| Songkran du côté de Bâan Nâawk GeorgesOZ · 7 mai 2012 à 21:17 · 27 photos 42 messages · 4 participants · 5 463 affichages | | | | 7 mai 2012 à 21:17 Songkran du côté de Bâan Nâawk Message 1 de 42 · Page 1 de 3 · 3 336 affichages · Partager Comme je l’avais plus ou moins promis à Madog, je vais écrire quelques pages sur les célébrations de Songkran, auxquelles j’ai assisté récemment. J’étais accompagné de Louise, pour laquelle c’était le premier voyage en Asie. Je l’avais plongée au plus profond de la piscine, pour ainsi dire, car je l’avais emmenée à mon village « du côté de Bâan Nâawk », au cœur de l’Isàán. J’ai déjà parlé de Bâan Nâawk sur VF, voir les liens suivants pour ceux que cela pourrait intéresser :
voyageforum.com/v.f?post=2365747;page=unread...
voyageforum.com/v.f?do=post_view_flat;post=3...
voyageforum.com/...ch_string=bouddhisme
Vendredi 13 – Arrivée au village
Nous avions pris l’avion de Bangkok à Udon Thani pour couper court aux difficultés, sinon à l’impossibilité, en pleine période de fête, de trouver deux places de bus à la gare routière de Mo Chit. Notre approche sur Udon avait été mouvementée. Nous n’avions pas encore amorcé notre descente que nous avions eu l’impression de subitement entrer dans un mur. L’espace d’une fraction de seconde, je m’étais demandé ce qui avait bien pu nous arriver, avant de comprendre que nous avions traversé un trou d’air. La femme pilote sût bien manœuvrer l’appareil pour éviter les nuages les plus gros et nous poser sur le sol sans autres secousses aussi inquiétantes. L’idée que nous étions un vendredi 13 ne m’avait même pas effleuré...
De Udon, nous avions pris le bus pour Bâan Nâawk où nous avions retrouvé Y, qui était bien sûr accompagnée de plusieurs membres de sa famille. C’était le premier jour de Songkran et la fête battait son plein. Les rues de Bâan Nâawk s’étaient transformées en champ de bataille. Les voitures que nous croisions étaient une cavalerie joyeuse qui nous balançait des baquets d’eau au passage. Le long des trottoirs, des groupes de gens dansaient et nous soumettaient au feu croisé d’une artillerie tous calibres, allant du lancer sporadique de simples verres d’eau aux jets plus soutenus de tuyaux d’arrosage. Louise avait accepté l’invitation de s’asseoir aux premières loges, à l’arrière du pick-up, mais le fait que certains assaillants utilisaient de l’eau glacée – quel vice ! – l’avait convaincue qu’il valait mieux faire un repli stratégique et me rejoindre à l’intérieur de la voiture.
L’un des beaux-frères de Y, un homme tout à fait charmant, était au volant. Il prit la route la plus longue et la plus tortueuse pour nous conduire au village. Nous avions ainsi traversé plusieurs autres villages où la fête avait aussi bien démarré. Je voudrais cependant remarquer qu’il n’y avait ici aucune trace de cette vulgarité qui affecte la fête de Songkran dans les lieux fréquentés par les touristes. La veille, comme je faisais découvrir Bangkok à Louise, nous étions arrivés sur Soi Nana et nous nous y étions arrêtés l’espace d’une, non, deux bières. Nous avions vue immédiate sur les trottoirs où des « farangs » affublés de perruques ridicules et arborant des panses débordantes de leurs chemises déboutonnées « faisaient la guerre » avec de gros pistolets à eau, s’aspergeant d’un trottoir à l’autre et ne montrant aucune pitié pour les passants. Fête de « farangs ».... à éviter ! Cela avait amusé Louise, c’était une autre facette de Bangkok, pas la meilleure, certes, et faisant contraste avec le reste de notre visite dans cette ville magnifique.
Le soir, nous avions mangé en famille, assis sur des nattes de rotin devant la maison de Y, puis nous avions installé la stéréo pour une séance de karaoké. J’avais apporté une bouteille de Ricard – le pastis ne manque pas d’amateurs dans la famille ! En ayant vite tiré les dernières gouttes, nous nous étions rabattus sur force bouteilles de bière Leo. De l’avis de bien des étrangers, ce n’est pas la meilleure bière du pays, mais nous la trouvons excellente avec des glaçons, à la manière thaïe.
Ce qui frappait le plus Louise, dans cette atmosphère familiale, c’était que tous les âges étaient inclus. Pas d’exclusion des tous petits comme cela est souvent devenu la règle en Europe, malheureusement. Elle s’amusait de ces hamacs faits d’une écharpe multicolore, typique de l’Isàán, nouée sur un cadre en bois rustique, et trouvait qu’on balançait un peu trop vigoureusement les bébés qui y dormaient. « Pas étonnant qu’ils vomissent tant ! », me dit-elle, faisant allusion aux odeurs de vomi qui flottaient dans l’air des maisons que nous avions visitées à notre arrivée, pour saluer les gens de la famille.
Elle fut également surprise de voir une petite fille d’à peine plus d’un an, qui commençait tout juste à marcher, danser sur la musique, et un garçonnet de 5 ou 6 ans fredonner les chansons avec ses aînés. Je le lui avais bien dit, «c es gens ont la musique dans la peau. Au village, on chante et on danse ! ». Mais surtout, elle était étonnée des décibels que nous nous permettions de sortir de la sono – tout le voisinage pouvait suivre les efforts, pas toujours très réussis, des chanteurs successifs – et me fit la remarque qu’en France nous aurions vu les gendarmes débarquer dès la première minute. Image attachée: | | | À: GeorgesOZ · 8 mai 2012 à 5:40 Re: Songkran du côté de Bâan Nâawk Message 2 de 42 · Page 1 de 3 · 3 298 affichages · Partager sympa ce ptit apercu de votre songkran!! (mais avec un peu plus de photos sa serais mieux!!!!!!!!!!) les bebe ici, ils apprennnent vite, ma fille, franco thai, a commencer a manger des aliments tres tot, a l'age de 3 semaines deja des bouillies, a 2 mois du riz collant et soupes de riz, a 3 mois, en france, sa mere lui donnait deja des bout de pains!!!!!!!!tout le monde allucinais!! tu vas l'ettouffer qu'ils disaient les grand-parents farangs!!! - no maipaenrai qu'elle repondais ma ptite femme!! Une voisine qui est ne 1 semaine avant ma fille, aujourdhui elle a 10 mois, elle tient debout toute seule!!!la mienne pas encore (normal elle a du sang farang aussi!!)mais ya deja 1 mois quelle se leve seule acrroche a un support genre barreaux de chaises ou nos jambes!!!!!!
concernant la musique a baan nok, qui tres tot le matin nous reveille, c'est une habitude a prendre!!!!!!la voisine qui aime bien se lever en musique avant d'aller embocher, en avais parler a ma ptite femme, "j'espere que sa ne derange pas trop ton "farang" la musique le matin...et ma copine de repondre:au debut ouais il aimais pas, mais mainteneant il a l'habitude, il n'y fait meme plus attention!!!!!!!! | | | À: GeorgesOZ · 8 mai 2012 à 6:28 Re: Songkran du côté de Bâan Nâawk Message 3 de 42 · Page 1 de 3 · 3 289 affichages · Partager (Ce message a été supprimé par le membre Tokara le 11 mai 2012 à 13:37.)
| | | À: Jouki · 8 mai 2012 à 9:32 Re: Songkran du côté de Bâan Nâawk Message 4 de 42 · Page 1 de 3 · 3 267 affichages · Partager Bonjour Willy,
Je sais, c'était court en photos mais il m'arrive de ne pas trop en prendre quand je suis dans le feu de l'action ou dans le coeur de la situation. Et puis aussi comme je suis dans un village que je connais, et souvent en famille, je préfère ne pas coller des photos de gens que je connais un peu partout dans la nature. Mais il y aura quelques autres photos par la suite, c'est promis! 
Pour la "musique qui réveille le matin", là, j'étais le soir. Mais attends, on va y arriver! | | | À: Obeoandpai · 8 mai 2012 à 9:38 Re: Songkran du côté de Bâan Nâawk Message 5 de 42 · Page 1 de 3 · 3 264 affichages · Partager Sympa, la musique dans la bambouseraie (le mot existe?). Je vais revenir sur la musique! | | | À: GeorgesOZ · 8 mai 2012 à 9:47 Re: Songkran du côté de Bâan Nâawk Message 6 de 42 · Page 1 de 3 · 3 261 affichages · Partager Voici la suite. Encore pas de photos, désolé, j’en suis encore au prélude pour ainsi dire. Mais il y en aura dans les pages suivantes !
Samedi 14 – La Parenté
La journée avait bien commencé. Nous étions allés à l’école, contournant le grand réservoir d’eau qui se trouve à l’une des sorties du village. Beaucoup de monde y était rassemblé, assis au bas d’une longue estrade où siégeaient les moines, ceux du village et d’autres venus en visite pour une grande occasion. Nous leur avions rapidement rendu hommage avant de nous installer un peu plus loin à l’une des grandes tables d’un « restaurant » improvisé. Plusieurs marmites présentaient un choix de nourritures diverses et des femmes s’affairaient à servir et à nettoyer. Comme toujours, les gens se montraient très gentils et courtois. On nous invita à nous asseoir et on nous offrit à manger à plusieurs reprises. Des gens s’asseyaient et entamaient une petite discussion. Une cousine éloignée de Y se mit à m’expliquer en longueur ses liens de parenté et j’avoue ne pas avoir pu tout suivre, car son Thaï était beaucoup mêlé de « phasàá Isàán » et je ne savais pas toujours dans quelle langue je devais « lire » ce qu’elle voulait m’expliquer. Il suffisait de toute façon de se laisser bercer par la bonne atmosphère générale et de sourire.
Si j’estime la parenté immédiate de Y, ses frères et sœurs, leurs conjoints et leurs enfants, j’arrive à une bonne quarantaine de personnes que je connais maintenant assez bien. Mais il reste bon nombre d’oncles, de tantes et de cousins, que j’estime à une autre bonne quarantaine de gens. Le « clan » familial approche ainsi la centaine de personnes, dont probablement la moitié vit au village. Comme il y a quelques 500 habitants au village, on peut dire que sa population est constituée d’une dizaine ou d’une douzaine de clans. Bien évidemment, il y a des liens de parenté plus éloignés et je me demande dans quelle mesure tout le monde, y compris les villages avoisinants, ne fait pas plus ou moins partie de la même famille, si on veut bien remonter à quelques générations. D’autant plus que, pour une grosse partie de la population de l’Isàán, les racines remontent au Laos, il y a quelques trois siècles au plus et souvent moins (l’identité Lao de ces gens ne fait pas l’ombre du moindre doute et ils en sont très fiers).
Tout le monde ou presque, en tout cas, se comporte avec beaucoup de civilité et souvent même chaleureusement vis-à-vis des autres, et l’étranger que je suis, nouvel arrivé dans ce petit monde, profite de ces bonnes relations. Je me trouve souvent un peu comme coq en pâte au milieu de ces gens.
En début de soirée, Y vient me dire qu’elle est dans la maison d’une de ses sœurs et qu’il y a de la musique et de quoi boire. Le temps qu’il me faut pour trouver Louise et qu’elle se prépare, la nuit est sur le point de tomber alors que nous prenons le chemin de la maison où la fête est censée avoir lieu.
Il serait utile que je donne quelques précisions sur la configuration du village. Il est traversé par une petite route qu’on pourrait qualifier de départementale ou de cantonale, goudronnée et généralement en assez bon état si on oublie les occasionnels petits nids de poule. D’un bord à l’autre du village, cette route forme la rue principale sur une longueur d’un demi-kilomètre. De part et d’autre de la route, trois rues de 300 à 400 mètres mènent à une rue transversale, parallèle à la route. Le village est donc formé de trois rues dans un sens et de trois rues dans l’autre. Les rizières commencent immédiatement au-delà des rues excentrées, derrière les dernières maisons. À l’une des sorties du village, le temple (« wát ») et sa place, un grand réservoir d’eau et l’école ajoutent quelques 300 à 400 mètres à l’agglomération. En tout, on n’a jamais guère plus d’un kilomètre à franchir d’une extrémité à l’autre, et on peut passer des journées entières à ne se déplacer que dans un rayon de quelques centaines de mètres. Avec les rizières, les champs de canne à sucre et autres cultures, le « wát bpàa » ou « temple de la forêt », le village rayonne sur quelques deux ou trois kilomètres. | | | À: Obeoandpai · 8 mai 2012 à 10:51 Re: Songkran du côté de Bâan Nâawk Message 8 de 42 · Page 1 de 3 · 3 249 affichages · Partager Merci! J'oublie le Français, à force...... | | | À: GeorgesOZ · 9 mai 2012 à 4:20 Re: Songkran du côté de Bâan Nâawk Message 9 de 42 · Page 1 de 3 · 3 215 affichages · Partager Toujours pas de photos et toujours rien sur la musique mais patience, ça va venir !
Samedi 14 – L’ouragan
Je décrivais dans ma dernière page la topologie du village...
Nous sommes donc dans une de ces rues excentrées, nous dirigeant vers la maison d’une des sœurs de Y. Si la nuit semble tomber aussi rapidement, c’est que les nuages qui s’étaient en fait accumulés tout doucement durant toute l’après-midi viennent de noircir d’une façon inquiétante. La pluie commence à tomber. Des grosses gouttes font d’énormes taches sombres sur le sol et je fais la réflexion à Louise qu’il est presque possible de se faufiler entre les grosses cordes encore intermittentes de la pluie. Il ne nous faut que deux ou trois minutes pour arriver à destination. Il y a bien tout un équipement stéréo déployé dehors mais la fête dont Y m’avait parlé est terminée. Nous avons à peine le temps d’échanger quelques plaisanteries avec les personnes assises à l’entrée des trois maisons familiales regroupées ici que la pluie devient subitement beaucoup plus forte et qu’un vent vigoureux se lève. Y me demande si j’ai bien tout fermé dans sa maison... ce que je n’ai pas fait. Elle part en courant vers sa maison. N’ayant pas son expérience, je me dis qu’elle est bien trop soucieuse...
La situation devient menaçante en l’espace de quelques secondes. Tout le monde rassemble précipitamment ses cliques et ses claques, la stéréo en premier ainsi que le bébé qui dormait dans un de ces hamacs que j’ai décrits plus haut, et se réfugie à l’intérieur des maisons. Louise et moi-même, nous nous retrouvons dans la maison de la sœur aînée de Y, « phîi sàáo khon dtoo». Le chien de la maison s’est pelotonné contre un mur, derrière une bicyclette, espérant ne pas être repéré. Il doit savoir qu’on ne le laisse pas rester dans la maison la nuit, normalement. Le pauvre animal est visiblement terrorisé par l’ampleur que prend cette intempérie. La sœur de Y veut le chasser, le menaçant d’un bâton mais ne le frappant pas vraiment – je n’ai jamais vu ces gens traiter cruellement les animaux, en tout cas pas les animaux domestiques. Louise intervient et plaide en faveur du chien, qui se trouve ainsi autorisé à rester à l’abri dans son coin, entre le mur et la bicyclette.
Entretemps, le vent a redoublé de violence et c’est maintenant un véritable ouragan qui fouette le village. Nous avons bien fermé la porte et rabattu tous les volets, mais ne sommes guère rassurés par le vacarme que font la pluie, le vent et tout ce qui résiste à l’extérieur pour ne pas être emporté dans la bourrasque. Louise et la sœur de Y se serrent dans les bras l’une de l’autre, je ne sais laquelle des deux est la plus inquiète. Moi qui ai longtemps pensé que cette femme était plus sévère et moins aimable que les autres, je me rends compte, maintenant que nous sommes dans sa maison, qu’elle est en fait une personne d’une très grande gentillesse. Son sourire est simplement très bon et très beau. Je comprends qu’elle s’était longtemps méfiée de moi, sans doute parce qu’elle voit plus loin que le bout de son nez. Je me rappelle que Y disait d’elle qu’elle est la plus intelligente de la famille. Elle n’est pas aussi simpliste que la plupart des autres gens d’ici, et n’était sans doute pas convaincue initialement que je sois un bon développement dans la vie de Y.
Son mari et celui des fils qui se trouve avec nous allument quelques bougies et les placent sur le sol en ciment. Nous avons bien sûr éteint toutes les lumières et je crois que de toute façon le village entier se trouve privé de courant. Louise est curieuse de voir ce qui se passe dehors et ouvre un volet... et a du mal à le refermer. La pluie a fait place à la grêle. Les rafales crépitent tout autour de nous, et des grêlons gros comme l’ongle de mon petit doigt bondissent par-dessous la porte d’entrée.
Nous profitons d’un moment où l’ouragan semble s’apaiser un peu pour sortir et revenir à la maison de Y. La rue s’est transformée en un torrent qui s’empresse vers les rizières les plus proches. Nous avons de l’eau jusqu’aux chevilles et je me demande bien comment il peut y avoir tant de courant alors qu’il n’y a presque pas de dénivelée, mais il y a tellement d’eau et il faut bien qu’elle aille quelque part ! Nous avons la surprise de croiser un buffle conduit par un homme. Avec la pluie encore drue et l’obscurité de la nuit tombée, ce n’est qu’au dernier moment, à quelques mètres d’eux, que nous les reconnaissons. Le buffle avance de son pas caractéristiquement pesant et imperturbable, balançant de droite à gauche sa tête massive, inclinée vers le sol, et il s’en faut de peu que nous ne goûtions à ses cornes...
Arrivés dans la cour de la maison, nous devons éviter un pan de tôle ondulée tordue qui visiblement a été arraché d’une toiture toute proche.... peut-être la nôtre ! De notre terrasse au premier étage, nous voyons les retombées de gouttières cracher comme des canons d’incendie, redressées de la verticale sous la pression de l’eau, car même si la tempête s’est calmée, la pluie continue de plus belle. Mais je ne me permets pas de rester observateur oisif, c’est qu’il y a des baquets entiers d’eau à écoper au rez-de-chaussée.... Et une flaque d’eau dans la pièce principale de l’étage prouve que le toit n’est pas resté indemne dans l’affaire. | | | À: GeorgesOZ · 10 mai 2012 à 7:27 Re: Songkran du côté de Bâan Nâawk Message 10 de 42 · Page 1 de 3 · 3 187 affichages · Partager Dimanche 15 – Grasse Matinée
Comme tous les jours, c’est dès 6 heures du matin que le chef du village, le « phôuu yài bâan », notre voisin, met de la musique sur ses haut-parleurs - il y en a à deux ou trois endroits dans le village, montés sur des pylônes pour bien retransmettre. Puis il gratifie le village d’un petit discours du genre « nous sommes le jour tel-et-tel ; aujourd’hui, il se passera telle ou telle chose, etc.... ». C’est une pratique courante, je crois (je l’ai vue ailleurs), que de faire ainsi les annonces publiques dans un village de l’Isàán. Cela fait très « communautaire » et cela me fait même penser que la Chine Populaire a dû connaître de semblables méthodes de propagande et d’enrégimentation. Le chef du village ressemble d’ailleurs étrangement à Mao Tsé Toung.
Ce sont des jours de fête et il a certainement pas mal d’annonces à passer. Je suis sûr aussi qu’il ajoute quelques commentaires sur les dégâts causés par l’ouragan de la veille.
La musique et le discours ne sont pas ce qui me réveille. Dès 5 heures du matin, les coqs se mettent à chanter, les chiens à aboyer et les tracteurs à passer dans la rue, et cette lente mise en branle de la journée me met toujours dans un état intermédiaire entre sommeil et réveil que je trouve agréable. Y est debout bien avant 6 heures. Quant à moi, je préfère me prélasser au lit jusqu’à ce que les rayons de soleil qui filtrent par les persiennes annihilent la fraîcheur matinale. Dès 8 heures du matin, il fait chaud dans la maison. C’est le bon moment pour se lever, prendre la première douche de la journée, puis s’installer sur la terrasse et déguster un bon café. Dans un rayon de 20 ou 30 mètres autour de la maison, nous avons une vue agréable sur la verdure, cocotiers, bananiers, papayers et autres, qui encadre de jolies maisons en bois, ainsi que sur des cours ombragées où règne un gentil petit désordre relativement propret. Les manguiers ne sont pas loin non plus. Y ne manque pas d’apporter quelques fruits frais et quelque autre friandise pour patienter jusqu’à ce que le petit déjeuner soit prêt.
Mais c’est bien beau de se la couler douce ainsi, il faut aussi s’inquiéter des dégâts causés par l’ouragan de la veille. Nous inspectons la toiture depuis la rue. Elle ne semble pas avoir vraiment trop souffert, seuls certains pans ont été relevés et tordus par la tourmente mais apparemment rien n’a été arraché. La tôle ondulée qui est retombée hier soir dans la cour vient de la remise d’une maison voisine. Du premier étage, je peux voir qu’elle a été effectivement mise à mal. Mais je m’étonne de ne voir de dégâts évidents à aucune autre toiture dans le voisinage. Les bananiers du fond de la cour, par contre, ont pris une belle claque, les feuilles des plus grands sont complètement couchées et flétries.
L’ennui, c’est qu’il ne sera pas possible de réparer le toit dans l’immédiat. Y s’est promptement renseignée mais « châng mâi wâang ! », il n’y a pas d’ouvrier disponible dans les jours qui viennent. Ce sont des jours de fête après tout ! Un de ses neveux monte lestement sur le toit, armé d’un marteau et de pointes que Y a pu se procurer, et nous recloue vite fait, bien fait quelques pans en place. Nous n’avons plus qu’à prier le ciel – justement - pour que le temps reste clément jusqu’à ce que nous puissions procéder à une réparation plus permanente.
Entretemps, les frères et sœurs de Y sont arrivés, ainsi que plusieurs autres parents, et nous sommes une bonne vingtaine à nous rendre sur la place du wát. Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 10 mai 2012 à 17:14 Re: Songkran du côté de Bâan Nâawk Message 11 de 42 · Page 1 de 3 · 3 100 affichages · Partager avec quelques images, ca donne des couleurs aux mots!!!!!! | | | À: Jouki · 11 mai 2012 à 1:56 Re: Songkran du côté de Bâan Nâawk Message 12 de 42 · Page 1 de 3 · 3 089 affichages · Partager Ouais, mais j'aurais eu du mal à prendre des photos pendant la tempête, par exemple! | | | À: GeorgesOZ · 11 mai 2012 à 4:06 Re: Songkran du côté de Bâan Nâawk Message 13 de 42 · Page 1 de 3 · 3 084 affichages · Partager c'est sur!!! | | | À: GeorgesOZ · 11 mai 2012 à 4:21 Re: Songkran du côté de Bâan Nâawk Message 14 de 42 · Page 1 de 3 · 3 083 affichages · Partager Dimanche 15 – Cérémonie familiale
Il se passe souvent quelque chose sur la place du wát. Aujourd’hui, on a organisé des jeux auxquels les gens participent avec une décontraction et une bonne humeur caractéristiques. Quand nous arrivons sur les lieux, une course de relais est en cours, suivie avec enthousiasme par un groupe de villageois assis sous l’arbre aux esprits qui trône sur la place. Les relayeurs et relayeuses se passent des culottes rouges qu’ils (ou elles) enfilent par-dessus leurs habits. Inutile de dire que cela engendre des situations cocasses.  C’est tout à fait dans le style « sanoùk » qui convient aux villageois, et il y a force éclats de rire et cris d’encouragement.
L’arbre aux esprits mérite une petite digression. Il est ceint d’écharpes multicolores et on a posé diverses statuettes et offrandes à son pied. C’est que le bouddhisme a très bien pu incorporer les pratiques cultuelles qui le précédaient, dont celui des esprits qui résident dans les arbres ou dans le ciel (« phìí fáa »). Partout en Thaïlande, on peut observer combien les gens sont respectueux de ces arbres particuliers, même en plein cœur de Bangkok ou.... dans la Walking Street de Pattaya ! ( Ci-contre une photo trouvée sur le net, montrant bien l’un de ces arbres de Walking Street ; et une autre belle photo d’un arbre à Kanchanaburi).
La niche mortuaire des parents de Y se trouve le long du mur d’enceinte de la place du wát. On a apporté plusieurs nattes de rotin pour s’asseoir comme s’il s’agissait d’un pique-nique. Avec un esprit pratique typique, un des frères de Y ramasse quelques frondaisons de cocotiers fraîchement tombées, grâce à l’ouragan, et les dispose en-dessous des nattes pour nous donner une assise plus moelleuse. Ce n’est pas tout à fait un luxe, vu les gravats divers qui jonchent le sol.
Comme je l’avais déjà remarqué à une occasion précédente, ce sont deux des frères, le plus jeune et l’aîné, qui prennent place au premier rang, comme s’il leur incombait de mener la famille dans cette cérémonie où je pense voir le vestige d’un culte des ancêtres. Sérieux et respect se mêlent à la bonne humeur qui ne quitte jamais ces gens. Eh, ce n’est pas parce que nous sommes dans un cimetière qu’il faut faire des têtes d’enterrement !  Bien au contraire, les sourires restent épanouis, et quelques plaisanteries fusent même. Bien au contraire, les sourires restent épanouis, et si les deux sœurs aînées de Ya savent garder tout le sérieux que demanderait, de mon point de vue d’occidental, cette cérémonie familiale, les autres sont tout aussi guillerets qu’en temps ordinaire et ne se privent pas de laisser fuser quelques plaisanteries.
Nous faisons quelques prières sous la direction des trois moines résidents du village. Puis les frères posent les urnes contenant des os et des cendres des parents sur le sol. Y me précise que « celle-ci, c’est notre père, celle-ci notre mère ». J’ai lu quelque part qu’on dispose de la plus grande partie des restes de la crémation des morts, souvent en les jetant dans les cours d’eau, et qu’on n’en garde qu’une petite partie pour ces niches funéraires que l’on trouve dans les murs d’enceinte des temples. On en conserve aussi une petite partie pour l’autel de la maison (il y en a un dans celle de Y). Chacun prend son tour pour badigeonner les urnes de quelques feuilles trempées dans de l’eau embellie de pétales de fleurs roses, puis fait un wâi empreint de l’immense respect et de toute la gratitude que l’on doit aux parents, grands-parents ou arrière-grands-parents, ou beaux-parents. Là, aucun éclat de rire, tout le monde est très recueilli.
Pour terminer, nous déroulons un long fil de coton blanc que nous nous passons autour de nous, chacun en tenant un bout d’une main et touchant un voisin de l’autre, et nous faisons une dernière prière. Je ne suis pas très féru des derniers détails en ce qui concerne ce rituel, mais l’aspect symbolique de l’unité et de l’harmonie familiales me semble assez évident.
Le moine principal – je crois qu’il y a une hiérarchie – est un cousin et il m’a toujours été très sympathique. Il a vraiment une bonne tête et me donne tout à fait l’impression d’être une personne spirituellement élevée, avec la sérénité et la gaîté que l’on peut attendre d’un moine bouddhiste.  Il vient me serrer la main chaleureusement et me pose des questions sur mon nouvel appareil photo.
Je prends encore quelques photos de famille autour de l’arbre aux esprits. À revoir ces photos par la suite, je me dis que ce sont vraiment des gens très bien et que je les aime beaucoup. Louise me l’avait dit le premier soir, observant cette famille qu’elle découvrait : « Tu as de la chance, tu es bien tombé ». 
De retour dans la maison de Y, tout le monde s’installe à l’ombre pour manger. Un peu plus tard, quand la bière commence à bien circuler, je vois Y apporter une bouteille de tequila et une bouteille de rhum. Mxxxx, mais c’est ma réserve qu’elle est allée piller ainsi ! Mais que dire ? Il faut bien savoir vivre et c’est un plaisir de voir le succès que ces alcools connaissent, surtout parmi les jeunes. Faites confiance aux Thaïs pour « nettoyer » les stocks de bibine en un temps record !  En l’espace d’une heure, les bouteilles quasiment pleines initialement sont transformées en nouveaux cadavres qui vont s’ajouter au tas déjà impressionnant de leurs aînées au milieu de la cour.
Vers 4 ou 5 heures de l’après-midi, au moment où la chaleur de la journée commence à retomber, c’est l’heure de se rafraîchir et nous allons acheter quelques bouteilles de bière chez l’épicier du village – un magasin qui s’est établi tout récemment, au bord de la route, et qui semble bien marcher. De là, nous remarquons une fête dans la rue, deux ou trois maisons plus loin, et allons y voir de plus près. Nous sommes immédiatement invités à nous y joindre et il ne faut que quelques minutes pour que nous soyons trempés des pieds à la tête, dansant sur l’estrade – le « dtiiang » - qu’on a placé en bord de rue, encadrée d’une sono imposante, un verre dans la main. Il faut boire vite avant que la bière ou le whisky soit trop dilué par les arrosages abondants!
Après cette joyeuse partie d’arrosage, nous sautons en voiture pour aller jouer au billard à Bâan Nâawk, histoire de terminer agréablement la journée. Nous avons de la chance, le temps est resté au beau fixe jusqu’ici – nous n’avons pas complètement oublié nos ennuis de toiture...
( J’ai 2 ou 3 autres photos à ajouter à cette page mais là, sur le coup, je ne les trouve plus.... Patience !). Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 11 mai 2012 à 13:19 Re: Songkran du côté de Bâan Nâawk Message 15 de 42 · Page 1 de 3 · 3 053 affichages · Partager voici deux photos prises sur la place du village montrant (pas trop bien, je le reconnais) la course de relais "aux culottes rouges". Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 12 mai 2012 à 9:14 Re: Songkran du côté de Bâan Nâawk Message 16 de 42 · Page 1 de 3 · 3 023 affichages · Partager Lundi 16 – Fête de l’eau!
Vers le milieu de la matinée, je prends mon petit déjeuner - poissons frits et « khâao niàáo » - assis à l’ombre du porche de la maison. De là, je peux me rendre compte que Y tient bien sa maison. La cour est propre et agréablement fleurie de ci, de là. Elle a récemment installé une espèce de potence de laquelle pendent des orchidées et ce n’est pas vilain du tout... surtout quand il y a effectivement des fleurs.
Mais ce serait un peu triste si cela ressemblait à la Suisse ! Heureusement, le monceau de cadavres de bouteilles étincelantes au soleil qui trône au milieu de la cour et la fantaisie rustique de la cuisine de plein air me remettraient immédiatement à l’esprit que je me trouve bien en Isàán, si jamais j’avais pu l’oublier. 
Serait-il possible de l’oublier, justement ? Dès 6 heures du matin, « Mao Tsé Toung » avait à peine fini son petit « avis à la population » que la musique avait déjà commencé, à quelques maisons de chez nous. Bon, il n’est pas rare qu’il y ait de la musique au village, qu’une maison monte le volume un tantinet pour le profit d’une partie du village. Mais là, dès l’aube, et en plus en « live » ??? Dans la somnolence paresseuse des premières heures de la journée, j’avais remarqué qu’aujourd’hui une bonne chanteuse régalait le voisinage. Je me disais que cela avait commencé bien tôt, mais c’était loin d’être désagréable.
De toute la matinée, cette musique n’avait pas discontinué mais avait graduellement viré du mode reposant du « lôuuk thôung » au mode plus énergétique du molam (« màáw lam »). Une nièce de Y passe à la maison pour nous inciter à joindre la partie. Nous faisons un raid sur le réfrigérateur et y raflons quelques bouteilles de bière, histoire de ne pas y arriver les mains vides.
Nous passons des gens qui dansent dans la rue et arrivons dans une cour flanquée de haut-parleurs gigantesques. On danse sur un « dtiiang » et au milieu de la cour dont le sol, martelé par le piétinement des danseurs et intensément arrosé, ressemble maintenant tout à fait à celui de la rizière qui commence d’ailleurs juste derrière la maison.
La chanteuse est en pleine forme, elle nous balance un morceau après l’autre sans le moindre répit, enchaînant en l’espace de quelques secondes qui marquent un changement de rythme ou de tonalité – c’est ce qu’on appelle du « molam sing ». Cette femme est plus que convaincante, elle est époustouflante,  et je cours chercher mon appareil photo pour saisir quelques instants de cette folle fête, prenant garde à ne pas me laisser arroser. Mais je juge plus prudent de vite remettre mon appareil à l’abri. Mieux vaut participer que de rester spectateur ! Me voici donc rapidement transformé en un autre de ces danseurs frénétiques, le visage bariolé de talc, trempé d’eau des pieds à la tête, vidant verre après verre de tout ce qui veut bien s’y mélanger, bière, whisky, glaçons, eau qu’on me jette dessus par baquets entiers quand elle ne jaillit pas tout droit d’un tuyau d’arrosage.
Je n’ai pas la moindre idée de ce que la chanteuse peut bien nous déballer comme histoires. Peut-être restons-nous sur les thèmes classiques du « lôuuk thôung »  :
- « mon amant me manque, reviendra-t-il un jour m’enlever les fourmis rouges des cheveux, quand je les cherche dans les arbres pour les cuire et les revendre sur le marché ? » ;
- ou bien :
« ah ! quel émoi quand le garçon que j’aime m’a rejoint à l’abri de la cabine téléphonique, le jour où il a tellement plu, puis m’a abritée de son veston pour que je puisse prendre un taxi ! » ;
- ou encore :
« je vendais des fruits dans la rue quand un idiot me bouscula et renversa ma carriole ; heureusement, un passant vint m’aider à ramasser mes ananas. Ah, qu’il était beau ! Quand le reverrai-je ? » ;
- ou toute autre histoire où on pleure de tendres amours impossibles tout en préparant le « khâao nìiáo ».....
Peu importe, la musique est excellente et intoxicante, les pulsations rythmiques bien appuyées du molam ne permettent pas d’arrêter de danser. Il est stupéfiant de voir l‘énergie que les Thaïs peuvent avoir quand il s’agit de danser.   La musique et la danse, la chaleur et les couleurs, les têtes des gens, surtout bronzés comme certains d’entre eux le sont et en plus aux visages peints de talc, j’ai l’impression de me trouver au milieu d’une tribu d’Apaches.  Cela cadre d’ailleurs parfaitement avec l’atmosphère de clan qui règne dans la famille de Y. Un copain Canadien qui travaille dans les mines du Grand Nord américain était chez nous au village, un an auparavant. Observant la façon de vivre des gens d’ici, il me disait qu’il se trouvait en terrain familier. Il trouvait leurs comportements assez semblables à ceux des « bands » d’Indiens qu’il connaît au Canada et aux États-Unis.
Une des danseuses, habillée d’un jean complètement effiloché et coiffée d’un large chapeau blanc – on aime les chapeaux par ici, les jours de fête – saisit un micro et se joint en duo à la chanteuse. Elles chantent tantôt en chœur, tantôt elles se font des réponses. L’effet est délirant et la danse continue sans répit. Louise est aux anges, elle danse avec un plaisir évident et s’amuse comme une folle des jets d’eau qu’on continue à diriger sur elle, et du talc qu’on vient régulièrement lui frotter au visage. Pour sa première visite au village, elle est un peu devenue un centre d’attention !
Bon, là, j'ai fait une effort pour les photos! Mais elles ne rendent pas vraiment justice à la fiesta que je décris, il aurait fallu prendre une vidéo! Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 13 mai 2012 à 3:21 Re: Songkran du côté de Bâan Nâawk Message 17 de 42 · Page 1 de 3 · 2 999 affichages · Partager Lundi 16 –..... et fête de la boue !
Je remarque Y assise de l’autre côté de la cour. Elle n’est pas venue pour longtemps. Je sais bien lire son visage, tous sourires épanouis qu’elle puisse afficher. Elle qui est une si bonne danseuse, pourquoi ne se laisse-t-elle pas aller, elle aussi ? Je me doute qu’elle n’apprécie pas particulièrement les gens de cette maison, ou qu’elle ait quelques affaires plus sérieuses en tête. Toujours est-il qu’elle me décoche de grands sourires et me fait des signes d’approbation quand elle me voit parmi les danseurs. Elle a toujours été généreuse de ses compliments quand je danse le molam. Il faut dire qu’aucune autre musique me prend autant par les tripes. 
Nous nous asseyons à une table sous un auvent et mangeons une omelette délicieuse préparée par une femme qui s’affaire autour d’une batterie de cuisine.  C’est comme chez Y, la cuisine se fait dans la cour. Les gens de l’Isàán ( « khon Isàán ») donnent l’impression d’être en camping permanent. Nous bavardons avec Nók, encore une nièce, une jolie fille qui vit avec son mari en Suisse. De nombreuses bouteilles défuntes jonchent le sol sous nos pieds, le long du mur de la maison. Bière, whisky et Samsong, le rhum local– on cultive beaucoup la canne à sucre dans la région, entre les rizières et les champs d’arachides. Ces bouteilles vides me mettent à l’esprit que les stocks sont en train de décliner dangereusement. Je sors de la monnaie de ma poche pour envoyer quelqu’un au ravitaillement. Un billet de 500 baht tombe sur la table, suscitant immédiatement l’intérêt de nos compagnons. Des mains empressées et avides se tendent. Mais non ! Je ne vais pas laisser ce beau billet partir sitôt de la journée, il y a encore du chemin à faire ! Quelques centaines de baht suffiront pour le moment.
On arrête les passants dans la rue et on les invite à se joindre à la fête. Peu arrivent à se dérober sans avoir été pour le moins copieusement arrosés. Quelques femmes complètement déchaînées forcent les gens dans la boue du chemin. La scène tourne au combat de boue  , mais avec en plus un aspect symbolique puisque c’est là le même sol que celui des rizières voisines. La fête de Songkran annonce la saison des pluies et pour les habitants de l’Isàán, riziculteurs par excellence, la venue des pluies signifie qu’ils vont pouvoir planter le riz et c’est un bonheur qui touche au délire !
Cette femme à la chemise rouge qui s’est jointe à la bataille de rue a une « pêche » extraordinaire. Elle saisit un micro et se met à chanter elle aussi, toute seule, puis de temps à autre à l’unisson avec les deux autres chanteuses, ou encore dans un jeu de réponses de l’une à l’autre. C’est une musique infernale, à chaque enchaînement sur un autre morceau les hommes poussent des trilles « rrrrrriiiiii ! », et ça danse de qui mieux-mieux.  L’idée me vient, puisque Y m’a proposé à deux ou trois reprises de me trouver des « copines » pour passer mon temps agréablement – elle n’est vraiment pas jalouse, mignonne et adorable comme elle est – que je pourrais peut-être bien la prendre au mot et lui suggérer de me brancher sur ces trois femmes. Ce ne sont peut-être pas les plus jolies mais elles ont un chien indéniable ! Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 13 mai 2012 à 6:08 Re: Songkran du côté de Bâan Nâawk Message 18 de 42 · Page 1 de 3 · 2 993 affichages · Partager eh ben !ca fait la fete par chez toi, allant jusqu'aux battailles de boue!!!!!!! | | | À: GeorgesOZ · 13 mai 2012 à 6:21 Re: Songkran du côté de Bâan Nâawk Message 19 de 42 · Page 1 de 3 · 2 993 affichages · Partager Hello Georges,
Merci pour ce récit tout en finesse, empreint de détails croustillants comme à ton habitude...  Oui je m'étais juré de fêter le Songkran 2012 chez nos voisins Thais et je me retrouve une fois de plus la tête dans le guidon en Malaisie, à quel plaisir de pouvoir donner le temps au temps et s’enivrer de cette fête de l'eau si caractéristique, de se laisser bercer par la musique et juste laisser le temps filer... | | | À: Jouki · 13 mai 2012 à 18:07 Re: Songkran du côté de Bâan Nâawk Message 20 de 42 · Page 1 de 3 · 2 966 affichages · Partager eh ben !ca fait la fete par chez toi, allant jusqu'aux battailles de boue!!!!!!!- --
Oui, sûr qu'il y a des moments forts!   Pas comme ça chez toi??? | Carnets similaires sur la Thaïlande: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 16 589 visiteurs en ligne depuis une heure! |