West USA 2014 – Là où vous n'aviez pas pensé aller – 16c
Vendredi 26 – Bishop Paiute Pow Wow – Dance Contest
NB la majorité des photos sont extraites de vidéo et donc de qualité médiocre
En milieu d'après-midi, nous nous dirigeons vers les terrains annexes du casino paiute. Un grand pré contient les aménagements permanents (les poteaux des ramadas qui entourent l'arèna), un au camping des compétiteurs et un autre sert au parking. Un parking revêtu est réservé aux personnes âges et handicapés. Il y a aussi un barnum, éloigné du reste, où se déroule la compétition de Hand Games. Qu'est-que c'est que ce jeu de mains, me demanderez vous ? J'avais déjà vu une telle compétition au pow wow Yakama en 2010, sans rien comprendre à ce jeu.
Le Hand Game des juniors
Cet après-midi, ce sont des enfants qui concourent, 2 équipes de 4. C'est assez différent, mais le principe est le même. Une équipe doit deviner dans quelle main un adversaire a réparti ses osselets, un blanc et un barré. L'équipe du "cacheur" distrait le chercheur en chantant et en rythmant avec des baguettes. Je passe sur les détails qui prendraient toute la page. Nous sommes arrivés vers la fin, assez pour voir et filmer. Et nous assistons à la remise des récompenses aux enfants, 25$ chacun en espèce et des jeux. L'équipe gagnante du concours principal, le samedi, recevra 6000$ ! C'est le casino qui sponsorise les jeux.
Nous nous dirigeons ensuite vers l’aréna. La piste fait 40m de diamètre. Elle est entourée de ramadas disposées en cercle et couvertes pour l'occasion de ces tiges de plantes qu'on trouve dans la région. Sous les ramadas, les familles des compétiteurs ont dépliés leurs sièges et installé des abris en périphérie. En 2 endroits sont montés des gradins, seules places assises pour les spectateurs, à priori accessibles aux spectateurs non indiens.
Les gradins entre les ramadas
Il est bientôt 18h quand nous nous installons dans les gratins. Il n'y a pas grand monde pour le moment, mais en face de nous, dans la cabane en bois, le comité organisateur prend les inscriptions. Bientôt les chanteurs et leur tambours s'installent sous les ramadas de part et d'autre de la cabane.
Les inscriptions et l'arrivée des drums.
Alors que les marchands s'installent en périphérie, l'alimentaire d'un coté, les bijoux, vêtements, décors, jouets... de l'autre, une cérémonie discrète capte notre attention. Au centre de l’aréna, un vieux chef indien fait quelques pas vers chaque point cardinal et fait un geste symbolique, sorte d'incantation – on se dit qu'en quelque sorte, il est en train de bénir l'aire de danse.
La bénédiction du terrain
Les gradins autour de nous sont maintenant occupés. Derrière, en haut, un mère coiffe sa fille et lui fait des tresses. A coté, un jeune ouvre sa valise et sort précautionneusement les éléments de sa regalia de Fancy Danse. On ne parle pas de costume, pour les danseurs, ce serait injurieux, mais de regalia. Chaque tenue est unique, en rapport avec la danse pour laquelle il concours. Elle est généralement composée et assemblée par son possesseur (ou sa famille). Incluant des perles, des peaux, des plumes, chaque élément est un trésor artisanal.
Détail avec des perles
Devant nous, une jeune mère finit la coiffure de ses 2 filles en enroulant des bandelettes autour des tresses. Je demande si on peut photographier. A ce sujet, on pense qu'il faut toujours demander l'autorisation pour photographier des indiens. Je serai plus nuancé en disant oui pour toute photo de portrait ou de personne isolée et proche, mais non pour les groupes plus éloignés et les danseurs en activité. Ils sont les premiers, parents, spectateurs, les jeunes surtout, à se photographier et filmer à tout va, peut-être pas encore comme des touristes japonnais.
Le fignolage de la coiffure
Cette question à la jeune dame avait été un premier contact positif, et par la suite je n'ai pas hésiter à poser des questions et à engager la conversation avec elle et les grand parents venus s'installer à coté de nous. Cette famille d'indiens paiutes vivait à
Reno, le grand père originaire de Pyramid Lake.
Je n'ai pas précisé que ce genre de compétions, suivant l'importance, attire des compétiteurs parfois venus de loin, et d'autres tribus.
La Grande Entrée était prévue à 19h, mais à cette heure là, c'est tout à fait autre chose qui commence. Un groupe de 8 jeunes femmes portant des tenues sans rapport avec le pow wow, mais proche de certaines vues le matin, se sont alignées devant la cabine officielle. Un chanteur s’accompagnant d'un tambourin entonne un chant traditionnel et elle se mettent à danser en ligne.
Danse traditionnelle locale ?
Sur un deuxième chant, elles se répartissent tout autour de l'arena. Avant le 3ème, chacune va chercher quelqu'un dans le public. L'une se dirige vers... vers moi ? Ah ben non, pas moi, je ne vais pas danser quand même. Notre voisine de
Reno insiste, si si, il faut y aller. Finalement, c'est ma femme qui va y aller, toute heureuse d'aller danser en cercle avec les indiennes. Pour la quatrième danse, tous ceux qui le veulent peuvent je joindre au groupe.
Moment inoubliable – chercher l’intruse
Ce soir là, nous étions peut-être les seuls non indiens du public.
La
Grande Entrée débute, il est presque 20h. Tout le monde se lève pour l'occasion (on est pas près de se rasseoir). En tête, le vieux chef porte le staff, le bâton orné. Il est suivit des porte-drapeaux – le bleu est le drapeau paiute. Vont suivre les reines du matin et tous les danseurs. Ils font le tour de l'aréna. Et ça n'en finit pas, par groupe d'âge ou de famille ou encore de danse, ils occupent toute la circonférence sur deux épaisseurs. Le speaker, officiellement appelé maître de cérémonie, annonce qu'ils sont 540 (un petit pow wow qu'avaient dit les rangers). Il y a aussi 8 groupes de chanteurs et demain ils seront dix.
Extraite de la vidéo, quelques photos de la grande entrée
Notre voisine, la grand-mère, a reconnu des copines et s'est mis un foulard sur les épaules pour aller les rejoindre dans le défilé. La grande entrée se termine par un chant particulier. On ne se rassoit pas pour autant, car maintenant c'est suivi de la prière. En fait c'est un véritable sermon du pasteur local, sermon interminable comme on en entend dans les temples de certaines congrégations américaines.
Et les compétitions commencent, au son des chants rythmés par les tambours. Les premiers à danser sont les seniors, golden age, plus de 55 ans. Les hommes d'abord, les types de danses sont mélangés, Traditionnal, Grass Dance, Fancy Dance. Il y a même un danseur de Chicken Dance, danse bien particulière qui imite le poulet qui picore. Ensuite les seniors femmes, tous types de danses, Traditionnal, Jingle Dress et Fancy Shawl. Et durant les danses des anciens, on doit rester debout.
On va pouvoir s’asseoir pendant les danses des plus jeunes gars et filles (à partir de 1 ans, on commence très tôt dans la compétition) et des juniors (7 - 12 ans).
A partir des teens (13 17 ans), les groupes sont plus importants et les danses sont distinctes.
On a oublié d'aller manger. Quand je vais chercher un pain indien, il y a beaucoup de queue devant les baraques à taco et plus de pain.
Vers 23h nous partons avant que débutent les compétions des adultes. Celles des juniors étaient vraiment très bien.
Je parlerai des différentes danses avec des photos ou mieux, des vidéos si je trouve la solution pour les inclure, avec la journée du samedi.