Trat city. Enfin !
Le chauffeur s'essuie le front, souriant et soulagé. Nous aussi !
Alan (le garçon qui a mal tourné) m'appelle toutes les heures car il s'inquiète de notre sort. Trop sympa ce Alan !

Il m'indique le SA Hôtel, la Pop Guesthouse étant trop difficile à trouver (pour les bur..s que nous sommes mais ça, Alan ne le dit pas, mais je sens qu'il le pense)
Une place sombre, une enseigne lumineuse aux néons hypnotisants, le SA Hôtel est ouvert. La chambre est à 12€, ça rattrapera les dépenses de taxi. (Cherchez l'erreur

218€ de taxi pour faire, normalement, 300 bornes et 24€ de chambres). Un conseil:
faites bien répéter votre destination, carte routière à l'appui.
Nous errons, affamés dans cette ville morte. Une petite gargote est ouverte et nous sert une soupe aux nouilles avec des petites choses qui flottent à la surface. On ne sait pas trop de quoi il s'agit mais nous nous réjouissons de cette aubaine sous le regard bienveillant de la cuisinière.
Le lendemain, nous passons la frontière sans déboires et très rapidement. Nous ignorons les sollicitations diverses (visite médicale

, pourboires à ceux qui nous montrent le chemin (il n'y en a qu'un), taxis divers et autres propositions de guesthouses).
Clignedesyeux.
Notre chauffeur nous attend, il a été envoyé par la Tranquility Guesthouse de Sihannoukville.
Je sens que sa conduite est aussi aléatoire que celle de son compatriote thaïlandais, mais peu importe, je savoure mes premiers instants dans ce pays que je ne connais pas. De la poussière, des nids de poule, une conduite à gauche, puis à droite, du coup je ne sais plus si c'est à droite ou à gauche, des bestioles qui traversent, des coups de klaxon pour s'annoncer, des enfants qui nous saluent, des gens qui nous sourient, des mobylettes, des tuk-tuk, des 4 x 4, des drôles de chiens, des chats sans queue, tout ce petit monde dans un joyeux bazar. Malgré ma fatigue je n'en perds pas une... Ni celle de jeter un œil sur le chauffeur...
"Dis-moi Lolo, il s'endort ou quoi celui-là ?"
"Non, je ne crois pas, on dirait qu'il a un tic, il cligne des yeux sans arrêt"
"Oui mais, le clignage dure bien longtemps je trouve !"
"T'inquiètes pas, je crois qu'il assure"

Nous éclatons de rire tous les 4. Le chauffeur aussi, il recligne en criant et en levant le pouce: "Good good, yéyéyé !"
Nous arrivons à Sihannouk. Il ne connait pas l'adresse de la Tranquility

Nous non plus. Nous ne l'avons pas notée, le taxi étant censé la connaître en assurant ce transfert.
Dépités, nous pensons que tous les meilleurs chauffeurs de l'Asie nous ont été envoyés.
Et ce ne sera pas fini...