Introduction
La politique de diffusion et de promotion de la langue française mise en œuvre par le ministère des Affaires étrangères se situe à l’exact croisement des deux priorités qui orientent l’action de coopération internationale menée par la
France : l’impératif de solidarité et les stratégies d’influence.
Solidarité à l’égard des pays partenaires où le français est langue d’enseignement et avec lesquels nous développons une importante coopération éducative ; influence conçue comme un dialogue avec les autres langues et cultures du monde pour promouvoir la diversité culturelle.
Dans ce cadre général d’action, notre politique linguistique extérieure s’organise autour de trois grands axes de travail : la promotion du plurilinguisme qui implique notamment le maintien de la place du français dans les organisations internationales, en particulier en Europe ; la valorisation du français comme outil d’aide au développement dans les pays de la zone de solidarité prioritaire ; et la redéfinition de notre offre linguistique dans les grands pays émergents, afin d’attirer vers le français de nouveaux publics.
Présente sur les cinq continents, la langue française est la langue maternelle ou seconde de 181 millions de personnes à travers le monde et est apprise par 82, 5 millions d’autres.
Langue officielle et de travail dans les organisations internationales et les principales enceintes multilatérales (ONU, Union européenne, OTAN, Conseil de l’Europe...), elle constitue le lien fondateur des 56 pays « ayant le français en partage », réunis au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Au service de la diversité culturelle et linguistique, la politique de promotion de la langue française conduite par le ministère des Affaires étrangères s’appuie sur le réseau des 151 Centres et Instituts culturels français et des 283 Alliances françaises bénéficiant de son soutien, sur 800 agents spécialisés présents sur le terrain et sur de nombreux partenariats, locaux et internationaux.
Elle s’adresse à des publics renouvelés, parmi lesquels coexistent des « demandes » de français très diverses dans le cadre d’un marché linguistique fortement concurrentiel. Ce faisant, elle cherche à conforter le français comme grande langue de communication internationale, alliant culture et modernité.
Une
langue est un système de
signes linguistiques
vocaux
,
graphiques
ou
gestuels
qui permet la communication entre les individus. Une définition
linguistique
de la langue précise que c'est un système de signes
doublement articulés, c'est-à-dire que la construction du sens se fait à deux niveaux d'articulation. On trouve tout d'abord celui des entités signifiantes (
morphèmes
et
lexèmes
, ou
monèmes) formant les
énoncés
puis celui des unités distinctives de sens (
phonèmes
) formant les unités signifiantes. Ces deux niveaux d'articulation déterminent les premiers niveaux de la description linguistique :
phonologie
,
morphologie
et
syntaxe
.
André Martinet
précise que l'ordre de description est nécessairement inverse de l'ordre de perception ou d'usage de la langue : la description commence par le deuxième niveau d'articulation (les phonèmes) pour aller vers le premier (la combinatoire des unités signifiantes).
On distingue généralement la
langue (système de signes) et le
langage
(faculté humaine mise en œuvre au moyen d'un tel système). On distingue également, depuis
Ferdinand de Saussure
, la langue et la
parole (c'est-à-dire l'utilisation effective du système de la langue par les locuteurs).
On appelle
langue maternelle
d'une personne la ou les langue(s) que cette personne a apprise(s) dans son enfance au cours de son apprentissage du langage.
Si la grande majorité des langues parlées dans le monde sont des
langues naturelles
, qui se sont formées spontanément à partir d'états de langue antérieurs, il existe cependant aussi des langues
artificielles ou
langues construites
, comme l'
espéranto
, le
volapük
, l'
ido
l'
interlingua
, le
lojban
, ou encore le
klingon
, qui ont été créées consciemment par des individus.
Une langue est dite
vivante lorsqu'elle est utilisée oralement par des personnes dont elle est la langue maternelle, ou par une communauté suffisamment nombreuse — et de façon suffisamment intensive — pour permettre une évolution spontanée de la langue (cas de l'espéranto).
On appelle
langue morte
ou
éteinte une langue qui n'est plus pratiquée oralement comme langue maternelle, mais qui peut être encore utilisée dans certains domaines (tels que la religion). La connaissance des langues mortes, en permettant l'étude des textes anciens, est utile notamment à la
linguistique historique
, ainsi qu'à l'
histoire
et à ses disciplines annexes. Les deux langues mortes les plus importantes de la culture occidentale sont le
latin
et le
grec ancien
. L'expression « langue morte » est contestée par beaucoup de ceux qui les pratiquent. On lui préfère alors
langue ancienne. Il est possible de « ressusciter » des langues mortes, comme le montre l'exemple de l'
hébreu
.
Une langue vivante est rarement un système uniforme et rigide, elle varie généralement selon le lieu géographique (
Langues du monde
Il est impossible de déterminer avec précision le nombre de langues parlées dans le monde, en raison de la difficulté qu'il y a à tracer des frontières précises entre les langues, notamment à différencier les langues des dialectes. Selon les estimations, il existerait aujourd'hui entre 3 000 et 7 000 langues vivantes. [ Disparition des langues
Un des problèmes essentiels qui se posent pour les langues du monde est celui de la préservation de la diversité. Dans un entretien pour le quotidien Le Monde
du 31 décembre
2005
, la linguiste
Colette Grinevald
déclare qu'environ 50% des langues disparaîtront d'ici
2100
. Dans certaines région, cela pourrait être de l'ordre de 90% (comme en
Australie
et en
Amérique
).
On estime qu'en 2100, les langues majoritaires seront :
Le
français
devrait bien se porter, mais les francophone seront obligés de pratiquer le
bilinguisme
(avec l'anglais), voir le
multilinguisme
. Ce qui devrait être pratiqué par toutes les personnes désirant préserver leur langue traditionnelle.
Une langue est considérée comme menacée si elle n'a plus de locuteurs d'ici la fin du
XXIe siècle
. Une langue qui paraît solide, car utilisée par plusieurs millions de personnes, peut être en danger. C'est notamment le cas des langues
quechua
en
Amérique du sud
, car il y a très peu de jeunes qui l'apprennent.
Depuis la mondialisation des échanges, cette disparition s'accélère. Une des cause est l'exode rural, qui fait que les traditions ne peuvent être perpétués et l'usage des langues qui va avec. Souvent, la pression sociale fait que les locuteurs de langues minoritaires (comme les
amérindiens
mais aussi nombre de langues dites régionales, comme en
France avec les
bretons
durant les
années 1950
) considèrent que parler une langue traditionnelle est un handicap pour l'intégration dans la société et pour trouver du travail. La pression exercée par certains États, qui considèrent que la langue est un des ciments de la société, est également un facteur de disparition de la diversité linguistique.
La disparition de ces langues entraîne avec elle la disparition de certains pans de la culture traditionnelle de certains groupe. La disparition d'un langue traditionnelle et le mauvais apprentissage de la langue dominante occasionne un malaise chez certaines personnes, par manque d'intégration car ils ne se reconnaissent dans aucune culture.
Internet
joue un rôle ambivalent, il est d'un côté un accélérateur de la disparition des langues, par l'uniformisation des moyens de communications. Mais il est aussi un moyen de préserver ces langues, par l'établissement de communautés parlant des langues traditionnelles.