En tant que généreux donateur
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Voie Navigable de
France m’a invité à rencontrer une spécialiste de la plantation à Marseillette le 03 Mars. Mais c’était le jour où je prenais possession de mon tricycle couché à
Toulouse.
Après avoir loué il y a 6 ans un Scorpion HPVélotechnik
voyageforum.com/...ost=3245557;#3245557
et il y a 2 ans un trike ICE
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et avoir économisé j’ai passé commande auprès du magasin Cyclable.
Après les derniers ajustements je me dirige vers le
pont neuf pour traverser la Garonne. Dès les premiers tours de roues, je me fais engueuler par un automobiliste qui me dit que les contresens cyclistes ne sont pas faits pour les engins comme le mien. Il est vrai que ce sens interdit se justifie par l’étroitesse de la chaussée qui suffit juste à ce que nous nous croisions (avec des voitures en stationnement). Un jeune sur le trottoir prend aussitôt ma défense en lançant : « je suis dans la mécanique et ceci est un vélo ! » il me demande d’excuser la « conduite » du chauffeur. Il est amusant qu’au volant de son enclume, il me reproche d’occuper trop place. Alors que si en
centre ville la majorité allait à pied ou à vélo l’espace serait démultiplié et le silence apporterait la sérénité. Peut-être même que devenu cycliste, il m’aurait souri en me croisant. Car même à
Toulouse un tricycle couché ne passe pas inaperçu provoquant surprise et sympathie voire admiration. Il est vrai qu’au ras du sol moins visible et avec une moindre visibilité on se sent vulnérable dans la circulation. A ceci s’ajoutant une largeur importante et un prix élevé, on n’est pas prêt de croiser des tricycles à chaque carrefour. Du moins tant que la ville sera d’abord adaptée à la voiture.
Je retrouve mon fils étudiant et nous gagnions rapidement le
canal du Midi pour profiter de meilleures conditions et m’éloigner des pots d’échappement qui crachent juste à la hauteur de mon nez.
Bien que suspendu à l’avant comme à l’arrière, un bon revêtement est préférable car un tricycle est davantage sensible aux déformations surtout avec des roues de 20 pouces. Avec le système Rohloff et ses 14 vitesses dans le moyeu, le triple plateau est inutile et je n’ai donc qu’à utiliser une seule poignée rotative. Le repose tête complète le confort de la position, les freins à disques, les rétroviseurs, la dynamo et le fanion la sécurité procurée par la stabilité. Voir photos.
J’ai choisi ce modèle allemand pour sa technologie, son design et sa qualité de fabrication. Celle-ci est artisanale et je suppose que les ouvriers sont convenablement rémunérés. Je ne voudrais pas participer à l’exploitation des 12 millions de travailleurs pauvres en
Allemagne. A peine le SMIC mis en place qu’il est déjà contourné. Par exemple dans
les abattoirs où exercent de nombreux turcs une location de 100 € pour l’utilisation des couteaux est désormais retenue sur le salaire. En parcourant l’Eurovélo 6 j’ai pu voir ces nombreux élevages de porcs hors sol. Où les bâtiments sont couverts de panneaux solaires pour la production d’électricité et dont le lisier alimente des unités de méthanisation. 2 formes d’énergie largement subventionnées par l’état. Ne se satisfaisant pas de ces subsides l’abattage est sous-traité à du personnel rémunéré 4€/h pour produire une charcuterie de mauvaise qualité uniformisée sur tout le territoire. Et inonder le marché de porc à bas coût. Les éleveurs bretons peuvent s’accrocher !
Mercredi 04 Mars
Toulouse Valence d’Agen 90km
Malgré la pluie à 09h15, je me décide à quitter l’appartement de mon fils où j’ai dormi.
L’amélioration prévue la veille pour 10h ne semble pas confirmée dans l’immédiat. Tant pis je vais salir le beau tricycle tout neuf. Armé de mon pantalon de pluie et de mon poncho cycliste, je me lance dans la circulation. Rapidement je m’aperçois que je ne peux pas changer de vitesse. La poignée tourne mais sans action sur la « boite de vitesses ». Heureusement je suis tout près de la boutique. Mais je réalise que depuis cette année Cyclable n’ouvre qu’à 11h. En fait en enfonçant la poignée, elle retrouve sa fonction. Elle doit être débrayable. J’avais certainement tiré dessus en soulevant le vélo pour le mettre sur le balcon. Comme son nom l’évoque, le Scorpion se plie en rabattant l’arrière sur l’avant. Cela permet de le mettre dans un ascenseur ou un coffre de voiture et je l’espère de monter dans le train.
Après la place Esquirol et le boulevard de
Metz, je traverse le
canal du Midi me souvenant qu’après la gare Matabiau la piste cyclable est rive droite. Mais j’ai trop anticipé et en contresens du flux de voitures je suis contraint de rouler sur les trottoirs. Ce qui est moins commode avec un trike en raison de l’encombrement. Parfois cela ne passe pas entre 2 plots ou 2 piquets.
Enfin je retrouve la Voie Verte et il est déjà plus de 10h quand j’atteins la sortie de la ville.
La pluie a cessé et je peux ranger mon équipement de pluie pour la journée.
Aux ponts jumeaux j’abandonne le
canal du Midi pour le
canal latéral à la Garonne.
Je suis parti pour 90 km de piste cyclable continue plate sans véhicule motorisé. Je progresse sereinement au ras de l’ancien chemin de halage. Sans équilibre à gérer, je pourrais presque mettre la main dans l’eau. Le ciel s’éclaircit mais le vent de face prévu par la météo augmente avec l’ensoleillement.
Pour la première fois de ma vie je mange une sucette en faisant du vélo. (Je ne risque pas de tomber). Il faut avouer que je n’en achète jamais. J’ai obtenu celle-ci dans un sachet pique-nique préparé par un refuge espagnol : un morceau de baguette insipide contenant du chorizo, une espèce de vache qui rit que j’avais étalé dans le sandwich, une portion d’une sorte de jelly (presque aussi mauvais que l’anglais), 2 petites briques de jus d’orange et une chupa chups.
Je parviens trop tard à Montech pour déjeuner dans le restaurant ouvrier et les travaux en cours m’empêche de longer le port et d’accéder au restaurant de l’écluse que j’espère toujours voir ré ouvrir. Je passe tout juste entre un arbre et un camion EDF et me dirige vers le centre où je mange un kebab.
Du retour sur le port, j’aperçois à travers les grillages du chantier des gens qui mangent sur la terrasse du restaurant de la maison éclusière. Peut-être s’agit-il du personnel ? Serait-il ré ouvert ? Je continue ma route en regrettant de n’avoir pas pu me poser cette question plus tôt. (Par la suite je ne trouverai pas de n° de téléphone pour avoir la réponse à cette question).
Après la pente d’eau le soleil est au rendez-vous mais le vent aussi. Je me résous à ne progresser qu’à 10 ou 12 km/h. je décide de mettre le Smartphone que ma femme et mes enfants m’ont offert pour mes 55 ans dans la poche de mon blouson et avec les écouteurs pour la première fois je pédale avec la radio.
Le tricycle couché c’est très différent du vélo droit. Plus tard je constaterai que mettre mes clés, mon téléphone et mon porte monnaie dans les poches arrières de mon maillot cycliste n’est plus adapté car cela fait mal au dos.
C’est un peu comme l’arrivée de Zoé. Alors que je me refuser de pratiquer des activités s’il fallait utiliser la voiture essence (même la démarrer pour aller à la piscine me coûtait). Avec l’électrique, je vais le lundi au yoga, le mardi à la gym, le mercredi au tennis de table, le jeudi à la chorale et le vendredi de nouveau au ping-pong. En plus de ces soirées, il m’arrive même de participer à des déplacements pour la compétition (bien sûr j’emmène des coéquipiers). Ce qui m’apparaissait une hérésie est devenu possible. Toute fois je ne suis pas dupe et conscient que la fabrication d’un VE est polluante que tout déplacement génère des nuisances. Si elles me semblent bien moindre, je continue à aller à pied et à vélo (et en train) le plus souvent et nous n’avons parcouru que 8000 km en un an avec la Zoé bien qu’elle soit très agréable à conduire et que 100 km ne consomment qu’un euro d’électricité (10 € d'essence pour notre thermique).
A ce rythme de sénateur et la tête au repos je ne parviens qu’à 18h30 à mon domicile. Il me faut juste quitter l’appui-tête pour jeter un œil dans les rétroviseurs. Il me semble qu’il ne sera pas possible de les régler pour y voir à la fois tête droite et inclinée...
An ! J'oubliais. Ce qui a été la plus difficile pour moi dans cette première journée :
En cliqueter les chaussures dans les pédales automatiques puisque les pieds très en avant je ne vois ou je pose les taquets. Mais peut-être aurais-je également eu du mal sur mon vélo droit ? Car je n'en ai jamais eu. Ici c'est presque indispensable car si le pied glisse de la pédale il vient taper sur le sol et la jambe sur le bras du cadre.
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