J’ai eu la chance d’être à nouveau affecté à une mission à Talence du 07 au 10/09/10 et du 14 au 17/09/10.
Le lundi 06/09 terminant mon travail habituel à 17h, j’ai pu prendre l’unique train journalier direct Valence d’Agen
Bordeaux à 17h54.
Ce train accepte gratuitement les vélos mais à son arrivée à quai, je suis bien démuni lorsque je n’aperçois aucun logo de bicyclette. Par chance un homme descend avec son vélo à la main. Je décroche mes sacoches et les pose à l’intérieur du wagon, redescends et hisse péniblement mon vélo par les 2 grandes marches de l’étroite porte du wagon anciennement corail juste avant que le train démarre. Deux crochets se trouvent à l’extrémité de cette voiture qui à ma grande surprise est 1ère classe. Je mets en place mon antivol et prends le parti de laisser la pompe et la trousse à outils sur le vélo. Je m’installe dans un compartiment du wagon suivant qui est en 2ème. Parti en short tee-shirt je remonte discrètement le bouton du thermostat de la clim qui comme toujours a été poussée au maximum. Plusieurs petites rotations jusqu’à mi-course entre chaud et froid ne suffiront pas à faire disparaître la sensation de froid qui m’est désagréable mais qui est je suppose agréable aux autres passagers.
En descendant en gare de
Bordeaux après 162 km, je vois qu’il est écrit vélo en tout petit sur le wagon comme si la SNCF offrait ce service à contre-cœur.
Je mets en route mon GPS qui me guide jusqu’à l’hôtel TENEO suites à Talence où j’ai réservé pour les 8 nuits.
Le lendemain je n’ai que 3 km à rouler pour rejoindre mon lieu de travail. Je retrouve exactement les mêmes sensations et les mêmes doutes sur l’avenue partagée entre le tramway, les autos, les vélos et les piétons puis sur la piste cyclable.
Voir récit premier déplacement professionnel Mai 2009 (page 2).
Vendredi 10/09 Talence Arés 96 km
Après 3 jours pluvieux, le soleil est au rendez-vous pour le week-end me confortant dans ma volonté d’aller le passer sur le
bassin d’Arcachon. Depuis une semaine mes appels aux centres de vacances de mon CE ne m’ont pas permis d’obtenir d’hébergement, celui d’Arès et celui de la ville d’
Arcachon étant complets. Ce n’est qu’avant de quitter
Bordeaux que j’apprends qu’un logement s’est libéré suite à un départ anticipé.
Talence se trouvant au Sud de
Bordeaux, il me faut traverser la ville pour rejoindre la piste cyclable de
Lacanau située au nord à
Bordeaux-lac :
www.tourisme-gironde.fr/...ordeaux-lacanau.aspx
Me voici de nouveau sur le cours de la Libération puis le cours Gambetta.
Le tramway occupant à double sens la partie centrale, il ne reste qu’une voie de chaque côté. Parfois la chaussée est assez large pour permettre aux voitures de doubler les vélos. Lorsqu’elle est trop étroite les autos sont autorisées à mettre 2 roues sur le terre-plein du tramway pour doubler les bicyclettes. C’est le passage de large à étroit que j’appréhende le plus. Car la voiture veut me doubler avant le rétrécissement et je préfère quelques fois freiner pour la laisser passer. Cette fois je ralentis avant « l’entonnoir » pour laisser passer un petit camion. Il est équipé d’un plateau monte-charge qui a été relevé contre le container. Mais par l’espace entre le plateau à la verticale et le fourgon, 2 lambourdes dépassent dans l’entrebâillement. Le chauffeur a du les apercevoir dans sont rétroviseur après m’avoir doublé car il tourne brusquement à droite. Je réalise que je n’aurais pu ne parcourir que quelques centaines de m pour mon week-end vélo. Si la planche dépassant de 1m à l’horizontal était venu me donner un grand coup de raquette derrière la tête m’envoyant directement à l’hôpital...
Difficile de retrouver la piste cyclable en traversant le centre (j’aurais du passer par les quais). A
Bordeaux lac quelques personnes profitent de la petite plage de sable alors que d’autres rangent leur voilier. Ici on trouve les premiers pins caractéristiques du département de la
Gironde. Le Conseil Général me souhaite la bienvenue sur la piste cyclable
Bordeaux Lacanau. Bizarrement en revenant de
Lacanau elle s’appelle pareil (certainement pour économiser la conception de panneau
Lacanau Bordeaux). Dommage car les indications sont assez limitées. Encore plus curieux les rares panneaux directionnels sont bleu autoroute. Mais le revêtement est très agréable.
Je m’arrête un moment à une aire de pique-nique. Deux jeunes ont attaqué le pain saucisson mais le garçon a les mains pleines de cambouis. Une crevaison suivie d’un éclatement de chambre à air. Pas de chance en ce début de voyage qui leur fera gagner la
Bretagne en longeant l’Atlantique. Je leur avoue que je n’ai jamais crevé lors de mes quelques milliers de km en voyage (je trimbale donc un nécessaire et une chambre à air pour rien).
Une odeur de bois me plonge un peu plus dans l’ambiance alors que je longe une scierie. Mais des poussières viennent m’irriter l’œil malgré mes lunettes de soleil forme Ray Ban achetées dans les années 80 et presque revenues à la mode. Je les préfère pour l’importante surface de leur verre me protégeant du vent et parce que en plus d’être correctrices elles sont photosensibles et donc pas trop colorées dans les endroits ombragés (un petit clin d’œil à tous les myopes pour leur dire que la myopie retarde la presbytie et qu’à 50 ans je peux encore lire les petits caractères sans correction en autant ma monture).
Curieusement cette fois-ci, c’est mon genou gauche qui me fait souffrir (en fait c’est rassurant que la douleur n’apparaisse pas toujours du même côté).
La piste cyclable poursuivant vers le nord pour
Lacanau, je la quitte à Saumos pour gagner le Porge par la RD 5. Là je retrouve celle du
bassin d’Arcachon. A Ares le bassin resplendit sous le soleil. Ayant obtenu les clefs de mon gîte, je me baigne dans la lagune du village de vacances. Après avoir profité du service de plats cuisinés, je bénéficie d’un diaporama sur la forêt de pins maritimes et sur la dune chargée de la protéger du vent présenté par un passionné de la région.
Samedi 11/09 Arès 08h30 -19h30 141 km
J’ai mis mon téléphone a sonné à 7h pour profiter de la magnifique journée qui s’annonce. Je rêve depuis quelques années de pousser jusqu’à la pointe de Grave en profitant de la pistes cyclable qui longe le littoral :
www.tourisme-gironde.fr/...e-cyclable_cote.aspx
Mais étant scotché sur le bassin pour bénéficier des tarifs de mon CE je n’y suis jamais parvenu. Il me faudrait monter très au nord pour profiter de l’impressionnant estuaire dont la largeur nécessite 30mn de traversée par bac. Pour l’aller je décide de rester vers l’intérieur en passant à l’Est des
lacs de Lacanau et d’
Hourtin. Premier arrêt au marché de Lège où mon choix se porte sur une barquette de fraises de la
Dordogne. Elles résistent bien au voyage dans ma sacoche grâce aux vêtements tapissant le fond, au papier bulle sur lequel elles reposent et à la fraîcheur matinale en m’offrant à chaque pause leur arôme. Je quitte la piste à
Lacanau pour la RD 3 en attendant que la piste cyclable parallèle en projet soit réalisée. Parvenu à
Carcans le trafic augmente sur cette longue ligne droite. A 12h après 57 km je parviens à
Hourtin Port où je déjeune en terrasse de moule marinière frite. C’est d’ici que mon copain de primaire (rouennais comme moi) m’envoyait chaque été un carte postale.
Hourtin combine les joies des eaux tumultueuses de l’océan au calme du lac et de la forêt.
Avant de repartir, je me protège à nouveau le visage avec la crème solaire achetée la veille. Je n’avais pas osé emporter celle de mon domicile par crainte de faire fuir le soleil et le pharmacien d’Arès fut tout content de me vendre son dernier tube 15.90 € (tarif négocié suite à une erreur d’affichage sinon 16,60) et de me souhaiter bonne plage. Je lui répondis que ce sera plutôt vélo.
Je ne regrette pas aujourd’hui mon investissement car cette crème Roche-Posay peut également protéger les lèvres car elle n’a pas d’horrible goût (pour un stick il aurait fallu rajouter 10 à 15 €).
Sur mon dépliant il y a une piste cyclable entre
Hourtin village et le port et une piste cyclable qui mène à
Hourtin plage. Mais entre les 2 il y a un vide d’environ 3 km. Après la sympathique île aux enfants
www.hourtin-medoc.com/fr/enfants.html
et quelques bungalows répartis autour d’un chenal d’accès au lac, je suis contrains de progresser dans le sable jusqu’à un cours d’eau qui me coupe la route. Je tente de la contourner en suivant un chemin forestier qui garde la trace de la pluie des jours précédents. Puis retournant vers le lac où j’espère trouver la piste, à proximité de cabanes de pêcheurs je bute sur un autre ruisseau. Rappelons qu’ici il pleut plus qu’en
Bretagne et qu’avant il n’y avait que des marécages.
Avec ce nouveau détour et cette perte de temps je vois s’envoler la possibilité d’atteindre l’estuaire. Il aurait fallu faire de l’itinérant. C’est ce que j’envisageais si je n’avais pas obtenu de place à Arès. Mais il m’en aurait coûté jusqu’à 100 € par nuit en ce magnifique week-end.
Je finis par retrouver la piste qui va à
Hourtin plage. J’y parviens à 15h et mon compteur affiche 74 km.
J’attache mon vélo à un arbre et dissimule ma pompe et ma trousse de secours dans la sacoche. Mon porte-monnaie et mon téléphone sous mon short, tee-shirt sur le sable de la plage. Il y a de beaux rouleaux et de nombreux surfeurs. La tentation de me baigner est grande mais je ne sens pas vraiment à l’aise.
Est-ce l’éloignement de mon hébergement ? Mon liquide, chèques, CB et téléphone abandonnés à quelques dizaines de m ? Sont-ce les courants de baïne ? J’ai beau savoir qu’en cas d’entraînement par ceux-ci il ne faut pas résister et que les surfeurs les utilisent pour retourner au large. Que pour ne pas se faire piéger, il faut se baigner là où il y a des grosses vagues (qui poussent vers la plage (là où il n’y en a pas c’est que le courant mène au large). Je me contente de me mouiller jusqu’aux genoux profitant d’une agréable sensation de fraîcheur.
Je songe désormais au retour. J’évite de longer la côte puisque Bartabas33 a signalé que la piste du littoral est défoncée. Pas étonnant puisqu’elle a été aménagée sur l’ancien chemin de béton que les Allemands avaient construit pour surveiller la côte pendant la seconde guerre mondiale. Je choisis la piste forestière parallèle à seulement à 1 ou 2 km vers l’intérieur. A ma grande surprise, elle a été transformée en route et des véhicules l’empruntent.
Ici tous les moyens de polluer sont bons. Je suis d’abord doublé par 2 solex noirs et un bleu (jamais eu d’attirance pour ce véhicule à entraînement par galet). Puis par d’autres en petits groupes accompagnés par un cyclomoteur des années 60. Je croise 2 gros 4x4 à la recherche de sensation ou de gibier.
Des voitures passent à vive allure alors que je prends mon goûter sur le bord de cette large bande de bitume. Ce n’est qu’arrivé à
Carcans plage quand cette ancienne piste forestière coupe une route que je comprends qu’elle n’est pas fermée à la circulation. Elle n’a pas vocation à remplacer la piste cyclable du littoral mais est devenue le prolongement de la route qui vient de
Lacanau Océan. Heureusement je peux emprunter la piste de Maubuisson puis celle qui va au
lac de Lacanau. Enfin la piste cyclable serpente et présente un peu de relief. Un cycliste rencontré à une intersection m’invite à m’arrêter au sommet d’une dune pour me faire découvrir à l’est l’océan et à gauche l’étang de la réserve de Cousseau. Je le remercie en disant que je serais passé sans découvrir le point de vue. Il me confirme qu’au long de toutes ces pistes cyclables il n’y a jamais de point d’eau potable. La mienne bien que renouveler au restaurant est tiède.
En fait ce n’est qu’après plus de 100 km en arrivant au
lac de Lacanau quand la piste vient le lécher que je trouve des sanitaires sur une base de loisir où je peux renouveler l’eau de ma bouteille.
Je retrouve la piste qui va à
Bordeaux puis la quitte pour celle du bassin.
Bartabas33 si tu as trouvé la Voie Verte du
canal latéral à la Garonne monotone, les pistes d’ici toutes droites à travers les pins le sont bien davantage.
Malgré cette journée passée au soleil et au grand air et ces 141 km, il ne me tarde pas de gagner mon lit et je participe au tournoi de pétanque organisé par un bénéficiaire.
Dimanche 12/09 53 km
Le
bassin d’Arcachon est magnifique sous le soleil et je regrette de ne pas avoir pris d’appareil photo (toujours pour une question de poids cette fois-ci j’ai emmené ma calculatrice scientifique mais je l’ai laissée au boulot pour le week-end). Surtout en admirant un groupe de 7 cygnes qui glissent entre les bateaux des ostréiculteurs d’Arès. Leurs cabanes ont été repeintes récemment soit en bleu, rouge, vert ou jaune pour distinguer les différents producteurs.
Mais pour aujourd’hui la météo a prévu ciel couvert et vent. Je mets une petite heure pour atteindre le Grand Crohot (la plage la plus proche située à 15 km) alors qu’une grosse demi-heure suffira pour le retour vent dans le dos. L’agréable piste cyclable qui y mène est également fréquentée par des joggers et rollers en ce dimanche matin. C’est le regret de ne pas m’être baigné hier qui me pousse vers l’océan. Je monte facilement la dune grise tapissée de plantes rases grâce au plancher installé pour résister au passage de la foule. Il y fait chaud à l’abri du vent. Mais à la descente de la dune blanche couverte d’oyats chargés de retenir le sable, je comprends que je ne mettrai même pas un pied dans l’eau aujourd’hui.
L’après-midi je me dirige vers
Andernos (toujours par la piste cyclable bien sûr). Depuis quelques années, je sais qu’il s’y trouve un magasin de vélos couchés et regrette de ne pas en avoir profité. Même s’il est fermé le dimanche je veux savoir cette fois où il se situe. Je n’ai trouvé que cette adresse sur internet : AIRODIN Sports ZA 33150
Andernos. Sur le grand panneau qui affiche le plan avant le rond-point à l’entrée de la ville, il n’y a pas de Zone d’Activité ou de Zone Artisanale. Ce n’est pas assez porteur pour le tourisme. Mais en y regardant de près, je vois un secteur où les parcelles sont plus grandes et les noms de rues évocateurs (Eiffel, Gutenberg). Il faut faire quelques km en direction de
Bordeaux et une piste cyclable s’arrête aux terrains de sport juste avant la ZA. J’y vois de nombreuses enseignes et de petites entreprises, interroge les rares personnes qui s’y trouvent en ce jour. Mais ils ne connaissent pas AIRODIN. Dans un atelier auto un homme sait que ce magasin de cycle a été déplacé mais il ignore où. Même sur le plan de la ZA que je finis par découvrir (il se trouve à l’entrée en venant de
Bordeaux) il n’y a pas AIRODIN.
Après une heure de recherche j’interroge encore un bricoleur. Il me dit que c’est juste à côté. Je viens de passer devant un hangar anonyme dont une moitié constitue le magasin de cycles. J’y retourne et découvre un simple logo même pas stylé vélo. Ils doivent pratiquer la devise « pour vivre heureux, vivons cachés ».
Lundi 13/09 Arés Talence 62 km
Ma mission recommençant le mardi j’ai pris une journée de congé pour ne pas avoir à retourner à mon travail habituel. Alors que j’attends mon tour pour régler mon séjour à l’accueil (ouvert à 9h), j’appelle (dehors) AIRODIN avec mon portable. Il me dit qu’il est en ville (où se trouvait anciennement son magasin) et qu’il ne pourra me recevoir qu’à 10h30. Je lui dis que je suis de passage à vélo et que je tiens à voir ces modèles de tricycle couché. Bien que je sois un peu pressé, j’accepte d’attendre jusque là. Avant que je ne raccroche il ajoute : « mais vous ne savez pas où se trouve le magasin ». Je réponds que cela m’a pris 1h mais que j’ai fini par le trouvé. (plus tard il invoquera la discrétion pour éviter les vols de vélo, son berger allemand restant avec lui en ville).
Par chance se présente à l’accueil le couple propriétaire du Pino Hase :
www.cyclable.com/....php?products_id=610
que j’avais vu devant un gîte. A ma demande l’homme me vante les qualités de ce tandem sur lequel le passager avant est allongé et le conducteur arrière est assis. Il m’apprend que c’est également eux que j’ai vu passer dans le camp en tricycle couché avec un rayon de braquage étonnamment court (particularité du tricycle Hase conçu pour la ville). Il possède plusieurs types de cycles et me confie que chacun présente avantage et inconvénient. Il me dit qu’à
Angers aussi Cycle Zen :
www.cycleszen.com/VC.htm
ce fait discret pour ne pas être assailli de curieux. Il ne connait pas AIRODIN mais a entendu dire qu’il est spécial (c’est un néerlandais installé à
Andernos depuis 15 ans).
Avec tout cela après 10 km j’arrive presque en retard au rendez-vous devant le hangar. Mais tout de même avant la voiture du propriétaire accompagné de son chien. Il me propose d’essayer d’abord un vélo couché me précisant que la première fois il faut un petit ¼ d’heure pour se lancer. Bien qu’il me confie un modèle sur lequel on est allongé très près du sol et que le risque de chute et donc limité, je ne me sens pas à l’aise pour m’élancer et mettre les pieds en l’air sur les pédales. Il m’invite à mettre à profit la légère déclivité entre son terrain et la route pour démarrer mais les rares fois où je parviens à partir je ne réussis pas à garder l’équilibre. Le plus déconcertant c’est ce guidon articulé que l’on vient placer vers la poitrine et qui ne permet pas vraiment de prendre appui. Ne voulant pas abuser de son temps, je lui rends l’engin après dix vaines minutes.
J’essaie ensuite un tricycle couché hollandais sur lequel je suis tout de suite à l’aise et part en vive accélération accompagné du berger allemand à la même hauteur. Je suis surpris de bloquer la roue arrière au freinage. Le SCORPION que j’avais essayé à
Toulouse (voir 02/10) n’étant équipé que de 2 disques à l’avant. Comme le modèle australien que j’essaie ensuite qui me le rappelle beaucoup en moins sophistiqué.
Je le remercie pour ses essais. Il me confirme que je pourrais retrouver ces modèles sur son site. Mais ce n’est pas si évident :
www.airodinsports.com/index1.php
Ayant déjà progressé dans la direction de
Bordeaux, je n’ai pas envie de refaire la longue boucle de la piste cyclable. Je continue sur la RD 215 qui vient se jeter dans la RD 106 voie rapide que je décide d’emprunter sur la bande d’arrêt d’urgence. Pour la première fois j’essaie le gilet fluo comme unique tee-shirt. Il se révèle idéal de ce beau temps comme coupe vent et pare-soleil juste assez ventilé. Je découvre que je me sens plus en sécurité ici que sur une route ordinaire. Contrairement au 11/06/08 (voir page 1) où des conditions météo défavorables rajoutaient à mes craintes alors que j’empruntais cette D 106 en sens inverse m’avaient fait la déconseiller. Aujourd’hui j’apprécie ce chemin le plus court entre le bassin et
Bordeaux. Surtout que lorsque la 2x2 voie s’arrête, il apparaît par endroit une piste cyclable qui me mène à St Jean d’Illac où je déjeune à la boulangerie de pâte à pain tomate fromage tout juste sortie du four accompagnée d’une salade.
Plutôt que de demander à mon GPS de m’amener directement à Talence je le fait me guider au musée du négoce du vin 41 rue Borie inauguré par Juppé en Octobre 2009 :
www.mvnb.fr/multimedia.php
Je demande à stationner mon vélo et ses bagages sous le porche entre les larges portes de la rue et de l’accès à l’ancien chai. Pour 7 euros (-1 avec le bon de réduction du présentoir de l’hôtel) la visite permet de mieux comprendre la différence entre propriétaire récoltant et négociant uniquement éleveur de vin en barrique puis en bouteilles. Le négociant réalisant parfois des assemblages de diverses provenances mais toujours de l’appellation
Bordeaux et du même millésime. Longtemps les vins d’autres terroirs se voyer refuser l’accès à la ville. Au XIX éme siècle, Louis Gasparo d’Estournel propriétaire du château Cas d’ Estournel a initié une nouvelle mode : « le vin retour d’Indes » Certain château font voyager leur vin pour les vieillir plus rapidement grâce à l’effet de la chaleur et du roulis.
Les voyages forment la jeunesse et bonifient le vin. J’espère qu’ils n’aigrissent pas les adultes car je ne voudrais pas tourner au vinaigre quand je serai le retraité roulant.
Ma visite se termine par la dégustation d’un blanc puis d’un rouge. Que je ne trouve pas terrible heureusement j’ai des biscuits pour les accompagner.
Je découvre que l’appellation entre 2 mers concerne les vignes situées entre la Garonne et la
Dordogne. Petit normand en vacances bercé par l’auto de mes parents j’avais toujours cru que ce qualificatif caractérisait ce qui relie l’Atlantique à la Méditerranée comme l’autoroute des 2 mers.
Je dépose mes bagages à l’appart hôtel et me dirige vers le CASINO pour acheter de quoi préparer 4 petit-déjeuner et dîners. Bien sagement à droite sur le boulevard sachant que la piste cyclable sur le trottoir débutera dans quelques centaines de m, j’attends derrière la file de voitures immobilisées par le feu rouge. Le jeune cycliste arrêté à ma hauteur sur ma gauche ne semble pas s'y résoudre. Il décide de monter sur le terreplein central du tram pour doubler. Je lui cris : « ATTENTION ! » mais il ne semble pas m’entendre ni la cloche du tramway que le conducteur fait tinter désespérément. Sa tête percute le pare-brise complètement éclaté, son vélo passe sous le tramway qui s’immobilise rapidement. Heureusement il se relève et des gens l’invitent à s’allonger sur le trottoir ou très rapidement quelqu’un à disposer un matelas synthétique. Il saigne un peu à la tête et souffre du genou mais s’inquiète de son vélo ce qui est plutôt rassurant. Le chauffeur est sorti en bloquant tous les passagers dans la rame puis il se ravise et les libèrent. Je tente de le rassurer en disant que je suis témoin car il est secoué par l’évènement. Je lui donne mes coordonnées ainsi qu’à la police rapidement sur place. En quelques minutes le cours de la libération est rempli de piétons car le trafic des tramways est interrompu dans les 2 sens.
Ce n’est peut-être pas hasard si je n’effectue que 32 km sur
Bordeaux pour le reste de la semaine. Mais le soir en quittant l’ordinateur, je profite de la chaleur girondine pour aller à la piscine du parc de
Thouars où le bassin extérieur vit ses derniers jours d’ouverture.
Alors qu’en Mai 2009 j’avais écrit que j’étais comme un coq en pâte, je découvre les inconvénients du TENEO SUITE particulièrement pour les chambres exposées plein sud. Je me demande comment on peut accorder un permis de construire sans imposer des volets qui protègent du froid, du chaud, du jour et du bruit. Etant donné la chaleur dans les pièces, le frigo peine à maintenir les aliments froids et chauffe donc élevant davantage la température d’autant que le freezer complètement pris par le givre échange difficilement ses frigories (en 2 semaines j’aurais dégivré 3 frigos : 2 à l’hôtel et un au CE). Par ailleurs le chauffe-eau réglé au plus haut et n’étant pas isolé participe à cet effet sauna (il suffit de fermer la porte de la pièce où il se trouve pour le mettre en évidence). Je ne sais pas si on peut faire une plus mauvaise gestion de l’énergie ? Ah si, il suffirait de rajouter la clim !
Je rappelle que l’intérêt de cet hôtel bien situé est de disposer d’un coin cuisine mais ce qui manque c’est surtout de la maintenance. Les appartements ayant des propriétaires différents, c’est TENEO qui en assure la gestion. La première semaine dans ma chambre située au 4ème, je n’avais pas de papier WC en arrivant. J’ai utilisé ma trousse à outils vélo pour resserrer le canon et la poignée de porte, le manche de la casserole. La deuxième semaine dans l’appartement situé au 3ème, le câble ne correspondait pas au combiné téléphonique. L’hôtesse m’en a fourni un autre ainsi qu’une grande casserole que je n’avais pas pour faire cuire mes pâtes et une ampoule pour remplacer celle grillée dans la salle de bain. En résumé méfiez vous de l’enthousiasme de mes premières impressions ou de mes critiques (par exemple de la D106) qui peuvent se retourner avec une deuxième expérience. L'année dernière j'avais trouvé l'hôtesse (d'origine antillaise) désagréable avec les hommes, cette fois je la trouve sympathique...
Vendredi 17/09 Talence Fourques sur Garonne 93 km
Mission accomplie, pour rentrée à la maison l’objectif est de rejoindre la Voie Verte du
Canal latéral à la Garonne. Mon GPS indique 52 km pour Castets en Dorthe où elle débute. J’en ferai 58 pour éviter une partie de la D1113 et profiter des rives de la Garonne à Cadaujac. Cela me permet de croiser 2 ragondins qui cheminant dans l’
herbe ne s’enfuient qu’au dernier moment. La particularité des femelles de ce mammifère aquatique est d’avoir les mamelles sur les flancs pour permettre aux petits de téter dans l’eau. Puis 2 truies noires et leurs portées échappées de la ferme exotique qui « renferme » 1000 animaux.
Là où le canal se jette dans le fleuve commence la piste cyclable mais ce sont mes derniers km dans le département de la
Gironde. Cela se sent car il n’y a aucun enthousiasme à annoncer cet itinéraire qui pourrait pourtant mener jusqu’à la Méditerranée. Seuls les prochains villages sont annoncés par de petites pancartes. Il faut pénétrer dans le
Lot et Garonne pour trouver de magnifiques panneaux évocateurs du superbe itinéraire de la Voie Verte entre 2 Mers.
Je viens même d’apprendre que la
Gironde renonçait à réaliser la piste cyclable qui devait relier la piste Lapébie à celle du canal mettant fin au projet d’une voie verte continue entre
Bordeaux et
Toulouse. Inutile alors de continuer à rêver de rallier
Bordeaux à
Sète sans croiser une voiture. La
Gironde se contentera de baliser une véloroute entre Sauveterre de Guyenne et le canal.
Y aura-t-il un jour quelqu’un au niveau national qui mesurera l’intérêt d’une telle réalisation au niveau du tourisme international ?
En tous cas sans cette Voie Verte je ne serais jamais parti en déplacement professionnel à vélo.
Bien que ce soit la 3ème fois que je vais dormir à la chambre d’hôtes de Fiona, j’hésite toujours sur le choix du pont pour traverser le canal et je vais trop loin jusqu’à celui qui mène au cimetière de Fourques sur Garonne. Demi-tour et quelques km inutiles pour retourner au centre.
L’accueil est toujours très agréable mais à chaque fois le tarif augmente de 5 euros. Cette fois si j’ai le plaisir de faire connaissance de sa maman venue d’
Ecosse pour profiter du soleil du Sud-ouest pendant 1 mois. Sur le livre d’or je retrouve le passage des 2 jeunes québécois que j’avais invité à manger et dormir à Valence d’Agen avant de les accompagner le lendemain sur une partie de leur
Toulouse-
Bordeaux en leur conseillant :
www.fionas-bb.com/fr/
Samedi 18/09 Fourques Valence d’Agen 85 km
J’échapperai à la pluie pour ce retour à la maison sur cet itinéraire familier.
Satisfait par ce voyage associant travail et loisir qui a comblé mon désir de randonnée, je peux délaisser quelques peu le vélo pour attaquer la taille des haies du jardin...