Samedi 6 août.A 6h30, tout le monde est debout ; aujourd’hui s’annonce la journée de route la plus pénible du séjour, jusqu’à
Opuwo.
Partis à 8h15 de Purros, il nous faut 3h pour aller jusqu’à Sesfontein.
L’école est fermée mais, à la station essence située près du fort, en discutant avec la femme qui sert, je lui demande si elle pourrait distribuer nos photos à l’école ou directement aux personnes concernées si elle les reconnaît. J’ai aussi des photos de Bodo and friends, des jeunes qu’on avait rencontrés en 2008 et à qui on avait posté un colis avec notamment un ballon de foot, et dont on n’a jamais eu de nouvelles. Je lui parle de Bodo ; elle le connaît et il habite toujours au village. Je lui confie donc sa photo et lui demande de parler à Bodo du colis qu’on lui a envoyé plusieurs années auparavant, car il est possible qu’il ne l’ait jamais reçu. Très sympa, elle accepte ma demande avec plaisir. Des jeunes enfants traînent autour de la voiture ; je demande à la femme si c’est bien de leur donner des cahiers et crayons, mais elle me le déconseille car cela va inciter ces enfants à mendier plutôt qu’à chercher à se débrouiller par eux-mêmes. Nous ne répondons donc pas aux demandes de ces enfants.
A la station essence, il y a aussi un homme, qui, selon moi, accompagne la femme. Il se présente et me demande mon prénom ; au départ, je ne me méfie pas mais quand il demande l’orthographe, je me rends compte que je suis en train de me faire avoir comme Pierre à Okahandja en 2008. Pas grave, je me retrouve avec une noix gravée au nom de Jack.
Après avoir racheté des boissons au magasin du coin, nous partons en direction d’
Opuwo ; par rapport à 2008, la route n’a plus rien à voir et est maintenant très roulante alors que j’avais des souvenirs assez douloureux de ce tronçon. Même la Joubert Pass a été aménagée et c’est une route goudronnée ultra large qui a été construite à cet endroit.
En chemin, nous nous arrêtons pour le pique-nique et c’est à 14h15 que nous arrivons à
Opuwo, après un trajet assez éprouvant.
La ville nous paraît encore plus glauque qu’en 2008 et, autant le reste du pays est plutôt propre, autant cette ville est une déchetterie à ciel ouvert. Sans s’arrêter, nous nous dirigeons vers l’
Opuwo Country Lodge. Alors que nous avons pris le chemin en mauvais état qui y mène, un habitant me salue en me faisant un signe qui ne trompe pas : nous avons un pneu dégonflé. Je me disais bien qu’il y avait quelque chose de bizarre depuis un moment mais avec les pistes plus ou moins défoncées, difficile d’identifier une crevaison.
Comme je pense que le lodge est 100 m plus loin, je continue mais, d’une part il est bien plus loin que je ne le pensais et l’état de la piste nous oblige à nous arrêter. Le pneu arrière droit (celui qui avait été réparé) est complètement explosé et on ne va pas tarder à rouler sur la jante. Nous sortons les valises du 4x4 (heureusement, on est un peu à l’écart de l’agitation), et nous tentons de sortir la roue de secours. Elle a été fixée avec une sangle mais impossible de me souvenir comment on desserre le système de blocage. Laurent me l’avait pourtant expliqué et cela avait l’air simple mais en pratique c’est plus compliqué. Après quelques minutes, Anny qui a plus le sens pratique prend ma place pour sortir cette satanée roue de secours. Elle aussi a les pires difficultés et, le temps passant, on commence à avoir des visiteurs. Un véhicule du lodge passe à côté de nous et nous en profitons pour accepter l’aide qu’ils proposent : quelqu’un va venir nous aider. Entre temps, Anny a enfin réussi à sortir la roue de secours et on a reçu l’aide de 2 jeunes du voisinage. Quelques minutes plus tard, avec l’arrivée de 3 personnes du lodge, ce sont 5 personnes qui s’occupent de notre problème et qui changent la roue explosée. Nous les remercions chaleureusement et leur donnons un pourboire, après quoi nous parcourons les centaines de mètres qui nous séparent du lodge. Cette aventure nous a fait perdre 1 heure et nous arrivons exténués à la réception. L’accueil est plutôt froid et ça sent un peu l’usine à touristes.
Les chambres, qu’on avait trouvées si agréables en 2008, ont pris un coup de vieux et on placera ce lodge en queue de classement de nos hébergements les plus agréables.
Par contre, la piscine est number one et nous passons le reste de l’après-midi à nous prélasser au bord.
Charlotte et moi essayons même la baignade dans une eau pas trop froide.
Pour l’apéritif du soir, on déroge à nos habitudes ; en effet, il n’y a pas de frigo dans la chambre, celui de la voiture ne fonctionne pas bien et on se refuse à boire du gin tonic à 20°C. On va donc prendre notre apéritif au bar, sur la terrasse du lodge et on gardera le plus souvent cette habitude jusqu’à la fin du voyage.
Le repas du soir, sous forme de buffet, est excellent par contre on évite les desserts qui ont l’air d’être des étouffe chrétiens. Ce soir, c’est le premier jour des JO et on se tient au courant des premiers résultats, pas très enthousiasmants pour la délégation française.
Dimanche 7 août Rendez vous est pris pour le petit déjeuner à 8h. N’ayant plus du tout de petites coupures pour les pourboires, nous chargeons nous-mêmes nos bagages dans le 4x4, en attendant une « fenêtre de tir » où aucun porteur n’est dans ses starting blocks pour nous aider.
Nous quittons le lodge à 9h et allons faire quelques courses au supermarché avant de partir pour Epupa. On a vraiment du mal avec l’ambiance dans cette ville et on ne s’y sent pas à l’aise ; passe encore le « mélange des genres », entre les héréros, les himbas et ceux qui sont habillés « normalement », passe aussi la crasse et la pauvreté (on a vu pire à Mada) mais c’est surtout le fait que les habitants ne soient pas du tout souriants ni chaleureux au premier abord qui nous fait nous sentir en trop, et d’ailleurs on ne s’y attarde pas.
La piste de 180 kms entre
Opuwo et Epupa est parfois assez piégeuse et je reste très vigilant tout au long du parcours car on rencontre souvent des « décaissements » dans la route et des trous, pas toujours bien signalés et abordés parfois à une vitesse non négligeable.
Tout au long du parcours, des himbas sont postés au bord de la route, nous invitant parfois à nous arrêter, sans doute pour faire visiter leur village. Cette année, nous ne souhaitons pas visiter de village car cela nous avait plutôt mis mal à l’aise la dernière fois. Certes, c’est intéressant de voir leur mode de vie, certains avaient l’air ravis de nous rencontrer, mais d’autres semblaient vraiment dérangés par le fait d’être observés par des étrangers.
Sur la route, la faune est plutôt pauvre et, à part un dik dik qu’on aperçoit furtivement, nous ne verrons aucun animal sauvage, les chèvres étant par contre en nombre.
Peu avant midi, nous arrivons à Epupa, au Epupa Camp où nous avons réservé pour 2 nuits. Le cadre, au bord de la rivière Kunene, est idyllique, l’accueil chaleureux, et les tentes très sympas.
Nous espérons pouvoir manger le midi mais il aurait fallu réserver nous nous contentons donc d’un paquet de chips sur la terrasse de notre tente.
Nous passons ensuite du temps au bord de la micro piscine qui ne peut servir qu’à se rafraîchir mais en aucun cas à nager. Nous observons avec amusement les singes vervets qui sont attirés par la nourriture.
Avec Charlotte, nous empruntons le pont suspendu en face du camp pour aller visiter l’ilot qui est en face ;
alors que nous en faisons le tour, nous tombons nez à nez (à quelques mètres) avec un crocodile qui se prélasse la gueule ouverte sur un banc de sable.
Le temps que nous allions prévenir Juliette (Anny ne veut pas se risquer à l’exercice du pont suspendu), le crocodile est retourné dans l’eau et Juliette a à peine le temps de l’apercevoir entre 2 eaux.
Un guide du camp vient nous proposer avec insistance une sortie en rafting, mais personne ne se sent très motivé, d’autant que le débit de la rivière laisse plutôt envisager une petite balade familiale en rivière.
Après le café de 15h, Anny et moi partons faire une promenade jusqu’aux
chutes Epupa, sans les filles qui préfèrent se relaxer au bord de l’eau.
Les cascades sont situées à moins d’un km et il nous faut peu de temps pour y parvenir. Le spectacle est magnifique, avec un arc en ciel au niveau de la chute principale.
Nous continuons la promenade le long de la rivière, en prenant un peu de hauteur, les chutes se comptant par dizaines. Nous rentrons ensuite au camp, pour repartir aussitôt avec Juliette et Charlotte en voiture sur une colline qui surplombe les chutes, le lieu où il faut être au coucher du soleil. Inutile de faire le sundowner drive par le camp, la colline est on ne peut plus simple à trouver.
Le soir, la température est vraiment très douce et nous prenons notre apéritif et notre repas en plein air, au bord de l’eau, juste éclairés par de petites lampes ; le repas est annoncé au son du tambour et nous passons une soirée agréable. Les serveurs, comme la plupart des gens dans ce secteur du pays, sont très réservés, voire froids au premier abord, mais en faisant preuve de patience et d’intérêt, on finit par obtenir de leur part des sourires et un peu de conversation.
Le guide du rafting revient à la charge pour demain, mais nous préférons faire une promenade pédestre dans les environs et rendez-vous est pris pour demain à 8h avec un guide du camp, d’origine himba.
En fin de soirée, nous nous intéressons aux résultats des français au JO mais c’est la cata et on préfère ne pas en savoir plus...
Lundi 8 août.Après une nuit agréable, nous prenons le petit déjeuner à 7h30.
Avant de partir pour la marche, nous déposons du linge à laver, les vêtements sales commençant à prendre un peu trop de place dans les bagages.
Comme convenu, à 8h notre guide vient nous chercher pour faire une balade le long de la rivière. Il nous donne des explications sur la nature environnante sur le chemin, nous voyons des singes vervets, des babouins et 2 crocodiles de bonne taille se reposant au bord de l’eau.
La promenade, tranquille et agréable, se termine un peu avant 11h.
Cette fois, nous avons réservé pour le lunch de ce midi. Nous prenons donc notre repas sur la terrasse. Le rythme de ces 2 jours nous change radicalement de la frénésie du début de séjour, et ça fait le plus grand bien avant les derniers jours qui s’annoncent fatigants car en grande partie dans le vase clos du 4x4.
Le début d’après-midi est consacré à la récupération après la dure matinée.....
A 15h30, nous sortons quand même de notre torpeur pour aller de nouveau au bord des chutes, le spectacle de la veille ne nous ayant pas rassasiés.
En chemin, nous rencontrons un groupe de locaux ; l’un d’entre eux nous interpelle en nous disant Nawa. On lui répond Hello et ensuite on se fait un gros délire en imaginant qu’en fait c’est une insulte et qu’on y a répondu bêtement avec un grand sourire. Ca restera l’insulte de fin de vacances entre nous...sans avoir aucune idée de ce que ça signifie en réalité.
A l’apéritif, la quiétude habituelle du lieu est cette fois perturbée par un groupe d’espagnols assez bruyants et envahissants ; heureusement, ils sont au camping et ne restent pas pour le repas.
Au moment de récupérer notre linge, qu’on a déjà réclamé plus tôt dans la journée, il n’est touiours pas prêt et nous devrons attendre demain, ce qui ne nous arrange pas vraiment pour faire les valises.
Comme la veille, un petit point sur les JO nous permet de constater que ça va mieux : 2 médailles d’or, ça commence à ressembler à quelque chose ; par contre en tennis c’est l’hécatombe.