Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande) GeorgesOZ · 22 juillet 2010 à 11:42 · 46 photos 45 messages · 9 participants · 7 663 affichages | | | | 22 juillet 2010 à 11:42 · Modifié le 23 mars 2011 à 18:16 Une semaine du côté de Bâan Nâawk ( Thaïlande) Message 1 de 45 · Page 1 de 3 · 4 713 affichages · Partager L’atterrissage à Suvarnabhumi (j’adore la prononciation des annonces dans le hall: « Sù-wan-ná-phuum ») me surprend alors que je cherche encore désespérément à trouver le sommeil. C’est déjà le milieu de la matinée et je file aussi vite que possible en taxi à la gare routière de Mòó Chít, mais je ne peux prendre un bus pour Bâan Nâawk qu’en début d’après-midi. Je ne réussis pas vraiment à profiter des longues heures de bus pour dormir et récupérer un peu de la nuit inconfortable passée dans l’avion, mais tant pis, c’est un petit prix à payer pour retourner au « mùu bâan » (village) de Y, au cœur de l’Isàán.
J’espérais qu’on vienne me chercher à l’arrivée du bus car le village est encore à une bonne vingtaine de kilomètres de la ville et cela me coûterait quelques centaines de baht de taxi pour y aller. Je n’avais pu téléphoner à Y pour la prévenir de mon arrivée que l’espace d’une minute avant d’épuiser le crédit de mon portable. Je m’en veux pour mon imprévoyance, j’aurais pu vérifier mon crédit avant de partir ! Je suis tout de même étonné de constater que mon « comité d’accueil » à la descente du bus brille par son absence. Qu’à cela ne tienne, le couple du « Bo Ko So » (va-t-en savoir ce que cela veut dire !) vient gentiment à ma rescousse et appelle Y, qui n’est pas bien loin en fait, au marché. Quelques minutes plus tard, nous sommes en route vers le « mùu bâan », conduits par Sàámraan, un de ses neveux, et accompagnés de quelques membres de la famille qui ont profité de l’occasion pour faire un tour à la ville – ils n’ont la plupart pas grand-chose d’autre à faire de leur journée ! À partir de maintenant, je n’ai plus qu’à me laisser aller, Y et sa famille vont être à mes petits soins!
Y a hérité de la maison traditionnelle en bois sur pilotis de ses parents. Elle en avait déjà aménagé le rez-de-chaussée il y a quelques années pour en faire une grande chambre et pièce de séjour – cela ne ressemble plus de ce fait à une maison sur pilotis. Elle fait maintenant faire des travaux d’extension, son rêve étant d’avoir enfin une cuisine à elle et de ne plus avoir à cuisiner dans l’arrière-cour, dans la poussière et au milieu des détritus de toute sorte que la famille désinvolte laisse traîner. L’intérieur de sa maison et de celle de l’une de ses sœurs qui habite juste derrière est proprement tenu. Quant à l’extérieur, il faut bien le dire, le désordre ne semble gêner personne !
Il y a deux façons de procéder à de tels travaux : ou bien on improvise au fur et à mesure, ou bien on élabore et on fait des plans, ne serait-ce que pour avoir un concept de départ. Je suis personnellement un adepte de la deuxième approche, et j’avais fait des dessins assez précis, utilisant un logiciel pour examiner les volumes en 3D et optimiser l’agencement des diverses parties de la maison. Y avait été enthousiaste de mes efforts. Elle a fait commencer les travaux il y a peu, et je suis naturellement impatient de voir leur avancement.
Première constatation : le mur de la cuisine côté rue, déjà ébauché, est à un bon mètre de là où je le prévoyais. Bon, je ne m’attendais pas à ce qu’on respecte mes plans à quelques centimètres près... mais un mètre, c’est un tout autre concept ! Avec ce mur tel qu’on est en train de le bâtir, il faudra obligatoirement passer par la cuisine pour atteindre l’escalier extérieur, qu’on va construire derrière la cuisine, et accéder à l’étage. En plus, cela pose des problèmes d’esthétique que je ne vais pas détailler ici. Adieu donc, l’indépendance d’accès aux chambres de l’étage! Je fais part de mon souci à Y mais prends garde à ne pas le faire ouvertement devant les ouvriers pour ne pas porter atteinte à son autorité.
Autre constatation : la salle d’eau de l’étage est inutilement trop haute ce qui fait qu’on aura du mal à lui donner un toit qui s’intégrera avec la maison d’origine, dans ce style de toits multiples imbriqués les uns dans les autres qui est typique des constructions récentes dans la région (voyez la photo) et que je trouve tellement élégant. Mais que faire, maintenant que la structure en ciment a déjà été coulée ?
Ne se doutant pas le moins du monde que j’ai des réservations sur la construction, l’équipe est en plein travail. « Châang Phaawn », le maître des travaux, et les deux ouvriers sont des frères. Il y a aussi une ouvrière, probablement la femme de l’un d’eux. Ce n’est pas la première fois que je vois une femme participer à de gros travaux par ici. J’avais déjà vu l’une des sœurs de Y mélanger le ciment quand il avait fallu réparer le portail détruit par les eaux d’une saison des pluies précédente, et elle avait à peine une goutte de sueur après avoir travaillé sous un soleil écrasant, habillée comme pour une expédition populaire ! La femme de notre équipe s’occupe elle aussi de préparer le ciment et de l’apporter ainsi que les briques là où on maçonne. Comme la sœur de Y, et bien typique de l’Isàán, elle est elle aussi bien emmitouflée pour se protéger du soleil... même quand elle travaille à l’ombre. Avec la paire de gants qu’elle porte pour se protéger les mains, il ne lui manque plus qu’une paire de skis aux pieds et une piste enneigée ! À quand le jumelage « Isàán - Avoriaz» ?
J’admire le coffrage de l’escalier qu’on vient juste de couler. On ne le réaliserait probablement pas ainsi de par chez nous mais il est effectif. Plutôt que le décrire, je vais en fournir deux ou trois photos, elles parleront pour elles-mêmes. Un autre objet qui retient tout mon intérêt, c’est l’échelle faite de branches à peine équarries qui mène à l’étage, en attendant que l’escalier soit devenu praticable. Une merveille de rafistolage ! Les ouvriers n’ont même pas pu trouver des bouts de bois assez longs pour faire les montants de l’échelle d’un seul tenant – visez les raccords sur la photo ! Quelques clous bien placés sont censés assurer à l’échelle une solidité à toute épreuve. L’ennui, c’est qu’il faut faire attention à ne pas s’éventrer sur les clous qui dépassent, ni à se faire éjecter de l’échelle qui vibre, oscille et rebondit autant qu’elle peut pour protester contre son usage ! Un véritable casse-gueule ! Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 23 juillet 2010 à 12:02 Re: Une semaine du côté de Bâan Nâawk ( Thaïlande) Message 2 de 45 · Page 1 de 3 · 4 670 affichages · Partager En fin de matinée, nous avons sauté dans la voiture pour aller visiter les ruines khmères qui se trouvent assez proches du village. Le site tranche sur la verdure monotone de cette partie de l’Isàán. C’est un ensemble de trois temples construits de grès rose. La plateforme sur laquelle ils reposent ainsi que le mur qui le sépare d’un bassin périphérique sont en latérite. Comme à Angkor (je l’ai lu quelque part), le bassin symbolise peut-être les océans qui entourent le monde. Les traces de rénovation sont très discrètes et le tout est majestueux sans être énorme.
Ces ruines datent du 16-ème ou 17-ème siècle de l’ère bouddhiste, c.à.d. du 11-ème ou 12-ème siècle de l’ère chrétienne. Elles sont contemporaines des autres ruines khmères qui s’étalent du Cambodge jusqu’au cœur de l’Isàán vers le nord-ouest et qu’on commence à rencontrer à quelques heures à l’est de Bangkok. Elles démontrent l’étendue de l’empire khmer avant qu’il ne commence à s’effriter sous les avancées des Taï, arrivés relativement récemment dans la péninsule indochinoise. C’est par les Viet, eux résidents de très longue date dans la région, que cet empire a été érodé sur son flanc oriental.
Il n’y a dans les parages que deux hommes dont je ne suis pas trop sûr qu’ils fassent partie d’un quelconque service d’accueil touristique. Il y a bien un grand panneau descriptif du site et de l’histoire attenante, en thaï et en anglais, mais personne ne vient me demander de payer quoi que ce soit pour la visite. Je ne crois pas que ce soit parce que je suis accompagné d’une famille visiblement locale – de mon expérience, cela n’est pas une condition suffisante pour échapper à la « ponction pécuniaire du farang » - mais plutôt parce que nous sommes ici à l’écart des grands circuits touristiques. Quelques vaches broutant autour des ruines leur donnent un aspect curieux. Quel contraste entre la grandeur de l’empire khmer, tel que nous l’imaginons, et ses vestiges servant de pâturage au paisible bétail de l’Isàán ! Cela me remet en mémoire quelques lignes qu’Henri Mouhot avait écrites sur le Cambodge, qu’il avait visité vers 1863 ou 1864, et en particulier sur les ruines d’Angkor qu’il avait peut-être été le premier occidental à décrire. Dédaigné par les compagnies françaises et le Troisième Empire, ce botaniste français avait été commandité par les Britanniques (la Royal Geographical Society et la Zoological Society of London). Ces passages sont tirés du livre « Voyage dans les royaumes de Siam, de Cambodge, de Laos, et autres parties centrales de l’Indochine » :
« ... des ruines si imposantes, fruit d’un travail tellement prodigieux, qu’à leur aspect on est saisi de la plus profonde admiration, et que l’on se demande ce qu’est devenu le peuple puissant, civilisé et éclairé, auquel on pourrait attribuer ces œuvres gigantesques. »
« Peu de nations présentent un contraste aussi étonnant que le Cambodge entre la grandeur de leur passé, arrivée au point le plus culminant, et l’abjection de la barbarie actuelle. »
Mouhot ne mâche d’ailleurs pas ses mots quand il exprime ses sentiments sur les gens qu’il rencontre au Cambodge. Je cite :
« Tout ce que l’on peut dire du peuple actuel de la plaine du Cambodge, peuple cultivateur, qui montre encore un certain goût pour les arts dans les ornements de sculpture dont il décore les barques des riches et des puissants, c’est que, tant au physique qu’au moral, il n’a rien de caractéristique qu’un orgueil démesuré. »
Bien sûr, je ne peux pas le suivre dans son jugement sur la supposée barbarie du temps présent, ni sur l’orgueil démesuré des gens – qu’est-ce, entre parenthèses, qu’un « orgueil au physique » ? De toute façon, nous ne sommes pas ici au Cambodge. Mais je m’étonne de même, à voir ces ruines, qu’une telle grandeur ait pu disparaître pour ne faire place qu’à quelques vaches....
Avant de quitter Mouhot, il est amusant à utiliser du mignon terme de « talapoin » pour désigner les moines bouddhistes. D’où vient donc ce mot aux consonances parfaitement désuètes ?
Je m’approche du bassin d’eau, qui a recueilli les premières pluies de la saison. Un buffle se prélasse au milieu des lotus. Je l’envie, il fait tellement chaud ! Les frontons des temples sont magnifiques. L’un d’eux représente Vishnou, je pense, allongé dans sa somnolence bienveillante. La scène comporte d’autres personnages mais il faudrait être un expert pour comprendre de quel passage de la mythologie hindoue il s’agit. À l’intérieur, curieusement, un petit autel a été constitué de quelques fragments de la frise du temple, deux têtes de serpents-nagas encadrant, il me semble, une autre représentation de Vishnou couché et assoupi. Des bâtons d’encens, quelques fleurs et autres petits objets déposés devant ces vestiges témoignent d’un culte tout récent. Il n’y a plus d’hindous dans cette région, à ce que je sache, mais le bouddhisme, tout aussi vivante et sincère que soit sa pratique, n’est souvent que la couche supérieure d’un amalgame religieux ou spirituel où il n’est pas difficile de reconnaître le culte des ancêtres et celui des esprits - avez-vous vu en Thaïlande ces arbres entourés de ceintures colorées au pied desquels on dépose des fleurs ou des objets de consommation, bouteilles d’alcool et autres? Que l’on ne s’étonne donc pas que les divinités hindoues soient également honorées encore de nos jours. Ces lieux restent sacrés.
Entretemps, la famille s’est installée à l’ombre des arbres qui ornent un petit monticule pour se prélasser en grignotant quelques fruits et autres « khanòóm ». Avec quelques nattes déroulées sur le sol, l’espace de deux ou trois minutes, toute famille thaïe est experte en l’art du pique-nique improvisé. « Sabaï sabaï », on sait comment se la couler douce ! Je mettrais ma main au feu qu’il ne faudrait pas fouiller longtemps sous les deux ou trois autres monticules à peine esquissés sous la couverture végétale pour mettre à jour d’autres ruines....
De retour au village, je suis immédiatement concerné par la tournure qu’a prise l’escalier construit derrière la cuisine. Les ouvriers n’ont pas chômé, ils ont posé toute la balustrade autour de la terrasse à laquelle mène l’escalier, mais.... les deux balustres qui encadrent le haut de l’escalier sont bien trop proches l’un de l’autre. Je mesure - il n’y a qu’un « farang » pour avoir cette idée saugrenue de mesurer ! Le passage au débouché de l’escalier n’est que de 48 centimètres alors que la norme, en Europe en tout cas, serait un minimum de 70 centimètres ! Je sais, je sais, inutile de me le répéter ! Nous ne sommes pas en Europe. Rassurez-vous ! Je ne me fais aucune illusion, et je fermerais bien mes yeux sur quelques centimètres, mais là le défaut de construction est vraiment flagrant. Je fais plaisamment la remarque qu’il est bien heureux que les gens de l’Isàán soient généralement « phàáwm » (« sveltes, minces ») mais qu’il arrivera bien un jour où un visiteur farang plus « arrondi » ne pourra pas passer ! On rit ou sourit. Bon, au moins personne ne se fâche, c’est déjà ça d’acquis ! Mais je me dois tout de même d’insister un peu auprès de Y pour qu’elle prenne bien conscience du problème et agisse en conséquence. Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 24 juillet 2010 à 8:31 Re: Une semaine du côté de Bâan Nâawk ( Thaïlande) Message 3 de 45 · Page 1 de 3 · 4 633 affichages · Partager bravo, tout simplement magnifique. ton recit est plein de vie, habitant au VN je suis en quelque sorte ton voisin et je connais bien l' asie du sud est pour confirmer tes dires. mais es tu ecrivain de profession ?
vis tu au Mali ? tu me raconteras le Mali prochainement ? | | | À: Venissian · 24 juillet 2010 à 11:59 Re: Une semaine du côté de Bâan Nâawk ( Thaïlande) Message 4 de 45 · Page 1 de 3 · 4 617 affichages · Partager Bonjour, et merci de tes bons mots!
Non, je ne suis pas écrivain de profession, et quant à Tin-Buktu et le Mali, je dois une explication. Je vérifiais hier mon profil et j’ai remarqué que le format en a pas mal changé. En tout cas, je ne pouvais plus voir le petit texte que j’y avais écrit, il y a longtemps, pour me présenter. J’ai eu la flemme de tout y remettre, et je me suis contenté de corriger mon lieu de résidence qui n’était plus d’actualité. Je n’ai pas vraiment d’adresse fixe ces jours-ci, et comme je ne pouvais pas trouver l’option « quelque part dans le monde », je me suis rabattu sur « Tin-Buktu », une paraphrase bien connue pour désigner un endroit mythique qui n’existe peut-être même pas !
Es-tu vraiment retraité à l’âge de 41 ans, et au VN? Il y en a qui ont de la chance ! | | | À: GeorgesOZ · 24 juillet 2010 à 12:01 Re: Une semaine du côté de Bâan Nâawk ( Thaïlande) Message 5 de 45 · Page 1 de 3 · 4 615 affichages · Partager L’affaire de l’escalier est passée en tête d’agenda. Je n’ai pas fini ma première tasse de café de la journée que « Châang Phaawn » vient me voir, accompagné de Y. Il veut m’informer de la solution qu’il a trouvée pour l’escalier. Il a tout simplement décidé de détruire une partie de la balustrade pour ménager un passage plus large au haut de l’escalier. J’admire l’esprit d’improvisation et la rapidité de l’action correctrice : un ouvrier a déjà abattu deux ou trois balustres –les coups de masse n’ont pas réussi à me tirer de mon sommeil ce matin - il est maintenant en train de scier les restes de l’armature d’acier (car ils étaient posés sur du ciment). Mais... n’aurait-il pas mieux valu « faire juste dès le départ » (selon le principe du « first time right », comme on dit en anglais), plutôt que d’avoir à détruire le travail de la veille ??? Pourquoi, comment (hélas !!!) ne pas comprendre que corriger est rarement aussi bien que construire correctement dès le départ ? Je l’ai déjà dit plus haut, il y a deux façons de procéder: ou bien on improvise au fur et à mesure, ou bien on fait des plans pour ne pas avoir de surprise. De toute évidence, nos ouvriers sont plutôt adeptes de la première école. Mais.... sachons fermer l’œil sur certains détails ! Je suis pragmatique et j’acquiesce. Il faut savoir accepter la culture locale, surtout si elle détermine des attitudes qui dans l’ensemble sont plutôt agréables.
Je constate peu après que le mur de la cuisine qui ne me plaisait pas a été également démoli et qu’on est en train de le reconstruire là où je le voulais en premier lieu. J’apprécie la flexibilité de ces gens, c’est le bon côté de l’improvisation! Bon, c’est bien, nous avons tous réussi à marquer nos positions respectives sans devenir trop pesants, et nous en restons sur des rapports amicaux ! Nous fraternisons avec les ouvriers, Y cajole même la femme-maçon de sa façon bien à elle. J’ai souvent trouvé que les Thaïs sont assez vite chaleureux les uns vis-à-vis des autres, mais il faut dire que Y l’est tout particulièrement. Devant son attitude positive et joyeuse, tous mes amis en sont tombés d’accord : «adorable ! » ; « charmante !» ; « une belle âme !», a même déclaré l’un d’eux. Quant à moi, je me contenterai de dire qu’elle est une très belle personne, tant au physique qu’au moral. Savez-vous quoi ? J’apprécie énormément les gens qui ont la bonne nature de pouvoir simplement dire ou entendre dire d’eux-mêmes qu’ils sont « gentils », sans penser pour autant que cela implique une forme de bêtise.... si vous voyez ce que je veux dire.
Allez, tout baigne donc dans l’huile ! Maintenant que les travaux semblent poursuivre une course plus sûre, nous pouvons faire un saut en ville pour faire un peu d’internet, visiter le marché etc..... Chaque fois que je passe par Bâan Nâawk, je me dis qu’un jour il faudra bien que j’aille voir de plus près le « wát » (temple) qui se trouve en retrait derrière les arbres non loin de la gare routière, et qui me semble assez beau avec ses grands toits de tuiles rouges vernies rutilant au soleil. Il faudra aussi que je prenne un jour quelques photos du marché. Il y a une rue pleine de stands ambulants où, comme partout ailleurs, on peut acheter toutes formes de nourriture. Il y a aussi un marché couvert assez propre où se vendent la viande, les poissons, les épiceries etc. Je crois même avoir repéré quelques paquets de farine de blé, ce qui pourrait un jour me motiver à enseigner l’art des crêpes à ma famille Isàán. Mais pour ce qui est des photos, ce sont là de ces choses que l’on se promet de faire et qu’on n’arrive jamais à réaliser, je suis sûr que cela arrive également à vous, mes chers lecteurs ! Ce n’est pas qu’il y aurait le moindre problème à prendre des photos, mais il vaut mieux parfois se contenter d’apprécier le moment présent et ne pas vouloir mitrailler tout azimut et à tout prix.
C’est une petite ville propre et assez agréable. Elle n’est pas particulièrement jolie mais elle ne change pas beaucoup en cela de la plupart des villes (pas si nombreuses que ça, je dois l’avouer) que je connais en Thaïlande. Elle est peu fréquentée par les étrangers. Depuis que je la connais, je n’ai pas dû y voir en tout une douzaine de « farangs », et en tout cas jamais de groupes. Ce petit coin de l’Isàán n’est sans doute pas spectaculaire, heureusement peut-être, ça le préserve de changements trop rapides et souvent malheureux! Les éléphants n’ont pas encore étés lâchés dans le magasin de porcelaine, si vous me permettez cette image blessante.... blessante et injuste en tout cas pour les éléphants, les vrais ! La tranquillité et la gentillesse des gens de Bâan Nâawk n’ont pas de prix.
N’ayant pas les yeux dans mes poches, je remarque aussi qu’on voit de plus jolies femmes et filles en ville qu’au village, avec un brin de sophistication dans l’habillement et un teint de peau parfois bien plus clair. Je n’ai absolument rien d’un raciste, et ce n’est qu’une question de goût, le fait est que je trouve les peaux claires plus attrayantes et que les gens au village sont dans l’ensemble très tannés, travaux des champs obligent. Image attachée: | | | À: GeorgesOZ · 24 juillet 2010 à 17:10 Re: Une semaine du côté de Bâan Nâawk ( Thaïlande) Message 6 de 45 · Page 1 de 3 · 4 602 affichages · Partager Bonjour Georges, heureux de retrouver le plaisir de te lire... quel que soit le sujet c'est toujours passionnant !!! 
J'espère le plaisir de te revoir un de ces jours, ici, là ou ailleurs... je viens de lire ton post sur Sukhumvit (en janvier)... j'irai bien faire un tour à l'ABC en ta compagnie et celle de Y... 
Bon retour chez toi..... euhhhh....c'est où chez toi ??? 
Amicalement René de Toulon | | | À: GeorgesOZ · 24 juillet 2010 à 17:19 Re: Une semaine du côté de Bâan Nâawk ( Thaïlande) Message 7 de 45 · Page 1 de 3 · 4 599 affichages · Partager bonjour je suis effectivement retraite militaire et je vis au VN depuis 5 ans deja.
bon ecrivain ou pas ton recit est emouvant et donne envie d'aller voir ton projet en personne.
amicalement | | | À: TDMsolo · 24 juillet 2010 à 19:58 Re: Une semaine du côté de Bâan Nâawk ( Thaïlande) Message 8 de 45 · Page 1 de 3 · 4 586 affichages · Partager Bonjour René ! Tu es bien rentré de ta tournée en Asie ?
Mes « jours tranquilles à Sukhumwit », ah oui ! avec mon ami Ivan. C’était il y a déjà une année de ça (j’avais poste quelques mois après). Nous aurons bien l’occasion d’aller faire un tour à l’ABC ensemble un de ces jours !  
Où c’est chez moi ? À vrai dire, je n’en sais plus trop rien depuis que j’ai quitté Perth. Je pensais me retrouver à Singapour et j’ai dû changer de plans à la dernière minute.   J’ai bien sûr des points de chute, mon petit coin « du côté de Bâan Nâawk », chez Y, par exemple,  mais il faut aussi que je me trouve un boulot de temps en temps pour assurer les arrières..... Je cherche, je cherche..... | | | À: Venissian · 24 juillet 2010 à 20:01 Re: Une semaine du côté de Bâan Nâawk ( Thaïlande) Message 9 de 45 · Page 1 de 3 · 4 585 affichages · Partager Merci de nouveau ! Et mes excuses pour t’avoir décu pour le Mali, hahaha ! J’espère que tu ne m’en voudras pas de m’être permis cette plaisanterie à vrai dire puérile (et oui, je reste gamin !). Pour mon projet (et celui de Y), ce sera avec plaisir. | | | À: GeorgesOZ · 24 juillet 2010 à 23:52 Re: Une semaine du côté de Bâan Nâawk ( Thaïlande) Message 10 de 45 · Page 1 de 3 · 4 573 affichages · Partager Bonsoir,
Je te retrouve avec grand plaisir, je viens de passer quelques mois en Chine, à Xi'an.
Danielle | | | À: GeorgesOZ · 25 juillet 2010 à 0:05 Re: Une semaine du côté de Bâan Nâawk ( Thaïlande) Message 11 de 45 · Page 1 de 3 · 4 517 affichages · Partager Excellent!!! Mille mercis, j'ai adoré! | | | À: GeorgesOZ · 25 juillet 2010 à 7:05 Re: Une semaine du côté de Bâan Nâawk ( Thaïlande) Message 12 de 45 · Page 1 de 3 · 4 508 affichages · Partager salut Georges
ravi de te lire de nouveau. Alors tu t`installes en Thailande ? | | | À: GeorgesOZ · 25 juillet 2010 à 8:27 Re: Une semaine du côté de Bâan Nâawk ( Thaïlande) Message 13 de 45 · Page 1 de 3 · 4 506 affichages · Partager sur cette discussion je vois que tu as beaucoup d'amis (baroudeurs). bravo, c'est l'assurance d'une vie enrichissante. amicalement | | | À: SeniorCH · 25 juillet 2010 à 10:01 Re: Une semaine du côté de Bâan Nâawk ( Thaïlande) Message 14 de 45 · Page 1 de 3 · 4 501 affichages · Partager Bonjour Danielle,
Ca a du etre bon, plusieurs mois a Xi'an. J'imagine que ta maitrise du mandarin en a du marquer un coup! | | | À: Parvat · 25 juillet 2010 à 10:03 Re: Une semaine du côté de Bâan Nâawk ( Thaïlande) Message 15 de 45 · Page 1 de 3 · 4 499 affichages · Partager Salut Fabienne! Je suis toujours heureux de faire plaisir, hahaha! | | | À: Mékong · 25 juillet 2010 à 10:05 Re: Une semaine du côté de Bâan Nâawk ( Thaïlande) Message 16 de 45 · Page 1 de 3 · 4 488 affichages · Partager Pas encore, pas encore, Eric! Mais je prevois pour mes vieux jours. Il y a du kilometrage au compteur, mais je crois pouvoir encore tirer pas mal de route du moteur!
Et toi, a Jakarta? Tu y es pour longtemps? Je connais bien cette ville, j'espere bien y retourner un de ces jours. | | | À: Venissian · 25 juillet 2010 à 10:06 Re: Une semaine du côté de Bâan Nâawk ( Thaïlande) Message 17 de 45 · Page 1 de 3 · 4 484 affichages · Partager Oui Bruno, on se retrouve souvent en tres bonne compagnie sur ce forum! | | | À: GeorgesOZ · 25 juillet 2010 à 10:09 Re: Une semaine du côté de Bâan Nâawk ( Thaïlande) Message 18 de 45 · Page 1 de 3 · 4 482 affichages · Partager Y me l’avait dit, nous sommes invités à aller visiter son amie Phaawn qui habite juste en dehors de Sisaket (« Sìí-sà-gàeht »). Donc, nous nous retrouvons en voiture peu après le petit déjeuner qui, soit dit en passant, n’a pas lieu à une heure bien précise. Les gens de l’Isàán mangent presque toujours ensemble, faire quelque chose indépendamment des autres semble presqu’impensable. Cependant, il n’y a pas non plus de contrainte à manger exactement en même temps. « On est libre de ses mouvements mais on fait les choses ensemble » est une bonne manière de résumer le comportement des gens, même si cela semble contradictoire. Grosso modo, tout le monde a mangé quelque chose bien avant le milieu de la matinée.
Je prends ma place habituelle dans la voiture, la place d’honneur à côté du conducteur. Comme d’habitude, c’est Sàámraan qui conduit. Il est plus âgé que les autres et toujours célibataire parce que, comme on me l’a expliqué, il s’occupe de ses parents et de son petit frère. C’est une explication comme une autre, en tout cas il conduit sûrement, et probablement à cause de sa maturité relative j’arrive mieux à tenir une conversation avec lui qu’avec les autres. Je me retourne et vois assises à côté de Y la jeune femme de Sòómsohng, un autre neveu, tenant son petit gamin sur les genoux, et une autre femme bien plus âgée qui a un visage très fin et a toujours un sourire doux sur les lèvres. Sur ses genoux, un autre bambin, les yeux tout écarquillés et pas trop rassuré de voir un « farang ». Je dois ressembler à un diable pour les tout petits ! Donc, une petite excursion en famille, rien de plus naturel.
Et nous voila en route pour Sisaket qui n’est pas exactement la porte d’à côté. Je rêvasse pendant les heures de route, voyant défiler les interminables paysages en fin de compte assez monotones du centre de l’Isàán. Quelqu’un a dit sur VF que cette partie de la Thaïlande « ne cassait pas une patte à un canard », contredisant en cela les quelques forumistes qui ne manquent aucune occasion pour nous en faire les éloges. Je dois admettre que je ne trouve pas personnellement les paysages spécialement remarquables. Ce n’est guère que du côté de Chayaphum, du côté ouest de l’Isàán, et sur les bords du Mékong au-delà de Loei que j’ai vu des paysages rendus véritablement intéressants par quelques reliefs. Je l’admets, je suis loin de tout avoir vu en Isàán, mais l’impression que j’en ai c’est que le plat et répétitif domine. Ce n’est cependant pas désagréable, loin de là : campagne et verdure à l’infini ; rizières parsemées d’arbres et de bosquets sur des centaines de kilomètres. Un gigantesque bol de riz.
Notre ami Mouhot les connaît bien, les montagnes qui bordent le « jangwát » (province ou district) de Chayaphum et s’étirent vers le nord jusqu’au Laos en passant par Loei. Il les a traversées lors de son quatrième et dernier voyage dans la région. Voyons ce qu’il en dit :
« Un grand nombre d’habitants de cette province [il crapahute quelque part entre Khorat et Chayaphum ], originaires du Laos, sont d’anciens captifs amenés de Vien-Chang après le soulèvement de cette province ».
... puis, traversant la province de Chayaphum :
« Dans ces montagnes, les Laotiens, font aux génies locaux des offrandes de pierres et de bâtons ».
... et enfin, parlant de ces montagnes menant à Loei :
« Tout ce versant oriental, à l’exception de quelques villages de sauvages à ventre noir [à cause de leurs tatouages ] enclavés dans cet État, est habité par le même peuple, les Laos ou Laotiens à ventre blanc [moins tatoués ], qui s’appellent eux-mêmes Lao, et que les Siamois, les Chinois et tous les peuples environnants ne connaissent que sous ce nom ». (J’ai souligné ce qui est en italiques dans le texte).
Tiens ! On retrouve donc bien chez Mouhot cette affaire des habitants de l’Isàán étant, en grande proportion, d’origine laotienne. J’en avais parlé dans un poste précédent « Bangkok, Vientiane et Isan » (voyageforum.com/...7;page=unread#unread ). Pardonnons-lui, en passant, cet usage du mot « sauvage », il appartient à son époque.
Pourquoi ne pas continuer cette digression sur le monde Lao ? Mouhot nous décrit maintenant les gens :
« Les Laotiens ressemblent beaucoup aux Siamois ; une prononciation différente, une accentuation lente est la seule différence que je remarque dans leur langage. Les femmes portent les cheveux longs [à l’époque, au Siam c.à.d. en Thaïlande, les femmes avaient le crâne rasé à l’exception d’un toupet porté sur le sommet de la tête, beuuuuh !] et une jupe pendante, ce qui leur va bien quand elles sont jeunes et qu’elles sont peignées. Elles sont mieux que celles du bord du Ménam [le Chao Phraya qui coule dans les plaines centrales de la Thaïlande et passe entre autres par Ayutthaya et Bangkok] ; mais à un âge un peu avancé, leur chignon négligemment jeté sur une tempe ou l’autre et les goitres d’une grosseur énorme dont elles sont affectées les rendent d’une laideur repoussante ».
... et encore :
« L’habillement des Laotiens de ces montagnes diffère peu de celui des Siamois... Ils sont coiffés comme les Siamois. Les femmes sont généralement mieux que celles de ce dernier pays. Elles portent une seule jupe courte de coton et un morceau d’étoffe de soie sur la poitrine ; le plus souvent elles n’en ont point. Elles nouent leurs cheveux noirs en torchon derrière la tête. Les petites filles sont souvent fort gentilles, avec de petites figures chiffonnées et éveillées ; mais, avant qu’elles aient atteint l’âge de dix-huit ou vingt ans, leurs traits s’élargissent, leur corps se charge d’embonpoint ; à trente-cinq ans, ce sont de vraies sorcières, presque toutes affectées de goitres.... »
Je ne sais pas si les experts du Laos se reconnaîtront dans cette description ! Enfin, il en arrive au caractère des gens :
« Les Laotiens sont paisibles, soumis, patients, sobres, confiants, crédules, superstitieux, fidèles, simples et naïfs ».
Il y a là tellement d’épithètes qu’on pourrait se lancer dans une longue dissertation sur le bien fondé ou non de cette description à l’emporte-pièce. Pour ma part, pour autant que les gens de l’Isàán que je connais soient effectivement « d’affinité laotienne » (je surveille mes mots), je dirai oui à « paisibles, patients, confiants, superstitieux, fidèles, simples », quant au reste je ne sais.
Cette digression sur le Laos est certes longue, mais elle s’adresse également à cette partie (très importante numériquement parlant) de la population de l’Isàán à laquelle appartiennent Y, sa famille, tous ses amis et tous les gens que j’ai rencontrés en Isàán. Avant de lâcher Mouhot, je veux encore lui emprunter sa description du « khaen », cet instrument typique de l’Isàán mais aussi du Laos :
« Leur musique est très douce, harmonieuse et sentimentale ; il ne faut que trois personnes pour former un concert mélodieux. L’un joue d’un orgue en bambou, l’autre chante des romances avec l’accent d’un homme inspiré, le troisième frappe en cadence les lames d’un bois sonore dont les cliquetis font bon effet. L’orgue Lao [c’est le « khaen »] est un assemblage de seize bambous fins et longs, maintenus dans un morceau de bois d’ébène, munis d’une embouchure où le souffle de l’exécutant, tour à tout expiré et aspiré, fait vibrer de petites languettes d’argent appliquées à une ouverture pratiquée à chaque bambou ; on obtient ainsi des sons harmonieux pendant que les doigts se promènent avec dextérité sur autant de petits trous qu’il y a de tuyaux. Leurs autres instruments ressemblent à ceux des Siamois ». | | | À: GeorgesOZ · 25 juillet 2010 à 11:47 Re: Une semaine du côté de Bâan Nâawk ( Thaïlande) Message 19 de 45 · Page 1 de 3 · 4 475 affichages · Partager Salut " camarade "..... content de te relire sur ton chemin, et plaisir à te voir reprendre des " discours " de Mouhot dont j'avais visité la tombe à Luang Prabang, il y a.... longtemps maintenant... ! 
Et puis sympa sur ce fil de voir des pseudos " amis " te faire un coucou.... car chacun fait sa vie et donne une petite idée de ce qu'il devient, moi je suis actuellement en région parisienne pour " bosser " un peu aussi, et d'ailleurs si tu passes dans le coin tu as une chambre en pleine nature.....
A bientôt.... | | | À: Alan · 25 juillet 2010 à 12:57 Re: Une semaine du côté de Bâan Nâawk ( Thaïlande) Message 20 de 45 · Page 1 de 3 · 4 467 affichages · Partager Et bonjour a toi aussi! Comme tu dis, ca fait plaisir de se retrouver, c'est comme un petit club, ici  . J'avais perdu tes traces depuis mes Jours tranquilles à Sukhumvit (Bangkok) . Je passerai peut-etre encore a Paris dans les mois qui viennent, puisque je suis assez nomade ces temps-ci. Je ne manquerai pas de te faire signe! | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 16 377 visiteurs en ligne depuis une heure! |