y a nullement besoin d'associations pour cela ! Surtout quand on observe que l'objectif principal de celles-ci est de vous pomper du fric comme un tour operator spécialisé qu'ils sont dans le charity business. En effet le mauvais hébergement qu'ils vendent aux bobos gogos est sans commune mesure avec le coût de la vie dans les pays concernés.
Perso et étant résident au
Paraguay j'ai été tenté d'aller voir une de ces fameuses assoces en
Bolivie, donc pas bien loin de chez moi, s'occupant d'enfants et d'ados de la catégorie "
chicos de la calle". Ma motivation était la curiosité, en particulier de savoir pourquoi certains basculaient dans la pire violence (qui finit toujours mal car eux n'ont pas la protection des truands haut de gamme) et d'autres vivotaient en restant honnêtes (ou simplement plus lucides et moins suicidaires que les précédents). Et j'osais espérer que cette discussion avec un "
étrange étranger" ne serait pas inutile aux garçons en question. Après la dite discussion viendraient des suggestions de ce qui serait possible pour améliorer leurs vies tout en ne disposant que de presque rien en capital. Par exemple, lors d'une vadrouille précédente en
Amérique du Sud, mon compagnon de voyage, pâtissier de formation, avait émis l'idée de faire des petits gâteaux de bonne qualité et de les vendre par un réseau de gamins de la rue. Ceux-ci auraient alors une clientèle fidélisée et donc un revenu meilleur.
Mais quand j'ai vu le prix que cette assoce demandait pour un simple hébergement précaire j'ai vite été dégoutté.