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Publié le 02/12/2008 à 16:43
L'opposition thaïlandaise promet la levée du blocus
BANGKOK - L'opposition royaliste thaïlandaise a annoncé mardi la fin de l'occupation des deux grands aéroports de
Bangkok en réaction à la dissolution du parti au pouvoir par la Cour constitutionnelle.
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Le Parti du pouvoir du peuple (PPP) et deux autres des six partis de la coalition gouvernementale ont été dissous et le Premier ministre Somchai Wongsawat a été déchu de ses fonctions et interdit d'activités politiques pendant cinq ans pour fraude électorale lors des élections législatives de décembre 2007.
Rien n'indique encore pourtant que la crise politique qui perdure depuis trois ans en
Thaïlande est en voie de règlement : le camp gouvernemental entend se maintenir au pouvoir en mettant sur pied de nouvelles formations et en désignant rapidement un autre Premier ministre.
Un vote a été programmé le 8 décembre. Dans l'intervalle, le premier vice-premier ministre Chavarat Charnvirakul, un magnat du BTP, assurera l'intérim à la tête du gouvernement.
Au total, 31 dirigeants des trois partis dissous - PPP, parti Chart Thai et Matchima Thipataya - ont été interdits d'activités politiques par la Cour constitutionnelle mais la coalition au pouvoir reste forte de 283 élus contre 165 à l'opposition.
Les membres du PPP encore éligibles formeront un nouveau parti (Puei Thai, Pour la
Thaïlande) et dirigeront le prochain gouvernement, a promis Jatuporn Prompan, porte-parole du PPP.
UN MORT DANS UNE EXPLOSION
L'Alliance populaire pour la démocratie (PAD), qui fait campagne depuis des mois pour la démission du gouvernement, n'en a pas moins annoncé la levée de son blocus des aéroports de la capitale mercredi à 10h00 locales (03h00 GMT).
Les manifestants de la PAD, qui arborent des tenues jaunes, la couleur de la monarchie, demandaient depuis des mois le départ de Somchai, accusé d'être la marionnette de son beau-frère, l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra, chassé du pouvoir par un coup d'Etat militaire en 2006.
L'occupation des deux aéroports de la capitale thaïlandaise a bloqué des dizaines de milliers de touristes et pèse lourdement sur l'économie du pays. Les autorités aéroportuaires ont indiqué qu'elles annonceraient une date de réouverture des deux plates-formes mercredi après la fin du blocus.
Les avions transportant du fret ont déjà pu décoller mardi de l'aéroport international de
Suvarnabhumi. Un avion cargo est ainsi parti à destination de
Kuala Lumpur.
Mais la réouverture du trafic passagers devrait prendre plusieurs jours, voire jusqu'à deux semaines. Dans un communiqué diffusé avant l'annonce de la levée de l'occupation, l'opérateur Airports of
Thailand avait indiqué que
Suvarnabhumi resterait fermé jusqu'au 15 décembre.
Afin de renforcer leur blocus du principal aéroport de la capitale, les manifestants de la PAD avaient cessé lundi leur occupation du siège du gouvernement qui durait depuis août. Le bâtiment devait être remis dans la journée aux autorités.
Des centaines de partisans du gouvernement vêtus de rouge avaient, eux, encerclé le siège de la Cour constitutionnelle avant que celle-ci ne se réunisse pour décider du sort du PPP. Les juges ont été contraints de se replier sur le tribunal administratif de la capitale pour délibérer.
Un partisan de la PAD a par ailleurs été tué dans la nuit par une grenade jetée d'un pont près de l'autre aéroport occupé, celui de
Don Muang qui accueille les vols intérieurs. L'explosion a également fait 22 blessés.
FOSSÉ INSURMONTABLE
Les partisans du gouvernement prédisent une reprise des hostilités après la célébration du 81e anniversaire du roi Bhumibol Adulyadej, le 5 décembre.
Le souverain s'est adressé à l'armée lors d'une cérémonie mardi après-midi, prononçant ses premiers commentaires en public depuis que la PAD a lancé sa "bataille finale" contre le gouvernement lundi dernier. Mais il n'a rien dit de la crise.
Il doit donner un discours à la nation jeudi, à la veille de son anniversaire. Dans ses précédentes allocutions, il s'en était tenu à une ligne modérée, appelant à la réconciliation et à la tolérance.
Mais le fossé qui sépare les partisans de Thaksin Shinawatra, majoritairement issus des classes rurales pauvres, et les manifestants de la PAD, représentant les royalistes et les classes moyennes, semble impossible à combler.
L'armée, qui était intervenue pour renverser Thaksin lors du coup d'Etat de 2006, a été sollicitée à nouveau par une partie de l'opinion pour régler la crise, mais elle a souligné qu'un putsch ne règlerait en rien les problèmes de fond.
Des commentateurs échafaudent un autre scénario, qui verrait les juges suspendre la constitution et nommer un conseil intérimaire, composé principalement de magistrats, pour diriger le pays.
Version française Guy Kerivel, Jean-Stéphane Brosse