Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser Celineakavps · 21 octobre 2013 à 5:59 · 4 photos 293 messages · 69 participants · 51 411 affichages | | | | 21 octobre 2013 à 5:59 Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser Message 1 de 293 · Page 1 de 15 · 22 887 affichages · Partager Depuis décembre 2006, j'ai passé plus d'une année en Inde. Mon dernier séjour (avant celui-ci) remonte à décembre 2010. Que de changements depuis ! Je ne me retrouve plus dans ce pays où les nouveaux riches dédaignent les plus pauvres et où les routards, bien propres sur eux, ont supplanté les hippies des seventies. Je viens de publier sur mon blog un long texte où je développe ces réflexions. J'aimerais le partager, ici, avec vous :
Mutation des rapports humains dans une Inde en plein essor économique ou comment le pire cauchemar des hippies est en train se réaliser.
D’ici 2020, la production économique combinée de trois grands pays en développement (le Brésil, la Chine et l’Inde) dépassera à elle seule la production cumulée du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Royaume-Uni et des États-Unis." Rapport 2013 du Programme des Nations Unies pour le Développement.
Fin 2013, l' Inde est bien différente de celle que j'ai connu fin 2006. Au total, au gré de mes voyages, j'ai passé plus d'une année dans ce pays où les fêtes religieuses dédiées à Brahma, Vishnu, Shiva ou encore Ganesh rythment la vie de 1,2 milliard d'êtres humains. Fin 2013, les écarts se sont encore creusés : les riches sont plus riches tandis que les pauvres sont plus pauvres. Ca paraît très con écrit comme cela mais pourtant cela change la face du pays... et ma relation avec l' Inde.
La roupie s'est effondrée depuis mon dernier séjour : dorénavant, un euro se change à plus de 80 roupies contre 50 en 2011. Mes amis gagnent toujours entre 1500 et 3000 roupies mensuels (pour 12h de travail par jour et ce, 7 jours sur 7). Je vous laisse faire le calcul... Dans les hôtels où je pose mon sac, la majorité des touristes sont des indiens. Tous les professionnels du secteur que je rencontre me font remarquer que la crise européenne ne semble plus permettre à nos concitoyens de s'envoler vers le pays des rajas à défaut comme nos aînés de tracer leur route à travers l'Afghanistan et le Pakistan, et que les mots « vacances » et « tourisme » sont désormais ancrés dans le vocabulaire d'une nouvelle élite indienne qui avant 2020, représentera plus de monde que dans n'importe quel pays européen. Tous s'accordent pour me dire leur surprise : les touristes indiens (plus exigeants – lire leurs commentaires sur Trip Advisor) paient mieux que les occidentaux ! Depuis deux mois que je suis en Inde, je me sens plutôt désargentée avec mon budget de 20 euros par jour, à côté de ces touristes, de tous âges, originaires de Bangalore, Calcutta, Delhi, Pune ou Mumbai, qui raffolent des marques européennes, japonaises et nord-américaines : Apple, Nikon, Canon, Nike, Lacoste, Tommy Hilfiger, Calvin Klein, Armani, Pepe Jeans etc et qui se gargarisent de participer à des Big Fat Indian Weddings.
Impossible d'ignorer ces nombreux indiens, de plus en plus visibles, qui nous imaginent tous nymphomanes et libertins, qui jalousent notre liberté de mouvement, nos origines européennes et ne peuvent s'empêcher de vérifier qu'ils ont bien (au moins) le même pouvoir d'achat que nous. Sans cesse, ils nous demandent la valeur de nos possessions. Et ton jean ? Il coûte combien ton jean ? Et ton appareil photo ? Il coûte combien ton appareil photo ? Certains se décrivent plus éduqués que leurs compatriotes « qui ressemblent à des singes » et nous citent les philosophes des Lumières. Sur les rooftops des hôtels, des clans se forment. D'un côté, les occidentaux lisent leur fil d'actualité Facebook sur leur smartphone et de l'autre, les indiens... lisent leur fil d'actualité Facebook sur leur smartphone. Les occidentaux semblent nostalgiques de ce temps de l'entre-soi mais se sentent encore valorisés par le traitement privilégié qu'ils reçoivent : ici, la police touristique donne systématiquement raison aux occidentaux, et ce même s'ils sont de mauvaise foi : plus d'un indien a fini en garde à vue à se faire tabasser parce qu'il aurait importuner des « voyageurs ». Quant aux touristes indiens, certains se sentent incommodés par la proximité physique avec nos jeunes femmes dénudées qui fument et boivent de l'alcool devant leur épouse tandis que d'autres, nous apostrophent pour nous photographier : avoir un ami occidental leur confère une stature internationale.
En ce moment même, je vous écris de la terrasse de mon hôtel où des couples français sympathisent et se relatent leurs déboires avec les conducteurs de rickshaws, le personnel des hôtels et tous ces indiens qui les assimilent à des portefeuilles sur pattes. Ils échangent leurs bonnes adresses puisées dans le Guide du Routard et le Lonely Planet. Ils se demandent quel médicament contre le paludisme ils avalent. Ils détaillent les avantages de leur veste en gore-tex et de leur pantalon Quechua. Ils comparent l'authenticité des locaux dans chaque pays traversé (comprendre ceux qui ne sont pas encore pollués par le monde moderne comme si en 2013, même dans les villages reculés la télévision par câble n'était pas entrée dans les foyers des plus pauvres). Ils énumèrent ce qu'ils ont fait/ce qu'ils font : la Chine en un mois pour certains, le tour du monde en un an pour les autres. Ils comptent les jours de pluie qu'ils ont eu sans évoquer le cyclone qui a déplacé un demi million d'indiens et détruit des milliers d'habitations, la semaine dernière. Ils reviennent de Rishikeshoù ils ont pratiqué le yoga « pour ouvrir leurs chakras » et ont appris la méditation transcendantale dans un ashram tenu par un gourou qui leur a ouvert les yeux sur leur nature profonde et leur rôle dans l'Univers. Ils disent qu'ils ont démissionné de leur job « pour découvrir le monde » tout en se gaussant, dans la langue de Molière, du style vestimentaire du serveur qui leur apporte, avec un timide sourire d'adolescent mal dégrossi, leur brochette de poulet tandoori.
Entre ces nouveaux riches indiens pour qui la classe sociale tend à abolir les castes mais qui dédaignent les plus pauvres et ces touristes occidentaux en pleine quête existentielle qui se posent en lutte contre une uniformisation du monde mais qui ne prennent pas le temps de dialoguer avec des locaux préférant cumuler les lieux visités en photographiant au zoom le moindre sadhu comme témoignage de leur exotique passage dans cet « Incredible India », gimmick martelé par le Ministère du tourisme indien dans des spots publicitaires qui tournent en boucle sur CNN, je ne me retrouve plus.
Je pourrais fuir ces lieux nommés dans les guides touristiques et aller à la rencontre des fermiers du Bihar ou de l'Andrah Pradesh mais l'envie a disparu. Je me réjouis de l'explosion de cette classe moyenne-supérieure indienne tout en me lamentant de son ridicule mimétisme : les filles s'arrachent les crèmes qui blanchissent la peau tandis que les garçons se prennent pour des rappeurs américains ou des lords anglais. Bien sûr, une classe d'intellectuels et d'artistes tentent de braver ce tsunami. Bien sûr, il reste de l'indianité en ces nouveaux riches mais pour combien d'années encore ? En 2009, Pavan K. Varma a publié « un virulent réquisitoire contre cette classe moyenne qu'il exhorte à un réveil civique, dans la haute tradition des pères fondateurs de l'Inde dont il se refuse à voir l'héritage renié » (extrait de la quatrième de couv' de La classe moyenne en Inde, une nouvelle caste).C'est tellement ça... . Une telle frénésie consumériste... Des nouveaux riches indiens qui font preuve d'un tel désintérêt à l'égard de la chose publique et du bien commun...
Voyager seule pendant dix années m'a fait connaître des personnes et des situations qui m'ont ouvert l'esprit au delà de ce que ma culture française me permettait. Cette décennie a affirmé ma confiance en moi, m'a permis de définir mes priorités dans la vie et m'a appris à jouir du présent. Seulement, dorénavant, je ne suis plus assoiffée par cette curiosité qui m'a fait traverser la Syrie, l'Afrique, l' Inde, l' Asie du Sud-Est et le Venezuela de Hugo Chavez. L'exotisme ne me fait plus rêver : derrière chaque carte postale, se cache de la laideur. Cette laideur, je ne désire plus la côtoyer. La misère- qui-n'est-pas-moins-pénible-au-soleil me désole de plus en plus : je peine à m'émerveiller du sourire ravi d'un enfant en haillons, la morve au nez et les cheveux pouilleux. Dans un même temps, que les indiens et les asiatiques s'enrichissent mais je ne veux plus être le témoin direct de ce passage de l'ère du kitsch à celle du bling bling (selon mes codes socio-culturels, soit...). Que les routards continuent de fantasmer un monde qui n'existe plus que dans les récits des écrivains-voyageurs des XIX° et XX° siècles mais qu'ils ne me vantent plus leurs soi-disantes extrêmes expériences aux confins du trou du cul du monde. Chacun vit son expérience en voyage. Chacun ressent de fortes émotions. Chacun gère comme il peut le flot de mendiants. Chacun met son corps à l'épreuve dans des pays tropicaux. Chacun croit être un voyageur plus responsable que ses congénères... mais qu'on soit bien clair, l'habit ne fait pas le moine : des dreadlocks et une chemise en coton équitable ne rendent pas plus respectueux des populations et des coutumes locales. Reste la nature quand l'industrie agroalimentaire ne la détruit pas. Reste les fonds sous-marins quand le réchauffement climatique (ou la pêche à la bombe) ne tue pas les récifs coralliens. Reste des lieux que je chéris. Des personnes que je considère comme des amis sur les cinq continents. Des rayons de soleil qui aident à traverser nos longs hivers français. Des souvenirs et un sentiment d'accomplissement d'être allée au bout des mes rêves d'adolescente.
Pendant que je me larmoie sur cette mutation des rapports humains dans une Inde en plein essor économique, mes amis indiens assistent, impuissants, à cette historique révolution sociale. Ils cumulent les emplois. Ils dorment 4 à 5 heures par nuit. Parfois sur leur lieu de travail abandonnant, contre leur volonté, le lit conjugal pendant des années. Ils bataillent au quotidien, sans savoir de quoi sera fait leur lendemain, pour trouver les quelques roupies qui leur permettent de nourrir leur famille, payer les fournitures scolaires de leurs enfants et les traitements médicaux de leurs parents. Alors oui, ils se prennent des commissions sur le dos des touristes (indiens et occidentaux confondus) mais qui peut vivre décemment avec 30 euros par mois dans un pays où le litre d'essence avoisine 1 euro le litre ?
Le texte original (avec photos) ICI . | | | À: Celineakavps · 21 octobre 2013 à 7:54 Re: Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser Message 2 de 293 · Page 1 de 15 · 22 762 affichages · Partager Toute proportion gardée, il se passe la même chose en France et en Occident --> enrichissement des riches et paupérisation des pauvres et de la classe moyenne. Ce phénomène n'est donc pas spécifique à l' Inde. Ce n'est bien sûr pas une "consolation" que de constater cela | | | À: Stalingrad · 21 octobre 2013 à 8:39 Re: Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser Message 3 de 293 · Page 1 de 15 · 22 744 affichages · Partager  Même constat qui est simple à formuler................On peu tout dire mais bizarrement on ne fait rien!!!. | | | À: Greensnow · 21 octobre 2013 à 8:58 Re: Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser Message 4 de 293 · Page 1 de 15 · 22 731 affichages · Partager  Même constat qui est simple à formuler................On peu tout dire mais bizarrement on ne fait rien!!!.
Ce texte est un billet d'humeur. En le publiant ici, je cherche juste à partager mon sentiment et à savoir si d'autres constatent cette évolution ou si c'est le fruit de mon imagination ! ;-) | | | À: Celineakavps · 21 octobre 2013 à 8:59 Re: Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser Message 5 de 293 · Page 1 de 15 · 22 731 affichages · Partager Bonjour,
Je voyage en Inde depuis la in des années 70. Déjà à cette époque ce constat était identique. Rien de nouveau sur la planète. Je viens de terminer un livre qui relate justement la fin de cette période. C'est la Chrysalide et le Papillon ou Candide au pays des Maharadjas. Ce pays n'en reste pas moins terriblement fascinant.
En voila un extrait ou on peut s'apercevoir que déjà.......
C’estaprès avoir changé de bus à Ajmer, grande ville musulmane, sans réel intérêt, quePushkar apparu.
Cetteville calme et sereine, construite autour d’un lac sacré est la seule en Inde àabriter un temple dédié au Dieu Brahma. Ville de pèlerinage pour les indienselle est aussi un havre de paix pour occidentaux paumés. Beaucoup de Hippies, en route pour Katmandou, se donnaient rendez-vous à Pushkar, la consommationautorisée de certaines substances comme l’opium ou le cannabis y était pour beaucoup. Les hôtels bon marché nemanquant pas, il fut aisé de trouver une chambre à louer, non loin du lac, dansla rue principale qui traversait la ville du nord au sud.
Desjeunes gens à la dérive, les yeux rougis par la consommation assidued’opiacées, trainaient leurs guêtres, rasant les murs à la recherche d’un peud’ombre. Beaucoup de Hippies erraient dans la ville, allant d’un bar à l’autre, s’asseyant parfois à une terrasse pour écouter de la musique psychédélique ou des vieux airs de pop rock, nostalgiques à souhait.Certains, qui étaient sur la route depuis si longtemps, restaient là, fatiguéset désabusés, à rêver à l’impossible étoile qu’ils n’atteindraient jamais.D’autre ne faisaient que passer, comme ce couple d’espagnols qui ne pensaitqu’à faire la fête le plus possible avant de reprendre son chemin.
Jecompris à quel point Puskhar était devenu un point de rendez-vousincontournable sur les chemins de Katmandou, comme l’étaient les villes deMatala en Crète, avec ses grottes creusées dans la falaise, ou d’Istanbul enTurquie, la mystérieuse porte de l’Asie.
C’était un vrai réseau qui s’était tissé ainsi, emmenant plus surement qu’il n’yparaissait les jeunes routards jusqu’à leurs paradis artificiels au pied del’Himalaya.
Ilfallait reconnaitre que l’Inde était une halte idéale pour tous ces fuyardsoccidentaux, halte qui pour un certain nombre d’entre eux deviendrait finalementdéfinitive.
Mais c'est aussi ça :
L’après-midiétait déjà bien avancée et les rues de Puskhar semblaient de plus en plusanimées. Des Sâdhus, en quête d’un peu d’argent ou d’un peu de nourriture tendaient leurs petits pots demétal, bénissant les âmes compatissantes. L’un d’entre eux, saisissant vivementla main de Claudia, lui attacha un fil de coton orangé au poignet tout en luiapposant sur le front le Tika, signe distinctif des adorateurs de Shiva. Il enfit de même pour moi, je lui glissai dans la main quelques roupies en remerciement.
Beaucoupd’occidentaux s’étaient déjà installés au bord de l’eau. La chaleur diminuait sensiblement.
Lecoucher de soleil était magnifique, la ville semblait émerger du bassin, accompagnant un brouillard qui doucement effaçait ses contours. Nous nousassîmes, en position du lotus, comme beaucoup d’autres l’avaient fait, pourcélébrer le crépuscule.
Quelques pèlerins, le corps à demi plongé dans l’eau, pratiquaient les ablutions du soir. Ils disparaissaient sous la surface, l’espace d’un court instant, s’ébrouaient brièvement, replongeaient de nouveau, répétant ce rite trois fois de suite.
Jeme disais que si le paradis existait quelque part, il devait ressembler un peuà ça. Rarement je ne m’était senti aussi bien. Claudia, les yeux mi-clos, semblait elle aussi apprécier ce moment magique.
Desmusiciens indiens s’étaient installés tout à côté et, bientôt, une mélopéeenvoutante monta doucement dans l’air calme du soir. L’agitation environnante s’apaisait enfin, tandis que Pushkar s’éclairait doucement. C’était le moment préféré de laplupart des voyageurs occidentaux. Le soleil disparaissait progressivement àl’horizon teintant, brièvement, le ciel et le lac d’une superbe couleur dorée. | | | À: Celineakavps · 21 octobre 2013 à 9:00 Re: Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser Message 6 de 293 · Page 1 de 15 · 22 724 affichages · Partager  et, et.............on peu le faire au starbucks du coin, café latte venti. En fait rien de neuf, constat vrai, intéressant, billet d'humeur etc.... | | | À: Stalingrad · 21 octobre 2013 à 9:04 Re: Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser Message 7 de 293 · Page 1 de 15 · 22 720 affichages · Partager Toute proportion gardée, il se passe la même chose en France et en Occident --> enrichissement des riches et paupérisation des pauvres et de la classe moyenne. Ce phénomène n'est donc pas spécifique à l' Inde. Ce n'est bien sûr pas une "consolation" que de constater cela 
Ce phénomène n'est pas spécifique à l' Inde mais bien plus flagrant qu'en France et surtout, nouveau... Sans compter que voyager en Inde ne sera dans un temps pas si éloigné plus accessible à la classe moyenne française. Après des siècles de colonisation, la roue tourne ? | | | À: Migu · 21 octobre 2013 à 9:12 Re: Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser Message 8 de 293 · Page 1 de 15 · 22 712 affichages · Partager Bonjour,
Je voyage en Inde depuis la in des années 70. Déjà à cette époque ce constat était identique. Rien de nouveau sur la planète. Je viens de terminer un livre qui relate justement la fin de cette période. C'est la Chrysalide et le Papillon ou Candide au pays des Maharadjas. Ce pays n'en reste pas moins terriblement fascinant.
Ah excellent ! Je ne connais pas ce bouquin. Dés que je rentre, j'essaie de me le procurer. Merci !
J'imagine que depuis les années 70, tu as dû constater bien des changements effectivement... ce texte m'a été inspiré directement par mes potes indiens du tourisme qui se sentent vraiment de plus en plus lésés. Qu'ils soient plus pauvres que les occidentaux, c'était acquis mais que des indiens dépensent plus que les occidentaux, cela les laisse songeur... | | | À: Celineakavps · 21 octobre 2013 à 9:16 Re: Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser Message 9 de 293 · Page 1 de 15 · 22 703 affichages · Partager Toute proportion gardée, il se passe la même chose en France et en Occident --> enrichissement des riches et paupérisation des pauvres et de la classe moyenne. Ce phénomène n'est donc pas spécifique à l' Inde. Ce n'est bien sûr pas une "consolation" que de constater cela 
Ce phénomène n'est pas spécifique à l' Inde mais bien plus flagrant qu'en France et surtout, nouveau... Sans compter que voyager en Inde ne sera dans un temps pas si éloigné plus accessible à la classe moyenne française. Après des siècles de colonisation, la roue tourne ?
 tu te trompes complètement, cela n'a rien de nouveau et de plus flagrant que chez nous. C'était déjà le cas dans les années 90, mais avec le temps cela prends de l'ampleur, comme en chine qui est un pays totalement différent. | | | À: Celineakavps · 21 octobre 2013 à 9:23 Re: Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser Message 10 de 293 · Page 1 de 15 · 22 699 affichages · Partager Re bonjour,
Oui, la vie citadine est devenue beaucoup plus speed, par contre pour le reste c'est encore ça : Un départ en train...la loco est diesel maintenant.
Ilfallait maintenant trouver le bon convoi et surtout la bonne voiture. En Indeles réservations sont écrites à la main sur un bout de papier collé contre laparoi du wagon concerné. Il est donc nécessaire de remonter tout le convoi endéchiffrant un à un ces fameuxhiéroglyphes. Il faut imaginer des centaines de personnes courant d’un bout àl’autre du long serpent à la recherche de leur fameux sésame. C’est l’incontournablecourse à l’échalote, stressante et épuisante comme il se doit, dans ce pays surprenant.
Entête de file, un monstre de fer et d’acier chuintait et soufflait comme unénorme cétacée échoué sur une plage. C’était la première fois que je metrouvais face à une locomotive à vapeur aussi impressionnante. La beauté de lamachine était surprenante. De fins lisérés jaunes courraient le long de sesflancs frémissants soulignant une grâce à laquelle je ne m’attendais pas. Accrochéesur son nez, une grande étoile rouge lui donnait un air de star révolutionnairequi me plaisait beaucoup.
Desrangées de ventilateurs étaient alignées au plafond des wagons. La chaleur étaitdevenue accablante et l’embarquement imminent. Les voyageurs s’installèrenttranquillement dans un joyeux brouhaha de départ en vacances. Un coup desifflet bref mais puissant venu du plus profond de ses entrailles se fitentendre. La locomotive s’ébroua, expectorant bruyamment un épais nuage de fuméenoire. Le train s’ébranla, telle une grosse chenille fumante que l’on aurait dérangéepar mégarde. Nous étions enfin partis.
Penchésà une fenêtre dont les solides barreaux garantissaient certainement quelque chose qui nous échappait, nousrespirions à plein poumons un air chargé de fumée et de scories qui s’invitaitinsidieusement à l’intérieur du compartiment.
Lacampagne défilait lentement devant les yeux attentifs et curieux d’une foule depassagers bigarrée et bruyante, que j’observais d’un œil perplexe. Christiansomnolait, allongé négligemment sur son inconfortable banquette de bois. Nous avions traversé, en quittant la gare, d’immenses bidonvillesqui ne semblaient jamais devoir finir. C’était ici, un condensé de misèrehumaine, ou nous pouvions confesser sansaucun doute, la futilité de la vie que nous avions laissée derrière nous.
Desfemmes marchaient nonchalamment sur le bord des routes portant sur la tête despaniers remplis de pierres. Elles déversaient leur chargement un peu plus loin, comblant ainsi, autant que faire se peut, les trous innombrables quiparsemaient la chaussée. D’autres, accroupies, cassaient en petits morceaux lesblocs ainsi déposés. La poussière les enveloppait dans un halo jaunâtre au seinduquel leurs minces silhouettes se diluaient parfois. La dureté de leur travailn’avait d’équivalent que la grâce deleur démarche. La beauté de leur port de tête rappelait l’élégance innée de cesprincesses indiennes que l’on aurait pu croiser dans un roman de Rudyard Kipling.Nous devions souvent revoir ces femmes, laborieuses, travaillant durement surles chantiers de construction, transportant toute sorte de matériaux dans cespaniers posés sur leur tête. Leur difficile labeur était rétribué par leversement journalier d’un salaire de misère, permettant à peine la survie d’unefamille souvent très nombreuse. La plupart appartenait à la caste desintouchables, comme le voulait encore la tradition millénaire du pays.
et heureusement ça :
Laveille de notre départ, le patron de l’hôtel nous annonça, avec un grandsourire, que la nuit allait être musicale. En effet, un groupe d’instrumentistesallait donner un concert sur la terrassedu bâtiment.
Aprèsun repas plutôt léger nous grimpâmes quatre à quatre les escaliers menant auspectacle. Le crépuscule venait de tomber et la ville s’allumait de mille feux, juste en dessous de nous. La vue était très belle et l’air si doux.
Un publicassez important attendait là, depuis un moment semblait-il, installés confortablementsur des coussins moelleux. Leurs chuchotements cessèrent subitement quand nousarrivâmes sur la terrasse. La majorité des visages se tournèrent prestementdans notre direction, nous démontrant avec certitude que la curiosité étaitaussi un vilain défaut indien. C’était à celui qui nous dévisagerait le plusfixement et le plus longuement possible. Après nous être assis en tailleur dansun coin plutôt discret, nous attendîmespatiemment le début du concert.
Troispersonnages, habillés tout de blanc, arrivèrent subrepticement ets’installèrent sans faire de bruit. Un premier musicien pinça les cordes d’unecithare, libérant dans l’espace, des sons d’une beauté inconcevable. Il futrapidement accompagné par un joueur de tablas virevoltant et un guitaristevirtuose. Alors, l’instant fut magique. Le temps avait suspendu son vol et nous, nos respirations. Le ciel, merveilleusement étoilé, s’était mis àl’unisson. Ce fut, sans nul doute, l’undes concerts les plus marquants de ma jeune vie d’adulte.
Jedevais apprendre à l’aube, que le joueur de cithare était un grand ami de RaviShankar et qu’il avait souvent accompagné le « Maitre » dans sesconcerts autour du monde. | | | À: Celineakavps · 21 octobre 2013 à 13:30 Re: Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser Message 11 de 293 · Page 1 de 15 · 16 951 affichages · Partager je conseille aussi un autre livre de pavan karma, le defi indien bonjour a tous de varanasi!si vous voulez etre dans des lieux plus eloigne de ces constat, faut aller au laddakh... | | | À: Celineakavps · 21 octobre 2013 à 13:55 Re: Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser Message 12 de 293 · Page 1 de 15 · 16 949 affichages · Partager Il est en effet possible que dans 20 ou 30 ans la classe moyenne française ait en grande partie disparu pour rejoindre la classe des gens qui travaillent pour survivre. Mais le pire n'est pas toujours sûr  Nous pourrions être mangés "à la sauce grecque" bien sûr.  Mais cela dépend aussi de nous (individuellement et collectivement). Il est aussi possible que l' Inde continue de s'enrichir (même avec de très grande disparités) et redevienne plus riche que les pays européens (ce qu'elle était avant d'être colonisée par les européens). Mais ce n'est pas non plus certain, il peut y avoir des revers de fortune. En tous les cas je trouve intéressant d'observer l'évolution de l' Inde en y voyageant, cela nous permet de nous questionner aussi sur notre mode de vie en France. Globalement je pense que si la "mondialisation" de l'économie continue sur sa lancée, s'il n'y a pas un retour du balancier, la "fracture sociale" ne sera plus entre pays riches et pays pauvres, mais dans chaque pays ( France, Inde, etc.) entre une minorité très riche une majorité de pauvres (ceux qui travaillent pour survivre) et au milieu une classe "moyenne" (ceux qui travaille pour acheter le superflu) soumise à une compétition effreinée et épuisante pour conserver son niveau de vie. En fait c'est ce que nous observons en Inde, notamment la compétition de plus en plus grande, la course à l'argent, à laquelle se soumettent les gens de la nouvelle classe moyenne c'est à dire ceux qui sont sortie de l'économie de subsistance pour entrer dans la société de consommation. | | | À: Migu · 21 octobre 2013 à 14:16 Re: Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser Message 13 de 293 · Page 1 de 15 · 16 936 affichages · Partager bonjour et... merci pour ces lignes... ces moments au bord du lac à Pushkar... mon compagnon et moi les vivons chaque année... j'y trouve la paix, la sérénité et je m'y pose 3 mois avec bonheur... tant de rencontres, des belles et des tristes, c'est vrai ! peut-être nous y croiserons nous un jour ? Janick | | | À: Celineakavps · 21 octobre 2013 à 15:21 Re: Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser Message 14 de 293 · Page 1 de 15 · 16 924 affichages · Partager Qu'il s'agisse d'un individu, d'une famille, d'une petite communauté ou du milliard d'âmes de l' Inde, chacun trace son parcours. Nous prenons conscience que celui que nous avons choisi d'emprunter en occident ne mène pas à une douce prairie verdoyante. Nous nous rendons compte que nous sommes peut-être allés trop loin dans la voie du toujours plus (de facilité, de rapidité, d'images, d'analyses chiffrées, de produits de synthèse,..) au détriment du bien être, de nos valeurs et traditions. Nous aimerions parfois revenir quelques pas en arrière et nous voudrions aiguiller de part notre expérience ceux qui sont encore la croisée des chemins pour qu'il empruntent la voie d'un développement plus réfléchi, équitable et mesuré. Mais la vitrine de notre société est tellement belle et nous sommes si peu enclins à montrer l'exemple qu'il est tout à fait logique de voir le schéma se répéter. Ils sont libres de vivre leur aventure humaine et nous ne sommes pas impartiaux dans ce monde pour porter un jugement de valeur. | | | À: B00merang · 21 octobre 2013 à 16:19 Re: Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser Message 15 de 293 · Page 1 de 15 · 16 896 affichages · Partager Nous aimerions parfois revenir quelques pas en arrière et nous voudrions aiguiller de part notre expérience ceux qui sont encore la croisée des chemins pour qu'il empruntent la voie d'un développement plus réfléchi, équitable et mesuré. Mais la vitrine de notre société est tellement belle et nous sommes si peu enclins à montrer l'exemple qu'il est tout à fait logique de voir le schéma se répéter. Ils sont libres de vivre leur aventure humaine et nous ne sommes pas impartiaux dans ce monde pour porter un jugement de valeur.
Exactement ! 
Effectivement, il n'est pas de notre ressort blablabla malgré notre expérience : je ne me vois effectivement pas bien expliquer les bienfaits de la décroissance à un fermier indien... mais me suis faite un plaisir de l'expliquer à un nouveau riche indien ! 
(dans la même veine, je ne dis jamais rien quand ils balancent leur gobelet en plastique n'importe où... pas d'ingérence même si objectivement, il est prouvé que l'incinération du plastique pollue l'air, l'eau et le sol. Sans compter les ressources pétrolières)
Tout comme tu le dis, je ne veux pas porter de jugements et ne glorifie absolument nos valeurs occidentales... Bien loin de là ! Je ne veux juste plus être le témoin direct de leur nouvelle aventure humaine... et je me demandais si d'autres amoureux de l' Inde se posait la même question : sur Facebook, l'un de mes amis qui travaille beaucoup avec des indiens me dit être de plus en plus déçu et une femme qui vit depuis 25 ans en Inde se pose la question d'un retour...
(peut être suis-je un peu trop sensible car toujours en Inde, à observer mes amis se démener plus que d'habitude...)
MERCI à tous pour vos commentaires ! Quant à Pushkar, je ne l'aime que de 5h à 8h du matin... ;-) | | | À: Celineakavps · 21 octobre 2013 à 18:31 Re: Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser Message 16 de 293 · Page 1 de 15 · 16 856 affichages · Partager Je ne me retrouve plus dans ce pays où les nouveaux riches dédaignent les plus pauvres
C'était déjà le cas avant...
où les routards, bien propres sur eux, ont supplanté les hippies des seventies.
Ce sont les mêmes. En revanche, la mode vestimentaire a changé...
Fin 2013, l' Inde est bien différente de celle que j'ai connu fin 2006
En 2012, j'ai trouvé l' Inde dans le même état que lors de mon premier voyage en 1994.
Le pays est un peu plus "moderne" mais les fondamentaux restent les mêmes.
les riches sont plus riches tandis que les pauvres sont plus pauvres.
Ceci est d'ailleurs un des fondamentaux de l' Inde.
Dans les hôtels où je pose mon sac, la majorité des touristes sont des indiens.
Je vois plutôt ça comme un point positif mais bon...
la crise européenne ne semble plus permettre à nos concitoyens de s'envoler vers le pays des rajas
L' Inde est le pays long courrier le plus économique pour les bourses plates. Il y a donc une autre explication.
L' Inde n'attirerait-elle plus nos concitoyens comme elle les attirait dans les seventies ?
O tempora, o mores !
Nos concitoyens ont peut être un peu plus (trop...) les pieds sur terre que leurs aînés et ne sont plus attirés par les faux gourous et autres paradis fumeux.
La Thaïlande, les Etats Unis semblent désormais avoir la préférence de la jeunesse.
je me sens plutôt désargentée avec mon budget de 20 euros par jour, à côté de ces touristes, de tous âges, originaires de Bangalore, Calcutta, Delhi, Pune ou Mumbai,
L'émergence d'une classe moyenne est là encore une bonne nouvelle, non ?
ne peuvent s'empêcher de vérifier qu'ils ont bien (au moins) le même pouvoir d'achat que nous. Sans cesse, ils nous demandent la valeur de nos possessions. Et ton jean ? Il coûte combien ton jean ? Et ton appareil photo ? Il coûte combien ton appareil photo ?
Ce trait de caractère n'est pas propre aux Indiens. J'ai souvent eu à affronter le même type de questionnement dans d'autres pays émergents.
En revanche, l'indiscrétion est un trait de caractère typiquement indien. 
Ceux qui ne parlent pas ou plus d'argent sont ceux qui n'ont jamais eu besoin de compter.
Quant aux touristes indiens, certains se sentent incommodés par la proximité physique avec nos jeunes femmes dénudées qui fument et boivent de l'alcool devant leur épouse
C'est encore un point positif. Ces touristes indiens fréquentent dans ces hôtels des personnes qui ont une autre vision du monde que la leur et cela peut les entraîner sur le chemin d'une plus grande tolérance non seulement envers les occidentaux mais aussi envers leurs propres compatriotes.
Bien sûr, il reste de l'indianité en ces nouveaux riches mais pour combien d'années encore ?
Nous arrivons enfin au coeur du sujet. La nostalgie du temps qui passe... Le fameux "c'était mieux avant" !
Allons allons...
Ne sais-tu pas que le changement c'est non seulement maintenant mais partout ? | | | À: Atila · 22 octobre 2013 à 1:45 Re: Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser Message 17 de 293 · Page 1 de 15 · 16 804 affichages · Partager J'adore | | | À: Celineakavps · 22 octobre 2013 à 3:28 Re: Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser Message 18 de 293 · Page 1 de 15 · 16 802 affichages · Partager bonjour Céline,
Tout d'abord, je voudrais te dire le grand, l'immense plaisir que j'ai eu il y a 20 minutes à lire / découvrir ton texte initial, si bien exprimé. je le souligne car c'est une rareté sur VF. Je voudrais t'annoncer ensuite que je te ferai une meilleure réponse, plus longue, plus fouillée que ce petit mot actuel; je prendrai mon temps aussi.. je le ferai pour être digne de ce que tu ressens, évoques, qui est si important, si bien observé, qui touche l' Inde, mais comme Attila je crois le souligne, touche sans doute tous les pays qui bougent, se développent, ou encore changent tout simplement, sans qu'il soit pour ces derniers question de développement. La France fait partie de ce tiers-lot.
Ce que tu dis est VRAI, tellement vrai ! une partie de ce qui t'a été répondu est aussi vraie (j'y reviendrai en détail). En l'espace de six ans, j'ai vu l' Inde terriblement changée. De façon à nuancer ce premier commentaire net, j'ajouterai que moi aussi j'ai changé.. j'ai même vieilli.. et ce phénomène identique pour tous et partout me conduit à deux constats : - j'ai plus de recul et de "bouteille" pour des analyses plus pertinentes, mais pas forcément souriantes - ce recul et l'âge rendent la distance avec les autres, indiens d'abord, plus grande. La communication, le partage en sont ainsi réduits, ce qui m'attriste. La jeunesse est au premier titre concernée, je pense désormais qu'elle appartient à une autre humanité, elle se réfère à une autre culture..
Mais surtout, indubitablement, les indiens changent eux aussi ! tu le dis, tu l'as vécu.
J'ai observé le début du mouvement d'une classe moyenne ou sous-moyenne voyageuse en son propre pays. Premier phare. Elle devient touriste pour des trajets inférieurs à 250 km, pour des WE, des transhumances limitées dans le temps et l'espace pour des raisons professionnelles et de moyens (argent certes, mais en quantité encore limitée). J'ai imaginé que dans cinq ans, cette catégorie socio-"culturelle" ? aura doublé, puis elle aura quadruplé en dix ans. Conséquences ???????...... J'ai bien observé aussi, comme toi et d'autres qui t'ont déjà répondu, que demain, parfois dès aujourd'hui, nous les touristes occidentaux, ne faisons (ferions) plus le poids, en terme de pouvoir d'achat, de CONSOMMATION.
Car là est/sera le noyau de ma prochaine réponse : les uns (du dessous) veulent s'enrichir et les autres (du dessus) veulent consommer ! et ceci d'une manière virulente et presque folle... "à tout prix" serait l'expression la plus exacte !le phénomène, enclenché il y a moins de vingt ans en Inde, est en seconde phase d'accélération : la sur-multipliée..
- L'argent devient le langage universel (second phare) et tous s'y conforment (pas d'argent : pas d'existence, pas de langue, pas de voix pour se faire entendre)
- Les dieux traditionnels, ancestraux ou dominants, à cette aune aurifère, vont être tout simplement balayés ! (troisième phare) les trois religions monothéistes comme l'hindouisme aux 4500 dieux et saints vont mordre la poussière. Je m'inscris en faux absolument devant la phrase de Malraux "le XXIème siècle sera religieux". Au contraire...
- les modes de vie traditionnels ayant disparu bientôt, ils laisseront la place à des cités ou régions "invivables", cf. la pollution désormais observée en 50 lieux surpeuplés de la planète. L' Inde, dans cette optique, va se retrouver en première ligne sur le plan mondial (quatrième phare).
L' Inde ne sera donc plus dans cinquante ans visitable (intéressante), puisqu'elle ne possèdera plus ni lieu de méditation/repos/tranquillité sain, ni par ailleurs de religion hindouiste originale.
Je garde pour l'instant pour moi mon phare numéro cinq. Il est situé à la croisée de deux cataclysmes : social et climatique. Les castes n'ont jamais disparu en Inde. Ni ailleurs dans le monde !
Ce qu'un voyageur averti de l' Inde ayant passé la soixantaine découvre, c'est l'exact "moment" (physique) dont l'humanité doit se détourner à tout prix, sous peine de disparaitre. | | | À: Atila · 22 octobre 2013 à 5:07 Re: Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser Message 19 de 293 · Page 1 de 15 · 16 796 affichages · Partager "La nostalgie du temps qui passe... Le fameux "c'était mieux avant" !
Allons allons..."
Chère Attila,
Je ne suis absolument pas passéiste et ne regrette absolument le temps des colonies !  Bien au contraire, j'aime rencontrer la jeunesse qui a les moyens de faire évoluer les mentalités dans les pays émergents où je voyage via le couchsurfing, des sorties dans des bars branchouilles à Mumbai notamment ou un verre de vin me coûte le même prix qu'une nuit dans ma guest house, en allant à des festivals de ciné/musique, à la cinémathèque de Calcutta, en faisant un stage avec des documentaristes, etc. L' Inde n'est pas, pour moi, juste un pays de pauvres fermiers forts sympathiques. Dans le relevé de tes phrases qui t'amènent à ta conclusion, tu as oublié celle-ci :
"Je me réjouis de l'explosion de cette classe moyenne-supérieure indienne tout en me lamentant de son ridicule mimétisme : les filles s'arrachent les crèmes qui blanchissent la peau tandis que les garçons se prennent pour des rappeurs américains ou des lords anglais."
Quant au sentiment d'indianité dont je parle, je pense mais effectivement peut être ai-je tort, que dans un pays où tant de langues, de traditions, de croyances sont disparates, un sentiment d'indianité qui soude la nation doit persister au risque qu'à terme des états se battent pour leur indépendance et mettent le pays à feu et à sang (et isolent les plus pauvres). Pour moi, l' Inde, c'est Goa et l'Orissa, le Madyah Pradesh et le Kerala, le Punjab et le Bengale Occidental... Un joyeux bordel comme chez nous à l'échelle européenne. | | | À: Celineakavps · 22 octobre 2013 à 8:41 Re: Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser Message 20 de 293 · Page 1 de 15 · 16 774 affichages · Partager Quoi ? L' Inde moderne ne vous plait pas ??
 (qqs km au sud de Chennai..., joli village de pécheurs...)
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