J4 Jeudi 30/05 Portiragnes 08h30
St Gilles 18h 120 km
Le réceptionniste me remet la télécommande qui me permet de récupérer mon vélo dans le garage. Je m’aperçois que le totalisateur indique 300km tout rond. J’ai donc rempli mon objectif de 100 km/jour. Avant de quitter Portiragnes, comme convenu avec l’hôtesse, je dépose le plan et le dépliant qu’elle m’avait remis dans la boite à lettre de l’
office du tourisme. Recycler c’est bien réutiliser c’est mieux :
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Je retrouve le canal et ses ornières qui me mènent à
Agde. Heureusement la terre a séché. Aujourd’hui je suis dans la seule région de
France où il fait soleil. A l’écluse ronde il faut quitter le halage car les bateaux continuent en descendant dans l’
Hérault et à la fin du
canal du Midi, le halage a disparu dans les joncs. De toute façon il ne va pas à
Sète, les bateaux y vont par l’
étang de Thau. Voir photos ici :
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Dès que je prends la route j’aperçois le passage à niveau de la gare d’
Agde. J’accélère car je crains que la barrière s’abaisse. Il a suffi que j’y pense pour que les feux s’allument. Je m’échappe par le Canalet car je sais que la barrière reste fermée tout le temps qu’il y a un train en gare !
www.herault-tribune.com/...-doit-etre-supprime/
Je reconnais la tour de l’hôtel la Galiote où j’ai dormi en arrivant au centre d’
Agde et traverse le marché pour trouver la D612 (ancienneN112). A la sortie de la Ville, la route de
Sète passe à 4 voies et est interdite au vélo. Obéissant je prends le chemin à droite mais crains de partir vers le
Cap d’Agde. Comme je l’espérais un passage sous la voie rapide me permet de reprendre la bonne direction. Je demande à des cyclistes anglais si je vais bien vers
Sète et j’en ai confirmation par des marcheurs. Mais tous m’invitent à prendre la grande route. Je suis étonné d’en voir sortir un puis deux puis cinq cyclistes en contresens. En fait à cet endroit la D612 repasse en 1 voie. Il y a juste 500 m en 4 voies pour dissuader les cyclistes de l’emprunter ? Ici elle n’est plus interdite mais comme elle n’a une « bande d’arrêt d’urgence » que d’un côté, les cyclistes l’utilisent dans les 2 sens. C’est dire si le besoin est prégnant. C’est ce que je réclame sur la droite des routes de
France une bande cyclable :
voyageforum.com/...post=5900201#5900201
Enfin débute la Voie Verte et la sérénité, renforcée par un mur de 10 cm qui la sépare de la route. Ensuite la D612 a été déplacé vers l’intérieur pour laisser le littoral aux modes de déplacement doux. Je m’arrête avant de croiser une balayeuse pour la photographier. Si l’on pouvait être chouchouté comme cela partout ! Le conducteur s’immobilise et relève les balais pour me laisser passer. D’une rotation de la main, je lui fais signe de redémarrer pour la saisir en action. Je le remercie en passant et reçois des projections de sable trop fin pour être piégé.
Comme le vent m’est toujours favorable, je n’ai pas besoin de forcer. C’est curieux comme on oublie de prendre conscience de l’absence de douleur. Les 2 premiers jours comme souvent, j’avais mal au genou droit. Cela passe ensuite. De
Toulouse, j’ai rallié
Sète en deux jours et demi. On peut donc parcourir les 240 km du
canal du Midi en 2 jours avec un VTC non chargé. Mais dans ce cas on ne profite pas du paysage et des ouvrages d’art.
Comme il n’est plus temps de flâner aux terrasses des restaurants (sur le port je passe devant celui où j’avais mangé des sardines), j’achète un sandwich et pars à la recherche du début du canal de
Sète au
Rhône.
Ici découverte et lien pour visualiser les canaux :
voyageforum.com/...post=2631582#2631582
Sachant que l’on ne peut pas le longer à son départ car il traverse la zone industrielle, je suis contraint de prendre la route vers Frontignan sur quelques km. Puis sur ma droite je vois un canal très large. Malgré que sa voiture soit repérée 38, je demande à un pécheur s’il s’agit de celui du
Rhône à
Sète. Il ne peut pas me l’assurer mais dit qu’il va se jeter dans l’étang d’Ingril et cela correspond à ma carte. Un second me le confirme et m’apprend qu’il faut changer de rive. Je ne peux pas atteindre pont. Un peu plus loin je marche à contresens sur la voie rapide pour l’emprunter.
Rapidement le canal est entouré d’eau et c’est impressionnant. Heureusement le halage est large et très roulant pour la circulation des véhicules VNF. Dommage qu’il soit toujours interdit aux cycles en raison du vent omniprésent et parfois très violent.
A proximité de maisons de pêcheurs, je m’abrite derrière des rochers pour manger. Ma bière est restée fraiche en raison des températures mais elle dégaze violemment à l’ouverture. Dire qu’en Laponie il fait 29°C ! Je mets le maillot que j’ai lavé hier à sécher en combinant pierre, soleil et vent.
En repartant je découvre un quai refait avec soin et des bites d’amarrage flambant neuves. Il sera inauguré demain. Pour peu je serai tombé en pleine cérémonie dans les bras des forces de l’ordre.
Un grand panneau me confirme la volonté de relancer le transport fluvial :
www.peniche.com/Breves/dev-durable.htm
J’atteins
Palavas-les-Flots, je suis près de
Montpellier où hier se sont unis Bruno et Vincent. Voilà deux pédales liées. Le mien me pose problème. La chaine refuse de monter sur le petit plateau. C’est très désagréable quand dans l’urgence je veux prendre un plus petit développement et que la transmission ne s’exécute pas. J’essaie de tendre le câble avec la molette située près de la commande mais visser ou dévisser n’y change rien. Je parviens juste à faire frotter le sélecteur de plateaux sur la chaine. C’est difficile quand on n’est pas doué pour la mécanique. Comme cela m’est arrivé plusieurs fois ces dernières années, je vais le faire changer après 20 ans de service.
Les bateaux de commerce n’ont pas le droit de dépasser 6 Km/h et ceux de plaisance 10 (8 sur le
canal du Midi). Comme en fonction du revêtement et du vent favorable, je roule entre 15 et 30 km/h, je les double avec une facilité déconcertante. Mais je ne vois aucun bateau marchand. Une passerelle flottante pour piéton et cycliste qui reste en place toute la journée ne doit pas faciliter la navigation. Venir en bateau aurait été un challenge bien plus grand que j’estime à 3 Semaines.
Une pelleteuse déplace des boues de dragage qui sont réutilisés quand elles ont retrouvé leur propriété mécanique après séchage. Je m’arrête pour attendre l’autorisation du conducteur. Quelques passages surélevés en caillebotis permettent la continuité du halage quand le canal communique avec les étangs. En descendant de l’un d’eux le bruit lié à une secousse attire mon attention. Le haut de la toile de ma sacoche s’est desserti. Elle ne sera plus étanche. Je n’aurais pas cru que mes sacoches VAUDE craqueraient avant ma sacoche de guidon GO SPORT qui est aussi très sollicitée.
Soudain une barrière me barre complétement la route. Des engins s’activent. Je n’ai d’autre choix que de prendre le pont vers Lunel. Je veux prendre à droite le D34 vers Marsillargues. Mais il n’y a pas d' indication de ville ni de n° de route. Les panneaux directionnels n’indiquent que 3 Mas qui n’évoquent rien pour moi. J’ai déjà subi cela en Mars en découvrant la petite
Camargue en tricycle couché :
voyageforum.com/...post=5898281#5898281
Ensuite chaque Km est repéré D34. C’est vraiment de la mauvaise volonté !
Je vais boire une menthe à l’eau et faire remplir mon bidon dans un bar. Je profite d’un Mini marché pour acheter du ruban adhésif d’électricien. J’avais hésité à emmener mon rouleau d’adhésif toilé mais je suis déjà tellement chargé. Je dois maintenant engranger les km quitte à emprunter des routes assez circulées. A une intersection je prends tout de même le temps de déguster mais premières cerises vendues au bord de la D6572 qui m’emmène vers
St Gilles. La chaleur se faisant sentir je passe en short. 5 mn après je ressens les premières gouttes. Mais si le ciel s’obscurcit derrière moi, je roule vers le soleil. Ce n’était pas prévu mais je traverse Vauvert où j’étais il y a seulement 2 mois.
J’hésite en voyant un mas qui propose des chambres mais je veux atteindre le
Rhône pour attaquer sa remontée dès demain. 5 ou 6 km plus loin la pluie m’oblige à sortir mon poncho. Je roule 100 m mal à l’aise puis l’averse redouble et je m’immobilise à l’entrée d’un champ. Je sens la grêle taper mon dos et rebondir sur le sol. Vraiment stupide de ne pas avoir fait étape. Il me faut 15 à 20 mn de patience pour que la pluie cesse. Je m’étonne de ne pas avoir froid en short, tee-shirt sous le poncho. Après plus de 100 km, ma chaudière a de l’inertie. Par contre j’ai les pieds et les sandales pleines de boue en raison des éclaboussures. Comme il est déjà 18h quand j’arrive à
St Gilles et que j’ai vu une publicité pour un hôtel restaurant je renonce à faire les 30 km qui me séparent de
Beaucaire,
Tarascon. Surtout je n’ai pas envie de prendre une autre douche. La réceptionniste n’ayant pas d’abri pour mon vélo, me propose de le mettre dans ma chambre en m’attribuant la plus proche de l’entrée.
Même le verre est trempé !
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