Votre post est intéressant, car -sans vous offenser- il contient quelques "clichés" que l'on peut montrer...
Et d'ailleurs "notre système politique", si c'est de la démocratie qu'il s'agit, ne nous appartient pas, il a quelque chose de plutot universel...
La démocratie ("Gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple") n'est ni universelle ni intemporelle.
La démocratie est un système de gouvernement né chez les Grecs anciens, elle concernait alors "la cité" -pas "le peuple".
A l'époque ni les (nombreux) esclaves, ni les femmes n'étaient concernés, ils ne faisaient pas partie du "peuple" !
Elle a évolué et pris des formes diverses, chez nous il n'y a que peu de temps par exemple que les femmes (et les militaires) ont le droit de vote.
La démocratie, ça signifie que chacun a le droit d'ouvrir sa gueule, que tout membre du pays en est un citoyen etc... Revoyez vos classiques pour une meilleure définition !!!
Je sais que les thais sont très différents de nous (et encore, pas tant que ça), mais a ma connaissance, ils aspirent, eux aussi, éduqués ou non, à la liberté, dans tous les sens du terme.
Là on change de registre, la démocratie est un système de gouvernement, qui n'implique même pas les "libertés fondamentales".
Regardez les
USA qui sont devenus un Etat hyper-policier où prononcer le mot "bombe" dans un avion peut vous conduire à la mort où à la prison.
L'Union Européenne est très "démocratique" mais les tziganes y sont partout paupérisés, discriminés, pourchassés (Ils ne font pas partie du "peuple" !)
La démocratie, pour universelle qu'elle soit, n'empêche pas des variantes spécifiques à chaque pays et à ses "mentalités".
Contradiction ?
Enfin, je ne suis pas d'accord avec toi quand tu dis que ce peuple a besoin d'être éduqué, du moins quand cela sous-entend qu'il ne l'est pas (on aurait tous besoin de l'être plus et les réactions du peuple français me désespère parfois aussi).
Je pense que l'éducation dont il est question-là, c'est "l'éducation-civique" qui est notablement absente -et qui disparaît curieusement aussi "cheu nous.
Les gens ne sont pas politisés, s'en foutent éperdûment, et considèrent normal que leur voix s'achète contre quelques centaines de bahts.
Ils trouvent normal que ce soient forcément les plus riches qui gouvernent parce que çà a toujours été comme çà par ici !
Ils trouvent normal que ces plus riches se servent de la collectivité comme d'une banque personnelle.
Quand au problème qui nous préoccupe actuellement, je dois dire que le choix entre un élu (de façon irrégulière semble-t-il) qui s'en fout plein les poches et un leader du mouvement contestataire (mouvement bien compréhensible) qui ne souhaite, lui, que prendre le pouvoir et le garder grace à un système de nomination (pour s'en mettre tout autant dans les poches?!)... je comprend que l'armée, comme le roi, ait du mal à prendre parti...
Et voilà, vous pensez que tous ces
gens qui protestent contre Thaksin et son système de gouvernement sont manipulés par quelques individus -vous dites même "
un leader"- qui n'ont que leur "bien personnel" en vue !
"Tout le monde est corrompu, hein" (sauf le FN ajoutent certains), n'est-ce-pas un préjugé ?
Un système de gouvernement ne peut être "statique", il faut parfois l'adapter à la situation.
"L'Etat d'urgence", est-ce "démocratique" selon votre conception ?
Pourtant, on le retrouve dans toutes les Constitutions des pays démocratiques (et des autres...)
Pourquoi le mot "démocratie" est-il très souvent suivi d'un adjectif ?
(démocratie parlementaire, participative, directe...)
La
France a connu pendant longtemps la "démocratie censitaire", ce n'est pas vraiment "idéal", non ?
Pourquoi certains peuvent-ils appeler "démocratie" le simple fait de pouvoir élire des représentants ?
Sous Saddam, on élisait des représentants, dans l'URSS aussi, sous l'apartheid de même.
-Entre "le gouvernement du peuple
par certains, pour le peuple" et "le gouvernement du peuple
par la fraude,
pour Thaksin" pourquoi appeler le second "démocratie" ?
En fait, pour conclure un peu, la démocratie est avant tout (comme le montre sa définition) un idéal, ce qui compte n'est pas sa "forme" mais le chemin qu'on prend -si on le prend- pour y parvenir.