Hola

Nous voilà donc au "jour d'après" !!
Certains ont, avec raison, le sourire, tels les nationalistes-indépendantistes qui retrouvent une majorité de sièges au parlement catalan.
D'autres l'ont également, comme Ciutadans qui devient, en nombre de votes émis, le premier parti en
Catalogne, mais sourire teinté de frustration car il restera malgré cela un "parti d'opposition".
D'autres encore sont déçus, tel le PSCat qui n'a pas les résultats escomptés et annoncés par le sondages. Alors que son Président ICETA se voyait faiseur de rois au sein d'une éventuelle majorité unioniste, et même Président de consensus, il doit aujourd'hui revoir ses ambitions à la baisse et ne peut que, pour le moment regagner les bancs de l'opposition.
La pilule la plus amère pour le PP catalan d'ALBIOL et au delà pour le chef du gouvernement espagnol Mariano RAJOY qui reçoit une véritable claque démocratique.
Autres déçus du lendemain, les membre de En Comun Podem, d'Ada COLAU, branche catalane de Podemos. Loin du score espéré, et surtout loin du rôle de parti charnière, que nombre d'observateurs et eux mêmes s'étaient attribués, c'est à dire celui du recours pour la constitution d'une majorité et qui voyait possible l'élection de son responsable, DOMENECH, comme Président de la Généralitat par consensus.
Dans le camp des vainqueurs, ne surtout pas oublier la CUP qui, malgré un revers indéniable (passé de 10 députés à 4 !!) reste le parti dont les indépendantistes ont impérativement besoin pour obtenir une majorité.
Avec cette nouvelle distribution, bien que n'ayant pas obtenu la majorité des votes, les indépendantistes retrouvent la majorité d'élus au Parlement catalan, mais elle est des plus réduite : 2 sièges !! (70 députés - majorité à 68), et donc le prochain/e Président de la Generalitat sera un/e nationaliste-indépendantiste.
Mais les cicatrices du référendum du 1er Octobre, rendront la formation de cette majorité, et surtout sa survivance politique très aléatoire.
Les élus de la CUP (gauche extrême, anti-capitaliste et indépendantiste) ne pardonnent pas à Puigdemont son renoncement suite au référendum du 1er Octobre. Leur adhésion à un gouvernement de coalition ne sera pas "automatique" et ne pourra qu'être le fruit d'âpres négociations et la définition d'une politique clairement orientée, avec un calendrier contraigant.
Contrairement à la plupart des prévisions qui voyaient ERC devenir le premier parti nationaliste, JxCat, le parti de Puigdemont devance celui de Junqueras (34 - 32).
Et tout au long de cette campagne irréaliste, les deux camps ont affiché jour après jour, leurs divergences.
La situation particulière de Puigdemont est un autre élément clef.
Toujours en fuite de la justice espagnole, même si le "jeu" parlementaire pourrait lui faire retrouver son siège de Président de la Generalitat, il ne pourra le briguer et ce sera sans doute Carme Forcadell (ex-présidente du Parlament) qui sera la candidate "intérimaire".
ERC n'a aucune intention de laisser le champ libre à JxCat (Puigdemont) et postulera pour la présidence de la Generalitat.
Là aussi, du fait de son incarcération Oriol Junqueras pourrait ne pas être candidat, et dans cette éventualité, ce serait Marta Rovira qui serait désignée pour ce "combat des chefs".
Le fait que ce seraient deux femmes qui s'opposeraient pour la Présidence, ne présage en rien un débat apaisé !!
Bien au contraire, Marta Rovira et Carme Forcadell font passer leurs responsables politiques respectifs (Junqueras et Puigdemont) pour de "gentils débateurs de salon" !!!
L'empoignade sera, à n'en pas douter, dure et sans concessions !!
Même si les tractations post-élections n'ont pas commencé, les débats et les déclarations de la campagne permettent de penser que la gouvernance sera des plus compliquées.
ERC et JxCat ont IMPERATIVEMENT de s'allier et tout aussi IMPERATIVEMENT besoin de la CUP pour obtenir le pouvoir et surtout s'y maintenir.
Or, aujourd'hui, le seul dénominateur commun entre ces trois partis est l'objectif de l'indépendance de la
Catalogne.
Mais depuis le référendum du 1er Octobre et ses conséquences politico-judiciaires, les positions respectives sur le sujet sont trés divergentes.
La CUP a clairement dit au cours de cette campagne, qu'elle revenait à un projet intransigeant en revendiquant un anti-capitalisme pur et dur, et à une volonté absolue de parvenir à l'indépendance, y compris par la voie de la déclaration unilatérale, solution aujourd'hui formellement rejetée par les deux autres composantes nationalistes.
On voit mal les 4 élus de la CUP apporter leur soutien à un gouvernement issu de JxCat et ERC sans la définition d'un objectif indépendantiste clairement exprimé et assorti d'un calendrier d'éxécution précis.
Pour compléter ce tableau compliqué à souhaits, il y a l'inconnue économique !!
De nombreuses entreprises, notamment des groupes internationaux, avaient fait part de leur inquiétude si une situation conflictuelle et incertaine devait perdurer.
Pour ces grosses pourvoyeuses d'emplois en
Catalogne, l'instabilité politique qui se dessine pourrait être l'élément décisif dans la prise d'une décision de transfert ailleurs, en
Espagne ou en Europe, de l'activité industrielle aujourd'hui localisée en
Catalogne.
Après le référendum du 1er Octobre et l'incertitude générée, ce sont prés de 3.000 sociétés et entreprises, qui ont déménagé soit leurs sièges sociaux, soit l'ensemble de leurs services administratifs, hors de
Catalogne, mais l'essentiel des outils de productions n'avait pas été affecté par ces mouvements.
On saura sans doute très vite, quel sera "le vote" de ces groupes industriels !!
En résumé, un scrutin ou le bloc le plus voté (52%) n'est pas vainqueur en sièges, et donc un parlement qui s'annonce, sinon ingouvernable du moins très conflictuel, des leaders politiques "vainqueurs" qui ne peuvent exercer leurs mandats, une société catalane plus divisée que jamais, une
Espagne qui s'interroge sur son avenir en tant qu'état... vous dites "compliqué" !!... Moi je dis "un vrai sac de nœuds" !!!
Dans mon premier message d'ouverture de ce fil, le 8 septembre, je disais, en espérant me tromper, que ce qui allait se passer en
Catalogne affecterait l'ensemble du pays et qu'il en serait fini de l'
Espagne telle que nous la connaissions.
Hélas, les faits semblent me donner raison et bien malin qui peut aujourd'hui prévoir quelles seront les conséquences au delà de ses frontières.
Hasta luego

Note aux censeurs de tous poils, ce qui précède est l'expression de MON opinion, et je ne prétends pas détenir la vérité ou faire la leçon à qui que ce soit