je ne suis pas du tout sur de l' orthographe mais je pense qu' il s' agit d' une porte, ouverture ou quelque chose dans ce sens là...
à moins que ce ne soit plutôt symbolique...
Bonjour !
Quant à «
Dunia », il s’agit d‘un emprunt de l’arabe. Le mot arabe
dunyaa veut dire « monde, univers ; vie », bien sûr (pour le préciser :
dunyaa se réfère au monde où resp. à la vie que nous vivons. L’autre monde, l’au-delà est
al-uhraa, en bambara
lahara). Ce mot arabe paraît dans
la plupart des langues parlées en Afrique de l’Ouest, à des réalisations phonétiques et orthographiques les plus différentes. Voici les quelques exemples...
- en bambara :
dinyè, duniya- en berbère :
ddunit
- en bisa :
dunya- en bozo-sorogaama :
dunya, dunyè- en buli :
duninya- en dendi (sonraï de
Bénin) : anduniya
- en foulfouldé (du Maasina) :
aduna- en haoussa :
duuniyaa- en jamsay (variété dogon) :
adurò*
- en jula :
dununya- en koyra chiini (sonraï de Tombouctou) :
addunaa, ndurnaa- en manenka :
dinya- en pana :
dunia- en sénoufo :
dulunyan, durunyan- en soninké :
duna- en wolof :
addina-...
Quant à «
Takoro, takura,... », bon, si vous dites que «
cela vient du Burkina », il est assez probable que c’est une langue mandé (bisa, bòbò, dzuun, jalkuna, jula, mèèka, samogo, sembla, etc.) ou une langue gur (buli, dogon, gulmancema, miniyanka, mooré, pana, sénoufo, etc.) qui entre en ligne de compte. Les diverses langues mandé et gur forment la grande majorité de l’ensemble des langues parlées au
Burkina Faso. Moi, je parie à une
langue mandé :
Le mot
takura a une grande ressemblance à un syntagme nominal du bambara (mandé, manding), à voire nominal + qualificatif :
da kura dont
kura est un adjectif qui veut dire "nouveau", et
da un nom à multiples significations (sans prendre en considération, avec juste raison, plusieurs homonymes), à savoir...
- bouche :
I da tugu ! Tais-toi ! (lit. Ferme ta bouche !) ;
dakolo mâchoire (< bouche-os).
-
ouverture, trou, blessure, fente :
tigèda coupure (< couper-trou) ;
jolida plaie ouverte (< plaie-ouverture).
-
porte, entrée :
Da sògòlen don. La porte est fermée à clé.
- commencement, origine, cause :
daminè commencer (< bord-attraper).
- paroles (au sens de 'ce que produit la bouche') :
A da ka di. Il est bavard (lit. Sa bouche est douce).
- surface, endroit :
togoda hameau (< hutte-endroit) ;
disida thorax (< poitrine-endroit).
- abords :
forobakòlònda les abords d'un puits villageois (< champ-grand-puits-abords).
- bord :
Joliba da la. Au bord du
fleuve Niger ;
bada rive (< fleuve-bord).
- lame, tranchant :
Muru da man di. La lame du couteau n'est pas tranchante.
-...
Bon, la sémantique de
da comprend évidemment un concept qui exprime une localité bordée (porte, plaie, trou, ouverture, hameau) ou même le bord, la bordure, la limite de qqc (lame, rive). Je me risque à vous dire qu’il s’agit ici de
da kura "nouvelle porte/entrée", utilisé comme métaphore.
En conséquence,
Takoro Dunia (en bambara, on écrirait
Dakurudinyè) signifierait un
Monde (ou une
Vie) à une nouvelle porte, c.à.d. un
Monde (plus) ouvert,
tolérant, et finalement un
Meilleur monde. Je pense, on se procure une nouvelle porte parce que la vieille est endommagée (et la nouvelle donc meilleure)... Voilà ma modeste interprétation. Vous savez, une interprétation reste une interprétation aussi longtemps que la langue en question n’est pas identifiée... (où se trouve
Tiébélé ?)
Bonne journée, hgb
* le sonorant
r est nasalisé.