Salut Jérôme
Le cerf volant du succès se dresse toujours contre le vent de l'adversité
Par quoi devrais-je commencer. Peut-être par te dire que je sais exactement de quoi tu parles.L’idée de faire le tour du monde m’est venu vers l’âge de 10 ans. J’ai toujours voulu partir, mais mes parents pensaient que c’était une idée de gamin.
Vers 14 ou 15 ans j’ai acheté mon sac à dos avec toujours la furieuse envie de partir.
A cette époque mes parents et amis voyaient bien ma détermination mais l’associaient plus à une idée d’ado.
Il m’arrivait de dormir l’hiver sur le balcon pour m’endurcir au froid.
J’ai travaillé pour gagner un peu d’argent ; 5000 francs environ 1000 dollars à l’époque
Avec cette somme tout le monde pensait que j’atteindrai la
Grèce et puis que je serais obligé de rentrer.
J’ai quitté la
France en 1980 trois semaines après avoir fêté mes 20 ans en autostop devant la maison de mes parents ou j’habitai, avec 1000 dollars en poche et aucune assurance voyage...
Je suis rentré 4 ans plus tard après avoir fait le tour du monde, traversé 73 pays, travaillé ici ou là et dormis à la belle étoile, vécu à
Beyrouth pendant la guerre, j’ai été Hare Krishna au temple d’ Hyderabad en
Inde car je n’avais plus d’argent, j’ai passé un mois en prison en
Australie car mon visa était échu et des centaines d’autres aventures qu’il serais trop long de te raconter.
Je suis revenu en
France en 1984, complètement marginalisé, je ne rentrai plus dans le moule de notre système. J’avais l’impression de rentrer en Prison (Attention au retour, c’est souvent une douche froide)
Mes parents étaient tellement heureux de me revoir, (nous ne nous étions pas revu pendant ces 4 années, et ils ont passé tellement de nuits blanches à me croire perdu dans une secte, ou sous l’emprise de la drogue, ou blessé en pleine guerre)
Malgré tout je suis reparti en
Angleterre chez une amie, puis j’e suis descendu en
Algérie dans le Sahara avec une méharée de dromadaire.
Et puis... il a fallu trouver un job.......quel métier pourrait intéresser un jeune routard parti sur la route des indes et qui a des milliers de kilomètres sous ses chaussures et des étoiles plein la tête.
Le club méditerranée cherchait des moniteurs de sports qui parlaient bien les langues et c’est ainsi que j’ai fait 14 saisons (six mois) comme moniteur au club en changeant de pays à chaque saison.
En 1986 sur les bords de la mer de
Chine, j’ai rencontré une jeune malaisienne chinoise qui est aujourd’hui ma femme et maman de notre fille. Nous avons même refait un tour du monde ensemble, mais avec un peu plus de confort.
Nous sommes rentrés en Alsace en 1991 (J’habite à quelques dizaines de km de bergoltz zell)
Le Voyage est resté le but de ma vie. Je n’ai jamais cessé de voyager. J’ai été guide d’expédition dans la jungle Malaisienne, Je prépare la traversé de la
Mongolie en moto
side car, je pars dans l’archipel des Lofotenfin Avril, cet automne je traverse à pied le parc de Sarek en
Laponie suédoise.
J’ai la chance d’avoir créé une entreprise qui me permet aujourd’hui de partir presque quand bon me semble ou du moins quand j’ai les jambes qui fourmillent.
Le monde a beaucoup changé Jérôme. Certains pays que j’ai traversés sont devenus de vrai coupes gorges. Mais si je peux te donner un conseil, c’est « Vas- y » Evite à tout prix d’écouter ceux qui essayeront de te décourager, et dis-toi que chaque grand voyage commence par un premier petit pas.
J’ai aujourd’hui une fille de 16 ans qui a déjà voyagé plus que la plupart des gens dans toute leur vie, et elle me parle aussi de voyage. Alors comme routard et comme père voilà les conseils que je peux te donner.
C’est très dur pour ceux qui restent ! Toi tu vas vivre à 100 à l’heure des aventures incroyable, ou que tu sois et quoi qu’il t’arrive, ce sera réel, mais pour tes parents tout sera de l’imaginaire. Et l’imagination amplifie souvent les choses. Avant de partir, explique-leur que tu ne pars pas pour les fuir, mais que tu pars pour découvrir le monde. Dis leur que cette expérience vas t’ouvrir des portes qui ne sont accessibles qu’à ceux qui voyage. Dis leur surtout que tu veux rester le plus souvent possible en contact avec eux. (Vous avez de la chance, à mon époque, je ne pouvais communiquer que par aérogrammes et je recevais mon courrier en poste restante dans les villes que je leur indiquais)
Dis leur que tu à l’intention de revenir. J’ai rencontré d’innombrables jeunes de mon âge qui étaient perdu dans la drogue dans des sectes etc... et cela fais certainement peur aux parents, plus tu seras « clean »de ce côté et plus ils seront rassurer.
J’aurai aimé rencontrer mes parents le long du chemin, et je pense que c’est une merveilleuse façon de les rassurer en les associant à ton voyage. Evite les pays en guerre et dis à tes parents que tu seras responsable dans tes choix de route.
Enfin préviens les qu’en cas de coup dure tu feras appel à eux, c’est sans doute ce qui les rassurera le plus. Certains des conseils que je te donne ne sont que les fruits d’expérience et peut être qu’à 20 ans je n’aurai sans doute pas accordé autant d’importance à ces conseils.
Le voyage c’est comme la vie, il y a 50% de bien et 50% de pénible. Certains jours tu te demanderas pourquoi tu es parti, et d’autres ou tu ne voudras plus revenir, mais la vie que tu vas quitter et ceux que tu vas quitter vont devenir quoi que tu fasses, tes racines, et un jour tu regarderas ces racines avec attendrissement. C’est surement ce jour-là que tu songeras à revenir.
Rappel toi aussi que comme dans la vie, le voyage est un cheminement ou la chance à sa part de responsabilité
Je te souhaite bon vent