Accident d'avion en Thaïlande: la thèse de l'erreur humaine prend de l'ampleurEvacuation de Bethan Jones vers l'hôpital de
Bangkok, le 18 septembre 2007
© AFP Pornchai Kittiwongsakul
La compagnie aérienne One-Two-Go a vigoureusement défendu ses pilotes mardi alors que la thèse de l'erreur humaine prenait de l'ampleur, 48 heures après l'accident d'un avion qui s'est écrasé par mauvais temps à l'aéroport de
Phuket (sud de la
Thaïlande).
Tous les corps ont finalement été extraits des restes de l'appareil calciné, a indiqué la police en citant un bilan de 89 morts.
Sur les 57 étrangers qui auraient été tués dans la catastrophe, 36 n'ont toujours pas été formellement identifiés, a ajouté la police.
Le MD-82 de la compagnie thaïlandaise à bas prix One-Two-Go, qui transportait 123 passagers, principalement étrangers, et sept membres d'équipage, a dévié de la piste en tentant d'atterrir sous une pluie battante dimanche à l'aéroport international de
Phuket.
L'appareil, qui venait de
Bangkok, a rebondi sur le sol, s'est brisé et a pris feu, terminant sa course dans un talus, selon des témoins.
Les responsables du trafic aérien à
Phuket ont déclaré avoir signalé de fortes rafales de vent au pilote indonésien du McDonnell Douglas.
"Le pilote d'un vol précédent ayant atterri quatre minutes plus tôt avait mis en garde contre un vent en cisaille", susceptible de déstabiliser les avions, a déclaré à l'AFP Kumtorn Sirikorn, vice-président de l'Aeronautical Radio of
Thailand, qui supervise le trafic aérien.
La tour de contrôle a "demandé au pilote (du MD-82) s'il était au courant ou non de ce vent en cisaille et il a dit qu'il était au courant", a indiqué M. Kumtorn, ajoutant qu'il avait "confirmé avec insistance qu'il voulait atterrir".
Quelques heures après la catastrophe, un responsable de l'aviation civile avait indiqué que le pilote, Arief Mulyadi, décédé dans l'accident, avait reçu la permission d'arrêter la manoeuvre d'atterrissage à la dernière minute.
Le vice-président de One-Two-Go, Kajit Habanananda, a appelé les enquêteurs à ne pas parler trop vite d'erreur humaine dans cette catastrophe aérienne, la pire en
Thaïlande depuis une décennie.
Un responsable de l'aviation en
Thaïlande a reconnu mardi que "selon des informations préliminaires, le système de détection de cisaillement du vent n'était pas totalement opérationnel au moment où l'accident s'est produit".
Cependant, Chaisak Angkasuwan, chef du département de l'aviation civile, a invité à ne pas tirer de conclusions avant l'analyse des boîtes noires et la fin de l'enquête.
"Selon moi, même si la moitié des détecteurs d'effets de cisaillement du vent ne fonctionnait pas, cela n'a pas nécessairement causé l'accident", a-t-il dit.Cérémonie bouddhiste autour de la carcasse de l'avion qui s'est écrasé à
Phuket, le 18 septembre 2007
© AFP Pornchai Kittiwongsakul
Un porte-parole du gouvernement thaïlandais a confirmé mardi que les boîtes noires du MD-82 seraient envoyées aux
Etats-Unis et que les résultats devraient être connus d'ici dix jours.
A l'aéroport de
Phuket, des familles en détresse cherchaient encore mardi à obtenir des informations précises sur leurs proches disparus, mais ne cachaient pas leurs frustrations devant les lenteurs du processus d'identification.
Un Français, à la recherche de son frère qui était inscrit sur la liste des passagers, a déclaré: "Ils m'ont demandé de fournir davantage d'éléments, comme des empreintes digitales, mais c'est juste pour montrer qu'ils font quelque chose. En fait, ils ne sont pas très bien organisés".
Selon le ministère des Affaires étrangères à
Paris, trois Français ont été tués et six sont portés disparus, en plus d'un blessé hospitalisé à
Phuket.
Un représentant de l'ambassade d'
Iran à
Bangkok, qui s'est rendu à
Phuket, a confirmé que 18 Iraniens avaient été tués, tandis que
Londres a fait état de huit Britanniques parmi les victimes.
L'unité de police chargée des opérations de secours a indiqué que les 32 victimes thaïlandaises avaient été identifiées