
Oublieuse Yeghegnadzor/Yerevan, Arménie

31 octobre 2007 à 16:53
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Intéressant comme réflexion. En fait je crois que c'est une lutte permanente, lorsqu'on est chez soi, pas en vacances, qu'on a un boulot, des horaires, de la fatigue qui s'accumule... une lutte permanente disais-je pour ne pas envoyer bouler les autres, ou s'attarder cinq minutes, ou s'intéresser à l'autre différent, et pas seulement à nos ami-e-s qui nous ressemblent. Pour ma part, j'ai fait le choix, en voyage ou à la maison, de rester ouverte, d'aller à la rencontre des gens qui sont autour de moi même si au premier abord ils ne sont pas du même milieu que moi. Essayer de garder le sourire même quand je suis fatiguée. C'est difficile, mais quand on y arrive on est fière de soi, et en plus on récolte les fruits de cette ouverture. Cela fait un mois que j'habite dans mon appartement, et j'ai rencontré 5 personnes de mon immeuble ou de celui qui donne dans ma cour, je suis tous les soirs ou presque au kebab d'en bas de chez moi où j'ai fait la connaissance de plein de gens, dont des "cailleras", avec qui je n'aurais jamais discuté autrement. Dans l'immeuble d'avant où j'ai vécu 2 mois, j'avais fait la connaissance de pas mal de mes voisin-e-s (7-8). Je dis bien "connaissance", ça ne devient pas forcément des ami-e-s. Mais au moins on se parle. Donc oui c'est possible, même au retour, de donner des choses aux gens (moi j'aime cuisiner donc je fais des gâteaux, très pratique pour lier connaissance), mais il faut en avoir envie, il faut décider de le faire, et il faut être conscient de sa mauvaise humeur liée à la fatigue, pour ne pas se laisser bouffer par ça. Il faut aussi relativiser l'importance du travail pour ne pas se laisser stresser par la hiérarchie, etc... etc... c'est un boulot à plein temps. Et si beaucoup de gens n'y arrivent pas, c'est tout simplement parce qu'à la maison ils ont trop de soucis, de crédit, les enfants à s'occuper, les emplois du temps trop chargés, l'auto-pression qu'on se met au boulot... en regardant autour de moi, je constate que les gens, en plus de la pression du patron, se mettent leur propre pression, par perfectionnisme, ou pour se faire bien voir, enfin bref, ça bouffe forcément des ressources, dont celles qui servent à prendre le temps de discuter avec son prochain, ou de lui filer un coup de main. Ensuite je crois que beaucoup de personnes ont peur du vide, des moments où on ne fait rien, où on a l'impression de ne rien faire. Il faut combler, toujours combler. Pour ma part, j'ai le sentiment que c'est dans ces moments de "rien" qu'il est susceptible de se passer le plus de choses au niveau social. Bon, je ne sais pas si j'ai dérivé du sujet initial et si ce que je dis est très clair. Je ne suis pas très douée pour faire comprendre ma pensée sur ce genre de sujet. Sur ce, bonsoir.
"Plus on a de culture, moins on mange de confiture" Carnets de route -- SVE en Arménie (carnet)
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