West USA 2014 – Là où vous n'aviez pas pensé aller – 12
Lundi 22 – Réserves paiutes et hippies
Si je vous parle d'un lac d'environ 500km2 pas loin de
Reno, vous pensez à quoi ? Tahoe, sans doute, mais il y en a un autre tout aussi grand et tout aussi proche : le
Pyramid Lake. Ce grand lac est tout l'inverse de Tahoe (notez qu'ils communiquent par la
Turkey River). Comme beaucoup du lacs du
Nevada, il n'a pas d'écoulement vers la mer, l'eau s'évapore ou s'infiltre.
Entouré de la réserve des indiens paiutes qui porte son nom, il est entouré d'une zone peu habitée (1800h) et très peu construite. Il est pourtant fréquenté par les pêcheurs pour ses énormes truites saumonées. Il faut une autorisation tribale pour camper, pêcher et même visiter.
Il faut une autorisation pour sortir de la route
Nous nous rendons donc d'abord à Nixon, le principal village paiute sur la route 447. Notre première visite est pour le visitor center tout neuf qui expose son architecture curieuse à l'entrée de la ville. "Enfer et damnation" (pour rester dans l'ambiance de Subway Cave) le visitor center est fermé le lundi et nous sommes... lundi.
La statue devant l'entrée close du visitor center
Après un tour dans les rues sans trouver le magasin où acheter le permis tribal, nous partons sur la route qui longe le lac. De nombreux arrêts sont aménagés avec des tables sous abris, parfois sans accès direct à la rive.
La petite anse au début est peuplée de différentes espèces d'oiseaux aquatiques dont beaucoup de pélicans. Sur un rocher, l'oiseau qui se tient sur une patte ressemble à un marabout, pourtant il n'y en a pas en Amérique.
Si ce n'est pas un marabout, c'est quoi ?
Le lac a des eaux bleues et claires
La seule route longe la rive ouest jusqu'au hameau de Sutcliffe, point de mise à l'eau des bateaux pour la pêche et le ski nautique. De là on est en face de "The Pyramid Stone Mother" lieu sacré pour les indiens paiutes. Le lieu juste au bord du lac est accessible par une piste sur la rive est et était visitable par le passé. Les dégradations sur ce lieu sacré ont conduit les indiens à en fermer l'accès.
"The pyramid" est visible de l'autre rive, à 3 miles. La légère brume sur le lac ne facilitait pas la prise de vue,
mais en retravaillant les contrastes, on l’aperçoit au milieu
La grande île à droite se nomme Anaho. C'est un refuge national pour une large population de pélicans. La pyramide et l'île sont des monticules de tuf. Il y en a d'autres hors de l'eau sur la rive ouest. Cela fait penser au
Mono Lake, mais ici il s'agit d'un ancienne mer et l'eau est nettement salée.
Autre monticule de tuf
Au delà de Sutcliffe, la route devient un chemin de terre jusqu'au point d'accès à la rive nommé Monument Rock puis s'éloigne peu à peu du lac. Sans autorisation tribale, nous décidons de ne pas aller plu loin.
Pyramid Lake vu du dernier arrêt
Un habitant sur la table
Pique-nique sur une table de la rive et nous reprenons la route 447 vers le nord.
A travers 95 km de désert, 95 km de ligne droite, 95 km de route sans voir plus de 3-4 voitures, pas plus de 3-4 maisons abandonnées et ranchs fantômes. Sur une grande partie, la route est neuve, avec un bitume bien noir sur lequel contraste les marquages blanc et jaune juste refaits.
On the (black) road again...
Et on passe Empire, future ville fantôme. Ville minière qui a connu jusqu'à 750 habitants il y a 50 ans, elle meurt lentement depuis l'arrêt de l'exploitation du gypse en 2011.
Il est des Ghost Towns qui ne ressemblent pas à Bodie
Et on arrive à
Gerlach, une centaine de maisons, une gare, une pompe à essence (je vous dit pas le tarif) un saloon et une pizzeria (?). Certainement qu'avec la disparition de l'activité minière voisine, Gerlach sera appelé à suivre la débâcle, sauf que...
Le saloon des mineurs
La pizzeria ?
A la sortie de Gerlash, la route 34 s'embranche sur la droite et passe devant un visitor center tout neuf. Il remplace l'agence du BLM qui se tenait autrefois dans une caravane. A droite s'étend le
Black Rock Desert, au pied des montagnes du même nom. Là se trouve l'étendue plane et uniforme nommée la
Black Rock Playa, sur 400 miles carrés. Cela ressemble un peu à la
vallée de la mort à Bad Water Basin ou à Racetrack Playa. Mais la grande différence, c'est qu'ici, on peut rentrer dessus en voiture et s'en donner à cœur joie au milieu de nulle part.
L'entrée dans la zone protégée
Il y a plusieurs point d'accès à la Playa, numérotés en fonction de la distance depuis le début.
Entrée 12
On peut aller n'importe où, il y a des traces dans tous les sens.
Au loin, un camion suivi d'une nuage de poussière.
Nous suivons ce qui ressemble à une piste, avec de nombreux embranchements pendant une dizaine de miles avant d'arriver à ce que les traces se dispersent dans tous les sens. En roulant, sans faire de folie, nous avons aussi soulevé de la poussière, la voiture en est couverte et la lunette arrière est complètement opaque.
C'est ici qu'ont été établis plusieurs records de vitesse à plus de 1000 km/h et qu'
une voiture a passé le mur du son avec une pointe à 1227 km/h sur 1 mile. Donc faut faire quand même attention aux priorités à droite.
Et puis nous avons croisé un gros camion chargé de centaines de toilettes mobiles. Que diantre fait il en plein désert !
Livraison de toilette de location ?
Nous sommes le 22 septembre, fin août se déroulait ici un événement qui a regroupé pendant une semaine plus de 70 000 personnes, le
Burning Man. Je n'en dirai pas plus sur ce festival déjanté, né à
San Francisco, qui chaque année attire de plus en plus de monde dans ce désert. Il y a un bureau permanent à Gerlash. Juste pour ceux qui voudrait y assister, le billet d'accès cette année était à 380$. Et puis, quand on cherche sur Goggle map, on trouve l'emplacement de la ville éphémère qui a complètement disparu 1 mois après.
Burning Man city