Ceux qui disent que le PP est franquiste ont raison.
"Ceux" c'est une partie de podemos et une partie des Catalans, la grande majorité des espagnols n'ont pas ce point de vue, surtout ceux qui ont vécu sous franco d'ailleurs tu sous entend que les espagnols sont des crétins qui ont élu démocratiquement 4 fois en 25 ans un dirigeant d'un parti dictatoriale... un peu de sérieux, si il se passait la même chose en
Corse l'état français serait plus diplomate que Rajoy? Il n'y aurait pas violences?
Pardon, ce n'est pas une question de "point de vue" mais bel et bien de sciences politiques : Alianza popular, le parti des 6 ministres de Franco renonce à la dictature en 75 et accepte le príncipe du multipartisme et la constitution. Le PP est donc l'héritier du franquisme, idéologie qu'elle n'a JAMAIS renié officiellement.
Le caciquisme, le clientellisme (sa manière de fontionner par cercles d'influences et pistons, très bien croqué dans le film "la escopeta nacional"), sa relation avec l'église, son concept de l'unité de l'
Espagne, et même ses dirigeants, tous anciens ministres et plus tard, la nouvelle génération du PP est criblée de FILS DE... tout ça, ça vient du franquisme
Le parti, en interne, est organisé comme aux temps du "movimiento", c'est un bloc monolithe sans aucun courant de pensée divergente, sans aucune fissure, où tout le monde dit la même phrase apprise par coeur. Au PP, pas de primaires, jamais, le chef est désigné du doigt par le chef antérieur, tout le monde est au garde à vous et vient lécher dans la main du patrón. Aucun parti européen de centre-droit n'aurait supporté sans crise interne ce que supporte depuis 5 ans le gouvernement espagnol, avec un parti mis en examen et des affaires de corruption qui se comptent par centaines, avec deux élections législatives pendant l'année 2015 au cours desquelles le PP n'a pas bougé d'un pouce pour négocier avec les autres partis, le PSOE s'est cassé les dents face à leur intransigeance ; ensuite, l'affaire de la Cataloggne, pas une seule voix discordante au PP, toujours le même discours sans nuance, du début jusqu'à la fin de la part de tous les membres du PP... Le seuls qui "dérapent" sont ceux qui invoquent les temps de Franco, justement, mais à part ça, rien. Comparez avec "Les Républicains" ou avec le parti de Merkel, vous comprendrez que cette pensée unique, ce bloc de marbre sans lézarde, ça n'esdt pas habituel dans les partis démocratiques... Normal, ça relève d'une toute autre tradition politique: le PP, c'est la droite ligne du "movimiento", de l'époque ou le Caudillo régnait en maître sur son conseil des ministres, les laissait s'en mettre plein les poches mais en échange d'une loyauté et d'une soumission sans faille. Ce n'est pas une "impression" ni une "opinion", c'est une réalité historique, de la même manière que dire que le RPR était un parti Gaulliste...
Donc le PP est d'inspiration et de tradition frnaquiste... Mais je nuance tout de même le terme "franquiste", parce que cela pourrait porter à confusion : le franquisme, de 1936 à 1975, a connu des évolutions, on est passé d'un régime totalitaire philofasciste à une ouverture vers le libéralisme tant économique que politique dans les années 60, puis la droite espagnole a fait un très grand saut à la mort du dictateur, puis une traversée du désert dans les années 80... Donc, parlons de "post-franquisme" si vous voulez, à la rigueur...
D'autre part, je ne sous-entends pas que les espagnols soient des crétins (de toutes manières je ne le dirais pas non plus des polonais ou des hongrois qui se sont dotés de régimes très droitiers...). Faisons un peu de chornologie : la première fois que le PP a gagné, on prenait Aznar pour un nouvel Adolfo Suarez, et c'était après 14 ans de PSOE, donc logiquement il y a eu alternance politique. Comme le 1er gouvernement Aznar avait la majorité relative, ils ont dû s'allier avec les nationalistes catalans, c'était un gouvernement plutôt centre-droit, les espagnols ont confirmé un second mandat, et Aznar a obtenu la majorité aboslue. Là, on a vu un PP "desacomplejado" selon les propres mots d'Aznar (décomplexé) et pour la première fois depuis la transition, des références très claires à l'idéologie franquiste.
La période Aznar s'est achevée avec les attentats du 11 mai 2004, 200 morts à
Madrid causés par Al Qaeda, mais le gouvernement a essayéde faire croire, à 3 jours des élections, qu'il s'agissait de l'ETA... Une vraie tentative de coup d'état médiatique qui a alerté toute l'Europe, et rappelé que le PP peut parfois jouer à la limite du totalitarisme.
La troisième fois que les espagnols ont voté PP (Rajoy), c'est en pleine crise économique, alors que Zapatero avait nié la crise... Mais notons que le PP ne fait qu'environ 30% des voix, que le taux d'abstention est assez fort en
Espagne, que le mode de scrutin fait que les provinces intérieures moins peuplées et vieillies sont sur-représentées et que surtout, le PP est un parti qui fait 60% des voix ches les plus de 65 ans, -une génération qui a ve´cu la fin de la dictature et n'a pas forcément une grande culture politique-, mais que le PP est très minoritaires chez les plsu jeunes...
En Europe, l'extrême-droite fait environ 20%, en
Espagne, il n'y a pas de parti d'extrême droite, il y a juste un parti héritier du franquisme qui agglutine à la fois l'extrême-droite et la droite traditionnelle... Voilà tout.